- il y a 3 ans
Avec Bertrand Scholler, ingénieur et géophysicien blogueur et Jean-Rémi Meneau, chef de mission adjoint pour SOS Chrétiens d’orient , il est à Alep et a vécu le séisme.
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##LE_FAIT_DU_JOUR-2023-02-07##
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NewsTranscription
00:00 Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:03 Le fait du jour.
00:04 Bilan provisoire, eh bien, 3419 morts en Turquie,
00:09 un millier plus en Syrie,
00:12 le séisme le plus meurtrier dit-on depuis 1999,
00:16 quand il y avait eu une violente secousse,
00:18 avait dévasté la partie orientale de la mer de Marmara.
00:21 Alors on va en parler, on va en parler d'abord avec quelqu'un qui est sur place,
00:25 qui est sur place en Syrie, à Alep.
00:27 Jean-Rémi Ménaud, bonjour.
00:29 Bonjour.
00:30 Bonjour André Bercov.
00:32 Bonjour, vous êtes chef de mission adjoint pour SOS Chrétien d'Orient,
00:36 vous êtes à Alep, alors dites-moi ce qui s'est passé,
00:39 ce que vous avez vécu depuis hier.
00:42 Ben écoutez, dans la nuit de dimanche à lundi à 4h17 du matin,
00:47 comme vous l'avez précisé,
00:49 on a été réveillé par des très grosses secousses.
00:52 Moi j'étais chez moi avec ma femme et ma fille,
00:55 on a été réveillé, on a sauté du lit,
00:58 on a frappé la petite et on a été se cacher sous la table à manger dans le salon
01:02 pendant toute la durée de la secousse qui a duré plus d'une minute,
01:06 ça paraissait très long.
01:08 Moi je n'avais jamais vécu de tremblement de terre avant
01:11 et je pensais que ça durait 20-25 secondes en général,
01:13 mais là c'est vrai que ça m'a paru très long.
01:15 Une minute ?
01:16 Oui.
01:17 Et du coup en fait c'est vraiment impressionnant
01:21 parce qu'il n'y a aucun bruit, juste le bruit de la terre qui gronde
01:24 et c'est très impressionnant jusqu'à ce que ça s'arrête.
01:28 On a alors entendu tous les voisins qui descendaient les escaliers
01:31 pour aller se réfugier dans la rue,
01:33 donc on a été faire la même chose.
01:35 Et du coup on a passé plusieurs heures dans la rue, dans le froid,
01:38 évidemment parce que c'était en plein hiver, avec la pluie qui tombait,
01:41 donc c'était vraiment des conditions qui n'étaient pas du tout idéales,
01:43 parce que tous les gens qui étaient par centaines sur les trottoirs
01:46 avaient peur de retourner dans leur bâtiment par peur d'un effondrement.
01:50 C'était vraiment une situation terrible à vivre.
01:53 Et il y a eu des effondrements proches de chez vous, ou pas,
01:58 où les immeubles sont restés, on espère sur place, enfin restés debout,
02:03 ou il y a eu des effondrements à Alep ?
02:06 Il y a eu plusieurs dizaines de bâtiments qui se sont effondrés à Alep.
02:09 Ce qu'il faut noter c'est que la ville sort déjà d'une guerre civile
02:13 de plus de dix ans, et donc les bâtiments ont déjà été abîmés
02:17 par les différentes explosions, par les différents bombardements qu'il y a eu.
02:20 Donc ils ont déjà été fragilisés, et maintenant le tremblement de terre en plus
02:23 a fait que certains bâtiments ne pouvaient plus tenir le coup et ont cédé.
02:27 Donc il y a eu plusieurs dizaines de bâtiments qui se sont effondrés à Alep,
02:30 ce qui a causé évidemment plusieurs centaines de morts.
02:32 Oui, c'est terrible, c'est terrifiant.
02:35 Et on ne sait pas, qu'est-ce qu'on dit là-bas ?
02:38 Ça peut se renouveler, on a peur que ça continue ou que ça revienne ?
02:43 Quel est le sentiment de la population et des responsables chez vous ?
