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  • 05/05/2023
Réforme du lycée professionnel, couacs du baccalauréat... le ministre de l'Education nationale et de la jeunesse Pap Ndiaye était l'invité du "8h30 france info" ce vendredi 5 mai 2023.

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Transcription
00:00 [Musique]
00:06 Bonjour Papendiaïe.
00:07 Bonjour.
00:08 La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, incapable de régler les problèmes migratoires en Italie.
00:13 Ses propos de Gérald Darmanin qui taclait au passage le Rassemblement National,
00:18 génèrent une brouille diplomatique en ce moment avec notre voisin.
00:21 Un déplacement annulé prévu par un responsable italien hier à la dernière minute en France.
00:26 Est-ce que le ministre de l'Intérieur a parlé trop vite ?
00:29 Je ne sais pas s'il a parlé trop vite.
00:31 Il est clair que le traité du Quirinal,
00:33 vous savez ce traité qui a été signé entre la France et l'Italie à l'automne 2021,
00:39 est toujours valide malgré les changements politiques qui ont eu lieu en Italie depuis l'automne 2021.
00:47 Et donc il me semble que la boussole des relations entre nos deux pays,
00:52 c'est le traité du Quirinal avec un certain nombre de dispositions relatives,
00:55 entre autres, à la politique migratoire.
00:57 Plus de 40 000 personnes sont arrivées par les eaux de la Méditerranée depuis le début de l'année.
01:01 C'est quatre fois plus que depuis l'année dernière au même moment.
01:05 Et une partie de ces exilés passe la frontière française.
01:08 C'est ce que nous disait ce matin sur France Info le directeur de l'Office français de l'immigration.
01:12 Est-ce que c'est aussi pour ça que Gérald Darmanin a fait cette sortie pour demander à l'Italie d'en faire plus
01:18 et que ces migrants ne se retrouvent pas à la frontière entre l'Italie et la France ?
01:21 Il y a à l'évidence des réglages à opérer entre la France et l'Italie sur ces questions.
01:28 Je crois que…
01:30 Une meilleure collaboration de l'Italie n'en ferait pas assez ?
01:32 Je ne sais pas ce qu'il en est exactement.
01:34 Ce que je sais, c'est que la France et l'Italie, de même que l'Union européenne,
01:38 ont besoin de travailler ensemble sur cette question,
01:40 qui est une question à la fois politique, mais aussi une question humanitaire.
01:44 Il y a des milliers de migrants qui meurent en Méditerranée chaque année.
01:48 Et nous devons absolument nous préoccuper de ça.
01:50 Est-ce que vous auriez utilisé les mêmes mots que Gérald Darmanin ?
01:52 Incapable de régler le problème migratoire en Italie.
01:55 Il parle de Giorgia Meloni.
01:56 Chacun a son vocabulaire.
01:58 Moi, je ne m'occupe pas directement de ces questions.
02:01 Ce que je vois, c'est à la fois la dimension politique, le traité du Quirinal, la dimension humanitaire.
02:08 Ça concerne la France, l'Italie, mais aussi l'ensemble des pays d'Europe.
02:11 Et je salue au passage les efforts de celles et ceux qui vont sauver des migrants
02:17 qui se noient dans la Méditerranée et puis, bien entendu, les règlements communautaires.
02:23 Mais est-ce que pour combattre le RN, ça vaut le coup de créer une brouille diplomatique avec les Italiens ?
02:28 Parce que c'était l'objectif de Gérald Darmanin de démasquer le RN.
02:31 Non, non, je ne suis pas sûr de cela.
02:33 Je pense que combattre le RN, c'est une obligation.
02:36 C'est un devoir politique que nous avons en France.
02:40 Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je me suis engagé en politique.
02:46 Et cela n'a pas ou ne doit pas avoir de répercussion quant à nos relations avec les autres pays.
02:52 L'Italie demande des excuses, il en faut.
02:55 Je ne pense pas que nous ayons à fournir d'excuses.
02:59 On a plutôt à renouer les fils d'un dialogue serein.
03:03 Alors Gérald Darmanin qui doit enfourcher un autre cheval de bataille aujourd'hui,
03:07 notamment amorcer une discussion avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti
03:10 sur l'idée d'une éventuelle loi anti-casseurs au vu des derniers événements dans les manifestations,
03:14 la contestation notamment contre la réforme des retraites.
03:17 Est-ce que c'est une nécessité aujourd'hui en France ?
03:19 J'ai noté la prudence du garde des Sceaux à ce sujet.
