- il y a 3 ans
La ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, était l’invité de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS.
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00:00 Laurence, vous recevez ce matin Agnès Pannier-Runacher.
00:03 Bonjour Madame la Ministre.
00:04 Bonjour.
00:04 Bienvenue dans la matinale de CNews.
00:06 Je rebondis sur les images du Président que l'on vient de voir à Rungis.
00:09 Le Président qui annonce un petit geste sur le diesel.
00:11 Qu'est-ce que ça va être ce petit geste sur le diesel ?
00:13 Vous qui êtes la Ministre de la Transition écologique,
00:15 c'est écolo ça, un petit geste sur le diesel ?
00:17 Alors, je crois qu'il faut distinguer deux choses.
00:19 Tout le travail que nous faisons pour sortir des énergies fossiles,
00:23 mais ça, ça va prendre du temps.
00:24 Et aujourd'hui, la situation de pouvoir d'achat des Français,
00:27 vous savez que nous avons mis en place une indemnité carburant.
00:31 Je le dis aux Français qui nous écoutent,
00:33 car tout le monde aujourd'hui n'a pas demandé son indemnité carburant.
00:38 Tous ceux qui peuvent y avoir accès,
00:41 on parle de plus de 10 millions de Français
00:43 qui peuvent avoir une indemnité carburant.
00:45 Ceux qui utilisent leur voiture pour aller travailler.
00:49 Ça, c'est une mesure de pouvoir d'achat.
00:51 Et évidemment, nous accompagnons les Français pour changer de voiture,
00:54 pour pouvoir accéder à d'autres mobilités
00:57 qui n'utilisent pas du diesel.
00:58 Et lorsque vous n'avez pas les moyens de changer de voiture...
01:00 Oui, mais en même temps, vous donnez un petit coup de pouce au diesel.
01:02 Ça est complètement paradoxal, en fait.
01:03 Pas du tout.
01:04 Au contraire, c'est concilier le court terme et le long terme.
01:07 C'est faire en sorte de tenir compte du fait que nous changeons d'un modèle
01:11 qui repose sur les énergies fossiles
01:13 et que nous ne laissons personne sur le bord de la route.
01:15 C'est très facile d'avoir des propos élevés
01:18 lorsque l'on habite Paris et qu'on a les transports en commun
01:21 et qu'on peut se déplacer sans utiliser sa voiture.
01:23 Mais lorsqu'on est comme moi,
01:25 qu'on habite Lens et qu'on ne peut pas aller au travail
01:29 et parfois ne peut pas aller voir ses parents à l'EHPAD sans sa voiture
01:34 et qu'on n'a pas les moyens de changer de voiture
01:36 et que le carburant augmente,
01:38 eh bien, il faut aussi qu'on tienne compte de ça.
01:40 C'est une aide qui se rajoute au chèque carburant qui est déjà en place ?
01:43 C'est ça, madame la ministre ?
01:45 De quoi parle le président exactement ?
01:46 S'agissant de l'aide du diesel,
01:47 je rappelle déjà ce qui a été mis en place par le gouvernement.
01:50 Et par ailleurs, vous savez comme moi
01:52 que Total a indiqué qu'il travaillait
01:54 à une éventuelle ristourne.
01:57 Et là, vous l'avez entendu, le président a dit "faire faire".
02:00 Donc il s'agit des acteurs privés
02:02 qui aujourd'hui ont les moyens d'accompagner les Français.
02:04 Leur tordre leurs bras, c'est ça.
02:06 Vu les bénéfices qu'ils dégagent, vous leur dites
02:09 "là, vous allez faire un effort pour aider les Françaises".
02:11 C'est ce que vous leur dites ?
02:11 Est-ce que le gouvernement leur dit ?
02:12 Moi, je dis au patron de Total qui fait assez peu de bénéfices en France,
02:17 mais beaucoup dans le reste du monde,
02:18 investissez en France,
02:20 investissez dans la transition énergétique
02:22 et rendez tout ce que vous pouvez aux Français.
02:25 Je pense que ça bénéficiera à notre pays.
02:27 En ce moment, Total Énergie construit un terminal méthanier flottant
02:30 au large du Havre, on est bien d'accord ?
02:31 Tout à fait.
02:32 Ça, c'est pour pouvoir traiter le gaz qui nous arrive des États-Unis ?
02:35 Exactement.
02:35 Le gaz de schiste ?
02:36 Alors, ce n'est pas forcément du gaz de schiste déjà.
