00:00 J'ai pas gagné ces titres sans rien faire.
00:09 On a beaucoup beaucoup travaillé.
00:11 J'ai été vraiment bien suivi par tout le monde.
00:13 Je veux pas forcément être comparé à Mathieu, Van Der Poel ou à Woodvarnard.
00:25 Je veux faire comme je l'entends et avec l'équipe et mon entraîneur.
00:32 Pas prendre en exemple Van Der Poel ou Van Der Poel.
00:37 Bon anniversaire déjà avant l'heure, ce que c'est demain pour tes 18 ans.
00:48 Quand on a 18 ans, si je peux me permettre, champion de France, champion d'Europe, champion
00:52 du monde, on se dit quoi ?
00:54 C'est quoi la suite ?
00:56 Forcément, c'est super.
01:01 C'était vraiment une très très belle saison.
01:03 Avec beaucoup de travail, faut pas oublier ça.
01:07 J'ai pas gagné ces titres sans rien faire.
01:10 On a beaucoup beaucoup travaillé.
01:11 J'ai été vraiment bien suivi par tout le monde.
01:14 C'est chaque chose mise en place bout à bout qui était vraiment importante pour bien progresser.
01:19 Après, voilà, j'ai mis les objectifs.
01:22 Je me fixe jamais avec un seul objectif.
01:25 J'ai toujours quelque chose derrière la tête à chaque fois pour toujours avancer à l'entraînement.
01:30 Et pas, les championnats du monde sont passés, j'ai plus d'objectifs.
01:33 Je m'entraîne plus ou je fais que sortir.
01:37 J'ai toujours des objectifs.
01:39 Là, il y a ma saison de junior 2 qui arrive avec des gros objectifs aussi.
01:44 Qui seront très importants pour moi et pour l'équipe aussi.
01:49 Et puis après, forcément, mes années futures qui arrivent très bientôt.
01:56 Parce que les saisons s'enchaînent et on n'a pas forcément le temps de dire "ouf" que c'est déjà terminé.
02:02 Donc, faut vraiment prendre tous les bons moments et bien progresser pour être prêt pour la suite.
02:10 Théo, pour le grand public qui te découvre et ceux qui ne te connaissent pas vraiment encore, si je peux me permettre.
02:17 Tu te qualifierais comment ?
02:18 Tu te définirais comment ?
02:20 Alors, moi je suis plutôt un grimpeur qui aime les ascensions assez longues.
02:28 Donc, voilà, plus de 20 à 30 minutes.
02:31 C'est vraiment comme ça.
02:33 Après, je ne suis pas forcément fermé à tout.
02:39 J'aime bien essayer tout type d'efforts.
02:43 Le chrono, les sprints.
02:45 J'aime bien tout tester pour progresser partout.
02:49 Pas me caser que dans la case grimpeur et faire que des montées, que des montées.
02:54 J'aime bien aussi faire du chrono, faire des sprints.
02:57 Par exemple, ce matin, on avait une séance de sprint.
03:00 Moi, je n'ai pas dit "non, non, je ne fais pas la séance parce que je suis grimpeur".
03:03 Je suis allé avec les autres et puis j'ai fait la séance de sprint.
03:06 Je fais 55 kg, donc je ne suis pas forcément le meilleur sprinter.
03:10 Mais il faut progresser parce que même en haut d'un col, ça peut arriver au sprint.
03:15 Moi, j'aime vraiment tout travailler dans le vélo.
03:18 Toi, dans ton parcours cycliste, tu fais cyclo et route depuis que tu as commencé le cyclisme
03:25 ou tu as commencé par le cyclo ?
03:28 Alors non, moi j'ai commencé par la route.
03:30 D'abord, je faisais la route et puis ensuite, dans les jeunes catégories,
03:34 il y a des journées où il y a trois disciplines.
03:36 Il y a la cyclocrosse le matin, des sprints entre midi et deux,
03:40 et puis l'après-midi, une course sur route.
03:42 Du coup, c'est un peu comme ça que je me suis mis au cyclocrosse.
03:44 J'ai tout de suite accroché avec le cyclocrosse.
03:47 Et puis à partir de, je pense, KD1, je me suis mis au cyclocrosse.
03:52 D'abord, c'était juste les Coupes de France.
03:55 Je n'avais pas forcément un super super niveau, mais je m'amusais vraiment bien.