03:23 Ce qui est certain, c'est que les manifestations, ce n'est pas un droit constitutionnel,
03:30 mais cela occupe une place très importante dans notre vie politique et syndicale depuis plus d'un siècle,
03:35 depuis la fin du 19e siècle.
03:37 Donc il faut veiller à ce que les manifestations puissent se dérouler dans les meilleures conditions possibles.
03:41 Et d'ailleurs, c'est le cas le plus souvent.
03:44 Mais nous avons des difficultés.
03:45 Ce n'est pas nouveau dans les années 70.
03:48 L'historien que je suis pourrait vous dire qu'il y avait déjà des difficultés de ce genre
03:53 avec des groupes de casseurs qui ne sont pas là pour manifester, mais pour toute autre chose.
03:58 Et donc, il faut trouver le bon équilibre, c'est-à-dire faire de telle sorte que les manifestations
04:03 se déroulent le mieux possible et sans entrave particulière,
04:08 tout en veillant évidemment à ce qu'il n'y ait pas de casse.
04:10 Vous avez noté que dans un certain nombre de villes, je pense à Rennes, à Lyon, à d'autres villes encore,
04:16 il y a de la casse. Il y a aussi chez les forces de l'ordre de très nombreux blessés.
04:22 Est-ce que vous parlez de la prudence du ministre Éric Dupond-Moretier ?
04:27 Est-ce que vous la partagez, cette prudence ? On a l'impression que oui.
04:29 Moi, je suis toujours prudent quand on parle de ce genre de sujet.
04:36 Il faut évidemment veiller à ce que les manifestations puissent se dérouler au mieux.
04:40 Je ne sais pas quelle est la meilleure voie à la fois législative et réglementaire
04:45 pour limiter l'influence des casseurs, mais c'est certainement quelque chose qui doit être possible,
04:51 à la fois limiter, écarter et puis sanctionner les casseurs et faire de telle sorte que les manifestations...
04:57 Donc interdire certains de manifester comme le veut Gérald Darmanin ?
05:00 Je ne sais pas quelle est la meilleure voie. Je ne me suis pas penché sur cette question,
05:03 mais il est clair que les casseurs posent une difficulté particulière,
05:08 y compris d'ailleurs pour les organisateurs eux-mêmes des manifestations.
05:12 L'idée d'interdiction administrative de manifester,
05:14 qui a déjà été censurée par le Conseil constitutionnel, c'était en 2019.
05:17 Pas peine d'y arriver, ministre de l'Éducation, si on vous invite, c'est aussi d'abord et peut-être surtout
05:22 pour nous parler de cette réforme du lycée professionnel annoncée par Emmanuel Macron à Sainte-Encharente-Maritime.
05:28 Vous en étiez bien sûr de ce déplacement hier.
05:31 Quelques manifestants quand même à quelques centaines de mètres de ce lycée
05:35 avec toujours cette idée de vous rappeler que non, la contestation contre la réforme des retraites n'est pas terminée.
05:39 Il y a des enseignants aussi qui participent à cette contestation.
05:42 Quelle est la réponse aujourd'hui ? Il est temps d'arrêter ?
05:45 Vous voyez, quelques dizaines de manifestants, ça ne pose pas de difficultés.
05:49 Ils ont pu s'exprimer comme...
05:51 En même temps, ils étaient très, très loin. 400 mètres.
05:53 Ils étaient loin. Il y a des périmètres de sécurité, en particulier lorsque le président de la République se déplace.
05:58 C'est normal. Et puis au sein de l'établissement scolaire, des échanges avec les élèves et puis avec les professeurs,
06:05 y compris d'ailleurs des professeurs syndiqués qui n'étaient pas favorables nécessairement à la réforme des retraites.
06:11 Mais est-ce que vous dites là, il est temps de savoir terminer une mobilisation ?
06:15 Comme on dit, il est temps de savoir terminer une grève.
06:17 Ça n'est pas à moi de dire si et d'intimer je ne sais quelle recommandation à propos de la fin de ces manifestations.
06:27 Ces manifestations peuvent avoir lieu. C'est un droit.
06:31 Donc je ne remets pas en cause ce droit.
06:33 Ce que je dis, c'est que, en particulier du côté des écoles, les échanges se passent très bien,
06:38 y compris avec des opposants à la réforme des retraites.
06:42 L'essentiel, me semble-t-il, dans une démocratie comme la nôtre, c'est que le dialogue puisse avoir lieu,
06:48 y compris un dialogue entre les personnes qui sont en désaccord.
