00:00 Un véritable festival de l'argent facile, baguette magique.
00:04 On a entendu l'augmentation de la CSG sur les petites retraites.
00:08 Ces milliers d'amendements qui créent chaque jour un peu plus d'extax.
00:13 Taxation ce matin supplémentaire sur la participation et l'intéressement.
00:17 L'augmentation des impôts de production.
00:20 Des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts.
00:23 Bref, Karl Marx, sortez de ces corps !
00:26 Dans la bataille parlementaire sur la réforme des retraites,
00:28 les macronistes et leurs associés, les républicains,
00:31 ont largement critiqué la France insoumise
00:33 en lui reprochant l'obstruction et la pagaille dans l'hémicycle.
00:37 Bon, ça tourne dans les médias depuis une semaine.
00:39 Je vais mettre ça de côté pour me concentrer sur une critique
00:42 qui a été adressée sur le fond à l'ensemble de la nuppes.
00:46 Ambroise Croizat nous disait la chose suivante.
00:50 La Sécurité sociale est la seule création de richesse sans capital.
00:55 La seule qui ne va pas dans la poche des actionnaires.
00:58 Mais c'est directement investi pour le bien-être de nos concitoyens.
01:01 Et c'est là où ça devient intéressant.
01:04 Faire appel au budget des contribuables par les impôts
01:10 pour financer cette Sécurité sociale
01:12 serait subordiner l'efficacité de la politique sociale
01:15 à des considérations purement financières.
01:18 Le député Daniel Labaronne soulève en fait un point fondamental.
01:21 Quel doit être le circuit de financement du système de retraite ?
01:25 Essentiellement les cotisations sociales
01:27 ou bien de plus en plus le budget de l'État alimenté par des impôts et des taxes ?
01:32 Il y a un risque à financer notre système de protection sociale,
01:36 notre système de retraite, par la budgétisation, par l'impôt.
01:41 Et qu'il est préférable de le financer par les cotisations,
01:45 c'est-à-dire par le travail.
01:47 Et c'est tout le sens de la politique que nous avons mise en œuvre.
01:50 Ça mérite bien de sortir un dossier sur le sujet.
01:54 Mettons de côté les références à Marx et à Croixaz.
02:05 Mettons aussi de côté la rengaine libérale sur la France,
02:08 championne des prélèvements obligatoires qui décourage la réussite.
02:11 La haine de la réussite est des têtes qui dépassent.
02:15 Concentrons-nous sur le cœur de la critique.
02:17 La NUPES et particulièrement la France insoumise
02:20 voudraient tout financer par une hausse des impôts.
02:23 C'est habile parce que ça permet aux orateurs de Renaissance
02:26 de se placer sur le terrain de l'adversaire
02:28 en lui reprochant de ne pas même respecter
02:31 ses propres principes théoriques et idéologiques.
02:34 La France insoumise est en effet héritière d'un camp politique
02:37 qui insiste sur la nécessité de financer la sécurité sociale
02:41 par les cotisations sociales.
02:43 L'esprit initial de la Sécu, c'est l'autogestion.
02:46 Ce sont des travailleurs qui mutualisent ou socialisent
02:49 une partie des salaires pour s'assurer contre les risques de l'existence
02:53 et qui décident où affecter ces flux d'argent.
02:57 Pour bien comprendre ces enjeux politiques
02:59 qui se cachent sous les questions techniques de tuyauterie de financement,
03:03 je peux vous renvoyer à quelques-unes de mes anciennes vidéos.
03:06 Il y a aussi cette passionnante discussion entre Bernard Friot et Nicolas Da Silva,
03:11 publiée par le Média, qui montre comment l'État
03:13 cherche constamment à étendre son emprise sur la sécurité sociale,
03:18 notamment en faisant reposer son financement de moins en moins
03:21 sur les cotisations sociales et de plus en plus sur des impôts.
03:24 Ce que nous dit Ambroise Croizat.
03:28 Face au futur déficit du système de retraite,
03:31 le gouvernement martèle qu'on ne peut pas augmenter les cotisations.
03:34 Soit parce que ça nuirait au salaire net, et donc au pouvoir d'achat,
03:39 soit parce que ça nuirait à la compétitivité des entreprises, et donc à l'emploi.
03:43 Et en disant "notre solution c'est l'allongement de la durée de vie au travail",
03:47 les macronistes disent à la gauche,
03:49 les vrais défenseurs du financement des pensions par les cotisations des actifs,
03:54 et non par l'impôt, c'est nous.
03:56 Évoquer Ambroise...
03:58 Euh...
03:59 Euh...
04:00 Croizat !
04:02 Combattre cette vision des choses pour la gauche héritière d'Ambroise Croizat,
04:06 c'est moins multiplier les pistes de financement
04:09 que d'insister sur la nécessité d'augmenter le taux global moyen de cotisation,
04:14 qui est actuellement de 30%.
04:15 Évidemment, ça implique de se battre pour que, lors du partage de la valeur,
04:19 les cotisations viennent rogner sur les profits plutôt que sur les salaires nets.
04:24 Et l'argument du coût du travail, oui bien sûr,
04:28 mais pour nous, il faut dire clairement,
04:30 ces points, on demande au patronat de les prendre en charge
04:34 en baissant les dividendes, en baissant la partie non réinvestie des profits.
04:42 Henri Sardignac suggérait lui-même dans une tribune une hausse de 5% du taux de cotisation.
