00:00 Bonjour Valérie, merci d'être en direct avec tout.
00:02 Votre histoire, elle est sidérante, on en a parlé hier dans cette émission déjà
00:07 et on est content de vous avoir en ligne pour que vous puissiez nous expliquer
00:10 comment ça s'est passé.
00:11 On a bien compris votre message sur Facebook, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
00:14 Un matin, la police a débarqué chez vous, ils sont venus,
00:17 ils ont tapé ou on vous a convoqués ?
00:18 Comment ça s'est passé ?
00:19 - Alors justement, ce qui est étonnant, c'est qu'ils sont venus directement chez moi.
00:23 Ils ont tapé chez moi vers 10h du matin, vendredi 24,
00:27 et en fait, pour m'interpeller directement, ils me plaçaient en garde à vue.
00:31 - Mais qu'est-ce qu'ils vous disent quand ils arrivent chez vous ?
00:34 Ils tapent à la porte, ils vous disent quoi ?
00:36 - Alors, je ouvre la porte, ils me demandent mon identité
00:41 et ils me notifient en garde à vue pour injure au président de la République.
00:45 - Comment vous réagissez ? Vous comprenez ?
00:47 Vous ne pensez pas que c'est une farce ?
00:49 Vous comprenez ce qui est en train de se passer ?
00:51 - Alors, je ne comprends pas parce que déjà, je serais demandée si c'était une blague.
00:55 Ils m'ont dit non, pas du tout, madame, donc vous nous suivez.
00:59 Après mon ressenti, je suis militante, donc j'entends beaucoup d'affaires de ce style
01:05 et j'ai dit, ce coup-ci, ça tombe sur moi.
01:08 - Quand vous arrivez à la garde à vue, elle a duré combien de temps, cette garde à vue ?
01:13 - Je suis sortie de garde à vue vers 18h,
01:16 mais avec un déferlement au papier pour me notifier ma date de procès.
01:20 - Donc ils ont tapé à 10h, donc ça fait 8h de garde à vue ?
01:23 - Voilà, à peu près.
01:25 - Et ils se passent quoi pendant ces 8h ?
01:27 Parce qu'on ne va pas vous demander 200 fois si vous avez bien écrit "ordure" sur le Facebook.
01:32 Ils vous disent quoi pendant ces 8h ?
01:35 - Alors pendant ces 8h, en grande partie, vous êtes dans une cellule
01:40 avec au départ une personne qui avait été interpellée pour d'autres faits,
01:45 une cellule où il n'y a aucun confort, où ce n'est pas non plus un hôtel,
01:50 où vous êtes dans une cellule qui sent très mauvais, qui n'a pas d'hygiène,
01:55 où vous devez frapper à la porte pour aller aux toilettes.
01:59 Et suite à ça, j'ai demandé à avoir un médecin.
02:03 J'ai été présentée à l'hôpital pour connaître mon état de santé,
02:08 s'il était compatible avec ma garde à vue.
02:11 Ensuite, dans l'après-midi, il y a eu une audition près d'un OPJ,
02:17 où on me notifie mes droits, ma garde à vue,
02:20 et on m'explique pourquoi du comment je suis en garde à vue.
02:24 - C'était des policiers ou des gendarmes ?
02:27 - Ici, c'est la police nationale.
02:29 - Les policiers, quand ils vous interrogent, ça se fait très sérieusement
02:34 ou ils vous disent "on nous a demandé de le faire,
02:38 "mais on sait que ce n'est pas dramatique ce qui s'est passé" ?
02:42 - Alors, ils m'ont bien expliqué qu'on leur a demandé,
02:46 c'est le sous-breffier de Saint-Omer qui a déposé une plainte,
02:50 au départ contre X, et ensuite, avec les conversations que j'ai eues
02:54 avec quelques agents de la fonction, justement,
02:58 ils étaient étonnés et surpris de la tournure que ça prenait
03:03 pour une chose qu'on retrouve partout sur les réseaux sociaux.
