00:00 Elle demande un meilleur accompagnement des enfants traumatisés après l'attentat de Nice.
00:04 Ager Ben Awissi de l'association Une voix des enfants vient d'être reçu par le cabinet du garde des Sceaux.
00:10 Elle est notre invitée ce matin.
00:12 Avec une annonce, bonjour Ager.
00:14 Ager, d'abord les enfants. Les enfants avant tout.
00:18 Ceux qui étaient là le 14 juillet sur la prom. Comment ils vont ?
00:22 Ça dépend lesquels en fait. On a un grand nombre d'enfants qui va encore très mal
00:26 et qui est encore dans un trouble du comportement dû au choc post-traumatique
00:32 qui sont encore sévères et qui impactent leur vie quotidienne.
00:36 Donc on a l'étude qui est sortie, on a les premiers résultats de cette étude du 14-7
00:40 qui a été mis en place du coup par ce CO2P de l'anval qui a été créé 6 mois après l'attentat
00:45 parce que rien n'existait en plus, ne serait-ce que pour accompagner des enfants psychotraumatisés.
00:50 C'est très rare, il faut savoir en France, des pédopsychiatres déjà,
00:54 en plus des pédopsychiatres spécialistes du psychotraumatisme, c'est encore plus rare.
00:58 Et que dit l'étude ?
01:00 L'étude en fait, elle révèle que la fréquence des troubles de stress post-traumatique pédiatrique
01:05 après l'attentat, donc sur l'échantillon des enfants qui a été suivi,
01:10 varie entre 50,6% et 75,2%.
01:15 Donc 62% souffrent de stress post-traumatique aigu, 79% de troubles anxieux
01:21 dont 56% de troubles d'anxiété de la séparation.
01:25 On a par exemple 18% de troubles de contrôle des impulsions,
01:30 33% d'un trouble déficit de l'attention avec hyperactivité.
01:33 Tout ça se cumule en fait.
01:35 Ça veut dire que des années à préciser, on en est à des traumatismes qui restent très présents en 2023
01:43 pour des enfants qui désormais, même certains, sortent de l'adolescence.
01:47 Ah oui, on a des tout jeunes adultes qui sont encore dans ce stress post-traumatique
01:53 pour qui la vie est très compliquée et l'avenir est compromis complètement
01:56 parce que leurs études ont été arrêtées, impactées.
01:58 Donc c'est des enfants qui n'ont pas de diplôme, qui sont à la recherche d'un avenir,
02:03 donc de quelle que soit la manière, mais qui ont des difficultés par exemple
02:07 à suivre des cours dans une université.
02:09 Et c'est pour ça que vous avez fait cette association ?
02:11 Oui, exactement, oui.
02:12 Et c'est pour ça que vous faites le tour des ministères,
02:15 que vous êtes allée à Matignon, que vous êtes allée à l'Elysée,
02:18 et que vous avez reçu une lettre d'Emmanuel Macron.
02:20 Alors, tout récemment, vous êtes allée au ministère de la Justice.
02:23 Que s'est-il passé ?
02:25 Alors, c'est vrai que le président de la République a une attention particulière
02:30 pour les attentats terroristes en général et les victimes.
02:34 Il y a une grande difficulté, il faut le savoir, en France,
02:37 sur la prise en charge des victimes en général, mais d'autant plus en leur camp, c'est les enfants.
02:41 Et c'est vrai qu'en créant l'association, on a fait un peu de bruit sur l'état des enfants
02:45 et le fait qu'en réalité, en France, pour la première fois, on a pris conscience
02:49 qu'il y a eu autant d'enfants en masse ciblés et blessés lors d'un attentat terroriste.
02:53 Et on s'aperçoit qu'il n'y a pas de prise en charge de ce psychotraumatisme adapté
02:58 parce que la prise en charge doit être pérenne, coordonnée,
03:01 j'ai envie de dire pluridisciplinaire, et on doit trouver des méthodes innovantes.
03:05 Et donc, au ministère de la Justice, qu'est-ce qui s'est passé ?
03:08 - Au ministère de la Justice, du coup, entre autres ministères et délégués interministérais
03:14 qu'on a rencontrés, on a abordé plusieurs questions.