02:39 Je rappelle que le gaz que nous apportons de manière générale
02:42 utilise des techniques de fracturation.
02:45 C'est vrai pour la plupart des gisements qui sont utilisés dans le monde.
02:49 Par ailleurs, il s'agit de remplacer du gaz russe.
02:52 Aujourd'hui, nous avons baissé notre consommation de gaz
02:55 et en termes d'émissions de gaz à effet de serre,
02:58 c'est l'équivalent de 15% de gaz que nous n'avons pas utilisé l'année dernière,
03:03 qu'ils viennent de Russie ou des États-Unis, cela ne change rien.
03:06 L'important, c'est de baisser notre consommation
03:08 et le plan sobriété que j'ai lancé avec la Première ministre
03:11 a permis non seulement de passer l'hiver sans encombre,
03:15 ce qui était important.
03:16 Il n'y aura pas de risque de coupure d'électricité cet hiver ?
03:18 Je peux vous confirmer que si nous continuons à être vigilants
03:22 sur notre consommation d'énergie,
03:23 non, il n'y aura pas de coupure d'électricité.
03:26 D'accord. Concernant un dernier mot sur le gaz,
03:29 on parle donc quand même de gaz de schiste importé des États-Unis.
03:32 Vous dites que ça n'a pas d'importance que ça vienne des États-Unis ou de la Russie.
03:35 Ce n'est pas exactement vrai.
03:36 Est-ce que nous, la France, nous sommes toujours sur une position
03:38 où nous n'allons pas extraire du gaz de schiste
03:41 malgré notre forte dépendance en termes d'importation ?
03:44 Oui, parce que ce sur quoi nous travaillons,
03:46 c'est au contraire de sortir de l'utilisation des énergies fossiles,
03:50 c'est-à-dire baisser notre consommation.
03:52 Nous sommes en train de le faire, je le redis.
03:54 C'est près de -10 % de consommation d'énergie que nous avons faite en trois mois.
03:59 Nous avons fait en trois mois plus qu'en 30 ans de maîtrise de l'énergie.
04:05 On va y revenir, mais juste sur le gaz de schiste,
04:06 vous nous dites non, la France ne regardera pas ce que nous avons dans nos sous-sols.
04:09 Non, la France ne regardera pas sur cet aspect-là
04:12 parce que nous devons sortir des énergies fossiles
04:15 et donc nous nous appuyons le temps dont nous avons besoin sur d'autres,
04:19 sur des exportations.
04:20 Pourquoi on préfère l'exporter d'autres pays, ce gaz de schiste ?
04:22 Sur des importations, pardon.
04:24 Et faire des coups de pouce au diesel ?
04:25 Et nous préférons, je le redis,
04:28 Laurence Ferrari, on peut être caricatural.
04:30 Ah non, non, c'est précision des faits,
04:33 ce n'est pas être caricatural Madame la Ministre.
04:35 L'effet, c'est qu'on baisse nos émissions de gaz à effet de serre en 2022,
04:39 c'est qu'on utilise moins de charbon qu'en 2021,
04:41 c'est qu'on utilise moins de gaz qu'en 2021
04:43 et c'est qu'on utilise moins d'électricité carbonée.
04:46 Donc c'est ça l'effet et nous allons continuer à y travailler.
04:49 Et heureusement...
04:50 Moins d'électricité tout court, pardon.
04:51 Oui, parce que décarboner c'est encore un autre sujet.
04:53 Pour la première fois en 42 ans,
04:55 la France a été un portatrice nette d'électricité l'an dernier.
04:58 Quelle leçon vous en tirez ?
04:59 Nous ne sommes plus capables d'assurer notre souveraineté énergétique ?
05:02 Moi la leçon que j'en tire,
05:03 c'est que d'abord nous n'avons jamais été souverains énergétiquement.
05:06 L'électricité ce n'est qu'un tiers de notre consommation d'énergie.
05:10 Et nous dépendons du pétrole et nous dépendons du gaz.
05:13 Ça c'est la première chose.
05:14 La France n'a jamais été indépendante en matière de souveraineté énergétique ?
05:17 Énergétique, non.
05:19 Laurent Ferrari, nous avons toujours dépendu du gaz et du pétrole.
05:22 Ça c'est la première fait que nous...
05:23 Le nucléaire ne nous mettait pas à l'abri de ça ?
05:25 C'est 20% de notre consommation d'énergie, le nucléaire.
