00:00 Le comédien Riyad Belaïch devait être avec nous, plus connu sous le nom de Just Riyad, ce matin mais au fond de son lit.
00:07 Alors du coup on l'embrasse, on en profite. Il venait nous parler du film "À la belle étoile" qui sort aujourd'hui même au cinéma
00:14 et qui raconte l'histoire d'un jeune chef pâtissier qui a remporté en 2014 le titre de champion du monde de dessert.
00:19 C'est une histoire vraie et c'est celle de Yazid Ishra'em. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:24 C'est super nouvelle que vous ayez pu remplacer l'acteur principal parce qu'en fait cette histoire, c'est la vôtre.
00:29 Je vous propose pour commencer qu'on regarde la bande-annonce.
00:31 Bien sûr.
00:32 Ça veut dire quoi "mof" ?
00:35 Meilleur ouvrier de France. Il faut travailler dur, énormément.
00:40 Je regarde la table 8 là.
00:45 Jeune homme, qui t'a signé ici ?
00:47 Dès demain il sera remplacé chef.
00:48 Avant de me jeter chef, laissez-moi faire un essai au moins.
00:57 On va le garder le petit. Soin à l'heure et présentable.
01:00 Oui chef.
01:01 Hé oh, c'est l'entrée de service pour vous.
01:03 Ah ok.
01:04 Quand on est en foyer, il n'y a pas mille façons de s'en sortir.
01:09 C'est plus possible de le garder, ça devient trop grave.
01:16 Yazid il a un talent, il est en train de le développer, il ne faut pas tout casser.
01:19 C'est quoi tout ça ?
01:20 Ils vont me détruire si je reste ici.
01:21 Je vous en supplie, laissez-moi y croire s'il vous plaît.
01:23 Ça va changer ma vie.
01:26 Est-ce que l'un d'entre vous veut faire partie de l'équipe de France de pâtisserie ?
01:29 Bravo.
01:33 MBF, meilleure bouillonne de France.
01:35 Je prépare les championnats du monde, j'ai besoin d'un sponsor.
01:37 Plus de nerfs là, t'es en train de relâcher, t'es mou là !
01:39 Chef, comment on devient le meilleur ?
01:41 C'est pas un Paris-Presse, c'est un Paris-Chiasse.
01:43 Tu veux être le meilleur ou un génie de la pâtisserie ?
01:46 Win.
01:48 Et comment on sait si on est l'un ou l'autre ?
01:49 Tu le sauras.
01:53 Et c'est donc Riad Belaïch qui interprète votre rôle, votre histoire.
01:56 Ça fait quoi d'ailleurs de voir son histoire interprétée par quelqu'un d'autre ?
01:59 C'est dingue, c'est un mélange de satisfaction, de fierté et puis aussi d'appréhension.
02:04 Parce que c'est pas si évident que ça de concéder une histoire pareille.
02:08 Oui, et ça ressemble vraiment à votre vie, je dis ça parce que vous sortez au même moment un livre
02:13 sur votre vraie vie, vraie vie à vous, justement créée pour survivre, vivre, pour ne pas sombrer.
02:19 Est-ce que votre vie est très différente de ce qu'on voit dans le film ?
02:22 Alors pas tout à fait, parce que la chance que j'ai eue c'est que la production du film et moi-même avons fait qu'un.
02:28 Donc on a essayé d'avoir une vision à la fois romancée, légèrement édulcorée de manière à ce que ça passe
02:36 pour le grand public au cinéma, mais racontée la vie d'un homme de 25 ans en 1h40.
02:43 C'est forcément un pari assez compliqué.
02:46 Est-ce que votre vie à vous, est-ce que le mot "trash" est vraiment adapté ? Est-ce que c'est beaucoup ?
02:51 Elle n'est pas loin d'être "trash", "dark" et tous les synonymes qui vont avec.
02:55 Ça a bien commencé, on peut le dire, vous étiez en famille d'accueil.
02:57 C'est à travers d'ailleurs une de vos familles d'accueil que vous découvrez l'amour de la pâtisserie.
03:01 Exactement, j'ai grandi en famille d'accueil jusqu'à l'âge de 8 ans avant d'aller au foyer, dans un foyer de jeunes.
03:06 Et leurs deux fils étaient pâtissiers. Un travaillait à Leclerc, l'autre à Cora.
03:10 Et puis j'ai commencé la pâtisserie par manque de reconnaissance en voulant faire des gâteaux comme eux au début.
