00:00 Ma première réaction, c'est de dire qu'il y a une violence qui est illégitime
00:03 de la part des opposants radicaux.
00:05 On a plus de 1000 opposants radicaux qui démontrent vraiment une violence.
00:09 Il y a une vraie, vraie violence qui est inacceptable.
00:14 Ce que dit le ministre de l'Intérieur également, Gérald Darmanin,
00:16 cette violence est inacceptable, ces heurts sont inacceptables,
00:19 mais ils étaient néanmoins prévisibles.
00:21 Comment les forces de gendarmerie, comment vos collègues
00:24 se sont préparés justement à cette confrontation
00:27 qui malheureusement était inéluctable ?
00:28 Au lendemain du rassemblement du mois d'octobre,
00:31 on a fait un retour d'expérience justement sur ce qui s'était passé,
00:34 les modes opératoires, et on a anticipé, on a planifié justement
00:39 cette génération de force, puisqu'il y a 3200 policiers et gendarmes,
00:44 et tout ça, ça a été anticipé, préparé.
00:46 Les gendarmes sont entraînés, justement il y a des exercices
00:49 qui ont été faits pour répondre présent et être en mesure d'avoir
00:54 une posture ferme à l'égard des manifestants, j'ai envie de dire
00:59 des opposants radicaux, et encadrer la manifestation légale à Melle.
01:03 Est-ce que vos collègues, est-ce que les forces de l'ordre,
01:05 parce qu'il y a des policiers également avec les gendarmes,
01:07 on parle de plus de 3000 forces de l'ordre présentes sur le terrain,
01:11 étaient préparés à ce genre de confrontation ?
01:14 Ou ont-ils été surpris par la violence justement
01:17 des actions de ces manifestants ?
01:20 Il y a un travail de renseignement, d'anticipation opérationnelle
01:23 qui a été fait, et on s'attendait à ce niveau de violence,
01:26 mais là, il est vu, il est partout le monde,
01:30 et on voit que cette violence, elle est là,
01:32 et il s'agit d'une violence inacceptable et vraiment illégitime.
01:37 Les gendarmes, ils sont là, et c'est l'objectif du maintien de l'ordre,
01:40 faire en sorte qu'il y ait une désescalade,
01:42 et qu'on ait une situation de retour au calme,
01:44 d'absorber justement cette violence.
01:46 C'est peut-être ce qui s'est passé, il y a à peu près une heure,
01:49 puisque les premières heures, les premières confrontations
01:52 se sont déroulées aux alentours de midi et demi.
01:54 Là, il semble que l'apaisement soit de mise,
01:58 mais rien n'est sûr, c'est-à-dire qu'il peut y avoir encore
02:01 des réactions, des foyers qui peuvent de nouveau naître
02:05 dans l'après-midi à Saint-Sauline ?
02:06 Oui, le dispositif, il a été déployé depuis quelques jours
02:09 et va durer tous les week-ends,
02:11 puisque là, on a des temps forts, des temps faibles,
02:13 c'est-à-dire que justement, les opposants radicaux
02:15 tentent de pénétrer sur la réserve de substitutions,
02:19 mais là, ils font face justement aux gendarmes
02:22 qui ont un dispositif ferme d'interdiction.
02:24 Et là, ils essayent peut-être de se recompléter,
02:27 de repenser une autre tentative.
02:30 Mais en tout cas, les gendarmes sont là,
02:31 ils tiennent le terrain et on a une posture de fermeté.
02:35 Comment peut-on se préparer psychologiquement ?
02:37 Je sais que c'est votre métier, en effet,
02:38 mais à des manifestants, très nombreux en effet,
02:41 qui sont difficilement identifiables dans une foule,
02:43 parce qu'il y a aussi une majorité de pacifistes
02:46 parmi les manifestants, mais qui se préparent à la guerre,
02:50 en quelque sorte, face aux forts de l'ordre,
02:52 face aux gendarmes, avec des haches notamment, avec des armes.
02:56 Comment psychologiquement, on peut se préparer à ça ?
02:58 Donc nous, on est une force militaire,
03:00 donc on se prépare justement psychologiquement,
03:03 on est entraîné, on est résilient,
03:05 on fait un travail justement de lucidité,
03:08 on est avec ce discernement aussi qui est nécessaire,
03:12 avec les chefs, donc les chefs sont au plus près aussi,
03:15 et les gendarmes, et je souligne leur résilience
03:17 et leur exemplarité, qui sont là,
03:20 ils font face justement aux tirs de mortier,
03:21 aux boules de pétanque, et ils réagissent,
03:24 ils font preuve vraiment de modération
03:27 dans l'emploi de la force avec une graduation,
03:29 tout est proportionné pour réagir justement
03:32 en fonction de la situation des opposants.
