- il y a 3 ans
L'actualité vue par les témoins du quotidien, présenté par Clélie Mathias dans #LaParoleAuxFrancais
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00:00:00 - Il est 14h. Bonjour à tous.
00:00:02 Ravie de vous retrouver.
00:00:03 C'est la parole aux Français.
00:00:05 On abordera la question de la réforme des retraites
00:00:08 et ses conséquences sur les travailleurs.
00:00:10 Nous parlerons de la sécheresse qui touche les agriculteurs.
00:00:13 Nous parlerons aussi de ces parents
00:00:15 qui ont un enfant autiste ou handicapé.
00:00:18 Comment les aider ?
00:00:19 Quel est leur combat ?
00:00:20 Comment le vivent-ils au quotidien ?
00:00:22 Avant cela, le journal avec Simon Guillin.
00:00:25 - Bonjour, Clélié.
00:00:26 Emmanuel Macron est de retour sur le terrain.
00:00:28 L'Etat s'est rendu au marché de Rungis,
00:00:31 ce matin dans le Val-de-Marne.
00:00:32 Sur sa réforme des retraites,
00:00:34 le président a échangé avec ceux qui se lèvent tôt.
00:00:37 Il en appelle au bon sens des Français.
00:00:39 Ils savent qu'il faut travailler plus longtemps.
00:00:42 - On a moins d'actifs qu'il y a 20 ans.
00:00:44 On a plus de retraités et on vit plus longtemps.
00:00:47 Donc, c'est pas vrai de dire qu'on peut garder les mêmes âges.
00:00:50 Ca marche pas. Ca marche pas, cette affaire.
00:00:53 Donc, il faut le faire de manière progressive.
00:00:55 C'est ce que le gouvernement enrichit
00:00:57 et permet de faire.
00:00:58 Ensuite, il faut dire qu'on différencie.
00:01:01 Les gens qui commencent à travailler très tôt,
00:01:03 les gens qui travaillent la nuit avec du froid,
00:01:06 avec des charges, on prend en compte ces différences
00:01:09 dans le calcul.
00:01:10 Mais dans l'ensemble, les gens savent qu'il faut travailler
00:01:13 plus longtemps en moyenne tous,
00:01:15 sinon, on pourra pas bien financer nos retraites.
00:01:18 - Les agriculteurs manifestent à Mont-de-Marsan dans les Landes.
00:01:21 Ils défendent le maintien de leur droit de prélèvement d'eau
00:01:24 pour l'irrigation.
00:01:26 L'ESEA et les jeunes agriculteurs craignent une baisse
00:01:29 de volume de prélèvement d'eau autorisé.
00:01:31 L'inquiétude monte chez les professionnels
00:01:33 alors que la France connaît un épisode de sécheresse record.
00:01:37 Suite au Brexit et à l'affaire des licences de pêche
00:01:40 qui ne sont plus accordées à tous les bateaux français,
00:01:43 le gouvernement a annoncé un plan de casse pour la pêche française.
00:01:46 Le port le plus touché en France est celui de Guilvinet,
00:01:49 et vous allez voir que les élus locaux craignent
00:01:52 des destructions d'emplois par centaines.
00:01:55 - L'Âme-Trisquel, le Damoclès, sur 90 bateaux français
00:01:58 concernés par ce plan, 26 sont immatriculés ici,
00:02:01 au Guilvinet.
00:02:03 C'est la moitié de la flottille des hauteuriers du pays Bigoudin
00:02:06 qui part à la casse.
00:02:08 Sur le quai des Chalutiers, l'inquiétude est palpable.
00:02:11 - Pour nous, c'est une catastrophe.
00:02:13 Il faut espérer que les politiques trouvent une solution.
00:02:16 Sinon, c'est la mort de la pêche, de tous les commerces,
00:02:20 de tout ce qui est sur le port.
00:02:21 - Si on considère qu'un emploi en mer,
00:02:24 il y a un peu plus de consommateurs,
00:02:26 en moyenne, sur un chalutier, comme ceux qui vont sortir,
00:02:29 il y a 5 à 6 marins.
00:02:30 Quand on fait les comptes, on trouve entre 600 et 700 personnes
00:02:34 derrière qui pourraient perdre leur travail.
00:02:36 - Les 12 maires du pays Bigoudin demandent au gouvernement
00:02:40 un plan d'accompagnement spécifique et attirent l'attention
00:02:43 du chef de l'Etat sur la question de la souveraineté alimentaire.
00:02:47 - Un enjeu pour le consommateur français,
00:02:49 c'est de manger du poisson français,
00:02:52 puisque nous sommes 20 % de la production française.
00:02:54 Nous sommes le 1er pays français de poissons frais.
00:02:57 - La langoustine, la lote, les élus locaux estiment
00:03:00 qu'avec ce plan, 5000 tonnes de poissons ne seront plus débarquées
00:03:04 au Guilvinec chaque année.
00:03:06 En signe de deuil, les drapeaux français et européens
00:03:09 ont été mis en berne devant les mairies.
00:03:11 - Dans le reste de l'actualité, près d'un an après avoir débuté
00:03:14 sa guerre contre l'Ukraine, Vladimir Poutine a prononcé
00:03:18 son discours annuel à la nation.
00:03:20 Il a dit de continuer soigneusement son offensive
00:03:22 pour atteindre ses objectifs.
00:03:24 Je parle à un moment difficile et clé pour la Russie, a-t-il ajouté.
00:03:28 - Les élites de l'Occident ne cachent pas leurs objectifs.
00:03:34 Infliger une défaite stratégique à la Russie,
00:03:37 c'est-à-dire en finir avec nous une bonne fois pour toutes.
00:03:40 Cela signifie qu'ils prévoient de tourner ce conflit local
00:03:48 en conflit global.
00:03:49 Nous le comprenons comme cela et nous réagirons en conséquence.
00:03:58 Il en va de l'avenir de notre pays.
00:04:04 - Deux nouveaux séismes ont touché hier soir la Turquie et la Syrie.
00:04:08 Le premier est survenu peu après 20h et le deuxième
00:04:11 seulement 3 minutes plus tard.
00:04:13 Un premier bilan fait état de 3 morts en Turquie
00:04:16 et de 57 blessés en Syrie.
00:04:17 Des nouveaux tremblements de terre interviennent
00:04:20 seulement 15 jours après celui du 6 février,
00:04:23 qui avait fait 45 000 morts sur place.
00:04:25 On va écouter Paolo Marchi,
00:04:26 représentant de l'UNICEF en Turquie.
00:04:28 Il parle d'une possible crise sanitaire sur place.
00:04:31 - Il y a 2,5 millions d'enfants qui sont en besoin humanitaire.
00:04:36 Il y a des blessures physiques qui sont là.
00:04:40 On a des équipes médicales magnifiques
00:04:42 qui sont en train de les traiter.
00:04:44 On a des soins qui sont antérieurs.
00:04:46 Tout le monde qui a été affecté par le tremblement de terre
00:04:49 est en train de vivre.
00:04:50 On a commencé à les soigner maintenant,
00:04:53 mais ça prend du temps pour les soigner.
00:04:57 Surtout, les enfants ont besoin qu'on intervienne maintenant.
00:05:02 - Voilà pour ce tour de l'actualité à 14h sur CNews.
00:05:05 Place au débat, la parole au français,
00:05:07 avec Lélie Mathias et ses invités.
00:05:09 - Merci beaucoup, Simon.
00:05:11 On se revoit à 15h.
00:05:12 Mes invités, Yvan Youfolle,
00:05:14 et face à vous, Jean Garrigue.
00:05:16 On va commencer avec la réforme des retraites.
00:05:18 Simon Guillain l'a dit, Emmanuel Macron est à Rungis.
00:05:21 La France se lève tôt.
00:05:23 Il est venu faire le service après-vente
00:05:25 et expliquer cette réforme des retraites.
00:05:27 Je vous rappelle qu'une majorité de Français
00:05:30 sont contre cette réforme des retraites.
00:05:32 Nous sommes en ligne avec Pascal Deren,
00:05:34 président de la Fédération de la Boucherie des Hauts-de-Seine.
00:05:38 Bonjour.
00:05:39 ...
00:05:42 Pascal, bonjour.
00:05:44 - Oui, bonjour. Vous allez bien ?
00:05:46 - Bien et vous ? On vous entend.
00:05:48 C'est parfait. On vous voit, en plus.
00:05:50 Avec vous, également, Marc Fichel.
00:05:52 Vous êtes grossiste en pommes de terre et chanteur.
00:05:55 On en reparlera.
00:05:56 On va se concentrer déjà sur la réforme des retraites
00:05:59 et sur vos métiers et sur votre rencontre,
00:06:02 aussi, aujourd'hui.
00:06:03 Pascal Deren, je m'adresse à vous.
00:06:05 Vous allez nous expliquer ce que vous faites,
00:06:08 à quelle heure vous êtes levé
00:06:09 et pourquoi vous n'êtes pas en train de dormir ?
00:06:12 - Je n'étais pas en train de dormir
00:06:14 parce que là, vous m'avez demandé à être en ligne, en direct.
00:06:18 - Je sais.
00:06:19 - On s'est rencontrés ce matin, il me semble,
00:06:21 avec CNews et puis il y avait d'autres chaînes, d'autres télés.
00:06:25 Je me suis levé, il était 2h du matin,
00:06:27 pour aller faire mes achats à Rungis,
00:06:30 comme tous les deux jours.
00:06:31 Donc, moi, j'ai fait mes achats
00:06:33 et puis, bon, ça permettait de voir M. Macron,
00:06:36 notre cher président.
00:06:38 Et donc, on a pu converser ensemble.
00:06:40 - Vous allez nous raconter.
00:06:42 Qu'est-ce que vous lui avez dit, Emmanuel Macron ?
00:06:44 Comment s'est passé votre échange ?
00:06:46 Qu'est-ce qu'il vous a posé comme question ?
00:06:49 Et vous, qu'est-ce que vous lui avez demandé exactement ?
00:06:52 - Il ne m'a pas parlé de la retraite,
00:06:54 il m'a parlé exactement, parce qu'il savait nos problèmes,
00:06:58 nous, au coût de l'énergie
00:06:59 et puis toutes les augmentations de charges,
00:07:02 il m'a parlé de ça.
00:07:03 Donc, je lui ai expliqué que, nous,
00:07:05 vu le coût des matières premières,
00:07:07 le coût des produits frais, des transports, de l'énergie,
00:07:11 le coût des produits consommables,
00:07:13 donc, et il nous demandait, il y a quelques mois,
00:07:17 au 1er mai, il nous avait demandé
00:07:19 de faire très attention au pouvoir d'achat des clients.
00:07:22 Alors, là, je lui ai répliqué,
00:07:24 j'ai dit "vous nous avez demandé de faire des efforts,
00:07:27 "mais nous, à un moment donné, on pioche dans nos réserves
00:07:30 "et on ne pourra pas durer comme ça éternellement."
00:07:34 Donc, on a pris un rendez-vous avec Mme Grégoire,
00:07:38 elle nous a dit qu'elle allait nous rappeler
00:07:40 pour faire une table ronde, pour pouvoir en discuter
00:07:43 et voir les problèmes qu'on peut avoir.
00:07:45 -C'est-à-dire, sauver la filière, vos métiers,
00:07:48 et, en même temps, si j'ose dire,
00:07:50 éviter de répercuter la hausse des prix sur...
00:07:53 -Exactement. -Sur les prix aux clients.
00:07:56 -Exactement. Limiter, quand ça parle,
00:07:59 si on peut dire, nous, on veut bien faire des efforts,
00:08:02 on ne peut pas continuellement rogner nos marges,
00:08:06 arriver un moment où on n'aura plus de trésorerie,
00:08:09 et qui dit plus de trésorerie,
00:08:11 il y a déjà pas mal de dépôts de bilan,
00:08:13 on ne voudrait pas en faire partie,
00:08:15 et surtout, on ne voudrait pas...