03:16 Mais vous devenez pâtissier complètement autodidacte. On le voit dans le film, c'est là que vous voulez regarder faire.
03:20 Mais ce sont des pâtissiers, pas 5 étoiles.
03:24 Exactement.
03:25 Et vous, vous voulez chercher, vous voulez trouver exactement les meilleures recettes.
03:28 J'ai grandi avec le goût populaire de la pâtisserie, forcément, parce que c'était le goût de la grande distribution.
03:32 Et ce qui se passe, c'est que j'ai grandi chez ma tati et mon tonton à l'aide sociale à l'enfance du lundi au vendredi.
03:38 Et du vendredi au dimanche, j'étais obligé de retourner voir ma maman et ma famille.
03:43 C'était vraiment un cadre beaucoup moins privilégié.
03:46 Et pour me changer les idées, que ma maman était très alcoolisée, je faisais des gâteaux à la maison.
03:52 Et ça m'a à la fois changé les idées et quelque peu sauvé la vie.
03:55 Ça vous a sauvé vraiment la pâtisserie.
03:57 C'est vraiment une histoire de résilience aussi, ce film.
03:59 Mais la question qu'on se pose, c'est comment on devient le plus jeune champion du monde de pâtisserie.
04:03 C'est incroyable, ce genre de concours.
04:05 Comment vous êtes parvenu à être aussi bon, si jeune dans ce genre de concours ?
04:10 Alors bon, c'est un très grand mot.
04:12 Vous êtes le meilleur chef pâtissier.
04:14 Quand on prépare un concours pareil, on s'entraîne pendant un an, un an et demi.
04:22 Et je pense, avec le recul et toute la psychologie qu'il a fallu engendrer pour faire tout ça,
04:27 c'est peut-être un manque de reconnaissance depuis la naissance qui a fait que j'ai voulu viser très haut et transcender l'école.
04:34 Ça vous a fait du bien ce titre ?
04:36 Quand on vous l'a décerné, ça a réparé quelque chose en vous ?
04:38 Ça n'a pas réparé, mais ça m'a apporté crédibilité pour faire beaucoup plus de choses et faire du bien.
04:45 C'est vraiment le mot aux autres.
04:47 Justement, il y a un dessert qu'on voit en boucle dans le film, qui est un peu le fil conducteur de ce film.
04:51 Je crois que vous n'êtes pas venu les mains vides, justement.
04:53 Je crois que vous l'avez apporté ce dessert.
04:55 Vous l'avez fait quand ce matin, à 3h ?
04:57 5h30 du matin.
04:59 Oh là là, mais c'est magnifique.
05:01 C'est quoi ?
05:03 Racontez-nous ce dessert.
05:05 C'est un dessert qu'on a mis au point avec un chef qui s'appelle Angelo Musa, à la pâtisserie des rêves, en 2009.
05:11 C'est une forêt noire, avec tous les éléments classiques de la forêt noire.
05:16 La mouche au chocolat, l'enrobage et la vanille.
05:20 On l'a designé en forme de cerise, de manière à avoir le goût et la texture de la forêt noire.
05:26 On voit dans le film que pour arriver à ça, vous y passez des heures, vous vous entraînez.
05:29 Au début, il vous dit que visuellement, ce n'est pas ça.
05:31 Exactement.
05:32 Et puis vous continuez.
05:33 On a travaillé environ 100 heures de travail pour la mettre en place.
05:36 Une centaine d'heures de travail.
05:38 Quand je fais ça, ça veut dire que c'est dingue.
05:41 Il y a quoi dedans exactement ?
05:43 C'est tous les éléments de la forêt noire revisités à l'ordre du jour.
05:46 On a une mouche au chocolat, une chantilly sans sucre, très très légère, avec un biscuit brownie.
05:50 Et on a remplacé les traditionnels copeaux de chocolat par un fin enrobage au chocolat.
05:54 Comme me le dit le dit bourgoin, notre productrice, dans l'oreillette,
05:57 elle dit "dans tout le film, j'avais envie de la goûter cette forêt noire".
05:59 Elle est dingue.
06:00 Elle est là.
06:01 Elle est là.
06:02 Merci.
06:03 Alors vous restez avec nous.
06:04 On va déguster un petit peu cette forêt noire.
06:05 On va se retrouver dans un instant en direct pour la suite de ce Télématin.
06:08 Donc ça s'appelle "À la belle étoile".
06:10 Ça sort au cinéma aujourd'hui.
06:11 C'est votre histoire.
06:12 Et on en reparlera dans un instant.
06:13 C'est trop sucré.
Commentaires