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  • 20/04/2023
Pour la journaliste Valeurs Actuelles, Charlotte d’Ornellas, il y a des histoires qui signent beaucoup plus une défaite politique en France : «Il y a des histoires qui signent beaucoup plus une défaite politique».

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Transcription
00:00 Ce qui est sûr, c'est l'accumulation de ces informations.
00:02 Vous savez, parfois, vous ne savez pas trop les lier.
00:04 Et puis, c'est ça qui donne l'impression d'une société malade
00:07 que vous n'arrivez pas vraiment à diagnostiquer.
00:09 Vous n'arrivez pas très bien à comprendre
00:10 pourquoi vous liez vous-même toutes ces informations
00:12 et pourquoi, dans le fond, elle vous désespère.
00:14 Elle vous décourage en permanence, notamment sur le terrain politique.
00:18 En réalité, le vrai point commun de toutes ces affaires,
00:20 c'est qu'elle signe à répétition plusieurs fois par jour
00:24 une perte de contrôle sur ce qui se passe dans le pays.
00:27 Vous avez des choses qui, parfois, arrivent
00:30 et ça n'aurait pas pu arriver autrement,
00:33 en tout cas, sauf si tout le monde était absolument parfait,
00:36 extrêmement responsable dans toutes ses conduites, etc.
00:39 C'est, par exemple, ce qu'on découvrira peut-être
00:42 avec cet enfant de 4 ans percuté mortellement par un homme.
00:46 Alors, le problème, c'est que cet homme a peut-être percuté,
00:49 sans vraiment le vouloir, évidemment, cet enfant de 4 ans,
00:52 mais il a pris la fuite.
00:54 Les deux gendarmes qui sont morts à intervalles,
00:58 enfin, ils sont morts l'un après l'autre,
00:59 pareil, ils faisaient une course-poursuite derrière une voiture.
01:03 Probablement, la personne qui était au volant de la voiture qui suivait
01:06 ne voulait pas la mort de ces deux gendarmes.
01:07 Seulement, il ne répond pas à leur demande de s'arrêter,
01:11 il continue et les gendarmes, leur voiture a percuté un camion qui passait,
01:15 enfin, la remorque d'un camion, peu importe.
01:17 Mais vous voyez, donc, c'est à chaque fois un enchaînement
01:20 où on sent qu'on perd le contrôle de toute façon
01:22 et parfois, ça se termine vraiment très mal.
01:24 Et après, il y a des histoires qui signent beaucoup plus une défaite politique,
01:30 un manque de courage initial,
01:32 qui là a des conséquences très clairement dramatiques
01:34 et très liées, on va dire, à cette démission politique.
01:39 Par exemple, il y a quelques jours, une femme de 84 ans,
01:42 percutée mortellement, encore une fois, par un deux-roues à Brest,
01:46 cette fois-ci, vous avez sur le deux-roues une première personne qui a un casque,
01:49 la deuxième qui a une cagoule.
01:50 En général, quand vous faites de la moto avec une cagoule,
01:53 c'est probablement que vous êtes plus en train de vous amuser avec la moto
01:56 qu'en train d'aller à un rendez-vous chez le médecin.
01:58 Ils ont... Ils percutent la dame qui, selon les témoins,
02:02 a fait un vol plané sur plusieurs mètres,
02:04 qui meurt sur le coup de cela.
02:07 Les jeunes en question, qui ont à peu près une quinzaine d'années,
02:11 ils reviennent sur les lieux et un des passants dit...
02:13 Ils sont simplement revenus pour faire un doigt d'honneur
02:15 au passant qui s'était arrêté auprès de la dame
02:17 qu'il venait de percuter, 84 ans, cette dame.
02:20 Les deux jeunes en question, pressés, nous disent la fille et la petite-fille
02:25 de cette femme, pressée par le quartier qui leur a mis la pression
02:28 et probablement par des avocats qui leur ont dit
02:30 qu'il valait mieux se rendre maintenant pour tenter d'alléger un peu la peine.
02:35 Eh bien, ces gamins-là, ils ont 15 ans, ils ont des casiers longs comme le bras,
02:38 notamment extrêmement connus pour stupes.
02:40 Et on apprend que l'un est placé en centre éducatif fermé,
02:42 l'autre est sous contrôle judiciaire.
02:44 Contrôle judiciaire, ça veut dire que vous allez pointer,
02:46 mais vous êtes quand même dehors.
02:47 Bon, ensuite, et là, les filles et la petite-fille disent à la presse,
02:51 le problème, c'est que la police ne rentre pas dans le quartier
02:54 et n'intervient quasiment jamais.
02:55 Un noyau dur d'une grosse dizaine de jeunes,
02:57 entre 12 et 18 ans, fait la loi et fout le bordel, pardon,
03:00 à Pontat, donc le quartier en question, depuis des années.
03:04 Voilà le problème. Voilà ce que disent la fille et la petite-fille
03:07 de cette femme de 84 ans qui vient de mourir.
03:09 Et quand on interroge la police, ils nous disent,
03:12 quand on leur dit pourquoi certains quartiers, vous rentrez pas,
03:14 pourquoi les rodeos, vous n'intervenez pas,
03:16 ils nous disent, mais c'est pas qu'on ne peut pas,
03:18 c'est que les politiques ne veulent pas.
03:20 Parce que la peur des conséquences, dans ce genre de quartier,
03:24 si vous intervenez sur les personnes, c'est la même chose dans les émeutes,
03:27 si vous intervenez, la peur des conséquences semble plus lourde
03:30 à porter, notamment sur le terrain de la fameuse paix sociale,
03:33 que de risquer la mort d'un innocent, en l'occurrence d'une innocente.
03:37 C'est quand même grave, en termes d'injustice absolue
03:40 et de manque de courage dramatique du politique, on est au top.
03:43 Et on pourrait malheureusement multiplier,
03:45 j'ai pris cet exemple-là, mais on pourrait multiplier les exemples,
03:48 on les connaît par cœur, mais les familles de victimes, on ne les connaît pas.
03:51 On n'en entend jamais parler.
03:52 Or, à chaque fois que vous vous penchez sur un cas, franchement, c'est abominable.
03:56 C'est des vies entières qui basculent complètement,
03:59 qui basculent dans un processus entre la police et la justice
04:03 qui est interminable, ça devient le centre de votre vie
04:06 et un centre assez désespérant.
04:09 [Musique]
04:13 [SILENCE]

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