- il y a 3 ans
Julien Pasquet et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité de la journée dans #SoirInfo
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00:00:00 Augustin, donnez adieu, on poursuit cette édition spéciale consacrée à ces violences,
00:00:05 ces tensions dans les rues de Paris, mais pas seulement,
00:00:07 vous verrez que dans d'autres villes de France, des tensions éclatent également.
00:00:10 La réaction de la rue a donc été immédiate après que le gouvernement a choisi le passage en force
00:00:15 pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites.
00:00:17 La décision de recourir au 49-3 a été annoncée par une première ministre
00:00:22 cet après-midi face à un hémicycle en ébullition.
00:00:25 Et donc la réaction ne s'est pas faite attendre.
00:00:27 On l'a vu d'abord immédiatement après l'activation du 49-3, la foule,
00:00:30 vous l'avez vu sur les images, et on va continuer de vous faire vivre ça ensemble.
00:00:33 C'est massé spontanément, d'abord place de la Concorde où les premières tensions ont éclaté.
00:00:38 On vous a fait vivre ça en direct tout à l'heure sur CNews.
00:00:40 La place de la Concorde a été dispersée.
00:00:42 Puis là, on est en train de le vivre, des manifestations qu'on va qualifier de sauvages
00:00:46 qui sont un petit peu réparties dans différents quartiers de la capitale.
00:00:50 Et la Zizanie, pour ne pas dire beaucoup plus,
00:00:53 qui est en train d'être semée par des éléments violents.
00:00:56 Vous le voyez en bas de votre écran pour le moment.
00:00:58 120 interpellations dans la capitale selon les forces de l'ordre.
00:01:02 On va décrypter tout cela avec Tatiana Renard-Barzac ce soir.
00:01:05 Bonsoir, chère Tatiana. Bonsoir à William Martinet.
00:01:07 Ce sera évidemment très intéressant de vous entendre, député LFID, Yveline.
00:01:11 Karim Abrik est avec nous de la rédaction de CNews.
00:01:13 De l'autre côté de la table, Alexandre Devecchio de la rédaction du Figaro,
00:01:17 rédacteur en chef du Figaro.
00:01:19 Robin Reda, là encore, monsieur le député Renaissance de Lessonne.
00:01:25 J'en perds mon latin.
00:01:27 Là aussi, on sera évidemment particulièrement attentifs à votre analyse de la situation.
00:01:32 Et Jean Messia est parmi nous également président de l'Institut Apollon.
00:01:35 Je voudrais vraiment qu'on passe les premières minutes de cette émission
00:01:38 à s'intéresser à se focaliser sur ces images,
00:01:40 avant d'ouvrir un volet beaucoup plus politique.
00:01:43 Monsieur Reda, je commence évidemment avec vous.
00:01:46 Vous êtes le représentant de la majorité sur ce plateau.
00:01:48 Qu'est-ce que vous dites de ces images ce soir ?
00:01:51 Les Français n'acceptent pas ce 49-3.
00:01:53 Ils sont en train de vous le montrer.
00:01:54 La situation est en train de devenir incontrôlable dans les rues de Paris.
00:01:57 Et pas seulement.
00:01:58 Il y a des Français qui sont réticents, inquiets, en colère,
00:02:01 rappelez-ça comme vous voulez, à l'égard de la réforme des retraites.
00:02:04 Il y a aussi une immense majorité de nos concitoyens,
00:02:06 y compris s'ils ont un désaccord avec le président de la République ou le gouvernement,
00:02:09 qui ne sont pas mobilisés pour casser, pour incendier ou pour intimider nos forces de l'ordre,
00:02:14 qui font leur travail et pour lesquelles on a beaucoup d'admiration.
00:02:20 Donc moi, c'est ma première réaction.
00:02:22 L'opposition, ce n'est pas la violence.
00:02:24 Et surtout, l'opposition, elle s'est exprimée.
00:02:26 Elle s'est exprimée dans la rue.
00:02:27 Elle s'est exprimée au Parlement, à l'Assemblée nationale, au Sénat,
00:02:30 en commission mixte paritaire, aujourd'hui.
00:02:33 Et je rappelle que démocratiquement, il y a eu des accords politiques.
00:02:37 Il y a eu un vote au Sénat ce matin.
00:02:38 Il y a eu aujourd'hui un outil constitutionnel qui a été utilisé par la première ministre
00:02:43 pour aller au bout d'une réforme qui a été promise par le président de la République
00:02:47 et par une majorité parlementaire.
00:02:49 Donc il n'y a pas, comme vous le dites,
00:02:52 je ne sais plus quelle expression vous avez.
00:02:54 J'ai dit c'est en train de devenir incontrôlable.
00:02:56 Les Français n'acceptent pas le 49-3.
00:02:58 Voilà, le 49-3 ou le passage en France.
00:02:59 Je me dis, on va distribuer la parole, bien sûr,
00:03:02 mais je me permets de vous relancer parce que j'ai l'impression
00:03:05 que c'est le discours que vous êtes en train de tenir actuellement,
00:03:08 qui justement donne le résultat qu'on est en train de voir à l'image.
00:03:12 Moi, ce que j'entends de ce que vous me dites, c'est
00:03:14 "Oh, ce n'est pas grand chose, c'est de l'ultra gauche."
00:03:18 Est-ce que vraiment, vous avez le sentiment de la comprendre ?
00:03:20 La rue, il y a une France qui souffre.
00:03:21 Ce n'est pas seulement des ultra-gauches ou des black blocs
00:03:24 qui sont forcément dans les rues aux quatre coins de France ce soir.
00:03:27 C'est une France qui vit profondément cette crise
00:03:31 et qui est en train de se manifester.
00:03:33 Si vous faites l'analyse, c'est de l'ultra gauche, ça va passer.
00:03:35 Est-ce que vous êtes dans le juste ?
00:03:37 Je n'ai pas dit que ça allait passer.
00:03:38 Je dis juste que l'opposition, ce n'est pas la violence, encore une fois,
00:03:42 et qu'il y aura de multiples occasions d'exprimer des projets alternatifs.
00:03:47 Justement, ce que nous n'avons pas entendu pendant cette réforme des retraites,
00:03:50 pendant les débats au Parlement, de la part des oppositions.
00:03:53 Et juste, moi, je veux tenir un discours de vérité.
00:03:56 Je sais bien qu'on est dans une ère où la lucidité, la vérité,
00:04:01 la véracité des chiffres prête parfois à confusion
00:04:05 sous l'ire des réseaux sociaux et du commentaire en continu.
00:04:09 Mais la vérité, c'est que nous avons un système de retraite
00:04:11 qui repose sur une solidarité intergénérationnelle,
00:04:13 qui repose sur le fait que les actifs travaillent pour les retraités,
00:04:15 qu'il y a moins d'actifs pour travailler pour les retraités,
00:04:17 et que donc, nous avons besoin d'une réforme
00:04:19 et que nous n'avons pas entendu,
00:04:21 nous n'avons pas entendu de la part des oppositions à l'Assemblée nationale,
00:04:24 d'autres alternatives que des poncifs qui ne marchent jamais,
00:04:28 faire payer les riches d'un côté,
00:04:30 ou je ne sais quelle autre recette magique de l'autre.
00:04:33 Nous avons un régime de retraite par répartition
00:04:35 qui fait l'honneur de la France depuis le Conseil national de la résistance.
00:04:39 Certains veulent le casser, notamment à gauche.
00:04:41 La gauche veut casser l'héritage du Conseil national de la résistance.
00:04:44 D'autres veulent le préserver.
00:04:45 C'est le cas de la majorité.
00:04:47 - Il n'y a que des gauchistes dans la rue ce soir.
00:04:49 C'est ça votre analyse ?
00:04:50 - Non, je dis juste que...
00:04:51 - Il n'y a pas une France peut-être qui se sent brutalisée,
00:04:54 qui est une classe moyenne...
00:04:56 - Je suis là pour parler avec une certaine lucidité.
00:04:59 Voilà, si nous voulons préserver notre modèle de retraite,
00:05:02 si nous voulons faire en sorte que le travail soit au cœur de la société,
00:05:06 après des semaines et des semaines où notamment la gauche et l'extrême gauche
00:05:09 nous expliquaient que dans le pays, finalement, on n'avait plus besoin de travailler,
00:05:12 vous m'expliquerez comment on peut être un grand pays,
00:05:14 comment on peut être une grande nation,
00:05:15 comment on peut avoir un grand modèle social,
00:05:17 sans travailler dans le pays.
00:05:18 - William Martinet, député LFI,
00:05:20 on reviendra sur cette séquence au Parlement tout à l'heure,
00:05:22 mais vous comprenez bien que le direct nous pousse à rester sur ces images,
00:05:26 ces tensions, ces images d'ailleurs,
00:05:28 qui sont en train de faire le tour du monde,
00:05:29 par ailleurs, au moment où l'on se parle.
00:05:32 Est-ce qu'elles desserviront le mouvement ou pas,
00:05:34 ça ce sera une question ultérieure.
00:05:35 Mais qu'est-ce que vous dites vous de cette colère
00:05:37 qui s'est exprimée immédiatement dès la place de la Concorde,
00:05:42 tout à l'heure, après l'annonce de ce 49.3 dégainé par le gouvernement ?
00:05:46 - Il y a une immense colère dans le pays, immense.
00:05:49 Je crois qu'elle a été provoquée par Emmanuel Macron,
00:05:53 par sa réforme des retraites,
00:05:54 mais aussi par la façon dont il a brutalisé le pays,
00:05:57 et par la façon dont il a essayé de convaincre les gens
00:06:00 que de toute façon, toutes les voies d'expression démocratique,
00:06:04 sociale qui existent dans ce pays, elles ne servaient à rien,
00:06:07 parce que lui, le monarque républicain Emmanuel Macron,
00:06:10 il ne bougerait pas d'un centimètre.
00:06:12 Les gens ont manifesté avec leurs organisations syndicales,
00:06:16 de façon tout à fait pacifique, de façon tout à fait ordonnée,
00:06:19 même avant les manifestations,
00:06:20 les organisations syndicales ont joué le jeu de la concertation,
00:06:23 mais tout ça n'a servi à rien, ça n'a pas bougé.
00:06:27 À l'Assemblée nationale,
00:06:28 alors que les gens avaient voté aux élections législatives
00:06:31 et avaient mis en minorité le parti présidentiel,
00:06:34 parce que vous parlez de majorité présidentielle depuis tout à l'heure,
00:06:36 mais on l'a bien vu aujourd'hui,
00:06:37 - Majorité relative, mais majorité.
00:06:39 - Ils sont minoritaires,
00:06:40 et c'est le vote des Français qui a fait qu'ils soient minoritaires.
00:06:42 Et malgré ça, ils n'ont rien voulu entendre,
00:06:45 rien voulu savoir,
00:06:46 ils ont imposé leur projet coûte que coûte.
00:06:49 Donc d'une certaine façon,
00:06:50 quand vous expliquez aux gens
00:06:51 que toutes les voies d'expression démocratique,
00:06:53 elles ne servent à rien,
00:06:54 c'est vous qui êtes celui qui incitez les gens à la violence.
00:06:57 Alors évidemment, moi ce n'est pas ce que je fais ce soir.
00:07:00 Ce que je dis aux gens, c'est que oui,
00:07:02 il faut une sorte de riposte d'autodéfense populaire
00:07:05 face au 49.3 et la décision qui a été prise,
00:07:08 mais il faut qu'elle soit pacifique, joyeuse, solidaire.
00:07:11 Moi ce que je dis aux gens,
00:07:12 c'est occupez les places publiques de vos villages, de vos villes,
00:07:16 occupez les ronds-points.
00:07:17 Il y a une manifestation déjà qui a été annoncée
00:07:19 par l'intersyndicale jeudi prochain,
00:07:21 mais dès avant jeudi,
00:07:23 montrez-vous, descendez dans la rue,
00:07:25 montrez que ce peuple populaire
00:07:27 qui refuse la réforme des retraites,
00:07:29 il est là et il est déterminé.
00:07:30 C'est votre rôle de faire passer ce message ?
00:07:32 Ces manifestations, elles appartiennent au syndicat pour le moment ?
00:07:35 Est-ce que c'est le rôle de LFI
00:07:36 de mettre la main sur son mouvement actuellement ?
00:07:38 Mon mouvement est pleinement engagé
00:07:39 dans l'opposition à cette réforme des retraites.
00:07:41 Vous savez, c'est très simple.
00:07:42 Moi, pour me faire élire dans ma circonscription,
00:07:44 j'ai comme tout le monde développé un programme
00:07:46 et j'ai dit aux gens, c'est un engagement que j'ai pris,
00:07:48 si vous me choisissez comme débuté,
00:07:50 je ferai tout pour que la réforme des retraites de Macron,
00:07:53 elle ne passe pas.
00:07:54 C'est l'engagement que j'ai pris devant mes électeurs
00:07:56 et c'est un engagement qui se concrétise
00:07:58 par ce que je fais à l'Assemblée nationale,
00:08:00 et on pourra peut-être en parler tout à l'heure,
00:08:02 et par ce que je fais sur le terrain,
00:08:04 dans les manifestations, aux côtés des syndicats, etc.
00:08:07 - Tour de plateau des observateurs
00:08:09 qui sont également avec moi ce soir.
00:08:13 Les images qu'on a sous les yeux, Jean-Méssia, pour commencer,
00:08:16 elles sont uniquement, selon vous, la conséquence
00:08:18 de ce qui s'est passé cet après-midi à l'Assemblée nationale ?
00:08:20 Pour résumer avec ces trois chiffres, 49-3,
00:08:22 ce qui se passe en ce moment dans les rues,
00:08:24 cette violence spontanée qui est en train de jaillir à Paris,
00:08:28 et je vous le dis pas seulement,
00:08:29 on vous montrera des images très fortes
00:08:32 dans des villes de province également.
00:08:34 - Je crois que les gens ont compris
00:08:37 que ce sont les seules images qui peuvent ébranler
00:08:40 ou fissurer les certitudes du gouvernement en la matière.
00:08:44 Il y a évidemment l'allumette du 49-3
00:08:50 qui a servi à allumer ce que vous voyez à l'écran,
00:08:54 mais pour que ça s'allume, il faut qu'il y ait une poudrière.
00:08:57 Or, notre pays en est une depuis maintenant plusieurs mois,
00:09:01 sinon plusieurs années.
00:09:02 Il y a derrière la réforme des retraites et son refus,
00:09:06 une colère gigantesque du peuple français,
00:09:09 dont les sondages nous disent qu'elle représente à peu près
00:09:12 80% des Français qui sont contre la politique économique
00:09:16 et sociale du gouvernement,
00:09:18 et 70% contre cette réforme.
00:09:20 Donc on voit bien qu'il y a une convergence des colères,
00:09:24 d'une certaine façon.
00:09:26 Aujourd'hui, ce soir, il y a deux grands perdants.
00:09:29 Il y a d'abord Emmanuel Macron,
00:09:31 qui a lamentablement échoué à, comment dirais-je,
00:09:34 rassembler une majorité sur sa réforme phare,
00:09:38 la seule initiative qu'il avait défendue
00:09:41 pendant la campagne présidentielle,
00:09:42 et qu'il a donc échoué à faire voter par le Parlement.
00:09:46 Est-ce que d'une certaine façon,
00:09:47 il ne gagne pas à avoir ces images tout de même ?
00:09:49 Sachant qu'il avait déjà échoué, rappelons-le quand même,
00:09:51 sur la même réforme lors du premier quinquennat.
00:09:54 Donc c'est la deuxième fois.
00:09:56 Le deuxième grand perdant, c'est évidemment
00:09:59 le Parti des Républicains et Éric Ciotti,
00:10:01 qui n'a pas réussi à maintenir une ligne unitaire
00:10:04 de son parti sur cette question,
00:10:05 ni au Sénat, ni à l'Assemblée.
00:10:08 Et la troisième défaite, si vous voulez, de ce soir,
00:10:11 c'est cette radicalité qui s'exprime ce soir
00:10:16 dans les rues de Paris,
00:10:18 mais qui n'est que la traduction de la cécité
00:10:21 et de la surdité militante du pouvoir depuis le début.
00:10:25 Parce que vous savez,
00:10:26 quand vous écrasez la démocratie représentative,
00:10:30 si vous êtes dans un pays qui est devenu une cocotte minute,
00:10:33 l'évacuation de la colère, si elle ne peut pas se faire,
00:10:37 au sein du Parlement, elle va sortir d'une autre manière.
00:10:41 Et c'est ce à quoi on assiste ce soir.
00:10:43 Et dernier mot pour finir,
00:10:44 je n'ai jamais eu autant d'appels de médias étrangers
00:10:48 que depuis le début d'après-midi,
00:10:50 et surtout avant de venir sur ce plateau,
00:10:52 des médias étrangers qui parlent d'un début de révolution.
00:10:55 Ça vaut ce que ça vaut,
00:10:56 mais en tout cas, même pendant la crise des Gilets jaunes,
00:10:58 je n'avais pas autant de journalistes étrangers au téléphone.
00:11:00 Je voudrais qu'avant de poursuivre les discussions,
00:11:02 on retourne sur le terrain.
00:11:04 Simon Neurgeueng, il est 22h13,
00:11:06 nous sommes en direct sur CNews.
00:11:07 Les certaines rues de la capitale prises d'assaut
00:11:10 par des manifestants parfois très violents,
00:11:12 qui en veulent découdre avec les forces de l'ordre.
00:11:15 Augustin Donatieux, notre reporter, est sur le terrain.
00:11:19 Où êtes-vous précisément, Augustin, et que se passe-t-il ?
00:11:23 On est dans le premier arrondissement de Paris,
00:11:26 un petit peu plus au sud de la place de la Concorde.
00:11:28 Et on se demande quand est-ce que ces dégradations vont se terminer,
00:11:31 puisque ce que l'on voit, ce sont la BRAV,
00:11:33 la brigade de répression de l'action violente motorisée,
00:11:36 qui prend en chasse ces groupes d'individus violents isolés,
00:11:39 et qui sèment le trouble,
00:11:41 et qui font un spectacle de désolation dans la capitale.
00:11:46 Regardez, ils dressent des barricades avec des poubelles
00:11:50 au milieu de la circulation.
00:11:52 Alors les voitures sont obligées de rouler à contresens
00:11:53 pour pouvoir les éviter.
00:11:55 Ils mettent le feu à des poubelles, à des scooters,
00:11:58 et vous avez des touristes qui sont en terrasse,
00:12:01 qui sont en train de manger une bonne entrecôte en l'occurrence,
00:12:04 et qui assistent à ce spectacle avec des gendarmes, des CRS,
00:12:08 avec des pompiers qui viennent éteindre
00:12:10 les différents feux allumés par ces personnes,
00:12:12 qui sont très peu nombreuses.
00:12:13 On les a vues à l'œuvre tout à l'heure,
00:12:14 lorsque les policiers sont arrivés,
00:12:16 ils ont pris la fuite dans diverses rues.
00:12:18 Ils étaient, comme ça, à vue d'œil, une vingtaine à tout casser,
00:12:22 mais cela suffit à pouvoir semer le trouble dans la capitale.
00:12:25 On a même vu des chauffeurs de taxi
00:12:26 laisser leurs clients dans leurs voitures,
00:12:29 le temps que le chauffeur lui-même aille dégager la route,
00:12:32 enlever les poubelles qui entravaient le passage.
00:12:35 Alors, la question maintenant est de savoir combien de temps cela va durer,
00:12:38 puisque vous le voyez, les forces de l'ordre, en fait,
00:12:40 arrivent avec leurs camionnettes,
00:12:42 suivent ces groupes d'éléments radicaux au fur et à mesure.
00:12:45 Là, à l'heure où je vous parle, nous ne savons pas où ils sont,
00:12:48 mais nul doute que dans quelques instants, nous allons quitter...
00:12:51 Là, nous sommes devant l'Olympia,
00:12:52 dans quelques instants, nous allons quitter ce lieu
00:12:54 pour retrouver un autre endroit où, peut-être,
00:12:56 il y aura des feux de poubelles, encore une fois, et des dégradations.
00:12:58 – Il faudra se détendre, Augustin, de voir, en effet,
00:13:00 ces touristes qui boivent leur verre ou mangent leur viande
00:13:04 en assistant à ces scènes.
00:13:05 Peut-être un mot, je ne sais pas si vous allez pouvoir me répondre,
00:13:08 mais ces éléments les plus violents,
00:13:10 est-ce qu'ils sont, entre guillemets, identifiables ?
00:13:12 À savoir, ces fameux cortèges que l'on voit dans les manifestations
00:13:16 de jeunes hommes, très souvent, cagoulés de noir,
00:13:19 avec des parapluies, à se mettre dans ces fameux black blocks.
00:13:23 Vous avez l'impression que c'est une foule beaucoup moins identifiable
00:13:26 de gens qui, spontanément, se sont mis en colère
00:13:29 et ont décidé d'en venir aux mains.
00:13:30 – Eh bien, vous avez dessiné le portrait type,
00:13:36 les individus que l'on a pu voir, la vingtaine d'individus,
00:13:38 étaient en grande majorité, effectivement, composés de personnes masculines,
00:13:42 habillées en noir, le visage caché, mais ils étaient suivis,
00:13:46 ils étaient accompagnés par quelques personnes en habits,
00:13:48 tout à fait, j'ai envie de dire, lambda, des habits de ville,
00:13:52 des jeunes, par contre, il est vrai que ce ne sont que des personnes jeunes,
00:13:56 on va dire moins de 30 ans, comme ça, à vue d'œil,
00:13:59 c'est vraiment le portrait, le type de personnes
00:14:02 qui a semé le trouble, déjà, à la place de la Concorde,
00:14:04 ils étaient, bien sûr, bien plus nombreux que maintenant,
00:14:07 mais il s'agit toujours de ces black blocks, habillés tout en noir,
00:14:11 qui dénoncent, qui en veulent au capitalisme,
00:14:15 puisqu'on l'a encore vu tout à l'heure, à 200 mètres de la place de la Concorde,
00:14:18 c'était des grandes enseignes qui avaient été prises pour cibles,
00:14:21 c'était une voiture d'un modèle allemand bien connu,
00:14:24 qui vaut un petit peu d'argent, et qui a été prise pour cible également,
00:14:27 de beaux scooters aussi, donc ce sont toujours les mêmes cibles
00:14:31 que ces personnes attaquent, et là, ce soir,
00:14:34 les cibles sont dispersées dans Paris, et c'est là toute la difficulté
00:14:37 pour les forces de l'ordre d'avoir un temps d'avance,
00:14:40 c'est tout le défi des forces de l'ordre ce soir.
00:14:42 – Merci beaucoup, Augustin, on n'hésitera pas, évidemment,
00:14:45 à revenir vers vous un petit peu plus tard dans la soirée,
00:14:47 on ira voir Sophia Dolé, notre reporter,
00:14:49 qui est également dans un autre lieu de la capitale
00:14:52 où les tensions se font sentir également.
00:14:55 Tatiana Renard-Barzac, qu'est-ce qu'on peut dire de ces images ce soir ?
00:14:58 Franchement, ça fait de la peine de voir Paris dans cet état,
00:15:03 de voir ce soulèvement spontané dans les minutes qui ont suivi ce 49.3,
00:15:07 on se dit en effet qu'il y a un malaise qui est extrêmement profond
00:15:11 dans ce pays, et qu'il émerge encore une fois ce soir.
00:15:14 – Je pense qu'il ne faut pas se focaliser sur les Black Blocs,
00:15:19 donc là il faut voir ça avec une focale un peu plus large,
00:15:23 c'est-à-dire que là, moi j'ai un sentiment qu'on revient
00:15:24 à l'épisode des Gilets jaunes, avec cette colère.
00:15:27 – Et c'est pour ça que je demandais à notre reporter
00:15:29 de nous décrire les individus qu'il voyait, parce que ça ne se résume pas, ça.
00:15:32 – Il faut vraiment qu'on regarde à Dijon ce qui s'est passé aujourd'hui,
00:15:33 avec des mannequins, les figiles, Emmanuel Macron…
00:15:36 – Alors, on a cette image, puisque vous en parlez,
00:15:37 je me permets de vous couper, regardez ce qui s'est passé,
00:15:40 on va interrompre le direct 15 secondes pour vous montrer
00:15:42 cette image aussi hallucinante, donc à Dijon aujourd'hui,
00:15:47 puisque vous en parlez, Tatiana, les effigies de Madame Borne,
00:15:51 Messieurs Véran, Dussopt et le Président de la République,
00:15:53 Emmanuel Macron, aspergés d'essence et auxquels on met feu de cette façon.