00:08:17 Alors, on nous a posé la question,
00:08:18 "est-ce que vous vouliez des primes ou des aides ?"
00:08:21 Mais nous, on ne veut pas des aides,
00:08:23 on veut qu'on puisse travailler correctement,
00:08:26 qu'on nous supprime quelques lignes sur les charges,
00:08:29 faire attention sur le coût énergétique,
00:08:32 tous ces coûts-là qui nous...
00:08:34 qui nous viennent de plus en plus chers.
00:08:36 -Emmanuel Macron a dit ce matin
00:08:38 qu'à priori, cette hausse des prix devrait peut-être se calmer
00:08:42 dans le courant du 2e semestre.
00:08:43 Pensez-vous que la filière peut attendre
00:08:46 ou est-ce que d'ores et déjà, elle est en danger
00:08:48 et qu'il faut quand même...
00:08:50 Vous ne vouliez pas d'aide,
00:08:51 mais il faut trouver une solution.
00:08:53 -Exactement. C'est pour ça que Mme Grégoire,
00:08:56 on lui a demandé de faire une table ronde,
00:08:59 donc je lui ai donné ma carte,
00:09:00 on doit se rappeler pour voir avec elle
00:09:03 quelles sont les solutions.
00:09:04 Parce que j'ai des collègues,
00:09:06 ça fait 20 ans qu'ils se sont installés,
00:09:08 et là, ils ont demandé, c'est la première année,
00:09:11 qu'ils demandent des reports de charges.
00:09:13 Ils m'expliquaient ce matin, puisqu'on tenait une table ronde,
00:09:17 pour la fédération, qu'avant, ils avaient des emprunts,
00:09:20 ils arrivaient bien à vivre,
00:09:21 maintenant, ils n'ont plus d'emprunts.
00:09:24 On est obligé de réinjecter de l'argent dans l'entreprise
00:09:27 pour demander des reports de charges.
00:09:29 C'est pas trop logique, quand même.
00:09:31 On travaille pas pour dépenser toute la trésorerie
00:09:36 qu'on peut avoir accumulée avec les années.
00:09:38 -On comprend bien. Pascal Dorenne, vous restez en ligne ?
00:09:41 Je m'adresse à Marc Fischel.
00:09:43 Rebonjour. Je vous rappelle que vous êtes grossiste
00:09:46 en pommes de terre, vous travaillez à Rungis,
00:09:49 vous n'avez pas vu Emmanuel Macron.
00:09:51 Première question, à quelle heure vous êtes-vous levé ce matin ?
00:09:54 Quel est votre quotidien, votre rythme ?
00:09:57 -En général, je me lève vers 3h30,
00:10:00 et je suis à Rungis entre 4h et 5h du matin.
00:10:03 En faux-aigus, on travaille un peu plus tard,
00:10:06 parce que ça fait rire,
00:10:07 qu'à la viande ou dans d'autres secteurs.
00:10:10 -Oui, c'est un peu plus tard, mais ça reste très tôt.
00:10:13 Alors, il y a plusieurs problèmes,
00:10:16 et Pascal Dorenne a évoqué un, qui est la hausse des prix.
00:10:19 Emmanuel Macron s'est concentré sur celui-ci
00:10:22 et sur la réforme des retraites.
00:10:24 Qu'est-ce que vous pensez de cette réforme ?
00:10:26 Pour ou contre ?
00:10:27 -Non, moi, je pense qu'il faut faire une réforme des retraites.
00:10:31 Après, je suis né politique, on m'a demandé d'intervenir.
00:10:34 Je pense que chaque problème a une solution.
00:10:36 À chaque fois qu'on parle de problème,
00:10:38 il y a toujours des solutions,
00:10:40 que ce soit dans le business ou en politique.
00:10:42 Je ne suis pas spécialiste des réformes de retraite,
00:10:45 mais à Rungis, on aime bosser, on aime travailler.
00:10:47 Les gens qui se lèvent tôt, ils se lèvent parce qu'ils aiment leur travail.
00:10:51 Si il y a un manque d'argent,
00:10:53 peut-être qu'il faudra taxer certaines personnes,
00:10:56 pour pouvoir travailler plus longtemps.
00:10:58 Ça fait plus de 20 ans que je fais ça,
00:11:00 et aujourd'hui, je ne pense toujours pas à ma retraite,
00:11:03 je pense surtout à mon avenir.
00:11:05 J'ai 50 milliards de projets,
00:11:06 et je pense que c'est important, de toute façon, d'aimer son travail.
00:11:10 Si on se lève tôt, c'est parce qu'on aime ce qu'on fait.
00:11:13 On a cette chance, à Rungis, de se lever tôt,
00:11:16 mais d'aimer énormément notre travail.
00:11:18 On ne peut pas se lever tôt si on n'aime pas,
00:11:20 à moins d'être masochiste, et je ne le suis pas.
00:11:23 Oui, je vais être sincère avec vous,
00:11:26 une réforme, de toute façon, il y en a toujours eu,
00:11:29 il y en a qui ont été acceptées, d'autres pas.
00:11:31 Je ne sais pas si Emmanuel Macron prend le taureau par les cambres,
00:11:35 je n'en sais rien.
00:11:36 Je pense, de mon point de vue personnel,
00:11:38 qu'il faudra changer les choses,
00:11:40 parce qu'à un moment, c'est comme dans une entreprise,
00:11:43 quand il n'y a plus de sous, il n'y a plus de sous.
00:11:46 Donc, il va falloir penser à notre futur, à nos enfants,
00:11:49 penser aux personnes âgées,
00:11:50 pour que tout le monde puisse vivre en bonne intelligence.
00:11:53 -Vous êtes d'accord avec le chef de l'Etat
00:11:56 quand il dit que c'est du bon sens.
00:11:58 L'espérance de vie est augmentante, on est plus en forme,
00:12:01 il y a moins de pénibilité, pour certains métiers.
00:12:04 Donc, il faut repousser l'âge de départ à la retraite.
00:12:07 Pour vous, c'est du bon sens aussi ?
00:12:09 -C'est du bon sens.
00:12:10 Après, on va parler de la pénibilité,
00:12:12 mais sincèrement, nous, on est dans un métier,
00:12:15 on dit que c'est dur, mais ce n'est pas si dur que ça.
00:12:18 On ne soulève plus les sacs de pommes de terre comme il y a 50 ans,
00:12:22 on a des Fenwick, des tire-pannes, des outils qui nous aident,
00:12:25 et même les jeunes préparateurs de commandes
00:12:27 sont aidés par tous les nouveaux outils professionnels
00:12:31 qui sont relativement bien encadrés par une charte.
00:12:34 Et puis, tous les corps de métier ne sont pas à la même échelle,
00:12:39 mais en même temps, comme on vit tous plus longtemps,
00:12:42 la moyenne d'âge n'est pas comme il y a 50 ans,
00:12:44 à un moment, on sera tous obligés de travailler plus
00:12:47 que nos futurs enfants, et les retraites,
00:12:49 ou en tout cas, être une aide pour continuer à vivre,
00:12:52 sinon, je pense que ça ne sera pas possible.
00:12:55 Après, ce n'est même pas une question de politique,
00:12:57 qu'on soit de gauche ou de droite, peu importe,
00:13:00 c'est juste une question de logique.
00:13:02 Il y en a qui vont dire qu'il faudra taxer,
00:13:04 peut-être des personnes qui peuvent être taxées, je ne sais pas.
00:13:08 C'est juste, comme vous avez dit avant, c'est du bon sens.
00:13:11 -Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est Emmanuel Macron
00:13:14 qui a utilisé cette expression.
00:13:16 Par exemple, quand vous prenez le café à la fin de votre journée,
00:13:19 ça doit être vers 10h du matin,
00:13:21 avec vos collègues, ils sont d'accord avec vous ?
00:13:24 -Oui, mais je vais être franc, ils n'en parlent même pas.
00:13:27 Je vous assure que la réforme,
00:13:29 maintenant, à 20h10, ça sert,
00:13:31 ce n'est pas le premier mot, le premier mot
00:13:33 qui nous vient à la tête, c'est qu'on a fini notre journée,
00:13:37 il est un peu plus tard que 10h, chez nous, il est environ midi,
00:13:40 après, on commence une deuxième partie de journée.
00:13:43 J'ai une autre activité, mais j'ai des amis qui font du sport,
00:13:47 j'ai des amis qui sont spécialistes dans d'autres jeux,
00:13:53 je ne sais pas, qui ont une activité intellectuelle,
00:13:55 qui sont spécialistes en échecs,
00:13:57 je pense qu'on a cette chance, à un gis, par exemple,
00:14:00 on se lève tôt, mais si on est des hyperactifs,
00:14:02 en général, il y a beaucoup d'hyperactifs à un gis,
00:14:05 ça vous permet de faire deux métiers dans une journée.
00:14:08 -Vous avez un enthousiasme contagieux, c'est assez génial,
00:14:11 est-ce que, par exemple, si la réforme des retaites
00:14:14 n'est pas au sujet du café de la fin de journée,
00:14:17 est-ce que la hausse des prix, la hausse des factures,
00:14:20 dont nous parlait Pascal Deren, qui est en ligne avec nous,
00:14:23 est un peu plus au centre de vos préoccupations ?
00:14:25 -Ça, oui, on ne peut pas le dénier.
00:14:27 La hausse des factures, oui, la hausse des prix, oui,
00:14:30 il y a eu 20 % d'augmentation sur les packagings,
00:14:33 mais ça ne touche pas que le Fosélium,
00:14:35 il y a eu 20 % de hausse sur les transports,
00:14:38 mais c'est suite à l'augmentation des gazoles,
00:14:41 les prix sont supérieurs.
00:14:42 Mais ça ne change pas qu'on travaille quand même.
00:14:45 Vous savez, si j'ai choisi personnellement ce métier,
00:14:47 c'est ce que je me suis dit, les gens devront toujours manger,
00:14:51 le matin, le midi, le soir, vous êtes obligés de manger.
00:14:53 Vous n'êtes pas obligés de vous habiller,
00:14:56 mais vous êtes obligés de manger.
00:14:58 Donc on a cette chance-là, à Rungis, d'avoir un métier,
00:15:01 si ce n'est pas linéaire, il y a des ups et des downs,
00:15:04 mais il y a beaucoup de ups aussi.
00:15:05 Moi, je suis spécialiste en pommes de terre,
00:15:08 et dans mon métier, toute l'année, on mange des pommes de terre,
00:15:11 on dit que les pommes de terre sont chères,
00:15:13 mais en fait, il y a une logique dans tous les corps de métier,
00:15:17 dans le business, quand un produit est cher,
00:15:19 ça veut dire qu'il est demandé, et s'il est demandé,
00:15:22 ça veut dire qu'il se vend bien.
00:15:24 C'est paradoxal, mais plus il est cher, plus il se vend bien.
00:15:26 Ça a toujours été comme ça, et c'est vrai pour tous les produits.
00:15:30 Aujourd'hui, on est sur une base chère,
00:15:32 parce qu'on a eu moins de production,
00:15:34 parce que le temps n'a pas été comme il fallait pendant l'été,
00:15:37 et qu'en plus, le gazole est cher.
00:15:39 Mais ça se réduit par une certaine demande.
00:15:41 Vous allez me dire que je suis positif.
00:15:43 De toute façon, d'être négatif, ça ne change rien.
00:15:46 Comme je vous ai dit, il y a toujours des solutions à chaque problème.
00:15:50 -Je vais vous passer une séquence.
