00:00 Donc après l'humoriste devenu agriculteur, voici l'humoriste devenu médecin.
00:03 C'est Gérald Pirébec.
00:04 Ou l'inverse, on ne sait pas trop.
00:05 On est en pleine période de tournoi des 6 nations, Docteur.
00:10 Faut-il le rappeler, les Blancs ont battu l'Écosse dimanche dernier.
00:13 Mais ce n'est pas là notre sujet, Docteur.
00:14 En fait, on est nombreux à avoir été très impressionnés par une image qu'on a vue
00:17 sur France 2.
00:18 C'est un joueur de l'équipe de France, en l'occurrence Anthony Gelon, qui est sorti
00:21 après 7 minutes pour un protocole commotion parce qu'il avait pris un sacré coup dans
00:25 la figure.
00:26 De quoi parle-t-on exactement ce commotion ? C'est tout de suite un mot qui fait peur.
00:30 Oui, c'est le protocole commotion.
00:32 Les images, c'était impressionnant parce qu'il a pris un coup d'épaule d'un côté
00:36 et puis il a repris un coup d'épaule droite, un coup d'épaule gauche.
00:39 Et puis en plus, pas de chance, il a eu les ligaments croisés peut-être atteints.
00:43 La commotion cérébrale, c'est quoi ? C'est un coup sur la tête, c'est un traumatisme
00:47 crânien.
00:48 Mais ce n'est pas tellement le traumatisme à l'extérieur, c'est surtout le cerveau
00:51 à l'intérieur qui va bouger.
00:54 On voit très bien dans ces mouvements comme ça, quand on reçoit un choc, à l'intérieur
00:58 de la boîte crânienne du crâne, il y a le cerveau et ça va taper d'un côté avec
01:02 des lésions d'accélération et des lésions de décélération de l'autre côté.
01:06 Et donc, on voit bien que c'est toutes ces lésions cérébrales potentielles à l'intérieur,
01:10 c'est ça qu'on appelle la commotion cérébrale.
01:12 Et puis on l'a vu sur le banc de touche aussi sortir à un moment donné pour être
01:15 interrogé par le médecin pour essayer d'évaluer un peu la gravité.
01:19 Alors, on l'a vu, c'est le rugby.
01:20 Alors là, on le voit avec le médecin parce qu'il y a un protocole assez précis.
01:23 Le rugby a vraiment pris en charge et anticipe les problèmes liés à ces commotions cérébrales.
01:29 Et donc, avec une série de questions, ça permet de voir s'il est cas au debout, s'il
01:33 faut le sortir ou pas du terrain.
01:35 Bref, c'est de commotions cérébrales.
01:36 Il y a pas mal de symptômes de troubles de la mémoire, de troubles de la pensée, des
01:41 maux de tête.
01:42 C'est autant de symptômes qu'on peut anticiper, prendre en charge avec ce protocole commotion
01:48 cérébrale.
01:49 C'est pareil aussi quand vous avez un accident de voiture et que vous avez un coup du lapin,
01:52 par exemple, et que vous avez une accélération ou décélération.
01:54 C'est la même chose.
01:55 Et puis, il y a plein d'autres sports qui peuvent provoquer ce type de symptômes et
01:59 de lésions.
02:00 Les têtes en foot, ça peut aussi chez les Anglais ?
02:03 Oui, bien sûr.
02:04 C'est un vrai problème.
02:05 Tout à l'heure, dans Télématins, vous montriez aussi les images de rodéo.
02:08 On voit très bien les chocs qu'il y a, le fouleau américain.
02:10 C'est un vrai souci.
02:11 Mais quand vous faites une chute, par exemple, vous avez aussi ces lésions d'accélération
02:15 ou de décélération.
02:17 Là, on a vu les symptômes immédiats, mais il y a des symptômes qui sont bien plus embêtants
02:22 à long terme.
02:23 Et c'est tout le problème de ces lésions.
02:25 C'est ce qu'on appelle l'encéphalopathie traumatique.
02:28 Il y a des vrais cas de démence, des augmentations de risque d'AVC.
02:31 Des années après, c'est la répétition de ces chocs qui va poser problème.
02:36 Et donc, tout l'enjeu, vraiment, c'est d'éviter la gravité et la répétition de ces traumatismes.
02:40 Mais on fait quoi dans ce cas ? On arrête le match ou on reprend l'activité ?
02:43 Oui, on arrête le match.
02:44 On l'a vu, il était sorti à un moment donné, le médecin l'interroge.
02:48 Et puis, en fonction de la gravité, il faut arrêter.
02:51 Et quand on a des commotions cérébrales comme ça, qui sont violentes, ou quand on est un
02:55 peu chaos debout avec la personne, ne sait plus où elle est, etc.
02:57 On arrête, on met au repos.
02:59 On met au repos pendant plusieurs jours, voire pendant plusieurs semaines.
03:02 Tant qu'il y a des troubles du sommeil, des troubles de la mémoire, etc.
03:05 Il faut vraiment mettre le cerveau au repos.
03:08 On change le sport aussi, sinon.
03:09 Sachant qu'on ne peut pas annuler le traumatisme crânien.
03:12 Oui, il faut éviter, changer de sport.
03:14 Les fédérations, et notamment le rugby, ont pris très à cœur ce problème des commotions
03:19 cérébrales.
03:20 C'est un sport de contact, mais c'est aussi un sport d'évitement.
03:23 Et de plus en plus, notamment pour les enfants, ils arrivent à éduquer, à apprendre, à
03:28 éviter ces commotions cérébrales.
03:29 On ne peut pas annuler les traumatismes crâniens ou les commotions cérébrales, mais on peut
03:33 éviter.
03:34 On peut porter un casque, bien sûr, dans les mesures de prévention.
03:37 On peut s'abstenir de pratiquer ce contact.
03:39 Le rugby à cinq, c'est un moyen un peu plus soft de faire du rugby.
03:43 La ceinture de sécurité en voiture, ça a été un moyen aussi d'éviter ça.
03:46 Et puis, il y a des études intéressantes qui montrent qu'on peut diminuer les symptômes
03:50 aussi et les séquelles.
03:51 Bref, il faut maîtriser sa vitesse, maîtriser les contacts.
03:54 Et c'est comme ça qu'on évitera les séquelles.
03:56 Eh bien merci beaucoup Docteur.
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