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Retrouvez l'intégrale de l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron sur CNEWS, dans laquelle le président de la République revient notamment sur la réforme des retraites et annonce les grandes lignes de la suite de son quinquennat. 

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Transcription
00:00 Française, Français, mes chers compatriotes.
00:02 Comme vous le savez, ce vendredi 14 avril,
00:05 le Conseil constitutionnel a validé,
00:07 pour l'essentiel, la loi sur nos retraites,
00:10 et je l'ai donc logiquement promulguée.
00:12 Les évolutions prévues par cette loi
00:14 entreront en vigueur progressivement
00:16 à partir de cet automne.
00:18 Adoptées conformément à ce que prévoit notre Constitution,
00:22 ces changements étaient nécessaires
00:24 pour garantir la retraite de chacun
00:26 et pour produire plus de richesses pour notre nation.
00:30 Car en effet, alors que le nombre de retraités augmente,
00:33 que notre espérance de vie s'allonge,
00:36 la réponse ne pouvait pas être de baisser les pensions.
00:39 Elle ne pouvait pas être non plus
00:40 d'augmenter les cotisations de ceux qui travaillent.
00:43 Et elle ne pouvait pas être, comme je l'ai beaucoup entendu,
00:46 de ne rien faire,
00:47 car c'était alors laisser les déficits s'accumuler
00:50 et notre dette augmenter pour les générations futures.
00:54 Ces changements étaient donc nécessaires
00:56 et constituent un effort, c'est vrai,
00:59 mais il est accompagné de mesures de justice,
01:02 d'améliorations concrètes
01:04 pour ceux qui ont eu des carrières longues,
01:06 exercé des métiers les plus durs
01:09 ou qui perçoivent des petites retraites.
01:12 Travailler tous progressivement un peu plus,
01:14 comme l'ont d'ailleurs fait tous nos voisins européens,
01:17 c'est aussi produire plus de richesses
01:18 pour notre pays tout entier.
01:20 Et c'est ce qui nous permet d'être plus forts,
01:22 d'investir pour notre quotidien et pour notre avenir.
01:26 Nous en avons besoin.
01:28 Pour autant,
01:31 cette réforme est-elle acceptée ?
01:33 A l'évidence, non.
01:36 Et malgré les mois de concertation,
01:38 un consensus n'a pas pu être trouvé,
01:40 et je le regrette.
01:42 Nous devons en tirer tous les enseignements.
01:46 J'ai entendu dans les manifestations
01:49 une opposition à sa réforme des retraites,
01:51 mais aussi une volonté de retrouver du sens dans son travail,
01:54 d'en améliorer les conditions,
01:56 d'avoir des carrières qui permettent de progresser dans la vie.
01:59 Plus généralement, c'est une colère qui s'est exprimée.
02:04 Colère face à un travail qui, pour trop de Français,
02:06 ne permet plus de bien vivre, face à des prix qui montent,
02:09 qu'il s'agisse du plein, des courses, de la cantine.
02:12 Car malgré une mobilisation de l'Etat inédite en Europe,
02:16 l'augmentation des prix pèse sur nos vies quotidiennes.
02:20 Cette colère, c'est aussi une colère
02:23 parce que certains ont le sentiment de faire leur part,
02:26 mais sans être récompensés de leurs efforts,
02:29 ni en aide, ni en service public efficace.
02:33 C'est toute cette colère que de très nombreux Français
02:35 ont exprimée en manifestant, et pour l'immense majorité,
02:39 dans le calme et le respect de nos institutions.
02:42 Personne, et surtout pas moi, ne peut rester sourd
02:46 à cette revendication de justice sociale
02:48 et de rénovation de notre vie démocratique,
02:51 en particulier exprimée par notre jeunesse.
02:54 La réponse ne peut être ni dans l'immobilisme,
02:59 ni dans l'extrémisme.