00:15:52 C'est Emmanuel Macron, ce matin, à Rungis,
00:15:54 avec quelqu'un qui travaillait justement
00:15:57 à propos des aides sociales.
00:15:58 Regardez, je vais vous demander de réagir.
00:16:01 Et vous, Marc Fischel et Pascal Doren.
00:16:03 -Ils ne veulent plus bosser, les gens.
00:16:07 Quand on passe, et si, par hasard,
00:16:10 on est obligé de prendre quelques euros noirs,
00:16:12 parce qu'on est obligé,
00:16:14 ils nous donnent dessus 10 000 euros.
00:16:16 -Ca, en même temps, c'est pas...
00:16:18 -Ca, c'est bon. -Oui, mais je sais.
00:16:20 -Il y a deux choses.
00:16:22 Il faut que la différence entre les aides et le travail,
00:16:24 ça croisse.
00:16:25 Ce qu'on a quand même essayé de faire
00:16:26 avec la prime d'activité qu'on a augmentée,
00:16:28 avec ce qu'on a fait sur les baisses d'impôts
00:16:31 sur les salaires les plus modestes, etc.,
00:16:33 et puis il faut surtout que l'ascenseur social reparte.
00:16:36 Quand on commence le boulot, ça monte.
00:16:38 Je ne dirais pas qu'il faut moins de social.
00:16:39 Il faut que le travail continue de payer davantage.
00:16:42 Madame la députée, monsieur, vous devriez l'écouter.
00:16:45 -71 ans, il n'est pas encore là.
00:16:46 -Il dit l'inverse de vous.
00:16:48 Je viens de me faire engueuler,
00:16:49 parce qu'il a dit qu'il y a trop de social.
00:16:52 Lui, il dit qu'on n'arrive pas à trouver des gens
00:16:54 qui sont trop aidés.
00:16:55 -On ne se retrouve pas.
00:16:57 Donc il faut un équilibre.
00:17:01 -Avec le complet, et quand je veux l'embaucher...
00:17:04 -Je vais faire un petit briefing à madame la députée.
00:17:06 -Voilà un échange assez cocasse, justement.
00:17:09 Je vais vous demander de réagir, Pascal Doren.
00:17:11 Est-ce que vous aussi,
00:17:12 vous êtes confronté à ces mêmes problèmes ?
00:17:14 Est-ce que vous pensez qu'il y a trop de social ?
00:17:17 -Non.
00:17:20 Moi, je suis pour le social, mais le social équilibré.
00:17:23 C'est-à-dire que c'est difficile de faire du social équilibré,
00:17:25 dans le sens où il faudrait faire des cas par cas.
00:17:27 Mais je pense que ça serait plus logique,
00:17:29 parce qu'un boucher qui vient aux ACIDI,
00:17:32 qui vient à l'NPE et qui dit "je suis au chômage",
00:17:36 il devrait y avoir un système de dire
00:17:38 "bon, attendez, la personne qui le reçoit,
00:17:40 "attendez, je vais appeler les fédérations,
00:17:42 "les fédérations sont pour ça,
00:17:44 "est-ce qu'il y a de l'emploi pour ce monsieur ?"
00:17:47 D'office, voilà, et je veux dire par là que c'est ce concept.
00:17:50 S'il pouvait être refait, on voit des bouchers au chômage,
00:17:55 des restaurateurs au chômage,
00:17:57 des professionnels qui sont dans l'alimentaire
00:18:00 ou en recherche dans l'hôtellerie,
00:18:02 des gens qui sont au chômage,
00:18:03 et ils n'arrivent pas à trouver de travail.
00:18:04 Il ne peut pas y avoir une concertation
00:18:06 entre les OP et les personnels de l'État.
00:18:11 Moi, pour le social, c'est là-dessus.
00:18:13 Alors, concernant le personnel,
00:18:16 le personnel, de toute façon, sans personnel,
00:18:20 il ne peut pas y avoir de patron,
00:18:21 et sans patron, il ne peut pas y avoir de personnel.
00:18:22 Donc il faut essayer de trouver le juste milieu.
00:18:25 Et pour l'instant, la balance, elle est déséquilibrée,
00:18:27 parce que le personnel, il joue de sa force,
00:18:31 dans le sens qu'on manque beaucoup de personnel.
00:18:33 Donc, à un moment donné, on est obligé de lâcher prise,
00:18:37 et puis les salaires s'envolent.
00:18:38 Et il arrive un moment, on ne peut plus,
00:18:42 on ne peut plus, et on arrête.
00:18:43 Et puis c'est la course à la bourse, ça.
00:18:47 Alors on essaie de réguler.
00:18:49 Nous, on a fait trois augmentations de salaire
00:18:53 depuis un an, et puis ça ne s'arrête plus.
00:18:56 C'est compliqué.
00:18:58 Marc Fichel, de quel avis êtes-vous ?
00:19:02 Moi, je pense...
00:19:03 Trop de social, non, ce n'est pas trop,
00:19:04 ou pas assez social, je pense juste que les métiers d'orangiste
00:19:07 doivent être valorisés.
00:19:09 En fait, souvent, les personnes ne savent pas ce qui se passe à l'orangiste.
00:19:11 La seule idée qu'ils aient, c'est qu'on doit se lever tôt,
00:19:13 ce qui est vrai, on doit se lever tôt,
00:19:15 mais en même temps, c'est passionnant.
00:19:17 Ce n'est jamais pareil tous les jours,
00:19:18 parce que nous, on est très liés au phénomène temps.
00:19:21 Donc ça veut dire que s'il fait beau ou s'il fait moche,
00:19:23 les produits sont tous les mêmes.
00:19:24 Une pomme de terre, le jour A, n'est plus la même que le jour B.
00:19:27 Et c'est des métiers passionnants,
00:19:29 et en plus, on vous gagne bien votre vie.
00:19:30 C'est-à-dire qu'un jeune préparateur...
00:19:32 C'est peut-être un peu le seul métier aujourd'hui
00:19:34 où vous commencez préparateur de commandes
00:19:36 et vous pouvez terminer en cinq ans responsable d'une entreprise.
00:19:39 Il n'y a pas beaucoup de secteurs de l'activité où vous pouvez le faire.
00:19:42 Donc si on mettait peut-être encore plus en avant ces métiers-là,
00:19:45 en leur expliquant le cheminement, tout ce qui s'ensuit,
00:19:48 tous les ponçages à l'acte,
00:19:50 je pense qu'on aurait encore plus de personnes
00:19:53 qui viendraient travailler à l'orangiste,
00:19:54 parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, on manque de préparateurs de commandes,
00:19:56 même de commerciaux.
00:19:58 Un commercial qui parle l'anglais, qui a envie de se lever tôt,
00:20:00 je peux vous dire qu'il trouve du travail à l'orangiste demain.
00:20:03 Sans problème. Alors la parole au plateau.
00:20:04 Il y a beaucoup de questions de la part d'Yvan Riofol et Jean Garrigue.
00:20:07 Yvan Riofol.
00:20:07 Une réflexion et une question.
00:20:09 Moi, ce qui me frappe, c'est cette mise en scène un peu artificielle
00:20:12 que l'on voit très régulièrement chez les politiques,
00:20:15 qui, pour essayer de feindre une proximité,
00:20:17 vont voir la France qui se lève tôt.
00:20:19 C'est toujours ce cliché.
00:20:20 Et généralement, ils vont tous, tous les présidents,
00:20:22 vont à l'orangiste précisément,
00:20:23 parce que c'est là où c'est le plus commode pour eux,
00:20:25 que d'aller voir cette France qui se lève tôt.
00:20:27 Et donc, moi, je décèle une sorte d'insincérité, malgré tout,
00:20:30 dans cette recherche de proximité.
00:20:33 Et ma question était d'abord de savoir si vous partagiez ce sentiment,
00:20:37 d'autant que j'ai entendu Pascal Doren nous dire
00:20:39 qu'il avait lui-même dû donner sa carte de visite,
00:20:42 je prends son nom,
00:20:43 pour essayer d'entrer en contact avec l'entourage du président.
00:20:47 Ma question était donc,
00:20:48 est-ce que le président, quand il appelle au bon sens,
00:20:50 est-ce que vous pensez que lui-même est traversé
00:20:51 par le même bon sens qu'il exige de vous ?
00:20:54 Est-ce que vous avez décelé, chez le chef de l'État,
00:20:58 une connaissance suffisante de vos difficultés ?
00:21:02 Pascal Doren ?
00:21:03 Non, je ne pense pas,
00:21:05 parce qu'à chaque fois qu'on commence un sujet,
00:21:09 il va vers la personne, là, c'est madame Grégoire,
00:21:13 et lui dit, il faudrait s'occuper de ça, il faudrait...
00:21:16 Je pense qu'il ne peut pas être partout non plus,
00:21:18 mais il vient surtout là pour tâter le terrain,
00:21:22 sachant qu'il y a la salle de réculture qui arrive,
00:21:24 et comme vous disiez, c'est pour faire bonne figure,
00:21:27 et là c'est un coup médiatique.
00:21:29 Voilà, il est passé, vous voyez,
00:21:32 toutes les journées on va parler de lui,
00:21:34 il est allé à faire un gis, il a fait des selfies à tout va,
00:21:38 voilà, personne n'a été désagréable avec lui,
00:21:42 c'est en gros un coup de pub.
00:21:45 - Jean-Garrick ?
00:21:47 - Alors je reviens pour l'apprentissage,
00:21:49 je fais partie de la mission de l'emploi,
00:21:53 et je m'occupe des apprentis à la chambre de métier,
00:21:56 chambre de métier des artisans,
00:21:57 et j'ai demandé plusieurs fois à des députés,
00:22:00 à des anciens ministres, à des sénateurs,
00:22:03 pourquoi on ne nous laisse pas rentrer dans les collèges
00:22:05 pour montrer les métiers des artisans,
00:22:08 que ce soit boucher, charcutier, plomber, n'importe quel métier,
00:22:14 on nous refuse toujours l'accès,
00:22:16 et aux enfants de 3e, on leur propose les lycées professionnels,
00:22:20 ou direction le bac,
00:22:22 bac pro ou bac normal,
00:22:26 mais jamais la voie de l'artisanat,
00:22:28 et sans l'artisanat en France,
00:22:30 il faudra qu'on m'explique comment on peut vivre,
00:22:32 on a tous besoin d'un plombier, d'un boulanger, tout ça.
00:22:35 - Jean-Garrick en plateau.
00:22:37 - Ce monsieur a tout à fait raison,
00:22:39 mais je dois dire aussi, à la vérité,
00:22:42 qu'il y a précisément, sous le quinquennat de Macron,
00:22:45 un gros effort sur l'apprentissage,
00:22:47 à l'initiative de Jean-Michel Blanquer.
00:22:49 - Lors du précédent quinquennat.
00:22:51 - Il ne faut pas l'oublier.
00:22:53 Moi, j'ai beaucoup apprécié les deux interventions,
00:22:56 notamment le monsieur qui s'occupe des pommes de terre.
00:22:59 Il est tellement à contre-courant
00:23:02 de ce qu'on entend sans arrêt
00:23:04 sur la désaffection des Français par rapport au travail,
00:23:08 d'avoir cet enthousiasme-là, c'est très roboratif,
00:23:12 c'est quand même assez rare,
00:23:14 et c'est vrai que ça met en relief l'attractivité
00:23:16 de ce type d'emploi.
00:23:18 - Il a raison. - J'ai eu des étudiants
00:23:20 en histoire, ils étaient deux fois plus nombreux
00:23:22 qu'il en aurait fallu, et j'aurais bien aimé
00:23:25 qu'une partie d'entre eux se dirige vers ces métiers
00:23:28 de l'artisanat, vers des petites et moyennes entreprises.
00:23:31 - Où il y a des opportunités. - Là où il y a des opportunités.
