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  • il y a 3 ans
Les invités de #PunchlineWE débattent de l'actualité du vendredi au dimanche. 

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News
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00:00:00 Il est quasiment 17h et c'est un plaisir de vous retrouver pour Punchline Weekend.
00:00:04 A la une ce vendredi, la réforme des retraites et l'utilisation du 49.3 plongent la France
00:00:09 dans une crise politique et sociale dont personne ne connaît l'issue.
00:00:13 Les images d'hier soir comme un retour vers le futur, Paris, Marseille, Rennes ont été
00:00:18 le théâtre de dégradation, l'oeuvre de militants radicaux, 310 interpellations sur
00:00:22 l'ensemble du territoire.
00:00:24 Alors faut-il craindre l'embrasement ? On ira sur le terrain pour voir ce qu'il se
00:00:28 passe.
00:00:29 L'inter-syndical maintient la pression et appelle à manifester jeudi prochain.
00:00:34 Les syndicats exigent le retrait du texte, des manifestations moins denses mais plus violentes.
00:00:38 Est-ce qu'on va se diriger vers une gilet jaunisation du mouvement ? Cyril Chabanier,
00:00:42 président de la CFTC, nous répondra sur le plateau.
00:00:46 Enfin, l'utilisation du 49.3 et la dernière chronique d'un fiasco annoncés.
00:00:50 8 Français sur 10 sont défavorables, choqués par ce passage en force.
00:00:54 Et dans le même temps, le gouvernement se mûre dans un silence, dans le déni.
00:00:58 Ce n'est pas un échec pour Olivier Dussopt.
00:01:01 Est-ce bien sérieux ? Voilà le programme pour cette première heure de punchline.
00:01:04 Je présente les invités dans un instant mais avant cela, le point sur l'information.
00:01:08 La grève est reconduite pour une semaine supplémentaire à la raffinerie de Donge.
00:01:16 Depuis 10 jours, plus une goutte de carburant ne sort du site de Total Energy.
00:01:20 Selon les syndicats, l'utilisation du 49.3 par le gouvernement a revigoré les troupes
00:01:25 contre la réforme des retraites.
00:01:26 L'Organisation mondiale de la santé l'assure, le Covid est sur le point d'être une menace
00:01:31 similaire à la grippe saisonnière.
00:01:33 D'après l'OMS, le virus ne devrait donc plus perturber notre société ou nos systèmes
00:01:37 hospitaliers.
00:01:38 Une baisse du niveau d'alerte maximale est prévue pour cette année.
00:01:41 Et puis, Recep Tayyip Erdogan donne son feu vert à l'entrée dans l'OTAN de la Finlande.
00:01:45 A l'issue d'une rencontre à Ankara avec son homologue finlandais, le président turc
00:01:50 a soumis à son Parlement la ratification de la demande d'adhésion.
00:01:53 Le Parlement hongrois votera également l'adhésion du pays scandinave le 27 mars prochain.
00:01:59 Merci Michael pour le point sur l'information.
00:02:01 On est avec Cyril Chabanier, merci d'être avec nous.
00:02:03 Bonsoir.
00:02:04 Bonsoir, vous êtes président de la CFTC.
00:02:05 Vous êtes un syndicat en colère aujourd'hui, confiant pour l'avenir ?
00:02:10 En colère, oui évidemment, puisque l'utilisation du 49.3 est inacceptable.
00:02:15 C'est un déni de démocratie.
00:02:17 Alors pas d'ailleurs forcément que l'utilisation du 49.3, parce que tous les gouvernements
00:02:22 l'ont utilisé et c'est évidemment légal et constitutionnel.
00:02:25 Mais c'est l'accumulation.
00:02:27 C'est trop plein.
00:02:28 On a quasiment jamais vu une loi qui passe par un 47.1 à l'Assemblée nationale, qui
00:02:33 derrière passe par un 44.2 et 44.3 par un vote bloqué au Sénat et qui se termine par
00:02:40 un 49.3.
00:02:41 Au bout d'un moment, ce n'est pas sérieux.
00:02:43 La coupe est pleine et c'est là où il y a un problème démocratique.
00:02:45 Et on va en parler bien évidemment en longueur et c'est un plaisir de vous avoir sur le plateau.
00:02:49 Geoffroy Lejeune, vous êtes un journaliste en colère aujourd'hui ?
00:02:51 Non mais inquiet par contre.
00:02:53 Et c'est peut-être le mot le plus important, l'inquiétude.
00:02:56 Moi j'ai été alerté plusieurs fois dans la rue et c'est vrai que c'est cette inquiétude
00:03:00 qui se dégage des discussions.
00:03:01 Philippe Guybert, vous allez bien ?
00:03:02 Ça va et vous ?
00:03:03 Bah inquiet, tout comme les Français en étaient.
00:03:06 Et déçu.
00:03:07 Pourquoi déçu ?
00:03:08 Ah parce que je trouve que notre démocratie produise ça, c'est pas une réussite, c'est
00:03:15 une déception.
00:03:16 Augustin Donatieux, vous êtes journaliste à C News.
00:03:19 Bonjour Augustin.
00:03:20 Hier, vous étiez sur le terrain.
00:03:21 Vous avez pu couvrir pour C News ce qui a pu se passer, notamment à Paris.
00:03:24 Vous allez nous raconter un peu ce que vous avez vécu sur le terrain.
00:03:27 Moi j'ai dit c'est le retour vers le futur.
00:03:29 On a l'impression de faire un bon cinq ans en arrière avec la première mobilisation
00:03:34 des Gilets jaunes et ses tensions.
00:03:36 Et on est en direct également avec Grégory Joron qui est secrétaire général d'Unité
00:03:40 SGP parce qu'on va se poser la question de la sécurisation des manifestations et
00:03:46 de certaines zones.
00:03:47 À tel point qu'aujourd'hui, par exemple, place de la Concorde, il y a un important
00:03:51 dispositif de sécurité avec des forces de l'ordre qui sont présentes en nombre.
00:03:56 Le terrain justement avec Régine Delfour.
00:03:58 Je le disais Régine, la place de la Concorde qui a été le théâtre hier de violence,
00:04:03 placée sous haute surveillance, sous haute sécurité.
00:04:06 Régine, dites-nous ce qui se passe autour de vous.
00:04:07 Oui, Eliott, un important dispositif des forces de l'ordre est donc mis en place.
00:04:14 Vous pouvez le voir là sur le quai des Tuileries, sur les images de Thibault Marcheteau.
00:04:18 Vous voyez déjà ces véhicules des forces de l'ordre.
00:04:21 Il y a aussi des forces de l'ordre qui sont postées ici sur le quai.
00:04:25 L'objectif est d'avoir des barrages filtrants en avant pour sécuriser les lieux, les lieux
00:04:32 de la Concorde, mais surtout aussi de l'Assemblée nationale.
00:04:35 Au niveau de la Concorde, il y a aussi la rue de Rivoli.
00:04:38 Vous ne le voyez pas, mais sur la droite de l'image, il y a donc la rue de Rivoli qui
00:04:43 est aussi où il y a énormément, énormément de véhicules.
00:04:46 Sur l'avenue d'Echange-Elysée, c'est exactement aussi la même chose.
00:04:50 Pour l'instant, la circulation, vous le voyez, est toujours autorisée.
00:04:53 Il y a beaucoup de touristes et il y a ce pont de la Concorde où il y a énormément
00:04:56 de véhicules, puisque les forces de l'ordre nous le disaient aussi.
00:05:01 L'objectif est aussi de sécuriser l'Assemblée nationale.
00:05:04 S'il y avait donc un rassemblement qui voudrait aller au niveau de l'Assemblée nationale,
00:05:11 il y aurait eu des héliotes, mais pour le moment, tout est très calme.
00:05:13 Comme je vous le disais, la circulation est toujours autorisée.
00:05:16 Les touristes sont en nombre.
00:05:18 Il y a énormément de personnes ici.
00:05:20 Merci beaucoup, Régine Delfour.
00:05:22 Évidemment, s'il se passe quoi que ce soit, vous nous alertez.
00:05:25 On voit et on va rester un peu sur vos images de Thibault Marcheto parce qu'autour de la
00:05:31 place de la Concorde, à quelques centaines de mètres de l'Assemblée nationale, on veut
00:05:34 éviter le scénario d'hier et donc on sécurise un maximum.
00:05:38 Cher Éric Revel, c'est un plaisir de vous retrouver.
00:05:40 Moi, je dis tout aux téléspectateurs à chaque fois.
00:05:43 Avant l'émission, j'ai dit à Philippe Guibert, j'ai une pépite.
00:05:45 J'ai une déclaration.
00:05:47 Alors, ce n'est pas la déclaration du jour, mais c'est tellement représentatif de ce
00:05:51 qui se passe que je voulais vous la proposer en ouverture de l'émission.
00:05:55 On est cinq ans en arrière, en décembre 2018, et c'est Édouard Philippe qui parle.
00:06:02 Le contexte, il est très simple.
00:06:03 L'arc de Triomphe a été saccagé par les Gilets jaunes.
00:06:07 Il y a cette fameuse taxe carbone qui a mis le feu à la société, avec des Français
00:06:11 qui sont en colère.
00:06:12 Et voilà ce que dit le Premier ministre.
00:06:14 Je suis par ailleurs convaincu que si l'État doit rester fort et ferme, il est d'abord
00:06:23 le garant de la paix publique.
00:06:25 Fixer le cap et le tenir est une nécessité pour gouverner la France.
00:06:33 Mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation.
00:06:37 Aucune taxe ne mérite de mettre l'unité de la nation en danger.
00:06:42 Est-ce qu'aucune réforme ne mérite de mettre l'unité de la nation en danger ?
00:06:47 Oui, aucune réforme ne mérite de mettre l'unité de la nation en danger.
00:06:53 Et d'ailleurs, c'est ce que l'intersyndicale dit depuis un bon moment, puisque nous avions
00:06:59 prévenu qu'à force de ne pas être écouté, à force de mettre 8 manifestations avec des
00:07:04 millions de personnes qui sautent dans la rue, aucune écoute.
00:07:07 Un gouvernement qui ne reçoit plus les organisations syndicales, un président qui ne reçoit pas,
00:07:13 a dit "attention, au bout de moment, ce déni démocratique, ça va entraîner, vous rappelez,
00:07:19 dans l'avant-dernier communiqué, on a le risque d'avoir une explosion sociale.
00:07:23 Et hier, on voit que ce risque commence à devenir plus que sérieux.
00:07:27 Qu'est-ce qui s'est passé, Geoffroy Lejeune, pour qu'en 5 ans, rien n'ait changé dans
00:07:32 l'état d'esprit d'Emmanuel Macron ? Edouard Philippe dit "aucune taxe", mais bon, c'était
00:07:35 la taxe carbone, mais ça revient au même avec la réforme des retraites.
00:07:38 Est-ce qu'une réforme, aussi importante soit-elle, doit passer ? Ou alors, on prend
00:07:45 le risque de mettre l'unité de la nation en danger ?
00:07:47 Je pense qu'il y a une forme d'erreur d'analyse sur l'état réel du pays.
00:07:51 Emmanuel Macron, on le savait au moment des Gilets jaunes, on le voyait, il n'est pas
00:07:55 connecté avec ces craintes-là, les craintes de ces gens, des catégories populaires, des
00:08:01 travailleurs, etc.
00:08:02 Il les comprend assez mal.
00:08:03 Pendant les Gilets jaunes, il expliquait que c'était juste des gens qui voulaient lui
00:08:06 couper la tête, c'était pas que ça.
00:08:07 Il y avait quelque part, il y avait quelque chose, il y avait une vieille angoisse qui
00:08:11 s'exprimait dans ses manifestations.
00:08:12 Quand il a voulu éteindre la colère des Gilets jaunes, il a fait, je pense, moi, ce
00:08:15 qui était le plus déconnecté des aspirations des Gilets jaunes, qui parlaient de représentation,
00:08:21 qui parlaient de rapprochement, de lorique, par exemple, ce genre de choses.
00:08:25 Et il est allé annoncer un chèque.
00:08:27 J'avais même trouvé ça à la limite du mépris.
00:08:29 En tout cas, ça traduisait une incompréhension.
00:08:31 Il y avait quand même eu après le Grand Débat national, il faisait le tour de la France
00:08:34 pour discuter avec les gens.
00:08:35 Il y a une grande communication.
00:08:37 Cinq ans plus tard, on est dans la situation, c'est peut-être même encore pire ce qui
00:08:41 est en train de se passer aujourd'hui.
00:08:42 Moi, complètement à côté de ce qu'il fallait faire.
00:08:43 Le Grand Débat, par exemple, c'était un endormissement général.
00:08:45 C'était une manière de dire "je vous écoute" et en fait, ça ne voulait pas dire "je vous
00:08:48 entends".
00:08:49 Et donc aujourd'hui, je pense qu'on a vécu à nouveau la même chose avec quelque chose
00:08:54 qui a leurré Emmanuel Macron, c'est la présidence électorale.
00:08:56 Il a été réélu tellement facilement sans faire campagne qu'il a pensé que ça pouvait
00:09:00 passer et ce n'est pas passé.
00:09:01 On va revoir ce qui s'est passé justement hier, parce que tout avait plutôt bien commencé
00:09:05 avant que ça dégénère à 19h30, place de la Concorde.
00:09:08 Et je le rappelle, Augustin Donatieux, pour ces news hier, vous avez pu suivre ces groupes
00:09:13 radicaux, qui étaient plutôt jeunes, vous m'avez dit, et vous allez me dire ça en
00:09:16 précision après, qui ont mis certains quartiers de Paris à sac.
00:09:21 Donc à sac, complètement.
00:09:22 On voit le sujet de la rédaction et ensuite on en parle.
00:09:25 Des poubelles incendiées, des scooters brûlés, des casseurs ont pris d'assaut les rues alentours
00:09:30 de la place de la Concorde après la dispersion du rassemblement contre la réforme des retraites.
00:09:35 Les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre plusieurs départs de feu, certains
00:09:39 protégés par les forces de l'ordre.
00:09:41 Plus tôt dans la soirée, une tentative de dégradation du chantier de l'Obelisque
00:09:45 a nécessité l'intervention des policiers.
00:09:47 Des bouteilles et des pavés sont projetés.
00:09:49 Ils répliquent avec du gaz lacrymogène et des canons d'eau pour évacuer la place.
00:09:53 Face à ces dégradations, les habitants sont stupéfaits.
00:09:56 Mon voisin japonais m'appelle, il me dit "David viens tout de suite parce que ça commence à s'embraser".
00:10:00 J'avais le store qui était ouvert.
00:10:02 Heureusement que mon voisin japonais était là à contenir le feu parce que sinon je n'ai
00:10:07 pas imaginé ce qu'il allait suivre après.
00:10:09 J'étais à la fenêtre, je sentais les odeurs de brûlés et j'ai vu quelqu'un qui voulait
00:10:14 allumer avec son briquet un feu.
00:10:16 J'ai une très grosse voix, j'ai hurlé et j'ai fait peur à ces gens-là mais ils sont
00:10:21 allés mettre le feu un peu plus loin.
00:10:24 258 personnes ont été interpellées, notamment pour participation à un groupement en vue
00:10:29 de commettre des dégradations.