03:01 Face à ces colères, à ce sentiment de déclassement,
03:05 d'abandon, nous devons agir ensemble,
03:08 au-delà des clivages, comme j'ai toujours cherché à le faire,
03:12 au service d'un cap clair,
03:14 celui de notre indépendance et de la justice.
03:17 Oui, notre indépendance, d'abord, pour la France et pour l'Europe.
03:21 Nous sommes un peuple qui entend maîtriser
03:23 et choisir son destin.
03:25 Nous ne voulons pas dépendre de qui que ce soit,
03:27 ni des forces de la spéculation, ni des puissances étrangères,
03:32 ni d'autres volontés que la nôtre.
03:33 Et nous avons raison.
03:35 Mais l'indépendance ne se décrète pas.
03:38 Elle se bâtit par des ambitions,
03:40 des efforts au niveau national et européen,
03:43 sur le plan du savoir, de la recherche,
03:45 de l'attractivité, de la technologie,
03:48 de l'industrie, de la défense.
03:50 Et elle se finance aussi collectivement par le travail.
03:54 Cette indépendance française et européenne
03:57 est justement celle qui nous permettra
03:58 d'obtenir plus de justice,
04:00 que chacun récolte davantage de tous ses efforts,
04:03 que les inégalités de départ soient mieux corrigées,
04:05 que les vies soient moins empêchées,
04:08 que les plus démunis soient davantage aîtés.
04:10 C'est là le grand projet que je porte devant vous et avec vous.
04:15 Reconstruire et retrouver l'élan de notre nation.
04:19 Ne rien céder aux divisions et, au contraire,
04:22 tenir ce cap pour notre indépendance
04:24 au service de cette idée de la justice si française,
04:29 et ouvrir ou reprendre pour cela 3 grands chantiers.
04:33 D'abord, le chantier du travail.
04:36 Face au chômage, nous avons des résultats inédits
04:38 et indiscutables.
04:39 C'est le fruit des transformations
04:42 de ces dernières années et de nos efforts à tous.
04:45 Oui, nous avons créé en 6 ans
04:49 1,7 million d'emplois pour notre pays.
04:53 Après le succès de l'apprentissage pour nos jeunes,
04:55 je veux désormais engager la réforme du lycée professionnel
04:59 pour que le plus grand nombre de nos adolescents et de nos jeunes
05:03 accèdent soit à des formations vraiment qualifiantes,
05:05 soit à l'emploi.
05:07 Nous redoublerons aussi d'efforts pour ramener vers le travail
05:11 le plus de bénéficiaires du revenu de solidarité active,
05:14 en les accompagnant mieux de manière très concrète dans leur vie.
05:19 Le travail doit aussi mieux payer.
05:22 En 6 ans, nous avons décidé des hausses conséquentes
05:25 du salaire minimum ou de la prime d'activité,
05:27 mais face à la situation que je viens de décrire,
05:29 aux colères que je viens de rappeler,
05:32 nous devons agir de manière encore plus vigoureuse.
05:35 C'est pourquoi j'ai proposé de recevoir
05:37 des organisations patronales et syndicales dès demain matin,
05:41 pour celles qui y sont prêtes, et la porte sera toujours ouverte.
05:45 Et cela afin d'ouvrir, sans aucune limite, sans aucun tabou,
05:50 une série de négociations sur des sujets essentiels.
05:54 Améliorer les revenus des salariés,
05:56 faire progresser les carrières, mieux partager la richesse,
06:01 améliorer les conditions de travail,
06:03 trouver des solutions à l'usure professionnelle,
06:06 accroître l'emploi des seniors et aider aux reconversions.
06:10 Ce nouveau pacte de la vie au travail
06:14 sera construit dans les semaines et les mois qui viennent
06:18 par le dialogue social et les accords très concrets
06:22 au niveau national, mais aussi au plus près du terrain,
06:25 que les organisations syndicales et patronales seront trouvées.
06:29 Plus largement, c'est par la réindustrialisation
06:33 que nous retrouverons notre force
06:35 et que nous créerons des emplois mieux payés.