06:52 Et c'est le cas très, très souvent dans les lycées, les collèges et les écoles.
06:57 Allez, plein de nouveautés à venir pour les lycées professionnels,
07:00 tous les lycéens évidemment qui vont fréquenter ces établissements dans les prochains mois, les prochaines années.
07:05 On va les détailler juste après. Le Fil info à 8h40. Sophie Echene.
07:09 L'auteur présumé de la fusillade qui a fait 8 morts et une quinzaine de blessés hier soir en Serbie a été arrêté par la police ce matin.
07:16 Une nouvelle tuerie en deux jours.
07:17 Mardi, une fusillade dans une école de Belgrade faisait 9 morts, dont 8 enfants.
07:22 Un deuil national de trois jours commence aujourd'hui dans le pays.
07:25 Les députés ont adopté hier soir une proposition de loi visant à protéger EDF d'un démembrement
07:30 et à élargir le bouclier tarifaire au TPE et au PME.
07:33 Un nouvel échec pour la majorité présidentielle dans la même journée,
07:36 après l'adoption un peu plus tôt d'un texte de loi visant à annuler l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid.
07:43 Le groupe Nestlé Water suspend l'utilisation de deux de ses six forages dédiés à la production de l'eau épare dans les Vosges,
07:50 conséquence de la sécheresse et de l'état des nappes phréatiques.
07:54 Plus de 30 ans après l'ère Maradona, Naples décroche son troisième titre de champion d'Italie,
07:58 grâce au match nul contre l'Udinese qui lui a apporté son point manquant hier soir.
08:02 Un moment historique pour des milliers de typhosiers qui ont laissé exploser leur joie au coup de sifflet final.
08:08 Papendia est ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse et l'invité du 8.30 de France Info.
08:21 Et on parle avec vous effectivement du fond de cette réforme du lycée professionnel avec des chiffres qui sont quand même assez hallucinants.
08:28 J'allais dire seulement 40% des jeunes diplômés de la filière professionnelle trouvent un emploi six mois après leur diplôme.
08:34 C'est aussi la raison d'être de cette réforme.
08:37 Vous vous fixez quel objectif et à quelle échéance ?
08:40 Oui, on part d'un diagnostic qui n'est évidemment pas favorable,
08:46 puisque vous savez que les lycées professionnels regroupent un tiers des lycéens, plus de 600 000 d'entre eux,
08:52 et que sur ces lycéens, un tiers n'arrivera pas jusqu'au baccalauréat.
08:58 Il y a des difficultés pour entrer dans la vie active après, vous venez de le dire.
09:03 Et puis la moitié de ceux qui vont dans le supérieur n'obtiennent pas de diplôme supérieur.
09:08 Donc on a des chiffres qui ne sont évidemment pas bons.
09:11 Ça ne remet pas en cause le travail remarquable des professeurs.
09:14 Mais il faut bien s'attaquer à cette question, d'autant plus que les lycéens en question sont souvent issus de mondes défavorisés.
09:19 Mais donc vous ne vous fixez pas d'objectifs chiffrés à ce stade ?
09:22 Les objectifs, c'est évidemment...
09:23 Emmanuel Macron dit 100%, mais on se doute que c'est peut-être un petit peu...
09:25 C'est la finalité.
09:27 Et puis les choses vont se mettre en place.
09:29 Mais on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle.
09:32 Il faut absolument qu'à l'issue de son bac professionnel, on puisse s'insérer sur le marché de l'emploi,
09:37 d'autant plus que nous avons besoin de centaines de milliers de jeunes dans des secteurs qui sont des secteurs essentiels.
09:44 Donc on a des secteurs qui recherchent des jeunes et puis des jeunes sans emploi.
09:47 Ça n'est pas une situation...
09:48 Précisément, il y a des secteurs, en revanche, qui en recherchent peut-être moins.
09:52 Pour faciliter la professionnalisation, vous voulez supprimer un certain nombre de filières.
09:58 Vous pensez à quoi ? On parle beaucoup de cette filière gestion administrative, comptabilité, secrétariat, qui n'est pas forcément porteuse.
10:04 On parle de ça. Qu'est-ce qu'il y a d'autre comme filière ?
10:06 C'est vrai qu'il y a des filières qui ne correspondent plus au marché du travail, au marché de l'emploi.
10:10 Les évolutions de l'économie sont celles que nous savons.
10:14 Et puis, à l'inverse, on a des besoins criants dans un certain nombre de domaines.
10:17 Il faut donc fermer des filières, notamment des filières du tertiaire.
10:21 Vous en avez nommé une.