02:49 Ben écoutez, c'est vrai qu'en fait il y a eu celui de 4h17 du matin,
02:53 mais ensuite dans la matinée il y en a eu un deuxième de 7,5 sur l'échelle du Richter
02:58 qui a continué du coup de se couvrir.
03:00 Oui, on entend, là on a plus, on s'est interrompu avec Jean-Rémi Ménot,
03:06 mais déjà alors Bertrand Schoeller, vous êtes ingénieur, vous êtes géophysicien,
03:11 Ah oui, on a à nouveau Jean-Rémi Ménot, on ne vous entendait plus.
03:15 Allez-y, on vous écoute Jean-Rémi Ménot.
03:17 Oui, je disais que du coup ça a reproduit, tout au long de la journée il y a eu des répliques dans la ville
03:22 qui ont été ressenties par la population, et donc tous les gens sont restés
03:27 soit sur le bord de la route, sur les trottoirs pour éviter de rentrer chez eux,
03:30 ou alors ils ont rejoint des centres d'accueil qui allaient les accueillir pour la nuit.
03:33 Oui, c'est très très dur, c'est assez terrifiant il faut le dire.
03:38 Dites-moi qu'est-ce qu'on peut faire ? Est-ce que l'aide est en train d'arriver ?
03:41 Est-ce qu'il y a déjà des réactions ?
03:43 Vous-même, je sais qu'à SOS Chrétien d'Orient, vous êtes à l'action et vous êtes sur le Kivi,
03:49 mais qu'est-ce qu'on peut faire ici ? On peut envoyer des dons, on peut faire quoi ?
03:54 Oui, totalement. Alors nous, à SOS Chrétien d'Orient, on est l'une des seules associations françaises présentes à Alep,
04:01 et donc pour nous c'est très important que la France soit quand même représentée,
04:04 vu l'histoire qu'elle partage avec la Syrie.
04:06 Et donc nous on met en place du coup, aujourd'hui on fait des évaluations pour mettre en place l'aide d'urgence
04:12 qui va arriver très rapidement à la population, à court terme et ensuite à moyen terme,
04:16 les rénovations des bâtiments pour que les personnes puissent revenir chez eux et retrouver une qualité de vie normale.
04:22 Pour nous aider, vous pouvez faire un don sur soschrétiendorient.fr
04:26 ou alors envoyer un chèque à nos bureaux au 10 rue du Dôme à Boulogne-Billancourt.
04:31 Tous les dons, du plus petit au plus grand, serviront à aider la population
04:35 et nous aideront grandement dans la mise en place de nos actions.
04:38 - Après, ce dont on a peur, c'est que l'aide internationale n'aille qu'à la Turquie,
04:44 parce que c'est ce qu'on note pour l'instant, c'est vrai que tout le monde dit qu'il faut aider la Syrie et la Turquie,
04:49 mais aujourd'hui on entend vraiment que tous les gouvernements du monde entier apportent leur aide à la Turquie
04:56 et très très peu à la Syrie, quand on compare le nombre d'aides qui sont arrivées à la Turquie et à la Syrie,
05:00 c'est le jour et la nuit.
05:02 - Oui, il ne faut pas oublier la Syrie, il ne faut pas tenir compte,
05:05 là ce n'est pas la politique qui est en jeu, ce sont les vies humaines et ça n'a rien à voir.
05:10 Juste un mot, Jean-Rémi Ménaud, est-ce que autour de vous, encore une fois je vous ai posé la question,
05:15 les gens vont rester un peu dans la rue pour le moment,
05:18 ils ont toujours peur que ça se renouvelle d'ici quelques heures,
05:22 on n'espère pas bien sûr, on prie que pas, mais est-ce que les gens sont toujours sous le choc ?
05:29 - Oui, les gens sont toujours sous le choc, ça c'est sûr.
05:33 Certains sont ce matin sortis des centres d'accueil temporairement pour aller vérifier leur maison,
05:39 pour voir dans quel état elle était exactement,
05:41 certains n'ont même pas fait cet effort parce qu'ils savent que leur maison est détruite
05:45 et que de toute manière ils ne peuvent pas revenir à court terme dedans.