00:15:59 C'est terrible, c'est terrible de voir ces images,
00:16:02 c'est d'une violence absolument inouïe.
00:16:04 – C'est extrêmement violent, mais…
00:16:05 – Je te demanderai votre réaction ensuite, Monsieur le Résident.
00:16:07 – On a beaucoup entendu parler de bras d'honneur démocratique,
00:16:09 et c'est vrai qu'aujourd'hui ce qui s'est passé à l'Assemblée
00:16:11 est vraiment un bras d'honneur démocratique,
00:16:13 regardez quand même ce qui s'est passé lors des dernières élections législatives,
00:16:16 les Français ont voulu une Assemblée extrêmement représentative
00:16:19 avec les différentes composantes politiques
00:16:22 et les différentes catégories sociales que compose le pays.
00:16:25 Là, il y a un sondage très intéressant qui vient de sortir à RIS Interactive,
00:16:28 82% des Français, donc juste après l'utilisation du 49.3,
00:16:31 82% des Français considèrent que le 49.3 est une mauvaise chose,
00:16:35 donc 49% chers députés des sympathies en renaissance,
00:16:39 et 71% des Français souhaitent que la motion soit adoptée
00:16:43 et que le gouvernement se démissionne.
00:16:45 Ça dit quand même quelque chose de la façon dont ça s'est passé.
00:16:48 Je pense quand même que la séquence là qu'on vient de vivre,
00:16:51 c'est-à-dire d'abord ce débat procédure accélérée,
00:16:54 avec l'utilisation d'une procédure accélérée
00:16:57 et au Sénat et à l'Assemblée avec 50 jours de débat imposés,
00:17:00 ensuite l'utilisation de certains garde-fous
00:17:04 qui ont permis de ne pas avoir d'opposition,
00:17:07 en tout cas pas avoir l'amplitude qu'il y avait réellement des amendements,
00:17:11 et puis surtout aujourd'hui ce 49.3,
00:17:13 ça montre quand même qu'il y a un petit souci.
00:17:16 Je pense que là, quand Charles de Courson parle de minorité présidentielle,
00:17:19 c'est malheureusement ce qui va...
00:17:20 - Charles de Courson, député Lyott...
00:17:22 - Qui va sûrement déposer une motion de censure.
00:17:24 - Qui va déposer une motion de censure, on verra,
00:17:25 on en parlera tout à l'heure avec nos invités, votée ou pas.
00:17:28 - ... peut-être s'associer à cette motion, en tout cas c'est ce que vous disiez.
00:17:30 - On va le faire tout à l'heure.
00:17:31 - Vous allez le faire, vous allez vous y associer.
00:17:32 - Sauf que LR ne votera pas, on va y revenir tout à l'heure,
00:17:35 mais là encore ça sent le coup d'épée dans l'eau.
00:17:37 - Parce qu'en fait, moi j'étais un peu choquée pour tout vous dire,
00:17:39 par le discours aujourd'hui d'Elisabeth Borne lors du 20h de TF1.
00:17:43 Non mais c'est important qu'il expliquait en fait,
00:17:45 au final il va y avoir un vote, ce vote va bien avoir lieu,
00:17:49 c'est un charmant lapsus, ce vote va bien avoir lieu
00:17:51 et ça sera via la motion de censure.
00:17:53 Et j'ai trouvé que c'était quand même un petit peu abusif
00:17:55 de présenter les choses comme ça,
00:17:56 parce que moi j'aimerais savoir, cher député Robin Reda,
00:18:00 combien il y a eu de députés par exemple au sein de la majorité présidentielle
00:18:03 aujourd'hui qui n'auraient pas voté ce texte si le texte avait été mis au vote ?
00:18:10 - Alors j'ai prévu cette question un peu plus tard,
00:18:12 mais puisque Tatiana a décidé de...
00:18:14 - Je peux m'engager sur le groupe Renaissance,
00:18:16 il y a 170 députés Renaissance.
00:18:18 - Oui, mais pardon, là c'est la langue de bois,
00:18:21 parce que vous savez que c'est surtout Modem et Horizons où il y avait voté en surmonde.
00:18:25 - Les 170 députés du groupe Renaissance étaient prêts à voter
00:18:28 et souhaitaient le vote, puisque c'était les conditions préparées
00:18:31 à la fois par la Première Ministre, le gouvernement,
00:18:34 et l'ensemble d'une majorité qui souhaitait,
00:18:36 qui l'avait annoncé notamment avec les Républicains,
00:18:38 voter sur cette réforme.
00:18:39 Je voudrais simplement revenir sur l'ignominy, la violence
00:18:42 que vous avez montré dans vos images,
00:18:43 de ces mannequins à l'effigie de membres du gouvernement,
00:18:46 du Président de la République brûlé à Dijon,
00:18:49 je crois que ça témoigne d'une dérive qui est absolument inquiétante
00:18:54 pour le pays, pour le débat démocratique,
00:18:57 et je ne peux pas laisser dire qu'il n'y a pas eu de débat.
00:18:59 Il y a eu 175 heures de débat à l'Assemblée nationale, au Sénat.
00:19:04 À l'Assemblée nationale, il y aurait pu avoir un débat
00:19:07 beaucoup plus intéressant et beaucoup plus long
00:19:09 si l'extrême-gauche et la gauche n'avaient pas fait les pitres
00:19:12 pour bloquer les débats et pour faire en sorte
00:19:14 qu'il n'y ait pas ce débat auquel avaient droit les Français
00:19:17 dans leur Assemblée nationale.
00:19:18 Heureusement, nous sommes dans un régime bicaméral.
00:19:21 Nous avons le Sénat qui a permis une discussion
00:19:25 peut-être plus approfondie et plus sereine sur le texte
00:19:29 et notamment sur l'article qui faisait le plus débat
00:19:31 dans la société et dans les manifestations,
00:19:33 qui est le recul de l'âge légal à 64 ans.
00:19:35 Donc ce débat, il a eu lieu.
00:19:37 Je vous rappelle aussi qu'aux élections législatives,
00:19:41 il y a eu une majorité de partis réformateurs,
00:19:44 même si aujourd'hui, quelques trublions chez les Républicains
00:19:47 ont joué une carte personnelle pour faire en sorte de bloquer le vote.
00:19:51 Aujourd'hui, pardon, mais le programme des Républicains,
00:19:53 je le connais bien, j'y ai travaillé pendant des années.
00:19:56 C'était la retraite à 65 ans.
00:19:58 Avec Valérie Pécras à l'élection présidentielle
00:20:00 et aux élections législatives, c'était exactement
00:20:02 le même programme que le président de la République.
00:20:04 - Pardon, c'est très intéressant.
00:20:06 On est en train d'ouvrir un volet politique qui est très intéressant.
00:20:08 - Parler de ses engagements de campagne,
00:20:09 mon engagement de campagne, c'était le bicaméral
00:20:11 de l'âge de la retraite à 65 ans.
00:20:14 - Est-ce qu'on peut parler des Français qui sont dans la rue ce soir ?
00:20:17 Pardon, Tatiana, pardon, monsieur le député.
00:20:19 On va revenir sur...
00:20:20 Non mais c'est évidemment intéressant et nous allons en parler.
00:20:23 Je veux dire, vous avez des gens qui sont dans la rue ce soir,
00:20:25 vous avez deux mondes parallèles.
00:20:26 Et d'ailleurs, j'ai l'impression que cette façon
00:20:29 de détourner le regard de ce qui se passe dans les rues de France
00:20:32 ce soir montre encore une fois la sensibilité
00:20:35 de cette majorité et du chef de l'État.
00:20:38 Vous avez deux mondes parallèles, le gouvernement d'un côté,
00:20:40 la population de l'autre et vous, vous ne vous rencontrez jamais.
00:20:44 - Monsieur, il y a aussi des gens qui sont en train de regarder
00:20:46 votre très bonne émission, qui sont en train d'écouter,
00:20:48 qui demain matin vont aller travailler,
00:20:50 qui galèrent pour aller travailler depuis des semaines
00:20:52 à cause de ces difficultés liées à des blocages
00:20:56 et à des revendications.
00:20:57 - Monsieur, 93% des actifs sont opposés à la réforme des retraites.
00:21:01 - Oui, mais demain, ils veulent aller bosser parce que ce qu'ils voient,
00:21:03 et je comprends, il y a une certaine inquiétude et une certaine colère,
00:21:06 qui est liée surtout à leurs conditions de travail
00:21:08 jusque à la question des retraites.
00:21:09 On a bien vu que la question des retraites,
00:21:11 elle avait été le prétexte à un grand débat
00:21:12 sur les conditions de travail dans le pays.
00:21:14 Quels sont les emplois ?
00:21:15 - C'est les gens à travailler deux ans de plus, monsieur.
00:21:18 Non, non, non, pardon, Tatiana, je suis vraiment désolée
00:21:20 parce qu'il fait 23 minutes qu'on est à l'antenne
00:21:23 et Alexandre n'a pas dit un mot.
00:21:24 - Les gens qui appartiennent aux classes moyennes
00:21:26 ne veulent pas qu'on les matraque d'impôts, monsieur.
00:21:27 - Excusez-moi, monsieur, j'ai pas entendu.
00:21:29 - J'ai dit les gens qui appartiennent aux classes moyennes,
00:21:31 qui vont travailler le matin,
00:21:33 ils ne veulent pas qu'on les matraque d'impôts à la fin du mois
00:21:35 ou à la fin de l'année.
00:21:36 - Ah, parce que c'était ça, c'était le risque.
00:21:37 - Est-ce que vous l'avez fait par l'air ?
00:21:38 - Je ne sais pas, c'était l'augmentation des impôts.
00:21:40 - C'est une équation qui est très simple.
00:21:42 Moi, je ne suis pas un excellent mathématicien,
00:21:44 mais si vous ne préservez pas le modèle de retraite par répartition,
00:21:47 alors que vous avez de moins en moins d'actifs
00:21:49 pour plus en plus de retraités parce qu'on vit plus longtemps,
00:21:51 vous devrez matraquer d'impôts les classes moyennes.
00:21:53 Le gouvernement ne fait pas le choix.
00:21:55 - Toujours pas, je suis désolé, je dois aller sur le terrain.
00:21:57 - Le gouvernement ne fait pas ce choix,
00:21:58 c'est pour ça qu'il engage sa responsabilité.
00:21:59 - Je dois aller sur le terrain.
00:22:00 - Le gouvernement ne veut pas faire le choix
00:22:01 de matraquer les classes moyennes d'impôts.
00:22:04 - Sophia Dolé est avec nous également,
00:22:07 notre reporter sur le terrain.
00:22:08 Même question qu'à Augustin, il est 22h quasiment 25.
00:22:11 Où êtes-vous et que se passe-t-il précisément, Sophia ?
00:22:16 - Alors on est exactement pas loin du métro Miro-Ménil,
00:22:20 pour ceux qui connaissent la capitale.
00:22:23 Alors, je voulais vous expliquer un petit peu
00:22:26 pourquoi la tâche finalement des policiers
00:22:28 et des pompiers in fine est compliquée.
00:22:30 En fait, on a croisé un groupe de jeunes ici, rue de la Boétie,
00:22:33 qui est venu vers nous pour nous demander
00:22:36 où était la manifestation sauvage.
00:22:38 En fait, ces jeunes cherchaient où avaient lieu les zones de regroupement
00:22:43 et en fait, ils cherchaient des zones pour provoquer des saccages.
00:22:49 Et on a assisté nous-mêmes à la scène.
00:22:52 En fait, une jeune fille a d'abord essayé,
00:22:55 avec un briquet d'incendie, un premier un premier ramas de déchets,
00:23:00 de poubelles qui étaient un peu plus loin derrière nous, rue de la Boétie.
00:23:03 Elle a été arrêtée par une riveraine qui lui a demandé,
00:23:06 évidemment, de ne pas mettre le feu aux poubelles
00:23:08 qui étaient juste en bas de sa fenêtre.
00:23:10 Ces jeunes sont partis et à quelques dizaines de mètres de là,
00:23:14 ils ont essayé d'incendier un autre ramas de poubelles.
00:23:18 Et juste avant que vous ne veniez vers nous en direct,
00:23:21 eh bien, un monsieur a tenté de l'éteindre pour éviter qu'il ne se propage.
00:23:25 Donc, aux poubelles qui, vous voyez, sont entassées juste à côté.
00:23:28 Donc, voilà pourquoi ce soir, le travail des policiers est extrêmement compliqué,
00:23:32 car depuis maintenant, depuis que les manifestants,
00:23:36 les éléments violents ont été dispersés de la place de la Concorde,
00:23:39 eh bien, ils se sont propagés dans les rues adjacentes,
00:23:41 dans les alentours, dans les arrondissements alentours de la capitale.
00:23:45 Et ils provoquent des saccages de façon ponctuelle.
00:23:48 Et donc, ils sont très difficiles à localiser
00:23:51 et très difficiles à appréhender par les policiers.
00:23:54 Et c'est très difficile pour les pompiers d'intervenir sur tous les lieux
00:23:57 où il y a besoin d'eux.
00:23:58 - Qu'est-ce qui se passe là, Sofia ?
00:23:59 Il y a un monsieur qui essaie de faire propager le feu ou au contraire,
00:24:02 elle essaie de l'éteindre ?
00:24:03 - Qui essaye d'éteindre.
00:24:04 - Ah d'accord.
00:24:05 - Non, non, non, je vous rassure, ce monsieur essaye d'éteindre.
00:24:07 Il essaye, mais en fait, la poubelle à l'intérieur brûle complètement.
00:24:12 Donc, la poubelle va brûler.
00:24:13 Et puis, il essaye juste que ça ne se propage pas aux déchets alentours.
00:24:17 - Merci beaucoup, Sofia.
00:24:18 On vous retrouve un petit peu plus tard.
00:24:19 C'est vrai que c'est ce qui est terrible, j'ai envie de dire,
00:24:22 enfin, qui est ballot.
00:24:24 Vous utiliserez là encore le vocable qui vous siera.
00:24:26 C'est qu'on est en pleine grève des éboueurs,
00:24:29 que vous avez des amoncellements d'ordures un petit peu partout dans Paris.
00:24:32 Et qu'en effet, c'est du pain béni pour ceux qui veulent semer le chaos
00:24:35 et allumer des incendies sauvages.
00:24:38 Là, on est dans une situation extrêmement compliquée
00:24:40 parce qu'on l'a bien compris, on n'est pas du tout sur une manifestation autorisée.
00:24:43 Vous avez des grappes de gens qui ont envie d'en découdre
00:24:46 un petit peu partout dans la capitale.
00:24:48 C'était la question que je posais aux députés tout à l'heure, Alexandre.
00:24:51 C'est vrai que là, j'ai vraiment l'impression qu'il y a deux mondes parallèles,
00:24:53 le gouvernement et les Français.
00:24:55 Et ces deux-là ne se rencontrent jamais, ne s'écoutent jamais.
00:24:57 - Alors, les Français ne sont pas ceux qui brûlent les boubelles.
00:25:02 - Je n'ai pas vu des Black Blocs, par exemple, brûler cette image.
00:25:04 - C'est une terrible violence.
00:25:06 - On ne sait pas, mais j'ai suigi que des ministres et du président de la République brûlaient vif,
00:25:10 puisque c'est ça que ça représente.
00:25:11 Je n'avais pas l'impression que c'était des Black Blocs qui étaient en train de faire ça.
00:25:13 - Non, mais je pense qu'il y a quand même des minorités radicalisées.
00:25:16 Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une profonde colère des Français
00:25:20 que le gouvernement n'a pas entendu.
00:25:23 La violence se greffe toujours, effectivement, sur une situation.
00:25:26 Jean Messiaen parlait de poudrière.
00:25:28 Ce greffe sur une situation qui est dramatique.
00:25:31 Oui, je crois que le gouvernement, mais c'est depuis les Gilets jaunes,
00:25:35 ne voit pas toute une partie du pays qui se sent déclassé,
00:25:39 qui a l'impression qu'on demande toujours des efforts au même,
00:25:42 à ceux qui travaillent, en l'occurrence.
00:25:46 Et il ne veut pas les écouter.
00:25:48 J'ai envie de dire que ces images de chaos, on connaît un peu le scénario.
00:25:52 Le scénario, c'est ensuite jouer la carte du parti de l'ordre
00:25:55 et expliquer qu'on est le seul recours face au Rassemblement national.
00:25:58 C'est ça et là ce qui va se passer.
00:26:00 Mais ça ne permettra pas de répondre à la crise démocratique.
00:26:04 Et je crois que faire une réforme des retraites
00:26:06 dans un moment où on voit bien que le pays est malade,
00:26:08 si on a ces violences-là, c'est parce que le pays est malade.
00:26:11 Ce n'était pas raisonnable et ce n'était pas l'urgence du moment.
00:26:14 Je pense que c'est ça que disent les Français.
00:26:16 Il y a encore 10 millions de sans-activités dans ce pays.
00:26:20 On a un problème d'immigration massive.
00:26:21 On a des problèmes de violence systémique.
00:26:24 Et tout ce que trouve à faire le gouvernement...
00:26:25 Si la loi était passée par un vote, on n'aurait pas vu ces images ce soir, vous croyez ?
00:26:28 Sans doute pas.
00:26:29 Oui, ça accrue la chose parce qu'en réalité,
00:26:31 Emmanuel Macron est non seulement minoritaire dans le pays,
00:26:34 on le voit dans les sondages, mais il est minoritaire en réalité à l'Assemblée nationale.
00:26:38 C'est pour ça qu'il y a eu un 49-3.
00:26:40 On en parlait hier, Emmanuel Macron a cherché une majorité,
00:26:43 mais c'est une majorité introuvable.
00:26:45 Donc il a été obligé de se résoudre à ce 49-3.
00:26:50 Donc ça veut dire qu'on est dans une impasse démocratique.
00:26:53 Et ça fait longtemps en réalité que ça dure.
00:26:55 Il a été élu une première fois face à Marine Le Pen,
00:26:57 une deuxième fois face à Marine Le Pen.
00:27:00 Le problème, c'est qu'en face, il n'y a pas d'alternative politique crédible.
00:27:05 Donc on a une crise de régime, mais pas forcément de plan B, j'allais dire,
00:27:10 de personnes qui seraient susceptibles de récupérer le pouvoir et de redresser le pays.
00:27:15 Je voudrais préciser qu'au-delà de ces images,
00:27:17 cette colère spontanée qui est montée depuis la fin d'après-midi,
00:27:20 je rappelle que les syndicats n'entendent pas relâcher la pression.
00:27:23 La pression, pardon.
00:27:24 L'intersyndicale a appelé en fin de journée une nouvelle grande journée de grève et de manifestation.
00:27:29 La 9e, ce sera le jeudi 23 mars.
00:27:31 D'ici là, elle appelle à de nouveaux rassemblements locaux ce week-end du 18 et 19 mars.
00:27:37 Un commentaire sur cette effusion de colère spontanée ce soir, Karima Brick.
00:27:42 C'est important ce qui se passe en ce moment dans les rues de Paris,
00:27:45 parce que vous l'avez dit au cours des dernières heures,
00:27:47 cette manifestation spontanée, ce sont des Français.
00:27:50 On a vu des travailleurs qui ont décidé, qui se sentaient, qui ont dit non,
00:27:53 écoutez, c'est plus fort que moi, j'ai décidé de me rendre à la place de la Concorde,
00:27:57 parce qu'on a attendu, on a été patient, on a été poli, on a voulu se faire entendre,
00:28:02 et ça a été ce dialogue de sourds depuis le début,
00:28:04 le gouvernement qui ne voulait pas les entendre du tout.
00:28:07 Alors ce soir, c'est l'expression de cette colère.
00:28:09 Évidemment, il y a des éléments, on a vu, un peu radicaux.
00:28:12 Il y a des trucs que, bon, évidemment, on ne cautionne pas du tout.
00:28:15 Quand il y a une forme de violence extrême, je pense qu'on peut le déplorer.
00:28:19 Cela dit, cette colère, il y a une colère qui est légitime aussi, qui peut s'exprimer.
00:28:23 Ça fait des semaines, on le dit, ça fait des semaines et combien de journées de mobilisation?
00:28:27 Je pense qu'on peut dire que la marmite chauffait ce soir, le presto a éclaté.
00:28:32 Et pour revenir sur la crise de légitimité, moi, je suis d'accord,
00:28:35 je pense qu'il y en a une en ce moment. Pourquoi?
00:28:37 Il y a eu plusieurs choses.
00:28:39 C'est vrai que le 49-3, c'est un outil constitutionnel,
00:28:42 mais c'est l'accumulation de ces...
00:28:45 On a appris toutes sortes de numéros pour beaucoup de Français,
00:28:48 les 47-1, 44-3, 49-3, et ça a été à répétition.
00:28:53 Et je pense, comme l'a dit Alexandre, s'il y avait eu le vote, par exemple,
00:28:57 un vote cet après-midi et ça avait passé, je pense qu'il y aurait eu une tristesse.
00:29:02 Bon, évidemment, on ne peut pas tout prévoir,
00:29:03 mais je pense qu'il y aurait eu une tristesse, une certaine colère,
00:29:06 mais peut-être on aurait eu l'impression qu'il y a un vernis de légitimité.
00:29:09 Alors que maintenant, en passant de force,
00:29:12 en se faisant enfoncer dans la gorge cette réforme avec un 49-3,
00:29:15 c'est simplement la colère qui reste.
00:29:17 - William Martinet, il faut s'attendre à une explosion sociale.
00:29:23 Comment est-ce que ça peut tourner, tout cela ?
00:29:25 Alors que je rappelle que l'intersyndicale semble, en tout cas, plus soudé que jamais
00:29:29 et s'est mis d'accord d'ores et déjà sur plusieurs dates de mobilisation.
00:29:32 - Le mouvement social va continuer. Il va même se renforcer.
00:29:36 - Je précise quand même une chose, monsieur le député,
00:29:39 c'est que certes, l'intersyndicale est uni pour le moment,
00:29:43 mais il y a eu des promesses les semaines passées,
00:29:46 mettre la France à l'arrêt, mettre l'économie à genoux, bloquer le pays.
00:29:49 Il y a eu des actions fortes, mais le pays n'a pas été bloqué.
00:29:52 La France n'a jamais été à l'arrêt.
00:29:55 Donc on se dit, est-ce que la puissance syndicale est capable de renverser la situation ?
00:30:01 On peut en douter.
00:30:02 - Nous avons obtenu qu'il n'y ait pas de majorité à l'Assemblée nationale pour ce texte.
00:30:06 C'est le résultat. - C'est d'autre fait.
00:30:08 - Mais bien sûr. - C'est la tergiversation de LR qui est...
00:30:10 - Mais vous croyez que ça vient d'où ?
00:30:11 Pourquoi est-ce que les députés LR, ils hésitent ?
00:30:15 D'ailleurs, ça a été dit tout à l'heure dans leur programme,
00:30:18 quand ils ont fait la campagne de Valérie Pécresse.
00:30:20 - Oui, d'ailleurs, avec les améliorations, la réforme ressemble...
00:30:24 - Qui serait prêt à ce qu'aurait voté le LR ?
00:30:26 - Ce que les députés LR hésitent, c'est qu'à la différence des députés macronistes,
00:30:29 ils n'ont pas leur destin lié au président de la République.
00:30:32 Donc ils n'ont pas l'obligation de le suivre jusque dans sa folie,
00:30:36 de mener cette réforme jusqu'au bout.
00:30:38 Et ce que constatent les députés LR, c'est quelque chose de très pragmatique,
00:30:42 c'est quand ils vont dans leur circonscription,
00:30:44 il y a une écrasante majorité des gens qui sont contre.
00:30:46 Et quand il y a des manifestations, même dans les petites villes
00:30:49 ou villages de leur circonscription,
00:30:51 il y a énormément de gens qui défilent dans la rue.
00:30:53 Donc l'hésitation des députés LR, même l'hésitation de quelques députés macronistes,
00:30:58 c'est le résultat de ce mouvement social.
