00:00 Sébastien Ferjou.
00:01 Je crois que le point fondamental est quand même celui-là, c'est cette question-là
00:04 de fond.
00:05 Je trouve que la distinction qu'opère Nathan Devere, elle est très très artificielle
00:08 parce qu'entre la liberté de l'autodestruction et le fait de mettre les autres en danger,
00:13 il n'y a pas le fait uniquement de prendre le volant en étant drogué.
00:15 Il y a tout ce qui est en amont.
00:17 C'est-à-dire que quand vous achetez de la drogue, à moins d'aller l'acheter, je vous
00:20 le disais déjà hier, dans la jungle, directement dans un labo en Colombie, vous ne pouvez pas
00:23 ignorer qu'il y a tous les gens qui ont été pris dans les réseaux et dont les vies sont
00:27 brisées.
00:28 Tous les gens qui ont chez eux, on en parlait la semaine dernière encore dans les halls
00:32 d'immeubles, qui ne peuvent pas rentrer chez eux, qui sont sous contrôle, ces gens-là,
00:35 ils existent.
00:36 Les consommateurs ne peuvent pas faire comme si ça n'existait pas.
00:38 Et je crois que la question fondamentale, c'est le vertige de notre société.
00:42 Regardez, nous sommes la société qui probablement, à l'échelle de l'humanité, bénéficie
00:45 le plus de liberté, qui vit dans le plus de prospérité.
00:49 Ça peut être dur à entendre pour des gens qui sont dans la difficulté, mais si vous
00:52 le regardez à l'échelle du temps, c'est quand même assez largement vrai.
00:55 Qu'est-ce qui ne va pas ? On peut continuer à être une société qui est en danger,
00:56 mais qu'est-ce qui ne va pas ? On peut continuer à être une société permissive, une société
00:59 qui déconstruit tous les principes d'autorité parce qu'on a considéré, on a voulu effacer
01:02 l'intime.
01:03 On considère que tout le mal, tous les maux dont nous pouvons souffrir viennent de la
01:07 société, moyennant quoi d'ailleurs, on les soigne de manière chimique, comme vous
01:10 le disiez, comme si précisément tout était extérieur aux individus.
01:13 Mais non, regardez même Pierre Palman, on est 10 ans après le mariage homosexuel, il
01:16 continue à faire état de sa douleur, de sa difficulté à être homosexuel.
01:20 Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de discrimination dans la société, ça
01:22 veut dire qu'il y a toujours une part de discrimination de système de représentation
01:26 politique et puis il y a la part qui relève de l'intime.
01:28 Et ça, quand on a détruit tout ce qui donne du sens à la vie, parce que moi ce que j'en
01:32 constate, c'est que la plupart des gens ne sont pas capables de trouver du sens à leur
01:35 vie à hauteur d'individu.
01:36 Mais une fois qu'on a tout déconstruit…
01:37 Là on est parti assez loin.
01:38 Oui mais c'est comme toujours, c'est-à-dire qu'on peut toujours continuer à mettre
01:43 des emplates sur une jambe de bois, mais si on ne se pose pas la question fondamentale
01:47 du trou du vertige civilisateur…
01:48 Mais ça a à voir avec l'éducation, avec l'autorité…
01:55 Mais ça a à voir avec le fait qu'on ne vous traite pas comme un imbécile à chaque
01:58 fois que vous osez dire que oui parfois être conservateur, au sens de cette grenouille de
02:01 Bénithié où tout retourne en arrière, juste au sens de dire qu'il y a des systèmes
02:04 de valeurs à préserver.
02:05 Oui mais regardez, tous ces discours-là, encore une fois, le mot choisi, il est très
02:09 révélateur, c'est « déconstruction ». On est après 50 ans de déconstruction,
02:13 on en voit les effets aujourd'hui.
02:14 On en voit les effets.
02:15 On en voit les effets.
02:16 On en voit les effets.
02:16 [Musique]
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