05:48 Mais la population aujourd'hui, oui, l'atmosphère est pesante à Alep,
05:52 les gens ne parlent pas, ils se baladent dans la rue,
05:56 ils regardent la destruction avec un regard désespéré,
05:59 ils se disent que ce n'est pas possible qu'une nouvelle crise leur arrive dessus
06:03 après la guerre civile, après la crise économique qu'ils vivent actuellement,
06:07 qu'en plus un tremblement de terre vienne affecter leur vie une fois de plus,
06:12 c'est plus la goutte d'eau qui fait déborder le vase,
06:14 la goutte d'eau est arrivée il y a des années et là le vase déborde complètement.
06:18 - Oui, on comprend que ce soit qui soit désespéré après, comme vous dites, 10 ans de guerre.
06:23 Merci Jean-Rémi Ménaud, et puis voilà,
06:25 les auditeurs de Sud Radio, vous le savez, les Français, les dons, eh bien,
06:28 il faut agir, il faut agir pour sauver, pour reconstruire,
06:32 et je pense que beaucoup le feront.
06:34 Merci.
06:36 Bertrand Schoeller, alors, expliquez-nous ce qui se passe,
06:39 voilà, de temps en temps, effectivement,
06:41 on ne sait pas où, on ne sait pas quoi,
06:43 enfin, on sait qu'il y a évidemment des endroits où la terre
06:46 est beaucoup plus apte à trembler que d'autres,
06:49 mais expliquez-nous, voilà,
06:51 Turquie, Syrie,
06:53 qu'est-ce qui se passe et pourquoi, est-ce qu'on peut comprendre ça ?
06:58 - Alors, tout à l'heure, en fait, vous parliez de ce tremblement de terre en 99, en fait,
07:04 - À Marmara, oui. - dans cette région également.
07:06 - Dans cette région, oui. - Donc on est sur une région où deux plaques,
07:09 deux plaques continentales se touchent,
07:11 et ce sont les régions où il y a le plus de risques
07:14 d'explosions sismiques fortes.
07:17 Alors déjà, pour parler de cette explosion récente,
07:22 - Celle d'aujourd'hui. - elle a eu lieu à plus de 20 km sous terre.
07:27 - Plus de 20 km sous terre. - Donc il faut savoir, ce n'est pas quelque chose
07:29 qui est en surface ou proche de la surface.
07:31 Le ressenti, en fait, de 7,7 sur l'échelle de Richter
07:35 est en surface, en fait, c'est une mesure sismique,
07:38 mais ça donne une idée de la puissance du choc, en fait,
07:41 pour qu'elle se propage aussi fortement à 20 km sous terre
07:45 et à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde,
07:47 puisqu'en fait, plus l'explosion sismique est forte,
07:51 et j'utilise vraiment le terme "explosion", on va en venir là-dessus,
07:55 est forte, plus, en fait, elle se propage à distance,
07:59 puisqu'en fait, la terre, c'est quelque chose de rigide,
08:02 et donc, dans un corps rigide, en fait, une explosion se propage loin.
08:07 Et d'ailleurs, c'est tous les principes de la géophysique
08:10 pour avoir une image du sol. - Et là, ça s'est propagé
08:12 sur plusieurs dizaines de kilomètres. - Et c'est pour ça qu'on fait à Alep.
08:16 Ils ont également subi le premier séisme,
08:20 ont subi le second, et tout ce qui s'en suit, en fait,
08:25 tout ce qu'on appelle les répliques.
08:27 Alors, on dit "on ne peut pas prévoir".
08:30 Alors si, on peut prévoir parce qu'on sait les zones sur terre
08:34 où ce risque est important.
08:36 Et depuis qu'on a exploré les fonds marins,
08:38 on sait beaucoup mieux le mécanisme, en fait.
08:40 C'est des mécanismes qui ont été décrits par Wegener,
08:44 et qui ensuite ont été beaucoup mieux compris dans les années 60,
08:47 et qui s'appellent la tectonique des plaques.