04:49 Projet qui pourrait être soutenu par l'opinion publique,
04:51 qui préfère l'augmentation des cotisations employeures à celle des cotisations employées,
04:57 mais qui reste aussi sur l'idée de taxer les riches.
05:00 Il faut dire qu'en janvier, début février,
05:03 plusieurs thèmes se sont télescopés dans le débat public,
05:06 rendant la confusion possible pour celui qui ne suit pas les débats de près.
05:10 Au beau milieu du débat sur les retraites est sorti par exemple le rapport de l'ONG Oxfam,
05:15 qui montrait comment pendant la période Covid et la crise en Ukraine,
05:19 certains secteurs ont enregistré des profits records,
05:22 et comment les fortunes des ultra-riches ont explosé.
05:25 On est tenté de suggérer de pomper dans ces bénéfices records,
05:28 ou de taxer ces grandes fortunes pour financer les retraites.
05:32 Selon Oxfam, l'ONG de lutte contre la pauvreté,
05:35 une taxe de 2% sur la fortune des milliardaires français
05:38 permettrait à elle seule de résorber ce déficit des retraites.
05:42 C'est une communication immédiatement efficace,
05:45 parce que ça donne des ordres de grandeur, des éléments de comparaison,
05:48 mais ça introduit aussi une certaine confusion à mon avis.
05:51 Imposer, taxer les grandes fortunes, c'est nous rendre dépendants d'elles,
05:55 c'est les légitimer.
05:57 Même Léa Salamé voit la difficulté, MDR.
05:59 Oui mais ça changerait le système, puisque vous savez très bien que la réforme des retraites,
06:02 que notre système par répartition…
06:05 Je ne dis pas taxer les ultra-riches.
06:06 Parce que là on sortirait si demain Bernard Arnault finançait les retraites,
06:10 on n'est plus dans notre système.
06:11 Mais il les finance, enfin j'espère qu'il paye des cotisations.
06:16 Or nous ne voulons pas légitimer les milliardaires, nous voulons les éliminer.
06:20 Oulà, qui prédomine, qui prédomine.
06:23 Non en prenant une partie de leur pognon pour le redistribuer,
06:27 mais en faisant en sorte qu'ils ne le touchent jamais.
06:30 En répartissant différemment la valeur, et ce, dès sa production, au sein de l'entreprise.
06:36 Des députés NUPES ont récemment écrit une tribune dans Le Monde pour insister sur ce point.
06:41 Les salaires, tout pour les salaires.
06:43 Le salaire minimum qu'il faut relever,
06:45 les autres qu'il faut indexer sur l'inflation, au moins jusqu'à hauteur de 2000 euros,
06:50 revaloriser les grilles salariales par branches,
06:52 lier ces salaires à une qualification,
06:55 et surtout ne pas les remplacer par des primes, des bonus aléatoires.
06:59 Au lieu d'aller dans cette direction, le parti présidentiel,
07:03 qui tenait cette semaine une convention sur le partage de la valeur en entreprise,
07:07 veut mettre en avant le dividende salarié,
07:10 promesse de campagne de Macron visant à transformer le salarié en mini-actionnaire,
07:15 mais sans aucun pouvoir.
07:16 Là encore, tout est fait pour faire semblant de s'occuper des questions de baisse de pouvoir d'achat
07:21 ou de juste répartition des bénéfices,
07:24 sans jamais avoir à poser la question fondamentale de l'augmentation pure et simple des salaires.
07:30 Taxer, taxer, taxer, voilà votre vrai projet.
07:33 Donc on voit que, bien que la pluie d'amendements déposée par la NUPES
07:37 lors des débats sur le financement des retraites dans l'Assemblée
07:40 a jeté une certaine confusion,
07:42 c'est le circuit de la cotisation qui reste plébiscité.
07:45 Le fait d'avoir exonéré sans aucune condition
07:48 tout un ensemble de revenus, de primes, d'intéressements, d'épargne salariale,
07:52 coûte cher et cet argent, on ira le récupérer.
07:54 L'accusation des macronistes est de plus franchement hypocrite,
07:57 quand on sait qu'ils sont les champions des exonérations de cotisations sociales.
08:02 90 milliards d'exonérations, des cotisations qui sont compensées par la fiscalité
08:08 vous donnent le beau jeu de dire après,
08:09 il ne faut pas aller chercher dans la fiscalité pour contribuer au régime contributif.
08:14 Et je ne parle même pas de tous les cadeaux que vous avez faits
08:17 qui ont déséquilibré la part de la valeur ajoutée,
08:20 du travail vers le capitalisme financiarisé.
08:23 Et en somme, même si les solutions fiscales,
08:26 notamment celles qui frappent les très riches, sont tentantes,
08:29 on doit insister pour que la cotisation sociale
08:32 reste le cœur du financement de la sécu et du système de retraite.
08:37 Et se battre pour que l'augmentation du taux de cotisation
08:41 vienne diminuer les profits, vienne rogner les profits.
08:44 Ça Bernard Arnoux, il n'aime pas.
08:46 On est critiqués par des gens qui ne connaissent pas vraiment les sujets dont ils parlent.
08:51 À la semaine prochaine.
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08:57 [Bruit de la vidéo]
08:59 ❤️ par SousTitreur.com
09:01 ❤️ par SousTitreur.com
09:03 [SILENCE]
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