00:00 le footballeur Kurt Zuma qui donne des coups de pied et des claques à son chat,
00:03 le rappeur T-Mal qui donne des coups de pied dans le visage de son chien,
00:06 des images choquantes qui ont ému l'opinion publique.
00:09 En France, les cas de maltraitance animale enregistrés ont bondi de 30% entre 2016 et 2021,
00:15 avec 12 000 cas enregistrés rien que sur l'année 2021.
00:19 Alors est-ce que la France en fait assez ? On va voir ça ensemble.
00:22 Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a fait plusieurs annonces sur le sujet.
00:28 D'abord, la création d'une division nationale d'enquêteurs
00:31 dédiée à la lutte contre la maltraitance animale.
00:34 C'est une première en France et pourtant plusieurs associations de défense des animaux restent sceptiques.
00:39 Alors pourquoi ?
00:40 Cette division est en place, elle est constituée de 15 personnes.
00:43 Pour l'instant, c'est uniquement des gendarmes,
00:48 mais demain, on a des policiers, des fonctionnaires de police qui vont nous rejoindre,
00:53 qui sera également armé par un vétérinaire.
00:56 En soi, c'est quelque chose de plutôt positif.
00:58 Maintenant, la question qu'on peut se poser, c'est est-ce que le gouvernement
01:00 justement prend réellement conscience de ce phénomène-là
01:02 et a une réelle envie de lutter contre ce phénomène-là ?
01:05 Ou est-ce qu'il ne s'agit pas tout simplement d'un effet de manche
01:07 destiné à satisfaire la population qui est de plus en plus sensible à la cause animale ?
01:11 On va les traiter comme on traite les autres missions au sein de l'Office,
01:14 c'est-à-dire beaucoup en partenariat avec les autres acteurs qui sont engagés,
01:19 qui peuvent être soit des acteurs institutionnels du niveau central,
01:22 soit parfois des services déconcentrés de l'État.
01:24 Il y a beaucoup de travail en collaboration étroite avec ce qu'on appelle la société civile organisée,
01:30 et c'est notamment les associations ou les ONG.
01:33 Justement, la constitution de cette cellule destinée à lutter contre les infractions faites sur les animaux,
01:40 d'un point de vue national, qui comprend une équipe de 15 à 17 personnes.
01:44 Il faut savoir que nous, en tant qu'association, en deux ans,
01:46 on a déjà plus de 2000 plaintes déposées et on n'est pas spécialement une grosse association.
01:51 Je me dis que finalement, ça va être complètement impossible pour une équipe de 15 à 17 personnes
01:55 de gérer la masse d'infractions liées aux animaux qu'il y a aujourd'hui.
01:59 15 personnes, ce n'est pas beaucoup, mais c'est beaucoup.
02:02 C'est suffisant pour les missions que j'évoquais.
02:05 Cette division, en fait, ils ne sont pas tout seuls.
02:07 Ils peuvent s'appuyer sur l'ensemble de l'Office central
02:11 et puis sur les autres unités de police et de gendarmerie sur le territoire.
02:15 Deuxième annonce de Gérald Darmanin, formé 4000 référents,
02:18 policiers et gendarmes dispatchés dans toute la France,
02:21 qui seront en lien avec les services vétérinaires de l'État,
02:23 mais aussi les associations de protection des animaux.
02:27 Leur mission, ça va être d'être particulièrement investis
02:30 sur la lutte contre la maltraitance animale,
02:34 à la fois sur le volet répressif pour prendre en compte,
02:37 tout spécialement les enquêtes,
02:38 mais également pour prendre en compte tout un travail de prévention,
02:42 tout un travail d'échange avec les associations.
02:45 Ils seront également des points de contact pour ces associations.
02:49 En soi, le fait d'avoir un référent par commissariat ou gendarmerie,
02:54 c'est quelque chose qui est positif.
02:56 C'est sûr que, nous, notre principal problème lorsqu'on intervient,
02:58 c'est qu'en fait, ça dépend de l'interlocuteur sur lequel on va tomber.
03:01 Même si les infractions liées aux animaux sont des infractions pénales
03:04 et que c'est du ressort du pouvoir judiciaire,
03:06 on a encore aujourd'hui des agents de police ou des gendarmes
03:09 qui n'en ont pas conscience ou alors, tout simplement,
03:11 qui ne sont pas intéressés par le sujet,
03:13 qui vont aller favoriser d'autres dossiers au détriment du coup de cela.
03:17 Justement, faisons un point sur la loi.