05:27 Il y a 80% à aller chercher.
05:29 Donc il faut bien y travailler.
05:30 Par contre, en électricité, nous étions souverains.
05:33 Et je pense que c'est à ça que vous faisiez allusion à l'instant.
05:36 Mais n'oublions pas que deux tiers de notre énergie
05:38 vient du reste du monde.
05:39 Sur la partie électricité,
05:40 nous avons une production d'électricité qui est la plus basse depuis 1992.
05:45 Et très clairement...
05:46 Grâce aux efforts des Français ?
05:47 Très clairement, non.
05:48 La production, pas la consommation.
05:51 La production d'électricité.
05:53 Et c'est pour ça que nous avons besoin aujourd'hui
05:55 qu'EDF se mobilise pour augmenter sa production d'électricité.
05:59 Comment on augmente la production d'électricité ?
06:01 On est meilleur opérationnellement.
06:02 Aujourd'hui, nos centrales nucléaires ne tournent pas assez.
06:06 Aujourd'hui, les arrêts de maintenance sont très longs.
06:09 Et nous savons que nous pouvons gagner trois semaines à quatre semaines
06:12 sur les arrêts de maintenance.
06:14 C'est ce que nous avons montré dans un audit
06:16 que ma prédécesseure avait commandé, Barbara Pompili,
06:18 et que nous sommes en train de mettre en œuvre
06:21 pour réduire les délais de maintenance.
06:22 Ce sont des mesures d'excellence industrielle.
06:25 Et c'est la mission que nous avons confiée à Luc Rémond
06:28 pour les années à venir.
06:29 La situation qu'on vit actuellement,
06:31 c'est aussi le fait d'un défaut d'anticipation,
06:33 d'un défaut de révision,
06:35 arrêter un certain nombre de réacteurs pour maintenance,
06:37 ce qui est tout à fait légitime.
06:38 Au même moment, ça a entraîné une baisse de la production électrique.
06:41 Le gouvernement n'aurait pas pu anticiper cela ?
06:44 Alors pas tout à fait, parce que la sûreté nucléaire
06:46 impose d'arrêter très régulièrement les réacteurs.
06:49 Tous en même temps ?
06:51 Pas tous en même temps, comme vous le savez,
06:52 mais vous savez qu'un réacteur, il doit s'arrêter au moins une fois
06:56 tous les 12 à 18 mois pour du rechargement combustible.
06:59 Que vous avez des arrêts de centrales au bout de 40 ans.
07:03 Et si vous regardez quand est-ce que nos réacteurs nucléaires ont été fabriqués,
07:08 vous rajoutez 40 ans, vous êtes pile poil dans la période actuelle.
07:11 Donc tout ça a été parfaitement prévisible.
07:14 Tout ça, c'est du travail qui repose sur les épaules de salariés d'EDF aujourd'hui.
07:19 Ce que nous savons en revanche, c'est que nous pouvons faire plus vite.
07:23 C'est ce que montre l'audit industriel qui a été commandé par le gouvernement
07:26 et qui est actuellement mis en œuvre par EDF.
07:30 Et puis, nous avons détecté,
07:33 et ça c'est aussi le résultat d'un très haut niveau de sûreté nucléaire,
07:36 des traces de corrosion sur certaines tuyauteries.
07:39 Et nous sommes en train de les réparer.
07:41 Et ça effectivement, ce n'était pas anticipable.
07:44 Mais en France, on ne plaisante pas avec la sûreté nucléaire.
07:46 Et nous avons arrêté les centrales pour pouvoir réparer.
07:49 Quelle est la feuille du gouvernement pour redresser la barre en matière d'énergie nucléaire ?
07:53 Qu'est-ce que vous allez proposer ?
07:54 Il y a un projet d'accélération du nucléaire qui arrive
07:56 à l'Assemblée en commission la semaine prochaine.
07:58 Plusieurs choses.
07:59 Vous savez qu'un comité de politique nucléaire s'est tenu le 3 février.
08:02 Et nous avons pris sur l'ensemble de la filière des décisions,
08:06 des décisions d'investissement.
08:07 Il faut accompagner EDF pour lui permettre de faire tous les investissements
08:11 qui permettent d'abord d'opérer,
08:13 d'avoir le meilleur productif d'électricité aujourd'hui
08:17 sur la base des réacteurs que nous avons.
08:19 C'est-à-dire faire en sorte que les arrêts,
08:22 je l'ai encore dit, puissent durer moins de temps.