00:10:31 Et ce n'était pas qu'à Paris, ces tensions étaient un peu partout en France, à Nantes,
00:10:34 à Marseille, à Lyon.
00:10:35 Augustin vous étiez sur le terrain donc, racontez-nous un peu ce que vous avez vécu,
00:10:38 comment vous avez pu couvrir ces moments de tensions, ça a duré plusieurs heures.
00:10:43 Ça a duré plusieurs heures et ça a commencé très bien.
00:10:45 Au début, ils étaient entre 5 et 10 000 selon le ministère de l'Intérieur sur la place
00:10:49 de la Concorde.
00:10:50 Tout se passait très bien, dans une ambiance très bonne, enfants.
00:10:52 Ce cortège a été rejoint par 1 600 étudiants à peu près qui provenaient de la Sorbonne,
00:10:57 là où ils étaient en train de manifester.
00:10:59 Et vers 20h, 19h30, 20h, les forces de l'ordre ont commencé à vouloir disperser cette foule
00:11:05 quand même compacte sur la place de la Concorde.
00:11:07 Et la météo, petit point de détail, la météo était du côté des forces de l'ordre puisqu'il
00:11:11 n'y avait absolument aucun vent.
00:11:12 Ce qui fait que les gaz lacrymogènes stagnaient vraiment sur cette place de la Concorde.
00:11:16 Et en quelques minutes, une grosse majorité des manifestants pacifiques sont partis et
00:11:21 ont quitté la place de la Concorde.
00:11:23 Mais c'est à ce moment-là que les jeunes radicaux, pour la plupart habillés en noir
00:11:27 mais pas que, ont commencé à se saisir des matériels de chantier qui étaient sur la
00:11:32 place de la Concorde.
00:11:33 Puisque pour ceux qui n'habitent pas à Paris, la place de la Concorde en ce moment
00:11:36 est en chantier, comme une pelleteuse qui a d'ailleurs été incendiée.
00:11:42 Il y a eu des barricades, des barrières d'enlevée, des pavés qui ont été jetés en direction
00:11:47 des forces de l'ordre.
00:11:48 Et à partir de là, les tensions ont commencé à monter d'un cran.
00:11:51 Mais sur cette place-là, il n'y avait plus de syndicats.
00:11:55 La CGT, la CFTC, etc.
00:11:56 Tous ces syndicats avaient disparu.
00:11:58 Les camionnettes avaient disparu.
00:11:59 Il ne restait vraiment que les jeunes et les syndicats étudiants, lycéens qui avaient
00:12:05 rejoint la manifestation au début.
00:12:06 Donc on comprend bien que dans ce moment d'extrême tension, c'est lié à un militantisme radical.
00:12:14 Mais moi ce qui m'intéresse, et ça on va poser la question à Grégory Joron.
00:12:17 Merci d'être avec nous Grégory Joron.
00:12:18 Je rappelle que vous êtes secrétaire général, unité SGP.
00:12:22 C'était quelques centaines de personnes, on est bien d'accord ?
00:12:24 C'était au départ, quand ils étaient encore sur la place de la Concorde, c'était un
00:12:28 bon millier de jeunes qui, pour la plupart, dansaient, provoquaient les forces de l'ordre
00:12:33 avec des chants antipolistes.
00:12:34 Et c'est ensuite, lorsque ces jeunes sont allés dans les rues, que là, tout le monde
00:12:39 s'est dispersé.
00:12:40 Il n'y avait plus grand monde.
00:12:41 C'était des petits groupes isolés qui se mêlaient à chaque coin de rue.
00:12:44 Grégory Joron, merci d'être avec nous.
00:12:46 On a besoin de comprendre ce qui s'est passé hier.
00:12:49 Ce moment d'extrême tension, d'extrême violence, avec ces incendies qui se sont multipliés
00:12:55 un peu partout.
00:12:56 On a eu un peu la sensation, moi je l'ai vraiment découvert à l'antenne, quand on
00:13:01 regarde en tant que téléspectateurs ce qui se passe, peut-être, peut-être, et vous
00:13:05 allez me dire si je me trompe, que les forces de l'ordre ont été un peu dépassées
00:13:10 par ces petits groupuscules un peu partout autour de la place de la Concorde, qui ont
00:13:15 commencé à incendier des poubelles qui étaient présentes ?
00:13:18 Dépassées, je ne pense pas.
00:13:20 C'est simplement la difficulté, et vous l'avez dit très justement, on a l'impression
00:13:24 de revenir cinq ans en arrière, la difficulté de gérer non pas une foule de manifestants
00:13:31 dans le cadre habituel qu'on connaît de protestations sociales et qu'on a pu voir
00:13:36 ces dernières semaines, mais justement, je n'appelle pas ça des manifestants, mais
00:13:40 pour le coup vraiment des éléments ultra-violents qui viennent simplement pour créer le chaos,
00:13:44 qui font partie quand même de la mouvance Black Blocs, c'est une réalité, dont notamment
00:13:52 pas mal d'étrangers, dans les personnes interpellées, qui viennent des pays voisins
00:13:57 européens, donc ça aussi c'est une réalité.
00:14:00 Donc on voit bien que ce n'est encore une fois pas des manifestants, c'est des éléments
00:14:05 ultra-radicaux qui forcément appliquent ce qu'ils savent faire, c'est-à-dire se déplacer
00:14:09 en petits groupes de manière très rapide, et alors oui, c'est compliqué à gérer,
00:14:13 c'est compliqué à gérer parce que c'est des jeunes, c'est compliqué à gérer parce
00:14:16 que forcément on va malheureusement revoir des images qu'on a vues pendant 5 ans avec
00:14:21 toutes les polémiques que ça crée derrière, et c'est ce qui s'est passé hier soir.
00:14:24 Je précise une chose, il n'y a pas eu énormément de cas sur les vitrines, etc., c'était
00:14:29 beaucoup de trottinettes, forcément les tas de poubelles, puisque la situation s'y
00:14:34 prête évidemment à Paris, mais c'est resté, et évidemment des violences à l'ordre
00:14:40 de mes collègues, on déplore hier soir, heureusement pas énormément de blessés dans nos rangs.
00:14:44 54 blessés chez les forces de l'ordre, 310 interpellations dont 258 à Paris, mais ces
00:14:52 interpellations, qu'est-ce que risquent ces personnes interpellées, parce qu'on a aussi
00:14:57 l'impression qu'on voit les mêmes scénarios, les mêmes images chaque week-end de mobilisation
00:15:02 ou chaque moment de grande tension, et parfois c'est presque même les mêmes visages en
00:15:07 quelque sorte. Oui, vous avez raison, la réalité c'est qu'ils ne risquent pas grand-chose,
00:15:12 pourquoi ? Parce que déjà en général, c'est des interpellations qui se font en
00:15:16 nombre, 310 interpellations, c'est pas rien, donc on interpelle des groupes entiers qui
00:15:22 ont des degrés de responsabilité plus ou moins différentes dans les exactions commises,
00:15:27 beaucoup gardent le silence de toute façon, ont même pas de portable et ils ne veulent
00:15:32 pas donner leur identité, c'est extrêmement problématique pour la réponse pénale qui
00:15:36 suit, et en général, de toute façon c'est une réalité, les avocats de la défense jouent
00:15:42 surtout sur le fait qu'un groupe, cagoulé, etc., c'était pas vraiment leur client qui
00:15:47 avait jeté le pavé, c'était peut-être celui d'à côté, il y a toujours eu le doute
00:15:50 profitable malheureusement à l'accusé, on va dire, et en fait, vous avez raison,
00:15:56 la réponse pénale est, en tout cas du côté des forces de l'ordre, rarement satisfaisante
00:16:01 et c'est une réalité, donc oui, c'est souvent les mêmes, oui ça développe un sentiment
00:16:06 d'impunité, et j'ai même envie de vous dire en toute franchise, les vrais Black
00:16:11 Blocs, on a souvent du mal aussi à les interpeller parce qu'ils sont un peu plus aguerris aux
00:16:14 techniques de police que les autres et on n'attrape jamais les meilleurs.
00:16:18 Bon, Grégory, vous restez avec nous, vous voulez réagir Augustin ?
00:16:21 Justement, sur ce que dit Grégory à l'instant, c'est que nous ce que l'on a vu quand
00:16:24 on était dans les rues de Paris justement à la recherche de ces personnes qui commettaient
00:16:28 des actes délictueux comme on le voit sur les images, les Black Blocs eux partaient
00:16:35 en courant et on les voyait, ils mettaient le feu aux poubelles, les compagnies de CRS
00:16:39 arrivaient en courant, les Black Blocs se dispersaient et finalement, celles et ceux
00:16:43 qui se faisaient interpeller, en tous les cas pour ceux que j'ai vus, c'était des
00:16:47 personnes habillées tout à fait traditionnellement, donc sans bonnet noir, sans veste noire,
00:16:51 c'était on va dire des novices en la matière qui se sont fait avoir, mais les Black Blocs
00:16:56 par petits groupes de 5, 10, eh bien continuaient de se mêler le trouble dans la capitale.
00:17:00 Comment vous interprétez Eric Revelle les images qu'on voit et Grégory, on le disait
00:17:05 en fait, on a déjà vu ce scénario là, on a une France qui est quoi, au bord de l'implosion
00:17:10 c'est ça ? Oui, c'est un état préinsurrectionnel.
00:17:12 Moi j'étais hier soir, je revenais du cœur de Paris, dans le premier arrondissement
00:17:16 de Paris, j'ai voulu éviter précisément la place de la Concorde parce que je savais
00:17:20 qu'il y a eu cet énorme manif, donc j'ai pris, pour ceux qui connaissent la grande
00:17:24 avenue qui longe les grands magasins, et là c'était véritablement des scènes de chaos,
00:17:29 c'est à dire qu'effectivement il y avait des petits groupes de jeunes que je n'ai
00:17:32 pas vu cagouler du tout, qui étaient des gens assez jeunes, habillés sans cagoule,
00:17:38 sans bonnet, effectivement, très mobiles, c'était des véritables scènes de chaos
00:17:42 parce qu'en réalité les voitures qui slalomaient entre les tas de cendres fumant
00:17:47 que venaient d'éteindre les pompiers et des foyers qui se développaient à droite
00:17:52 à gauche, là-dedans les pompiers essayaient de passer, il y avait des gens qui couraient
00:17:56 sur les trottoirs, des concierges qui sortaient des porches parce qu'ils voyaient bien
00:18:00 que les poubelles allaient brûler, donc ils voulaient les faire rentrer.
00:18:03 Des jours et des jours, flambaient dans le vent leurs porches, donc ils étaient
00:18:06 extrêmement inquiets, et pour le Porsche et pour l'immeuble, donc moi je parle
00:18:11 de véritables scènes de chaos, et si Madame Hidalgo trouvait qu'il n'y avait pas
00:18:15 urgence à réquisitionner pour faire ramasser ses poubelles, il y avait quand même
00:18:20 urgence parce que là, on aurait pu assister à de véritables drames, c'est-à-dire
00:18:25 des feux de poubelle importants, c'est pas...
00:18:28 Mais ça peut brûler un immeuble, évidemment, mais à chaque manifestation, vous savez...
00:18:34 Il y avait des brasiers un peu partout dans cette avenue où je revenais.
00:18:37 A chaque manifestation, et c'est pour ça, on dit tout aux téléspectateurs,
00:18:40 à chaque manifestation on se dit la même chose, il faut le noter, 54 blessés
00:18:45 par exemple chez les forces de l'ordre, c'est pas rien, il ne faut jamais
00:18:47 se satisfaire de cette situation, et c'est gravissime.
00:18:51 Mais on se dit, ça pourrait être bien pire, ça aurait pu être bien pire.
00:18:55 Je vous voyais faire l'amour, Philippe Gibert, quand il a dit
00:18:58 "une situation préinsurrectionnelle".
00:19:00 Oui, parce que je ne suis pas sûr qu'on soit dans le préinsurrectionnel.
00:19:03 Alors on sait quoi ? Alors c'est quoi ?
00:19:05 Philippe, j'étais au cœur...
00:19:07 Ah bah oui, il faut qu'il s'explique.
00:19:09 Moi j'ai trouvé, si vous voulez, qu'on était à la limite du préinsurrectionnel,
00:19:12 une espèce de... Vous arrivez, vous débarquez de la planète Mars,
00:19:15 vous êtes partagé entre le préinsurrectionnel, si vous avez une conscience politique,
00:19:19 ou la guérilla urbaine, ça dépend, voyez, il y avait des scènes absolument hallucinantes.
00:19:23 Mais ça sent.
00:19:24 Des gens qui couraient partout, qui ne savaient pas la route.
00:19:26 Visuellement c'était exactement la même chose que le samedi soir
00:19:28 où il y avait eu l'assaut sur l'Arc de Triomphe.
00:19:31 Moi j'ai traversé Paris hier soir tard, et j'ai vu la même chose que vous,
00:19:34 visuellement ça m'a vraiment rappelé le samedi soir où il y avait eu l'assaut.
00:19:38 Ce qui s'était passé dans la journée, pas nécessairement,
00:19:40 mais l'état des rues c'était la même chose.
00:19:42 Certains diront "vous êtes alarmistes", certains vous...
00:19:45 Mais non c'est plus comme ça.
00:19:46 Mais certains, regardez...
00:19:47 Si je peux...
00:19:48 Ben allez-y Philippe, bien sûr, bien sûr.
00:19:50 Si on dit préinsurrectionnel, c'est qu'il va y avoir une insurrection.
00:19:54 C'est ce que cherchent ces petits groupes-là, visiblement, ils cherchent...
00:19:57 Vous avez vu les hashtags sur les réseaux sociaux ?
00:19:59 Ça se dirige pas en cause de développement du livre ou... ?
00:20:01 C'était hallucinant, c'était la révolution, c'était ce qui était...
00:20:03 Insurgez-vous Philippe.
00:20:05 Allez-y.
00:20:06 Je m'assure de vous.
00:20:07 Est-ce qu'on peut...
00:20:08 Si vous voulez vraiment qu'on fasse attention aux mots,
00:20:10 plutôt que préinsurrectionnel, est-ce qu'on peut dire qu'il y avait un climat insurrectionnel ?
00:20:14 Je crois plutôt qu'on a affaire à des petites minorités,
00:20:18 c'est ce que vous avez extrêmement bien décrit,
00:20:20 avec des petits groupes de 5 ou de 10,
00:20:22 qui ont une capacité, par leur mobilité, par leur agilité,
00:20:26 par leur expérience aussi, parce que...
00:20:28 Leur détermination.
00:20:29 Leur détermination a provoqué à quelques centaines
00:20:33 un bazar qu'on finit par prendre pour une insurrection.
00:20:36 Voilà, donc je pense qu'en plus, les forces de l'ordre
00:20:39 ont été quand même un peu prises de surprise,
00:20:43 qu'ils ont donc dû adapter leur dispositif
00:20:47 à quelque chose qu'ils n'avaient pas forcément anticipé.
00:20:50 On verra si les prochains soirs, si ce soir, si ce week-end,
00:20:54 si surtout la semaine prochaine...
00:20:55 Jeudi prochain, lorsqu'il y aura la mobilisation.