03:35 Une réaction qui est organisée,
03:36 parce que c'est assez imprévisible tout de même,
03:38 ce qu'il y a en face des forces de l'ordre,
03:40 ce sont des manifestants, des individus
03:42 qui peuvent aller de tous côtés et qui,
03:45 là en l'occurrence, peuvent frapper à tout moment.
03:47 On a un dispositif vraiment qui est dans la profondeur
03:50 et on a des équipages qui sont particulièrement mobiles
03:53 justement pour faire face à la mobilité des opposants,
03:58 donc on a pris en compte justement l'étendue du terrain
04:02 pour être réactifs, résilients et tenir dans la durée.
04:06 Tout à l'heure sur l'antenne de CNews,
04:08 un manifestant, un éleveur disait
04:10 si les forces de l'ordre n'avaient pas été là,
04:12 tout se serait bien passé.
04:14 Qu'en pensez-vous ?
04:15 Je pense qu'il faut être lucide et observer les images
04:17 et voir où se situe la violence illégitime.
04:20 Elle est du côté des opposants.
04:22 On le voit lancer des boules de pétanque.
04:24 Hier, on a des contrôles qui ont été faits
04:26 où on a des bâtes de baseball.
04:30 Là, on a des tirs de mortier,
04:31 on a des gendarmes qui sont blessés,
04:32 il y a un journaliste qui a été blessé.
04:34 On voit vraiment où est la violence illégitime.
04:38 Et les véhicules aussi dégradés et incendiés.
04:41 C'est une attaque à la République, selon vous ?
04:45 C'est l'État de droit.
04:46 Quand on touche à l'armée, aux gendarmes,
04:49 aux policiers et également aux véhicules de l'État ?
04:52 Nous, on est là pour faire respecter l'État de droit,
04:54 c'est-à-dire encadrer la liberté,
04:56 même des journalistes qui sont là
04:58 pour faire en sorte de montrer ce qui se passe,
05:01 d'encadrer la manifestation qui est licite à Melle,
05:05 mais justement, disperser les attroupements
05:08 qui ont eu lieu sur les zones qui ont été interdites
05:11 par les arrêtés préfectoraux.
05:12 Très difficile de faire des prévisions,
05:13 mais vous pensez qu'à tout moment,
05:16 peut-être même demain,
05:17 les incidents, les actions violentes pourraient recommencer ?
05:21 Cela est possible.
05:22 En tout cas, nous, on est préparés
05:24 et on va tenir dans la durée
05:26 avec justement des réserves d'intervention,
05:28 avec des roulements qui vont être faits
05:31 afin que justement, que nos gendarmes
05:32 conservent cette capacité de discernement,
05:35 cette exemplarité qui est nécessaire.
05:38 Et on se souvient qu'il y a cinq mois,
05:40 il y avait des gendarmes qui avaient été blessés également,
05:42 puisqu'à Sainte-Saline, déjà, il y avait eu,
05:45 en effet, des heurts et des gendarmes blessés.
05:48 Là, les forces de l'ordre étaient plus nombreuses,
05:50 on est d'accord ?
05:51 On a des forces qui sont plus nombreuses
05:53 et qui ont justement tiré profit
05:56 de l'expérience des événements précédents,
05:59 où on a eu, quand même, je le rappelle,
06:00 61 gendarmes blessés,
06:02 22 gendarmes grièvement blessés,
06:04 avec un de nos camarades qui a eu la mâchoire fracturée.
06:07 Donc, ça monte l'état d'esprit, l'état de violence.
06:10 Là, on a vraiment des opposants radicaux ultra-violents.
06:14 Est-ce que ce profil d'opposants radicaux ultra-violents
06:17 a évolué ces derniers temps, selon vous ?
06:19 Est-ce que c'est une tendance, malheureusement, d'actualité ?
06:22 Parce qu'il y a des manifestations également
06:24 dans les rues de Paris,
06:26 ou parmi pas mal de cités en France également,
06:29 autour de la réforme des retraites.
06:30 Est-ce qu'il y a des similitudes avec ceux
06:34 qui sèment le trouble dans les villes,
06:37 mais également aujourd'hui à Sainte-Saline ?
06:38 On a un climat de violence.
06:41 Hier, nos gendarmes mobiles étaient justement sur Paris,
06:44 sur du maintien de l'ordre.
06:46 Dans quelques jours, ils seront en Outre-mer.
06:48 Ils font face, ils font front, ils répondent présent,
06:51 justement pour faire respecter l'état de droit.
06:53 [Musique]
06:57 [SILENCE]
Commentaires