04:00 Ça changeait de la route et puis ça permettait de faire autre chose l'hiver.
04:03 Donc, j'ai plutôt bien aimé.
04:06 Et puis après, sur la saison junior 1, j'avais déjà plus d'objectifs.
04:10 Et puis, j'ai pu faire une sélection en équipe de France sur la Coupe du Monde à Tabor.
04:14 Et ça m'a vraiment bien plu.
04:17 Et j'ai vu que je pouvais jouer devant au niveau international.
04:21 Et voilà, j'avais vraiment de gros objectifs sur la saison junior 2.
04:27 Et on a réussi à tous les obtenir.
04:30 Donc, c'est vraiment bien.
04:32 Ça récompense aussi bien le travail d'A.G.
04:35 Desaires, la Mondiale, puis Citroën, parce que le cyclocrosse a aussi été d'importance,
04:40 notamment avec Clément Venturini par le passé.
04:43 Oui, exactement.
04:45 C'est vrai que Clément fait de plus en plus de cyclocrosse.
04:50 Donc, c'est vraiment bien.
04:52 J'ai pu le faire en équipe de France avec lui.
04:55 On a pu pas mal discuter.
04:57 C'est vrai que lui, ça lui manquait un peu de faire du cyclocrosse.
04:59 Et là, cette année, il en a déjà fait un peu plus.
05:02 Mais je crois qu'il m'a dit que l'année prochaine, il voulait en faire encore un peu plus.
05:05 Donc, voilà.
05:06 Moi, c'est vraiment bien parce qu'ils arrivent à bien m'accompagner pour être performants.
05:10 Et puis, c'est vrai qu'on arrive bien à travailler tous ensemble, avec la fédération,
05:15 avec A.G.
05:16 Desaires-Citroën.
05:17 Et puis, voilà.
05:18 Moi, j'arrive à bien me retrouver au centre des deux projets.
05:21 Donc, je suis vraiment content de comment c'est passé cette saison du cyclocrosse.
05:24 Dans les années qui viennent sur la route, c'est quoi les moments de la saison et les
05:28 courses qui te font le plus envie aujourd'hui ?
05:30 Alors, bonjour.
05:33 Oui, normalement, je vais reprendre à Grands-Mévels-Gums si le mois de mars se passe bien.
05:41 C'est une bonne course pour moi, pour sortir un peu de ma zone de confort, pas faire que
05:47 des courses où ça grimpe.
05:48 C'est vraiment l'objectif avec l'équipe de courir sur tout type de terrain, pas que
05:55 faire la classique des Alpes.
05:56 Courir aussi des courses assez plates ou des petits monts qui sont très intéressants
06:03 pour les années futures.
06:04 Et puis, les courses qui me font rêver, forcément, c'est le Tour de France.
06:11 Je pense que c'est la plus belle course du monde en France.
06:16 C'est une course par étapes.
06:18 C'est une course pour les grimpeurs.
06:20 Maintenant, peut-être un peu plus pour les rouleurs, mais c'est forcément ce qui me
06:25 fait rêver.
06:26 C'est pour ça que je cours aussi des différentes courses et pas que des courses de grimpeurs
06:30 parce que sur le Tour, il y a trois semaines et puis il n'y a pas trois semaines où c'est
06:35 tous les jours arrivé au sommet.
06:36 Des fois, c'est tout plat.
06:37 Des fois, il y a des pavés.
06:38 C'est pour ça que j'essaye de courir sur tout type de terrain.
06:42 Est-ce que tu es prêt ? Est-ce que tu sais, vu tes succès et vu ta connaissance du vélo,
06:49 à recevoir ce genre d'attente bientôt, dans les mois, les années qui viennent, si
06:52 ça se confirme pour toi, et à la gérer ?
06:54 Oui, après, c'est vrai que je me détache un peu de ce qui se dit sur les réseaux,
07:02 sur les médias.
07:03 Je regarde, ça m'arrive de regarder, mais je ne m'attarde pas forcément à ce qui
07:11 se dit, si c'est de la critique ou même des choses positives.
07:14 J'essaie vraiment d'avancer comme nous on le pense, avec l'équipe, avec mon entraîneur,
07:18 pour faire les choses comme il faut et ne pas se presser.
07:21 Je pense que le Tour de France ne sera pas l'année prochaine que je le ferai.
07:26 Il me reste encore un peu de temps avant de faire le Tour.