00:20:57 Si surtout la semaine prochaine, autour du vote de la motion de censure,
00:21:00 qui a lieu lundi, sauf erreur de ma part.
00:21:03 Vous ne faites pas erreur.
00:21:04 S'il va y avoir de nouvelles tentatives,
00:21:07 mais je ne vois pas une insurrection se développer.
00:21:10 Je vois une vraie colère profonde.
00:21:12 Bon, la situation est quand même une prime à tous les excités
00:21:15 et tous les agitateurs de France et de Navarre.
00:21:18 Ce qui ne constitue pas une excuse, qu'on soit bien précis.
00:21:21 Mais je ne sens pas un climat insurrectionnel.
00:21:24 Je ne sais pas ce qu'il vous faut, Philippe Guybert.
00:21:26 Moi, je vous ai laissé vraiment poursuivre,
00:21:28 parce que j'avais besoin de comprendre.
00:21:29 Ce qui vous étonne lorsque vous dites "Ce n'est pas..."
00:21:32 Qu'est-ce qui se passe, Fabien ?
00:21:35 Je pense que la vérité est un peu entre les deux.
00:21:37 C'est-à-dire que les images...
00:21:38 C'est pas dû en même temps.
00:21:40 J'essaie.
00:21:41 Allez-y, monsieur Chabanier.
00:21:44 Les images qu'on voyait étaient des images de chaos.
00:21:48 Ça, c'est clair, ça a choqué tout le monde en termes d'images.
00:21:51 Après, c'est vrai que c'était une très petite minorité.
00:21:55 Je tiens à redire quand même, vous l'avez dit, merci,
00:21:58 que ces moments de violence ont été
00:22:01 une fois que les organisations syndicales sont parties.
00:22:03 Ça n'était pas du tout...
00:22:04 Et je vous remercie de l'avoir signalé.
00:22:06 Donc, les images étaient chaotiques,
00:22:08 mais ce sont des groupuscules, des petites minorités
00:22:12 qui font ces violences-là.
00:22:14 Et moi, je suis encore heureux.
00:22:15 Pardonnez-moi, sinon, ça s'appelle la révolution.
00:22:18 Encore heureux que ce sont des groupuscules.
00:22:21 Mais ce qui me dérange quand on parle...
00:22:22 C'est une minorité.
00:22:23 Ça part d'une petite dizaine, après des centaines, des milliers.
00:22:26 Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:22:27 Juste ce qui me dérange quand on parle de préinsurrection...
00:22:30 Attendez, monsieur Chabanier, continuez.
00:22:32 Monsieur Chabanier.
00:22:33 Quand on parle de préinsurrection ou d'insurrection,
00:22:36 ce qui me dérange toujours, c'est ces black blocs
00:22:39 qui ne cherchent qu'une seule chose, c'est de la visibilité.
00:22:42 On leur donne une importance, à mon avis,
00:22:44 qui est bien trop importante.
00:22:45 Alors, attendez, excusez-moi, monsieur Chabanier.
00:22:47 Quand on a 54 blessés du côté des forces de l'ordre,
00:22:49 qu'il y a deux semaines, il y en avait 60,
00:22:51 qu'il y en a eu encore...
00:22:53 Chaque mobilisation, il y a des blessés.
00:22:55 Pour moi, on ne donne pas suffisamment d'importance
00:22:57 à ces faits-là.
00:22:58 Il faut les condamner.
00:22:59 Il faut expliquer, comprendre et trouver une solution.
00:23:03 C'est pour ça qu'on le traite.
00:23:04 Je ne peux pas être plus clair sur la condamnation.
00:23:06 Mais en revanche, vous dites "attendez deux secondes, Eric Revelle,
00:23:08 parce qu'en plus, il a raison, Philippe Gouillard,
00:23:10 vous êtes arrivé en retard, donc en plus, vous coupez la parole."
00:23:12 Ce n'est pas très sympa, monsieur Revelle.
00:23:13 J'essaie de rattraper le temps perdu.
00:23:15 En revanche, évidemment qu'il faut dissocier
00:23:18 la mobilisation syndicale du contexte extrêmement violent,
00:23:23 voire ultra violent à certains moments.
00:23:25 On est d'accord.
00:23:26 Mais pardonnez-moi, vous avez eu,
00:23:28 on a eu cette discussion la semaine dernière.
00:23:30 Certains discours de syndicalistes,
00:23:33 et on se posera la question dans cette émission,
00:23:35 qui ont peut-être alimenté ces tensions.
00:23:38 Il faudra aussi se poser la question, à qui la responsabilité ?
00:23:40 Est-ce que ce gouvernement qui est prêt pour une réforme
00:23:44 que 70% des Français ne veulent pas,
00:23:47 en passant par un 49-3,
00:23:50 est-ce qu'ils sont prêts à mettre en danger
00:23:53 l'unité de la nation pour cette réforme dont personne ne veut ?
00:23:56 Qui est fautif ? C'est la question à laquelle
00:23:58 on va répondre après la pub.
00:23:59 Eh ben oui, la publicité.
00:24:01 17h30 sur CNews, on continue le débat dans Punchline Weekend.
00:24:07 Mais avant cela, le point sur l'information.
00:24:09 Michael De Santos.
00:24:10 Les syndicats de la SNCF appellent à la grève reconductible.
00:24:17 L'annonce a été faite il y a quelques minutes
00:24:19 à la suite d'une réunion.
00:24:20 L'UNSA Ferroviaire souhaite même qu'elle se poursuive
00:24:23 jusqu'au retrait de la réforme des retraites.
00:24:25 Ce vendredi, le trafic est modérément perturbé.
00:24:28 Plus de 10 000 tonnes de déchets non ramassées à Paris.
00:24:31 L'estimation a été dévoilée par la mairie de la capitale.
00:24:35 Aucune benne n'est sortie, affirme l'entourage d'Anne Hidalgo,
00:24:39 malgré les réquisitions de Gérald Darmanin.
00:24:42 Il s'agit du 12e jour de grève des éboueurs à Paris.
00:24:46 Et puis la Cour pénale internationale a émis
00:24:48 un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine.
00:24:51 Le président russe est accusé de crime de guerre en Ukraine.
00:24:54 Ce n'est que le début.
00:24:55 Une décision historique, se sont félicités les autorités ukrainiennes.
00:24:59 Voilà pour le point sur l'information.
00:25:03 On l'a vu, les syndicats qui veulent maintenir la mobilisation.
00:25:06 On est toujours avec Cyril Chabanier, président de la CFTC.
00:25:09 Eric Revel, Jean-Sébastien Ferjou, Philippe Guibert, Geoffroy Lejeune
00:25:12 et Augustin Donadieu qui nous a raconté un peu ce qui s'est passé
00:25:15 sur le terrain hier soir, place de la Concorde.
00:25:18 Les huit manifestations contre la réforme des retraites.
00:25:21 Les deux Français sur trois contre la réforme.
00:25:23 Les millions de gens dans la rue qui ont manifesté pacifiquement.
00:25:26 Tout ça, ça aurait servi à pas grand chose.
00:25:29 Emmanuel Macron ne revient pas sur sa réforme.
00:25:32 Pire, c'est le passage en force avec le 49-3.
00:25:35 Du coup, maintenez la mobilisation.
00:25:37 Vous dites qu'il faut continuer, il faut aller jusqu'au bout.
00:25:39 On va voir ce qui s'est passé parce qu'aujourd'hui,
00:25:41 il y a encore eu quelques actions. On voit le sujet.
00:25:43 Au lendemain du coup de force du gouvernement sur la réforme des retraites,
00:25:50 la colère ne retombe pas.
00:25:52 Première action de contestation ce matin,
00:25:54 la CGTA a bloqué une partie du périphérique parisien,
00:25:57 perturbant fortement la circulation.
00:25:59 C'est une forme de déni de démocratie de manière globale
00:26:01 quand on sait que la majorité des Français sont opposés à cette loi.
00:26:04 Et là, on parle au-dessus des sondages.
00:26:07 Il suffit de voir les cinq minutes qu'on a passées sur le périphérique
00:26:09 pour voir qu'on est très largement plébiscités,
00:26:11 y compris par les gens qu'on bloque.
00:26:13 Au-delà des manifestations, la CGTA a annoncé l'arrêt total
00:26:16 de la raffinerie Total Energy de Normandie dès ce week-end.
00:26:19 Celles de la Med, Donge et Desso à Fos-sur-Mer
00:26:22 continuent également la grève,
00:26:24 sans pour autant durcir le ton comme celle de Normandie.
00:26:27 Les ports sont aussi bloqués depuis mercredi
00:26:29 par une opération Port-Mort menée par la CGTA.
00:26:32 A Calais, les camions faisaient la queue ce matin pour accéder aux ferries.
00:26:35 L'intersyndical a d'ailleurs appelé hier à poursuivre les actions partout dans le pays.
00:26:40 Fort du soutien de la grande majorité de la population,
00:26:43 mobilisé depuis des semaines,
00:26:45 l'intersyndical continue à exiger le retrait de cette réforme
00:26:50 en toute indépendance, dans des actions calmes et déterminées.
00:26:54 Elle décide de poursuivre la mobilisation
00:26:57 et appelle à des rassemblements syndicaux de proximité ce week-end
00:27:02 et à une nouvelle grande journée de grève et de manifestations
00:27:06 le jeudi 23 mars prochain.
00:27:09 Jeudi prochain sera la 9e journée de mobilisation
00:27:12 contre la réforme des retraites.
00:27:14 Mais la première depuis le passage en force du gouvernement.
00:27:17 Cyril Chabanier, je rappelle que vous êtes président de la CFTC,
00:27:20 c'est ce qu'on se disait tout à l'heure.
00:27:21 Ce qui est intéressant, c'est de voir que la mobilisation syndicale s'essouffle un petit peu.
00:27:26 C'est-à-dire que lors des deux dernières manifestations,
00:27:28 il y avait moins de monde dans la rue,
00:27:30 que ce soit cette semaine ou samedi dernier.
00:27:32 En revanche, les tensions, la violence augmente.
00:27:36 Comment vous expliquez cette balance-là ?
00:27:40 Premièrement, que ça s'essouffle un petit peu,
00:27:43 c'est quand même normal quand on est à la 8e mobilisation.
00:27:47 Forcément, il y a un peu d'essoufflement.
00:27:49 C'est compliqué dans le contexte actuel de faire grève.
00:27:52 Ça coûte de l'argent.
00:27:54 Et donc, il y a un petit peu moins de monde.
00:27:56 Mais il ne faut quand même pas oublier que la semaine dernière,
00:27:58 on a appelé à deux manifestations dans la même semaine.
00:28:00 Et à chaque fois qu'on appelle à deux manifestations dans la même semaine,
00:28:03 les gens choisissent un petit peu parce qu'ils ne peuvent pas forcément faire les deux.
00:28:07 Donc, je ne vais pas reprendre le grand discours de dire "on cumule les deux".
00:28:11 Mais c'est un peu ça.
00:28:13 Parce que vous ne pouvez pas comparer quand on fait une manif par semaine
00:28:16 et lorsqu'on en fait deux.
00:28:17 Forcément, c'est plus compliqué.
00:28:18 Avec l'utilisation du 49.3,
00:28:20 avec ce passage en force de l'exécutif à l'Assemblée,
00:28:24 est-ce que vous pensez que ça va relancer en quelque sorte la mobilisation syndicale ?
00:28:27 Oui, je pense que ça va relancer.
00:28:29 Une chose est sûre, c'est à la dernière manifestation,
00:28:31 on n'a entendu parler que de ça.
00:28:34 C'est-à-dire que lorsqu'on parlait à nos militants
00:28:36 ou à nos concitoyens qui étaient au bord des trottoirs et qui étaient avec nous,
00:28:40 c'était "il ne faut pas que ça passe en 49.3, il faut qu'on soit écouté,
00:28:44 une réforme aussi importante ne peut pas passer en force".
00:28:48 Et ce 49.3, il a deux conséquences.
00:28:52 Un, oui, ça va sûrement remobiliser.
00:28:55 Et deux, ce qui est beaucoup plus grave, c'est la colère que ce 49.3 engendre.
00:29:00 Parce qu'il y avait beaucoup de colère.
00:29:01 Et on l'a vu hier, on va le voir.
00:29:03 Et donc peut-être que là aussi, c'est le jeu de bascule.
00:29:06 Le passage en force crée de la colère.
00:29:09 Et la colère, malheureusement, avec une certaine catégorie de la population,
00:29:13 peut entraîner de la violence.
00:29:15 Mais qui, à la base, crée cette colère ?
00:29:17 Pourquoi le gouvernement, depuis deux mois, ne nous écoute pas ?
00:29:20 Et on l'avait prévenu en disant dans l'intersyndicale
00:29:23 qu'il allait y avoir une explosion sociale, surtout par le 49.3.
00:29:26 Tout à l'heure, Geoffroy, vous avez dit, Emmanuel Macron, il a dit
00:29:28 "j'ai écouté les Français, mais je ne les entends pas".
00:29:31 Est-ce que ce n'est pas plus qu'il ne les comprend pas ?
00:29:34 Qu'Emmanuel Macron ne comprend pas, en fait, la colère des Français ?
00:29:37 Il y a un mur entre les deux.
00:29:39 Ou en tous les cas, il est tellement hors sol
00:29:43 que finalement, cette colère qui est si profonde,
00:29:46 et que pourtant tout le monde voit,
00:29:48 ça, il n'arrive pas à la saisir.
00:29:50 C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure que les réponses apportées
00:29:52 à l'époque au moment des Gilets jaunes me paraissaient
00:29:54 complètement déconnectées de ce qui avait été exprimé par les Gilets jaunes.
00:29:57 Je pense qu'aujourd'hui, on est à peu près dans la même situation.
00:29:59 Et en fait, si on refait l'histoire de cette réforme des retraites,
00:30:03 en termes de pédagogie du gouvernement, c'est un fiasco.
00:30:06 C'est-à-dire que plus les semaines ont avancé, plus ils ont parlé,
00:30:08 plus les Français ont été opposés à cette réforme.
00:30:11 Et aujourd'hui, on atteint un sommet.
00:30:12 Donc moi, ce qui m'inquiète, en fait,
00:30:14 je ne veux pas trancher votre débat entre état préinsurrectionnel ou pas,
00:30:17 je ne sais pas, et on saura d'ailleurs assez vite de quoi il s'agit,
00:30:19 mais je pense que, quelle que soit d'ailleurs la nature de la colère,
00:30:23 il y a toujours des gens très radicaux qui veulent se greffer
00:30:26 sur des causes les plus légitimes possibles.
00:30:28 Et celle-là, elle est partagée dans l'opinion suffisamment
00:30:30 pour que ce soit légitime, pour rêver de grands soirs.
00:30:33 Ce qui m'inquiète énormément à l'heure où on parle, c'est, je pense que,
00:30:37 un peu comme sans vouloir utiliser des comparaisons grandiloquentes
00:30:40 à l'époque du général de Gaulle,
00:30:42 nos institutions ne peuvent plus répondre à ce qui peut-être est en train de nous arriver.
00:30:45 C'est-à-dire que quand le général de Gaulle invente la 5ème République
00:30:48 et la porte sur les fonds bâtissements, c'est pour répondre à la crise de l'Algérie.