10:23 Il y a aussi beaucoup de filières du côté de la vente, du côté de l'accueil, qui ne rencontrent plus l'emploi.
10:31 C'est combien de filières, à peu près ?
10:32 Il y en a un certain nombre. C'est toute une famille de filières, surtout dans le tertiaire.
10:37 Donc nous allons, par exemple, à la rentrée, fermer 80 d'entre elles, ouvrir 150 autres filières dans des lycées,
10:47 dans les 2100 lycées professionnels, des filières, elles, qui sont porteuses.
10:51 Alors, on parle de quoi, justement, comme nouvelles filières ?
10:54 Dans le cadre de la réindustrialisation du pays, il y a énormément de filières qui sont des filières industrielles,
11:01 des filières du côté du génie thermique, par exemple, pour tout ce qui concerne la transition écologique,
11:06 des filières de chaudronnerie, des filières industrielles, par exemple, en lien avec le nucléaire.
11:12 On a besoin de réindustrialiser le pays. Donc on a de très, très forts besoins de ce côté-là.
11:18 Figurez-vous que sur les 10 métiers les plus en tension dans l'économie française aujourd'hui,
11:23 eh bien, sur ces 10 métiers, cela correspond à 10 formations professionnelles.
11:28 Alors, du tertiaire au métier de l'industrie, ce n'est pas vraiment les mêmes filières.
11:30 On imagine que ce n'est pas les mêmes savoirs enseignés, donc pas les mêmes enseignants.
11:34 Que vont devenir les enseignants des filières que vous supprimez ?
11:36 Et comment vous allez en recruter pour les nouvelles filières ? On sait que c'est un enjeu aussi.
11:39 C'est vrai, d'autant plus que ces dernières années, on a fermé à peu près un tiers de formation dans le tertiaire.
11:46 Et donc, la question se pose qui est celle des professeurs qui ne sont pas nécessairement compétents
11:53 pour enseigner dans des filières complètement différentes.
11:55 Que vont-ils devenir ?
11:56 Alors, ils peuvent se diriger vers le professora des écoles.
11:59 Un certain nombre d'entre eux le choisissent.
12:01 Ou également vers les collèges.
12:03 Il y a des transferts.
12:04 C'est quelque chose que nous allons encourager.
12:06 Ils peuvent également, au sein des lycées professionnels, animer un certain nombre de choses.
12:11 Par exemple, les bureaux des entreprises que nous allons créer dans chacun des lycées professionnels.
12:18 Il y a également des formations en demi-groupe.
12:20 Il y a des savoirs d'un certain nombre de ces enseignants qui restent parfaitement utiles dans le cadre des lycées professionnels.
12:27 Donc, on a un travail à faire, bien entendu.
12:29 Et ça, c'est très important.
12:30 Mais nous visons d'abord l'intérêt des élèves.
12:33 L'intérêt des élèves, c'est de ne pas être au chômage.
12:35 C'est d'avoir des perspectives professionnelles après le baccalauréat.
12:37 Combien de personnes à recruter ?
12:39 Est-ce que vous savez, avec cette réforme, les nouvelles filières,
12:41 combien d'enseignants vous allez devoir recruter alors que c'est déjà dur d'en recruter ?
12:44 Alors, nous allons et nous avons des besoins de recrutement.
12:47 Y compris d'ailleurs du côté de professeurs associés.
12:50 C'est quelque chose que nous souhaitons développer.
12:52 C'est-à-dire des professionnels dans tel ou tel secteur.
12:54 Je vais parler du génie thermique, par exemple.
12:57 Qui viennent du monde de l'entreprise.
12:58 Qui viennent du monde de l'entreprise et qui vont consacrer un après-midi par semaine,
13:01 par exemple, à enseigner dans le lycée professionnel voisin
13:06 avec un titre de professeur associé, avec un salaire correspondant,
13:10 de manière à former des jeunes et puis à avoir des professionnels
13:13 dans des filières qui sont effectivement difficiles du point de vue du recrutement des professeurs.
13:16 Vous n'avez pas de chiffres sur le contingent d'enseignants recrutés
13:19 pour ces 150 filières qui seront créées ?
13:21 J'imagine que ça fait beaucoup de monde.
13:22 Ça fait du monde et puis tout cela se fait en lien évidemment avec les régions.
13:27 Ce qui est certain, c'est que le remodelage de la carte des formations,
13:32 de la carte nationale des formations, doit d'abord viser l'emploi
13:36 et puis l'insertion également pour celles et ceux qui le souhaitent dans le supérieur.