08:49 Et donc la tectonique des plaques,
08:51 tu as dit que, finalement, en surface de la Terre,
08:54 il y a quelque chose qui s'appelle la lithosphère,
08:56 et qui fait quelques dizaines,
08:58 ou jusqu'à quelques centaines de kilomètres d'épaisseur,
09:02 qui est très rigide.
09:03 Donc il faut imaginer... - On va dire à la surface de la terre.
09:06 - À la surface de la Terre. - Oui, c'est ça.
09:07 - Exactement. C'est comme une plaque, en fait.
09:10 Sous cette plaque, il y en a une autre qui s'appelle l'asténosphère,
09:14 qu'on trouve plus dans les fonds marins,
09:16 qui est un peu moins dense, un peu moins rigide.
09:20 Et elle bouge les unes sur les autres.
09:22 En plus, il y a un contraste d'humidité,
09:24 et donc c'est une vraie spécificité de la Terre,
09:27 et qui va permettre, en fait, ces mouvements.
09:29 Et en dessous, vous avez la mésosphère.
09:32 Donc tout ça, ça permet de créer des champs magnétiques,
09:37 des mouvements, etc. - Et ça bouge, tout ça.
09:39 - Et ça bouge. Et c'est une vraie spécificité de la Terre,
09:41 puisqu'en fait, on a ça nulle part ailleurs,
09:44 dans les planètes connues.
09:45 - A notre connaissance d'aujourd'hui, c'est ça.
09:47 - Exactement. Mais c'est lié à l'existence de la Lune,
09:50 qui a un impact sur les marées, c'est lié à l'expérience du magma,
09:54 en fait, dans la croûte terrestre, aux volcans, etc.
09:56 Et c'est tout ce qui permet la vie sur Terre.
09:58 C'est ce qui permet le pétrole ou le gaz, par exemple.
10:00 - Oui, c'est ça, il ne faut pas oublier que voilà, il y a aussi ça,
10:02 c'est les défauts des qualités, hélas, les qualités des défauts.
10:05 Mais Bertrand Schoeller, vous avez dit un peu plus tôt
10:08 qu'on ne peut pas prévoir, enfin, on voit un peu les lieux.
10:12 Alors justement, vous allez dire les lieux qui sont peut-être plus aptes,
10:16 hélas, à recevoir cela, mais on ne peut pas prévoir quand ?
10:21 - Alors si, on peut prévoir, quelques jours à l'avance, on a des signes.
10:26 Vous savez, c'est comme dans un immeuble.
10:28 Si l'immeuble s'apprête à s'effondrer, ce n'est pas instantané.
10:32 On a des signes, il y a des craquements, des petits signes, etc.
10:36 C'est pareil en sismologie.
10:37 Donc il y a, dans toutes ces régions-là, des observatoires,
10:42 des personnes qui travaillent à l'échelle mondiale et qui essaient d'anticiper.
10:46 C'est ce qu'on avait vu également en Thaïlande.
10:49 - Oui, mais pardon, je joue le huron, mais enfin, je le suis d'ailleurs.
10:54 Mais regardez, par exemple, en 99, donc il y a un peu plus de 30 ans,
10:57 il y a eu la partie orientale dévastée de la mer de Marbara,
11:00 donc un peu dans le même endroit.
11:02 Donc, comment il se fait que là, apparemment, rien ne prévoyait ce qui s'est passé hier matin ?
11:09 - Alors si, il y a des gens qui ont anticipé ça, depuis quelques jours,
11:12 qui ont dit "il y a un risque, il y a une probabilité non nulle
11:15 que dans cette zone, quelque chose se passe, parce qu'on a des indices".
11:20 Mais les indices, en fait, ne sont pas des preuves.
11:22 Et donc, quand vous êtes un chef d'État dans un pays,
11:25 vous n'allez pas dire, sur une zone de plusieurs centaines de kilomètres carrés,
11:29 "quittez vos maisons en plein hiver, dans une période d'orage,
11:34 il y a un risque sismique".
11:36 D'abord, les gens ne vont pas les prendre au sérieux,
11:38 et puis souvent, ces indices ne sont pas corroborés par des faits.