08:24 Deuxième chose, prolonger la vie des centrales.
08:27 Et pour prolonger la vie des centrales,
08:29 C'est dommage d'avoir promis à François Neim, d'ailleurs, un passage.
08:32 Vous regrettez ou pas ?
08:33 Fessenheim, c'est une de nos plus vieilles centrales
08:35 et elle n'était pas si performante,
08:37 en tout cas pas aussi performante que beaucoup de commentateurs veulent bien le dire.
08:41 En tout cas, au moment où Laurence Ferrari,
08:44 au moment où nous arrivions au pouvoir,
08:46 il fallait en réalité 4 à 5 ans, peut-être même 6,
08:50 pour pouvoir espérer prolonger Fessenheim
08:53 puisque tous les travaux de prolongation de la France centrale
08:56 n'avaient pas été anticipés.
08:57 Qu'est-ce que vous prévoyez ?
08:59 Alors, ce que nous prévoyons, c'est effectivement d'anticiper
09:02 la prolongation des centrales, passer de 40 à 50 ans,
09:06 puis de 50 à 60 ans.
09:08 C'est des investissements de maintenance prédictive
09:11 et d'anticipation de ces passages.
09:13 Et troisième chose, c'est la construction de nouveaux réacteurs.
09:16 Vous savez que nous avons démarré tout le débat public,
09:19 il se terminera le 27 février,
09:21 et qu'en parallèle, nous travaillons sur le financement,
09:24 sur le design de ces réacteurs.
09:26 On est sur 5 à 10 ans, minimum.
09:29 15 ans, la construction de la réacteur Laurence Ferrari,
09:32 ce n'est pas 5 ans.
09:33 Et c'est pour ça que nous avons besoin d'énergies renouvelables,
09:35 et c'est pour ça que nous avons aussi un projet d'accélération
09:38 sur les énergies renouvelables.
09:39 Parce que si on veut être souverain énergétiquement,
09:43 il faut avoir aussi des énergies renouvelables,
09:45 de la géothermie, de l'éolien marin, de l'éolien terrestre,
09:49 du photovoltaïque, du biométhane,
09:51 toutes ces énergies qui nous permettent d'être
09:54 véridiquement, véritablement indépendants énergétiquement.
09:58 En attendant, la France continue de payer son électricité
10:00 à un prix délirant parce qu'elle est coincée dans un système
10:02 qu'ils appellent le marché électrique européen,
10:04 sur lequel la France a du mal à obtenir des avancées.
10:08 L'Allemagne fait pression pour que cette réforme
10:10 soit reportée après les élections européennes de 2024.
10:14 Est-ce qu'une fois de plus, la France va se coucher devant l'Allemagne ?
10:17 Alors là encore, pas du tout, puisque comme vous le savez,
10:20 la Commission européenne va présenter un texte
10:23 de réforme du marché de l'électricité au mois de mars.
10:25 Et l'Allemagne a déjà dit qu'elle attendrait les européennes de 2024.
10:27 Ça, ce sont les faits et je ne suis pas sûre
10:30 que ça a été si précis de la part de l'Allemagne.
10:32 Robert Rabach, vice-chancellier,
10:33 qui appelle la Commission à ralentir le processus.
10:36 Non, peu importe, ce sont des faits, madame.
10:38 Oui, mais moi, je vous réponds.
10:40 La Commission européenne présente un texte au mois de mars.
10:42 Et donc, ça, ce sont les faits aussi.
10:44 Et l'Allemagne va le valider ?
10:45 Et c'est à la demande de la France.
10:47 Et l'Allemagne fait partie de 27 pays.
10:48 Et donc, c'est 27 pays qui négocient.
10:50 Ce n'est pas l'Allemagne et ce n'est pas la France tout seul.
10:52 C'est le propos.
10:53 Maintenant, je veux revenir un instant sur le marché de l'électricité européen.
10:57 Aujourd'hui, les Français payent le prix de l'électricité
11:00 quatre pinots, trois cotes plus cher qu'ils devraient ne le payer.
11:04 Alors, ce n'est pas tout à fait exact non plus,
11:06 puisque vous savez que le prix de l'électricité,
11:10 il dépend effectivement de nos centrales nucléaires,
11:12 mais pas que. Il dépend beaucoup des importations.
11:15 Et le prix des importations est élevé,
11:16 puisque d'autres fabriquent sur base de gaz.
11:19 Et puis, il y a une fake news.