13:39 Et alors à propos de l'adaptation et du changement, on va dire, de corpus de formation,
13:45 il s'agit aussi de faire évoluer ce nombre de formations et leur type
13:49 en fonction du bassin d'emploi.
13:52 Spontanément, on a envie de se dire, en revanche, dans une région qui fonctionne bien,
13:55 comme peut-être Toulouse ou je ne sais quoi,
13:57 c'est peut-être plus simple que dans une région qui est désindustrialisée.
14:00 Est-ce que ce n'est pas inégal pour les régions où il y a moins d'industrie,
14:03 où c'est plus difficile de trouver du travail ?
14:06 Il y a des bassins d'emploi qui sont à l'évidence plus favorables.
14:10 Mais je parlais à l'instant des efforts de réindustrialisation
14:15 qui vont toucher et qui touchent déjà l'ensemble du pays,
14:19 de la réactivation de filières qui avait été délaissée
14:22 lorsque l'on pensait que la France avait un avenir en dehors de l'industrie.
14:28 Moi, je me suis frappé en discutant avec les élus, notamment les présidents de régions,
14:32 de voir à quel point ils investissent, bien entendu du côté de la formation professionnelle,
14:38 leur connaissance fine également des bassins d'emploi.
14:41 Et puis, il n'y a pas que l'industrie, il y a aussi les services à la personne,
14:44 par exemple, qui se développent énormément.
14:46 On a aussi besoin de professionnels dans cette direction.
14:49 Et donc, tout cela doit se faire finement à l'échelle des bassins d'emploi,
14:53 de manière à avoir des lycées professionnels qui répondent aux besoins de l'économie
14:58 avec suffisamment de perspectives dans le temps.
15:00 Il ne s'agit pas, évidemment, d'année en année de changer en fonction de la demande de tel ou tel chef.
15:07 Les lycées doivent répondre aux besoins de l'économie.
15:10 Bien sûr, ça, c'est tout à fait essentiel.
15:12 Il faut que les lycées professionnels...
15:13 Certains vont vous dire, les élèves, on n'est pas là uniquement pour former des travailleurs,
15:18 des salariés, des ouvriers, on est là aussi quand même pour former des citoyens.
15:21 Et c'est les deux à la fois.
15:22 C'est à la fois l'entrée dans la citoyenneté, ça, c'est tout à fait essentiel,
15:26 d'où l'importance des savoirs fondamentaux que nous confortons,
15:30 par exemple, avec des demi-groupes en classe de seconde,
15:33 de manière à avoir des élèves qui soient à niveau en français, en mathématiques, mais aussi...
15:38 Vous allez diviser les classes ?
15:39 On va créer des demi-groupes, en effet, pour les classes de seconde.
15:44 Des élèves qui soient à niveau dans ces disciplines, ça, c'est tout à fait essentiel.
15:48 Mais nous avons aussi une mission,
15:50 c'est que ces élèves trouvent de l'emploi après le baccalauréat
15:53 ou réussissent dans leurs études supérieures.
15:56 Vous savez, il n'y a pas...
15:57 La citoyenneté, ce n'est pas simplement une citoyenneté, je dirais, politique.
16:00 La citoyenneté, elle a aussi une dimension pratique.
16:02 C'est le fait de trouver un travail, c'est le fait de s'installer dans la vie.
16:05 C'est cela qui donne sens à la citoyenneté.
16:07 C'est vrai que certains disent que le niveau académique dans les lycées professionnels est relativement faible,
16:12 d'autant que ce sont des élèves qui viennent parfois de milieux qui ne sont pas favorisés.
16:15 Et donc, certains peuvent craindre qu'on favorise plutôt le travail que la citoyenneté.
16:20 Nullement. On favorise et on développe les savoirs fondamentaux.
16:23 Moi, j'y suis très attaché en tant que ministre de l'Éducation nationale.
16:26 Je ne vais certainement pas reculer sur cette question.
16:29 Et la ministre déléguée, Carole Grandjean, non plus.
16:32 Mais nous avons aussi cet impératif catégorique qui est de mieux insérer.
16:38 D'où le fait, par exemple, que l'on augmente la durée des stages en classe de terminale
16:42 pour celles et ceux qui entrent dans le marché du travail.
16:44 Alors justement, un emploi après, plus de stages pendant.
16:47 Et la bonne nouvelle pour les lycéens, c'est que ces stages seront rémunérés 50, 75 ou 100 euros par semaine
16:53 en fonction du niveau de la classe.