07:29 Après, c'est sûr que ça va vite.
07:30 Je ne sais même pas combien de temps ça fait, mais ça fait très longtemps qu'il
07:37 n'y a pas un Français qui a gagné le Tour.
07:40 C'est vrai que beaucoup de Français attendent ça.
07:42 Après, je ne sais pas si… J'espère que ce sera dans les années à venir.
07:47 J'espère que ce sera un mois, mais on ne sait pas.
07:50 Déjà, il faut que je fasse une bonne saison en junior sur la route et après, on verra
07:55 le Tour de France.
07:57 Pour revenir au cyclocross, tu as ajouté ton nom au palmarès comme Mathieu Van Der
08:04 Poel il y a 10 ans et Thomas Piquoc il y a 6 ans.
08:06 Je imagine que ce sont des modèles que tu aimerais suivre ?
08:09 Oui, clairement.
08:10 C'est deux cours.
08:11 Même avec Van Aert, je pense qu'il a été champion du monde aussi.
08:17 Je ne sais pas.
08:18 En junior.
08:19 Il n'a pas été champion du monde.
08:22 Mais oui, clairement, c'est deux coureurs qui arrivent à allier le cyclocross et la
08:28 route.
08:29 C'est vrai que ce sont forcément des exemples à suivre.
08:31 Après, ils ne font pas énormément de cyclocross.
08:36 Van Der Poel fait surtout la fin de saison à partir de mi-décembre.
08:42 Par contre, Thomas Piquoc fait un peu plus long.
08:46 C'est vrai que j'aimerais faire des bonnes saisons de cyclocross plutôt commencer autour
08:51 du mois de novembre pour faire assez long parce que je pense que ça peut vraiment me
08:56 servir sur la route en étant quelqu'un de pas très explosif, surtout qui aime les
09:03 ascensions assez longues.
09:04 C'est vrai que le cyclocross, ça m'aide à me débrider un peu et à travailler ce
09:08 qui n'est pas forcément ma qualité première.
09:10 C'est vrai que ça fait passer l'hiver un peu plus vite.
09:13 On fait toujours attention à ce qu'on fait parce que le week-end, il y a une course et
09:19 il faut être performant alors que quand il n'y a pas la saison de cyclocross, on se
09:23 dit que c'est bon, je cours dans trois mois, je peux aller manger un peu n'importe quoi.
09:26 Au moins, ça permet de faire attention et d'avoir toujours des objectifs pour s'entraîner.
09:32 Quel regard tu portes sur l'évolution de la discipline avec Wood Van Aert, Mathieu
09:37 Van Aert et Tom Pitcock qui apportent un renouveau à la discipline, un peu plus d'attrait ?
09:44 Je pense que c'est très bien.
09:47 C'est un peu la vitrine du cyclocross.
09:49 Quand on voit Van Aert et Van Der Poel, même pas un tour, ils étaient déjà tous les
09:55 deux devant et puis derrière, celui qui fait trois limite, il est champion du monde comme
10:01 les deux autres.
10:02 Mais non, c'était vraiment très bien.
10:05 Ça aide le cyclocross, je pense.
10:08 Et puis quand on voit qu'il y a 45 000 personnes qui viennent voir un championnat du monde,
10:12 c'est juste énorme.
10:13 Je pense que le cyclocross se développe.
10:15 Et puis même dans les équipes françaises, on voit Clément par exemple, qui est chez
10:19 AG2R Citroën, qui fait de plus en plus de cyclocross.
10:23 Il y a 4-5 ans, il faisait vraiment moins de cyclocross.
10:27 Et là, cette année, l'année dernière, il a fait vraiment des grosses saisons.
10:32 Et puis, on voit qu'il peut marcher.
10:34 L'année dernière, il fait top 5 au monde.
10:36 Cette année, il fait top 10.
10:37 Il fait quatrième sur une Coupe du Monde.
10:40 Les Français, on peut aussi être devant en cyclocross.
10:43 Je pense que maintenant, c'est juste une question de temps.
10:46 Dans deux, trois ans, je ne me fais pas de soucis.
10:49 Je sais qu'il y aura des Français devant, même en élite.
10:51 Léo, Mathieu Van Der Poel disait dans la presse il n'y a pas très longtemps en Belgique,
10:56 pendant l'intersaison, qu'il ne sait pas s'il pourrait continuer encore très longtemps
11:00 ce programme cyclo/route parce que c'est vraiment très exigeant.