11:20 Et ça, ça ne vous paraît pas aberrant ?
11:21 Non, mais je veux essayer de terminer mon propos,
11:23 si vous le permettez.
11:24 Rien que là-dessus, notre prix d'électricité est basé sur le prix du gaz,
11:26 qui dépend donc des autres.
11:27 Quand on importe en règle générale,
11:29 et c'est bien pour ça qu'il faut sortir des énergies festives,
11:31 on dépend des autres.
11:32 C'est bien pour ça qu'il faut être souverain.
11:33 Quand on a le prix du pétrole qui augmente
11:35 et qu'on n'est pas producteur de pétrole,
11:37 on paye le prix des autres.
11:39 Et c'est pour ça qu'il faut développer des énergies renouvelables
11:41 dans les 15 ans qui viennent.
11:42 Et c'est pour ça qu'il faut développer des réacteurs nucléaires
11:45 si on veut être indépendant réellement et payer le vrai prix.
11:49 Et puis la fake news qui circule, c'est celle du marché de l'électricité.
11:53 L'Espagne serait sortie du marché de l'électricité.
11:55 Non, non, c'est parfaitement inexact.
11:58 En réalité, c'est une taxe que paye une partie de la population
12:02 qui permet de baisser les prix d'électricité sur une partie des entreprises.
12:05 Donc c'est le même système que la France qui a protégé.
12:08 Je rappelle que les ménages français,
12:10 aujourd'hui, quand bien même le marché de l'électricité a un fonctionnement
12:14 qu'on peut discuter, payent le prix d'électricité le plus bas d'Europe.
12:17 Les Français, les ménages, les très petites entreprises
12:23 payent le prix de l'électricité le plus bas d'Europe
12:25 et 15% plus cher cette année, là où ils auraient dû payer 85% plus cher.
12:31 Alors ne laissons pas circuler les fake news.
12:36 Non, nous nous agissons.
12:37 Nous agissons avec des boucliers.
12:40 Nous agissons en allant prélever sur les énergies étudiants.
12:43 Et vous allez sur le marché électrique européen
12:45 par installer la position de la France.
12:46 Que proposez-vous ?
12:48 Nous agissons sur les énergéticiens
12:49 pour qu'ils contribuent à payer le bouclier énergétique.
12:52 Nous taxons les surprofits.
12:54 Et si j'y vais, et nous agissons en portant cette réforme
12:57 du marché de l'électricité et le texte de la Commission européenne,
13:01 qui a été inspirée, entre autres, par les Français,
13:04 arrive au mois de mars sur la table des ministres des conseils.
13:07 Je vous rappelle que l'Allemagne ne souhaite pas bouger
13:09 de ce système de l'électricité européenne avant les européennes de 2024.
13:14 Il faudra donc que les Français attendent cette échéance
13:16 avant de pouvoir éventuellement payer leur électricité.
13:18 Je le rappelle, Laurent Ferrari,
13:21 les Allemands ne voulaient pas de plafonnement du prix du gaz.
13:24 Et nous avons un plafonnement du prix du gaz européen
13:28 que les Français ont négocié au niveau de la Commission européenne.
13:31 Ça aussi, c'est de la réalité.
13:32 La réalité, c'est une France forte en Europe
13:34 qui est capable de négocier des textes
13:36 auxquels les Allemands n'adhèrent pas nécessairement.
13:40 Et finalement, ils les acceptent parce que nous sommes 27
13:43 et que ce n'est pas que l'Allemagne qui décide en Europe.
13:45 Et c'est très heureux.
13:46 Donc le plafonnement du prix du gaz,
13:48 vous me disiez sur ce plateau, vous n'y arriverez pas.
13:51 Nous y sommes arrivés en décembre dernier.
13:52 Alors néanmoins, on va parler juste un tout petit mot du gaz.
13:56 Les prix du gaz restent trois fois plus chers qu'avant 2021
13:59 et surtout six fois plus chers qu'aux États-Unis.
14:00 Comment est-ce qu'on peut réindustrialiser la France
14:02 avec des tarifs qui sont aussi peu compétitifs ?
14:05 Alors...
14:06 Et c'est le vrai sujet de la concurrence des États-Unis.
14:08 C'est le vrai sujet 1 de la décarbonation.
14:11 Comment on sort de notre dépendance au prix du gaz ?
14:15 C'est en développant de l'hydrogène,
14:18 c'est en développant de l'électricité produite en France
14:21 et c'est le plan du gouvernement.