00:30:51 C'est un moment où le système, la 4ème République à bout de souffle, etc.,
00:30:54 ne permet plus de juguler ce qui est en train de se passer,
00:30:56 la colère, le problème qui se pose.
00:30:57 Aujourd'hui, je pense qu'on a vu que l'élection présidentielle
00:31:00 ne solde pas le problème.
00:31:02 Je crois que les élections législatives, encore moins,
00:31:04 puisque la participation est encore moins importante.
00:31:06 La représentativité du Parlement, la légitimité du Parlement,
00:31:08 ne suffit pas, ne suffira pas, si jamais le 49-3 fait adopter la réforme,
00:31:12 à la faire avaler par les Français.
00:31:14 Et je pense qu'aujourd'hui, on est dans cette crise de régime-là,
00:31:17 et que nos outils institutionnels ne permettent pas de surmonter
00:31:20 ce qui va probablement se passer dans le monde.
00:31:22 Jean-Sébastien, et ensuite Philippe.
00:31:24 Il y a autre chose qui se passe. Emmanuel Macron a fait un pari.
00:31:26 Il pensait que les Français étaient dépolitisés.
00:31:28 Ils ne le sont pas.
00:31:30 Parce que le cycle électoral qui s'est écoulé,
00:31:32 lui suggérait plutôt ça.
00:31:34 C'est d'ailleurs aussi là-dessus, sur ce pari-là,
00:31:36 qu'il s'est fait lire en 2017, finalement.
00:31:39 En premier temps, regardez, on sera jeunes,
00:31:41 bas les neufs, bas les mieux.
00:31:42 On sera bien plus efficaces que les vieux de la vieille
00:31:44 qui faisaient de la politique auparavant.
00:31:46 Sauf que la France est un pays extrêmement politisé,
00:31:48 et que les Français restent politisés.
00:31:50 Ce n'est pas parce qu'ils ne croient plus dans ces parties-là
00:31:53 que pour autant, ils ne croient plus à la politique,
00:31:55 ou qu'ils ne s'investissent plus dans la politique.
00:31:57 Mais je pense que ce n'est pas tellement,
00:31:59 ou pas exclusivement un sujet d'institution.
00:32:01 C'est un sujet quasiment de composition de l'offre politique.
00:32:04 À partir du moment où vous avez eu ce pari du mocronisme,
00:32:07 de transcender le fossé gauche-droite,
00:32:09 alors qu'il existe toujours dans les sensibilités des Français,
00:32:11 simplement, il ne s'exprime pas, il ne trouve pas de parti
00:32:14 qui arrive à le porter.
00:32:15 De toute façon, vous pouvez changer.
00:32:17 Il y a eu des projections qui ont été faites.
00:32:18 À quoi ressemblerait l'Assemblée avec un mode de scrutin britannique ?
00:32:20 À quoi elle ressemblerait avec un mode de scrutin allemand ?
00:32:23 Il n'y a pas de configuration où il y a une majorité sociologique
00:32:25 et politique stable dans ce pays.
00:32:27 Parce que c'est l'offre politique elle-même
00:32:29 qui tout simplement n'est plus adaptée aux attentes du pays.
00:32:32 Revenons à la situation de tension hier,
00:32:35 et aux causes qui ont amené ces tensions-là.
00:32:37 La difficulté des forces de l'ordre de pouvoir intervenir
00:32:40 parce qu'il y avait des groupuscules un peu partout,
00:32:43 et notamment, ils s'en sont donnés à cœur joie,
00:32:45 à cause des poubelles.
00:32:47 Vous savez que la mairie de Paris a recensé 10 000 tonnes,
00:32:50 10 000 tonnes de déchets dans les rues aujourd'hui,
00:32:53 dans la capitale.
00:32:54 10 000 tonnes, c'est la masse de la tour Eiffel.
00:32:57 Vous avez la tour Eiffel, le poids de la tour Eiffel,
00:33:00 en déchets dans les rues de la capitale aujourd'hui,
00:33:03 pour vous donner un ordre de gondeur.
00:33:05 Et là aussi, il y a une certaine violence.
00:33:07 Vous savez, Ludovic, qui est éboueur,
00:33:09 qui réagit régulièrement chez nous,
00:33:11 qui est venu témoigner pour expliquer son quotidien,
00:33:14 pour expliquer pourquoi deux ans, c'est trop dur pour lui.
00:33:16 Il ne peut pas faire deux ans de plus.
00:33:18 Eh bien, Ludovic a témoigné chez Jean-Marc Morandini ce matin.
00:33:21 Il est menacé, il a fondu en larmes.
00:33:24 Regardez cette séquence.
00:33:26 J'avais reçu des menaces via TikTok, des menaces écrites.
00:33:31 On a retrouvé les personnes, et là, personne.
00:33:35 Et on a fait ce qu'il fallait.
00:33:37 Et ensuite, là, on m'a chopé dans la rue, trois personnes.
00:33:42 Et on m'a pris par le call back.
00:33:48 On m'a dit d'arrêter d'aller sur les plateaux
00:33:51 pour raconter de la merde, etc.
00:33:55 Enfin bon.
00:33:57 Après, ils ont menacé ma mère.
00:33:59 Quand on m'a dit, ouais, ma mère, Marseille, et tout,
00:34:03 je me suis dit, ouh là là.
00:34:05 Je ne sais pas, j'ai l'impression que c'est de la jalousie,
00:34:09 alors que je ne fais rien.
00:34:11 Au contraire, je défends des vraies convictions.
00:34:15 Moi, je me mets dans le sens de l'avenir de tous.
00:34:19 C'est ça qu'on parle.
00:34:22 - On est tous avec vous.
00:34:26 - Apparemment, on n'aime pas les gens qui disent du bien.
00:34:30 - Et là, on bascule dans l'irrationnel, Éric Reuvel.
00:34:33 Vous avez le témoignage de cet éboueur qui est venu régulièrement.
00:34:36 - Oui, je l'ai croisé.
00:34:38 - Vous l'avez vu sur les plateaux, d'ailleurs.
00:34:40 - Il est totalement authentique.
00:34:42 Ce qui m'a frappé aussi, c'est qu'il ne tire pas la couverture à lui.
00:34:46 Il ne représente aucun syndicat, même s'il est, c'est ce qu'il m'a dit,
00:34:49 il est solidaire du mouvement.
00:34:51 Et il veut représenter une population de travailleurs tellement essentielle.
00:34:56 On le voit aujourd'hui.
00:34:57 Donc, c'est extrêmement choquant, ce qui lui arrive.
00:35:00 - Alors, pourquoi je voulais vraiment vous dire,
00:35:03 c'est une petite parenthèse, ou en tout cas, c'est un pas de côté.
00:35:05 Pas du tout.
00:35:06 Et là, je reviens vers vous, Augustin, parce que dans cette séquence-là,
00:35:09 il y a quelque chose d'irrationnel.
00:35:11 Il y a un non-sens complet.
00:35:13 Non-sens du gouvernement qui n'entend pas la colère des Français.
00:35:16 Irrationnel du côté de la violence.
00:35:18 C'est-à-dire que vous avez des plus jeunes hier qui ont mis Paris,
00:35:22 Rennes, Nantes, Lyon à sac.
00:35:25 Et moi, j'avais été frappé lorsqu'on avait discuté, Augustin,
00:35:28 vous m'aviez dit, vous étiez sur le terrain hier lors des mobilisations,
00:35:31 vous m'aviez dit, mais ils étaient extrêmement jeunes,
00:35:33 les personnes qui ont mis le feu aux poubelles, par exemple.
00:35:35 - Oui, tout à fait.
00:35:36 C'était des lycéens, des étudiants, des jeunes personnes.
00:35:39 Rien à voir avec les manifestations que l'on peut voir les samedis,
00:35:42 avec les syndicats, des salariés, des retraités, des familles.
00:35:46 Là, c'était véritablement des lycéens, des étudiants,
00:35:49 même certains que j'estime mineurs, et qui étaient très mobiles,
00:35:54 qui couraient très vite, qui se cachaient très rapidement
00:35:57 et qui mettaient le feu à peu près tout ce qu'ils croisaient.
00:36:00 Ils éventraient les poubelles au milieu des rues.
00:36:03 Donc, les voitures roulaient sur les cendres.
00:36:06 Et très honnêtement, je pense que, sans vouloir être...
00:36:11 Comment dirais-je ? Sans vouloir aggraver la situation,
00:36:14 on a couru un risque hier, dans le sens où il y a eu des feux de poubelles
00:36:17 sous des voitures, derrière des voitures.
00:36:19 On a vu une grosse voiture d'une marque allemande
00:36:21 avec l'arrière tout fondu.
00:36:22 Le propriétaire qui est arrivé, qui était au téléphone,
00:36:25 sa voiture aurait pu brûler.
00:36:26 Juste à côté, il y avait des canalisations.
00:36:28 Qu'étaient-ce ces canalisations ? On ne le sait pas.
00:36:31 Bon, voilà.
00:36:32 Tous ces feux dans la capitale auraient pu dégénérer.
00:36:34 Il y avait, il ne faut pas oublier non plus, des familles sur les trottoirs.
00:36:37 Puisqu'on était devant l'Olympia, des milliers de spectateurs
00:36:40 sortaient d'un spectacle.
00:36:42 Ils sont sortis avec les enfants sous les bras des parents.
00:36:46 On s'est approchés d'eux pour leur demander
00:36:48 ce qu'ils en pensaient de cette situation.
00:36:49 Mais bien sûr.
00:36:50 La première chose qu'ils nous ont dit, c'est "Qu'est-ce qui se passe ?
00:36:52 Racontez-nous. Pourquoi il y a du feu là ?
00:36:53 Pourquoi il y a des cendres ? Pourquoi il y a des... ?"
00:36:55 C'est pour ça que je dis qu'on bascule dans l'irrationnel parfois,
00:36:58 malheureusement, un peu trop souvent en ce moment.
00:37:01 Et que cette situation peut dégénérer.
00:37:03 C'est qu'on est dans une fuite en avant de la violence.
00:37:05 Et donc là, c'est sur les manifestations à Paris.
00:37:08 On va vous laisser, Augustin, parce que vous allez en couvrir d'autres.
00:37:11 Mais vous avez cette image qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux,
00:37:14 qui a énormément choqué les syndicats et les responsables politiques
00:37:18 avec un climat, disons-le, nauséabond à Dijon.
00:37:21 Vous avez des mannequins à l'effigie de membres du gouvernement
00:37:25 et du chef de l'État qui ont été brûlés.
00:37:27 Dans un contexte, on va voir les images.
00:37:28 Vous avez des syndicats.
00:37:29 Là, ce n'est pas des militants radicaux, étudiants,
00:37:31 qui n'ont rien compris à la réforme.
00:37:33 Là, c'est des syndicats qui le font et qui vont se mettre à brûler.
00:37:36 Imaginez l'image, le symbole que ça donne.
00:37:39 Alors Laurent Bargeot, je trouve qu'il a eu la bonne réaction sur Twitter.
00:37:42 "Ce qui s'est passé à Dijon hier soir est inacceptable et inexcusable.
00:37:45 La CFDT rejette toute violence, même symbolique.
00:37:48 Notre détermination à lutter contre la réforme des retraites est entière.
00:37:51 Elle doit s'exprimer dans le respect des biens et des personnes."
00:37:55 Quand vous voyez ces images, Philippe Guillard,
00:37:57 tout à l'heure, vous avez dit "on n'est pas dans un climat préinsurrectionnel".
00:38:00 Je le rappelle aux téléspectateurs qui nous rejoignent à 17h45.
00:38:05 Je veux bien, mais ça dit quoi de l'état du mouvement,
00:38:10 de la mobilisation quand vous voyez ces genres de séquences-là ?
00:38:13 Là aussi, ça reste marginal ?
00:38:15 Ça dit qu'il y a des minorités actives, ce qui est un grand classique.
00:38:19 La situation devient dangereuse quand des groupuscules,
00:38:22 des minorités actives arrivent à entraîner la masse.
00:38:25 C'est là qu'il se produit des insurrections et des révolutions.
00:38:28 Donc les minorités actives, elles existent.
00:38:31 Il faut les réprimer.
00:38:34 C'est le rôle des forces de l'ordre qui, encore une fois,
00:38:37 à mon avis, ont été prises par surprise dans la journée d'hier,
00:38:40 que ce soit à Paris ou à Dijon,
00:38:42 et qu'ils le seront peut-être moins les jours suivants.
00:38:44 Est-ce que ça va s'embraser ?
00:38:46 Est-ce qu'il y a des gens qui ne sont pas des militants radicaux,
00:38:50 qui ne sont pas des minorités actives ?
00:38:52 Est-ce qu'il y a des gens de cette sorte qui vont se joindre
00:38:55 à ces groupuscules radicaux ?
00:38:57 Je ne le pense pas, mais je peux me tromper.
00:38:59 Pardonnez-moi, l'image de Dijon, on peut la décrypter, franchement.
00:39:03 Le risque de l'insurrection, justement, cette image,
00:39:06 elle a aussi une autre composante, c'est la violence,
00:39:08 la violence politique, ce qui n'est pas exactement la même chose
00:39:10 que l'insurrection au sens d'un projet concerté pour mettre à bas le régime.
00:39:14 On est dans un système qui est politiquement bloqué.
00:39:16 On le voit, regardez les sondages qui ont été publiés cette semaine.
00:39:18 Si l'Assemblée nationale était dissoute,
00:39:20 il n'y aurait pas de majorité, il n'y a pas de majorité alternative.
00:39:23 On voit un pays qui majoritairement, y compris chez les électeurs de droite,
00:39:26 d'ailleurs, souhaiterait que la motion de censure soit votée,
00:39:28 elle ne sera vraisemblablement pas votée.
00:39:30 Il y a un blocage politique absolu.
00:39:32 Quand vous avez des systèmes politiques qui sont bloqués,
00:39:34 c'est ce qu'a vécu l'Allemagne dans les années 70-80,
00:39:36 c'est ce qu'a vécu l'Italie, ça s'est fini comment ?
00:39:38 Ça s'est fini dans la violence politique,
00:39:40 ça s'est fini avec la bande à badères,
00:39:42 ça s'est fini avec les fractions armées rouges.
00:39:44 Ce risque-là, on ne peut pas le balayer d'un revers de la main.
00:39:47 Parce que quand vous avez des gens qui ne croient plus à rien,
00:39:49 selon qu'ils pensent qu'on va être grand remplacé,
00:39:51 ou que la planète est morte,
00:39:53 ou que notre modèle économique et social ne fonctionne pas,
00:39:55 et ces images-là, elles sont révélatrices de ça,
00:39:57 de cette violence sous-jacente,
00:39:59 qui peut être concentrée sur des ultra-minorités,
00:40:01 mais vous n'avez pas besoin d'être une majorité pour aller assassiner
00:40:03 le patron de nos maux, comme ce qui s'était passé dans les années 80,
00:40:05 quand Action Directe avait assassiné Georges Gresse.
00:40:07 - Je crois juste d'une part... - Allez-y.
00:40:09 - C'est très très très balayé.
00:40:11 - Ce risque-là, il ne nous prend au nez.
00:40:13 - On pense à la période des années 70-80,
00:40:15 où il y avait une ultra-gauche très idéologisée, très organisée.