11:05 Et à la vitesse notamment où va la route, c'est de plus en plus compliqué pour lui
11:08 ou pour un Van Aert.
11:10 Toi, tu n'as pas encore 18 ans.
11:12 Est-ce que tu te donnes un certain laps de temps pour privilégier peut-être l'un par
11:19 rapport à l'autre ou pour faire les deux ou pour te dire, moi, le cyclo, passer 25
11:25 ans, il faudra que j'arrête pour après me consacrer pleinement à la route ?
11:27 Pour l'instant, non.
11:31 C'est vrai que les saisons de route sont beaucoup plus longues parce qu'elles commencent
11:36 mi-janvier et elles se finissent mi-octobre.
11:42 C'est un rallonge.
11:46 Et forcément, si je suis dans une équipe route, je suis re-employé pour faire de la
11:54 route.
11:55 Donc forcément, il faudra peut-être donner une place plus grande pour la route.
12:02 Mais je pense que maintenant, ça a vraiment changé et faire une saison de cyclocross
12:07 à partir de mi-novembre, c'est vraiment possible.
12:10 C'est sûr que la fin de saison sur route, elle ne sera pas faite pour moi.
12:15 Mais je pense que maintenant, c'est totalement possible.
12:18 Après, je vois clairement ce que Vanderpool veut dire.
12:22 Maintenant, en plus en cyclocross, les circuits sont de plus en plus rapides.
12:24 Et franchement, ça fait vraiment, vraiment mal au dos.
12:28 Quand on finit une saison de cyclocross, le dos est ruiné.
12:32 Et c'est vrai que passer un certain âge à force d'enchaîner les deux, enchaîner
12:37 les deux, au bout d'un moment, lui, il veut sûrement bien performer sur la route.
12:42 Lui, il voit peut-être qu'on ne peut pas performer dans les deux.
12:46 Après, c'est un choix.
12:48 C'est Mathieu Vanderpool qui le dit.
12:50 Moi, je pense que je ne suis pas Mathieu Vanderpool et que moi, je ferais sûrement
12:54 différemment.
12:55 Je ne veux pas forcément être comparé à Mathieu Vanderpool ou à Wood Van Aert.
13:00 Je veux vraiment faire comme moi, je l'entends.
13:03 Et puis, comme l'entends avec l'équipe, avec mon entraîneur, ne pas prendre en exemple
13:10 Vanderpool ou Van Aert.
13:12 En 2025, il y a les championnats du monde de cyclocross en France.
13:16 J'imagine que tu le sais.
13:18 Ça sera chez nous d'ailleurs, à Liévin.
13:23 Dans ce que tu imagines, dans les mois, les années qui viennent, tu auras 20 ans, est-ce
13:29 que tu t'imagines participer à la course des grands ou est-ce que tu penses que ce
13:34 sera un peu tôt ?
13:35 Alors 2025, je crois que je ferais Espoir 2.
13:41 Je pense qu'en Espoir 2, non, je ne pourrais pas courir avec les élites.
13:46 Ça sera sûrement un peu tôt.
13:48 Et puis, si jamais je cours avec les élites, c'est parce que j'aurais été champion
13:52 du monde en Espoir.
13:53 Mais avant d'être champion du monde chez les Espoir, il n'y a pas nécessité de courir
13:58 avec les élites.
13:59 Il y a les marches par match et puis ça ne sert à rien de courir chez les élites.
14:03 C'est pour faire top 20 au championnat du monde, je pense qu'il vaut mieux courir avec
14:08 les Espoir et essayer de jouer la gagne.
14:10 Mais c'est sûr que le championnat du monde à Liévin en Espoir 2, c'est quelque chose
14:16 qui peut être vraiment intéressant pour moi.
14:18 Il y a les Europes l'année prochaine à Pontchâteau.
14:21 Après, ce sera peut-être un peu tôt.
14:24 Je ne sais pas encore si je pourrais être au départ.
14:27 Mais forcément, des grands championnats en France, ça ne se rate pas.
14:30 Et puis, il faudra être prêt pour bien batailler.
14:33 Sachant que Liévin, l'année dernière, c'était le championnat de France.
14:36 J'ai vraiment bien aimé le circuit, bien aimé l'organisation, tout ce qui était autour.
14:41 J'ai hâte d'être aux championnats du monde en 2025.
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