00:00 Très bon début de journée avec Europe 1.
00:01 Dimitri Pavlenko, ce matin vous recevez Danny Boon.
00:04 J'étais au Club Med de ma naissance à maintenant.
00:07 Je m'appelle Trident.
00:08 Trident du Club Med.
00:10 Tu pourrais quand même accueillir ton petit frère.
00:14 Demi frère.
00:15 Encore mieux, je prends moins de place.
00:16 Je vais retrouver mon amour d'enfance de mes 8 ans.
00:18 Violette, je peux dormir ici alors ?
00:20 Oui, je le savais, je le savais, ça pourrait aller.
00:23 Allez, à coute trois là, voilà, voilà.
00:24 Bonjour Danny Boon.
00:25 Bonjour, comment ça va ?
00:26 Bienvenue sur Europe 1.
00:27 Vous êtes à l'affiche réalisateur de "La vie pour de vrai",
00:30 votre dernier film dans lequel vous incarnez Trident Lagache.
00:34 Tout à fait.
00:34 Il a 50 ans, il a vécu toute sa vie, il a grandi au Club Med.
00:38 Il est né là-bas même.
00:39 Il est né là-bas.
00:40 Ses parents se sont rencontrés au club.
00:42 Il travaillait, ses parents travaillaient au club, il est né au club.
00:44 Il est devenu G.O. à 18 ans et à 50 ans, il décide de partir.
00:49 Et pourquoi Trident ?
00:50 Par rapport au Trident du Club, ses parents, comme il est né au club,
00:55 un peu par accident, ses parents ont décidé de l'appeler Trident.
00:59 Alors, avant qu'on parle du film, j'avais une question toute bête à vous poser,
01:02 mais est-ce que ça a déjà existé des bébés Club Med ?
01:06 C'est-à-dire, non pas conçus sur place, mais qui sont restés toute leur vie ?
01:09 Je crois qu'il y a un élevage.
01:10 Il y a un pays chaud où il y a un élevage de G.O.
01:16 Ils les font naître, ils les font...
01:18 Non, je ne sais pas.
01:19 Oui, ça existe parce que l'idée m'est venue en allant au club avec mes enfants.
01:25 J'ai rencontré...
01:26 Il y avait un directeur de restaurant dont les parents étaient employés du club.
01:31 Ils se sont rencontrés au club, il a été conçu là-bas.
01:34 Il est né en dehors, mais en tout cas, il a grandi,
01:40 il a fait l'école à distance en étant au club.
01:42 Sa mère devait le mettre au mini...
01:44 Ses parents devaient le mettre au mini club.
01:46 Et puis ensuite, il est devenu G.O. et il était directeur de restaurant.
01:50 Et je lui disais "c'est marrant", il avait une quarantaine d'années.
01:52 Je disais "mais c'est marrant", donc je dis...
01:55 Je lui ai dit "vous n'avez jamais quitté le club".
01:57 Enfin, tu n'as jamais quitté le club, parce qu'on suit toi.
01:58 Oui, on suit toi, bien sûr.
01:59 Et il me dit "si", il m'a dit "si".
02:03 Enfin, j'ai quitté, mais je dis "mais c'est..."
02:04 Et puis voilà, l'idée m'est venue comme ça.
02:05 Et ça fonctionne assez bien parce que c'est ce personnage trident et l'incarnation...
02:11 Alors, je ne vais pas dire de l'inadaptation sociale, parce que...
02:13 C'est pas qu'il est inadapté, il a une autre manière d'aborder les autres.
02:18 Mais c'est un peu ce qui m'est arrivé quand je suis arrivé à Paris.
02:20 Je faisais mes études en Belgique à tournée.
02:24 Je faisais une école d'art et je suis arrivé du Nord et de la Belgique.
02:27 À Paris, le choc est violent.
02:30 Je disais bonjour aux gens, moi, dans la rue, comme les G.O. du club.
02:34 Je souriais.
02:35 Et jamais personne vous a dit bonjour à Paris ?
02:37 Rarement. "Qu'est-ce que tu veux ?" On m'a dit.
02:40 Ah oui, c'est suspect.
02:42 C'est bizarre.
02:42 C'est qu'on a un truc à demander.
02:43 Je trouvais que les gens ne souriaient pas beaucoup.
02:45 Je me demandais même s'ils avaient des dents, moi, les Parisiens.
02:47 C'était un drôle de...
02:50 Où il y avait un truc qui m'a marqué quand je suis arrivé aussi,
02:54 c'est que quand j'allais boire un café dans un bistrot,
02:58 il y a une conversation à côté au bar.
03:00 Et je me dis tiens, c'est un sujet qui m'intéresse.
03:03 Je dis ah, c'est marrant que vous parliez de ça parce que...
03:04 Et les gens me regardaient en disant "mais on se connaît".
03:06 - Faute de code, il ne fallait pas s'immiscer dans la conversation.
03:09 - Mais du tout, il ne faut pas.
03:10 Parce que il faut être...
03:13 Oui, ça ou aller chez les gens sans prévenir.
03:15 Moi, je faisais ça.
03:17 Mes copains du cours Simon,
03:19 j'allais chez eux, puis ils ouvraient et me disaient "qu'est-ce que tu fais là ?"
03:23 - Il y a beaucoup de vous dans ce tri dans la gâche, finalement.
03:26 - C'est un mélange de plein de choses, mais il y a du moi, oui, c'est vrai.