00:40:17 - Est-ce que vous croyez que ce n'est pas le cas de l'ANUX ?
00:40:19 Est-ce que c'est le cas de la partie du noyau des Insoumis qu'est l'AMBERTIS ?
00:40:21 - Je ne crois pas.
00:40:23 - Il fait ses réunions dans les locaux du Parti Ouvrieriste International,
00:40:25 qui a fait élire le porte-parole du parti en question,
00:40:27 Alivre Gargan.
00:40:29 Vous croyez que Jean-Luc Mélenchon,
00:40:31 la stratégie parlementaire qu'il a eue,
00:40:33 ce n'est pas précisément parce qu'il misait sur ces images-là,
00:40:35 sur le chaos et l'insurrection,
00:40:37 qu'il donne des conférences entières pour expliquer
00:40:39 qu'il veut créer un peuple nouveau ?
00:40:41 Il y a un moment, peut-être que vu son espérance de vie,
00:40:43 il se dit que c'est maintenant ou jamais,
00:40:45 mais vous voyez bien que ça existe en France.
00:40:47 C'est la gauche ultra-gauche des années 70
00:40:49 et la gauche radicale d'aujourd'hui.
00:40:51 Je ne crois pas du tout.
00:40:53 Je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon
00:40:55 attende l'insurrection pour prendre le pouvoir.
00:40:57 - C'est pourtant ce qu'il dit quasiment noir sur blanc.
00:40:59 Cyril Chabanier, sur ces images qu'on a vues,
00:41:01 et je n'ai pas envie qu'on les voit en boucle,
00:41:03 parce que, un,
00:41:05 ça décrédibilise complètement la colère des Français,
00:41:07 mais force est de constater que ça arrive en manifestation,
00:41:09 avec des drapeaux de syndicats un peu partout.
00:41:11 Quand vous avez vu cette image hier,
00:41:13 vous vous êtes dit quoi,
00:41:15 président de la CFTC ?
00:41:17 - J'ai été extrêmement choqué.
00:41:19 C'est inacceptable.
00:41:21 Je crois que Laurent Berger l'a très bien dit.
00:41:23 Les violences, on les condamne.
00:41:25 Les violences symboliques aussi,
00:41:27 parce que dans les pays où on brûle des drapeaux,
00:41:29 où on brûle des mannequins,
00:41:31 ce n'est pas un grand symbole de démocratie,
00:41:33 généralement.
00:41:35 Donc c'est extrêmement choquant
00:41:37 et je les condamne de la manière la plus forte possible.
00:41:39 Après, le problème de ce type de manifestation,
00:41:41 et moi d'ailleurs, j'avais dit à mes troupes
00:41:43 et à l'intersyndical aussi tout à l'heure,
00:41:45 quand on a entendu l'extrait,
00:41:47 on avait dit qu'on faisait des manifestations
00:41:49 de proximité à partir de samedi.
00:41:51 Je leur avais dit que le jour d'hier
00:41:53 n'était pas la bonne idée, parce que forcément
00:41:55 le jour du vote dans 49.3,
00:41:57 il y allait avoir des personnes radicales
00:41:59 et des tensions qui voulaient venir.
00:42:01 Donc j'avais prévenu. Certains y sont quand même allés.
00:42:03 Après, vous savez comment ça marche.
00:42:05 Vous avez un rassemblement qui est pacifique,
00:42:07 certaines personnes arrivent avec des mannequins,
00:42:09 ils le mettent par terre, ils mettent l'essence,
00:42:11 ils le gardent.
00:42:13 - Pardonnez-moi, demain j'ai manifest,
00:42:15 on fait ça à côté de moi, je veux vous assurer,
00:42:17 soit je pars, soit je lui dis ce que j'en pense
00:42:21 à la personne qui fait ça.
00:42:23 - Bien sûr, on ne voit pas le reste des images.
00:42:25 - Le reste des images, c'est ça qui est un peu terrifiant,
00:42:27 c'est qu'il y a tout le monde autour.
00:42:29 Mais au-delà de ça...
00:42:31 - Je condamne de la manière la plus ferme possible.
00:42:33 - Je sais, c'est Richard Beny. Vous l'avez dit.
00:42:35 - Pourquoi est-ce que l'intersyndical
00:42:37 a décidé finalement de faire une nouvelle mobilisation
00:42:39 que jeudi prochain ?
00:42:41 C'est extrêmement loin. Quand on voit ce qui s'est passé
00:42:43 dans les rues et pas qu'à Paris,
00:42:45 est-ce que d'une certaine manière, vous avez conscience
00:42:47 que vous allez peut-être laisser le terrain
00:42:49 à la rue d'ici jeudi ?
00:42:51 C'est-à-dire que, je ne sais pas ce qui va se passer
00:42:53 ce soir et dans les soirées qui viennent,
00:42:55 mais est-ce que jeudi, ce n'était pas trop loin
00:42:57 pour décider d'une mobilisation ?
00:42:59 - Je comprends la question.
00:43:01 - Vous voyez ma question ?
00:43:03 - Je vous réponds tout de suite.
00:43:05 D'abord, l'intersyndical s'est réuni hier soir.
00:43:07 Donc, faire une grande manifestation
00:43:09 samedi, ça nous laissait
00:43:11 4 heures.
00:43:13 Il faut un petit peu s'organiser.
00:43:15 Les troupes aussi sont fatiguées.
00:43:17 Il faut pouvoir assurer la sécurité.
00:43:19 Et on sait que c'est compliqué.
00:43:21 Et d'autant plus que le week-end,
00:43:23 il y a un phénomène qui fait que les plus radicaux
00:43:25 et les black blocs sont souvent bien plus nombreux
00:43:27 le week-end que la semaine. Donc, ça posait un problème.
00:43:29 Donc, on n'a pas voulu...
00:43:31 - Il y a un truc qui va se faire mercredi.
00:43:33 - Je finis en 20 secondes.
00:43:35 Donc, on s'est dit, ce week-end,
00:43:37 on occupe le terrain
00:43:39 par des rassemblements
00:43:41 de proximité.
00:43:43 On a demandé à l'intersyndical,
00:43:45 à chaque département, à chaque union départementale,
00:43:47 d'organiser des rassemblements
00:43:49 ou des manifestations. Et après, pourquoi jeudi ?
00:43:51 On ne voulait pas de lundi, parce que lundi,
00:43:53 c'est le jour du vote
00:43:55 de la censure. Et on ne voulait pas
00:43:57 être récupérés politiquement.
00:43:59 Voilà pourquoi. Pourquoi ? Alors, après, on a hésité
00:44:01 entre... Je vous donne la réponse.
00:44:03 - Vous étiez par exemple, à l'Assemblée nationale
00:44:05 avant le camp de 2001. - Mais là, c'est simplement pour dire
00:44:07 qu'on voulait que les députés ne votent pas la réforme.
00:44:09 Je vois pas en quoi c'est une récupération politique.
00:44:11 - C'est pas de la récupération politique. - Après, il restait...
00:44:13 Le mercredi, on ne le fait jamais parce que le mercredi,
00:44:15 il y a très peu de manifestants. Il restait mardi ou jeudi.
00:44:17 Vous savez pourquoi on n'a pas choisi mardi ?
00:44:19 Parce que mardi, c'est la journée du bac et on ne voulait
00:44:21 pas créer du stress pour tous ces étudiants
00:44:23 qui passaient le bac. Donc, on a décidé jeudi. Vous pouvez
00:44:25 ne pas être d'accord et nous le reprocher.
00:44:27 - Non, non, non. - Je vous donne l'explication.
00:44:29 - Non, non. - Je vous donne l'explication.
00:44:31 - Mais il n'y a pas de reproche. - Est-ce que c'est pas un risque ?
00:44:33 - En tout cas, je vous ai donné l'explication.
00:44:35 - Si votre mot d'ordre, c'est le retrait de la réforme,
00:44:38 le seul moyen d'obtenir le retrait de la réforme aujourd'hui,
00:44:41 c'est qu'il y ait une motion de censure lundi,
00:44:43 votée par une majorité absolue de députés.
00:44:45 - Pas forcément.
00:44:47 - C'est le seul moyen parce qu'après, il faut compter
00:44:49 sur le Conseil constitutionnel parce qu'après,
00:44:51 le vote de lundi... - Ce qui n'est pas vrai.
00:44:53 - Ou tout simplement, Philippe Guybert,
00:44:56 que ce gouvernement, que la Macronie...
00:45:00 Attendez, s'il vous plaît.
00:45:02 Ou que la Macronie n'ait pas la mémoire courte,
00:45:04 qu'elle se souvienne de ce qui s'est passé en décembre 2018
00:45:08 et que les propos d'Edouard Philippe,
00:45:11 lorsqu'il dit "une taxe ne doit pas mettre en danger
00:45:15 l'unité de la nation", eh bien, il fasse le parallèle
00:45:18 avec ce qui se passe sur la réforme des retraites
00:45:20 qui est ô combien plus importante
00:45:22 que la taxe carbone qu'il voulait mettre en place en 2018
00:45:24 et se disent "là, on est dans un point de bascule,
00:45:28 ça fait deux mois qu'on n'écoute pas les Français,
00:45:30 on va peut-être les écouter, on va revenir sur cette réforme".
00:45:32 - Je dis juste que le seul moment...
00:45:34 - C'est impossible, évidemment, j'ai rêvé.
00:45:36 - Le référendum d'initiative citoyenne,
00:45:38 on peut le tenter, moi je signerai.
00:45:40 - Partagé. - Mais partagé, mais ça ne marchera pas
00:45:42 dans les délais. Le Conseil constitutionnel,
00:45:44 c'est grand point de l'interrogation.
00:45:46 Et pour le reste, la réforme des retraites
00:45:48 d'Emmanuel Macron, elle est beaucoup plus importante
00:45:50 pour lui que la taxe carbone.
00:45:52 Vous avez lu dans le Cigarou et dans le Monde ce matin
00:45:54 les récits de la journée d'hier,
00:45:56 la réaction, la justification que donne Emmanuel Macron
00:45:59 au 49-3. - Moi, elle m'a fait peur.
00:46:01 - C'est "les taux d'intérêt vont augmenter".
00:46:04 - Ah, c'est pas que ça. - D'accord.
00:46:06 - C'est "la situation économique et financière de la France
00:46:09 est trop dangereuse, on ne peut pas se passer
00:46:11 de cette réforme, donc il faut la faire passer au 49-3".
00:46:14 C'est ça l'explication. - Il ne dit pas que ça.
00:46:17 Il dit "mon intérêt personnel est d'aller au vote,
00:46:19 mon siège n'est pas contingent par l'adoption de la réforme,
00:46:25 si elle est rejetée, je suis encore là".
00:46:27 - Sur l'argument des marchés financiers,
00:46:29 on est en plein délire. - Non, je ne crois pas.
00:46:31 - Pardon. - Ça, ça va être trop dur.
00:46:33 - J'en ai parlé avec beaucoup de gestionnaires de fonds.
00:46:35 Je vous assure que les marchés financiers,
00:46:37 a priori, c'est plus eux que vous.
00:46:39 Ils s'en fichent mais éperdument, les marchés financiers.
00:46:41 - Vous avez une réaction. - Non, mais pardon,
00:46:43 je vais aller au bout et vous pourrez me répondre ensuite.
00:46:45 Ce qui les intéresse, c'est la soutenabilité
00:46:47 des finances publiques françaises.
00:46:49 Quand il y a 3 000 milliards de dettes dans le pays,
00:46:51 ce n'est pas 10 milliards, très hypothétiques,
00:46:53 sur une réforme des retraites qui les intéressent.
00:46:55 Les marchés financiers, je vais vous dire
00:46:57 ce qui les a intéressés, Philippe, c'était quoi ?
00:46:59 - C'est quoi qui les coûte ? - Non, c'est la décision
00:47:01 de la Banque Centrale Européenne d'augmenter les taux
00:47:03 de 1/2 point supplémentaire.
00:47:05 Parce que ça, on est en train d'asphyxier l'économie française.
00:47:07 - Oui, je vous en prie. - Ça va nous coûter
00:47:09 infiniment plus cher, y compris en amortissement du chômage.
00:47:12 Je vous garantis que les marchés financiers
00:47:14 sont, je vais vous le dire, éperdument.
00:47:16 - En revanche, ils ne suffisent pas de l'état d'affaires.
00:47:18 - Les amis, la publicité. On revient dans un instant.
00:47:20 Je dis juste parce que Régine Delfour est en place
00:47:22 sur la place de la Concorde.
00:47:24 Le dispositif, on va voir l'image en direct.
00:47:26 Regardez, Régine.
00:47:28 On voit autour de vous, ça y est, le quartier
00:47:30 est quasiment bouclé. Il y a une partie de la circulation
00:47:32 qui a été coupée. Si je comprends bien, Régine,
00:47:35 on ne peut plus traverser le pont
00:47:37 pour accéder à l'Assemblée Nationale.
00:47:39 Régine, vous avez 10 secondes, on vous retrouve
00:47:41 à 18h pile. Est-ce que vous avez des manifestants
00:47:43 autour de vous ? Pour l'instant, c'est
00:47:45 un dispositif de sécurité très important
00:47:47 et seulement un dispositif de sécurité.
00:47:49 - Alors, c'est là toute la difficulté
00:47:53 pour vous le dire parce qu'il y a beaucoup de gens
00:47:55 qui sont sur la place de la Concorde.
00:47:57 On ne sait pas si ce sont des manifestants
00:47:59 ou des touristes qui attendent pour le moment.
00:48:01 Mais vous l'avez dit, le pont a été fermé.
00:48:03 - Merci beaucoup, Régine. On vous retrouve à 18h tout pile.
00:48:05 Monsieur Chabanier, un grand merci.
00:48:07 Je rappelle que vous êtes président de la CFTC.
00:48:09 On vous retrouvera évidemment
00:48:11 dans les prochaines éditions.
00:48:13 Merci à Augustin pour le témoignage
00:48:15 et ce que vous avez pu faire sur le terrain hier soir.
00:48:17 On vous retrouvera très rapidement
00:48:19 pour couvrir ça. On reste ensemble.
00:48:21 On a vraiment toute la première partie.
00:48:23 C'était plus l'aspect syndical, social.
00:48:25 On va revenir sur le déni
00:48:27 en quelque sorte de la Macronie.
00:48:29 On a Olivier Dussopt qui nous a dit hier
00:48:31 "Ce n'est pas un échec".
00:48:33 Non, c'était ce matin, pardonnez-moi.
00:48:35 - T'as raison, c'est un naufrage.
00:48:37 - Je pensais au fiasco, mais le naufrage, c'était pas mal.
00:48:39 17h54, on revient dans un instant.
00:48:41 ...
00:48:43 - 18h sur CNews
00:48:45 et à la une de cette 2e partie
00:48:47 de Punchline Weekend.
00:48:49 Avis de tempête sur la France.
00:48:51 La réforme des retraites cristallise des tensions
00:48:53 politiques, sociales et économiques.
00:48:55 Plusieurs villes ont été le théâtre de dégradation hier.
00:48:57 Les autorités sont sur le qui-vive
00:48:59 car cela pourrait bien recommencer
00:49:01 ces prochaines heures.
