00:00 (...)
00:05 -Bonsoir à tous. -Et à toutes.
00:07 "Les acteurs ne sont pas des chiens",
00:12 disait déjà Gérard Philippe
00:14 pour dénoncer la précarité dans nos carrières
00:17 et la faiblesse des droits sociaux.
00:21 -Les travailleuses et les travailleurs du spectacle,
00:23 de l'énergie,
00:25 les cheminots et les cheminotes,
00:27 celles et ceux qui ramassent nos ordures, qui nous soignent,
00:31 les enseignants, les enseignantes,
00:33 toutes et tous, nous ne sommes pas des chiens.
00:36 -Ni des chiennes, d'ailleurs.
00:38 -Dans nos métiers comme ailleurs, la précarité pèse
00:41 tout au long de la carrière.
00:43 -Je crois que c'est un moins.
00:46 -Et c'est un corps pire et plus lourd pour les femmes.
00:49 -Atteindre de quoi vivre à la retraite
00:51 est un combat pour beaucoup d'entre nous.
00:54 Même pour celles et ceux qui ont connu la célébrité.
00:58 -Alors que dire des anonymes ?
01:00 Que dire des intérimaires ?
01:02 Que dire des privés d'emploi ?
01:04 -Nous le savons, les jeunes sont précaires
01:10 de plus en plus longtemps.
01:12 -Et encore plus violemment touchés
01:13 par les réformes de l'assurance-chômage.
01:16 -Et pourtant, tout seul,
01:18 dans sa bonne logique ultra-libérale,
01:22 du haut de sa tour d'ivoire,
01:24 il a décidé de reporter l'âge de départ à la retraite
01:28 à 64 ans.
01:31 -Enfin, 64 ans...
01:33 -Oui.
01:34 -Merci.
01:37 (Applaudissements)
01:44 En tout cas...
01:45 (Applaudissements)
01:49 En tout cas, je reprends...
01:51 (Applaudissements)
01:55 Il a donc décidé, du haut de sa tour d'ivoire
01:59 et dans sa bonne logique ultra-libérale,
02:02 de reporter l'âge de départ à la retraite à 64 ans.
02:05 -Enfin, 64 ans, ça dépend pour qui.
02:08 -Oui, tu as raison.
02:09 C'est seulement pour les plus chanceux et chanceuses d'entre nous.
02:12 -Il a décidé contre la vie de l'intersyndicale unie,
02:15 contre l'immense majorité,
02:16 contre des millions de personnes dans la rue.
02:19 Enfin, contre tout un pays, quoi.
02:21 Enfin, à part quelques-uns, mais bon...
02:23 -Sans même une majorité à l'Assemblée ?
02:25 -Et paf, le 49-3.
02:28 -Madame la ministre de la Culture...
02:31 -Je ne sais pas si vous êtes encore là.
02:34 Ah oui, elle est là.
02:36 -Quand est-ce que vous allez décider de sortir de votre silence ?
02:39 Pendant que vos collègues du gouvernement
02:40 se répandent de mensonges, vous ne dites rien.
02:43 Depuis le 13 janvier, vous ne répondez pas aux questions
02:46 posées par nos syndicats sur les conséquences de cette réforme
02:48 envers les intermittentes et intermittents du spectacle.
02:51 -Les autrices, les auteurs, les enseignants et enseignantes
02:54 artistiques,
02:56 est-ce que seulement vous avez un avis sur les budgets,
02:59 sur les spectacles annulés pour cause de...
03:02 Non, mais pour de vrai.
03:04 Pour... Comment on appelle ça ?
03:05 Pour cause de factures énergétiques.
03:09 Ou alors pour cause de l'extrême droite.
03:12 -Madame la ministre, nous ne sommes pas des chiens.
03:16 -Ni des chiennes.
03:18 -Nous ne rentrerons pas à la niche.
03:19 A mes frères et à mes sœurs de lutte,
03:22 que la lutte continue.
03:23 -Et vive les casserolades !
03:25 (Applaudissements)
03:28 (...)
03:37 -Pardon.
03:39 Je sais que vous n'avez pas le temps, mais ça va.
03:42 D'habitude, le rôle du ministre, c'est de rester assis
03:44 à rien dire, mais là, c'est pas possible.
03:46 (Brouhaha)
03:48 (...)
03:52 Non, juste...
03:54 Cette phrase de Gérard Philippe qui a été dite,
03:57 elle date de 1957.
03:59 Il n'y avait même pas de ministère de la Culture à l'époque.
04:02 Aujourd'hui, il y a un ministère de la Culture
04:03 qui défend haut et fort l'exception culturelle française
04:07 dans le monde, qui défend le régime de l'intermittence,
04:10 qui est une fierté pour notre pays.
04:11 Vous avez un ministère qui a débloqué des aides massives
04:14 pendant la crise pour vous soutenir tous,
04:16 pour soutenir tous les secteurs de la culture.
04:18 (Applaudissements)
04:20 Vous avez une ministre à la tête de ce ministère
04:22 qui a obtenu le budget historique le plus haut,
04:24 +7 % par rapport à l'année dernière.
04:27 Inflation, facture d'énergie,
04:28 j'ai débloqué des aides exceptionnelles.
04:30 Vous le savez, certains syndicats sont là
04:32 pour venir en aide aux structures les plus fragiles.
04:34 Menaces contre des expositions, contre des spectacles.
04:37 A chaque fois, j'ai levé la voix
04:40 pour défendre la liberté de création.
04:42 A chaque fois.
04:43 Le dialogue avec les syndicats, je veux juste rappeler,
04:46 pour ceux qui sont là et qui le savent,
04:48 le 7 février, on avait une réunion,
04:49 vous avez demandé à la reporter.
04:51 On l'a reportée au 16 mars.
04:53 Vous n'êtes pas venus, vous avez demandé à la reporter.
04:55 Elle est reportée au 27 avril, c'est jeudi.
04:57 Vous avez encore demandé à l'annuler.
05:00 Il est encore temps de changer d'avis.
05:01 Je suis là, ma porte est ouverte.
05:03 Et bonne soirée à tous.
05:04 (Applaudissements)
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