11:42 Mais il y a toujours des indices qui sont perçus,
11:46 et auxquels on prête plus ou moins d'attention.
11:49 Et on apprend, c'est une science, encore une fois, qui est nouvelle,
11:53 et donc on apprend de mieux en mieux à comprendre, en fait, ces mécanismes,
11:56 pour les anticiper. Mais on n'est pas parfait.
11:59 En revanche, ce qu'on sait anticiper, c'est que quand on est dans une zone sismique,
12:03 c'est comment mieux construire.
12:05 Et on a tous vu les images de ces maisons qui s'écroulent comme des fêtues de paille.
12:10 - Oui, parce que justement...
12:12 Mais est-ce que, par exemple, la Turquie a tenu compte de ce qui s'est passé en 1999 ?
12:19 Est-ce que les immeubles qui ont été construits, pour ne parler que de la Turquie,
12:22 ont été construits depuis, en fonction de ce risque, ou pas ?
12:26 - Mais c'est très compliqué, puisque la Turquie, les zones qui sont habitées,
12:30 sont extrêmement denses.
12:32 C'est pas forcément un pays qui a énormément de moyens.
12:36 Les constructions se font rapidement, on a un enjeu démographique,
12:41 on a un enjeu confort, les gens veulent avoir des appartements grands,
12:45 spacieux, modernes, équipés. Le métal coûte cher.
12:48 Or, pour ce type de structure, il faudrait plus de métal,
12:52 donc il faut qu'elle soit flexible.
12:54 Une structure en béton, elle est pas flexible.
12:56 Une structure en béton armée, elle est plus flexible.
12:59 Et ces immeubles qui se sont écroulés, ils étaient construits
13:02 sans anticiper ce risque sismique.
13:05 Mais c'est pareil à bien des endroits.
13:07 Des failles sismiques, il y en a également en France.
13:11 Toute la vallée du Rhin est une zone sismique à risque.
13:16 La Méditerranée est une zone sismique à risque.
13:19 - Et ne parlons pas de la Californie.
13:21 - La Californie, c'est là où Yellowstone,
13:24 c'est l'endroit le plus inquiétant, la surface de la Terre.
13:26 - Mais justement, vous dites "quand est-ce qu'on se reviendra",
13:28 on ne peut pas savoir ça, Bertrand Schoeller.
13:30 - Impossible. On sait que ça va arriver.
13:32 Ça c'est une certitude.
13:33 - Mais ça peut être dans 50 ans, dans 100 ans, dans 10 ans.
13:36 - Il faut savoir que la Terre existe depuis 4 ou 5 milliards d'années,
13:39 la technologie des plaques, elle existe depuis 3 milliards d'années.
13:43 Donc la Terre telle qu'elle a existé,
13:46 elle a changé considérablement bien des fois.
13:49 Et c'est ce qui permet de comprendre, à l'intérieur des plaques,
13:53 pourquoi il y a eu également d'importants mouvements.
13:56 C'est-à-dire qu'on comprend les mouvements par rapport aux plaques
13:58 telles qu'elles existent aujourd'hui,
14:00 mais pour comprendre les mouvements en fait,
14:03 à quoi ressemble la Terre aujourd'hui à l'intérieur des plaques,
14:07 il faut remonter très très loin en arrière.
14:10 En fait la Terre c'est un miracle, comme le corps humain.
14:13 Et donc il faut l'écouter,
14:15 il faut être attentif à ce qu'elle nous dit,
14:17 à la manière avec laquelle elle nous prévient, les effets,
14:20 et il faut arrêter d'essayer de jouer comme un dieu avec elle.
14:23 Il y a beaucoup de gens, sachant que je venais à cette émission,
14:27 qui m'ont dit "mais parle de ces armes incroyables
14:30 qui permettraient de faire des tremblements de Terre à distance".
14:34 Oui c'est vrai.
14:35 Ça fait partie des projets dans plein de pays.
14:38 Mais je peux vous dire que ce n'est pas vrai cette fois-ci,
14:41 et pas du tout à cette échelle.