00:49:03 On sera sur le terrain en direct depuis la place de la Concorde.
00:49:05 A la une également, au 49.3,
00:49:07 l'opposition répond.
00:49:09 - La motion de censure,
00:49:11 3, 2 ont été déposées avec comme objectif de renverser le gouvernement.
00:49:13 L'une d'entre elles est susceptible de passer.
00:49:15 Et quand bien même
00:49:17 elle ne passerait pas, le gouvernement Borne a-t-il encore un avenir ?
00:49:19 Voilà ce qu'on pourra dire
00:49:21 sur cette motion de censure.
00:49:23 Enfin, la situation en France ne passe pas inaperçue
00:49:25 dans le reste du monde.
00:49:27 En Espagne, en Italie, en Angleterre,
00:49:29 aux Etats-Unis, les médias parlent d'une France
00:49:31 au bord de la crise de nerfs.
00:49:33 Et on fera le point avec notre correspondante
00:49:35 aux Etats-Unis. Vous avez vu ça ?
00:49:37 Toutes les unes de la presse étrangère,
00:49:39 toutes, j'exagère un peu,
00:49:41 mais énormément de unes,
00:49:43 étaient sur la situation,
00:49:45 la crise sociale et politique en France.
00:49:47 Le point sur l'information,
00:49:49 Michael Dos Santos, et on continue le débat.
00:49:51 Le groupe Lyot a déposé sa motion de censure
00:50:01 transpartisane contre le gouvernement.
00:50:03 Une motion co-signée par les députés
00:50:05 de la NUPES qui devrait compter sur le soutien
00:50:07 de ceux du Rassemblement national et certains élus LR.
00:50:09 Le groupe RN de Marine Le Pen
00:50:11 qui a en parallèle déposé sa propre
00:50:13 motion de censure.
00:50:15 L'Organisation mondiale de la santé l'assure,
00:50:17 le Covid est sur le point d'être une menace
00:50:19 similaire à la grippe saisonnière.
00:50:21 D'après l'OMS, le virus ne devrait plus perturber
00:50:23 notre société ou nos systèmes
00:50:25 hospitaliers.
00:50:27 Et puis la Cour pénale internationale a émis un mandat
00:50:29 d'arrêt contre Vladimir Poutine.
00:50:31 Le président russe est accusé de crime de guerre en Ukraine.
00:50:33 Un mandat qui n'a aucune valeur juridique
00:50:35 assure le Kremlin qui ne reconnait pas
00:50:37 l'autorité de la CPI.
00:50:39 De son côté, les autorités ukrainiennes
00:50:41 se félicitent de cette décision historique.
00:50:43 - Sur l'information, Geoffroy Lejeune, Philippe Guibert, Jean-Sébastien Ferjou et Eric Révelle sont avec nous pour cette nouvelle heure de punchline week-end.
00:50:51 On va voir ce qu'on a sur le terrain
00:50:53 puisqu'on va rejoindre dans un instant
00:50:55 Régine Delfour en haut à droite qui est place
00:50:57 de la Concorde puisque le quartier
00:50:59 est sécurité sous haute sécurité
00:51:01 puisque les forces de l'ordre ne veulent pas revivre
00:51:03 la situation d'hier soir.
00:51:05 En bas à droite, c'était l'audio du char depuis
00:51:07 l'Assemblée nationale où deux
00:51:09 motions de censure ont été déposées.
00:51:11 Et puis on est en direct avec Kevin Mauvieux,
00:51:13 député Rassemblement national
00:51:15 de l'Eure pour justement
00:51:17 faire un point sur la situation,
00:51:19 la crise politique. Mais avant cela,
00:51:21 avant de rejoindre Monsieur le député, on va aller
00:51:23 sur le terrain. Régine Delfour,
00:51:25 vous êtes place de la Concorde,
00:51:27 je le disais. La place
00:51:29 est sous haute sécurité, plusieurs dizaines
00:51:31 de forces de l'ordre. Et si je ne
00:51:33 m'abuse, le pont qui doit
00:51:35 mener de la place de la Concorde vers
00:51:37 l'Assemblée nationale, eh bien ce pont
00:51:39 a été bouclé par
00:51:41 les policiers et les gendarmes.
00:51:43 Oui, c'est cela, Eliott. Vous voyez
00:51:47 le pont qui sépare
00:51:49 la place de la Concorde à l'Assemblée nationale
00:51:51 est fermé. L'objectif
00:51:53 était évidemment de sécuriser
00:51:55 l'Assemblée nationale. Alors sur cette partie, vous voyez,
00:51:57 il n'y a plus de circulation au niveau du
00:51:59 quai des Tuileries d'ailleurs. C'est
00:52:01 fermé. Les voitures n'ont plus
00:52:03 accès. En bas,
00:52:05 un petit peu plus loin, vous voyez pas mal aussi
00:52:07 de véhicules des forces de l'ordre parce que
00:52:09 c'est l'avenue des Champs-Élysées et
00:52:11 à côté, l'Élysée. Vous voyez
00:52:13 quand même qu'une partie sur la place de la
00:52:15 Concorde, il y a encore de la circulation
00:52:17 mais elles vont
00:52:19 commencer à arrêter cette circulation parce
00:52:21 qu'il y a du monde place de la Concorde.
00:52:23 Vous voyez, il y a du monde dans les jardins
00:52:25 des Tuileries, il y a du monde sur la place de la
00:52:27 Concorde et on ne sait pas trop
00:52:29 si ce sont des touristes
00:52:31 ou des gens qui attendent pour
00:52:33 un possible rassemblement.
00:52:35 On reste sur ces images
00:52:37 avec vous Régine Delfour.
00:52:39 C'est vrai que c'est intéressant. Il y a souvent
00:52:41 évidemment plusieurs milliers
00:52:43 de touristes qui circulent dans les jardins
00:52:45 des Tuileries et place de la Concorde mais ce qui est
00:52:47 vrai c'est que cette masse un
00:52:49 vendredi en fin d'après-midi
00:52:51 paraît plutôt surprenante.
00:52:53 Ce dispositif... - Suspect.
00:52:55 - Sinon suspect. Ce dispositif de
00:52:57 sécurité Philippe Guibert, place de la Concorde.
00:52:59 J'ai l'impression qu'on revit le même scénario
00:53:01 que lors des premières mobilisations
00:53:03 des Gilets jaunes. Je me souviens que
00:53:05 la place de la Concorde
00:53:07 avait été complètement quadrillée en
00:53:09 2019 lorsque il y avait déjà eu
00:53:11 cette réforme des retraites et il y avait déjà des
00:53:13 mobilisations importantes avec des tensions.
00:53:15 Ce qui s'est passé hier n'a
00:53:17 rien d'anodin dans le
00:53:19 climat de
00:53:21 notre société de la France aujourd'hui.
00:53:23 - Non, non, ça n'a rien d'anodin. Ça donne une
00:53:25 formidable prime
00:53:27 à ceux qui veulent
00:53:29 ficher le bazar, à tous les agitateurs
00:53:31 et à toutes les minorités actives
00:53:33 et autres groupuscules, en l'occurrence
00:53:35 d'ultra-gauche, qui
00:53:37 n'attendent que ça. Donc c'est le
00:53:39 principal mode d'action
00:53:41 et la principale motivation dans la mobilisation.
00:53:43 On peut
00:53:45 espérer que ce soir, malgré les images
00:53:47 qu'on a vues de
00:53:49 petits attroutements,
00:53:51 les forces de l'ordre aient été plus
00:53:53 organisées. On imagine que le préfet de police
00:53:55 aujourd'hui
00:53:57 a mis beaucoup de dispositifs de
00:53:59 surveillance pour voir ce que font
00:54:01 ces groupuscules. Peut-être qu'ils
00:54:03 ne resteront pas au même endroit. Il est
00:54:05 sûr, par rapport à notre discussion
00:54:07 tout à l'heure, qu'ils vont essayer
00:54:09 tous les soirs de rééditer
00:54:11 ce qui s'est passé hier soir.
00:54:13 Y arriveront-ils ? C'est une
00:54:15 question policière et de
00:54:17 maintien de l'ordre.
00:54:19 - Oui, après il y a d'autres contraintes. Pardonnez-moi,
00:54:21 quand vous avez 10 000 tonnes de déchets dans les rues
00:54:23 de Paris... - Ça facilite les choses.
00:54:25 - Ça facilite bien sûr les choses. Moi,
00:54:27 quand on voit cette image, mais surtout quand on a vu
00:54:29 ce qui s'est passé hier, on va entendre dans un instant
00:54:31 Gérald Darmanin, je me tourne vers
00:54:33 vous Geoffroy Lejeune, le président de
00:54:35 la République, au moment de la campagne
00:54:37 présidentielle, il disait "je serai le président de la
00:54:39 Concorde". C'est ça la Concorde ?
00:54:41 C'est ça la... - Je serai de Concorde.
00:54:43 - C'est ça. - La prés de la Concorde ?
00:54:45 - Vous savez qu'en le disant, je n'ai même pas fait attention, mais ce qui est
00:54:47 vrai, c'est quel symbole pour un président de la
00:54:49 Concorde de revenir sur ces images
00:54:51 où on avait des
00:54:53 tensions entre les forces de l'ordre, des militants
00:54:55 qui foutaient le feu aux poubelles,
00:54:57 avec une réforme dont personne ne veut.
00:54:59 Deux Français sur trois qui sont contre.
00:55:01 C'est ça donc le président de la Concorde.
00:55:03 - C'est terrible en fait, votre question,
00:55:05 elle est terrible. Je pense que c'est la fin d'un...
00:55:07 C'est vraiment la fin d'un cycle. Moi, j'utilise souvent
00:55:09 l'expression de crise de régime parce que je pense que c'est un
00:55:11 moment, c'est un révélateur en fait, de tout
00:55:13 ce qui dysfonctionne. Là, pour reprendre votre équation, ce que vous
00:55:15 venez de dire, sur la Concorde et sur les deux
00:55:17 Français sur trois qui sont contre, il faut se rappeler pourquoi
00:55:19 il a été réélu Emmanuel Macron aussi. C'est parce que en réalité,
00:55:21 l'enjeu du second tour à la présidentielle
00:55:23 n'a pas été de savoir si son programme était
00:55:25 bon ou pas bon, c'est de savoir si on faisait reculer
00:55:27 le fascisme qui était personnifié
00:55:29 par Marine Le Pen et qui était le
00:55:31 plus grand enjeu à ce moment-là. Ça aussi, c'est en train
00:55:33 de tomber. Ça aussi, c'est quelque chose qui a
00:55:35 emprisonné notre démocratie telle qu'elle
00:55:37 s'exerce aujourd'hui.
00:55:39 Ce rôle donné à Marine Le Pen
00:55:41 et au Rassemblement National dans le débat public,
00:55:43 c'est-à-dire, diaboliser, diaboliser, diaboliser
00:55:45 au moment des élections et du second tour, ça ne
00:55:47 fonctionne plus. Dans la rue, vous avez des gens,
00:55:49 vous avez beaucoup de gens qui ont voté pour Emmanuel Macron
00:55:51 parce qu'il y avait cette pression morale
00:55:53 qui était exercée sur eux.
00:55:55 Donc c'est terrifiant. Tout à l'heure, Jean-Sébastien disait
00:55:57 en disant que ça n'était
00:55:59 pas qu'un problème institutionnel, ce que je disais,
00:56:01 qu'il y avait un problème d'offre politique. C'est parfaitement vrai.
00:56:03 C'est-à-dire que ça aussi,
00:56:05 ça dysfonctionne. Et ce que je trouve
00:56:07 très inquiétant, c'est qu'aujourd'hui, on voit bien que
00:56:09 nous n'avons pas,
00:56:11 il n'a pas les moyens, politiquement,
00:56:13 de reprendre la main aujourd'hui. C'est-à-dire que si
00:56:15 par exemple, il annonce que...
00:56:17 Vous savez, la raison pour laquelle il ne renoncera pas
00:56:19 à cette réforme, en tout cas c'est ce qu'on entend
00:56:21 quand son entourage, comme on dit dans la presse, communique,
00:56:23 c'est "si on renonce maintenant, le quinquennat
00:56:25 est terminé". C'est très problématique
00:56:27 aussi d'imaginer qu'il ne tient
00:56:29 que pour cette raison-là. Ça veut dire qu'il y a
00:56:31 quelque chose qui cloche dans la manière dont...
00:56:33 - D'autant que justement,
00:56:35 quel est le rationnel qu'il y a derrière ? C'est de dire
00:56:37 "la France a besoin de réformes, il faut absolument
00:56:39 prouver qu'on en a fait au moins une".
00:56:41 Et là où c'est totalement absurde, c'est qu'on a élu
00:56:43 le président le plus jeune de l'histoire de la Ve République
00:56:45 et c'est celui qui aura le plus accéléré
00:56:47 sur la pédale de l'obsolescence
00:56:49 en réalité. Parce que je vais vous dire,
00:56:51 mais là, les hypothèches budgétaires de cette réforme,
00:56:53 quand vous regardez l'intelligence artificielle,
00:56:55 je ne sais pas si vous avez vu, Elliot, chat,
00:56:57 GPT4. - Oui, je ne suis pas du style à utiliser ça.
00:56:59 - La version 4 de cette
00:57:01 semaine. - Gardez-moi les livres. - C'est vertigineux
00:57:03 par rapport à la version d'il y a 3 mois.
00:57:05 Pourquoi je vous dis ça ? Parce que ça veut dire que de toute façon, tous les
00:57:07 métiers vont être révolutionnés,
00:57:09 mais ce n'est pas dans 40 ans, c'est dans 10 ans,
00:57:11 dans 15 ans. Oui, ben Philippe, regardez
00:57:13 de plus près, l'intelligence artificielle
00:57:15 de Google sur la médecine, elle vient d'être... - Oui, mais alors,
00:57:17 est-ce qu'on peut rester sur le sujet ?
00:57:19 Mais j'entends l'obsolescence. D'accord. - Mais c'est le sujet,
00:57:21 Elliot, parce que le sujet,
00:57:23 c'est le rationnel qu'il y a à faire des réformes
00:57:25 qui n'ont pas d'intérêt. - Les images.
00:57:27 - Vous regardez le contexte
00:57:29 de la croissance économique, de toute
00:57:31 façon, ce qu'est en train de faire la BCE, ça va nous
00:57:33 coûter beaucoup plus de milliards. - J'entends. Pardonnez-moi
00:57:35 de vous couper. - Mais vous l'entendez, mais c'est quand même
00:57:37 un problème politiquement avec le pays. - Oui.
00:57:39 - Juste. - Pour des réformes qui n'ont
00:57:41 aucun intérêt par rapport aux véritables enjeux du pays.
00:57:43 - Bon, on avait des images, vous les avez découvertes
00:57:45 à l'antenne, c'était en direct à Bordeaux,
00:57:47 parce qu'il y a eu, il y a aujourd'hui
00:57:49 également des mobilisations, il y avait
00:57:51 24 villes concernées hier,
00:57:53 180 actions quand même dans toute la France,
00:57:55 52 000 personnes qui se sont
00:57:57 mobilisées post-utilisation du 49-3,
00:57:59 310
00:58:01 interpellations, dont 258
00:58:03 à Paris. Le ministre de l'Intérieur,
00:58:05 Gérald Darmanin, a réagi, c'était ce matin
00:58:07 au micro d'RTL. On l'écoute.