00:30:59 Et j'en profite du coup pour dire à tous les gens qui se sont battus
00:31:02 depuis la première manifestation au mois de janvier,
00:31:05 ceux qui ont fait l'effort d'aller manifester,
00:31:07 qui ont fait l'effort de faire des journées de grève,
00:31:09 parce que ça coûte les journées de grève.
00:31:10 - Il y a certains syndicalistes qui sont à 15 jours de grève, c'est 1500 euros.
00:31:13 - Voilà, ça coûte très cher.
00:31:15 Et quand on est dans un moment où l'inflation est très forte,
00:31:17 c'est des efforts importants.
00:31:19 Donc à tous ceux-là, je leur dis bravo.
00:31:21 Bravo aussi, surtout aux cheminots, aux électriciens, aux gaziers,
00:31:24 aux éboueurs qui font grève en ce moment à Paris,
00:31:27 parce qu'ils ont une place particulière qui fait que,
00:31:29 comme ils ont la tâche de faire fonctionner ces réseaux
00:31:31 essentiels au fonctionnement des villes,
00:31:33 le fait qu'eux arrêtent de travailler, ça a plus d'impact que les autres.
00:31:36 Donc à tous ces gens-là, je dis bravo, heureusement que vous vous êtes battus.
00:31:39 C'est grâce à vous qu'on a obtenu cette défaite du gouvernement,
00:31:42 à ce qui est, je crois, une victoire pour le mouvement social.
00:31:44 Et du coup, je leur dis aussi, continuez,
00:31:46 parce que ce 49-3, c'est une preuve de faiblesse.
00:31:49 Ça veut dire que le gouvernement n'a jamais été aussi près de craquer.
00:31:53 Donc il faut que ça continue.
00:31:54 Je le disais tout à l'heure, il y a la journée de jeudi
00:31:57 qui a été appelée par l'intersyndicale,
00:31:59 mais je pense qu'il faut que ça déborde, que ça aille plus loin.
00:32:02 Il faut faire les occupations de place publique.
00:32:04 Il faut montrer notre détermination.
00:32:06 - Romain Reda, qu'est-ce que vous répondez à ce discours,
00:32:08 député Renaissance de l'Estone ?
00:32:09 Je le rappelle, bloquer le pays pour une réforme,
00:32:12 alors je vais vous provoquer un peu, mais c'est le jeu,
00:32:14 j'ai envie de dire, pour une réforme sans intérêt,
00:32:16 c'est quand même frustrant, non ?
00:32:18 - Je réponds que c'est très facile d'être dans la séduction,
00:32:21 dans la démagogie.
00:32:23 Et évidemment, quand on appartient...
00:32:25 - C'est démagogique de dire que la réforme est sans intérêt ?
00:32:27 - Oui, c'est démagogique, surtout d'aller dans le sens...
00:32:30 - Emmanuel Macron n'est pas du tout là-dedans.
00:32:31 - D'aller dans le sens de la colère,
00:32:33 juste pour des intérêts tacticiens, politiciens, électoraux,
00:32:37 à venir et pour essayer...
00:32:39 - Je vous remarque que je ne suis élu de nulle part.
00:32:41 - Et pour essayer d'en tirer des dividendes.
00:32:42 Je ne le dis pas pour vous, je le dis pour certains collègues
00:32:45 qui ont refusé de voter cette réforme ou qui s'y sont opposés.
00:32:49 C'est évidemment plus difficile d'être dans la conviction,
00:32:51 et d'avoir sous nos yeux à gérer le pays,
00:32:55 à préserver les retraites de nos retraités actuels
00:32:57 et de nos retraités futurs,
00:32:58 à promettre aux jeunes de ma génération et de celles qui viennent,
00:33:03 de se dire qu'à la fin d'une vie de travail,
00:33:05 ils auront droit au même droit à la retraite que leurs aînés,
00:33:08 dans un contexte où, par chance, on vit plus longtemps
00:33:10 et où on est dans un pays qui a besoin d'atteindre le plein emploi.
00:33:14 - On vit plus longtemps, mais les métiers les plus pénibles
00:33:18 ne permettent pas de vivre en très bonne santé, vous le savez.
00:33:20 - Je vous rappelle que notre pays flirte avec un taux de 7% de chômage
00:33:24 qui n'est jamais arrivé depuis des années.
00:33:26 Donc on peut regarder cette réalité économique,
00:33:29 on peut, comme certains s'essayent de le faire,
00:33:31 souvent travestir les chiffres et la vérité.
00:33:34 La vérité, elle est là.
00:33:35 Notre pays, économiquement, il est plus solide,
00:33:37 mais il ne peut pas rester criblé de dettes,
00:33:39 il ne peut pas rester criblé de déficits,
00:33:41 il ne peut pas matraquer, encore une fois,
00:33:42 les familles et les classes moyennes d'impôts.
00:33:44 Et donc, nous avons besoin de trouver des voies
00:33:47 qui nous permettent de travailler collectivement plus longtemps.
00:33:50 Mais oui, mais qu'est-ce qu'elles disent, les classes moyennes ?
00:33:52 - Alors, je reviens vers vous.
00:33:54 - J'entends les Françaises et les Français,
00:33:56 enfin, personne n'est sourd et tout le monde vit dans le même pays,
00:33:58 je vous rassure.
00:34:00 - Mais pas dans le même monde.
00:34:00 - Je ne gagne pas assez des fruits de mon travail.
00:34:03 J'ai envie d'en avoir pour mon argent dans mes services publics,
00:34:05 parce qu'il y a encore énormément à faire à l'école, à l'hôpital,
00:34:08 pour la sécurité dans la rue.
00:34:10 Tout cela, nous l'entendons, mais je dis aux Français,
00:34:12 nous n'aurons pas un pays qui se renforce,
00:34:14 un pays fort, une nation qui tient debout,
00:34:17 si nous n'avons pas une force collective de travail
00:34:20 et si nous n'avons pas cet effort que nous demandons
00:34:23 collectivement à tout le monde,
00:34:24 quelles que soient les catégories, mais avec des avancées.
00:34:27 Et je rappelle simplement, pour conclure cette intervention,
00:34:31 je vous le promets, que le texte sur lequel la Première ministre
00:34:35 engage la responsabilité de son gouvernement,
00:34:37 c'est le texte du compromis.
00:34:39 C'est le texte qui fait la part belle aux carrières longues.
00:34:42 C'est le texte qui renforce les droits,
00:34:44 l'égalité entre les hommes et les femmes.
00:34:45 C'est le droit qui fait place aux aidants familiaux
00:34:48 qui doivent s'arrêter quelques temps de travailler
00:34:49 pour s'occuper d'un proche malade.
00:34:51 C'est un texte de compromis.
00:34:53 Ce n'est pas le texte initial du gouvernement.
00:34:55 Donc, il y a eu une discussion parlementaire.
00:34:56 Il y a eu des oppositions qui ont été entendues.
00:34:58 Écoutez, reprenez le texte.
00:34:59 On pourrait se faire un face-à-face en effet entre vous deux,
00:35:03 mais vous l'aurez remarqué, il y a du monde sur le plateau.
00:35:05 Ce n'est pas le programme de M. Mélenchon
00:35:06 qui était dans le club de la santé.
00:35:07 Est-ce que je peux compter sur 30 secondes, M. Martinet ?
00:35:08 Et j'ai besoin de répartir la parole également
00:35:10 avec Tatiana qui attend Creping.
00:35:12 Quand on écoute mon collègue député de la minorité présidentielle,
00:35:17 on a l'impression que la réaction des Français...
00:35:18 La majorité relative.
00:35:19 Vous n'êtes pas majoritaire non plus.
00:35:20 Si vous voulez.
00:35:21 C'est l'effet.
00:35:22 Minorité présidentielle, c'est l'effet aussi.
00:35:23 Il y a deux façons de dire les choses.
00:35:25 Si vous voulez.
00:35:26 Quand on l'entend, on a l'impression que la réaction des Français,
00:35:29 elle est proprement émotionnelle.
00:35:31 Et même, on a l'impression que les Français sont accusés
00:35:34 d'être immatures, de ne pas vouloir faire des efforts
00:35:37 parce que ce serait trop difficile de demander aux Français
00:35:39 de travailler deux ans de plus,
00:35:41 que peut-être même ils n'ont pas bien compris
00:35:43 les données économiques du problème.
00:35:44 Je pense que ce discours méprisant que vous tenez,
00:35:47 il est notamment à l'origine de ce qui se passe ce soir.
00:35:50 Parce qu'en réalité, les Français ont très bien compris les enjeux.
00:35:54 Ils ont compris que votre argument principal,
00:35:56 qui consiste à dire, si on ne fait pas notre réforme,
00:35:58 le système de retraite va faire faillite.
00:36:00 Ils ont très bien compris que ça, c'est un mensonge.
00:36:02 Parce qu'ils ont écouté, par exemple,
00:36:04 le président du comité d'orientation des retraites,
00:36:06 qui dit que les dépenses du système de retraite,
00:36:08 elles sont maîtrisées.
00:36:09 Ils ont aussi très bien compris que si vous voulez faire cette réforme,
00:36:13 réduire les dépenses du système de retraite,
00:36:14 c'est pour, par ailleurs, continuer à baisser les impôts
00:36:18 sur les grandes entreprises et notamment la CVAE,
00:36:20 la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
00:36:23 Quand vous nous parlez des impôts sur les classes moyennes,
00:36:27 mais quel énorme pipot quand vous nous parlez des impôts
00:36:31 sur les classes moyennes.
00:36:32 Vous faites cette réforme des retraites pour diminuer la CVAE.
00:36:35 La CVAE, ce n'est pas payée par les classes moyennes,
00:36:37 c'est payée par les entreprises et les grandes entreprises.
00:36:40 Voilà ce qui est en train de se passer.
00:36:42 Et les Français ont très bien compris que vous les faites bosser
00:36:44 deux ans de plus pour réduire les impôts et les cotisations sociales
00:36:48 sur des grands groupes qui font déjà énormes d'élargements
00:36:50 et de bénéfices et on l'a vu ces dernières semaines,
00:36:54 notamment avec les dividendes que le CAC 40 a encaissés.
00:36:57 Au-delà de ce que détaille William Martinet,
00:36:58 c'est vrai qu'il y a eu des avaries ces derniers mois,
00:37:00 c'est le moins qu'on puisse dire autour de la pédagogie sur ce texte,
00:37:03 que ce soit les carrières longues, les femmes,
00:37:06 les fameuses pensions minimum à 1 200 euros
00:37:08 qui étaient supposées être pour près de 2 millions de personnes
00:37:10 qui se sont retrouvées entre 10 et 20 000.
00:37:12 C'est sûr que de couac en couac, il y a un moment,
00:37:14 vous avez suscité une colère ou une frustration.
00:37:17 On poursuit la discussion et comme je le disais, il y a du monde.
00:37:19 Tatiana, vous êtes la suivante à vous exprimer.
00:37:21 Je voudrais juste refaire un détour par les rues de Paris.
00:37:23 Augustin Denadieux, où êtes-vous ?
00:37:25 Quelle est la situation ?
00:37:26 Y a-t-il toujours des casseurs, des individus en colère autour de vous ?
00:37:30 Ou la situation est-elle en train de se stabiliser au contraire ?
00:37:32 Alors là où nous sommes dans le deuxième arrondissement de Paris,
00:37:36 à quelques encablures de la place Vendôme,
00:37:39 tout semble rentrer dans l'ordre,
00:37:40 mais on vit actuellement sur CNews
00:37:41 quelque chose d'assez extraordinaire dans le mauvais sens du terme.
00:37:45 Regardez, nous sommes au milieu d'une voie de circulation.
00:37:47 Toutes les poubelles des rues dans lesquelles nous avons marché
00:37:50 sont souillées, les poubelles sont dispersées au milieu des rues.
00:37:55 Donc les scooters, les voitures, les taxis doivent slalomer
00:37:58 entre ces poubelles qui dégagent une odeur absolument nauséabonde.
00:38:02 Je vous laisse imaginer.
00:38:04 Et c'est vraiment ce spectacle dans toutes les rues
00:38:06 dans lesquelles nous avons marché.
00:38:07 Et au bout de cette rue d'ailleurs, à l'instant où je vous parle,
00:38:09 je suis en train de constater que des policiers, des CRS,
00:38:12 je ne sais pas, ils sont un petit peu trop loin,
00:38:14 sont visiblement en train d'interpeller quelqu'un.
00:38:18 Et c'est ce que nous avons vu encore il y a quelques minutes,
00:38:20 quatre personnes, quatre forces de l'ordre, pardon,
00:38:22 qui tenaient par le bras un élément radical habillé,
00:38:26 vêtu de noir, qui venait sûrement de dégrader du mobilier urbain.
00:38:30 C'est en tout cas ce que l'on constate depuis tout à l'heure.
00:38:33 Nous avons même été interpellés par trois personnes,
00:38:36 trois jeunes, un petit peu moins de 20 ans,
00:38:37 qui nous ont demandé, où sont nos collègues ?
00:38:39 Où est-ce que l'on peut aller pour trouver de la manifestation
00:38:43 et de la revendication ? Nous leur avons dit qu'évidemment,
00:38:45 nous aussi, nous n'étions pas au courant de tout cela.
00:38:48 Et je leur ai demandé si ce soir, ces personnes-là étaient
00:38:51 véritablement en colère ou si c'était un jeu,
00:38:54 le jeu du chat et de la souris avec les forces de l'ordre, en clair.
00:38:56 Et ils m'ont dit que véritablement, aujourd'hui,
00:38:58 c'était la colère qui prédominait du fait de ce 49.3.
00:39:01 Tous ces jeunes nous disent ne pas être entendus par le gouvernement.
00:39:06 Et nous nous sommes quittés.
00:39:07 Ils ont pris la direction d'une autre rue pour chercher
00:39:10 d'autres collègues à eux pour pouvoir peut-être,
00:39:12 et bien ils ne l'ont pas avoué bien sûr,
00:39:14 procéder à de nouvelles dégradations,
00:39:16 comme vous le voyez dans ces rues du deuxième arrondissement,
00:39:18 à deux pas de la place Vendôme, un quartier très touristique
00:39:21 avec des touristes, je vous le dis, qui sont très étonnés.
00:39:25 Et d'ailleurs, nous pouvons voir dans les taxis,
00:39:27 ces touristes qui passent.
00:39:29 Les taxis, évidemment, roulent à faible allure puisqu'ils ne peuvent
00:39:31 pas, évidemment, rouler sur ces sacs poubelles.
00:39:34 Et nous voyons ces touristes aux fenêtres avec le regard éberlué.
00:39:36 C'est assez impressionnant comme scène à vivre ici,
00:39:38 en plein cœur de la capitale.
00:39:39 - Merci beaucoup, Augustin Dornadieu.
00:39:41 C'est vrai que c'est hallucinant.
00:39:43 - Mais l'image va rester.
00:39:45 - Mais c'est lamentable.
00:39:46 Et vous allez vous réveiller demain matin,
00:39:47 les fameuses données de gens dont vous parliez,
00:39:49 qui vont aller au travail demain matin,
00:39:51 il y aura peut-être des rencontres avec certains rongeurs
00:39:54 au moment de sortir avec son vélo ou sa voiture
00:39:57 pour aller travailler, ou à pied d'ailleurs, peu importe.
00:40:00 C'est déplorable et je ne suis pas certain,
00:40:02 Tatiana, puisque je vous avais promis que je venais vers vous
00:40:05 juste après ce duplex, je trouve que ça ne sert pas le mouvement.
00:40:09 - Ça ne sert pas le mouvement.
00:40:10 Alors je sais que vous avez des considérations,
00:40:11 que vous avez envie d'aller sur le fond,
00:40:13 un peu plus que sur la forme,
00:40:14 mais je trouve qu'il est important de s'arrêter
00:40:15 quand même quelques secondes sur ces images,
00:40:17 parce que l'image qu'on renvoie au monde est déplorable.
00:40:19 Ces images sont lamentables.
00:40:21 Et encore une fois, je me répète, j'en suis désolé,
00:40:23 mais je ne suis pas sûr que ça serve le mouvement.
00:40:25 Les Français qui sont peut-être contre cette réforme des retraites,
00:40:28 ils disent "attends, si j'en ai pour un mois comme ça,
00:40:30 tous les soirs avec des gens qui viennent casser,
00:40:32 ouvrir les poubelles de vent chez moi,
00:40:34 je préfère autant que ça s'arrête là".
00:40:35 - Je suis tout à fait d'accord avec vous,
00:40:36 il faut qu'on aille tous là.
00:40:37 Cela dit, si je veux être un peu cynique,
00:40:38 je vous dirais qu'il y a eu une réquisition
00:40:40 de la part du préfet de police de Paris,
00:40:41 Laurent Nunez, aujourd'hui des éboueurs,
00:40:43 donc des agents municipaux,
00:40:44 et que sachant qu'aujourd'hui il y avait ce risque-là,
00:40:46 peut-être que les choses auraient pu être accélérées.
00:40:48 - Sur le passage des manifestations,
00:40:50 les poubelles hier ont été enlevées.
00:40:52 - Il y a vraiment une réquisition, je crois que c'est 4000 agents municipaux,
00:40:55 et avec évidemment une question logistique aussi qui se pose,
00:40:58 comment on va les réquisitionner, parce qu'on ne va pas aller chercher un, un,
00:41:00 c'est ce que disait d'ailleurs Laurent Berger.
00:41:01 Donc c'est vrai que la question logistique...
00:41:02 - Ce ne sont pas les policiers qui vont taper à la porte des éboueurs pour aller...
00:41:05 - Mais avec des vraies considérations qu'on a là sous nos yeux,
00:41:07 c'est-à-dire des questions d'ordre public, de salubrité,
00:41:10 c'est-à-dire que là on va avoir des rats partout,
00:41:11 il y a un problème, les personnes en mobilité réduite, etc. ont des risques.
00:41:15 - Ah oui, bien sûr.
00:41:16 - Là ça pose des vraies questions, et puis pareil en termes d'images,
00:41:18 par rapport au monde entier pour un pays qui va organiser les JO
00:41:21 dans quelques mois.
00:41:23 - 497 jours.
00:41:25 - Ça pose une vraie question, donc voilà.
00:41:27 Cela dit, si je peux revenir deux secondes sur le fond de tout cela,
00:41:31 et sur ce qui a été dit deux secondes.
00:41:32 - Bien sûr, bien sûr.
00:41:33 - Je veux d'abord réagir sur les LR.
00:41:35 Les LR quand même, je trouve que ce qui est intéressant,
00:41:37 c'est qu'on a oublié qu'il y avait...
00:41:38 On l'a vu lors de la primaire, vous étiez chez les LR avant,
00:41:41 on a vu lors de la dernière primaire des Républicains pour la présidentielle
00:41:43 qu'il y avait quand même 50 nuances de droite,
00:41:44 et on a eu tendance à l'oublier.
00:41:46 Cela dit, c'est ce qui nous ressaute aux yeux là aujourd'hui,
00:41:49 lors de ces dispersions, divisions au sein des Républicains.
00:41:51 Donc certes, Éric Ciotti ne sait pas tenir son parti,
00:41:54 mais cela dit, ces divisions-là étaient déjà sous nos yeux depuis quelques temps,
00:41:57 il faut bien le dire.
00:41:58 Deuxième chose, je rappelle quand même qu'Emmanuel Macron
00:42:01 a siphonné depuis 2017 ce parti,
00:42:03 et que donc évidemment, il est fait faiseur de roi,
00:42:05 mais cela dit, ils ont beaucoup d'inimitié pour lui,
00:42:07 et on le comprend, parce qu'il a quand même fracturé ce parti,
00:42:10 et d'ailleurs, deux de ses principaux ministres en viennent,
00:42:13 Bruno Le Maire et Gérald Darmanin,
00:42:15 qui seraient d'ailleurs peut-être des successeurs potentiels,
00:42:18 si je veux aller plus loin, pour Élisabeth Borne.
00:42:20 Et puis dernière chose, vous dites qu'il y a eu des concessions, etc.,
00:42:24 mais quand on regarde les concessions financières du texte de compromis
00:42:27 adoté lors de la commission mixte paritaire,
00:42:29 700 millions d'euros supplémentaires.
00:42:31 Il y a déjà 7 milliards d'euros calculés
00:42:33 pour les concessions depuis le début faites au ALR.
00:42:35 Alors on se dit, quel gâchis, parce que d'abord,
00:42:37 ça n'a pas marché, les concessions faites au ALR,
00:42:39 ils n'ont même pas voté pour vous, et deuxièmement,
00:42:41 cette réforme, en fait, en quoi elle va faire quelque chose de financier ?
00:42:46 Où on retombe sur nos pattes pour faire des économies financières ?
00:42:48 C'est la question que j'ai posée tout à l'heure,
00:42:50 j'ai peut-être été un peu simpliste,
00:42:51 un peu démagogique selon le député Renaissance,
00:42:54 mais je disais, pour ça, tout ça, pour en arriver là,
00:42:58 pour voir Paris à SAC ce soir,
00:43:01 est-ce que le jeu en valait la chandelle
00:43:03 sur une réforme qui n'est pas systémique, qui en appellera d'autres ?
00:43:05 Je vous dis franchement, je ne comprends pas l'entêtement du chef de l'État,
00:43:09 mais on a jusqu'à minuit pour en discuter,
00:43:12 peut-être que vous arriverez à me convaincre,
00:43:13 mais là, vraiment, j'ai du mal.
00:43:15 Jean-Méssia.
00:43:16 C'est un entêtement d'autant plus incompréhensible
00:43:18 qu'il fallait juste accélérer la réforme Touraine.
00:43:22 Si on avait accéléré l'entrée en vigueur de la réforme Touraine,
00:43:25 à partir de 2027 au lieu de 2035,
00:43:27 on aurait en réalité abouti à un résultat assez proche,
00:43:30 en termes financiers, de la réforme présentée par la majorité.
00:43:34 Alors, ils ont fait de l'âge de départ à la retraite à 64 ans un totem.
00:43:38 Ils ont eu tort parce que ce n'est pas l'âge qui importe dans une réforme pareille,
00:43:42 en tout cas, pas l'âge de départ à la retraite, c'est le nombre d'annuités.
00:43:44 Donc, au lieu de se polariser et de faire un totem là-dessus,
00:43:46 ils auraient mieux fait de lâcher un peu du lest.
00:43:48 La deuxième chose, c'est qu'il faut féliciter tous les députés
00:43:52 qui ont pris le pouls du pays, qui sentent le pays,
00:43:54 qui sentent que les Français ne veulent pas de cette réforme,
00:43:56 quelle qu'ait pu être leur position...
00:43:58 C'est la moindre des choses d'aller un peu en circo
00:44:00 et de voir ce que disent les gens qui ont voté pour vous.
00:44:03 On ne peut pas reprocher à longueur de journée aux députés d'être sourds
00:44:06 et une fois qu'ils ont élu, d'appliquer leur programme
00:44:09 en pratiquant la surdité vis-à-vis de leur électorat
00:44:12 et le jour où justement les députés écoutent leur électorat,
00:44:14 les traiter de tous les noms
00:44:16 parce qu'ils ont changé d'avis.
00:44:18 À un moment, il faut savoir choisir
00:44:20 et à choisir entre la volonté du peuple
00:44:22 et une ligne politique qui n'a pas été populaire,
00:44:24 il faut choisir la volonté du peuple.
00:44:26 Et enfin, je termine juste un dernier mot.
00:44:28 Quand vous nous dressez, monsieur le député, le tableau de la France
00:44:31 qui justement est affaiblie à cause de son endettement, de ses dettes, etc.
00:44:36 Mais excusez-moi, qui a provoqué ces dettes ?
00:44:38 Ça ne tombe pas du ciel, vous y avez contribué.
00:44:40 D'accord ?
00:44:41 Donc ne venez pas aujourd'hui nous décrire un tableau apocalyptique
00:44:44 de la situation budgétaire et financière,
00:44:46 alors que c'est vous-même qui l'avez peint.
00:44:48 Et enfin, s'agissant des poubelles dans Paris,
00:44:50 je ne comprends pas pourquoi on laisse ce cafarnaum des ordures.
00:44:53 Ça, ça va bouger, il y a les réquisitions du préfet.