03:19 En France, une personne qui implique un mauvais traitement à un animal,
03:23 comme par exemple ne pas le soigner, le priver de nourriture ou d'eau,
03:26 est punissable d'une simple amende de 750 euros.
03:29 Lorsqu'il s'agit d'un professionnel, l'amende peut aller jusqu'à 15 000 euros
03:33 et la personne peut en courir jusqu'à un an de prison.
03:36 Concernant les sévices graves et actes de cruauté,
03:38 qu'ils soient commis publiquement ou non,
03:40 ils sont punis de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.
03:43 Lorsqu'ils sont commis avec des circonstances aggravantes,
03:45 comme par exemple devant un mineur,
03:47 l'auteur encoure 4 ans de prison et 60 000 euros d'amende.
03:50 Enfin, si les sévices ou l'acte de cruauté ont entraîné la mort de l'animal,
03:55 l'auteur encoure 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende.
03:58 Et selon les associations, ces peines ne sont pas assez appliquées.
04:02 Ils demandent que le ministère de la Justice se saisisse aussi de cette question.
04:06 Aujourd'hui, on a des annonces qui ont été faites uniquement par le ministère de l'Intérieur
04:09 et on n'a aucune annonce du côté du ministère de la Justice.
04:12 Il faut savoir que lorsqu'on intervient pour saisir des animaux,
04:14 bien sûr qu'il y a un côté ministère de l'Intérieur avec les forces de l'ordre, etc.
04:18 Mais l'objectif premier, c'est d'avoir des sanctions pénales
04:21 et surtout des interdictions de détenir des animaux.
04:23 Et toute cette partie-là, qui représente quand même au moins 50 % de la procédure,
04:27 ça relève du ministère de la Justice, ça relève des magistrats et ça relève des procès.
04:31 Donc si on a un arsenal qui est bien appliqué,
04:33 bien mis en place d'un point de vue terrain, commissariat, c'est très bien.
04:37 Mais si derrière, ça ne suit pas d'un point de vue justice et procès,
04:41 là on va se retrouver avec des dossiers qui mèneront tout de même à des relax
04:45 et des animaux qui au final ne seront pas si bien protégés que ça.
04:48 Je suis en relation régulière avec le ministère de la Justice
04:53 et je sais que la Direction des Actions Criminelles et des Grâces, la DACG,
05:01 travaille actuellement à l'élaboration d'une dépêche
05:05 à l'intention des procureurs généraux et des procureurs
05:09 spécifiquement dédiés à la lutte contre la maltraitance animale.
05:13 Donc vous voyez que ce n'est pas uniquement une action menée isolément par le ministre de l'Intérieur.
05:18 Autre piste de l'association Action Protection Animale,
05:22 s'inspirer des pays anglo-saxons et pourquoi pas donner plus de pouvoir aux associations.
05:26 On pourrait par exemple s'inspirer finalement des pays notamment anglo-saxons
05:30 mais aussi de ceux d'Europe du Nord,
05:32 où la législation est très contraignante en matière de maltraitance animale
05:36 mais où surtout, où elle est clairement appliquée.
05:38 C'est-à-dire qu'en Angleterre par exemple,
05:40 on a des agents d'associations de protection animale qui sont assermentés
05:44 et qui peuvent intervenir parfois sans avoir recours aux forces de l'ordre.
05:48 Aux États-Unis, le fait de violenter un animal, c'est passible d'une part de prison ferme
05:52 mais surtout la peine est appliquée.
05:53 Les gens partent en prison pour avoir battu un animal.
05:55 Avant d'aller donner des compétences et des prérogatives plus importantes aux associations,
06:02 je pense que déjà développons notre dispositif au niveau national.
06:07 On a des personnels qui sont formés typiquement.
06:10 Lorsqu'on intervient chez un particulier pour lui enlever un chien ou un chat qui est maltraité,
06:19 on ne sait pas comment la personne va réagir,
06:20 on ne sait pas si la personne est armée,
06:22 on ne sait pas quel va être son comportement lorsqu'on va vouloir s'emparer de l'animal.
06:28 Et donc vous voyez, là pour le coup,
06:30 on a des personnels qui sont spécifiquement formés pour réagir à ce type de situation
06:36 qui peut facilement dégénérer.
06:38 Alors est-ce que ce plan de lutte contre la maltraitance vous paraît suffisant ?
06:42 Ou faut-il aller encore plus loin ?
06:44 Laissez-nous votre avis dans les commentaires
06:46 et si vous avez d'autres questions sur des sujets de société concernant les animaux,
06:50 n'hésitez pas à m'envoyer un message.
06:52 [Musique]
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