16:56 C'est l'État qui va payer. Pourquoi ? Ce ne sont pas les entreprises.
16:58 C'est l'État qui va payer parce que c'est une gratification qui est à la fois juste
17:04 et qui est également importante pour des jeunes qui, comme vous le disiez,
17:07 viennent souvent de milieux défavorisés,
17:10 qui ont pu avoir des parcours scolaires assez sinueux et assez difficiles.
17:14 Et puis, parce que nous ne souhaitons pas, bien entendu, que si c'était les entreprises,
17:19 il y ait un effet contraire avec une raréfaction du nombre de stages.
17:24 Parce que c'est un enjeu.
17:25 – Et l'argent, vous le versez sur le compte des lycéens, sur le compte des parents ?
17:29 – Oui, l'argent sera versé aux lycéens.
17:31 – D'un tout petit mot, on a beaucoup de témoignages de parents et d'élèves qui disent
17:35 "c'est très bien, on va nous faire faire des stages, mais c'est très difficile de trouver un stage".
17:38 Est-ce que vous garantissez que 100% des élèves qui cherchent des stages en trouveront ?
17:43 – C'est une vraie question.
17:44 Les stages, c'est à la fois le fait d'en trouver et puis évidemment des stages de qualité.
17:49 Ça n'est pas toujours le cas.
17:51 Donc il faut travailler sur ces deux dimensions, d'où la création dans chaque lycée
17:55 d'un bureau des entreprises.
17:57 On a besoin là d'une structure, qu'il soit une structure pérenne,
18:01 qui aide à trouver un stage, qui favorise la relation entre le lycée et puis les entreprises.
18:08 On m'a parlé hier, j'étais dans le Sud-Ouest avec le président de la République,
18:12 dans un département du Sud-Ouest, d'un lycée spécialisé dans les métiers du bâtiment,
18:17 qui n'avait pas de relation particulière avec une très grande entreprise de bâtiments
18:22 située à quelques kilomètres de là.
18:24 Vous voyez, on est dans des situations qui ne sont pas acceptables
18:27 et qui ne sont pas favorables pour nos jeunes.
18:29 – Papendia est ministre de l'Éducation nationale.
18:31 On va parler de la mixité en milieu scolaire dans un instant.
18:33 Il y a des annonces qui arrivent de la part du gouvernement.
18:36 D'abord, le Fil info à 8h51, Sophie Echennes.
18:38 – Le gouvernement dévoile tout à l'heure son nouveau plan vélo
18:42 avec 2 milliards d'euros sur la table.
18:44 Plus de la moitié sera allouée au développement des pistes cyclables en France
18:48 pour atteindre 100 000 km d'ici 2030.
18:51 C'est presque deux fois plus qu'à l'heure actuelle.
18:53 Une information judiciaire ouverte par le PNF, le parquet national financier,
18:57 sur des soupçons de détournement de fonds publics dans la gestion du fonds Marianne,
19:01 créé en 2021 pour lutter contre le séparatisme.
19:04 Il a fait l'objet de plusieurs signalements à la justice récemment
19:06 concernant notamment les conditions d'attribution des subventions.
19:10 Apple a le vent en poupe, le géant californien dégage près de 95 milliards de dollars
19:15 de chiffre d'affaires sur les trois premiers mois de l'année.
19:17 Soit bien plus que les attentes du marché et un bénéfice net de 24 milliards.
19:23 Ed Sheeran, heureux de sa victoire.
19:25 Après son procès à New York, le roi de la pop britannique était poursuivi pour plagiat.
19:29 Suite à des similitudes entre l'un de ses morceaux et un titre de Marvin Gaye,
19:33 la justice a tranché, il ne s'agit pas d'une copie.
19:39 France Info, le 8.30 France Info.
19:43 Adrien Bec, Gilles Dequise.
19:46 Pas peine d'y aller ministre de l'Éducation nationale,
19:48 il y a eu cette réforme du bac qui est entrée en vigueur, ça y est,
19:51 avec pour beaucoup de bacheliers, le grand oral et la philo encore à la fin de l'année.
19:55 Mais donc beaucoup ont déjà leur résultat, se disent que ça y est, c'est fait.
19:58 Il y a un peu des petits calculs en ce moment pour savoir de combien de points
20:01 on a besoin pour être sûr d'avoir son bac.
20:03 Et donc pour beaucoup, c'est les doigts de pied en éventail un peu la fin de l'année.
20:07 Taux d'absentéisme qui augmente.