00:44:55 Parisienne, oui, mais attendez, on nous a quand même expliqué,
00:44:57 le gouvernement en l'occurrence nous a expliqué avant la crise du Covid,
00:45:01 qu'au nom du risque, de la lutte contre le risque sanitaire
00:45:04 et pour l'aseptisation de la société,
00:45:06 on pouvait confiner et enfermer toute la population
00:45:09 en écrasant toutes les libertés individuelles et les libertés publiques.
00:45:13 Là, il y a un risque sanitaire.
00:45:14 Qu'est-ce que vous attendez pour agir ?
00:45:16 Vous voulez qu'on vous confine ?
00:45:17 Pardon ?
00:45:18 Vous voulez qu'on vous confine ?
00:45:19 Non, je veux qu'on nous débarrasse des poubelles.
00:45:20 Parce que ce n'est pas compliqué, il faut le faire.
00:45:22 Il faut confiner la majorité.
00:45:24 Alexandre Devecchio, avant de retourner vers Robin Reda,
00:45:27 il est acquis que cette réforme est injustifiée.
00:45:29 Si ça dégénère, ce sera l'entière faute exclusive du président de la République.
00:45:35 Il vient après des années et des années de malaise.
00:45:38 La position de LR n'a pas été claire.
00:45:41 Je ne sais pas si ce sera de son entière faute.
00:45:45 Qui est responsable des images qu'on a sous les yeux ?
00:45:46 C'est effectivement tout de même la majorité, plus des éléments radicaux.
00:45:51 Parce qu'encore une fois, il y a des gens qui sont en colère illégitimement,
00:45:54 mais qui manifestent pacifiquement.
00:45:56 Donc, je ne cautionne pas forcément ça.
00:45:59 Et je pense aussi, vous le disiez tout à l'heure, qu'à la fin,
00:46:03 le problème, c'est que ça peut profiter à celui qui en est la cause.
00:46:07 C'est paradoxalement, c'est qu'on ait un réflexe légitimiste
00:46:11 en faveur d'Emmanuel Macron, de gens qui n'étaient pas forcément
00:46:14 favorables à la réforme, mais qui en ont marre de la chanlie.
00:46:16 On avait vu ça après les Gilets jaunes.
00:46:19 C'est aussi une stratégie de la part d'Emmanuel Macron de déclencher le chaos
00:46:23 pour ensuite incarner le parti de l'ordre.
00:46:27 J'espère que les Français...
00:46:29 - Vous allez trop loin.
00:46:30 - Moi, je pense que ça a été la manière dont il s'est maintenu au pouvoir.
00:46:33 Et je pense que j'aimerais que les Français aient aussi de la mémoire,
00:46:36 parce que le meilleur moyen de ne pas déclencher le chaos,
00:46:39 c'est peut-être d'être plus à l'écoute.
00:46:42 Et depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir,
00:46:44 on a eu les images des Gilets jaunes,
00:46:46 on a eu des violences systémiques.
00:46:50 Donc dire qu'il est le parti de l'ordre, c'est compliqué.
00:46:53 - Deux secondes, je les connais, vos deux secondes, Tatiana.
00:46:55 C'est ça, le problème.
00:46:56 - Pardon, mais pour le coup, je peux n'être avec vous, Alexandre,
00:46:57 parce que c'est pas le chaos, c'est la verticalité du pouvoir.
00:46:59 Et ça a été le problème lors des Gilets jaunes,
00:47:01 c'est aujourd'hui à nouveau le problème.
00:47:02 C'est-à-dire que vraiment, il montre combien...
00:47:04 Si son pouvoir est tout à fait vertical,
00:47:06 et donc, regardez, même Elisabeth Borne, elle et son fils,
00:47:07 alors c'est certes, c'est son rôle de Premier ministre,
00:47:09 mais on voit bien quand même combien Emmanuel Macron,
00:47:11 là, revient à une méthode qui lui a été beaucoup reprochée,
00:47:13 pour laquelle, d'ailleurs, il s'était excusé en disant,
00:47:15 "J'ai pris conscience", lors d'un discours télévisé,
00:47:17 "J'ai pris conscience que parfois, je pourrais être brutale,
00:47:19 "je vais prendre plus en conscience
00:47:20 "et je vais plus prendre en compte les attentes des Français
00:47:23 "et peut-être être plus doux avec vous."
00:47:24 Et en réalité, on voit là quand même aujourd'hui
00:47:26 que ces méthodes sont extrêmement brutales
00:47:28 par rapport à la colère sociale et populaire.
00:47:31 - C'est intéressant ce que dit Tatiana,
00:47:33 parce que plus qu'un mouvement social, on a l'impression,
00:47:36 je vous dis, l'impression, c'est toujours pareil,
00:47:39 les impressions, elles se vérifient ou non,
00:47:40 mais l'impression qu'au-delà d'un mouvement social,
00:47:43 c'est un mouvement sociétal qui pourrait naître
00:47:45 de ce conflit, Robin Reda.
00:47:48 Cette espèce d'impunité des institutions,
00:47:51 elle est vouée à mourir, ça ne peut pas durer comme ça,
00:47:53 les gens ne l'acceptent plus,
00:47:54 ce qui s'est passé aujourd'hui avec le 49-3,
00:47:56 bien sûr que c'est légal, bien sûr que c'est constitutionnel,
00:47:59 c'est comme ça que font ce que font nos institutions,
00:48:01 mais est-ce qu'à l'aune de ce que l'on voit,
00:48:04 de cette colère latente, il n'y a pas un moment
00:48:06 où on se dit, oui, il y a quelque chose de plus profond
00:48:08 et de quasi sociétal ?
00:48:10 Est-ce qu'il n'y a pas un risque de gilet jaune,
00:48:12 volume 2, à travers le 49-3 ?
00:48:15 Est-ce qu'il pourrait en découler aujourd'hui
00:48:17 et dans les jours qui viennent ?
00:48:18 - Je dis aux Françaises et aux Français,
00:48:20 et je dis à tout le monde sur ce plateau,
00:48:22 que la solidité de nos institutions,
00:48:24 c'est la garantie de la solidité de notre pays,
00:48:26 dans un contexte international qui est extrêmement tendu,
00:48:29 dans un contexte économique et budgétaire
00:48:32 qui est extrêmement difficile.
00:48:34 Je rappelle qu'aujourd'hui, l'inflation
00:48:36 est la première source de préoccupation des Français,
00:48:39 que la France résiste mieux face à l'inflation
00:48:42 que les autres pays voisins, les autres pays européens,
00:48:46 mais qu'elle est douloureuse pour les Français,
00:48:48 et que nous ne surmonterons pas cette inflation,
00:48:51 là encore, sans notre travail collectif,
00:48:53 sans réimplanter des entreprises et de la production
00:48:56 dans nos territoires.
00:48:57 On parlait tout à l'heure de la fiscalité économique,
00:48:59 la baisse de la fiscalité économique
00:49:01 pour remettre de la souveraineté dans notre pays,
00:49:03 réimplanter des usines, des usines du futur,
00:49:06 réimplanter des PME et des TPE
00:49:08 au plus proche de nos territoires.
00:49:09 C'est le sens d'un projet
00:49:11 qui va vers le plein emploi pour le pays,
00:49:13 mais qui va aussi vers la revitalisation
00:49:15 des territoires du pays.
00:49:16 Tout cela ne se fait pas en quelques mois,
00:49:19 en quelques années,
00:49:20 et c'est la prise de conscience
00:49:21 qu'on a peut-être trop délaissé les territoires
00:49:23 pendant 30 à 40 ans.
00:49:24 Je voudrais simplement rapidement
00:49:25 revenir sur les Républicains.
00:49:26 Il y a une très courte minorité de blocage
00:49:28 aujourd'hui au sein du groupe des Républicains
00:49:30 à l'Assemblée nationale
00:49:31 pour des raisons très personnelles,
00:49:33 de mise en avant, de stratégie politicienne.
00:49:36 Mais l'immense partie des Républicains
00:49:40 de la droite républicaine,
00:49:41 de cette droite réformatrice
00:49:42 qui a toujours cru au travail
00:49:44 et à la préservation de notre modèle social,
00:49:46 a défendu la réforme des retraites.
00:49:47 M. Ciotti, M. Retailleau, M. Marlex,
00:49:51 et l'essentiel des Républicains,
00:49:53 c'est quand même M. Retailleau et M. Ciotti,
00:49:55 ont fait à eux deux 70% à l'élection des Républicains
00:49:58 il y a quelques mois.
00:49:59 Ils portaient la réforme des retraites.
00:50:01 Donc je crois vraiment que nous avons une ligne cohérente
00:50:04 avec les Républicains sur cette réforme.
00:50:06 Il faut changer d'avis.
00:50:07 Il y a eu des fausses sur eux.
00:50:08 Je suis sûr que M. Messias...
00:50:11 Il ne faut pas être psychorigide.
00:50:13 Quand le peuple vous crie à une majorité écrasante
00:50:16 et depuis des mois qu'il n'en veut pas,
00:50:18 il faut savoir écouter aussi.
00:50:19 M. Messias, la majorité des Français
00:50:21 était pour la vaccination
00:50:22 et je ne crois pas que ça vous a rendu
00:50:24 pour la vaccination.
00:50:25 J'étais pas contre.
00:50:26 Et j'étais pas au pouvoir.
00:50:29 Je n'ai pas le rapport en fait.
00:50:31 Là vous êtes au pouvoir, vous êtes aux manettes.
00:50:33 Vous me direz demain si l'opinion publique
00:50:35 ne va pas dans votre sens.
00:50:37 Alors là c'est vous qui...
00:50:39 J'ai l'impression que je me suis fait un petit peu endormir
00:50:41 parce que je vous parle d'impunité des institutions
00:50:43 et vous me faites l'anguille.
00:50:45 Et résultat, je n'ai pas de réponse.
00:50:47 Je vous rappelle que ce soir,
00:50:48 votre gouvernement a engagé,
00:50:50 enfin cet après-midi,
00:50:51 le gouvernement a engagé la responsabilité,
00:50:53 enfin la Première Ministre a engagé
00:50:54 la responsabilité de son gouvernement
00:50:56 au lieu de procéder à un vote démocratique.
00:50:59 Et vous me répondez à côté.
00:51:01 Mais la procédure du 49 aliéna 3 de la Constitution,
00:51:04 je rappelle qu'elle peut provoquer
00:51:06 un vote démocratique puisque les oppositions sont fondées...
00:51:09 La motion de censure.
00:51:10 Les oppositions sont fondées...
00:51:11 On va aller réentendre la Première Ministre.
00:51:12 Elles ne sont pas obligées de le faire.
00:51:13 Elles sont fondées à proposer une motion de censure.
00:51:15 Mais moi ce qui m'intéresse,
00:51:16 ce n'est pas la motion de censure,
00:51:18 c'est la motion de proposition.
00:51:19 Quelles sont les propositions ?
00:51:21 Allez, on va changer un petit peu
00:51:23 du Rassemblement National,
00:51:24 mais aussi de la NUPS
00:51:25 et notamment de la France Insoumise,
00:51:27 pour réformer notre modèle de retraite,
00:51:28 pour permettre aux Français
00:51:30 d'avoir une retraite par répartition
00:51:32 qui n'aille pas taper dans leurs impôts
00:51:34 à la fin du mois,
00:51:35 qui baisse leur salaire
00:51:36 ou qui augmente les charges des employeurs
00:51:38 et donc qui grève l'emploi dans notre pays.
00:51:40 Où sont les propositions à la base ?
00:51:41 Où sont les propositions à la base ?
00:51:42 Il y a des motions de censure.
00:51:43 Il y a des motions d'obstruction.
00:51:44 Il y a jamais de motion de proposition.
00:51:46 Je suis en train de vous en faire des propositions.
00:51:48 Vous n'avez pas écouté pendant 6 jours
00:51:50 à l'Assemblée Nationale.
00:51:51 Si vous voulez, vous pouvez écouter maintenant.
00:51:53 Donc pourquoi vous n'avez pas accepté l'idée
00:51:55 de mettre à contribution
00:51:56 les dividendes qui sont versés aux actionnaires
00:51:58 pour cotiser au système de retraite ?
00:52:00 Il y a eu un record de versement
00:52:02 de dividendes aux actionnaires du CAC 40 l'année dernière.
00:52:04 80 milliards d'euros.
00:52:05 Ce pactole, il ne finance en rien
00:52:07 le système de protection sociale.
00:52:09 Là, vous aviez un moyen.
00:52:11 Vous aviez un outil.
00:52:13 Pourquoi est-ce que vous n'acceptez pas ?
00:52:15 Pourquoi est-ce que vous n'acceptez pas ?
00:52:16 Vous vouliez des propositions,
00:52:17 je vous en fais quelques-unes s'il vous plaît.
00:52:19 Pourquoi est-ce que vous n'acceptez pas l'idée, par exemple,
00:52:21 d'augmenter les salaires et les cotisations ?
00:52:23 Parce que ce qui fait le socle du financement
00:52:25 de notre système de protection sociale,
00:52:27 c'est évidemment les salaires.
00:52:28 Donc quand vous avez une politique comme la vôtre
00:52:30 qui consiste à comprimer le plus possible les salaires,
00:52:33 qui consiste à refuser d'augmenter le SMIC, par exemple,
00:52:35 mécaniquement, vous creusez le déficit
00:52:37 du système de protection sociale.
00:52:39 À l'inverse, si vous aviez une politique
00:52:41 qui était ambitieuse, qui à la fois
00:52:42 donnait du pouvoir d'achat aux gens,
00:52:44 augmentait leurs salaires
00:52:45 et permettrait d'augmenter les cotisations,
00:52:47 là vous arriverez à financer le système
00:52:49 de sécurité sociale.
00:52:51 Pourquoi est-ce qu'ils racontent n'importe quoi ?
00:52:53 Je vous donne des exemples de propositions
00:52:55 qui par contre, c'est vrai, reviennent à une chose,
00:52:57 c'est une meilleure répartition des richesses.
00:52:59 Vous avez évoqué le mot, comme si c'était un tabou
00:53:01 pour vous, celui des riches.
00:53:03 Oui, on a un problème dans notre pays,
00:53:05 c'est la concentration des richesses
00:53:06 entre les mains de quelques-uns,
00:53:08 et notamment des grandes entreprises
00:53:09 qui font énormément de super profits.
00:53:11 Dans une période qui est difficile
00:53:13 pour les Français, peut-être qu'on pourrait
00:53:15 se dire que ces grandes entreprises,
00:53:17 ceux qui ont le plus de richesses,
00:53:19 pourraient faire des efforts.
00:53:21 C'est un discours super démago.
00:53:23 Vous avez dit que c'était démago,
00:53:25 vous n'avez répondu à aucun problème,
00:53:27 et surtout, vous n'avez pas répondu à la colère
00:53:28 qui s'exprime dans la rue.
00:53:29 Parce que c'est facile de dire,
00:53:31 de Thierrojean, Citri pour le SMIC,
00:53:33 à qui vous allez dire, vous allez travailler
00:53:35 deux ans de plus, et qui répondra à ça,
00:53:37 mais sauf que ça ne va pas régler les problèmes
00:53:39 qui vont dans la vie.
00:53:41 C'était les mêmes propositions de la gauche
00:53:43 qui sont venues sur les réformes des retraites
00:53:45 de 2003 ou de 2010, lorsqu'elle est arrivée
00:53:47 au pouvoir. Non, vous savez bien que tout ça...
00:53:49 - Vous en reprenez ça avec les collègues du Parti de Sache ?
00:53:51 - On va poursuivre, on va entendre, s'il vous plaît,
00:53:53 je vais reprendre la parole,
00:53:55 et imposer le rythme
00:53:57 de ces deux heures que l'on passe ensemble,
00:53:59 si ça ne vous dérange pas.
00:54:01 On va entendre, parce que c'est un moment
00:54:03 assez historique, en tout cas,
00:54:05 assez extraordinaire, ce qui s'est passé tout à l'heure
00:54:07 à l'Assemblée nationale, lorsque Elisabeth Borne
00:54:09 est montée à la tribune pour présenter ce fameux 49.3.
00:54:11 Vous et vos collègues de la NUPES,
00:54:13 cher William Martinez et Antonine Marseillaise,
00:54:15 ne vous inquiétez pas, je ne vous demanderai pas
00:54:17 de la chanter avec nous ce soir en plateau.
00:54:19 On entendra ça dans un instant,
00:54:21 mais je voudrais qu'on retourne encore une fois sur le terrain,
00:54:23 parce que Sofia Delay, là encore,
00:54:25 dans les rues de Paris, a priori,
00:54:27 les tensions sont en train de redescendre.
00:54:29 On voit ces camions de force de l'ordre,
00:54:31 les gyrophares qui s'allument derrière vous,
00:54:33 une situation qui est en train d'être maîtrisée.
00:54:35 Vous êtes avec une riveraine qui est assistée
00:54:37 au pic de ces violences,
00:54:39 et qui a même d'ailleurs tenté d'intervenir.
00:54:41 Que peut-elle nous dire ce soir ?
00:54:43 - Ce que je veux vous expliquer,
00:54:47 c'est que depuis une demi-heure maintenant,
00:54:49 vous le voyez rue de la Beau, ici,
00:54:51 comme dans d'autres rues de la capitale,
00:54:53 il y a ces amas de poubelles.
00:54:55 Et ce qu'il faut savoir, c'est que depuis une demi-heure maintenant,
00:54:57 on constate qu'il y a
00:54:59 près de ces amas de poubelles,
00:55:01 des personnes qui restent à côté.
00:55:03 Pourquoi ? Pour qu'on n'y mette pas le feu.
00:55:05 C'est le cas de Marie-Charlotte,
00:55:07 qui est venue nous rencontrer au pied de son immeuble,
00:55:09 rue de la Beau, ici.
00:55:11 Marie-Charlotte, tout à l'heure,
00:55:13 vous avez assisté depuis votre appartement à une scène.
00:55:15 Vous pouvez nous la raconter ?
00:55:17 - Oui, j'étais à la fenêtre,
00:55:19 je sentais les odeurs de brûlé,
00:55:21 et en fait j'ai vu quelqu'un qui voulait allumer
00:55:23 avec son briquet un feu.
00:55:25 J'ai une très grosse voix, j'ai hurlé.
00:55:27 Et donc j'ai fait peur à ces gens-là,
00:55:29 mais ils sont allés mettre le feu un peu plus loin.
00:55:31 Donc ça passe.
00:55:33 Je suis protégée devant chez moi,
00:55:35 mais ça n'a pas servi à grand-chose, je pense.
00:55:37 - Mais ce qu'il faut savoir, c'est que rue de la Beau, ici,
00:55:39 le long de la rue de la Beau, ici,
00:55:41 il y a une petite dizaine de feux de poubelles
00:55:43 qui ont été provoqués par des jeunes
00:55:45 qui tentaient de rejoindre, nous disent-ils,
00:55:47 une manifestation sauvage.
00:55:49 Ils cherchaient cette manifestation sauvage,
00:55:51 Marie-Charlotte.
00:55:53 Est-ce que vous comprenez leur colère
00:55:55 et leur façon de l'exprimer ce soir ?
00:55:57 - Alors moi, je fais vraiment,
00:55:59 comme je vous disais tout à l'heure,
00:56:01 je fais vraiment la part des choses entre une loi,
00:56:03 on a le droit d'être d'accord,
00:56:05 pas d'accord, on a le droit d'exprimer son désaccord,
00:56:09 et les personnes qui cherchent à en profiter
00:56:12 pour mettre le chaos.
00:56:14 Et ça, pour moi, c'est très différent.
00:56:16 La plupart de ces gens-là sont pas ceux
00:56:18 qui sont des travailleurs acharnés,
00:56:20 qui, effectivement, se disent
00:56:22 "cette loi va m'obliger à travailler un peu plus,
00:56:24 donc c'est pas juste", et tout ça.
00:56:26 La plupart du temps, on le dit bien,
00:56:28 ce sont des jeunes qui en profitent
00:56:30 pour un peu mettre le bazar.
00:56:32 - Voilà, donc vous l'aurez compris,
00:56:34 des riverains, rue de la Beau, ici notamment,
00:56:36 qui restent donc ce soir près des poubelles
00:56:38 pour être sûrs que ces poubelles
00:56:40 ne soient pas incendiées au pied de leurs immeubles.
00:56:42 - Merci beaucoup, Sophia Delay, au coeur de Paris,
00:56:44 où les tensions ont éclaté cet après-midi
00:56:46 et jusque tard ce soir.
00:56:48 La situation s'apaise tout juste depuis quelques minutes.
00:56:51 Si vous nous rejoignez, il est quasiment 23h,
00:56:53 bienvenue à vous sur CNews.
00:56:55 La réaction de la rue ne s'est donc pas fait attendre
00:56:57 ce soir, alors que le gouvernement a choisi
00:56:59 le passage en force de la rue.
00:57:01 Le gouvernement a choisi le passage en force
00:57:03 pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites.
00:57:05 La décision de recourir au 49.3 a été annoncée
00:57:07 par la Première ministre cet après-midi
00:57:09 face à l'hémicycle. Résultat, je vous le disais,
00:57:11 cette réaction de la rue,
00:57:13 ces tensions sur la place de la Concorde
00:57:15 dans un premier temps évacuées,
00:57:17 dispersées, puis ces manifestations sauvages
00:57:19 qu'on a pu suivre ensemble en direct
00:57:21 et qu'on a décryptées depuis plus d'une heure maintenant.
00:57:23 Je voudrais qu'on retourne à l'Assemblée nationale
00:57:25 puisque ce qui a mis le feu au poudre,
00:57:27 ce qui a déclenché ce que nous débriefons,
00:57:29 depuis un moment maintenant,
00:57:31 c'est cette prise de parole à la tribune d'Elisabeth Borne
00:57:33 tout à l'heure pour expliquer son choix.
00:57:35 Un discours largement masqué par le chahut
00:57:37 de M. Martinet, des élus de la
00:57:39 NUPES qui ont chanté "La Marseillaise".
00:57:41 - Vous dites ? - Le plaidre coupable.
00:57:43 - Oui, mais en même temps, vous n'avez pas le choix.
00:57:45 - Il y a des images, oui.
00:57:47 - Et "La Marseillaise", ainsi que des
00:57:49 pancartes hostiles à la réforme. Regardez en longueur
00:57:51 parce que c'est vraiment impressionnant.
00:57:53 Si vous n'avez pas suivi ça en direct tout à l'heure,
00:57:55 c'est assez historique ce qui s'est passé.
00:57:57 - Il y a une séance qui était suspendue avant que
00:57:59 la Première ministre ne puisse dégainer
00:58:01 ce fameux 49 francs. Regardez.
00:58:03 - La parole est à Madame la Première ministre.
00:58:05 (Applaudissements)
00:58:07 (Musique)
00:58:09 (Applaudissements)
00:58:11 (Musique)
00:58:13 (Applaudissements)
00:58:15 (Musique)
00:58:17 (Applaudissements)
00:58:19 (Musique)
00:58:21 (Applaudissements)
00:58:23 (Musique)
00:58:25 (Applaudissements)
00:58:27 (Musique)
00:58:29 (Applaudissements)
00:58:31 (Musique)
00:58:33 (Applaudissements)
00:58:35 (Musique)
00:58:37 (Applaudissements)
00:58:39 (Musique)
00:58:41 (Applaudissements)
00:58:43 (Musique)
00:58:45 (Applaudissements)
00:58:47 (Musique)
00:58:49 (Applaudissements)
00:58:51 (Musique)
00:58:53 (Applaudissements)
00:58:55 (Musique)
00:58:57 (Applaudissements)
00:58:59 (Musique)
00:59:01 (Applaudissements)
00:59:03 (Musique)
00:59:05 (Applaudissements)
00:59:07 (Musique)
00:59:09 (Applaudissements)
00:59:11 (Musique)
00:59:13 (Applaudissements)
00:59:15 - Je vous remercie.
00:59:17 Je vais demander à chacun des parlementaires
00:59:19 qui brandit une pancarte
00:59:21 de bien vouloir cesser immédiatement.
00:59:23 Cela est contraire à notre règlement.
00:59:25 La parole est à Madame la Première ministre.
00:59:27 (Applaudissements)
00:59:29 (Applaudissements)
00:59:31 (...)
00:59:33 (...)
00:59:35 (...)
00:59:37 - La séance est suspendue pour deux minutes.