14:43 Pour faire un tremblement de Terre de cette taille-là,
14:46 avec les répliques qu'il a,
14:48 à 20 km de profondeur,
14:50 c'est totalement impossible.
14:52 Il ne faut pas tout de suite entrer dans les complots internationaux.
14:54 Ça pour le coup, c'est vrai que ça permet.
14:57 Il y a un paradoxe extraordinaire dans ce qu'on constate là,
15:01 et ce que vous dites Bertrand Schoeller,
15:04 c'est que vous voyez du matin au soir,
15:06 avec raison, depuis des années, des décennies,
15:08 on dit "protéger la Terre".
15:10 Il faut faire attention à notre Gaïa,
15:13 notre Terre-mère, M-E-R-E bien sûr, etc.
15:17 On entend ça illégitimement.
15:21 Mais en même temps, la Terre elle-même, quand elle se réveille,
15:24 elle est rude.
15:26 Elle peut être très cruelle, disons-le.
15:30 - Oui, la Terre peut être cruelle.
15:32 Vous savez, même à l'échelle des avalanches,
15:35 elle continue à tuer, même en 2023.
15:38 Le froid tue, le chaud tue,
15:40 et évidemment les volcans, etc. tuent.
15:43 Et le soleil également.
15:45 Le soleil a un rôle considérable,
15:47 puisqu'on parle de réchauffement climatique,
15:49 c'est intéressant de se poser la question
15:51 sur le rôle du soleil, le rôle des planètes.
15:54 - Le soleil joue un rôle aussi dans ces manifestations sismiques ?
15:58 - Le soleil joue un rôle, oui.
16:00 En fait, on comprend un peu,
16:04 il y a des choses qui ont à voir avec le magnétisme,
16:07 avec tout ce qui se passe à l'intérieur de l'écorce,
16:10 ces mouvements, la rotation de la Terre,
16:12 la rotation du magma, etc.
16:14 Et évidemment, le soleil, avec les éruptions importantes
16:18 et sa position par rapport à la Terre,
16:20 a un rôle considérable.
16:22 Il faut savoir que la Terre ne tourne pas en cercle autour du soleil,
16:26 elle a une trajectoire elliptique,
16:28 comme toutes les planètes du système solaire.
16:30 Et donc il y a des cycles, des périodes
16:32 dans lesquelles on est plus proche du soleil,
16:34 mais également plus proche d'autres grosses planètes
16:36 qui ont une influence.
16:38 En fait, tout ça, on le découvre petit à petit.
16:41 Quelqu'un évoquait tout à l'heure l'intelligence artificielle
16:43 dans une émission précédente.
16:45 Même avec les calculateurs les plus puissants,
16:47 on est très très loin de comprendre le miracle
16:49 de la vie sur Terre et de la Terre.
16:51 - Donc, ce que vous dites,
16:53 vous, enfin, encore une fois,
16:55 tout le monde prie pour que,
16:57 et espère que ça va s'arrêter,
16:59 c'est quelque chose qui peut continuer
17:01 ici, ailleurs,
17:03 demain, après-demain, ou un décennie.
17:05 C'est-à-dire que nous devons vivre
17:07 avec ces menaces
17:09 et ces réels
17:11 tremblements de Terre.
17:13 - Exactement. - Ils ne vont pas disparaître.
17:15 - On doit vivre avec la vie,
17:17 on ne peut pas corriger
17:19 quelque chose qui a été fait
17:21 et qui nous dépasse complètement.
17:23 On essaie aujourd'hui
17:25 de corriger l'intérieur de l'être humain.
17:27 On se prend pour un dieu.
17:29 On ne veut pas accepter qu'il y ait des dangers.
17:31 La vie, il n'y a qu'une seule certitude
17:33 qui va avec la vie, c'est la mort.
17:35 Il faut l'accepter.
17:37 La vie est un danger quotidien.
17:39 Et donc, la nature...
17:41 - Un plein de nature risque.