00:23:34 - Marc Fichel, qui n'est pas que grossiste en pommes de terre,
00:23:38 chanteur également, vous nous en dites un mot, rapidement ?
00:23:41 - J'ai signé en maison de disque,
00:23:43 j'ai écrit pour des chansons, pour beaucoup de marquistes,
00:23:46 et j'ai eu un clip qui s'appelle "C'était le temps",
00:23:49 qui est passé l'année dernière chez vous,
00:23:51 et qui est rentré en place sur l'énergie.
00:23:54 J'ai deux métiers en un, et je continue encore un giste,
00:23:57 j'ai du mal à le lâcher, je fais plus de museli que le rungiste,
00:24:00 avant j'étais 24/24 sur un giste, maintenant un peu moins,
00:24:03 mais le plus attire le plus, quel que soit le corps de métier,
00:24:07 et aujourd'hui, en étant positif, vous créez vous-même des opportunités.
00:24:11 - J'ai fait des études, mes parents, issus de l'immigration,
00:24:14 ont voulu que je fasse des études, j'ai fait Sudoco, Merfeuil, etc.
00:24:18 J'avais un Bac +5, et mes amis m'ont dit "T'es fou, pourquoi tu bosses ?"
00:24:22 Ils étaient dans des cabinets d'audit, genre KPMG,
00:24:25 et j'ai dit "Je potoie des gens vrais, avec des vrais gens et du vrai business".
00:24:29 Ca m'a rendu heureux, ça m'a donné cette rigueur,
00:24:32 parce qu'à rungiste, on est très vogueurs,
00:24:34 et aujourd'hui, je m'éclate autant à rungiste que dans la musique.
00:24:38 - On voit votre piano et votre micro derrière vous.
00:24:41 Un grand merci à vous deux, Pascal Dorel et Marc Fischel,
00:24:44 d'avoir témoigné et de nous avoir raconté
00:24:47 les coulisses de cette visite d'Emmanuel Macron à Rungiste.
00:24:50 On se retrouve dans quelques instants, on part en pub,
00:24:54 et on parlera ensuite des soignants.
00:24:57 Vous savez que la Haute Autorité de Santé envisage,
00:25:00 c'est pas encore fait, le retour des soignants non vaccinés
00:25:03 aux vaccins anti-Covid.
00:25:05 On en débattra après la pub. Restez bien avec nous.
00:25:08 A 14h30 sur CNews, on commence par le flash-affo,
00:25:15 Adrien Spiteri.
00:25:16 ...
00:25:19 -Joe Biden en Pologne ce mardi.
00:25:21 Après Kiev, hier, le président américain est à Varsovie,
00:25:24 aujourd'hui pour rencontrer le président Andrés Douda.
00:25:28 Il prononcera un discours en fin d'après-midi
00:25:30 dans lequel il devrait réaffirmer le soutien des Etats-Unis
00:25:34 à la vaccination. La Russie a dit suivre avec attention
00:25:37 les visites de Joe Biden.
00:25:39 Un nouveau signalement visant Pierre Palmate
00:25:41 dans l'enquête sur la détention d'images pédopornographiques.
00:25:45 L'homme est actuellement entendu par les enquêteurs
00:25:48 de la brigade de protection des mineurs à Bordeaux.
00:25:51 Dans le même temps, l'humoriste est toujours assigné
00:25:54 dans le service d'addictologie d'un hôpital
00:25:56 sous bracelet électronique.
00:25:58 Et puis Airbus va embaucher 3 500 personnes en France cette année,
00:26:02 plus de 13 000 dans le monde.
00:26:04 Le groupe a trouvé un terrain d'entente
00:26:06 avec les organisations syndicales
00:26:08 pour refonder ses accords d'entreprise.
00:26:10 Ces nouvelles règles entreront en vigueur le 1er janvier 2024.
00:26:14 -Je suis toujours en compagnie de Jean Garig et d'Yvan Rioufol.
00:26:19 C'est un sujet sensible que nous abordons.
00:26:22 Depuis 2021, l'ensemble des soignants
00:26:24 et des gens qui, généralement, travaillent
00:26:26 dans le milieu hospitalier, doivent être vaccinés
00:26:30 contre le Covid pour exercer leur profession.
00:26:32 Et là, on a appris que la Haute Autorité de santé,
00:26:35 l'avis est important, il est généralement suivi
00:26:37 par le gouvernement, a ouvert hier la voie
00:26:40 à quoi ? Eh bien, à la fin de la vaccination obligatoire
00:26:43 contre le Covid pour les soignants.
00:26:45 C'est pas encore fait.
00:26:47 Il va y avoir une consultation et l'avis définitif
00:26:49 sera rendu fin mars.
00:26:51 Mais ça nous intéresse. On aimerait en entendre parler.
00:26:54 Nous sommes en ligne avec Bruno Mégarban,
00:26:56 chef du service de réanimation à l'hôpital
00:26:59 de L'Arriboisière. Bonjour. Merci d'être avec nous.
00:27:02 Nous sommes également en ligne avec Stéphanie Ginibre.
00:27:05 Bonjour. Vous êtes infirmière anesthésiste
00:27:08 en réanimation. Vous avez travaillé
00:27:10 dans un grand hôpital parisien. Vous êtes vaccinée
00:27:13 contre tous les vaccins, en tout cas ceux qui sont obligatoires,
00:27:17 sauf celui du Covid.
00:27:18 Vous allez nous expliquer pourquoi.
00:27:20 Vous n'exercez plus, actuellement,
00:27:22 puisque, je le rappelle, depuis 2021,
00:27:25 les soignants doivent être vaccinés obligatoirement
00:27:28 contre le Covid. Vous ne l'étiez pas,
00:27:30 vous avez perdu votre emploi. Comment ça s'est passé ?
00:27:33 Expliquez-nous.
00:27:34 -Oui, donc, moi, j'ai donc été...
00:27:38 Je travaille au bloc opératoire en tant qu'infirmière anesthésiste.
00:27:42 La réanimation n'était pas la...
00:27:44 N'était pas mon lieu d'exercice.
00:27:47 -Pardon, alors. -C'est juste pour dire...
00:27:49 Non, non. C'est juste pour dire qu'après,
00:27:52 quand on a été dépêchés sur la réanimation Covid,
00:27:56 étant donné que ce n'était pas notre métier,
00:27:58 pas notre lieu d'exercice,
00:28:00 ça a majoré les angoisses et les difficultés
00:28:04 et les problèmes qu'on a pu rencontrer
00:28:06 sur cette mobilisation en réanimation Covid.
00:28:08 J'ai donc été six semaines en réa-Covid
00:28:11 au sein de mon hôpital.
00:28:12 J'ai quitté donc ma routine du bloc opératoire
00:28:15 et dire qu'on est sortis de notre son de confort
00:28:17 est vraiment très faible.
00:28:19 Et après, parce que quand j'ai été mobilisée en réa-Covid,
00:28:23 on m'a un peu annoncé ma mort.
00:28:25 Je caricature un peu, mais c'était ça.
00:28:28 Voilà, et au bout de six semaines d'angoisse,
00:28:31 de problèmes, de difficultés,
00:28:33 de tout ce que vous avez déjà pu évoquer,
00:28:35 que tout le monde connaît,
00:28:38 un, j'étais toujours vivante,
00:28:41 deux, je n'avais pas fait la maladie
00:28:43 et trois, je n'avais pas d'anticorps.
00:28:46 Et là, j'ai commencé,
00:28:47 parce qu'évidemment, quand on m'a un peu annoncé ma mort,
00:28:49 le vaccin, j'aurais couru.
00:28:51 Évidemment, à l'époque, il n'était pas disponible.
00:28:54 Donc je n'avais évidemment, a priori, rien,
00:28:58 et au contraire, en faveur de cette vaccination
00:29:01 pour, évidemment, me protéger déjà dans un premier temps.
00:29:03 Et quand j'ai vu, quand même, qu'au bout de six semaines,
00:29:06 je n'avais ni contracté la maladie,
00:29:10 aucun anticorps, etc.,
00:29:12 là, j'ai pris beaucoup de recul.
00:29:14 Et quand le vaccin est arrivé,
00:29:16 vous avez décidé de ne pas vous faire vacciner ?
00:29:18 Oui, parce qu'il n'y avait aucun intérêt pour moi.
00:29:23 Sincèrement, il n'y avait aucun intérêt.
00:29:25 J'ai vu, moi, les gens en réanimation,
00:29:28 ils avaient des comorbidités à 99 %.
00:29:31 Et alors, vous avez perdu votre travail.
00:29:33 Comment vous avez fait ?
00:29:34 Ça a dû être une période difficile.
00:29:35 Comment vous avez fait pour vivre, pour gagner votre vie ?
00:29:38 Ça fait trois ans que c'est extrêmement difficile.
00:29:41 Depuis cette mobilisation,
00:29:45 depuis toute cette histoire, c'est très dur.
00:29:47 Puisque donc, moi, après, je n'ai pas...
00:29:50 Il faut savoir quand même que suite à la réanimation
00:29:52 et à ces six semaines de mobilisation,
00:29:56 je n'ai pas été payée de mes heures.
00:29:57 L'hôpital a été extrêmement maltraitant.
00:30:00 Et ça, déjà, ça a apporté,
00:30:03 non seulement, c'est de la fait que je suis tombée malade,
00:30:05 j'ai été en arrêt maladie,
00:30:06 mais ça a amené beaucoup de méfiance.
00:30:08 Parce que ces gens qui veulent du bien,
00:30:10 qui nous veulent du bien avec le vaccin,
00:30:11 ne nous voulaient pas du bien dans ce qu'on venait de vivre.
00:30:15 Oui, vous mettez en cause, j'allais dire,
00:30:17 les ressources humaines au sein de l'hôpital.
00:30:19 Mais alors, si jamais...
00:30:20 Une autre question, c'est que si jamais l'obligation vaccinale
00:30:22 contre le Covid pour les soignants est levée,
00:30:24 est-ce que vous envisagez de retourner travailler à l'hôpital ?
00:30:26 Et la question qui va avec,
00:30:27 est-ce que vous n'avez pas peur de vous retrouver
00:30:29 avec des collègues, des gens qui, eux-mêmes,
00:30:33 se sont vaccinés ?
00:30:35 Oui. Alors, écoutez,
00:30:37 je n'ai absolument pas peur de mes collègues.
00:30:41 Je veux dire, tous mes collègues vaccinés ont été malades.
00:30:43 Donc, tout le monde sait,
00:30:45 tout le monde a son point de vue sur la chose, je veux dire.
00:30:49 Après, l'hôpital est tellement en manque et en pénurie,
00:30:52 c'est grave.
00:30:54 L'hôpital est en état de mal,
00:30:57 et cruel par rapport à son manque de personnel.
00:31:01 Donc, je pense qu'on est plutôt accueillis à bras ouverts.
00:31:04 Alors, on va poser la question à Bruno Bellegarban.
00:31:05 Vous restez, bien sûr, en ligne avec nous, Stéphanie.
00:31:08 Dites-moi, professeure,
00:31:10 est-ce qu'il faut réintégrer ces soignants non vaccinés ?
00:31:12 Est-ce que, déjà, l'hôpital, comme le disait Stéphanie Givini,
00:31:15 en a grandement besoin ?
00:31:17 Et surtout, est-ce que ça va créer une sorte de rupture,
00:31:20 de différence entre des soignants qui ont été vaccinés,
00:31:22 qui ont accepté de se soumettre à cette vaccination,
00:31:24 et ceux qui n'ont pas accepté ?
00:31:27 Alors, j'allais dire, moi-même, j'ai plaidé,
00:31:30 déjà depuis un certain temps,
00:31:31 pour la réintégration du personnel non soignant.