06:38 Là aussi, nous avons des résultats tangibles, inédits.
06:42 En France, dans des vallées et des cantons,
06:46 des usines ouvrent à nouveau, 200 depuis 2 ans.
06:50 Là où notre pays s'était habitué à la désindustrialisation,
06:55 nous recréons de l'emploi industriel
06:57 et nous sommes devenus le pays le plus attractif en Europe
07:01 pour les investissements.
07:03 Notre nouvelle économie plus verte, respectueuse de nos terres
07:06 et de nos paysages n'est pas un rêve, mais une réalité
07:10 qui nous permet de créer des emplois
07:11 et de tenir nos engagements pour le climat.
07:15 Grâce à la planification écologique qui sera dévoilée d'ici l'été,
07:18 nous irons vers un nouveau modèle productif et écologique
07:23 dans l'agriculture, le bâtiment, l'économie circulaire,
07:26 les transports, l'énergie et les technologies.
07:30 Un cadre aussi avec lequel nous serons mieux parés
07:34 face aux événements climatiques, comme la sécheresse estivale.
07:39 Le 2e chantier est celui de la justice
07:42 et de l'ordre républicain et démocratique.
07:45 L'Etat de droit est notre socle.
07:48 Et il n'y a pas de liberté sans loi ni sans sanction
07:51 envers ceux qui transgressent le droit des autres.
07:54 Dans ce but, nous continuerons à recruter
07:57 plus de 10 000 magistrats et agents,
07:59 nous continuerons d'améliorer le fonctionnement de notre justice
08:03 et nous sommes en train de créer 200 brigades de gendarmerie
08:06 dans nos campagnes.
08:08 Lutter contre toutes les formes de délinquance,
08:11 contre toutes les fraudes, qu'elles soient sociales ou fiscales,
08:14 sera aussi au coeur de l'action du gouvernement
08:16 avec des annonces fortes dès le début du mois de mai.
08:21 Nous renforcerons aussi le contrôle de l'immigration illégale
08:25 tout en intégrant mieux ceux qui rejoignent notre pays.
08:30 Rénover l'ordre républicain et démocratique
08:32 signifie également que nous devons lutter
08:34 contre le sentiment persistant que voter ne serait plus décidé.
08:39 Je proposais à cet égard,
08:41 en lien avec la présidente de l'Assemblée nationale,
08:44 le président du Sénat,
08:45 le président du Conseil économique, social et environnemental,
08:49 des grandes pistes pour que le fonctionnement
08:50 de nos institutions gagne en efficacité,
08:54 mais aussi en participation citoyenne,
08:56 comme nous venons d'ailleurs de le faire
08:58 avec la Convention citoyenne sur la fin de vie.
09:02 Le 3e chantier, enfin, est celui du progrès.
09:07 Progrès pour mieux vivre.
09:10 Je veux que chacun d'entre vous retrouve la certitude
09:12 que nos enfants pourront bâtir une vie meilleure.
09:16 Et ce sont nos services publics qui devront porter cette espérance,
09:19 de la petite enfance au grand âge.
09:22 Dès lors, l'Education nationale doit renouer
09:25 avec l'ambition d'être l'une des meilleures d'Europe.
09:27 Dès la rentrée, notre école va changer à vue d'oeil.
09:30 Pour les enseignants qui seront mieux rémunérés,
09:32 pour les élèves qui seront davantage accompagnés
09:35 en français, en mathématiques, pour leurs devoirs,
09:37 et pratiqueront plus de sport à l'école.
09:40 Pour les parents qui verront le remplacement systématique
09:42 des enseignants absents.
09:45 Notre système de santé sera aussi profondément rebâti.
09:49 Depuis 6 ans, 11 millions de Françaises et de Français
09:52 ont pu bénéficier du reste à charge zéro
09:54 pour leurs lunettes, leurs appareils auditifs
09:57 ou leurs prothèses dentaires.