14:22 La stratégie énergétique, elle est très claire du gouvernement.
14:25 C'est baisser la consommation là où on gaspille de l'énergie
14:29 et on la fait, on fait moins 10 %.
14:31 Quitte à faire fermer des entreprises.
14:32 Non, moins 10 %, c'est sur le chauffage,
14:35 c'est sur l'eau chaude sanitaire.
14:36 Et comme vous le voyez, on a baissé de moins 10 %,
14:38 on n'a pas une croissance qui a baissé de 10 %.
14:41 D'accord.
14:41 Il n'y a pas d'entreprises qui ont fermé
14:43 parce qu'elles étaient étranglées par leur facture énergétique ?
14:44 Vous êtes d'accord avec moi, la croissance n'a pas baissé de 10 %.
14:47 Et quant aux entreprises qui ferment,
14:49 je rappelle qu'avant la crise Covid,
14:50 vous aviez 50 000 entreprises en faillite,
14:52 nous en avons 42 000 aujourd'hui,
14:54 nous n'avons pas encore rattrapé le trend pré-Covid
14:57 du nombre d'entreprises qui faisaient faillite.
14:59 Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des entreprises
15:01 qui sont en difficulté aujourd'hui.
15:03 Et c'est pour ça que nous les aidons
15:04 et c'est pour ça qu'encore une fois,
15:06 je les invite à s'assurer qu'elles bénéficient
15:09 des aides que nous leur apportons,
15:10 parce que nous voyons que certaines entreprises
15:13 n'en bénéficient pas.
15:15 Il faut qu'elles aillent sur leur espace client
15:18 fournisseur d'énergie et qu'elles se signalent,
15:21 qu'elles disent qu'elles sont des PME,
15:22 qu'elles disent qu'elles sont des TPE
15:24 pour avoir le plafonnement du prix de l'électricité
15:26 et qu'elles puissent éventuellement aller sur le site
15:30 du ministère de l'Économie pour voir si elles peuvent bénéficier.
15:34 C'est une usine à gaz,
15:35 c'est ce que nous disent les petites entreprises.
15:37 Quand elles vont sur le site...
15:39 Parce qu'on avait un boulanger hier,
15:41 peut-être qu'il n'est pas assez...
15:43 Laurence Ferrari, est-ce que tu peux aller voir sur le site...
15:46 Sur le site du fournisseur.
15:47 Je crois ce que les gens nous disent.
15:49 C'est une usine à gaz, on ne comprend même pas.
15:51 Nos experts comptables doivent faire une formation.
15:53 Alors je pense qu'il faut qu'ils changent d'experts comptables,
15:56 je le dis très gentiment,
15:57 mais ce qu'on demande aux entreprises,
15:58 c'est d'aller sur leur espace de fournisseur,
16:00 de leur fournisseur d'électricité,
16:02 et de mettre une croix dans une case.
16:04 Il y a une croix dans la case TPE,
16:05 il y a une croix dans la case PME.
16:07 Je pense qu'elles connaissent
16:08 leur chiffre d'affaires et le nombre de salariés qu'elles ont.
16:10 C'est extraordinairement facile.
16:12 Et ensuite, ça s'applique directement,
16:15 directement sur leur facture.
16:17 Donc plus simple, ça n'existe pas.
16:19 Mais c'est comme la Sécurité sociale,
16:20 si vous ne faites pas l'effort
16:22 de vous signaler à la Sécurité sociale,
16:24 elle ne vous rembourse pas vos médicaments,
16:26 c'est la moindre des choses.
16:28 Et nous accompagnons les entreprises et je leur dis,
16:30 allez sur votre espace de fourniture d'énergie,
16:33 mettez la croix dans la bonne case,
16:34 et vous aurez automatiquement,
16:37 je le répète, automatiquement sur votre facture,
16:39 le plafonnement du prix de l'électricité,
16:41 le bouclier si vous y avez droit,
16:43 ou l'amortisseur si vous y avez droit.
16:45 Bon, le message est passé,
16:46 on vérifiera auprès d'eux si c'est aussi simple.
16:47 Voilà, 450 000 entreprises aujourd'hui se sont signalées,
16:50 il faut qu'on en ait encore plus.
16:52 Merci beaucoup d'être revenue ce matin
16:53 dans la matinale du CNU.
16:55 À vous, Romain Désart pour la suite.
16:58 [Musique]
17:01 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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