00:31:34 - Même si, évidemment... - Non vacciné, vous voulez dire ?
00:31:37 Pardon, oui, non vacciné.
00:31:39 Même si, bien sûr, je n'ai pas compris
00:31:42 les raisons pour lesquelles ils ont refusé de se faire vacciner.
00:31:47 Aujourd'hui, la situation épidémique est bien meilleure,
00:31:50 et surtout, l'immunité collective est extrêmement élevée,
00:31:53 c'est-à-dire la très grande majorité,
00:31:55 alors pas loin, probablement, de 90 % de la population,
00:32:00 a déjà rencontré le virus ou a été immunisé par le vaccin.
00:32:05 Donc, les risques individuels,
00:32:08 ceux d'autant plus que circulent des souches
00:32:10 beaucoup moins virulentes, est plus réduit.
00:32:13 Donc, effectivement, on comprend qu'en dehors
00:32:15 d'une poussée épidémique d'une maladie grave,
00:32:19 comme c'était le cas au départ,
00:32:21 eh bien que la vaccination ne soit plus obligatoire,
00:32:25 même si, évidemment, cela n'empêche pas de penser toujours
00:32:29 que le vaccin a rendu des services
00:32:31 et qu'aujourd'hui, grâce à la vaccination,
00:32:33 nous pouvons vivre quasiment normalement.
00:32:36 Alors, quant à l'hôpital, malheureusement,
00:32:38 il souffre d'un manque de personnel depuis la crise.
00:32:42 À nouveau, la très grande majorité des personnels
00:32:44 qui ont quitté l'hôpital public ne l'ont pas quitté
00:32:47 parce qu'ils refusaient d'être vaccinés,
00:32:49 ils l'ont quitté parce que l'hôpital était désorganisé
00:32:52 et n'apportait pas de satisfaction
00:32:54 à ce qu'ils attendaient au niveau professionnel.
00:32:57 Donc, évidemment, nous avons besoin de tous les bras,
00:32:59 nous accueillerons tous les soignants non vaccinés.
00:33:02 Je ne crois pas qu'il y aura difficulté pour eux
00:33:05 de réintégrer. Cependant, je pense que beaucoup d'entre eux
00:33:08 ont soit totalement quitté le domaine de la santé,
00:33:11 soit ne reviendront pas, évidemment,
00:33:14 après avoir cette ressentie, probablement,
00:33:17 on va dire, peut-être, maltraitée
00:33:21 par le système de santé.
00:33:23 -Vous ne pensez pas que des patients qui arrivent à l'hôpital
00:33:26 avec une autre maladie ne risqueront pas, j'allais dire,
00:33:29 d'attraper le Covid et d'être encore plus fragilisés,
00:33:32 parce qu'ils le sont déjà, s'ils sont à l'hôpital,
00:33:35 parce qu'ils sont soignés par quelqu'un qui n'est non vacciné ?
00:33:38 -À nouveau, je crois que ce qui est important aujourd'hui,
00:33:41 c'est d'avoir des anticorps pour se protéger soi-même.
00:33:44 Et donc, comme je l'ai dit, la couverture vaccinale
00:33:47 et les infections antérieures ont fourni,
00:33:49 pour quasiment 90 % de la population,
00:33:52 une protection immunitaire suffisante.
00:33:55 Et de plus, évidemment,
00:33:56 les souches circulantes sont moins bien virulentes.
00:34:00 Malgré tout, je veux dire,
00:34:03 le risque de travailler dans un milieu
00:34:06 où circule à un niveau élevé la Covid-19,
00:34:10 en cas d'épidémie et d'afflux de patients à l'hôpital,
00:34:13 c'est de s'infecter de soi-même et de courir un risque personnel,
00:34:17 d'abord d'absentéisme,
00:34:19 et c'est une réponse à l'infirmière que vous avez interrogée,
00:34:22 d'abord, le devoir du soignant, c'est de soigner.
00:34:25 En s'infectant inutilement,
00:34:27 le risque, c'est de devoir rester absent pendant un certain temps
00:34:31 et donc, finalement, de ne pas servir la collectivité.
00:34:35 Le deuxième point, évidemment, c'est de contracter un risque personnel,
00:34:39 de faire une forme de la maladie un peu plus sérieuse,
00:34:41 avec peut-être un Covid long,
00:34:43 et tout ça est, pour le moment,
00:34:46 prévenu par la vaccination.
00:34:49 Les études continuent à démontrer un bénéfice-risque favorable
00:34:54 à l'ensemble de la population, même si je suis d'accord
00:34:57 avec Omicron, avec les infections antérieures,
00:35:00 ce ratio bénéfice-risque se réduit désormais,
00:35:02 notamment pour les plus jeunes,
00:35:04 et autorise ce type de décision par l'HAS.
00:35:07 -Alors, des questions en plateau ?
00:35:10 -Vous dites que ce vaccin a rendu des services,
00:35:13 mais est-ce que vous êtes d'accord,
00:35:15 tout de même pour avoir un esprit un peu plus critique
00:35:18 sur l'efficacité des vaccins ?
00:35:20 On disait que si on était tous vaccinés, on était tous protégés.
00:35:23 Les soignants non vaccinés ont douté précisément
00:35:26 de l'efficacité de ce vaccin
00:35:28 pour ne pas accepter cette vaccination-là.
00:35:31 Est-ce que vous acceptez de reconnaître
00:35:33 qu'une partie d'entre eux avait raison d'avoir une méfiance ?
00:35:37 Vous ne reconnaissez pas non plus
00:35:38 une sorte d'autoritarisme malvenu dans cet ordre sanitaire
00:35:42 qui, encore aujourd'hui, et la France en est le seul pays,
00:35:45 interdit à ces soignants non vaccinés de réintégrer leur fonction ?
00:35:49 -Alors, je suis tout à fait d'accord avec vous.
00:35:51 Effectivement, on va dire, au fur et à mesure du temps,
00:35:54 les études ont montré que le sujet vacciné
00:35:58 pouvait tout à fait être contaminant
00:36:01 et que, d'ailleurs, même vacciné,
00:36:05 on pouvait tout à fait contracter la maladie.
00:36:08 Donc, à ce niveau-là, en termes de contamination de soi-même
00:36:11 ou de transmission de la maladie,
00:36:13 le vaccin était peu contributif.
00:36:16 Malgré tout, il a donné une protection individuelle,
00:36:20 notamment pour les sujets les plus à risque,
00:36:23 contre les formes graves de la maladie.
00:36:25 Et, à mon sens, en vaccinant massivement la population,
00:36:28 notamment dans les pays occidentaux,
00:36:30 mais aussi dans les pays en voie de développement,
00:36:33 on a construit un barrage immunitaire
00:36:37 face au virus,
00:36:39 et celui-ci a pris, on va dire,
00:36:42 la formule que l'on connaît actuellement,
00:36:46 c'est-à-dire celle d'un virus moins virulent,
00:36:48 plus contagieux, afin de contourner cette immunité.
00:36:52 On n'aurait pas eu ce barrage vaccinal
00:36:55 aussi rapide, il se pourrait
00:36:57 que des souches plus virulentes
00:36:59 auraient continué à circuler plus longtemps,
00:37:02 en écapant, évidemment,
00:37:03 l'avis social et économique de beaucoup de pays.
00:37:06 -Dernière question de Jean Garry.
00:37:08 -Je suis convaincu par les arguments
00:37:10 du professeur Meggerbad, y compris sur le fait
00:37:13 que maintenant, on peut faire comme tous les pays,
00:37:16 c'est-à-dire récupérer ces soignants
00:37:18 qui n'avaient pas le droit de revenir travailler.
00:37:21 Mais en tant que patient,
00:37:23 je voudrais juste poser la question,
00:37:25 est-ce que le professeur et les soignants qui l'entourent
00:37:29 ont déjà eu affaire à des patients
00:37:31 qui ont demandé précisément s'ils étaient vaccinés ou non ?
00:37:34 Ca risque de poser des problèmes pour un certain nombre de patients.
00:37:38 Moi, le premier, d'ailleurs.
00:37:40 -Tout à fait.
00:37:41 De façon systématique, lorsqu'un patient rentre
00:37:44 pour une Covid-19,
00:37:46 qu'il rentre pour des symptômes
00:37:48 en rapport directement avec la pneumonie Covid
00:37:51 ou qu'il rentre parce qu'il est surinfecté
00:37:53 par la Covid-19 et que celle-ci est responsable
00:37:56 d'une décompensation de cet art sous-jacente,
00:37:59 nous vérifions la sérologie,
00:38:01 d'abord pour savoir s'il est vacciné ou pas,
00:38:04 s'il a déjà fait des infections antérieures ou pas,
00:38:07 et surtout pour comprendre les raisons
00:38:09 pour lesquelles, malgré la vaccination,
00:38:12 il a refait une infection.
00:38:15 Un certain nombre d'entre eux, évidemment,
00:38:17 sont immunodéprimés.
00:38:18 Malheureusement, malgré la vaccination effectuée,
00:38:22 ils n'ont pas des taux d'anticorps suffisants
00:38:24 ou une immunité cellulaire suffisante
00:38:27 pour les protéger contre les formes
00:38:28 qui les amènent en réanimation.
00:38:30 -Je vous interromps et on va devoir terminer ce débat,
00:38:33 mais la question de Jean-Garrick, c'est plutôt
00:38:36 est-ce que les patients vont pouvoir demander aux soignants
00:38:39 si, par exemple, la HAS...
00:38:41 Sont-ils eux-mêmes vaccinés ou non ?
00:38:43 -Non, je ne crois pas.
00:38:44 Donc, évidemment, lorsque vous êtes patient,
00:38:47 vous faites confiance à vos soignants,
00:38:50 à l'hôpital dans lequel vous êtes admis,
00:38:52 et donc il n'est pas du tout,
00:38:54 on va dire, acceptable de demander quoi que ce soit
00:38:59 en termes de carnet de santé ou de pathologie
00:39:02 pour le soignant qui s'occupe de vous.
00:39:05 Malgré tout, le système hospitalier garantit,
00:39:07 évidemment, en fonction des recommandations
00:39:10 des autorités de santé et des experts,
00:39:12 que le soignant n'est pas dangereux pour le soigner.
00:39:15 Donc, ça sera le cas, évidemment.
00:39:17 Il faut venir en toute confiance
00:39:19 que le soignant ait été vacciné ou non.
00:39:21 Il est censé vous protéger.
00:39:23 D'ailleurs, le port du masque est obligatoire
00:39:26 dans les chambres de patients pour réduire tout risque,
00:39:29 même si celui-ci, évidemment, n'est pas nul,
00:39:32 mais pour réduire tout risque de transmission de la Covid-19.
00:39:35 -Merci beaucoup à vous, Bruno Mégarvan.
00:39:38 Merci également à Stéphanie Ginibre
00:39:40 pour son témoignage.
00:39:41 Tout autre sujet à présent,
00:39:43 c'est la variété des sujets qui compte dans cette émission.
00:39:46 Vous savez qu'on va battre, certainement demain,
00:39:49 un record, un triste record.
00:39:51 La France métropolitaine n'a pas connu de véritable pluie
00:39:54 depuis 31 jours, le précédent record date de 2020.
00:39:57 Evidemment, cela a des conséquences,
00:39:59 surtout qu'on est en février,
00:40:01 c'est le moment où les nappes phréatiques se rechargent.
00:40:04 Une sécheresse, donc, dès l'hiver.
00:40:06 Nous sommes en ligne avec Kevin Pouisségur,
00:40:08 agriculteur dans les Landes.
00:40:10 Non, pas encore. Je crois qu'on n'est pas en ligne.
00:40:13 Est-ce que Guillaume Joux est avec nous, déjà ?
00:40:16 Non plus. D'accord.