00:58:09 - Je voudrais remercier les policiers
00:58:11 et les gendarmes qui, toute la soirée, toute la nuit,
00:58:13 alors qu'il n'y a pas eu, à ma connaissance,
00:58:15 d'incident grave, pas eu de blessés
00:58:17 graves, il n'y a pas eu, malgré ces manifestations
00:58:19 spontanées de personnes évidemment qui sont
00:58:21 mortes durant ces manifestations
00:58:23 très difficiles. Je rappelle qu'il y a eu
00:58:25 hier 258
00:58:27 interpellations à Paris, c'est beaucoup,
00:58:29 et 310 si on prend
00:58:31 la province, avec des effigies
00:58:33 brûlées, avec des préfectures
00:58:35 on va dire très contestées,
00:58:37 pour ne pas dire parfois attaquées,
00:58:39 avec des permanences d'élus. - Il y a eu des préfectures
00:58:41 attaquées hier soir ? - Il y a eu dans plusieurs
00:58:43 grandes villes de province, une pression
00:58:45 extrêmement forte exercée contre les symboles de l'État
00:58:47 et aussi contre des permanences de parlementaires.
00:58:49 - Voilà pour la déclaration du ministre
00:58:51 de l'Intérieur, on est toujours sur ses images
00:58:53 en direct depuis la place de la Concorde,
00:58:55 un important dispositif de sécurité
00:58:57 a été mis en place pour éviter de revivre
00:58:59 le même scénario qu'hier,
00:59:01 avec effectivement des
00:59:03 personnes qui sont massées sur cette place
00:59:05 sans trop savoir si ce sont
00:59:07 les mêmes qu'hier, ou
00:59:09 si ce sont des badauds
00:59:11 ou des touristes. On va
00:59:13 revenir sur l'aspect politique
00:59:15 à présent tout en gardant ces images.
00:59:17 Olivier Dussopt ce matin, on lui pose la question
00:59:19 avec le 49.3, est-ce que c'est un échec ?
00:59:21 Écoutons la réponse du
00:59:23 ministre du Travail, et on en revient
00:59:25 à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est cette déconnexion
00:59:27 complète, cette absence
00:59:29 de rationalité
00:59:31 en quelque sorte dans les déclarations.
00:59:33 Olivier Dussopt, est-ce que c'est un échec
00:59:35 l'utilisation du 49.3 ?
00:59:37 Ce serait un échec s'il n'y avait pas
00:59:39 de texte. Or il y a un texte.
00:59:41 Il y a un texte qui a été
00:59:43 examiné, adopté par le Sénat, qui a été
00:59:45 examiné et adopté par la commission
00:59:47 mixte paritaire, qui a eu une majorité au Sénat
00:59:49 à deux reprises, en première lecture,
00:59:51 lorsqu'il a fallu adopter
00:59:53 les conclusions. Et effectivement il n'y a pas eu de
00:59:55 majorité à l'Assemblée Nationale, parce que
00:59:57 un certain nombre de membres du groupe des Républicains
00:59:59 n'ont pas répondu présent, et n'ont
01:00:01 pas suivi
01:00:03 la position qui avait été arrêtée par leur parti.
01:00:05 Mais ce n'est pas un échec, puisqu'il y a
01:00:07 un texte, et ce texte
01:00:09 sera, si la motion de censure
01:00:11 est rejetée, mise en oeuvre.
01:00:13 Éric Reuvel, j'ai même pas les mots.
01:00:15 De qui se moque-t-on ?
01:00:17 C'est ma seule question.
01:00:19 Olivier Dussopt dans le texte,
01:00:21 c'est un échec gouvernemental,
01:00:23 puisque
01:00:25 le gouvernement, dans sa confusion de communication,
01:00:27 n'a pas convaincu les Français
01:00:29 de l'intérêt de cette réforme. C'est un échec
01:00:31 politique, puisque le gouvernement
01:00:33 n'a pas réussi à convaincre
01:00:35 les députés LR, qui pourtant
01:00:37 portent ce type de projet, à voter
01:00:39 cette loi. C'est un échec
01:00:41 social, donc tout à l'heure
01:00:43 tu disais "naufrage",
01:00:47 c'est absolument hallucinant. Mais en fait, quand vous
01:00:49 regardez bien, les déclarations depuis
01:00:51 des semaines, des mois, des années,
01:00:53 des représentants de la Macronie
01:00:55 vont tous dans ce sens-là.
01:00:57 Et même le président de la République,
01:00:59 il me semble qu'il a loupé quelque chose, c'est qu'il n'a
01:01:01 jamais parvenu à rencontrer les Français.
01:01:03 Vous disiez tout à l'heure, Elliot,
01:01:05 qu'il avait mis en place, c'est vrai, après le mouvement des Gilets jaunes,
01:01:07 un grand tour de France.
01:01:09 Mais vous savez, vous pouvez connaître
01:01:11 la géographie de la France sans connaître les Français.
01:01:13 Et à mon sens, Emmanuel Macron,
01:01:15 c'est son problème. Il nous avait promis
01:01:17 une "start-up nation",
01:01:19 il va finir par rendre la France
01:01:21 sous forme d'une PME,
01:01:23 d'une petite et moyenne entreprise.
01:01:25 Et je crois que tout ce que disait Jean-Bastien
01:01:27 tout à l'heure est juste.
01:01:29 C'est-à-dire que
01:01:31 tous les obstacles,
01:01:33 les nouveautés qui sont devant nous,
01:01:35 notamment l'explosion...
01:01:37 Mais c'est important ! Il a raison, c'est important !
01:01:39 On parle du ministre du Travail qui nous dit
01:01:41 "C'est pas un échec, vous me parlez de chats et pétés"
01:01:43 Vous êtes pareil !
01:01:45 En fait, vous êtes pareil qu'Olivier Dussopt.
01:01:47 Je vous demande A, vous me répondez Z.
01:01:49 Vous êtes pareil.
01:01:51 Très bien.
01:01:53 Mais soyons sérieux, je vous parle d'Olivier Dussopt
01:01:55 qui nous dit "C'est pas un échec, vous me parlez de chats et pétés"
01:01:57 Je vous ai répondu, c'est un triple échec.
01:01:59 Vous avez raison.
01:02:01 Et la Macronie est toujours dans ce déni de vérité.
01:02:03 C'est jamais de leur faute, c'est toujours de la faute
01:02:05 des autres s'ils n'ont pas compris.
01:02:07 Yael Brown-Pivet, on lui demande...
01:02:09 C'est des primaires, Eliott, pour que vous compreniez.
01:02:11 Et vous avez bien raison, car j'ai besoin de ça.
01:02:13 De simplicité. Vous savez, c'est très dur
01:02:15 de faire simple. Yael Brown-Pivet, par exemple,
01:02:17 question simple, est-ce que c'est une crise politique ?
01:02:19 C'est une crise politique, c'est un échec politique.
01:02:21 C'est un échec politique.
01:02:23 C'est un échec politique.
01:02:25 C'est un échec politique.
01:02:27 C'est un échec politique.
01:02:29 C'est un échec politique.
01:02:31 C'est un échec politique.
01:02:33 C'est un échec politique.
01:02:35 C'est un échec politique.
01:02:37 C'est un échec politique.
01:02:39 C'est un échec politique.
01:02:41 C'est un échec politique.
01:02:43 C'est un échec politique.
01:02:45 C'est un échec politique.
01:02:47 C'est pas un échec politique.
01:02:49 Ça serait une crise politique s'il y avait
01:02:51 le gouvernement anversé lundi.
01:02:53 Mais on l'est déjà, on est deux pieds dedans
01:02:55 dans une crise politique, Philippe.
01:02:57 On est dans une crise sociale.
01:02:59 Dans la crise politique...
01:03:01 Je vais demander à Chad Sieypretté si c'est une crise politique.
01:03:03 La crise politique,
01:03:05 c'est si Elisabeth Borne est anversée
01:03:07 lundi. On est dans une crise
01:03:09 de légitimité,
01:03:11 une crise de confiance, une crise de tout ce que vous voulez,
01:03:13 mais du point de vue strictement
01:03:15 institutionnel, si le taxe est
01:03:17 adopté lundi et si Elisabeth Borne
01:03:19 n'est donc pas renversée,
01:03:21 il n'y a pas de crise gouvernementale,
01:03:23 il n'y a pas de crise politique.
01:03:25 Vous avez raison, sauf que ça montre,
01:03:27 ça montre une déconnexion
01:03:29 absolue par rapport à la manière dont c'est entendu.
01:03:31 Oui, il n'y a pas en l'état de crise
01:03:33 politique stricte au censure, au sens
01:03:35 où la motion de censure n'a pas été votée.
01:03:37 Mais les Français considèrent que le
01:03:39 pays, lui, est en crise. Donc ce déni
01:03:41 de réalité là, oui, mais vous voyez bien
01:03:43 qu'on peut jouer sur les mots et dire
01:03:45 le mot, je le prenais dans une acception que
01:03:47 personne d'autre n'entend, sauf que les Français,
01:03:49 ils l'entendent dans celle du quotidien, et celle du quotidien,
01:03:51 ce sont les images de la place de la Concorde.
01:03:53 C'est juste du délire, c'est un échec politique
01:03:55 majeur pour Mme Borne
01:03:57 qui a mis toute son autorité politique
01:03:59 pour obtenir un accord avec les Républicains.
01:04:01 A-t-elle eu un accord avec les Républicains ?
01:04:03 Non. Jusqu'à hier,
01:04:05 jusqu'à hier, 14h, le gouvernement
01:04:07 espérait encore passer par le vote.
01:04:09 Pourquoi ont-ils choisi ? Il y a une grosse responsabilité
01:04:11 dedans, quand même. Parce qu'il y a un moment donné, moi je suis
01:04:13 d'accord avec tout ce que vous dites sur le gouvernement.
01:04:15 Mais très bien, donc c'est un échec. On peut leur attribuer une partie
01:04:17 de la responsabilité de l'échec si vous voulez.
01:04:19 Le sujet, c'est que le mot, c'est échec.
01:04:21 Et quand vous entendez Gaëlle Borne-Pivet ou Olivier
01:04:23 Dussopt qui sont, mais à un niveau
01:04:25 de déconnexion, mais on se dit, mais c'est comme
01:04:27 quand la semaine dernière, Olivier Véran sort de Matignon
01:04:29 dimanche dernier, et à chaque
01:04:31 point de phrase, il parle de consensus et de dialogue
01:04:33 social. Quand vous les entendez dire, nous sommes
01:04:35 des experts du dialogue social,
01:04:37 vous avez envie de dire, mais enfin, pardon,
01:04:39 vous pouvez dire, nous sommes courageux,
01:04:41 nous imposons des réformes dont le
01:04:43 pays a besoin, même si elles sont impopulaires.
01:04:45 Moi je veux bien tout entendre, mais pas ce
01:04:47 niveau, pardon, mais de sottise,
01:04:49 parce que ça relève quand même de la sottise politique
01:04:51 absolue, quand on n'est pas
01:04:53 capable de s'adresser aux Français
01:04:55 au niveau auquel, eux, ils entendent
01:04:57 les choses. Il faut quand même insister
01:04:59 sur l'incroyable,
01:05:01 l'incroyable
01:05:03 crise des Républicains.
01:05:05 Parce que, quand même dans cette affaire,
01:05:07 ça n'est pas plus une réussite pour le gouvernement.
01:05:09 Bien sûr. Je dis
01:05:11 juste que vous avez un parti qui, depuis 20
01:05:13 ans, milite, propose à
01:05:15 chaque présidentiel, quand ils sont en pouvoir,
01:05:17 c'est ce qu'ils font, à recul de l'âge
01:05:19 de la retraite, et le jour...
01:05:21 Il le propose dans une logique de maîtrise globale des finances publiques.
01:05:23 Quand François Fillon, il dit, on supprime 150 000
01:05:25 fonctionnaires, et qu'Emmanuel lui répond
01:05:27 non, vous êtes ultra libéral, c'est
01:05:29 une différence de projet.
01:05:31 Le truc est faux, en plus, il n'y a aucune réforme qui fait plus
01:05:33 économique 13 milliards d'euros comme celle-là.
01:05:35 Donc il n'y a aucune réforme en France qui n'est pas
01:05:37 faite, quel que soit le gouvernement, qui fasse
01:05:39 13 milliards d'euros de... Mais bien sûr que... Je le dis
01:05:41 au téléspectateur, en haut à droite,
01:05:43 Philippe, s'il vous plaît, en haut à droite,
01:05:45 ce sont des images en direct, puisque
01:05:47 les forces de l'ordre sont
01:05:49 mobilisées sur le terrain, elles ont bloqué
01:05:51 l'accès au pont
01:05:53 qui est juste derrière la place de la Concorde,
01:05:55 qui nous amène à l'Assemblée nationale,
01:05:57 il y a un énorme dispositif de sécurité,
01:05:59 et là on voit que de plus
01:06:01 en plus de personnes se
01:06:03 massent sur cette place
01:06:05 de la Concorde. Si on panote
01:06:07 un tout petit peu, on pourrait apercevoir
01:06:09 les forces de l'ordre, et puis en bas à droite, c'est le scénario
01:06:11 d'hier qui a fait... Des images
01:06:13 qui ont fait le tour du monde. On est avec
01:06:15 Kevin Mauvieux, qui est député du Rassemblement national
01:06:17 de l'Eure. Merci d'être avec
01:06:19 nous, Kevin Mauvieux, et désolé
01:06:21 de vous avoir fait un peu attendre.
01:06:23 Très rapidement, juste deux questions,
01:06:25 Monsieur le député. D'abord,
01:06:27 on vient d'entendre Olivier Dussopt
01:06:29 dire "ce n'est pas un échec".
01:06:31 Quelle réponse vous apportez à ça ?
01:06:33 Ce n'est pas un échec l'utilisation du 49.3 ?
01:06:35 Évidemment,
01:06:37 bonsoir à tous d'abord, désolé.
01:06:39 Évidemment que
01:06:41 l'utilisation du 49.3 est un échec
01:06:43 déjà en général, parce que
01:06:45 l'utilisation du 49.3 veut dire que
01:06:47 le Président de la République et le gouvernement
01:06:49 ne peuvent pas appliquer
01:06:51 leur politique par le vote
01:06:53 de la représentation nationale.
01:06:55 Donc déjà, là, on est
01:06:57 sur un échec. Et puis,
01:06:59 pour rebondir sur ce que
01:07:01 vous disiez aussi précédemment, parce que c'est
01:07:03 relié quand même, c'est un échec
01:07:05 et c'est une crise politique.
01:07:07 Le gouvernement,
01:07:09 Madame Brune-Pivet, on beau faire
01:07:11 la politique de l'autruche,
01:07:13 on est dans une crise politique. C'est le
01:07:15 11e 49.3 en 6 mois
01:07:17 qui est utilisé par le gouvernement,
01:07:19 et en plus, ils l'utilisent
01:07:21 sur une réforme dont
01:07:23 94% des actifs ne veulent pas,
01:07:25 les 2/3 des Français, si on fait une moyenne
01:07:27 globale, ne veulent pas.