00:59:39 Mes chers collègues, je vous remercie
00:59:41 de regagner vos places. La séance va reprendre.
00:59:43 La parole est à Madame la Première ministre.
00:59:45 (Applaudissements)
00:59:47 (...)
00:59:49 (Applaudissements)
00:59:51 (...)
00:59:53 (Applaudissements)
00:59:55 (...)
00:59:57 (Applaudissements)
00:59:59 (...)
01:00:01 (...)
01:00:03 (...)
01:00:05 - Je suis attachée à notre modèle social.
01:00:07 Je crois dans la démocratie parlementaire.
01:00:09 C'est sur votre réforme,
01:00:11 sur le texte du Parlement,
01:00:13 fruit d'un compromis
01:00:15 entre les deux assemblées,
01:00:17 que je suis prête
01:00:19 à engager ma responsabilité.
01:00:21 (Applaudissements)
01:00:23 (...)
01:00:25 (...)
01:00:27 de l'article 49, allinéatroi de la Constitution, j'engage la
01:00:36 responsabilité de mon gouvernement sur l'ensemble du projet de loi de
01:00:42 financement rectificatif de la Sécurité sociale pour 2023, modifié
01:00:47 par l'amendement de coordination communiquée à l'Assemblée nationale.
01:00:52 Je n'en doute pas, à l'engagement de la responsabilité du gouvernement
01:00:57 répondront une ou plusieurs motions de censure.
01:01:01 Un vote aura donc bien lieu, comme il se doit.
01:01:05 Et c'est donc la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot.
01:01:10 Madame la Première ministre, je vous remercie.
01:01:16 Jean-Messia voulait y réagir.
01:01:18 C'est vrai que c'est assez surréaliste ce qui s'est passé dans l'hémicycle
01:01:20 aujourd'hui, un commentaire.
01:01:22 Oui, alors moi, entendre la Marseillaise au sein de l'Assemblée
01:01:27 nationale, ça m'a fait vibrer, comme beaucoup de Français.
01:01:32 C'est la première fois que la NUPES vous fait vibrer ?
01:01:33 Justement, maintenant, quand j'ai vu que c'était effectivement la France
01:01:38 insoumise, qui est un parti, selon moi, anti-national, brailler l'hymne
01:01:42 national, un parti qui veut soumettre la France à l'islam et à l'invasion,
01:01:48 chanter l'hymne national, ça m'a pour le coup un peu refroidi.
01:01:52 Ça, c'est la première chose.
01:01:53 La deuxième chose, c'est qu'Elizabeth Borne s'est fait un peu piéger,
01:01:57 si je puis dire, comme une mouche sur du papier Tumouch.
01:02:00 Parce que la réalité, elle a concédé, elle a fait énormément de concessions
01:02:06 aux Républicains.
01:02:07 C'est le fusible, elle l'a mise elle-même.
01:02:08 Le problème, c'est que, attendez, il faut quand même être d'une naïveté
01:02:11 confondante pour faire confiance à un parti, les Républicains, qui a
01:02:15 effectivement tant trahi par le passé.
01:02:18 On peut remonter au traité de Lisbonne, qui a été complètement trahi
01:02:22 par Sarkozy.
01:02:23 La trahison n'est-elle pas transpartisane en politique ?
01:02:26 Trahisseurs électeurs.
01:02:27 Le référendum de 2005, qui a été trahi par Sarkozy en 2007.
01:02:31 Bref, on peut citer énormément d'exemples.
01:02:34 Donc, faire confiance à un parti pareil en faisant des concessions
01:02:38 et en pensant qu'il va vous renvoyer l'ascenseur parce qu'il est fidèle
01:02:41 à ce qu'il vous dit, elle en a eu pour ses frais.
01:02:44 Et donc, effectivement, on ne peut que saluer encore une fois,
01:02:47 et je le répète, les députés des Républicains qui ont eu le courage
01:02:51 de ne pas voter cette réforme.
01:02:53 En tout cas, personne n'a voté.
01:02:54 Non, non, je veux dire, d'avoir exprimé un refus, parce que c'est
01:02:57 aussi ça.
01:02:58 Oui, bien sûr.
01:02:58 C'est ce qui les a poussés.
01:02:59 Dans les calculs gouvernementaux, ils ont participé.
01:03:01 Elisabeth Borne n'a pas réussi à obtenir les voix qui manquaient
01:03:04 pour faire passer le texte.
01:03:05 C'est pour ça que...
01:03:06 Alors, je voudrais faire réagir les députés quand même sur le plateau.
01:03:09 Rebaraida d'abord, comment avez-vous vécu ce moment où la
01:03:13 NUPES s'est emparée de l'Assemblée pour censurer d'une certaine façon
01:03:17 le discours d'Elisabeth Borne ?
01:03:19 Et d'un autre côté, j'ai envie de vous poser cette question.
01:03:22 Drôle de démocratie.
01:03:23 Quand on n'est pas sûr de passer, on passe en force.
01:03:25 Encore une fois, c'était la tragique illustration du chaos que la
01:03:30 NUPES et la France Insoumise voulaient instiller à l'Assemblée
01:03:33 nationale depuis le début des débats sur cette réforme des retraites.
01:03:36 Et je comprends d'ailleurs qu'il y ait eu peut-être de la frustration
01:03:39 chez certains collègues parlementaires députés qui voulaient
01:03:43 sérieusement travailler sur le texte et qui n'ont pas pu étudier,
01:03:45 par exemple, l'article 7 sur le report de l'âge légal à la retraite.
01:03:48 Vous n'êtes pas jeté dans la gueule du loup avec 49.3 ?
01:03:50 Et si vous étiez dans les tribunes de l'Assemblée nationale ou si
01:03:53 vous avez regardé cet après-midi, vous auriez vu un Jean-Luc
01:03:56 Mélenchon moqueur, rieur...
01:03:58 Il était à l'étage.
01:03:58 ...dans les tribunes du public qui prouve bien qu'il était la
01:04:01 statue du commandeur, celui qui tirait les ficelles de toute
01:04:04 cette mascarade, de tout ce mauvais théâtre de la part de la gauche
01:04:07 depuis le début de la réforme des retraites.
01:04:09 Ce que veut l'opposition de gauche et d'extrême gauche à l'Assemblée
01:04:13 nationale, ce que veulent les extrêmes à l'Assemblée nationale,
01:04:16 c'est que tombent nos institutions, c'est que tombe notre démocratie.
01:04:19 C'est instaurer non pas une alternative, ils n'ont pas de
01:04:22 projet, mais instaurer quelque chose de très autoritaire qui,
01:04:25 en fait, est exactement ce qu'ils essayent de dénoncer.
01:04:28 Ils n'ont pas de programme, ils n'ont pas d'alternative.
01:04:31 Ce n'est pas tant sur vos adversaires politiques que je vous
01:04:34 interroge, monsieur le député.
01:04:35 C'est sur votre majorité et votre groupe à vous.
01:04:38 Ce qu'ils ont fait encore cet après-midi à l'Assemblée nationale,
01:04:41 c'est l'illustration de ce qu'ils veulent faire dans la rue,
01:04:43 le désordre pour les Français.
01:04:44 Ce n'est pas tant de vos adversaires dont j'ai envie que vous me
01:04:47 parliez.
01:04:49 Si je vous posais une question sur eux, évidemment, je serais très
01:04:52 heureux de vous entendre.
01:04:52 Mais là, je vous parle de la démocratie que vous bâtissez quand
01:04:55 on n'est pas sûr de passer.
01:04:56 Je me répète, malheureusement, puisque vous ne m'avez pas
01:04:58 répondu, quand on n'est pas sûr de passer, on passe en force.
01:05:01 Est-ce que c'était la seule solution dans cette situation
01:05:04 aujourd'hui ?
01:05:05 Parlez-moi de vous et de votre réforme.
01:05:07 Je vais vous en parler.
01:05:07 Il y avait trois solutions.
01:05:09 Abandonner la réforme des retraites.
01:05:11 Oui, ça aurait été une ignominie pour les générations futures.
01:05:14 Pas pour les Français en tout cas.
01:05:14 Aujourd'hui, ça aurait été peut-être très populaire d'abandonner
01:05:16 une réforme des retraites.
01:05:17 Ah ben, on ne fait rien.
01:05:19 Voilà.
01:05:19 Et puis...
01:05:20 Non, revenir avec une copie propre dans un an ou deux.
01:05:22 Avec quelque chose de vraiment concret.
01:05:23 Mais les réformes accélérées, elles s'en suffisaient.
01:05:25 Qu'est-ce qu'on se prend la tête avec ça ?
01:05:27 Donc revenir avec une copie plus dure parce que autant de temps
01:05:30 perdu pour réformer les retraites, c'est autant à trouver ensuite
01:05:33 pour sauver notre régime de retraite.
01:05:35 Il y avait la possibilité d'en revenir à une copie initiale
01:05:37 sans aucune concession.
01:05:38 C'est-à-dire, on décale l'âge de départ à la retraite à 64 ans
01:05:42 et basta.
01:05:43 Pas de compensation pour les carrières longues,
01:05:45 pour les femmes, pour les aidants familiaux.
01:05:47 Et puis, il y avait la solution de prendre un texte
01:05:50 au risque qu'il ne soit pas voté, mais qui intègre les concessions
01:05:52 faites à l'opposition pendant les nombreux débats parlementaires
01:05:55 à l'Assemblée, au Sénat, en commission mixte paritaire.
01:05:57 C'est le choix qui a été fait par la Première ministre.
01:05:59 C'est un choix très courageux.
01:06:01 Elle n'était pas redevable aux oppositions de faire ce choix
01:06:04 avec autant de concessions.
01:06:06 Elle le souhaite pour que les Françaises et les Français
01:06:08 se retrouvent dans cette réforme.
01:06:09 Et que même si elle est difficile, elle puisse apporter un plus
01:06:12 plutôt que le régime actuel qui, au passage,
01:06:14 et tous les débats l'ont montré, est aussi injuste.
01:06:17 Nous avons besoin de rapporter de la justice.
01:06:19 Et nous rapportons de la justice dans ce projet
01:06:21 quand bien même nous demandons un effort collectif.
01:06:23 Écoutez, juste Jean-Luc Mélenchon, qui en effet était
01:06:26 à la tribune des observateurs tout à l'heure,
01:06:28 qui après le vote, j'allais dire, non, il n'y a pas eu de vote.
01:06:31 Après le 49.3 divulgué par la Première ministre,
01:06:35 s'est retrouvé également avec les manifestants
01:06:37 place de la Concorde.
01:06:38 C'est là que nous l'avons interviewé.
01:06:41 Je trouve important, significatif, emblématique
01:06:45 qu'il ait fallu cet article 49.3 pour la centième fois
01:06:50 pour passer par-delà la volonté du peuple.
01:06:53 Et bien maintenant, voilà, il faut qu'on soit dans l'action
01:06:55 avec les syndicats et que tout soit fait qui permette
01:06:59 que la loi soit retirée.
01:07:01 Car chaque jour qui passe, pour ma part,
01:07:03 ma confiance dans l'idée qu'elle ne soit pas maintenue augmente.
01:07:07 Et je crois que comme moi, beaucoup de gens le ressentent aussi.
01:07:10 - Tatiana, vous voulez réagir ?
01:07:11 - Je voulais réagir à ce que vous disiez, monsieur le député,
01:07:13 parce que vous expliquez qu'en fait, vous aviez un texte
01:07:15 qui était parfait, mais que vous avez cela dit,
01:07:17 fait des concessions pour faire plaisir à tout le monde.
01:07:19 Mais si je peux me permettre, et ça a bien été justement
01:07:21 votre problème, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis,
01:07:23 c'est que parmi les mesures, non seulement on s'est rendu compte
01:07:26 que les femmes étaient lésées dans votre première mouture
01:07:28 de projet de réforme des retraites, deuxièmement,
01:07:30 que la pénibilité n'était pas prise en compte,
01:07:32 ou mal prise en compte, que les carrières longues
01:07:34 étaient complètement mises de côté et certains mêmes
01:07:37 étaient pénalisés alors qu'ils commençaient par là-même
01:07:39 à travailler extrêmement tôt.
01:07:40 Et donc en fait, vous avez plutôt rectifié le tir,
01:07:42 si j'ose dire.
01:07:43 Certes, vous avez fait des concessions, par exemple,
01:07:45 qui ont été faites au Sénat sur les mères de famille
01:07:47 avec une surcote de 5 %, mais pour certaines autres choses,
01:07:50 vous avez rectifié des choses qui étaient un problème.
01:07:52 Souvenez-vous quand même de la boulette de Franck Rester,
01:07:54 qui nous expliquait qu'en réalité, les femmes allaient être lésées
01:07:57 par cette réforme des retraites, donc il faut être quand même
01:07:58 un petit peu juste.
01:07:59 C'est pas contre vous, mais j'allais y amender,
01:08:01 je vais pas m'être honnête dans les arguments que vous dégainez.
01:08:03 Par ailleurs, pour ce qui est des députés,
01:08:06 moi, je dirais pas que les Républicains ont eu le courage
01:08:09 de dire ce qu'ils allaient faire ou pas.
01:08:11 Ça a justement été bien le souci pour Emmanuel Macron,
01:08:13 c'est qu'il était dans un tel flou par rapport aux députés
01:08:16 les Républicains qui allaient voter pour ou s'abstenir,
01:08:19 certains mêmes disant à certains journalistes
01:08:22 "5 minutes avant, je vais m'abstenir",
01:08:24 et d'autres "juste 5 minutes après les mêmes,
01:08:26 je vais voter contre", donc il y avait un tel flou
01:08:28 qu'Emmanuel Macron ne pouvait pas prendre le risque
01:08:30 ne sachant pas du tout,
01:08:31 - Ah, ça aurait été horrible. - exactement, député,
01:08:33 - Il aurait fait preuve de panache. - aller voter pour lui
01:08:35 et aller voter contre, c'était bien ça le souci.
01:08:37 Elisabeth Borne, qui était l'invité du 20h de nos confrères de TF1,
01:08:40 tout à l'heure, elle rappelle que la majorité,
01:08:42 le gouvernement a tout fait pour arriver au vote,
01:08:44 mais sans succès.
01:08:45 Jusqu'à la dernière minute, avec mes ministres,
01:08:50 nous avons tout mis en oeuvre pour réunir une majorité
01:08:53 sur ce texte.
01:08:54 Vous savez, avec le président de la République,
01:08:56 nous voulions aller au vote.
01:08:58 Comme vous le savez, le président des Républicains,
01:09:00 Éric Ciotti, le président du groupe
01:09:03 à l'Assemblée nationale, Olivier Marlex,
01:09:06 voulait voter cette réforme après les compromis
01:09:09 qui ont été trouvés.
01:09:10 J'étais pas en colère, vous savez, j'ai été très choqué.
01:09:14 Je pense que ça ne s'entendait pas forcément dans les micros,
01:09:17 mais quand vous avez des hurlements, des chants
01:09:22 du côté des députés de la NUPES,
01:09:25 des députés du Rassemblement national
01:09:27 qui tapent sur leur pupitre,
01:09:29 des cris où on ne s'entend même pas parler.
01:09:32 Je rappelle que le Parlement, l'Assemblée nationale,
01:09:35 c'est le lieu où on débat.
01:09:37 Donc si on ne veut pas s'écouter,
01:09:39 je pense que ça traduit le fait
01:09:41 qu'un certain nombre de groupes d'opposition
01:09:43 ne respectent pas nos institutions.
01:09:45 -Vous avez choqué la Première ministre,
01:09:47 William Martinet, mais je pense que vous vous en réjouissez.
01:09:50 Je voudrais juste que vous lisiez avec moi
01:09:51 l'indiscrétion du dernier conseiller des ministres
01:09:54 où Emmanuel Macron a rassemblé le gouvernement.
01:09:57 C'est là qu'il a donné sa carte blanche
01:10:00 à la Première ministre sur le 49-3.
01:10:02 Il y aura un vote sur le texte,
01:10:03 il est prévu par nos institutions, c'est la motion de censure.
01:10:06 On ne peut pas jouer avec l'avenir du pays.
01:10:09 Emmanuel Macron qui dit également
01:10:11 que c'est l'intérêt financier du pays qui était en jeu.
01:10:14 Est-ce que ça, vous l'entendez ?
01:10:16 Ou est-ce que vous avez l'impression
01:10:17 que c'est de la fumée historique ?
01:10:17 -Non, non, non, non.
01:10:19 Ce 49-3, la décision de la Première ministre,
01:10:23 peut-être du président de la République,
01:10:25 pour nous, c'est un coup de force démocratique.
01:10:26 Et cette décision, elle finit de priver
01:10:29 ce projet de loi de réforme des retraites
01:10:31 du peu de légitimité qu'il avait.
01:10:33 Parce qu'il faut rembobiner le fil.
01:10:34 C'était certes un engagement d'Emmanuel Macron,
01:10:37 mais Emmanuel Macron est élu au second tour
01:10:41 avec des gens qui vont voter pour faire barrage à l'extrême droite,
01:10:43 pas en adhésion à son programme.
01:10:45 Et Emmanuel Macron lui-même,
01:10:46 dans la campagne de l'entre-deux-tours,
01:10:48 avait bien conscience de tout ça.
01:10:49 Il avait même, à l'entre-deux-tours, dit
01:10:51 "ce projet de réforme des retraites,
01:10:53 je sais que ça fait débat,
01:10:54 peut-être qu'on pourrait l'adopter par référendum".
01:10:56 Emmanuel Macron avait dit ça à l'entre-deux-tours
01:10:58 de la présidentielle pour essayer de récupérer des voix
01:11:01 du côté, notamment, de la NUPES,
01:11:03 ce qui n'était pas encore la NUPES,
01:11:05 ce qui était la gauche et les écologistes.
01:11:07 Donc, premier problème au moment de l'élection présidentielle.
01:11:10 Ensuite, on a l'élection législative.
01:11:13 Au moment de l'élection législative,
01:11:14 quand les Français pouvaient choisir entre,
01:11:16 soit des candidats de la NUPES qui défendaient la retraite à 60 ans,
01:11:19 soit des candidats d'Emmanuel Macron.
01:11:21 Au premier tour,
01:11:22 qui est la coalition qui est arrivée en tête ?
01:11:24 C'est celle de la NUPES.
01:11:25 Il y a un choix politique qui a été fait à ce moment-là.
01:11:27 Et j'en arrive, je finis le film,
01:11:28 mais tout ça a quand même une histoire
01:11:30 qui s'est jouée en quelques mois,
01:11:31 mais qui amène à la crise de maintenant.
01:11:33 Et la dernière séquence, c'est au Parlement.
01:11:35 Quand moi j'entends mon collègue macroniste
01:11:37 nous dire que la NUPES, la France insoumise
01:11:40 ne voulait pas discuter,
01:11:41 mais attendez, quelle hypocrisie !
01:11:42 - Qui a pris la décision du 47-1 ?
01:11:47 - Mais ça c'était au Sénat !
01:11:48 - Non, non, non !
01:11:49 - Ah le 47-1 pour les 50...
01:11:50 Oui, vous avez raison, pardon, pardon, pardon.
01:11:52 Je confonds avec le vote...
01:11:53 - C'est de réduire le temps de débat parlementaire,
01:11:56 de faire passer ce projet de réforme des retraites,
01:11:58 qui est évidemment un projet majeur,
01:12:00 dans le cadre d'un projet de loi de finances
01:12:01 de la Sécurité sociale rectificatif,
01:12:03 qui fait qu'on n'a même pas eu d'études d'impact sérieuses
01:12:06 et qu'on a eu un temps limité pour en débattre.
01:12:08 À l'Assemblée nationale, combien de jours de débat ?
01:12:10 De vrais débats ?
01:12:11 On a eu six jours.
01:12:12 Alors après, on va prendre besoin de l'avis des gens,
01:12:16 mais on va en débattre en six jours.
01:12:17 Et d'ailleurs, vous l'opposition, s'il vous plaît,
01:12:20 en retirez...
01:12:21 Mais vous croyez que vous avez fait quoi ?
01:12:22 Mais nos amendements, c'était quoi ?
01:12:24 Nos amendements, c'était quoi ?
01:12:25 C'était pas du débat ?
01:12:26 Je disais tout à l'heure, on met en contribution
01:12:28 les dividendes pour financer le système de retraite.
01:12:31 C'est pas du débat, ça ?
01:12:32 Et quand on a demandé à M. Dussopt
01:12:35 combien de personnes allaient toucher la retraite à 1 200 euros,
01:12:38 bon, peut-être que ça a eu son utilité, non ?
01:12:40 D'insister sur cette question,
01:12:41 parce que vous l'avez dit tout à l'heure,
01:12:42 effectivement, on est passé de "il y a 2 millions de retraités
01:12:44 qui vont en bénéficier" à la fin, voilà, 10 000 ou 20 000.
01:12:47 Ça, c'est le fruit du débat parlementaire.
01:12:50 -M. Macron a fait beaucoup d'obstructions
01:12:52 pour ne pas arrêter au vol de l'article 7.
01:12:54 -L'obstruction...
01:12:55 Non, il y a une chose très simple, c'est que moi,
01:12:57 je n'accepte pas l'idée d'accepter le cadre du gouvernement,
01:13:01 qui est de dire que pour une réforme aussi importante,
01:13:03 on va en débattre en six jours,
01:13:05 et du coup, ce sera à nous de prendre sur nous, de sacrifier.
01:13:07 Allez, c'est quoi l'amendement qu'on fait disparaître ?
01:13:09 Alors, l'amendement pour prendre en compte la pénibilité
01:13:12 sur le fait de porter des charges lourdes,
01:13:13 allez, ça, je le supprime,
01:13:14 parce que le gouvernement nous a laissé que six jours,
01:13:16 donc vous comprenez, je ne vais pas pouvoir défendre tous mes amendements.
01:13:18 Ça, c'était hors de question.
01:13:20 -Qu'est-ce que vous dites ?
01:13:21 -Je finis sur le manque de légitimité,
01:13:23 parce que même au Sénat, donc du coup,
01:13:25 à l'Assemblée nationale, le texte n'a pas été voté,
01:13:27 et au Sénat, il a été voté, alors cette fois, c'est l'article 44.3,
01:13:30 c'est-à-dire le vote bloqué,
01:13:32 ce qui a réduit la possibilité pour les sénateurs
01:13:35 de défendre leurs amendements.
01:13:36 Donc on a, se cumule cette succession de procédures autoritaires
01:13:41 ou de manques de légitimité,
01:13:43 et ça finit en apothéose avec un 49.3.
01:13:46 Donc là, maintenant, il est temps pour,
01:13:48 que ce soit les députés macronistes,
01:13:49 mais surtout le président de la République,
01:13:51 parce que c'est lui qui a la main là-dessus,
01:13:52 de maintenant, de revenir un peu à la raison.
01:13:54 Quand il y a un texte qui est aussi rejeté
01:13:56 et qui n'a pas de légitimité,
01:13:58 on peut avoir le discours infantilisant que vous avez,
01:14:01 on peut dire "les gens n'ont pas compris,
01:14:03 de toute façon, il n'y a pas le choix,
01:14:04 de toute façon, il n'y a pas d'autres propositions,
01:14:05 je n'arrête pas de vous faire des propositions depuis tout à l'heure,
01:14:07 mais vous répétez en vous, il n'y a pas d'autres,
01:14:08 il n'y a pas de propositions,
01:14:09 vous pouvez avoir le discours qui est méprisant,
01:14:12 mais les gens, du coup,
01:14:13 Julien Martinel, je reviens vers vous,
01:14:14 Robin Reda, tout de suite,
01:14:16 mais je voudrais,
01:14:17 ce qui fait que plus vous défendez votre réforme de cette façon,
01:14:19 plus l'opposition à la réforme augmente,
01:14:21 ça, ça devrait vous mettre la puce à l'oeil quand même,
01:14:23 mais vous utilisez vos arguments,
01:14:25 plus les gens sont contre cette réforme des retraites.