00:40:17 Très bien. Eh bien, on les attend.
00:40:20 On serait ravis de les entendre sur ces problèmes de sécheresse.
00:40:23 On est en train de les contacter quelques instants.
00:40:26 Oui, Yvan-Réauphol ?
00:40:28 Non, puisqu'il faut meubler, si je comprends bien.
00:40:31 Ce que nous parlions tout à l'heure de Rungis,
00:40:33 c'est de ce théâtre assez commode pour le président de la République
00:40:37 de vouloir y rencontrer des gens qui ne lui parleront pas
00:40:41 des retraites, mais derrière Rungis,
00:40:43 il y a tout ce monde agricole, tout ce monde oublié,
00:40:46 qui est un monde qui souffre terriblement.
00:40:49 C'est un monde qui nous travaille, naturellement,
00:40:51 mais derrière tout ceci, ceux qui alimentent Rungis
00:40:54 sont ceux qui sont oubliés.
00:40:56 Je m'intéresse davantage aux oubliés.
00:40:58 C'est précisément ce monde rural qui ne rentre pas dans les radars.
00:41:02 On parle beaucoup de la France urbaine,
00:41:05 des banlieues, de la France périphérique,
00:41:07 mais la France rurale souffre terriblement
00:41:10 avec des taux de suicides énormes.
00:41:12 Il serait temps d'aller voir comment vivent ces gens-là.
00:41:16 -On va les avoir. -On les attend avec impatience.
00:41:19 -Vous inquiétez pas.
00:41:20 -Nous sommes en lien avec Guillaume Joux.
00:41:23 Non. Guillaume, je pense que la liaison est difficile à établir,
00:41:26 mais nous vous donnons la parole pour écouter ces difficultés.
00:41:30 Guillaume Joux, vous êtes en ligne ?
00:41:32 -Oui.
00:41:33 -Vous êtes agriculteur, vous êtes éleveur,
00:41:36 vous avez près de 1300 brebis, vous travaillez dans l'Ain,
00:41:39 vous êtes un jeune agriculteur,
00:41:41 expliquez-nous concrètement, en plus, vous êtes dehors,
00:41:45 vous allez pouvoir nous montrer.
00:41:47 Je le disais, il y a 31 jours sans pluie,
00:41:49 quelles sont les conséquences ?
00:41:51 Qu'est-ce que vous voyez ? Quel est l'impact ?
00:41:54 -Aujourd'hui, on est parti en manifestation régionale,
00:41:59 sur toute la région du Vendronalpe,
00:42:02 que ce soit les jeunes agriculteurs de tous les départements,
00:42:05 et FRSEA au Vendronalpe.
00:42:08 Le but de la manif, ça a été sur plusieurs axes.
00:42:13 Le premier axe, sur le revenu, sur la rentabilité des exploitations.
00:42:17 Aujourd'hui, on n'est pas payé à notre juste valeur,
00:42:21 les prix ne sont pas payés au coût de production.
00:42:23 On a eu une loi en 2018, les états généraux de l'alimentation,
00:42:28 qui ont permis d'imposer des contrats
00:42:31 payés aux éleveurs au coût de production.
00:42:35 Aujourd'hui, la loi n'est pas allée assez loin dans ce processus.
00:42:39 Au final, les acteurs de la distribution
00:42:43 ne payent pas au coût de production.
00:42:47 Le but, c'est de dénoncer ça,
00:42:49 et qu'on soit payé au coût de production à nos justes valeurs,
00:42:51 pour qu'on puisse encore avoir de l'agriculture française
00:42:54 dans nos territoires, sur tout le territoire national.
00:42:57 Une deuxième raison,
00:42:59 la sécheresse de cet été,
00:43:03 qui a été assez compliquée pour toutes les exploitations.
00:43:07 Il y a eu des expertise de terrain,
00:43:09 avec la direction départementale des territoires, la BDT,
00:43:11 et des agriculteurs, pour analyser un peu les pertes en fourrage,
00:43:16 que ce soit en fourrage de pâture,
00:43:18 ou en fourrage en bottes pour nourrir l'hiver.
00:43:23 Donc voilà, des taux de pertes qui sont allés jusqu'à 60-70%,
00:43:28 et au final, qui ont été retenus au niveau national en dessous de 30%.
00:43:31 En dessous de 30%, il n'y a pas d'indemnisation
00:43:34 pour les agriculteurs, pour les éleveurs.
00:43:36 Donc c'est vraiment pas normal.
00:43:38 -C'est intéressant, en dessous de 30%, vous n'avez pas d'indemnisation.
00:43:41 Est-ce que vous avez des contentieux, j'allais dire,
00:43:43 avec une certaine pression écologiste,
00:43:46 que vous savez, d'un autre côté, que certains écologistes
00:43:48 dénoncent le fait que les agriculteurs sont très consommateurs d'eau ?
00:43:52 -Oui, bien sûr, on a des retours là-dessus.
00:43:56 Je pense qu'il ne faut pas faire un combat
00:43:59 entre agriculture et écologiste.
00:44:01 Le but, ce n'est pas là.
00:44:02 Nous, on est là pour trouver des solutions,
00:44:04 on est là pour essayer de faire au mieux.
00:44:06 On fait tous les jours au mieux,
00:44:07 que ce soit sur tous les domaines,
00:44:08 y compris sur la gestion en eau.
00:44:10 Il y a plein de techniques depuis 20 ou 30 ans
00:44:13 sur l'irrigation qui ont été améliorées
00:44:16 dans l'agriculture,
00:44:18 que ce soit sur de la performance, sur de l'innovation,
00:44:21 dans des enrouleurs, dans du coup de goutte,
00:44:23 dans plein de choses.
00:44:24 Par contre, on est d'accord de s'améliorer,
00:44:28 par contre, il faut des moyens en face,
00:44:29 il faut des solutions alternatives.
00:44:30 On ne peut pas tout supprimer d'un coup.
00:44:33 Et une dernière chose,
00:44:34 on consomme un petit peu d'eau,
00:44:36 mais la plus grosse consommation de l'eau
00:44:38 ne vient pas de l'agriculture.
00:44:40 Il n'y a pas que l'agriculture,
00:44:42 il y a aussi tous les particuliers,
00:44:44 les communautés communes, les communes,
00:44:47 les particuliers, les entreprises,
00:44:49 les grosses entreprises.
00:44:51 Aujourd'hui, bien sûr qu'il faut une bonne gestion de l'eau,
00:44:54 et c'est ce qu'on essaye de faire au mieux.
00:44:55 Donc voilà, il faut trouver un compromis
00:44:57 et des bonnes actions
00:44:59 entre les écologistes et les agriculteurs,
00:45:02 ainsi que tout le monde.
00:45:04 -Je le disais,
00:45:05 ça fait 31 jours qu'il n'y a pas de pluie en France.
00:45:07 Est-ce que vous êtes inquiet pour l'été qui vient,
00:45:09 ou là, actuellement, par exemple, pour vos bêtes
00:45:11 ou pour vos récoltes ?
00:45:13 -Oui, bien sûr.
00:45:16 Aujourd'hui, comme vous le dites,
00:45:17 ça fait plus d'un mois qu'il n'y a pas d'eau
00:45:18 sur à peu près tous les territoires en France.
00:45:21 Donc là, au bout d'un moment,
00:45:24 il va falloir qu'il tombe un peu d'eau,
00:45:26 parce que sinon, que ce soit pour le pâturage,
00:45:29 pour les animaux, pour les cultures,
00:45:31 ça risque d'être compliqué.
00:45:33 Donc voilà.
00:45:34 Après, il va y avoir des restrictions qui vont tomber,
00:45:37 donc il ne faut pas qu'on en arrive là.
00:45:39 Il faut qu'on trouve des solutions avant.
00:45:41 C'est possible qu'il va pleuvoir
00:45:45 peut-être beaucoup de millimètres en très peu de temps.
00:45:48 C'est pour ça qu'il y a des solutions alternatives,
00:45:51 comme des retenues d'eau, des retenues collinaires,
00:45:52 qui peuvent être mises en place sur le territoire.
00:45:54 Il ne faut pas être contre ce genre de choses.
00:45:57 Il faut, je pense,
00:45:59 promouvoir des nouvelles solutions,
00:46:01 et ça, ça fait partie des nouvelles solutions.
00:46:03 C'est sur ça qu'il faut travailler, des solutions comme ça.
00:46:05 -Vous savez bien que les retenues d'eau sont très combattues
00:46:07 par les écologistes.
00:46:09 Des questions en plateau ? Yvan Rioufol ?
00:46:11 -Tout l'intérêt médiatique, politique, syndical
00:46:14 se focalise aujourd'hui sur les retraites.
00:46:15 Est-ce que ce n'est pas une occasion,
00:46:18 pour ce discours commun,
00:46:20 d'oublier précisément les autres difficultés
00:46:23 que vivent les Français, et singulièrement vos difficultés ?
00:46:26 Voyez-vous une injustice ?
00:46:27 Où êtes-vous ?
00:46:28 Et est-ce que vous êtes également sensibles
00:46:30 à cette défense des retraites ?
00:46:32 -Alors, il y a plusieurs choses.
00:46:37 Je pense qu'il ne faut pas toujours être dans la négation.
00:46:39 Nous, je pense qu'entre autres, à Jeunes agriculteurs,
00:46:42 on essaye de travailler dans de l'innovation,
00:46:45 dans de la nouvelle technologie.
00:46:48 Mais par contre, il faut des moyens en face.
00:46:51 Augmenter l'âge de travaillé, pourquoi pas ?
00:46:53 Peut-être qu'il en faut.
00:46:55 Après, il y a peut-être d'autres solutions aussi
00:46:58 à mettre en oeuvre, augmenter un petit peu le nombre d'heures.
00:47:00 Enfin, je pense qu'il y a plein de solutions.
00:47:04 Pour des métiers quand même assez pénibles,
00:47:07 comme l'agriculture, comme les agriculteurs,
00:47:11 qui sont assez durs, je pense,
00:47:13 on fait un paquet d'heures,
00:47:14 donc c'est considéré un peu comme un métier pénible,
00:47:16 qu'on ne soit pas payé à nos justes valeurs.
00:47:19 Après, quand on travaille jusqu'à 64, 65 ans,
00:47:23 au bout d'un moment, il faudra quand même avoir des solutions.
00:47:27 -Merci beaucoup, Yanna Compris,
00:47:28 pour la recherche du compromis et des solutions.
00:47:30 Un grand merci, Guillaume Joux, de nous avoir parlé,
00:47:32 d'avoir témoigné sur CNews aujourd'hui
00:47:35 de vos difficultés, justement,
00:47:36 et du fait que vous ayez manifesté aujourd'hui.
00:47:39 Restez bien avec nous, on se retrouve juste après le journal de 15h.
00:47:41 On parlera des parents, des mères, des pères,
00:47:44 qui ont des enfants qui sont autistes ou handicapés.
00:47:47 Comment vivent-ils ce combat ?
00:47:50 Comment le portent-ils ? Sont-ils aidés ?
00:47:52 Ça fera partie des questions que nous poserons à Florence Henry.
00:47:55 A tout de suite.
00:47:57 -Il est 15h. Bonjour à tous.
00:48:00 Bienvenue sur CNews.
00:48:02 On commence par le journal, avec Simon Guillain.
00:48:04 -Bonjour, Clélié, bonjour à tous ceux qui nous ont rejoints.
00:48:07 Emmanuel Macron, de retour sur le terrain,
00:48:09 le chef de l'Etat, s'est rendu au marché de Rungis,
00:48:12 ce matin, dans le Val-de-Marne.
00:48:13 Ces derniers jours, sur sa réforme des retraites,
00:48:16 le président a échangé avec ceux qui se lèvent tôt.
