00:00 La réflexion, quelle est-elle ? Je pense qu'on mentirait aux françaises et aux français si on ne constatait pas collectivement
00:07 que les forces armées sénégalaises ou ivoiriennes ou gabonaises ne sont plus celles d'il y a 10 ou 15 ou 20 ans.
00:13 Je pense qu'un certain nombre de sénateurs se sont déplacés de nombreuses reprises
00:17 dans ces différents pays avec ces différents partenaires et les efforts de
00:21 montée en puissance de ces armées sont absolument prodigieux. Moi je tiens vraiment à leur rendre hommage parce que ce sont des armées qui combattent,
00:28 je le dis notamment par exemple pour la Côte d'Ivoire, actuellement dans le nord de la Côte d'Ivoire, où des groupes armés terroristes
00:33 malheureusement à la frontière avec le Burkina Faso s'en prend au pays,
00:37 dans lequel il y a des pertes, dans lequel il y a un investissement important et dans lequel les efforts de formation sont prodigieux, je le disais depuis maintenant de nombreuses années.
00:46 Le sujet désormais est de temps de
00:48 coller et de correspondre aux attentes des partenaires en question.
00:53 Et en fond, même si ça fait de nombreuses décennies qu'on fait parfois toujours la même chose,
00:57 le Président de la République a estimé au gré des rencontres, des discussions,
01:00 je pense que c'est pareil pour nos chefs d'état-major, au gré des rencontres et des discussions avec les chefs d'état-major des armées africaines concernées,
01:07 qu'il était temps de mettre à jour notre présence. Et donc s'en suit désormais un dialogue qui d'ailleurs
01:14 n'est pas le même en fonction des États et en fonction des pays,
01:18 puisque leur degré d'attente ou d'avancement dans la réflexion n'est pas complètement le même. Donc on va vers
01:25 des bases qui seraient plus ouvertes, dont je le dis aussi tout de suite aucune fermeture contrairement à ce qui se dit
01:30 ici ou là. Sans mauvais jeu de mots, non seulement il n'y a pas de fermeture, mais on serait même plutôt sur une ouverture
01:35 aux partenaires africains du pays qui nous accueillent, dans notre capacité à former plus.
01:41 Soit former plus en nombre de soldats
01:44 des armées africaines concernées formés, en unité constituée,
01:49 officier, sous-officier, état-major, homme du rang. Soit former davantage en qualité de formation.
01:55 Je pense que notre capacité à former sur les forces spéciales par exemple sont un point absolument majeur dans notre
02:02 capacité à donner quelque chose de qualité, évidemment sur le terrain.
02:06 Capacité aussi parfois à répondre à des besoins nouveaux.
02:10 Un exemple, sans trahir les secrets des discussions que nous avons actuellement avec les partenaires,
02:15 la Côte d'Ivoire a une armée d'emploi, disais-je, qui malheureusement fait face au terrorisme et donc de plus en plus ils ont besoin de centres de
02:22 reconditionnement pour leurs soldats, un peu comme nos maisons à Thos,
02:25 comme les services de santé des armées peuvent faire, et là ils ont besoin d'un accompagnement nouveau. Donc on est en train de faire un sur-mesure
02:31 qui pourrait évidemment se traduire par des diminutions de nombre de soldats français dans les emprises et pour cause,
02:37 puisque l'idée étant d'avoir des soldats des armées des pays qui nous accueillent en partenariat dans ces emprises.
02:43 Donc ça, j'ai pas de quantum à donner aujourd'hui parce que le travail va prendre encore du temps
02:48 dans les semaines et dans les mois qui viennent. Moi je pense que c'est une opportunité
02:51 historique pour l'armée française parce qu'on accompagne une montée en puissance
02:54 d'États qui sont des amis, qui eux pour le coup ont décidé de lutter contre le terrorisme,
02:59 vous comprendrez ce que je veux dire par là, par rapport à d'autres, et donc c'est pas du tout un recul de la France
03:04 dans ces pays, au contraire c'est une manière d'être présent différemment, en plus grande intimité et en plus grand partenariat.
03:12 Enfin je rappelle, parce que je suis quand même un peu heurté de certains commentaires pour être complètement transparent avec vous,
03:16 que ce sont des États souverains et que notre présence correspond aussi à ce qu'ils veulent et que certains temps sont terminés
03:22 et que donc quand je vois aussi un certain nombre de commentateurs
03:25 nous expliquer qu'il faut mettre plus de monde ou il aurait pas fallu partir du Burkina Faso, je trouve que c'est tout à fait stupéfiant
03:32 de venir caricaturer, remettre en cause la souveraineté, même si parfois ce sont des pouvoirs qui ne sont pas légitimes,
03:38 issus de coups d'État et qui sont des jeunes, on ne peut pas fouler au pied la souveraineté des pays en question.
03:44 [Musique]
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