09:58 Nous avons mis fin au numerus clausus
10:00 et nous avons massivement investi dans notre hôpital.
10:03 Mais il faut des résultats concrets à court terme.
10:06 D'ici la fin de cette année,
10:08 600 000 patients atteints de maladies chroniques
10:11 qui n'ont pas de médecin traitant en disposeront.
10:14 Et d'ici la fin de l'année prochaine,
10:17 nous devrons avoir désengorgé tous nos services d'urgence.
10:22 Et pour les quelques 10 millions d'entre vous
10:24 qui vivez dans les quartiers les plus défavorisés,
10:27 dans les zones rurales les plus en difficulté,
10:30 dans nos territoires d'outre-mer,
10:33 nous trouverons là encore des solutions concrètes
10:36 pour améliorer la vie quotidienne.
10:39 Mes chers compatriotes,
10:41 ensemble, nous avons fait face à l'épidémie,
10:43 à de nombreuses crises depuis 6 ans,
10:45 à tant de périls.
10:47 A chaque fois, j'ai cherché à libérer les énergies,
10:51 à protéger les plus faibles,
10:53 à tenir l'unité du pays,
10:55 avec le seul intérêt de la nation comme guide.
11:00 C'est le même esprit de responsabilité
11:01 qui doit nous animer.
11:03 Au moment où nous avons à relever sans attendre
11:05 les défis du changement climatique, du vieillissement,
11:08 des désordres géopolitiques, des révolutions technologiques
11:11 comme l'intelligence artificielle ou les algorithmes.
11:15 Je me rappelle, il y a 4 ans, presque jour pour jour,
11:21 je m'exprimais sous cette forme devant vous.
11:24 Notre-Dame de Paris venait de brûler.
11:26 Et je vous disais, dès le lendemain,
11:28 que nous rebâtirions en 5 ans.
11:32 Que n'avais-je alors entendu ?
11:34 Et tous les commentateurs nous ont dit "Impossible !
11:39 Pourquoi ce cap ? Intenable !"
11:42 Eh bien, nous allons le faire.
11:44 Nous allons le faire parce qu'une décision a été prise,
11:46 mais surtout parce qu'il y a eu la volonté de chaque jour
11:50 et la mobilisation de tous.
11:52 Parce qu'il y a eu des milliers de femmes et d'hommes
11:54 partout à travers le pays pour oeuvrer ensemble et rebâtir.
11:59 Eh bien, il doit en être de même
12:02 pour les grands chantiers de la nation.
12:04 Et c'est pourquoi je sollicite toutes les forces d'action
12:07 et de bonne volonté, nos maires, nos élus,
12:09 nos forces politiques, nos syndicats, tous ensemble.
12:13 Je compte mieux les associer en relançant dès le mois de mai
12:15 des coalitions et alliances nouvelles
12:17 sur les bases solides du Conseil national de la refondation,
12:21 au plus près du terrain.
12:23 Et chacun d'entre vous avait un rôle à jouer.
12:27 Il nous faut moins de lois, moins de bureaucratie,
12:29 plus de liberté d'action, d'expérimentation,
12:32 de pouvoir d'initiative à l'échelle de nos vies.
12:36 Oui, c'est cet élan national auquel je crois.
12:41 Et ces 3 chantiers prioritaires
12:43 constituent la feuille de route du gouvernement
12:46 que la Première ministre détaillera dès la semaine prochaine.
12:50 Ces 3 chantiers doivent nous rassembler,
12:53 rassembler les principaux responsables de la nation,
12:57 et je m'y impliquerai.
12:59 Et le 14 juillet prochain
13:01 doit nous permettre de faire un 1er bilan.
13:03 Nous avons devant nous 100 jours d'apaisement,
13:08 d'unité, d'ambition et d'action au service de la France.
13:14 C'est notre devoir.
13:15 Et je vous fais confiance,
13:17 je nous fais confiance pour y arriver.
13:20 Vive la République et vive la France.
13:24 (Générique)
13:27 ---
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