01:14:27 Robin Reda, je viens vers vous tout de suite,
01:14:29 mais c'est vrai qu'à vous entendre,
01:14:30 j'ai envie de vous opposer à un argument,
01:14:32 parce que ce qui est vrai également,
01:14:34 c'est que le 49.3, il est légal,
01:14:36 il est constitutionnel,
01:14:37 les procès en illégitimité peuvent être assez dangereux,
01:14:41 on voit ces images qui doivent nous interpeller également ce soir,
01:14:44 parce qu'on envoie aussi un message en critiquant ce 49.3
01:14:48 et en disant qu'il est antidémocratique,
01:14:50 c'est-à-dire que toutes les décisions,
01:14:52 aussi légales soient-elles,
01:14:53 elles peuvent être contestées,
01:14:54 et là, il y a une ligne blanche également,
01:14:57 est-ce qu'elle n'est pas en train d'être franchie,
01:14:58 notamment par la NUPES,
01:15:00 et certains éléments des plus radicaux,
01:15:03 c'est dangereux de dire que c'est antidémocratique
01:15:05 quand ça ne l'est pas,
01:15:06 c'est ça que je veux dire.
01:15:07 - Mais est-ce que vous croyez que,
01:15:09 si là sur ce plateau,
01:15:10 je me mets à expliquer à tous les gens
01:15:12 qui refusent cette réforme des retraites,
01:15:14 qui ne veulent pas bosser ces deux années de plus,
01:15:16 si je me mets à leur expliquer,
01:15:17 "ah non mais c'est légal, il faut rentrer dans le rang",
01:15:19 vous croyez que je vais convaincre quelqu'un ?
01:15:21 Vous croyez que ça sert à quelque chose ?
01:15:23 Voilà, les gens ne sont pas fous,
01:15:25 ils savent ce que veut dire la démocratie.
01:15:26 - Ça s'appelle une démocratie ?
01:15:27 - Normalement oui, mais la démocratie...
01:15:28 - Il ne faut pas la rue qu'il y a le dernier moment,
01:15:29 ça devrait rassurer...
01:15:30 - La démocratie, c'est le pouvoir par le peuple,
01:15:33 pour le peuple,
01:15:33 et ce n'est pas ce qui est en train de se passer en ce moment.
01:15:36 Et d'ailleurs...
01:15:36 - Oui mais si on sort du cadre légal, tout est possible.
01:15:38 - Non mais ce discours...
01:15:38 - C'est ça que je veux vous dire.
01:15:39 - Oui mais il y a une différence entre la légalité
01:15:41 et la légitimité démocratique.
01:15:42 Et ce discours qui est en train de monter,
01:15:44 qui est de dire que finalement,
01:15:45 faire une réforme contre laquelle s'oppose
01:15:48 la quasi-totalité des Français,
01:15:50 ce serait une bonne chose,
01:15:51 ce serait une preuve de courage,
01:15:52 ce serait une preuve de responsabilité,
01:15:54 c'est extrêmement dangereux.
01:15:55 Ça c'est un discours autoritaire,
01:15:57 c'est un discours antidémocratique.
01:15:58 Encore une fois, les Français ne sont pas bêtes,
01:16:00 les Français acceptent tout à fait
01:16:02 de réformer le système de retraite,
01:16:04 c'est simplement qu'ils ne veulent pas de votre réforme.
01:16:07 Et ce n'est pas parce qu'on ne veut pas de votre réforme
01:16:09 qu'on ne veut pas changer le système,
01:16:11 qu'on n'est pas capable de faire des propositions.
01:16:14 Il faut réussir à entendre ça.
01:16:15 - Alors Alexandre Devecchio, Carim Abric
01:16:17 et M. le député Raida, je reviens vers vous.
01:16:19 - Je suis tout à fait d'accord,
01:16:21 pour une fois, Alex Kadi, le député,
01:16:23 insoumis, parce que je pense que c'est le...
01:16:25 - Entre Jean-Messiac qui a eu des frissons
01:16:27 à entendre la marseillaise et vous...
01:16:29 - C'est le cœur du problème.
01:16:30 - Ça a changé, ce news.
01:16:31 - C'est le cœur du problème.
01:16:32 - Il y a des idées reçues sur ce news, surtout.
01:16:34 - C'est qu'on a une violente crise de la démocratie représentative
01:16:39 qui dure depuis des années.
01:16:41 Les gens ont un vote,
01:16:42 mais ils ont l'impression de ne plus avoir de voix,
01:16:44 puisque la souveraineté populaire est de moins en moins respectée.
01:16:47 Soit c'est les institutions européennes,
01:16:49 soit ce sont les experts,
01:16:51 soit ce sont des procédures accélérées.
01:16:54 On l'a vu aussi pendant le référendum de 2005,
01:16:57 là, c'est pas Emmanuel Macron,
01:16:59 mais que les parlementaires s'assoient sur la voie
01:17:02 de ce qu'avaient décidé les Français,
01:17:04 je pense que ça participe justement
01:17:06 du fait qu'aujourd'hui,
01:17:09 ils considèrent certaines décisions légales comme illégitimes.
01:17:13 Et je pense que c'est ce problème qu'il va falloir résoudre.
01:17:16 Et ça tombe bien,
01:17:17 parce que dans la Constitution de la Ve République,
01:17:19 il y a un outil pour ça qui s'appelle le référendum.
01:17:22 Alors Emmanuel Macron l'agit de temps en temps
01:17:25 pour faire croire qu'il a du panache.
01:17:27 Je pense que c'est le moment,
01:17:29 effectivement, de consulter les Français.
01:17:31 Je ne suis pas contre la verticalité,
01:17:33 contrairement à Tatiana Ronach-Varzac,
01:17:35 mais dans la Constitution de la Ve République,
01:17:37 il y avait la verticalité,
01:17:38 le général de Gaulle était autoritaire,
01:17:40 mais il s'assurait de sa légitimité régulièrement.
01:17:43 Et quand on a été mal élu par deux fois,
01:17:45 je suis désolé, le cœur de la campagne présidentielle,
01:17:48 ce n'était pas la réforme des retraites,
01:17:49 eh bien on essaie de gouverner justement avec le peuple.
01:17:52 Et de manière générale,
01:17:53 on ne peut pas continuer à gouverner comme ça contre le peuple.
01:17:56 Emmanuel Macron a poussé cette logique très loin,
01:17:58 mais ça avait déjà commencé avant lui.
01:18:00 Quelqu'un dont on a assez peu parlé,
01:18:01 un groupe dont on a assez peu parlé encore ce soir,
01:18:04 c'est le groupe RN,
01:18:04 qui a été fustigé par Elisabeth Borne également
01:18:07 lors de son discours tout à l'heure.
01:18:10 Elle les a qualifiés de trop absents sur ces débats,
01:18:13 attentistes.
01:18:14 Marine Le Pen a surtout vu la nullité du gouvernement
01:18:17 à travers cette réforme.
01:18:19 Et ce 49.3, écoutez-la.
01:18:21 Le fait de dégainer ce 49.3
01:18:23 après avoir claironné partout qu'ils avaient une majorité solide,
01:18:26 démontre en même temps leur nullité, leur amateurisme,
01:18:30 et leur absence totale de respect de la démocratie.
01:18:35 Donc compte tenu de ces circonstances,
01:18:37 Mme Borne doit partir.
01:18:39 À la prochaine élection présidentielle,
01:18:43 Emmanuel Macron doit être battu.
01:18:45 Et la prochaine alternance doit mettre en place
01:18:47 une réforme de retraite beaucoup plus juste.
01:18:49 - C'est quand même un drôle d'aveu d'échec
01:18:52 pour Emmanuel Macron,
01:18:54 qui a tout fait pour aller au vote
01:18:56 et qui finit avec un coup de force contre les Français.
01:18:58 - C'est ça, c'est que déjà hier encore,
01:19:00 on entendait ce discours.
01:19:01 Est-ce que c'était encore une stratégie de communication?
01:19:03 Mais il y avait encore ce discours,
01:19:04 on veut aller au vote, on veut aller au vote.
01:19:07 Donc oui, je vais laisser Marine Le Pen qui est dans son rôle,
01:19:10 mais c'est vrai qu'il y a quand même un échec.
01:19:13 C'est-à-dire qu'il y a eu un échec à convaincre les Français.
01:19:15 On peut comprendre que faire une réforme des retraites,
01:19:18 c'est jamais nécessairement ce qui est très, très populaire
01:19:20 au sein d'un peuple.
01:19:22 Cela dit, de ne pas être capable de convaincre même ses alliés,
01:19:26 c'est-à-dire que ça a été compliqué même pour les Républicains.
01:19:28 En fait, les Républicains voulaient une réforme des retraites
01:19:31 et avec la réforme qui a été proposée,
01:19:33 même là, en fait, ça a été l'inverse.
01:19:35 Il y en a qui ont rétro-pédalé.
01:19:37 Alors il y a cet échec de convaincre finalement des alliés,
01:19:39 cet échec de convaincre un peuple.
01:19:41 Alors c'est pour ça aussi, je pense,
01:19:43 qu'il y a beaucoup de Français qui se sentent floués
01:19:45 dans cette histoire.
01:19:46 - Pourquoi? - Ce n'est pas des alliés.
01:19:48 Attention, Karima, parce que c'est...
01:19:49 - Non, non, mais c'était des alliés pour le vote.
01:19:50 On pensait que ça allait... - C'était justement des opposants
01:19:52 et qui voulaient justement montrer qu'ils étaient justement
01:19:54 un parti de gouvernement, se redonner l'alliance
01:19:56 d'un parti de gouvernement. - Non, mais c'est...
01:19:57 - C'est des alliés, on le voit encore aujourd'hui.
01:19:59 - Non, mais en fait, ce que je dis sur la question des alliés,
01:20:01 c'est que sur la réforme, ils comptaient sur les républicains.
01:20:03 - Oui, ils avaient un rôle clé, en tout cas.
01:20:04 - Oui, on pensait quand même que ça allait...
01:20:06 Enfin, c'est comme une lettre à la poste,
01:20:07 il y a quelques semaines de ça.
01:20:08 - Et oui, il y a deux mois, la majorité,
01:20:11 elle était acquise pour le gouvernement.
01:20:13 - Je pense que c'est profond, ce qui se passe
01:20:14 chez les républicains, contrairement à ce qu'on croit.
01:20:17 Je pense qu'il y a une... - On peut dire
01:20:18 que LR a trahi le gouvernement aujourd'hui?
01:20:19 - Oui. - Ou trahi le gouvernement.
01:20:20 Non, je crois qu'ils ne les ont pas réussi.
01:20:22 - Après avoir autant cédé à la droite, quand même,
01:20:24 derrière, vous vous retrouvez dans cette situation.
01:20:26 - C'est aussi l'échec de deux dirigeants,
01:20:28 je suis désolé de le dire.
01:20:30 - Franchement, LR a humilié la majorité aujourd'hui.
01:20:32 - Bruno Rotailleau et Derrick Ciotti,
01:20:34 qui n'ont pas été capables de convaincre leur troupe.
01:20:37 Et je dis, il y a un schisme profond à droite,
01:20:39 parce qu'il y a en train d'en être,
01:20:40 et moi, je vois ça d'un bon oeil,
01:20:42 une vraie droite populaire,
01:20:44 enracinée dans les régions, proche du peuple,
01:20:47 qui renoue justement avec la souveraineté populaire,
01:20:49 celle qui était celle de Philippe Séguin.
01:20:52 Par exemple, on a beaucoup parlé d'Aurélien Pradié,
01:20:54 mais il y a des gens comme Fabien Di Filippo,
01:20:57 qui ont dit clairement, notre priorité, c'est le travail,
01:20:59 ce n'est pas l'assistanat, on va combattre l'assistanat,
01:21:01 combattre le chômage, et après, peut-être, on fera une réforme.
01:21:04 - Oui. Alors, attendez, tout le monde lève les doigts,
01:21:06 vous êtes gentils, mais je...
01:21:07 - Il va falloir qu'on mette les appareils chic,
01:21:08 écoute un peu la base du parti,
01:21:10 et leurs jeunes députés qui ont compris...
01:21:13 - Karima, qui veut préciser une chose très rapide.
01:21:15 - Oui, c'est ça, mais si je peux me permettre aussi,
01:21:16 je pense que le gouvernement, dès le départ, on disait,
01:21:19 il est obligé d'aller jusqu'au bout,
01:21:20 il va aller jusqu'au bout, il avait l'impression,
01:21:22 il avait la légitimité, il se disait,
01:21:24 je vais aller jusqu'au bout, parce que, les analystes disaient,
01:21:27 s'il ne va pas jusqu'au bout, c'est la fin de son quinquennat.
01:21:29 Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui,
01:21:31 il est encore, finalement, très, très affaibli
01:21:33 de cette décision, et ça va être compliqué
01:21:35 pour la suite des choses, parce que, bon, il est toujours là,
01:21:38 mais avec quel pouvoir, maintenant,
01:21:40 quelle légitimité, dont on se questionne aujourd'hui,
01:21:42 ça va être encore plus compliqué,
01:21:44 je pense que ça va rester une tâche indélébile
01:21:46 sur son gouvernement. - Bien sûr, on peut se demander
01:21:47 si le quinquennat n'est pas fini ce soir, d'ailleurs,
01:21:49 pour cette scène à Rennes-Arbazac. - Deux choses,
01:21:51 pour poursuivre ce que disait Alexandre,
01:21:52 je suis tout à fait d'accord, c'est vrai que...
01:21:53 - Ma question... - Les députés...
01:21:55 Non, non, mais, pardon, je voulais réagir depuis tout à l'heure,
01:21:56 donc je réagis juste deux secondes.
01:21:58 Les députés qui vont, les députés à l'air qui vont sur le terrain
01:22:01 sont confrontés, justement, à des gens,
01:22:03 que ce soit les circonscriptions populaires ou rurales,
01:22:05 qui leur disent, mais en fait, qu'est-ce qui se passe ?
01:22:07 Et donc, le risque, ils savent très bien,
01:22:08 c'est qu'ils soient poussés par le RN, c'est ça, en fait, le risque,
01:22:11 il faut le dire clairement.
01:22:12 Ça, c'est la première chose, et puis, deuxième chose,
01:22:14 c'est vrai qu'il y a, si on pousse le spectre un petit peu plus loin,
01:22:18 c'est vrai que quand on voit ce qui se passe aujourd'hui dans le pays,
01:22:21 on se dit qu'Emmanuel Macron va avoir beaucoup de mal
01:22:23 à faire la suite de son quinquennat, sincèrement,
01:22:25 c'est-à-dire que le prochain projet de loi,
01:22:26 c'est le projet de loi immigration,
01:22:28 où, là aussi, il va y avoir une opposition extrêmement sévère
01:22:31 des Républicains et de la gauche,
01:22:32 parce qu'il y a deux parties de ce projet de loi
01:22:34 qui opposent complètement et la gauche et les Républicains,
01:22:37 on va pas rentrer en détail sur le RN.
01:22:38 - Et le RN, c'est sûr qu'il y aura un 49.3 de nouveau.
01:22:40 - La suite du quinquennat va être extrêmement compliquée.
01:22:43 - Robin Reda, la suite du quinquennat,
01:22:47 elle vous paraît compromise, ce soir,
01:22:50 ou alors pour la majorité, dans trois jours, c'est fini,
01:22:53 il n'y aura plus de casse, laissez les faire,
01:22:56 ils vont s'essouffler tous seuls,
01:22:57 et là, ce serait peut-être une mauvaise évaluation
01:23:00 de la volonté des Français d'aller jusqu'au bout.
01:23:02 - D'abord, je dis à Alexandre de Vecchio que la droite populaire,
01:23:05 ce n'est pas la droite de l'irresponsabilité
01:23:07 ni la droite de l'argent magique.
01:23:09 - Enfin, moi, les gens que je rencontre sur le terrain...
01:23:11 - L'argent magique, vous l'avez inventé, monsieur.
01:23:13 - Les gens que je rencontre sur le terrain...
01:23:17 - À l'époque, il était avec Valère et Pécrince,
01:23:19 il avait déjà changé.
01:23:19 - Les gens que je rencontre sur le terrain,
01:23:21 ils ne m'embrassent pas sur la bouche
01:23:22 pour la réforme des retraites,
01:23:23 mais pardon, y compris la droite populaire de Philippe Séguin,
01:23:26 y compris la droite séguiniste de François Fillon,
01:23:29 a accepté les réformes importantes.
01:23:31 Et pardon de revenir un petit peu en arrière,
01:23:33 mais quand il y a eu la grande réforme de 2010,
01:23:35 qui n'avait pas suscité moins d'opposition,
01:23:37 lorsque l'âge légal est passé de 60 à 62 ans,
01:23:40 il y a eu une opposition forte.
01:23:42 Qu'avait dit Nicolas Sarkozy ?
01:23:43 Qu'avait dit François Fillon ?
01:23:44 Qu'avait dit Éric Woerth ?
01:23:45 Cette réforme, elle est pour 10 ans,
01:23:47 et nous aurons sans doute besoin,
01:23:49 si l'âge de la vie continue d'augmenter,
01:23:53 de faire une nouvelle réforme des retraites.
01:23:54 Et quel aurait été l'état de l'opinion en 2019, en 2020,
01:23:59 s'il n'y avait pas eu de réforme des retraites,
01:24:00 et que nous avions baissé les pensions des retraités,
01:24:03 augmenté les impôts des classes moyennes,
01:24:05 augmenté les charges salariales,
01:24:07 donc baissé les salaires des employés ?
01:24:08 Évidemment que l'opinion publique, et a raison,
01:24:11 aurait été contre un gouvernement
01:24:12 qui aurait sacrifié le modèle de retraite.
01:24:15 Donc pardon d'avoir, évidemment, le mauvais rôle de la responsabilité,
01:24:21 mais moi, je n'ai pas l'impression d'avoir dévié de ma ligne.
01:24:24 Je viens d'une droite républicaine
01:24:25 qui a toujours défendu la réforme.
01:24:27 J'ai des données que tout le monde a,
01:24:30 qui est juste la vérité des chiffres de nos finances publiques,
01:24:33 de notre modèle de retraite.
01:24:34 Je sais que ce n'est pas facile à regarder,
01:24:35 mais si on décentre un peu, si on dézoome un peu,
01:24:38 si nous étions allemands, si nous étions portugais,
01:24:41 si nous étions italiens, si nous étions anglais,
01:24:43 on partira à 65, 66, 67 ans à la retraite.
01:24:46 - Ne mentez pas aux Français !
01:24:48 J'ai commencé à travailler à 25 ans, 25 + 43, ça fait combien ?
01:24:52 - 68. - Si on a fait 5 ans d'études,
01:24:53 et qu'on commence tard, c'est justement la loi du travail.
01:24:58 - Là, vous venez de mettre le doigt sur le péché originel.
01:25:02 - Je ne mets pas du tout le doigt sur le péché originel.
01:25:04 - Vous venez de mettre le doigt sur le péché originel de cette réforme,
01:25:06 parce que si vous étiez parti sur les 43 annuités,
01:25:11 au lieu de parler d'âge, je pense que nous n'en serions pas là aujourd'hui.
01:25:13 - D'accord, donc si vous commencez à 27 ans,
01:25:15 43 annuités, ça fait 70 ans à la retraite.
01:25:17 - Ne dit pas que les gens vont partir à 64 ans, ce n'est pas vrai.
01:25:19 - 40% des Français continueront de partir à 62 ans, je vous signale.
01:25:23 Parce que je vous rappelle juste que les 64 ans, c'est en 2030.
01:25:25 On est en train de déchaîner la réforme.
01:25:27 Ce n'est pas 64 ans au mois de septembre.
01:25:30 - Personne n'a dit ça.
01:25:31 - Si, à un moment, quand on entend les discours,
01:25:32 on a l'impression que les deux ans en ferme de retraite, c'est 60...
01:25:35 Mais non, parce que...
01:25:36 - On comprend que c'est deux ans de plus.
01:25:38 - On comprend que c'est deux ans de plus.
01:25:39 On comprend que grâce aux compromis qui ont été trouvés,
01:25:42 il y a 40% des Français qui continueront de partir avant 62 ans.
01:25:46 Qu'avant que vous partiez à 64 ans,
01:25:48 il va s'écouler six ans.
01:25:50 - Vous avez expliqué qu'avec votre réforme,
01:25:52 ils vont travailler deux ans de plus.
01:25:53 - Vous faites newser, vous faites newser,
01:25:56 vous faites newser au bas ou cas les Français.
01:25:58 - Ils ont commencé à 16 ans, ils vont travailler deux ans de plus.
01:26:01 - Si on avait que les 43 ans et pas la bande de l'âge légal,
01:26:05 si vous commenciez à travailler à 27 ans,
01:26:07 parce que vous avez fait de longues études et c'est heureux pour vous,
01:26:09 vous partiriez...
01:26:10 - C'est la moyenne des Français âgés de 25.
01:26:12 - Si on prend 43 ans et que vous commencez à 27 ans,
01:26:14 vous finiriez à 70 ans.
01:26:16 - Mais il y aura une décolle qui va s'appliquer.
01:26:18 - C'est pour ça qu'il y a une bande d'âge maximale à 67 ans.
01:26:22 Tout comme si vous avez commencé à travailler tôt,
01:26:25 il y a des configurations où vous allez peut-être faire plus de 43 annuités,
01:26:28 mais vous allez partir à 60 ans.
01:26:30 - C'est pas audible pour les gens qui ont commencé à travailler à 16 ans.
01:26:33 - Le régime de retraite par répartition, il est comme ça
01:26:35 depuis le Conseil national de la résistance.
01:26:37 Je vous rappelle juste qu'en 1965,
01:26:39 quand il y avait 4 actifs pour payer la pension d'un retraité,
01:26:41 la retraite, elle était à 65 ans.
01:26:43 Entre-temps, on a fait l'erreur sous François Mitterrand
01:26:45 de passer la retraite à 60 ans en faisant croire aux Français
01:26:48 qu'on pouvait travailler moins,
01:26:49 quand en Europe, tous les autres pays travaillaient plus.
01:26:52 Et donc aujourd'hui, oui, on est aussi dans ce phénomène
01:26:53 de rattrapage des erreurs de la gauche.
01:26:55 - La collectivité, elle a été multipliée par la gauche.
01:26:57 - La seule chose que je vous demande,
01:26:59 c'est de pas vous chevaucher les uns les autres.
01:27:01 Jean Messiaen.
01:27:01 - Non, mais d'abord, la productivité, effectivement,
01:27:03 a quintuplé depuis la date que vous avez citée,
01:27:05 c'est-à-dire entre 65 et aujourd'hui.
01:27:07 Donc le raisonnement linéaire et quantitatif
01:27:09 ne veut absolument rien dire d'un point de vue économique
01:27:11 ni même d'un point de vue financier.
01:27:13 La deuxième chose, je vous ai entendu avec beaucoup d'attention
01:27:15 nous parler d'argent magique,
01:27:17 mais je suis tombé de ma chaise.
01:27:19 Vous avez tellement multiplié les chèques en bois depuis 3 ans,
01:27:26 qu'on va vous délivrer le diplôme de charpentier
01:27:28 à la moitié d'entre vous
01:27:29 et les diplômes de venu ici à votre moitié.
01:27:32 - Il me semble que...
01:27:33 - Oui, mais ce n'est pas le problème.
01:27:34 - Ce n'est pas une histoire.
01:27:35 - Ce n'est pas le problème, vous l'avez sorti où, l'argent ?
01:27:36 C'est bien de l'argent magique.
01:27:37 - D'accord, mais il y a eu...
01:27:38 - On a la finalité, on peut en discuter.
01:27:40 - Il y a eu un compromis politique, M. Messiaen.
01:27:42 - C'était quand même un argent...
01:27:44 - Un consensus public.
01:27:45 - C'était quand même un argent magique.
01:27:46 - Vous vouliez laisser tomber les gens pendant la crise du Covid.
01:27:48 - Allez, attendez.
01:27:49 - Vous vouliez que tout le monde attrape le Covid.
01:27:51 - Je vous ai laissé terminer, mais arrêtez avec ça.
01:27:54 Mais qu'est-ce que c'est que cette accusation à la loi ?
01:27:56 - Vous nous avez parlé du confinement, de la vaccination.
01:27:58 - Exactement, je pense que le confinement...
01:27:59 - En l'occurrence, la vaccination, c'est vous qui l'avez mis sur le tablier.
01:28:02 - Le confinement était abusif, le pass sanitaire était liberticide.
01:28:05 Oui, on peut en parler de cette politique.
01:28:06 - Là, on ne fait pas un débat Covid.
01:28:07 - Non, mais j'assume.
