00:00 Une pluie de projectiles qui illustre la violence des affrontements.
00:05 Filmés depuis l'intérieur d'un véhicule de gendarmerie,
00:10 les forces de l'ordre sont la cible d'un black block compact et déterminé.
00:14 47 gendarmes sont blessés, deux d'entre eux en urgence relative.
00:19 Pendant plusieurs heures hier, les gendarmes s'emploient à repousser
00:22 les manifestants afin de les empêcher d'approcher des bassines
00:25 au cœur de la contestation.
00:28 4000 grenades lacrymogènes et de désencerclements sont lancées.
00:31 Les forces de l'ordre estiment avoir eu un recours à la force
00:34 adapté à la situation.
00:36 Les faits auxquels nous avons assisté, la nature des projectiles
00:40 qui ont été retrouvés, la nature des techniques employées
00:43 par une partie des individus, témoignent du fait qu'ils n'étaient pas venus
00:46 pour manifester pacifiquement, pour s'opposer à un grand projet,
00:50 mais véritablement pour mener une logique de guérilla,
00:53 de guérilla non pas urbaine pour ce coup parce qu'on est en zone rurale,
00:57 mais ça illustre, s'il en était besoin, la volonté extrêmement radicale
01:00 des acteurs de cette mobilisation.
01:02 Du côté des manifestants, trois participants ont été pris en charge
01:06 par les secours en urgence absolue.
01:08 Le pronostic vital de l'un d'entre eux, un homme âgé de 30 ans,
01:11 est engagé. Il a été victime d'un traumatisme crânien.
01:15 C'est ça qui me rend malade quand je vois des jeunes qui ont l'âge
01:18 de mes enfants, qui sont là pour exiger, et c'est une exigence lésitime,
01:23 qu'on ne s'aborde pas, on n'hypothèque pas leur avenir.
01:27 Et ils se retrouvent aux urgences avec un pronostic vital engagé.
01:31 C'est absolument... Moi, je suis bouleversé, j'ai la nausée.
01:35 Une indignation partagée par de nombreux manifestants qui critiquent
01:39 un usage disproportionné de la force.
01:41 Hier, 30 000 personnes étaient réunies pour manifester,
01:44 selon les organisateurs, 6 000 selon les autorités.
01:48 Face à eux, 3 200 policiers et gendarmes étaient également présents
01:53 autour du chantier.
01:53 La réponse est extrêmement violente.
01:56 Oui, je les ai trouvés agressifs et...
01:58 Et à la fois, voilà, je ne m'attendais pas à autre chose.
02:02 Cette violence était prévisible dans la mesure où la manifestation,
02:06 qui initialement était pacifique, aurait dû être autorisée.
02:10 Alors que là, il y a une répression, il y a une volonté claire
02:14 du gouvernement de criminaliser tous les mouvements sociaux.
02:18 Les organisateurs déplorent près de 200 blessés, principalement dus
02:22 au LBD et aux éclats de grenades lacrymogènes et de désencerclement
02:26 lancés par les forces de l'ordre.
02:27 Il y avait évidemment une ambiance de front de guerre.
02:30 Pendant deux heures incessantes, j'ai vu les camarades arriver,
02:33 certains défigurés, certains avec des plaies extrêmement profondes.
02:37 Évidemment que quand on voit ça, on se dit mais...
02:39 Quelle est la prochaine étape ?
02:42 La Ligue des droits de l'homme a elle aussi mis en cause
02:44 la responsabilité des forces de l'ordre dans les violences
02:47 survenues à Sainte-Sauline.
02:49 De manière générale, nous avons constaté un usage immodéré
02:52 et indiscriminé de la force sur l'ensemble des personnes
02:55 présentes sur les lieux, avec un objectif clair,
02:57 empêcher l'accès à la bassine, quel qu'en soit le coût humain.
03:00 Le parquet de Niort a ouvert une enquête afin de déterminer
03:04 les circonstances exactes dans lesquelles les trois manifestants
03:07 en urgence absolue ont été blessés.
03:09 45 plaintes ont également été déposées par les gendarmes
03:12 pour les violences à leur encontre.
03:14 Selon nos informations, près de 62 couteaux, 67 boules de pétanque,
03:19 6 bidons d'essence ou encore 13 haches ont été saisis par les forces de l'ordre.
Commentaires