03:18 Donc la question de cette prise en charge des enfants, le besoin, il faut savoir,
03:22 il a déjà été identifié par les pouvoirs publics français, parce que sous l'impulsion
03:25 d'Emmanuel Macron en 2019, il a été créé, du coup, le Centre de ressources et de résilience,
03:30 qui a plus une mission de développer la recherche, justement, par rapport à ça,
03:35 qu'est-ce qu'on pourrait créer comme dispositif spécifique pour accompagner mieux les enfants,
03:39 puisqu'on en est là, clairement, aujourd'hui.
03:41 - En fait, on découvre, tout simplement. - On découvre.
03:43 - Et donc, il va y avoir la création de comités locaux.
03:46 Et ça, c'est quand même une très bonne nouvelle pour nous.
03:49 - C'est ça. Les claves ont été quand même...
03:52 Alors, les claves, ça a été créé déjà par un décret du 25 avril 2017.
03:59 Enfin, ça devait s'élargir. - Et ils vont servir à quoi, ces comités locaux ?
04:02 - Voilà. Alors, ces comités locaux, là, qui sont un peu nouveaux, qui vont démarrer,
04:06 c'est des comités locaux d'aide aux victimes mineurs, spécifiques aux enfants, en fait, clairement mineurs.
04:12 - Donc, on va mieux s'occuper des enfants ?
04:14 - C'est ça. En fait, il va se passer qu'il y aura, du coup, autour d'une table, clairement,
04:20 plusieurs institutions, organismes, acteurs de différents dispositifs,
04:25 qui entourent les enfants, tous ensemble, autour d'une table.
04:28 Et on va essayer de se coordonner de manière pluridisciplinaire et transversale
04:32 pour un meilleur accompagnement, justement, plus adapté, avec tous les acteurs qui entourent, du coup, un enfant.
04:39 Donc, en fait, cette prise en charge efficace, elle nécessite la prise en compte de l'entourage et de l'environnement de l'enfant.
04:47 Parce qu'un enfant, il n'est pas un enfant tout seul, juste en psy.
04:49 C'est un enfant aussi dans sa famille, c'est un enfant aussi à l'école.
04:53 Donc, il faut qu'il y ait des référents de l'Education nationale pendant ces comités locaux d'aide aux victimes.
04:57 Il faut qu'il y ait des référents de la MDPH.
04:59 En fait, il faut que tout le monde soit formé, tout simplement.
05:01 Il faut que tout le monde soit formé, informé.
05:03 Alors, il peut, il existe des formations, parce que si on fait un zoom un petit peu,
05:08 sur les cinq dernières années, on a 50 études sur le psychotraumatisme,
05:13 contre, par exemple, sur les cinq dernières années, 12 300 sur l'autisme, juste pour un ordre de grandeur.
05:19 On n'est pas assez dans cette recherche pour l'instant, mais toutes ces études, ces 50 études, quand même, révèlent la même chose.
05:26 Donc, révèlent que ces troubles du comportement majeur, enfin, un psychotraumatisme,
05:31 on a un enfant qui est dans la confusion totale, dans l'incapacité à penser, il est dans des troubles de comportement majeur,
05:37 et dans cette phase-là, en fait, de troubles de comportement majeur,
05:41 aujourd'hui, on n'a pas les outils ou les méthodes de l'accompagner pour qu'il se reconnecte avec son esprit, j'ai envie de dire,
05:50 et qu'on puisse utiliser les psychothérapies classiques.
05:52 En fait, il faut passer par des méthodes intermédiaires thérapeutiques, je ne sais pas moi, comme la sophrologie,
05:58 mais qui passent par le corps pour reconnecter le corps à la pensée, et ensuite travailler,
06:02 si on ne passe pas cette phase-là, si on ne trouve pas de méthode dans cette phase-là,
06:05 on ne peut pas travailler sur les psychothérapies classiques.
06:08 - Et donc, la création de comités locaux pour la prise en charge des victimes mineures,
06:13 c'est la bonne nouvelle, quelque part, de votre rendez-vous avec le cabinet du garde des Sceaux.
06:18 Merci beaucoup, à Gerbena aussi.
06:20 - De rien, c'est une étape, il reste plein de choses à faire.
06:22 - L'association Une Voix des Enfants, avec nous, bien évidemment, sur France Blazure.
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