01:07:29 Donc on est dans une crise politique et c'est un aveu
01:07:31 d'échec. Et quand j'entends Olivier Dussopt
01:07:33 qui se permet de faire croire
01:07:35 que tout ça c'est la faute des Républicains,
01:07:37 non, tout ça c'est pas la faute des Républicains.
01:07:39 Il y a un moment, il faut remettre les choses en contexte.
01:07:41 Les Républicains, même si
01:07:43 ils servent de béquilles au gouvernement
01:07:45 de façon très récurrente,
01:07:47 ce n'est pas le parti d'Emmanuel Macron.
01:07:49 Donc, de base,
01:07:51 ils ont le droit de s'opposer
01:07:53 à une réforme injuste et injustifiée.
01:07:55 Donc,
01:07:57 c'est quand même assez compliqué de dire
01:07:59 que si le gouvernement n'arrive pas à marcher aujourd'hui,
01:08:01 c'est à cause de sa béquille.
01:08:03 Non, non, non, si le gouvernement n'arrive pas à marcher aujourd'hui,
01:08:05 c'est parce qu'il a une patte folle.
01:08:07 Et sa patte folle, c'est les Français qui la lui ont mise
01:08:09 en ne lui donnant pas la majorité au gouvernement.
01:08:11 Très rapidement, Kevin Mauvieux,
01:08:13 s'il vous plaît, vous avez déposé
01:08:15 le Rassemblement National une motion de saut sur
01:08:17 qui ne sera pas votée.
01:08:19 Une motion pour le symbole,
01:08:21 en quelque sorte.
01:08:23 Aujourd'hui,
01:08:25 quel était vraiment l'intérêt de déposer cette motion
01:08:27 de censure si vous allez être
01:08:29 les seuls à la voter ?
01:08:31 J'ai envie de dire,
01:08:33 si on réfléchissait
01:08:35 comme vous venez de le faire,
01:08:37 on arrêterait de travailler parce qu'en réalité,
01:08:39 à l'Assemblée Nationale,
01:08:41 le Rassemblement National est le seul parti
01:08:43 qui vote dans l'intérêt des Français, peu importe qui propose
01:08:45 les motions,
01:08:47 les amendements ou les textes.
01:08:49 Donc, si on part du principe que
01:08:51 aucun parti, aucun groupe,
01:08:53 aucun député ne vote nos propositions
01:08:55 ou nos motions, dans ce cas-là,
01:08:57 on ne va plus à l'Assemblée puisque tous les autres
01:08:59 sont totalement sectaires et ne votent jamais ce qui vient de nous.
01:09:01 Alors nous, l'intérêt, c'est de rendre compte
01:09:03 à nos électeurs de leur démontrer qu'on est
01:09:05 dans l'opposition réelle,
01:09:07 qu'on agit vraiment, qu'on dépose des motions,
01:09:09 des textes, et de leur prouver
01:09:11 par A+B,
01:09:13 que la seule opposition aujourd'hui à Macron, c'est nous,
01:09:15 et que tous les autres partis votent
01:09:17 pour leur propre siège. Après,
01:09:19 si la motion transpartisane
01:09:21 de Lyott peut passer grâce à
01:09:23 nos voix et à celle de la NUPES, j'ai envie de dire tant mieux.
01:09:25 Le principal pour nous, au final, c'est que
01:09:27 la réforme s'annule et que le gouvernement tombe.
01:09:29 Je ne me suis pas permis de vous poser la question, mais on voit les images
01:09:31 et j'imagine que vous les avez également sur
01:09:33 votre écran, de ces tensions
01:09:35 à Paris, mais il n'y avait pas qu'à Paris
01:09:37 hier soir, c'était à Marseille, à Lyon,
01:09:39 à Nantes ou encore
01:09:41 à Rennes. Quel regard
01:09:43 le député a sur cette
01:09:45 situation ? Je sais que les députés sont
01:09:47 aujourd'hui menacés, qu'il y a des protections policières
01:09:49 qui sont effectuées. Il y a un
01:09:51 climat, alors on parlait de climat
01:09:53 préinsurrectionnel. Est-ce que
01:09:55 le député que vous êtes partage cette position ?
01:09:57 Je partage
01:09:59 cette position. Alors après, attention,
01:10:01 vous avez plusieurs sons de cloche.
01:10:03 Vous avez le son de cloche de la NUPES qui se
01:10:05 félicite de cette insurrection, de cette violence,
01:10:07 parce que c'est dans leur ADN.
01:10:09 Moi, je précise bien que je ne m'en félicite
01:10:11 pas. Je suis contre tout ce qui est violence,
01:10:13 tout ce qui est vandalisme, tout ce qui est attaque
01:10:15 envers les forces de l'ordre. Par contre,
01:10:17 la responsabilité de tout ça, c'est le gouvernement
01:10:19 qui la porte. C'est le gouvernement
01:10:21 qui la porte, parce que si ce climat
01:10:23 insurrectionnel, comme vous dites,
01:10:25 existe, et si les gens
01:10:27 sont en train littéralement de péter des câbles,
01:10:29 parce que la réalité, il faut parler avec les vrais mots, les gens sont en train
01:10:31 de péter des câbles, c'est à cause
01:10:33 de ce gouvernement et de
01:10:35 ce président de la République qui gouverne
01:10:37 pour eux-mêmes, pour l'Europe, mais
01:10:39 jamais pour les Français. Merci beaucoup
01:10:41 Kevin Mauvieux. Je rappelle que vous êtes député du Rassemblement
01:10:43 National de l'heure. Geoffroy Lejeune,
01:10:45 vous vouliez réagir, et c'est bien de mettre en parallèle
01:10:47 les images en direct, ainsi que
01:10:49 ce qui s'est passé hier, place de
01:10:51 la Concorde, cette même place où il y a aujourd'hui
01:10:53 un important dispositif de sécurité.
01:10:55 Moi, je voulais réagir sur la question que vous posiez tout à l'heure,
01:10:57 sur le déni du gouvernement. C'est vrai qu'il saute aux yeux, les formulations
01:10:59 sont extrêmement... ce sont des euphémismes en réalité,
01:11:01 mais moi j'ai envie de dire que depuis
01:11:03 quelques temps, et surtout depuis le début du deuxième quinquennat
01:11:05 d'Emmanuel Macron, c'est quasiment devenu un mode de gouvernement
01:11:07 en réalité, le déni. C'est-à-dire qu'on avait, par exemple,
01:11:09 le Stade de France avec les supporters anglais,
01:11:11 c'est toujours la même histoire, les phobiés, etc.
01:11:13 Le Covid,
01:11:15 et c'est toujours comme ça.
01:11:17 Et je pense que c'est un aveu de faiblesse
01:11:19 incroyable. Il y a premièrement, d'un côté,
01:11:21 selon le parlait Jean-Sébastien tout à l'heure, qui est la dépolitisation.
01:11:23 Miser sur la dépolitisation des gens,
01:11:25 ils ne comprennent pas, ils ne suivent rien.
01:11:27 Si on dit quelque chose, même si c'est faux, ça va
01:11:29 devenir la vérité. Et ensuite,
01:11:31 une deuxième chose qui, moi, m'inquiète énormément, c'est
01:11:33 cette façon de... En fait, pour moi, c'est un aveu
01:11:35 du fait qu'ils n'ont plus prise sur la réalité.
01:11:37 C'est-à-dire que là, ce qui se passe en ce moment,
01:11:39 pour le gouvernement, est assez grave.
01:11:41 Et le fait de ne pas le reconnaître et de mettre des mots,
01:11:43 d'autres mots dessus, qui en fait...
01:11:45 On peut dire que c'est du déni,
01:11:47 on peut aussi dire que c'est du mensonge.
01:11:49 Dire à ce point-là, à l'inverse de la vérité, c'est du mensonge.
01:11:51 Je pense que c'est une manière, au fond, d'avouer
01:11:53 qu'ils n'ont plus pris sur la réalité, qu'ils inventent donc
01:11:55 une réalité parallèle. Le Stade de France, c'était exactement le cas.
01:11:57 Une réalité parallèle pour
01:11:59 expliquer que, finalement,
01:12:01 donner l'illusion encore qu'ils ont le contrôle.
01:12:03 - 1984, hein ? La guerre, c'est la paix,
01:12:05 c'est...
01:12:07 Parler par antiphrase, ils ne sont pas
01:12:09 complètement dingues. Mais simplement,
01:12:11 ils savent que ça trouble le débat public.
01:12:13 - C'est une vérité artificielle.
01:12:15 - On est sur des sables mouvants.
01:12:17 Puisque, de toute façon, plus rien
01:12:19 n'a de sens et que vous avez entendu
01:12:21 tous les mensonges. Parce que ce n'est pas seulement ça.
01:12:23 Ce qu'ils ont dit de bien plus choquant,
01:12:25 c'était les imprécisions sur, par exemple,
01:12:27 les 1 200 euros. Quand vous parlez à des
01:12:29 membres du gouvernement qui vous disent eux-mêmes que,
01:12:31 dans leur cabinet, ils réclamaient des chiffres à l'Elysée
01:12:33 ou à Bercy, qu'ils n'avaient pas les chiffres, les concernant,
01:12:35 en tout cas concernant leur secteur
01:12:37 d'activité, on voit bien qu'on est entrés
01:12:39 dans quelque chose de profondément inquiétant
01:12:41 pour la santé même de notre
01:12:43 système démocratique. C'est pas seulement
01:12:45 s'alarmer du fascisme. - Pour la dernière
01:12:47 partie de Punchline, nous serons en direct avec
01:12:49 la porte-parole du groupe Renaissance
01:12:51 à l'Assemblée Nationale, Prisca Téveneau.
01:12:53 On lui posera toutes ses questions. On sera également en direct
01:12:55 avec Olivier Matheux, secrétaire général
01:12:57 CGT 13. Moi, je vais lui poser
01:12:59 la question parce que ça a été l'un des plus
01:13:01 virulents.
01:13:03 Je me souviens d'une petite séquence
01:13:05 où il dit quand même, j'ai dit
01:13:07 au préfet que si vous réquisitionnez, on va mettre le feu.
01:13:09 Et pas le feu n'importe lequel, le vrai, le feu.
01:13:11 Bref, le feu, on l'a en bas à droite.
01:13:13 Donc est-ce qu'il condamne ce qui s'est passé hier
01:13:15 dans les rues de Paris ? - Peu de chance.
01:13:17 - Vous dites y a peu de chance ? - Ah bah non. - Ah moi, je pense qu'il va
01:13:19 les condamner. - Ouais, moi aussi. - Moi, je pense qu'il va
01:13:21 les condamner. La publicité. - Beaucoup de publicité.
01:13:23 - Ah bah on verra. La publicité, on va voir
01:13:25 ce qu'il va nous dire.
01:13:29 18h30 sur CNews, on poursuit
01:13:31 Punchline, on ira sur le terrain dans un instant.
01:13:33 Mais avant cela, le point sur l'information.
01:13:35 Mickaël Dos Santos.
01:13:37 Le trafic SNCF s'améliore
01:13:42 au moins pour ce week-end.
01:13:44 Prévoyez 4 TGV sur 5 et 3
01:13:46 TER sur 5. Plus tôt dans la journée,
01:13:48 les syndicats ont appelé à la grève
01:13:50 reconductible. L'UNSA ferroviaire
01:13:52 souhaite même qu'elle se poursuive jusqu'aux retraits
01:13:54 de la réforme des retraites.
01:13:56 Vladimir Poutine et Xi Jinping actent une nouvelle ère.
01:13:58 Les deux chefs d'État vont signer une déclaration
01:14:00 commune sur l'approfondissement des relations
01:14:02 russo-chinoises, a annoncé le Kremlin.
01:14:04 Des accords économiques et militaires
01:14:06 devraient être discutés lors de la visite
01:14:08 lundi du dirigeant chinois.
01:14:10 Et puis en football, Nice hérite
01:14:12 du FCBal. Les aiglons vont affronter
01:14:14 le club suisse en quart de finale
01:14:16 de l'Europa Conference.
01:14:18 La double confrontation aura lieu les 13
01:14:20 et 20 avril prochains. En cas de qualification,
01:14:22 le dernier club français encore en lice
01:14:24 affrontera la Fiorentina.
01:14:26 Geoffroy Lejeune, Philippe Guibert,
01:14:28 Jean-Sébastien Ferjou et Eric Revelle
01:14:30 sont avec nous pour la dernière partie de Punchline.
01:14:32 On sera en duplex avec Prisca Tévenot,
01:14:34 porte-parole et député Renaissance,
01:14:36 ainsi que Olivier Matheux, secrétaire
01:14:38 général CGT 13. Deux images que je veux
01:14:40 vous montrer en direct et en parallèle
01:14:42 à Paris et à Bordeaux.
01:14:44 À Bordeaux, il y a une mobilisation,
01:14:46 vous la voyez à droite
01:14:48 sur nos images,
01:14:50 quelques légères tensions
01:14:52 mais pour l'instant ça se passe dans le calme.
01:14:54 Et puis à Paris, c'est très intéressant
01:14:56 ce qui se passe à Paris puisqu'une nouvelle fois
01:14:58 place de la Concorde. Il y a des
01:15:00 personnes qui sont en train de se masser place
01:15:02 de la Concorde. Restons sur les deux images.
01:15:04 Et il y a un fort
01:15:06 dispositif de sécurité
01:15:08 qui a été mis en place à tel point
01:15:10 que le pont qui
01:15:12 permet d'aller de la place de la Concorde jusqu'à
01:15:14 l'Assemblée nationale a été fermé.
01:15:16 Si je ne m'abuse, la circulation
01:15:18 a été bloquée et on va
01:15:20 rejoindre justement notre équipe. Vincent
01:15:22 Farandez, expliquez-nous Vincent
01:15:24 parce que évidemment, que ce soit
01:15:26 les téléspectateurs, les Français s'inquiètent,
01:15:28 redoutent de revivre la même chose
01:15:30 qu'hier, c'est-à-dire ces tensions
01:15:32 place de la Concorde. Vincent
01:15:34 qui sont, quelles sont
01:15:36 les personnes qui sont présentes
01:15:38 sur cette place actuellement ?
01:15:40 Vincent Farandez.
01:15:47 En tout cas ce rassemblement spontané se passe
01:15:49 pour le moment ce rassemblement. Est-ce que vous
01:15:51 m'entendez chère Eliott ?
01:15:53 Eliott, est-ce que vous m'entendez ?
01:15:55 Alors effectivement, c'est assez difficile
01:15:59 de décrire ce qu'il se passe
01:16:01 et qui sont ces manifestants
01:16:03 dans ce rassemblement spontané parce que
01:16:05 alors ils sont, quelques dizaines,
01:16:07 plusieurs centaines très probablement.
01:16:09 On a vu un gilet de la CGT,
01:16:11 une pancarte, deux-trois
01:16:13 gilets jaunes, mais ça me fait penser effectivement
01:16:15 ce rassemblement spontané, vous savez, aux
01:16:17 manifestations des gilets jaunes où
01:16:19 on a eu des manifestants qui ont été
01:16:21 enregistrés, et qui ont été
01:16:23 enregistrés, et qui ont été
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