01:28:08 - Et ensuite, sur la réforme des retraites...
01:28:10 - Ce n'est pas un retour vers le futur, là.
01:28:11 On n'est pas en 2020.
01:28:12 - On peut en placer une ou pas ?
01:28:13 - Monsieur le député, est-ce que je peux vous permettre de vous demander
01:28:15 de laisser parler vos camarades de table ?
01:28:18 - Non, mais parce qu'en fait, ils sont tellement habitués aux monologues,
01:28:20 qu'on ne peut pas parler avec eux.
01:28:22 Non, donc sur la réforme stricto sensu, effectivement qu'à 62 ans,
01:28:28 il n'y a effectivement pas tous les Français qui peuvent partir
01:28:30 à prendre une retraite à taux plein à 62 ans.
01:28:33 Ça, c'est un fait.
01:28:34 Mais ils veulent quand même conserver la possibilité de partir à 60 ans,
01:28:39 fusse avec une décote.
01:28:42 Alors que là, ce que vous leur enlevez, c'est cette liberté-là.
01:28:44 C'est-à-dire qu'en réalité, au lieu de pouvoir partir avec une décote à 62 ans,
01:28:49 vous leur dites "Ah non, vous allez rire,
01:28:50 vous allez devoir partir avec une décote à 64 ans".
01:28:53 Et ça, c'est inacceptable.
01:28:55 Donc en fait, ce que vous faites,
01:28:56 ce n'est pas d'améliorer financièrement le système.
01:28:59 Ce que vous faites, c'est que vous privez les Français d'une liberté.
01:29:02 C'est tout.
01:29:03 - La liberté d'être pauvre, oui, c'est ça.
01:29:05 - Mais attendez, mais...
01:29:06 - La liberté d'être un retraité pauvre...
01:29:08 - Non, mais excusez-moi...
01:29:10 - Ils ont une décote parce qu'ils ont été au chômage avant,
01:29:12 vous les appauvrissez, vous appauvrissez leur pension,
01:29:14 et c'est ça que vous voulez au final, je pense.
01:29:17 - Et surtout, de quoi auront-ils l'air
01:29:20 quand vous allez les obliger à travailler à cause des 43 annuités
01:29:23 jusqu'à 68, 69 ou 70 ans,
01:29:26 parce que vous dites que ça s'arrête en 67 ans ?
01:29:27 - Vous racontez n'importe quoi.
01:29:28 - Il faut continuer à vivre quand même.
01:29:30 - On va avancer, parce qu'il reste...
01:29:31 - Dans la réforme, la borne à 67 ans sans décote, elle reste...
01:29:35 - Mais attendez, si vous pouvez pas vivre, vous allez bien...
01:29:37 - Si la réforme touraine, vous avez dit qu'il fallait garder la réforme,
01:29:40 - Prétendez que j'ai un peu d'autorité, s'il vous plaît, sur ce plateau.
01:29:42 - La réforme de François Hollande...
01:29:43 - Prétendez que j'ai un peu d'autorité sur ce plateau,
01:29:45 et laissez-moi en place, s'il vous plaît, chers amis.
01:29:48 William Martinez, je sais que vous voulez prendre la parole,
01:29:50 mais j'ai besoin qu'on avance, et je reviens vers vous dans une seconde.
01:29:52 La réforme des retraites est considérée comme adoptée,
01:29:55 sauf, sauf si une mention de censure est déposée avant demain 15h,
01:30:00 et bien sûr, votez.
01:30:02 Écoutez ce qu'en dit la patronne du RN,
01:30:05 en tout cas du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen.
01:30:10 Ils ont cru qu'ils avaient une majorité.
01:30:12 Et au dernier moment, ils se sont rendus compte qu'ils ne l'avaient pas,
01:30:13 ils dégainent un 49-3,
01:30:15 dans des conditions qui sont évidemment insupportables.
01:30:19 Le 49-3, c'est un texte qui est là pour,
01:30:21 en quelque sorte, forcer la main de la majorité.
01:30:24 Et là, en l'espèce, ils forcent la main de l'ensemble de l'Assemblée,
01:30:29 et même de l'ensemble du peuple français.
01:30:31 Donc nous allons déposer une motion de censure,
01:30:33 nous voterons l'ensemble des motions de censure déposées.
01:30:36 Je pense que Mme Borne aurait dû terminer son laïus
01:30:38 en disant qu'elle partait.
01:30:40 Mais bien sûr, elle aurait dû évidemment présenter sa démission,
01:30:44 car il s'agit là d'un constat d'échec majeur.
01:30:47 Mais pas seulement pour elle, allez, soyons justes et soyons honnêtes.
01:30:50 C'est un constat d'échec majeur pour Emmanuel Macron.
01:30:53 – Et vous, William Martinet de la LFI, bien sûr,
01:30:57 est-ce que vous, vous voteriez toutes les motions de censure ?
01:30:59 – Excusez-moi, je me permets d'abord de rebondir sur un propos
01:31:02 qui a été tenu juste avant.
01:31:03 – Si vous me permettez de répondre à ma question.
01:31:04 – Et après je réponds à votre question.
01:31:06 – Parce qu'il y a eu la question des comparaisons internationales,
01:31:10 c'est-à-dire des systèmes de retraite dans les autres pays.
01:31:13 Ça c'est un argument qui est très souvent utilisé…
01:31:14 – Dans beaucoup de pays d'Europe, on part à 64, 65, voire à 66.
01:31:17 – Oui, mais en fait non.
01:31:18 Non, non, non, non, non.
01:31:19 Cet argument est utilisé pour faire culpabiliser les Français,
01:31:22 pour leur faire croire qu'ils sont feignants
01:31:23 et que du coup ils devraient accepter cette réforme des retraites.
01:31:26 Mais les systèmes de retraite sont toujours complexes,
01:31:28 parce qu'il y a des durées de cotisation,
01:31:29 il y a des bornes d'âge, etc.
01:31:31 Mais si on regarde l'âge réel auquel les Français partent,
01:31:35 et les Européens, la moyenne européenne c'est 64 ans,
01:31:38 les Français c'est 64 ans aussi.
01:31:40 Voilà, donc ça c'est une réalité,
01:31:42 ce n'est pas un argument qui peut être utilisé pour faire culpabiliser les gens.
01:31:45 Et j'en rajoute un, là où il y a un point
01:31:48 sur lequel le système français se différencie des autres,
01:31:51 par exemple par rapport au système allemand.
01:31:53 Combien est-ce qu'on a de retraités
01:31:54 qui sont sous le seuil de pauvreté en Allemagne ?
01:31:56 300 000.
01:31:57 Combien on en a en France ?
01:31:58 100 000.
01:31:59 Parce que jusqu'à présent, on avait un système de retraite qui…
01:32:02 – Plus d'habitants en Allemagne.
01:32:03 – Oui, mais pas trois fois plus.
01:32:05 – Non, vous avez raison.
01:32:06 – Je n'ai pas le coefficient en tête, mais pas trois fois plus.
01:32:08 Donc jusqu'à présent, on avait un système de retraite
01:32:10 qui arrivait en partie à protéger de la pauvreté,
01:32:13 c'était une de ses forces, et c'est une des choses
01:32:15 malheureusement qui va être remise en cause.
01:32:17 Donc tout ça pour dire que tous les arguments qui consistent à dire
01:32:19 "regardez comment ça se fait ailleurs, on est obligés de faire pareil,
01:32:23 de toute façon la vérité elle est de notre côté",
01:32:25 là je fais le discours macroniste,
01:32:26 je pense que les gens ont bien compris que tout ça était du pipeau.
01:32:29 Et maintenant je réponds à votre question.
01:32:31 – Est-ce que vous voteriez toute l'émotion de censure
01:32:33 si une motion de censure est déposée par le RN, la voterez-vous ?
01:32:37 Alors que le RN annonce qu'il voterait une motion de censure de la NUPES par exemple.
01:32:41 – Moi je vais voter la motion de censure qui peut-être peut gagner,
01:32:44 parce que c'est ça qui me paraît le plus intéressant,
01:32:46 c'est-à-dire à la fois d'empêcher…
01:32:47 – A priori aucune ne va gagner, c'est ça aussi.
01:32:50 Si LR n'est pas dans le vote, vous…
01:32:52 – Vous pointez du doigt le bon sujet.
01:32:54 Celle qui peut gagner, c'est celle qui est déposée
01:32:57 par les collègues du groupe Liott.
01:32:58 C'est sur celle-là qu'est l'enjeu, et évidemment on la votera…
01:33:01 – C'est ce qu'est le centre droit, c'est ça, on est d'accord ?
01:33:04 – Oui, avec des indépendants, c'est tout le monde peut plus varier qu'avec ça.
01:33:08 On votera cette motion de censure.
01:33:10 Vous nous dites, ça ne passera pas à cause des députés LR.
01:33:14 – Je me prie à ce qu'a dit Eric Ciotti, notamment aujourd'hui,
01:33:16 on va l'entendre en une minute.
01:33:17 – Bon exemple, parce que déjà, qui il y a deux mois,
01:33:20 au début de cette mobilisation, pouvait anticiper le fait
01:33:24 que le gouvernement n'arriverait pas à obtenir de majorité
01:33:27 à l'Assemblée nationale ? Personne.
01:33:28 C'est parce qu'il y a eu un mouvement social très fort,
01:33:30 que les lignes ont bougé, et que des députés, notamment LR,
01:33:33 ont fini par refuser le principe de voter cette réforme.
01:33:37 Donc moi je pense que d'ici les quelques jours
01:33:39 qui vont précéder le vote de cette motion de censure,
01:33:43 il faut que le mouvement social dans le pays soit encore plus puissant,
01:33:46 il faut aller discuter, il faut que les syndicalistes,
01:33:48 il faut que les Français aillent discuter avec leurs députés,
01:33:51 et notamment les députés LR, pour leur dire,
01:33:53 "votez cette motion de censure".
01:33:55 Parce que M. Ciotti peut dire "on ne votera pas",
01:33:57 mais en même temps M. Ciotti avait dit "on votera la réforme des retraites",
01:34:00 et on a vu ce qui s'est passé.
01:34:01 Donc là il se dit "on ne votera pas la motion de censure",
01:34:03 ça n'engage pas grand monde.
01:34:05 Donc je pense que c'est possible,
01:34:07 mais que ça dépend de la force du mouvement social
01:34:09 et ce que les gens sur le terrain vont aller expliquer à leurs députés.
01:34:12 Tatiana, vous reprenez, écoutez, juste Éric Ciotti donc,
01:34:14 qui dit que lui et LR, en tout cas, il enjoint LR à ne pas voter,
01:34:18 mais vous verrez, tiens, ajoutons Aurélien Pradié,
01:34:20 puisque les deux discours ne sont pas les mêmes,
01:34:22 c'est 50 secondes, Tatiana, vous allez parler, vous inquiétez pas.
01:34:24 Éric Ciotti et Aurélien Pradié, de LR, de salle des ambiances.
01:34:29 Je dis très clairement que j'ai été choqué,
01:34:32 scandalisé par la transformation de l'hémicycle
01:34:36 de l'Assemblée nationale en une ZAD,
01:34:39 comme la NUPES nous l'avait annoncé,
01:34:41 par la perturbation permanente, la violence verbale
01:34:46 qui a guidé les insoumis et les extrêmes dans l'hémicycle.
01:34:50 C'est une piètre image de notre démocratie parlementaire
01:34:55 qui choque beaucoup les Français.
01:34:58 Nous ne voulons pas, dans ce contexte,
01:35:00 rajouter du chaos au chaos,
01:35:03 et c'est pour cela que nous venons de décider,
01:35:06 en réunion de groupe, que nous nous associerons
01:35:09 à aucune motion de censure
01:35:12 et que nous ne voterions aucune motion de censure.
01:35:15 La situation de crise dans le pays ne supporterait pas
01:35:20 que l'on porte aujourd'hui un coup fatal
01:35:23 à notre démocratie et à nos institutions.
01:35:27 Nous ne participerons jamais à une coalition des extrêmes
01:35:31 dont le seul but est de porter la révolution,
01:35:35 de détruire nos institutions,
01:35:37 et nous ne rajouterons jamais du chaos au chaos
01:35:40 en participant de quelque façon que ce soit
01:35:43 à l'adoption d'une motion de censure
01:35:46 contre la réforme des retraites.
01:35:47 J'ai dit clairement que je ne souhaitais pas, à ce stade,
01:35:50 voter d'autres motions de censure
01:35:51 que celles que ma famille politique pourrait déposer.
01:35:53 Nous avons eu ce débat en réunion de groupe,
01:35:55 nous avons eu un vote, nous avons été quelques-uns à plaider
01:35:57 pour que les Républicains déposent eux-mêmes une motion de censure
01:36:00 parce que je ne me reconnais dans aucune autre famille politique.
01:36:02 Voilà la vérité. Je ne me reconnais ni avec les Mélenchonistes,
01:36:06 dont l'objectif est de renverser nos institutions,
01:36:08 ni avec les Le Penistes, qui n'ont aucunement les valeurs
01:36:11 qui sont les miennes, et je souhaite que la droite
01:36:13 ne soit pas à la remorque des uns et des autres,
01:36:15 pas plus du macronisme que du Le Penisme ou du Mélenchonisme.
01:36:18 Voilà pourquoi je pense que nous avions la possibilité
01:36:21 de déposer nous-mêmes une motion de censure.
01:36:23 Le groupe ne l'a pas majoritairement souhaité.
01:36:25 Je me range donc à l'avis de mon groupe politique
01:36:28 et toutes les hypothèses sont possibles pour chacun des députés,
01:36:30 librement, parce que nous sommes des députés libres.
01:36:32 C'est quand même un sacré bazar chez LR.
01:36:34 Il y a au moins un tiers de LR qui ne suit plus le discours du chef.
01:36:38 C'est ça la vérité de ce parti.
01:36:40 C'est ce que donnaient en off les différents interculteurs.
01:36:43 Il y avait une vingtaine de députés LR
01:36:45 qui n'auraient pas voté la réforme des retraites.
01:36:49 Donc c'est un tiers en effet, puisqu'il y a 61 membres aujourd'hui.
01:36:51 Et ça montre quand même plusieurs choses.
01:36:52 D'abord, il y a un problème de légitimité d'Eric Scotti.
01:36:54 C'est quand même un vrai souci.
01:36:56 Donc on va se poser la question de la légitimité de la première ministre,
01:36:58 mais aussi d'Eric Scotti.
01:37:00 Deuxièmement, ça confirme ce que je disais tout à l'heure.
01:37:01 En effet, il y a 50 nuances de droite.
01:37:03 Il y a plusieurs aujourd'hui courants au sein de la droite.
01:37:05 Aurélien Pradié représente la droite sociale.
01:37:07 Il y a aussi un courant, on va dire Laurent Wauquiez.
01:37:09 Oui, Laurent Wauquiez.
01:37:11 Il y a plusieurs, malheureusement, courants qui poussent.
01:37:13 Chacun son pion.
01:37:15 Et puis, troisième chose, je rappelle quand même que la motion Lyot
01:37:18 que vous allez voter, qui sera transpartisane,
01:37:20 parmi les membres de Lyot, il y a Charles de Courson, député centriste.
01:37:23 C'est le fameux député Lyot qui est à l'origine de la motion.
01:37:25 Il est très écouté, très respecté par une partie de la droite
01:37:28 et une partie des Républicains.
01:37:30 Et donc une partie des Républicains,
01:37:32 pas une énorme partie, mais une partie,
01:37:33 pourrait tout à fait tenter, et le disant off déjà,
01:37:36 d'aller voter cette motion parce qu'ils respectent Charles de Courson
01:37:39 et qu'ils iront le suivre dans cette motion transpartisane.
01:37:40 Quelle chance a une motion censure de passer dans les jours qui viennent ?
01:37:44 Pas énorme du tout.
01:37:45 Donc il y a une incertitude folle.
01:37:47 A priori, elle ne passera pas.
01:37:48 Cela dit, aujourd'hui, sincèrement...
01:37:50 Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'Assemblée nationale,
01:37:53 c'est toujours cette chambre d'enregistrement, en fait.
01:37:55 Il y a un tel flou...
01:37:57 Pas dans les mêmes conditions, mais il n'y a toujours aucun risque pour la majorité.
01:38:00 Il y a un tel flou aujourd'hui sur le nombre exact
01:38:02 de membres à l'air qui pourraient voter pour, contre ou s'abstenir.
01:38:05 On l'a d'un coup regardé le revirement du 49-3,
01:38:07 absolument sidérant aujourd'hui.
01:38:09 C'est-à-dire que qui, ce matin, aurait parié un 49-3 ?
01:38:11 Aujourd'hui, on partait ce matin sur un vote,
01:38:13 pas du tout sur un 49-3.
01:38:14 La fébrilité d'Emmanuel Macron,
01:38:16 qui a fait un Conseil des ministres
01:38:18 cinq minutes avant le début de la séance à la Somme nationale,
01:38:21 ça montre quand même quelque chose, ça dit quelque chose.
01:38:22 Donc, je pense qu'il y a peu de chance que cette motion aboutisse.
01:38:25 La motion transpartisane, parce que la motion de RN ne passera pas.
01:38:28 Mais cela dit, on ne peut pas aujourd'hui s'engager,
01:38:31 parce que quand on voit combien les choses changent et sont mouvantes,
01:38:33 et combien les LR sont à l'écoute de leur territoire,
01:38:36 et on la craint, justement, de la séance présidentielle...
01:38:37 -Elles ne sont pas fous, hein ? Ils ont envie de se faire réélire.
01:38:39 -Voilà, ne parions rien.
01:38:40 -La logique, Robin Reda, d'Emmanuel Macron,
01:38:42 c'est de mettre la priorité sur cette réforme,
01:38:44 donc au risque de s'exposer à cette motion de censure,
01:38:47 même pas peur pour le chef de l'État ?
01:38:48 -Tous les députés, d'abord, sont à l'écoute de leur territoire.
01:38:51 Alors, on n'entend pas toujours des choses qui nous font plaisir,
01:38:53 mais c'est ça, d'être à hauteur d'hommes et de femmes sur le terrain.
01:38:56 Il n'y a pas d'un côté les députés de terrain,
01:38:58 et de l'autre côté les députés hors sol.
01:38:59 Moi, je me suis construit sur le terrain en étant maire,
01:39:01 en étant élu député par deux fois...
01:39:03 -Vous étiez maire de quelle ville ?
01:39:04 -De Julysie-sur-Orge, dans le nord de l'Essad,
01:39:05 qui ne me semble pas être un territoire des plus aisés,
01:39:08 et où je rencontre aussi, parfois, cette colère et cette souffrance sociale.
01:39:11 Donc, on y est tous confrontés.
01:39:12 Après, il y a deux façons d'y répondre.
01:39:13 Soit on est dans l'illusion et dans la démagogie,
01:39:16 soit on est dans un discours de vérité.
01:39:18 Moi, je salue les propos d'Éric Ciotti,
01:39:20 parce que je crois qu'Éric Ciotti, au-delà du nom de son parti,
01:39:24 est un grand républicain, et qu'il voit bien,
01:39:26 avec une majorité de républicains,
01:39:29 que ce soit à l'Assemblée nationale, au Sénat,
01:39:31 sur les territoires, chez les maires notamment,
01:39:34 qu'à l'Assemblée nationale, les extrêmes ne cherchent qu'à tirer le pays,
01:39:37 la démocratie, vers le bas.
01:39:38 Et quand on est à la tête d'un parti dit de gouvernement,
01:39:42 un parti qui est responsable devant les Français,
01:39:45 qui administre des grandes collectivités en France,
01:39:47 on tient un discours de responsabilité.
01:39:50 Et je crois que c'est ce que dit Éric Ciotti.
01:39:52 Et moi, j'ai confiance dans le fait qu'il y a une majorité d'élus républicains
01:39:55 à l'Assemblée nationale, qui ont beaucoup de choses à apporter
01:39:58 à l'Assemblée nationale et au débat démocratique,
01:39:59 parce qu'ils connaissent ces territoires,
01:40:01 parce qu'ils sont sensibles à la protection,
01:40:02 à la sécurité des Français,
01:40:04 et parce qu'ils ont une tradition politique qui est de faire,
01:40:07 qui est d'apporter des solutions aux Français,
01:40:09 pas de vivre des problèmes, pas de vivre des illusions
01:40:14 alimentées par les extrêmes.
01:40:16 C'est ce que je dis. Qu'est-ce que vous lui avez promis, Éric Ciotti ?
01:40:19 J'ai rien promis à Éric Ciotti.
01:40:23 Et je crois simplement qu'Éric Ciotti,
01:40:27 comme une majorité des républicains, il voit les réalités du pays.
01:40:31 Il voit qu'une partie de nos concitoyens,
01:40:33 il faudra effectivement leur expliquer l'impasse que cela comporte,
01:40:37 se sont fourvoyés dans l'extrême droite ou dans l'extrême gauche.
01:40:41 Alors, je doute…
01:40:42 C'est quoi l'extrême droite ?
01:40:42 L'extrême droite, c'est celle de Marine Le Pen,
01:40:46 qui prône le même chaos démocratique et le même chaos institutionnel
01:40:49 que la France insoumise,
01:40:51 et surtout qui ne porte pas des solutions pour les Français.
01:40:53 J'ai toujours entendu les républicains,
01:40:56 j'ai entendu M. Ciotti et M. Retailleau
01:40:59 lors de l'élection des républicains,
01:41:00 essayer d'apporter des solutions aux Français
01:41:03 qui ne sont pas d'accord surtout avec le gouvernement.
01:41:05 On ne leur demande pas de se diluer dans la majorité,
01:41:07 mais ils apportent des solutions.
01:41:09 Et c'est ça la différence entre un parti de gouvernement
01:41:11 et un parti d'obstruction, comme l'ERN ou comme la France insoumise.
01:41:14 Alexandre Devecchio,
01:41:15 est-ce qu'on n'est pas quand même un peu loin du changement de méthode
01:41:17 annoncé pour le second quinquennat ?
01:41:19 J'ai l'impression que la méthode…
01:41:20 Je vais y finir, parce que je dis depuis tout à l'heure
01:41:22 qu'il y a une crise de la démocratie,
01:41:24 que la souveraineté populaire n'est pas respectée.
01:41:27 Mais là, dans ce que vous venez de dire,
01:41:29 c'est tout à fait l'attitude, je dirais, qui est en rage.
01:41:33 En réalité, vous nous expliquez qu'il n'y a pas d'alternative.
01:41:35 Vous êtes le cercle de la raison.
01:41:37 Et tout ce qu'on peut vous proposer,
01:41:39 tout ce qu'on peut vous proposer…
01:41:40 À l'Assemblée nationale aujourd'hui, il n'y a pas d'alternative.
01:41:42 C'est soit de la démagogie, soit de l'extrême droite, soit du chaos.
01:41:45 Donc on va vous élire ad vitam aeternam, vous êtes les experts.
01:41:49 Il n'y a pas de majorité alternative à l'Assemblée nationale, Alexandre Devecchio.
01:41:52 Et les Français vont faire leur vie.
01:41:53 Parce que vous nous expliquez que la démocratie,
01:41:56 c'est vous, c'est la technocratie intelligente, vous êtes intelligente,
01:41:59 vous détenez la vérité.
01:42:00 Et il n'y a pas de débat possible, il n'y a pas d'autre raison possible.
01:42:04 Oui, mais vous déformez ce que j'ai dit.
01:42:05 Vous êtes un observateur de la vie politique suffisamment avisé
01:42:08 pour savoir qu'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale,
01:42:10 sauf à ce que Mme Le Pen et M. Mélenchon décident de faire une majorité ensemble,
01:42:14 je n'ai pas cru entendre cela,
01:42:17 il n'y a pas de majorité alternative.
01:42:19 Et donc, si nous voulons être utiles aux Français,
01:42:21 apporter des solutions, faire voter des réformes
01:42:23 qui préservent notre modèle social et l'avenir de nos enfants,
01:42:26 il faut trouver des majorités, trouver des compromis.
01:42:29 Les compromis, on les a trouvés, les majorités,
01:42:31 j'espère qu'on en trouvera par le...
01:42:32 Oui ou non, cette motion de censure fait-elle peur à la majorité ?
01:42:37 Mais il ne s'agit pas de faire...