00:48:18 Il en appelle au bon sens des Français,
00:48:20 car, selon lui, ils savent qu'il faut travailler plus longtemps.
00:48:24 -Moins d'actifs qu'à 20 ans, on a plus de retraités,
00:48:27 on vit plus longtemps.
00:48:28 Donc, c'est pas vrai de dire qu'on peut garder les mêmes âges.
00:48:31 Ca marche pas, cette affaire.
00:48:33 Donc, il faut le faire de manière progressive,
00:48:35 et c'est ce que le gouvernement enrichit
00:48:37 du débat parlementaire permet de faire.
00:48:39 Et ensuite, il faut dire qu'on différencie.
00:48:41 Et donc, les gens qui commencent à travailler très tôt,
00:48:44 on appelle les carrières longues,
00:48:45 les gens qui travaillent la nuit, avec du froid, avec des charges,
00:48:48 on prend en compte ces différences dans le calcul.
00:48:50 Mais dans l'ensemble, les gens savent que, oui,
00:48:53 on peut travailler un peu plus longtemps en moyenne tous,
00:48:55 sinon, on pourra pas bien financer nos retraites.
00:48:58 -Et puis, les pharmacies sont la nouvelle cible des combrioleurs.
00:49:01 Revente de médicaments ou encore vol d'argent,
00:49:03 les officines se présentent comme une mine d'or
00:49:06 pour ces combrioleurs.
00:49:07 Et dans la nuit de dimanche à lundi,
00:49:09 une pharmacie de Neuilly-sur-Seine a été visée.
00:49:11 Les auteurs de ce combriolage pourraient être trois mineurs isolés.
00:49:15 On voit tout ça avec Marine Sabourin.
00:49:16 -Il est 4h du matin, dans la nuit du dimanche 12,
00:49:19 au lundi 13 février, à Neuilly-sur-Seine,
00:49:22 lorsqu'un individu brise la vitre de cette pharmacie
00:49:24 avec une plaque d'égout trouvée à proximité,
00:49:27 avant de pénétrer avec deux individus dans l'officine.
00:49:29 La scène est filmée par un habitant du quartier.
00:49:32 Selon nos sources policières,
00:49:34 les auteurs de ce combriolage pourraient être trois mineurs isolés,
00:49:37 laissés libres après avoir été déférés.
00:49:39 Car depuis plusieurs années,
00:49:41 les pharmacies sont devenues les nouvelles cibles des combrioleurs.
00:49:44 -Certains viennent chercher des espèces,
00:49:46 mais en plus, nous avons en stock des produits
00:49:50 pour traiter les gens qui ont des addictions.
00:49:53 Des produits comme le Subutex ou autres.
00:49:56 Certaines fois, des voleurs essayent de mettre la main sur ces stocks
00:49:59 qui ont une valeur marchande très élevée sur les marchés parallèles.
00:50:03 -Le Subutex, une substance proche de la morphine
00:50:05 qui permet de supprimer les symptômes de manque,
00:50:08 est en effet revendue une fortune aux toxicomanes ou à l'étranger.
00:50:11 Une boîte vendue 2 euros peut se revendre jusqu'à 400 euros.
00:50:15 Les voleurs s'intéressent également au traitement anticancéreux,
00:50:18 aux paracétamols et autres médicaments,
00:50:20 victimes de pénuries et qui peuvent revendre très cher.
00:50:23 L'île-de-France est la région la plus concernée par ces vols
00:50:26 et ces agressions, devant les Hauts-de-France et l'Occitanie.
00:50:29 -Dans le reste de l'actualité,
00:50:31 près d'un an après avoir débuté sa guerre contre l'Ukraine,
00:50:34 Vladimir Poutine a prononcé son discours annuel à la Nation.
00:50:38 Le président russe promet de continuer soigneusement son offensif
00:50:41 pour atteindre ses objectifs.
00:50:43 "Je pars à un moment difficile et clé pour la Russie",
00:50:45 a-t-il ajouté.
00:50:47 -Vendredi, cela fera un an que la guerre a commencé en Ukraine
00:50:50 et sur place, forcément.
00:50:52 La vie des habitants a changé.
00:50:53 Trois Ukrainiens reviennent sur une année bouleversante.
00:50:57 C'est Maureen Vidal qui a rassemblé ces témoignages.
00:51:00 -Le 24 février 2022,
00:51:02 une date que ces Ukrainiens ne peuvent pas oublier.
00:51:06 Ce jour où la Russie a envahi l'Ukraine.
00:51:09 -La nuit du 24 février, j'ai été très anxieux pendant mon sommeil
00:51:12 car la veille, le 23 février,
00:51:14 le bureau présidentiel avait organisé une conférence téléphonique
00:51:18 avec les chefs de toutes les régions
00:51:20 et nous avait informé qu'une attaque risquait de se produire.
00:51:23 J'ai été réveillé par des explosions et plusieurs messages.
00:51:27 -Certains se sont engagés dans l'armée pour défendre leur pays
00:51:30 et d'autres militant pour préserver leurs coutumes et leur langue.
00:51:34 -Avant l'invasion à grande échelle,
00:51:36 je parlais russe et j'étais même une russophone assez agressive.
00:51:40 Par principe, je parlais toujours aux Ukrainiens en russe.
00:51:43 Ils disaient que ce sont des discours stupides
00:51:46 et maintenant, je comprends à quel point j'avais tort.
00:51:49 Si nos enfants ne parlent pas ukrainien, la langue mourra.
00:51:52 -Il y a aussi ceux qui ont continué leur travail
00:51:55 et qui ont risqué leur vie pour celle des autres.
00:51:57 L'entraide était la priorité.
00:51:59 -Ce wagon à compartiment a 36 sièges.
00:52:01 Nous avons sauvé une centaine de personnes ici.
00:52:04 Nous sommes venus et avons emmené tous ceux que nous pouvions.
00:52:08 -Si certains gardent espoir, d'autres ont décidé de partir.
00:52:11 7,5 millions d'Ukrainiens ont quitté leur pays
00:52:14 depuis le début de la guerre.
00:52:16 -Les inondations au Brésil ont fait au moins 40 morts,
00:52:19 selon le dernier bilan communiqué par les autorités locales.
00:52:22 Le président Lula a survolé hier la zone touchée
00:52:25 par ces inondations et glissements de terrain.
00:52:28 A São Sebastião, à 200 km de São Paulo,
00:52:30 une cinquantaine de maisons ont été emportées.
00:52:33 Pour reconstruire, il faudra attendre la fin des pluies,
00:52:36 a déclaré le président brésilien.
00:52:38 Voilà pour ce tour de l'actualité à 15h.
00:52:41 La suite du débat, c'est la parole aux Français.
00:52:43 Cléli Mathias.
00:52:45 -Merci, Simon. Je suis toujours avec Yvan Rioufol et Jean Garry.
00:52:48 On a découvert ce message poignant hier.
00:52:51 "Mon petit ange s'est envolé".
00:52:53 L'animatrice Eglantine Emmeillet a annoncé la mort de son fils Samy,
00:52:57 17 ans. Il souffrait de plusieurs handicaps.
00:52:59 Il était également autiste. C'est l'occasion pour nous
00:53:02 de se pencher sur le quotidien de ses parents d'enfants.
00:53:05 Florence Henry, bonjour.
00:53:07 -Bonjour.
00:53:08 -Merci de témoigner avec nous sur notre antenne.
00:53:11 Vous êtes la maman d'une enfant qui a été diagnostiquée autiste.
00:53:15 Vous allez nous raconter votre histoire.
00:53:17 Quel âge a votre fille, et surtout, comment va-t-elle ?
00:53:20 -Elle a 21 ans.
00:53:22 Je le raconte dans une histoire
00:53:25 qui s'appelle "Le lit de l'enfermement".
00:53:28 On me l'a diagnostiquée à 3-4 ans.
00:53:30 On m'avait dit qu'elle serait foutue,
00:53:32 qu'elle ne parlerait jamais, qu'elle ne comprendrait pas.
00:53:36 Qu'elle ne ferait jamais un exercice, un problème, même.
00:53:39 Et puis, ben, écoutez,
00:53:42 il s'est passé un drame dans une école.
00:53:44 J'essayais de l'amener 2h le matin.
00:53:46 On me disait qu'elle n'était pas en état de le supporter,
00:53:49 mais j'y allais quand même.
00:53:51 Elle a été mise à nu. Ca m'a tellement choquée.
00:53:54 On n'avait plus d'école. Je me suis enfermée avec elle
00:53:57 pendant à peu près 10 ans.
00:53:59 Voilà. Et je cherchais à ce qu'elle puisse me répéter.
00:54:02 Vous voyez, mes cheveux avaient poussé jusqu'à là.
00:54:05 Enfin, bon, j'étais devenue...
00:54:07 Il y avait des affuses dans toute la maison.
00:54:10 J'ai créé des techniques, des méthodes.
00:54:12 J'ai commencé à avoir un peu de langage.
00:54:14 Quand le langage est arrivé, elle faisait encore plus peur qu'avant.
00:54:18 On voyait que c'était tout mélangé, c'était le désordre.
00:54:21 Grâce à des systèmes, j'en parle souvent,
00:54:23 du système de cahiers, j'ai remis de l'ordre dans tout ça.
00:54:27 Elle est rentrée en 5e sans retard scolaire.
00:54:29 Aujourd'hui, elle a fini sa licence de mathématiques
00:54:32 et elle va finir cette année sa licence d'informatique.
00:54:35 Quel parcours !
00:54:36 Vous le disiez, vous avez longtemps écrit,
00:54:39 vous avez témoigné là-dessus sur les enfants autistes,
00:54:42 et vous parlez à chaque fois.
00:54:44 C'est Eglantine Emeillé, d'ailleurs.
00:54:47 À chaque fois, on entend le mot "combat".
00:54:49 J'aimerais comprendre, c'est un combat contre qui ? Contre quoi ?
00:54:53 Pourquoi ce terme ?
00:54:54 Moi, j'ai eu le combat parce que je voulais que ma fille parle.
00:54:57 Ça a duré 10 ans.
00:54:59 Et après, moralement, comme j'ai vu qu'il y avait des chemins possibles,
00:55:03 il m'était impossible de vivre normalement,
00:55:05 il fallait que je diffuse l'espoir.
00:55:07 Donc, depuis 8 ans, mon combat, c'est pour les autres.
00:55:10 Ma fille ne voudrait plus entendre parler ni ma famille, ni personne.
00:55:14 Là, je suis en Suisse, je jette ce petit garçon,
00:55:17 et je prouve déjà en 15, 8 jours
00:55:21 qu'on peut transformer le cerveau d'un enfant.
00:55:25 Là, c'est un gars qui n'aurait jamais dû tenir un stylo.
00:55:28 Vous voyez ? Là, vous voyez ?
00:55:30 Il est là.
00:55:31 Voilà.
00:55:32 Donc, maintenant, mon combat, c'est pour les autres.
00:55:35 Ma fille, j'ai dû combattre le système
00:55:37 parce qu'on me menaçait de la retirer.
00:55:39 Parce qu'évidemment, elle n'allait pas dans les centres,
00:55:42 elle ne suivait pas ce qui était préconisé pour elle,
00:55:46 ce qu'on préconise.
00:55:47 Je l'avais retirée de l'école.
00:55:48 Heureusement qu'un médecin me protégeait,
00:55:50 me faisait des papiers comme quoi il disait
00:55:52 "Oui, il y a des progrès, madame.
00:55:54 "Voilà, je ne dis pas mon ancien nom,
00:55:56 "puisqu'on retrouverait ma fille.
00:55:58 "Ma fille, personne ne sait d'où elle vient."
00:56:00 Et voilà.