03:07 - Et vous, vous êtes dans quel état d'esprit aujourd'hui ?
03:11 Une garde à vue, c'est traumatisant, vous avez fait 8 heures de garde à vue,
03:16 vous êtes dans quel état d'esprit aujourd'hui ?
03:19 - Alors, l'état d'esprit, bon, je ne suis pas santé
03:22 puisque je venais me faire opérer du dépôt,
03:25 donc déjà, au niveau physique, c'était dur pour moi.
03:28 Je suis également une personne qui a des occupations autres
03:32 que passer mon temps dans un commissariat.
03:36 Mon état d'esprit, c'est pas de l'injustice, petit cas numéro,
03:40 c'est pas mon style, mais voilà, on a voulu faire un exemple,
03:44 parce que, quand même, à la base, j'y l'ai jeune,
03:47 mais militante aussi, sur pas mal de mouvements,
03:50 et donc déclarante de diverses manifestations,
03:54 et en fait, on a dit, on veut plus l'entendre, en fait,
03:58 on veut qu'elles restent, en fait, des gens qui ne sont rien.
04:02 - Et vous allez vous taire, désormais ?
04:04 - Non, pas du tout. C'est pour ça que j'ai voulu médiatiser l'affaire,
04:08 mais je pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur.
04:13 J'ai mis des pressions sur les militants, sur les déclarants,
04:17 et sur, justement, les gens qui se positionnent
04:20 et qui n'ont pas peur d'user de la parole pour dénoncer.
04:23 - Juste, Valérie, vous êtes consciente, malgré tout,
04:26 et, encore une fois, après, chacun juge si ça mérite
04:30 une garde à vue ou pas, enfin, voilà, je suis un peu surpris,
04:33 mais vous avez conscience, quand même, que, malgré tout,
04:36 vous avez insulté le président, que traiter...
04:39 - On peut discuter, on peut... - Mais il y a des insultes.
04:42 - Bien sûr qu'il y en a plein.
04:45 Attendez, laissez Valérie, on en débattra après,
04:48 mais vous avez le sentiment, quand même, que c'est une insulte,
04:51 que vous l'avez insultée, on n'était pas dans un échange d'idées.
04:54 - Alors, justement, j'ai regardé votre reportage précédent,
04:57 je pense que c'est quand même plus grave, les menaces de mort,
05:01 comme la personne précédente, j'ai menacé de mort personne.
05:05 Après, je sais que c'est condamnable,
05:08 j'en suis consciente, mais je pense que...
05:11 le président lui-même a quand même insulté les Français
05:16 en disant qu'il avait bien envie de les emmerder,
05:20 qu'ils étaient des illettrés,
05:23 comme sur la Bretagne, pour l'entreprise GAD,
05:26 que c'était vraiment...
05:28 En fait, on est des moins que rien pour lui,
05:31 donc il faut rester des moins que rien.
05:35 - Vous regrettez, Valérie, malgré tout, de l'avoir traité d'ordure ?
05:38 - Je ne l'ai pas traité d'ordure, d'ailleurs, sur mon poste,
05:41 il n'y a ni son nom, ni sa fonction.
05:44 J'ai juste marqué qu'à 13h, l'ordure va prendre la parole.
05:47 - Il y a vraiment une procédure, alors évidemment, on ne pouvait pas...
05:51 - Oui, ça, je comprends bien, mais...
05:54 Alors, je vais le dire autrement, est-ce que vous regrettez ces mots ?
05:57 - En fait, ce qui a été ce que j'ai dit,
06:00 c'est que je ne regrette pas les mots.
06:04 Ce qui a été ce que j'ai expliqué lors de mon audition,
06:07 je suis quelqu'un qui joue beaucoup avec les mots,
06:10 et j'ai voulu marquer l'ordure, l'ordre reste.
06:13 En fait, c'est la finance, pour moi, qui parlait à 13h,
06:16 mais pas le président.
06:17 [Musique]
06:20 [SILENCE]
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