01:42:38 C'est un outil constitutionnel, le 49/3,
01:42:42 et la motion de censure est un droit des oppositions.
01:42:45 Le droit des oppositions, par définition, il existe,
01:42:48 et il permet d'avoir l'équilibre des pouvoirs,
01:42:50 notamment pour l'initiative et l'exécutif.
01:42:52 A priori, on l'a tous.
01:42:54 Oui, mais la philosophie de ça, c'est l'équilibre des pouvoirs
01:42:56 entre le législatif et l'exécutif.
01:42:58 On est dans un régime de séparation des pouvoirs,
01:43:00 et le gouvernement est responsable devant le Parlement.
01:43:03 Donc, on verra si...
01:43:04 Est-ce que vous vous sentez menacé par cette éventualité ?
01:43:06 Le Parlement décide de censurer le gouvernement.
01:43:10 Je dis simplement qu'il n'y a pas, aujourd'hui,
01:43:12 ni à l'Assemblée nationale et je ne pense pas dans le pays,
01:43:14 de majorités alternatives pour porter des réformes
01:43:17 qui peuvent être difficiles, mais qui préservent notre modèle social,
01:43:21 notre nation, notre engagement intergénérationnel
01:43:24 autour, notamment, de cette question des retraites.
01:43:26 Et je ne pense pas que ce soit quelque chose de totalement aberrant de le dire.
01:43:29 Il nous reste une dizaine de minutes ensemble.
01:43:30 Je voudrais qu'on évoque la Première ministre,
01:43:31 parce qu'on n'a pas parlé encore d'Elisabeth Borne et de son avenir.
01:43:34 Est-ce que les jours d'Elisabeth Borne sont comptés à la tête du gouvernement ?
01:43:37 Et, j'ai envie de dire en même temps, Jean-Méssia, être fusible,
01:43:41 c'est un petit peu le rôle du Premier ministre sous la Ve République.
01:43:44 C'est un peu le cas, mais en fait...
01:43:46 Il se bruit que les cartons sont déjà en train d'être faits à Matignon.
01:43:51 Je pense que là, le coup politique qu'elle a pris dans la figure avec ce qui se passe,
01:43:57 que d'ailleurs la motion de censure passe ou ne passe pas,
01:44:01 la Première ministre est de facto ultra-fragilisée.
01:44:05 Et Emmanuel Macron serait bien inspiré après cet événement,
01:44:10 que la motion passe, bon, il sera obligé de le faire,
01:44:12 mais même si elle ne passe pas, s'il veut encore sauver son quinquennat,
01:44:16 il peut, effectivement, il doit changer de Premier ministre.
01:44:19 Après tout, tous les présidents de la République ont fait cela.
01:44:22 - Et qui pour la remplacer ? C'est ça la question ?
01:44:23 - Quand j'entends, monsieur le représentant de la majorité relative à côté de moi
01:44:29 nous expliquer qu'effectivement, en dehors de la Macronie d'Emmanuel Macron et du gouvernement,
01:44:34 c'est le chaos, quand je l'entends parler des extrêmes,
01:44:37 mais je veux dire, vous vivez dans quel monde ?
01:44:39 Est-ce que tous ceux qui ne pensent pas comme vous doivent être considérés comme des extrémistes ?
01:44:43 Et si tel était votre raisonnement, c'est vous l'extrémiste ?
01:44:45 C'est vous qui êtes une extrême ?
01:44:46 - En démocratie, on a le droit d'avoir des adversaires politiques.
01:44:49 - Oui, mais justement, ensuite, vous mettez sur le même plan...
01:44:52 - Et tous vos adversaires sont-ils des extrémistes ?
01:44:54 - Attendez, vous mettez sur le même plan...
01:44:55 - L'Assemblée, oui.
01:44:55 - Vous mettez sur...
01:44:56 - À l'Assemblée, tous vos adversaires sont des extrémistes.
01:44:58 - Voilà, c'est ce que je viens de dire.
01:45:00 Vous mettez sur le même plan...
01:45:02 - L'extrême gauche et l'extrême droite, oui.
01:45:04 - D'abord, je ne sais pas ce qu'est l'extrême droite.
01:45:08 - Le Rassemblement national...
01:45:09 - Les députés du RN, excusez-moi, vous mettez tout le monde dans le même sac,
01:45:12 les députés du RN, je ne les ai pas vus faire des happenings,
01:45:15 je ne les ai pas vus se lever, vaustiférer, interrompre les séances
01:45:19 et présenter 3 000 milliards d'amendements pour bloquer...
01:45:22 - Ce n'est pas qu'une question de cravate.
01:45:23 - C'est une attitude aussi, enfin, ça commence par là, excusez-moi.
01:45:26 Vous vous êtes bien passé pour le savoir,
01:45:27 pourquoi vous n'allez pas en jogging, alors, à ce moment-là ?
01:45:29 Vous voyez ce que je veux dire, donc il y a quand même un respect à avoir...
01:45:32 - Je ne sais pas où on va, là.
01:45:33 - Il est tard.
01:45:34 - Oui, il est tard.
01:45:34 - Allez au bout de votre propos, surtout dites-moi ce que vous vouliez dire, parce que...
01:45:38 - Donc, moi, je crois, si vous voulez, qu'Elisabeth Borne,
01:45:42 lorsqu'elle pointe la responsabilité dans ce qui se passe du Rassemblement National
01:45:46 en pointant l'extrême droite, c'est une pure folie,
01:45:49 ça n'a rien à voir avec la réalité.
01:45:51 - Sur le Premier ministre, la Première ministre,
01:45:56 Tatiana Renard-Barzac, c'est un échec total pour Elisabeth Borne,
01:45:59 elle a été choisie pour faire passer cette retraite,
01:46:01 elle était là, elle a lié son destin politique à cette réforme.
01:46:04 - Elle a surtout beaucoup martelé qu'elle allait tout faire pour faire passer cette réforme.
01:46:08 - Il y a 48 heures, il y avait l'anaphore, on l'a entendu ensemble.
01:46:11 - Sous la concertation qu'elle allait tout faire pour discuter avec les partenaires sociaux,
01:46:14 et ce qui est terrible, c'est qu'elle a réussi un coup double, si j'ose dire,
01:46:18 parce qu'elle se retrouve en plus avec une intersyndicale,
01:46:20 c'est une première avec 8 syndicats qui sont unis comme les 8 doigts de la main.
01:46:25 - On va les entendre dans un instant.
01:46:26 - Et avec Laurent Berger qui est sacrément remonté,
01:46:28 et franchement, il faut se lever quand même très tôt pour qu'il soit aussi remonté que ça,
01:46:31 c'est-à-dire que Laurent Berger explique que c'est un déni démocratique
01:46:34 et qu'il appelle à poursuivre la mobilisation fortement, c'est quand même un souci.
01:46:37 Deuxième chose, je note quand même au passage que c'est les 10 mois aujourd'hui
01:46:41 de son accession à Matignon, c'est un triste anniversaire pour elle.
01:46:45 Alors il lui reste 18 jours à tenir pour ne pas battre le record des discrétions,
01:46:48 si je veux être un peu cynique, mais cela dit, ce qui se dit,
01:46:51 c'est que d'abord, sa légitimité est très, très, très, très malheureusement écornée
01:46:54 et que même elle peut-être n'a pas forcément très envie de rester là à son poste de Premier ministre
01:46:59 parce qu'elle sent bien que c'est compliqué pour elle,
01:47:01 mais surtout qu'un remaniement...
01:47:02 - Mais c'est l'avenir de tout le gouvernement qui se joue là.
01:47:04 - ... n'était pas voté, un remaniement de la réforme de la pension,
01:47:07 un remaniement pourrait avoir lieu là dans les prochaines semaines.
01:47:11 - Même si c'est pour faire la même chose...
01:47:14 - Non mais parce que certains ministres apparemment d'abord posent problème,
01:47:17 d'autres sont tout à fait inexistants, il faut être honnête.
01:47:19 - Qui pose problème ?
01:47:20 - Non mais je n'ai pas besoin de donner des noms,
01:47:22 mais voilà, je peux vous dire par exemple qui est inexistant,
01:47:23 on ne va pas dire les problèmes, mais par exemple Christophe Béchut,
01:47:25 c'est vrai qu'on n'aura pas besoin d'y parler...
01:47:27 - Ceux qui posent problème, que ce qui sont inexistants.
01:47:29 - Qui posent problème ?
01:47:30 Il y en a certains qui ont commis quand même quelques boulettes...
01:47:33 - Éric Dupond-Moraty ?
01:47:34 - Oui, il a posé des questions, notamment, oui bien sûr,
01:47:36 évidemment, il est dans le viseur, bien sûr.
01:47:37 Mais par ailleurs...
01:47:39 - Le député qui a fait un salut nazi au sein de l'hémicycle,
01:47:41 qui était de la majorité.
01:47:43 - On parle du gouvernement, je ne sais pas de quoi vous parlez.
01:47:45 - Et dernière chose, j'ai du coup perdu le fil,
01:47:48 dernière chose, c'est vrai que là le remaniement pourra avoir lieu,
01:47:52 moi je pose quand même deux questions, d'abord,
01:47:53 c'est quand même assez triste que ce soit à nouveau une femme qui soit infusible,
01:47:57 quand même, à cause de prémices, je tiens quand même à être féminin.
01:47:59 - Il n'avait pas de nom de médecin au départ !
01:48:01 - Elle est première ministre, chargée de la tête.
01:48:03 - Il pensait avoir une majorité quand il l'a nommée,
01:48:06 avant les législatives, il l'a nommée...
01:48:08 - Oui, enfin, le fait qu'elle soit une femme était un atout pour le chef de l'État.
01:48:12 - Oui, donc je ne sais pas que ce soit...
01:48:13 - Deuxième chose, Alexandre, elle est première ministre,
01:48:15 chargée de la planification écologique et énergétique,
01:48:18 souvenez-vous qu'elle est censée chapoter un dossier extrêmement important.
01:48:21 Alors, j'aimerais savoir qui pourrait lui succéder,
01:48:24 parce que je crois savoir que...
01:48:25 - Je vous la pose la question.
01:48:27 - Si Emmanuel Macron veut faire du pied pour les prochaines réformes au LR,
01:48:31 évidemment, il va nommer un de ses ministres de droite,
01:48:33 un venant de la droite, c'est assez logique.
01:48:34 Non, je pense plutôt à Gérald Darmanin, par exemple,
01:48:37 ou à Bruno Le Maire, mais je pense que Bruno Le Maire a plutôt des vies présidentielles,
01:48:40 donc peut-être que ça ne l'arrangera pas d'être à l'intérieur,
01:48:42 mais en tout cas, ça sera un signal de...
01:48:44 - Mais qu'est-ce qui va se passer sur les prochains projets de loi ?
01:48:46 Ça va être l'enfer pour Emmanuel Macron.
01:48:49 William Martinek, on n'a pas entendu depuis un moment.
01:48:51 - Il y a aussi le loi travail,
01:48:53 c'est-à-dire qu'il va devoir y avoir des discussions avec les syndicats,
01:48:55 et en l'État, ça risque d'être compliqué.
01:48:57 - William Martinek, comment voyez-vous ces prochains jours,
01:49:01 ces prochaines semaines, quid de l'avenir de la Première ministre,
01:49:04 quid du gouvernement et quid des prochains projets ?
01:49:07 Comment seront-ils reçus et à quel point ce pays est-il toujours gouvernable, selon vous ?
01:49:12 - Alors, Élisabeth Borne est en difficulté, c'est une évidence,
01:49:14 mais parce que le gouvernement est en difficulté,
01:49:16 parce qu'Emmanuel Macron est en difficulté,
01:49:19 la question, c'est de savoir comment on règle la crise démocratique,
01:49:23 qui est une crise profonde,
01:49:26 mais qui s'est exprimée particulièrement fortement
01:49:28 avec cette question de la réforme des retraites.
01:49:30 Est-ce qu'il va falloir faire un référendum,
01:49:33 c'est-à-dire en appeler au peuple pour trancher cette question de la réforme des retraites ?
01:49:36 Est-ce qu'il va falloir faire une dissolution,
01:49:39 dans le cadre de la Ve République, c'est un pouvoir du président de la République,
01:49:42 de dire "réélisez des députés et choisissez des députés
01:49:46 qui sont favorables ou non à la réforme des retraites ?"
01:49:49 On voit bien que tout ça est compliqué.
01:49:51 Pourquoi tout ça est compliqué ?
01:49:52 C'est le système, c'est la Ve République.
01:49:54 - Il y aura la même majorité ?
01:49:56 - Alors ça, je ne sais pas.
01:49:58 Je ne sais pas.
01:49:59 - Peu ou plus.
01:50:01 - À qui profitera une dissolution ?
01:50:02 - On va la mettre, évidemment.
01:50:05 - Non, parce qu'en tout cas, de ce qu'on a vu
01:50:07 des élections législatives partielles...
01:50:09 Non, mais c'est des faits.
01:50:10 Les législatives partielles qui ont eu lieu ces dernières semaines,
01:50:13 par exemple, ça a permis au groupe France Insoumise-NUPES
01:50:16 de gagner un député, René Pilateau, à Angoulême,
01:50:20 contre un député sortant de la majorité.
01:50:22 - D'accord, ça c'est un exemple ?
01:50:23 - Oui, c'est un exemple.
01:50:24 - Un peu isolé, pardon.
01:50:25 - C'est le principe des législatives partielles.
01:50:26 - Vous vous accorderez sur le fait, quand même,
01:50:28 que depuis le début de la mandature,
01:50:30 certaines sorties de députés LFI
01:50:34 n'ont pas joué en la faveur de votre groupe ?
01:50:36 - Non, je ne m'accorde pas du tout avec ça.
01:50:38 Parce que du coup, ce discours médiatique,
01:50:39 qui est le même qu'on avait en 2017,
01:50:42 qui est de dire "Regardez le Rassemblement national, Marine Le Pen,
01:50:45 ils y arrivent parfaitement, ils sont super forts, etc."
01:50:47 - C'est pas du tout le propos, je viens de m'articuler.
01:50:50 - C'est notre propos, mais c'est une ambiance qui est faite.
01:50:52 Je pense que ça est contredit par, notamment,
01:50:55 ce qui s'est passé aux élections législatives partielles,
01:50:57 où le bilan, je crois qu'on en est à 4 ou 5 législatives partielles,
01:51:01 c'est un député en moins pour le Rassemblement national,
01:51:04 et un député en plus pour la France insoumise,
01:51:06 pour mettre des éléments concrets.
01:51:07 Mais bon, c'était pas là-dessus que je voulais développer mon propos.
01:51:10 - Je vous laisse finir, il nous reste 2 minutes.
01:51:11 - Voilà.
01:51:11 - Si vous pouvez accélérer, je suis désolé.
01:51:12 - Mon propos était sur les institutions de la Ve République,
01:51:14 dont on voit bien qu'elles n'arrivent pas à résorber cette crise démocratique,
01:51:18 que le principe de la Ve République,
01:51:21 c'est des outils autoritaires pour gouverner,
01:51:23 mais plus qu'avec de la verticalité,
01:51:25 pour gouverner de façon autoritaire.
01:51:26 Et je pense que c'est contradictoire avec ce qui s'exprime dans le pays,
01:51:29 contradictoire avec ce qui s'est exprimé, par exemple, avec les Gilets jaunes.
01:51:33 Les Gilets jaunes, ça a commencé sur une question sociale,
01:51:35 et ça a fini sur une question démocratique.
01:51:37 À la fin, les Gilets jaunes, ils nous disaient,
01:51:38 "On veut le RIC, on veut le référendum d'initiative citoyenne."
01:51:41 Là, je pense que ce qui va se passer avec la réforme des retraites,
01:51:44 c'est la même chose.
01:51:45 Les gens commencent, et vont continuer, évidemment,
01:51:47 contre la réforme des retraites,
01:51:49 mais apprenant de ce qui se passe,
01:51:52 apprenant de ce qu'est le 49-3,
01:51:54 ils vont aussi se mettre à porter des revendications
01:51:56 de changement des institutions.
01:51:58 Et vous savez qu'il y a quelque chose...
01:51:59 -Il nous reste seulement le RIC.
01:52:00 -Mais moi, je pense que plus généralement,
01:52:01 c'est une 6e République.
01:52:03 La 5e République a vécu,
01:52:05 et ce qui se passe actuellement, je pense,
01:52:06 en est une preuve éclatante.
01:52:07 Il faut qu'on passe à la 6e maintenant.
01:52:08 -Juste une petite minute, si vous nous rejoignez seulement maintenant.
01:52:12 Je rappelle que l'intersyndical s'est rassemblé en fin de journée,
01:52:15 après ce 49-3 dégainé par le gouvernement et la Première ministre.
01:52:18 Les syndicats n'entendent pas relâcher l'impression.
01:52:20 L'intersyndical a appelé en fin de journée
01:52:22 une nouvelle grande journée de grève et de manifestation,
01:52:24 la 9e, le 23 mars, d'ici là.
01:52:27 Elle appelle à de nouveaux rassemblements locaux
01:52:29 ce week-end du 18 et 19 mars.
01:52:32 Rien ne vous fera courber les Chines.
01:52:35 -Avec cette réforme, ce sont des milliards
01:52:38 que nous n'allons pas prendre dans la poche des Français en impôts.
01:52:41 Ce sont des milliards que nous épargnons au déficit public
01:52:44 pour pouvoir investir dans des services publics
01:52:47 qui sont attendus sur le terrain,
01:52:49 l'amélioration de notre école, de notre hôpital,
01:52:51 de la transition écologique.
01:52:53 Et le président de la République n'est pas homme
01:52:56 à freiner ses ambitions ou à mettre la France à l'arrêt.
01:52:59 Donc, effectivement, nous allons devoir continuer
01:53:02 des réformes importantes pour améliorer...
01:53:05 Cette majorité et ce gouvernement n'ont pas, aujourd'hui,
01:53:08 je le redis, d'alternative, si ce n'est des extrêmes
01:53:10 qui nous tirent vers le bas et qui tirent le débat
01:53:14 et qui tirent le débat vers la médiocrité.
01:53:17 L'extrême droite et l'extrême gauche à l'Assemblée nationale
01:53:21 nous ont tirés vers la médiocrité.
01:53:23 Voilà.
01:53:24 -C'est pour pouvoir investir dans des services publics.
01:53:26 -Parce que nous n'allons pas chercher...
01:53:29 -Si vous voulez, vous avez été parfaits jusque-là.
01:53:32 -J'avais été parfait jusqu'à...
01:53:33 -Parce que nous n'allons pas chercher l'argent
01:53:35 dans la poche des Français.
01:53:37 -Nous sommes dans une chaîne où il y a des gens
01:53:39 qui attendent des journaux à heure fixe.
01:53:41 Et si nous continuons comme ça,
01:53:42 le journal de la nuit va arriver à minuit dix.
01:53:44 Et ça, c'est pas tolérable, les amis.
01:53:46 Nous avons une mission à remplir.
01:53:48 Je remercie tous les amis en régie.
01:53:49 Merci à vous d'avoir été présents.
01:53:51 Vous étiez courageux quand même.
01:53:52 Je tiens à vous saluer,
01:53:53 puisque nous vous avions tous un petit peu tombés dessus.
01:53:55 Donc bravo.
01:53:55 -La coalition des extrêmes.
01:53:56 -La coalition des extrémistes était sur vous aujourd'hui,
01:53:59 chers députés Reda.
01:54:01 Si vous nous rejoignez également,
01:54:02 sachez donc qu'aujourd'hui, c'était l'épilogue
01:54:05 de ce long marathon autour du projet de réforme des retraites.
01:54:08 Le 49.3 a été dégainé.
01:54:10 La rue a répondu.
01:54:11 Les moments forts de la journée à revivre
01:54:13 avant de retrouver l'édition de la nuit.
01:54:14 Très belle nuit sur CNews et à demain.
01:54:16 (Bruit de la rue)
01:54:18 (Bruit de la rue)
01:54:21 (Bruit de la rue)
01:54:24 (Bruit de la rue)
01:54:27 (Bruit de la rue)
01:54:30 (Bruit de la rue)
01:54:33 -Ca doit être comme ça dans toute la rue.
01:54:35 (Bruit de la rue)
01:54:38 (Bruit de la rue)
01:54:41 (Bruit de la rue)
01:54:44 (Bruit de la rue)
01:54:47 (Bruit de la rue)
01:54:50 (Bruit de la rue)
01:54:53 (Bruit de la rue)
01:54:56 (Bruit de la rue)
01:54:59 (Bruit de la rue)
01:55:02 (Bruit de la rue)
01:55:05 (Bruit de la rue)
01:55:08 (Bruit de la rue)
01:55:11 (Bruit de la rue)
01:55:14 (Bruit de la rue)
01:55:17 (Bruit de la rue)
01:55:20 (Bruit de la rue)
01:55:23 (Bruit de la rue)
01:55:26 (Bruit de la rue)
01:55:29 (Bruit de la rue)
01:55:32 -On est pas très bien sur la rue, là,
01:55:34 on a l'air pas en bonne santé, ce matin.
01:55:36 Allez, on mange une bouteille de pâtes.
01:55:37 (Cris)
01:55:40 (...)
01:55:48 -L'intersyndicale continue à exiger le retrait de cette réforme
01:55:52 en toute indépendance, dans des actions calmes et déterminées.
01:55:57 Elle décide de poursuivre la mobilisation
01:55:59 et appelle à des rassemblements syndicaux de proximité,
01:56:04 ce week-end, et à une nouvelle grande journée
01:56:07 de grèves et de manifestations, le jeudi 23 mars prochain.
01:56:11 -Si l'Assemblée est la représentante du peuple français,
01:56:16 alors quand elle dit non, c'est non.
01:56:19 Quand elle dit non, c'est pas oui.
01:56:21 C'est comme dans d'autres domaines.
01:56:23 Non, c'est non.
01:56:24 Eh bien, ils se sont, en l'espèce, essuyés les pieds sur ce refus.
01:56:30 Et en cela, ils ont adressé à nouveau une gifle
01:56:32 au visage du peuple français.
01:56:34 -Si nous avons fait subir une défaite à ce gouvernement,
01:56:38 c'est notamment grâce à la mobilisation extraordinaire
01:56:40 de celles et ceux qui perdent encore des salaires aujourd'hui
01:56:44 et qui continueront de le faire, je l'espère,
01:56:46 parce que ce que nous voulons dire avant tout au pays,
01:56:49 c'est que le combat est loin d'être fini.
01:56:52 Et je veux vous dire aujourd'hui
01:56:53 que nous sommes dans un basculement autoritaire.
01:56:56 -Mesdames et messieurs les députés,
01:56:58 aujourd'hui, sur le texte du Parlement,
01:57:02 l'incertitude plane à quelques voix près.
01:57:06 On ne peut pas prendre le risque
01:57:08 de voir 175 heures de débat parlementaire s'effondrer.
01:57:13 On ne peut pas prendre le risque
01:57:15 de voir le compromis bâti par les deux assemblées écartés.
01:57:20 On ne peut pas faire de pari sur l'avenir de nos retraites.
01:57:24 Cette réforme est nécessaire.
01:57:26 (Applaudissements)
01:57:31 Aussi, parce que je suis attachée à notre modèle social
01:57:35 et parce que je crois dans la démocratie parlementaire,
01:57:40 c'est sur votre réforme, sur le texte du Parlement,
01:57:44 fruit d'un compromis entre les deux assemblées,
01:57:47 que je suis prête à engager ma responsabilité.
01:57:50 (Applaudissements)
01:57:55 Aussi, sur le fondement de l'article 49
01:57:59 alinéatrois de la Constitution,
01:58:01 j'engage la responsabilité de mon gouvernement
01:58:05 sur l'ensemble du projet de loi de financement rectificatif
01:58:09 de la Sécurité sociale pour 2023,
01:58:12 modifié par l'amendement de coordination
01:58:15 communiqué à l'Assemblée nationale.
01:58:18 Dans quelques jours, je n'en doute pas,
01:58:21 à l'engagement de la responsabilité du gouvernement,
01:58:24 répondront une ou plusieurs motions de censure
01:58:29 et un vote aura donc bien lieu, comme il se doit.
01:58:32 Et c'est donc la démocratie parlementaire
01:58:35 qui aura le dernier mot.
01:58:37 (Applaudissements)
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