00:56:02 Donc, pour vous dire que ça a été des années infernales pour moi
00:56:05 quand j'étais enfermée avec ma fille.
00:56:07 J'avais tout le temps peur que quelqu'un vienne sonner,
00:56:09 qu'on me la retire et qu'elle n'ait pas gagné assez de mots.
00:56:11 Surtout que je vais vous dire autre chose.
00:56:13 Voilà, vraiment, je vais profiter.
00:56:16 Alors, il y a des centres qui sont très bien adaptés,
00:56:18 mais il y en a d'autres, on ne sait pas ce qui se passe.
00:56:20 Vous voyez ?
00:56:21 Puisque l'enfant ne peut pas parler,
00:56:23 et donc, il peut y avoir des drames
00:56:26 et jamais ne pourront répéter ça.
00:56:28 Alors que pour leur progrès, il faut une hyper-protection.
00:56:31 Il faut qu'ils soient inondés d'amour
00:56:33 et extrêmement bien protégés, stimulés, évidemment.
00:56:37 Que pensez-vous de la prise en charge en France ?
00:56:39 Vous avez l'air, déjà, je poursuis cette question,
00:56:42 mais vous avez plus ou moins repondu.
00:56:43 Elle a l'air totalement insuffisante, en tout cas.
00:56:48 C'est une catastrophe,
00:56:50 surtout quand on connaît le chemin de comment on...
00:56:53 Dans la neuroplasticité,
00:56:54 les chemins qu'il faut prendre absolument
00:56:57 pour qu'ils se rétablissent, mais pour qu'ils progressent.
00:57:01 C'est trop mou.
00:57:02 Il faudrait un travail au quotidien.
00:57:05 Et même sans ça,
00:57:07 aujourd'hui, on n'assure pas assez de protection sur ces enfants-là.
00:57:12 Alors, si vous voulez,
00:57:14 officiellement, comme on ne sort pas de l'autisme,
00:57:15 il n'y a pas besoin de mettre tout en place pour les sortir de là.
00:57:18 Donc, évidemment, il y a un relâchement total
00:57:20 et puis il faudrait plus de moyens, évidemment,
00:57:22 parce que c'est avec l'argent qu'on peut mettre en place.
00:57:26 Alors, il est inutile de vous dire que, moi, le gaspillage,
00:57:29 ça me choque, parce qu'évidemment,
00:57:31 un enfant, pour moi, rien n'est plus sacré que ça.
00:57:34 Je sais à quel point le travail,
00:57:37 c'est un travail dentelier, vous voyez,
00:57:40 c'est un travail qui exige de l'énergie
00:57:42 et à quel point c'est dramatique pour moi
00:57:44 quand je vois ce relâchement
00:57:46 et à quel point ils ne sont pas stimulés.
00:57:48 Pour moi, c'est comme si on abandonnait des âmes, vous voyez.
00:57:51 Vous voyez, ce petit garçon, quand j'étais allée le voir,
00:57:53 j'avais dit, ce petit garçon a telle personnalité,
00:57:55 parce qu'il n'y avait aucune méthode qui fonctionnait,
00:57:57 c'est parce qu'il avait trop de force en lui, vous voyez,
00:58:01 parce qu'ils sont vraiment là, ils sont enfermés en eux-mêmes.
00:58:04 Donc, plus on gagne des mots, plus ils reviennent,
00:58:06 vous vous rendez compte ?
00:58:07 Plus on resserre, plus on crée des connexions
00:58:10 et plus on voit qu'ils sont...
00:58:12 Voilà, c'est une aventure extraordinaire.
00:58:13 L'ennui, c'est qu'on ne communique pas là-dessus.
00:58:15 En général, on présente...
00:58:17 Déjà, on présente des autistes qui parlent bien,
00:58:19 qui sont des génies.
00:58:21 Bon, moi, je ne vous dis même pas comme ça fait mal
00:58:24 aux parents qui ont des enfants autistes
00:58:26 qui ne peuvent même pas comprendre leur prénom,
00:58:29 parce que l'autisme, c'est...
00:58:30 Maintenant, on remplit l'autisme avec tout un tas de pathologies,
00:58:35 mais l'autisme, celui dont on doit parler,
00:58:38 c'est celui qui a atteint des facultés mentales,
00:58:41 ils n'ont pas de compréhension, ils ne sont même pas présents.
00:58:43 -Vous voyez ? -Oui.
00:58:44 C'est-à-dire que, quand je suis venue la première fois ici,
00:58:47 il fallait le redescendre sur Terre.
00:58:49 J'étais même en stade de lui apprendre à dire,
00:58:53 à avoir une première lettre, ou n'importe,
00:58:55 parce que ma méthode s'est basée sur l'alphabet,
00:58:57 c'était de l'apprendre à être présent avec nous.
00:58:59 Vous vous rendez compte ?
00:59:00 -Oui, rien que là...
00:59:02 Des questions au plateau ? Yvan Rioufol.
00:59:04 -Je trouve que votre témoignage est extraordinaire
00:59:06 et il est bouleversant.
00:59:08 Ma question était de savoir si cette méthode
00:59:10 que vous aviez appliquée à votre enfant
00:59:12 est une méthode qui est généralisable à tous,
00:59:15 ou est-ce qu'il y a quand même une sorte de pragmatisme à avoir ?
00:59:17 Et est-ce que cette méthode a été, si je puis dire,
00:59:18 labellisée officiellement par, je ne sais quoi,
00:59:22 l'éducation, la santé ?
00:59:25 -Je vais vous dire, ça fait 8 ans que je me bats pour cette méthode.
00:59:28 Au moment où ma fille s'en sortait,
00:59:29 je ne vais pas donner le nom du médecin,
00:59:30 j'étais allée voir quelqu'un dans un grand hôpital de Paris
00:59:32 qui avait vu les résultats et qui m'avait dit "C'est pas possible".
00:59:35 Et je lui donnais toutes les techniques,
00:59:37 je lui disais "Je m'arrête pas pendant 2-3 heures".
00:59:40 Et elle ne prenait pas de notes, je lui ai même dit "Mais prenez des notes".
00:59:42 Vous vous rendez compte ?
00:59:43 Après, je me suis dit "Bon, elle est un génie, vous voyez".
00:59:46 Et en fait, il n'y a rien eu de fait.
00:59:48 Je l'ai juste vu... -C'est incroyable.
00:59:51 -Dire à la télé "On ne sort pas de l'autisme"
00:59:54 alors qu'elle avait vu qu'il y avait des techniques.
00:59:56 C'est le petit dont je m'occupe, là.
00:59:58 Il se prendait.
00:59:59 -Il a bougé la caméra.
01:00:01 Une question de Jean Garry.
01:00:04 -Moi, je partage aussi, comme Yvan,
01:00:06 l'admiration pour le travail que fait cette dame.
01:00:09 J'ai l'impression qu'elle nous a dit qu'elle était en Suisse en ce moment.
01:00:13 Parce que, manifestement,
01:00:16 c'est connu, la façon dont le système français gère l'autisme.
01:00:20 Nous sommes très en retard par rapport à des pays
01:00:23 comme la Belgique et la Suisse.
01:00:25 Vous partagez ce constat ou il faut le nuancer ?
01:00:27 Je vous vois un peu dubitative.
01:00:30 -Je vais me permettre.
01:00:31 J'avais vu un enfant de Belgique.
01:00:34 J'avais vu qu'il avait du mal à s'identifier.
01:00:37 J'avais vu qu'il y avait des carences.
01:00:40 En Suisse, cette famille,
01:00:42 ils ont fait venir des gens de partout.
01:00:44 Même par avion et tout.
01:00:46 Mais mon petit système du cahier, j'aime pas d'en parler.
01:00:49 Il est exceptionnel.
01:00:51 Si on l'assemble à des motivateurs et un ensemble de techniques,
01:00:54 on a des résultats exceptionnels.
01:00:55 Évidemment, il faut des heures.
01:00:57 Ça sert à rien de mentir, de dire aux parents que ça va être magique.
01:01:01 Non, il faut déjà partir dans ce qui est des sacrifices,
01:01:03 dans une idée de combat.
01:01:05 Et ça va être dur.
01:01:06 Mais à partir du moment où on sait qu'on va avoir des résultats,
01:01:09 là, c'est des grosses conneries.
01:01:10 Voilà.
01:01:11 -Attendez.
01:01:13 -C'est pas grave, c'est la vie.
01:01:15 -Voilà.
01:01:17 -Il est sage, encore, parce que lui, il aime pas que je me déconnette.
01:01:20 Moi, vous voyez.
01:01:21 Mais il est sage, là.
01:01:23 Parce que quand j'étais venue la première fois,
01:01:25 il était même dangereux, parce qu'il mordait les gens.
01:01:28 Il était... Voilà, c'était grave.
01:01:30 -On vous laisse repartir travailler avec lui, justement.
01:01:34 On vous souhaite plein de choses.
01:01:35 On est admiratifs tous en plateau par votre témoignage,
01:01:38 la force que vous y mettez, aussi, l'énergie, l'enthousiasme,
01:01:41 bien sûr, et l'espoir derrière qu'il y a aussi
01:01:44 et que vous donnez aux autres familles.
01:01:46 Il faut absolument passer le message aux familles,
01:01:48 parce que si vous voulez, quand vous allez voir un médecin,
01:01:51 il vous annonce ça, c'est fini, même s'il vous dit pas ça.
01:01:53 Ils n'ont pas cette connaissance, ils ne savent pas que,
01:01:56 pourtant, c'est juste de la logique,
01:01:58 qu'en faisant un exercice une centaine de fois,
01:02:01 même si on n'a pas de résultat,
01:02:03 à un moment, il y a une autre mémoire qui se met en place
01:02:05 et ça s'enregistre, vous voyez ?
01:02:07 Et à un moment, les exercices à couper,
01:02:09 qui sont différents, mais qui ont un petit lien
01:02:11 avec cette chose que nous avons répétée millières de fois,
01:02:13 à un moment, ça crée la connexion, vous voyez ?
01:02:16 Mais avec une autre petite connexion,
01:02:19 on arrive à des choses extraordinaires.
01:02:21 Et c'est dommage qu'on ne diffuse pas assez ça.
01:02:23 C'est ce que devraient dire les médecins.
01:02:25 Ils devraient dire, "Vous allez faire tous les jours ça."
01:02:27 Par exemple, le simple rondu temps,
01:02:29 ou faire un trait, vous voyez, ou suivre une ligne.
01:02:34 Et tout de suite, même si c'est que un quart d'heure,
01:02:36 20 minutes par jour,
01:02:37 mais je vous assure qu'étalé sur une année,
01:02:40 tout de suite, on a des progrès,
01:02:41 sauf que ce qui existe, c'est des petites choses un peu molles.
01:02:44 Excusez-moi, on ne se rend pas assez en compte
01:02:47 ce travail au quotidien.
01:02:51 On devrait mêler les familles au travail des intervenants.
01:02:54 On aurait des résultats, on ne doit pas les laisser là où ils sont,
01:02:57 parce qu'il y a des cas qui s'en sortent.
01:03:00 Et vous le témoignez. Merci beaucoup, Florence Aurien.
01:03:02 Merci beaucoup d'avoir témoigné en direct sur CNews.
01:03:05 On doit malheureusement vous laisser.
01:03:08 Merci à vous encore une fois.
01:03:09 Merci à Jean Garay et Yvan Rioufol.
01:03:10 Dans un instant, ce sera Mickaël Dorian pour 90 Minutes Infos,
01:03:14 qui reviendra sur la visite d'Emmanuel Macron au marché de Rungis.
01:03:16 Il a abordé, évidemment, l'inflation,
01:03:18 mais aussi, bien sûr, la réforme des retraites
01:03:21 et parlé de bon sens.
01:03:23 A...
01:03:24 [Musique]
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