03:30 - Alors, parce que ça fait une bonne série de gags,
03:33 mais ça ne suffit pas à faire un bon film.
03:35 Va se greffer à ça une histoire d'amour,
03:37 des retrouvailles aussi avec un frère qui n'était pas connu,
03:40 qui n'était pas dans le radar.
03:41 Et ce frère, c'est Kad Merad.
03:43 Troisième film que vous faites avec lui, ça faisait longtemps quand même.
03:45 Vous n'aviez pas tourné ensemble.
03:46 - Neuf ans qu'on n'avait pas tourné ensemble.
03:47 Et il joue mon demi-frère.
03:49 J'ai écrit en pensant à Kad,
03:53 et j'avais envie de le retrouver,
03:56 j'ai toujours envie de le retrouver à chaque film que j'écris.
03:59 Je me dis "tiens, on a une telle alchimie,
04:01 c'est quelqu'un de très généreux,
04:03 c'est un acteur immensément talentueux,
04:09 et très drôle, avec un sens du rythme inné,
04:12 avec une facilité à faire rire qui est dingue".
04:15 Donc moi j'adore,
04:17 et on a fait des duos qui ont fait leur preuve.
04:22 - Lui c'est la rencontre inattendue,
04:24 parce que vous montez à Paris, il prend l'avion,
04:26 il arrive à Paris.
04:28 - J'ai connu, comme souvent,
04:30 la problématique des gens du Club Med,
04:32 c'est que quand ils font des animations,
04:34 ils sont connus pendant 8 jours,
04:35 puis au bout de 8 jours c'est les stars.
04:37 Des gens qui sont restés là en vacances 8 jours,
04:39 puis ça recommence à zéro.
04:41 Et donc toute sa vie il n'a jamais rien construit,
04:43 il n'a pas vraiment d'amis,
04:45 il est encore, mais il n'a pas vraiment de proches.
04:47 Et le seul lien qu'il attache pour la vie à son enfant,
04:53 c'est cet amour, cette violette qu'il a rencontrée au mini-club,
04:57 avec qui il a essayé de s'échapper d'ailleurs.
04:59 On voit ça en flashback.
05:01 Et voilà, ils se sont jurés un amour à vie,
05:05 comme souvent quand on tombe amoureux.
05:09 On a tous en tête notre premier amour en fait.
05:12 - Avec 10 ans, c'est ça ?
05:14 - Oui, voilà exactement.
05:16 C'est un âge où l'amour est absolu et éternel.
05:20 Et donc il veut retrouver cette femme,
05:22 parce que c'est la seule chose qu'il a réussi à construire,
05:25 c'est cet amour d'enfance.
05:27 C'est très candide, assez naïf.
05:29 - Mais c'est très touchant, ça fonctionne très bien.
05:31 Et c'est Charlotte Gainsbourg,
05:32 vous avez pensé à Charlotte Gainsbourg
05:34 quand vous avez écrit le rôle d'Annie Mooney ?
05:35 - Alors pas du tout.
05:36 J'ai pensé à Charlotte Gainsbourg après qu'elle m'ait envoyé un message
05:40 pour me dire qu'elle aimerait tourner avec moi.
05:42 Elle venait de voir mon dernier film,
05:44 dans lequel joue Yvan Attal, son compagnon.
05:47 Et elle m'a dit qu'elle avait beaucoup aimé
05:49 et qu'elle aimerait tourner avec moi.
05:51 C'était...
05:52 - Inattendu, mais ça tombait bien.
05:53 - J'étais très touché.
05:55 Je suis un fan absolu de Charlotte.
05:58 Et je me suis dit, mais ce serait génial
06:00 qu'elle joue le rôle de Roxane, Violette.
06:04 - Alors c'est vrai que c'est la touche un peu romantique
06:09 et parfois mélancolique aussi du film.
06:11 Vous êtes à l'aise dans cette navigation
06:13 entre les répertoires, les gens, les émotions d'Annie Boone ?
06:16 - Moi je cherche pas à des répertoires,
06:18 je cherche à faire rire et à émouvoir.
06:19 C'est-à-dire que quand on est ému dans un film,
06:22 le rire est de meilleure qualité.
06:24 - C'est vrai.
06:25 - Et il y a un truc profond, humain, qui passe.
06:28 Et moi je parle de ça.
06:30 Je parle d'humain, de relation humaine.
06:33 Je fais rire avec des choses...
06:36 Je fais très attention à ce que ce soit pas vulgaire,
06:38 à ce que... à faire rire à la fois les enfants,
06:41 d'abord les miens, évidemment,
06:43 mais les enfants et aussi les adultes,
06:46 les grands, les vieux adultes,
06:48 et les grands enfants, on va dire.
06:50 Mais j'essaie de faire rire...
06:54 Donc je cherche pas à faire un genre particulier.
06:57 Après on me dit "Tiens, il y a un petit côté romantique dans ton film".
06:59 Je dis "Oui, peut-être, mais c'est pas le but au départ,
07:02 c'est juste de raconter une histoire crédible,
07:04 drôle et émouvante".
07:05 - Voilà, il est très dans la gâche.
07:07 - On vous attend cette semaine au cinéma.
07:08 Merci beaucoup, Danny Boon.
07:09 - Merci de m'avoir accueilli.
07:10 - D'avoir répondu à l'invitation d'Europe.
07:12 Bonne journée à vous.
07:13 - À vous aussi.
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