20:09 Nous dit-on, qu'est-ce que vous leur dites à ces élèves un peu démobilisés en ce moment
20:12 parce qu'il n'y a plus grand-chose à jouer ?
20:13 Alors, on n'a pas de données nationales, mais j'entends les remontées du terrain,
20:17 comme on dit, et ce que je dis aux élèves, c'est deux choses.
20:19 D'abord, l'obligation d'aller en cours du premier jour au dernier jour.
20:23 Je rappelle quand même que l'école, ce n'est pas facultatif et ce n'est pas au choix.
20:28 Deuxièmement, je leur dis que s'ils ne vont plus en cours de spécialité,
20:32 c'est un mauvais calcul parce que Parcoursup a plusieurs phases.
20:36 Une première phase qui tient compte, évidemment, des épreuves de spécialité
20:39 qui ont eu lieu fin mars, c'est un fait.
20:42 Mais il y a une phase complémentaire pour ceux qui n'ont pas eu les bonnes réponses à Parcoursup.
20:46 Et dans cette phase complémentaire de Parcoursup,
20:48 on tient compte des résultats du troisième trimestre.
20:51 Donc, attention, mauvaise surprise.
20:52 On verra s'ils vous écouteront, mais comment faire à partir de l'année prochaine,
20:55 peut-être pour changer la donne ?
20:56 Est-ce qu'il n'y a pas des ajustements à faire ?
20:57 C'est très compliqué puisque les épreuves de spécialité ont lieu fin mars
21:01 parce que le mois d'avril est occupé par les vacances de printemps.
21:03 Ça fait un mois entier en tenant compte des trois zones.
21:06 Et si on reporte sur le mois de mai, comme l'année dernière,
21:09 c'est trop tard pour prendre en compte ces épreuves de spécialité.
21:12 Donc, c'est très difficile.
21:13 On regarde, mais les marges de manœuvre sont quand même extrêmement réduites.
21:16 - Ben, Diagne, vous allez annoncer la semaine prochaine
21:19 que les établissements privés devront accueillir plus d'élèves boursiers
21:23 au nom de la mixité.
21:24 La droite vous accuse de vouloir détruire ce qui fonctionne,
21:27 c'est-à-dire l'enseignement privé.
21:28 - Non, c'est absurde puisque ce sont les établissements concernés
21:31 qui le demandent et qui le souhaitent.
21:33 Et c'est d'ailleurs une préoccupation qui est très largement partagée.
21:36 Mais je parle d'abord, et ce sur quoi nous travaillons prioritairement,
21:41 c'est sur l'enseignement public.
21:42 Ça concerne 80% des enfants.
21:44 C'est plus à la main, si je puis dire, du ministère de l'Éducation
21:47 et des collectivités.
21:49 Et là, dans l'enseignement public, il y a beaucoup à faire
21:52 parce qu'il y a des problèmes, disons, de ségrégation sociale et scolaire
21:57 qui sont absolument évidents.
21:58 - Il n'y a pas de ségrégation entre le privé et le public ?
22:00 - Ici aussi, mais je répondais d'abord sur le public
22:04 parce que c'est d'abord là que l'essentiel se joue, je le rappelle.
22:08 Et nous avons des progrès à faire en matière de mixité sociale et scolaire
22:12 parce que nous savons, à l'échelle internationale,
22:14 que favoriser la mixité sociale et scolaire, c'est favoriser les résultats.
22:18 C'est aussi favoriser le climat scolaire, je dirais aussi le climat social général.
22:23 Nous devons donc aller tranquillement vers une meilleure mixité
22:26 en partenariat avec les élus, puisque ce sont les collectivités
22:30 qui sont notamment chargées de la sectorisation.
22:32 - J'en reviens, pardon, aux établissements privés.
22:34 Ils devront donc avoir, aujourd'hui, c'est un peu moins de 10% d'élèves boursiers,
22:38 ils devront en avoir combien ?
22:40 - Un petit peu plus.
22:41 - Un petit peu plus, progressivement, si j'ai bien compris.
22:44 Qu'est-ce qui empêchera un collège ou un lycée privé
22:47 de faire une sélection sur dossier parmi les boursiers, finalement ?
22:51 - Rien. En effet, il faut veiller à la fois à la mixité sociale,
22:56 ce dont on parle, mais aussi à la mixité scolaire.
22:59 La mixité scolaire, c'est d'avoir des élèves qui soient divers,
23:03 parlant profil, ça inclut d'ailleurs les élèves en situation de handicap,
23:07 plus d'élèves en situation de handicap dans les établissements privés sous contrat.
