00:00 Malgré les apparences, ce n'est pas lors de ce serment de 1949
00:05 que Gisèle Halimi endossa son métier,
00:08 car Gisèle Halimi n'était pas devenue avocate.
00:13 Elle était née avocate.
00:16 Pour elle, ce n'était pas une profession,
00:18 pas même une vocation, sans doute un peu plus qu'un idéal.
00:23 C'était avant tout son tempérament,
00:26 celui qu'elle exprimait dès son plus jeune âge.
00:29 Oui, dès son enfance.
00:32 Dans une famille pauvre et séfarade de Tunisie,
00:34 Gisèle Halimi était telle qu'elle apparaît aujourd'hui
00:38 à l'heure de lui rendre hommage
00:41 d'une fièvre indocile et d'une colère brûlante.
00:46 La 1re fois que Gisèle Halimi fut avocate, sans doute,
00:52 elle était une jeune fille qui contestait l'ordre familial.
00:56 D'abord, pour arracher le droit de poursuivre sa scolarité,
00:59 de lire des livres.
01:01 Ensuite, pour refuser d'accomplir les tâches ménagères
01:04 dont ses frères étaient exemptés.
01:08 Dans sa famille, dans son milieu, à son époque,
01:13 on considérait que ne pas être un garçon était une malédiction.
01:18 Et du point de vue des siens, le 2e sexe était le mauvais sexe.
01:23 Celui qui ne peut étudier, que l'on doit marier à grands frais,
01:27 celui qui n'a ni choix, ni destin.
01:31 Mais celle qui s'appelait encore Zaeza Tayeb se rebella.
01:35 Et à 10 ans, elle entreprit une grève de la faim.
01:40 Elle porta cette exigence d'égalité avec ses frères.
01:45 Elle en fit une question de principe.
01:47 Elle ne revendiquait pas seulement pour elle.
01:50 Elle plaidait une cause universelle.
01:55 Et dans cette cuisine de la goulette,
01:56 elle était déjà à la barre, indignée, ardente, irréfutable.
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