23:11 Et puis, ça inclut aussi des profils scolaires variés.
23:15 Nous sommes en préparation d'un protocole que nous allons signer
23:20 avec le principal syndicat, je dirais, de l'enseignement privé sous contrat.
23:25 Nous le faisons en parfaite intelligence.
23:27 Je tiens à souligner le fait que nos interlocuteurs du secteur privé sous contrat
23:34 sont tout autant sensibles et, je dirais, motivés sur ces questions que nous.
23:40 - Autre sujet, le gouvernement va présenter son plan vélo ce matin.
23:44 2 milliards d'euros d'ici 2027 pour des aides à l'achat,
23:47 notamment la construction de piste cyclable, de divers équipements.
23:50 Est-ce qu'il y a des choses prévues pour les écoles ?
23:51 - Oui, puisque depuis 2019, on a d'abord formé 200 000 élèves au savoir faire du vélo
23:58 entre 6 et 11 ans.
24:00 L'idée, c'est de généraliser cela.
24:03 C'est bon pour la nature.
24:05 C'est aussi bon pour la santé physique de nos élèves.
24:07 Vous savez qu'on a... - C'est quelques heures dans l'année.
24:09 - On a une préoccupation, oui, c'est ça.
24:11 On a une préoccupation en matière de santé des élèves et de sédentarité.
24:16 Et puis, évidemment, on a aussi des enjeux de sécurité
24:19 pour pouvoir se déplacer en toute sécurité dans la ville.
24:21 Donc ça, c'est tout à fait prioritaire pour nous.
24:24 Ça va être annoncé avec l'idée de généraliser cela
24:28 à l'ensemble des élèves de l'école élémentaire.
24:30 - L'intelligence artificielle en milieu scolaire, pas peine d'y aille.
24:33 Son utilisation peut être une bonne idée pour un enseignant ou un élève,
24:36 dans certains cas spécifiques, mais cela dépend des raisons
24:38 pour lesquelles il souhaite utiliser cette technologie.
24:41 Est-ce que vous savez qui a dit ça ? Est-ce que vous êtes d'accord ?
24:43 - Alors dites-moi, je ne sais pas.
24:44 - C'est Chadjipiti qui répond ça quand on lui demande
24:47 est-ce que c'est une bonne idée d'utiliser Chadjipiti en milieu scolaire ?
24:51 On voit que c'est une réponse équilibrée.
24:53 C'est un outil pour les élèves, aussi pour les enseignants.
24:55 Ça peut permettre de gagner beaucoup de temps.
24:56 Qu'est-ce que vous leur dites à ces enseignants, par exemple,
24:58 qui utiliseraient Chadjipiti pour faire des quiz,
25:00 des questionnaires ou préparer des cours ?
25:02 - Alors, il y a encore effectivement à intégrer au mieux
25:05 ces questions d'intelligence artificielle dans l'école.
25:09 - Il n'y a pas de tabou, ce n'est pas forcément un nom catégorique.
25:10 - Il n'y a pas de tabou, mais attention cependant à ne pas penser
25:15 que l'intelligence artificielle puisse remplacer les professeurs, par exemple.
25:19 Et attention également à ce que les élèves n'utilisent pas
25:23 l'intelligence artificielle pour faire leur travail.
25:26 Je rappelle quand même que lorsqu'on demande à Chadjipiti
25:30 de réaliser une dissertation dans tel ou tel domaine,
25:33 il est très facile pour l'enseignant de repérer
25:37 que ce n'est pas l'élève qui la réalise.
25:38 D'un tout dernier mot, vous aviez dit début février,
25:41 il va falloir intervenir sur Chadjipiti.
25:44 On est début mai, qu'est-ce que vous avez fait pour l'instant ?
25:46 - Oui, on suit de près.
25:48 Pour l'instant, on n'est pas non plus, on n'est pas dans une situation
25:52 qui serait une situation catastrophique avec des difficultés majeures.
25:56 - Ça évolue très, très vite.
25:57 - Ça évolue très, très vite et donc on regarde la situation de près.
26:01 Il va falloir intervenir de manière intelligente,
26:04 c'est-à-dire tirer le meilleur parti de l'intelligence artificielle,
26:08 tout en veillant bien entendu à ce que celle-ci ne soit pas mise
26:12 au service de stratégie de contournement de l'apprentissage des savoirs.
26:16 - Quelque chose me dit qu'on aura l'occasion de reparler.
26:18 Merci à vous, Pappendia et ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse,
26:22 invité du 8.30 de France Info.
26:23 *Bruit de voiture*

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