17:43 Ce n'est pas pour ça, regardez, un médecin et un science,
17:45 on a travaillé avec beaucoup de succès pour
17:47 diminuer les risques, justement,
17:49 que ce soit l'espérance de vie ou ailleurs.
17:51 Donc, est-ce que la Terre, on ne peut pas aussi
17:53 faire en sorte, en tout cas, de diminuer
17:55 les risques de ce qui se passe
17:57 aujourd'hui en Turquie ou en Syrie ?
17:59 - Mais c'est intéressant ce que vous dites, André.
18:01 Les oiseaux et les animaux, bien avant
18:03 le tremblement de Terre, ils réagissent.
18:05 C'est-à-dire, si vous demandez à la même personne
18:07 et qu'elle a un chien, elle va vous dire
18:09 "mon chien a aboyé".
18:11 Les oiseaux se sont mis à voler différemment
18:13 dans le ciel. En fait, la nature
18:15 anticipe ces choses-là, parce qu'elle a
18:17 un sixième sens, elle est en contact.
18:19 Et poser la question,
18:21 vous allez voir, ce sont des
18:23 vrais baromètres de ce qui se passe.
18:25 Ils ont cette capacité
18:27 à s'intéresser à ça
18:29 comme un schismographe.
18:31 - Regardez les animaux, regardez tout ce qui
18:33 bouge. - Exactement. - Ce sont des lanceurs
18:35 d'alerte. - Ce sont des lanceurs d'alerte.
18:37 La nature est un vrai lanceur d'alerte.
18:39 - Pour le meilleur et pour le pire,
18:41 enfin, des deux côtés.
18:43 Non, mais ce que vous dites, ce qui est form...
18:45 c'est qu'il ne faut pas non plus idéaliser
18:47 la Terre contre l'homme
18:49 et pas idéaliser l'homme contre la Terre.
18:51 Il y a, voilà, il y a cette interaction.
18:53 - C'est un écosystème.
18:55 Souvent, on parle d'écosystème en disant
18:57 les plantes, en disant
18:59 les animaux,
19:01 le règne animal,
19:03 en parlant de climat, etc.
19:05 Mais l'écosystème, il est global.
19:07 On n'habite pas au sommet d'un volcan.
19:09 Si on habite sur une zone sismique,
19:11 on y habite différemment.
19:13 Vous savez, le Japon, c'est un pays
19:15 fascinant. Pourquoi la culture japonaise
19:17 c'est la culture zen ?
19:19 Eh bien, la culture zen,
19:21 c'est parce qu'ils ont peu de choses, parce qu'ils savent
19:23 que tout est fragile. Le Japon,
19:25 c'est le pays le plus sismique au monde.
19:27 Ils font des constructions en bois,
19:29 des constructions souples qui ont résisté
19:31 à des centaines d'années, parce qu'ils
19:33 savent que c'est fragile. Mais à l'intérieur
19:35 de ces constructions, il n'y a pas
19:37 de superflu. On doit pouvoir
19:39 partir vite, sans
19:41 être attaché à autre
19:43 chose, parce que sinon, on vit
19:45 très mal les moments de
19:47 catastrophe. On a oublié ça,
19:49 en fait. On a oublié
19:51 que... - On a oublié,
19:53 c'est très intéressant,
19:55 Raymond Haron disait à propos du Giscard d'Estaing,
19:57 mais ça s'applique à tout le monde,
19:59 il a oublié que
20:01 l'histoire était tragique, mais il a
20:03 oublié que la Terre peut être tragique
20:05 aussi. Et c'est ça, le
20:07 formidable paradoxe de notre
20:09 existence.
20:11 - Mais vous savez, l'ombre,
20:13 c'est l'absence de lumière.
20:15 - Eh bien, la vie,
20:17 elle n'existe pas, et
20:19 elle n'aurait rien
20:21 d'intéressant sans
20:23 tous les défauts qui vont avec.
20:25 Vos défauts sont
20:27 votre beauté, André.
20:29 - Écoutez, arrêtez de me complimenter comme ça,
20:31 je vais rougir. - Vous avez beaucoup souffert
20:33 récemment, on a essayé de vous faire souffrir,
20:35 vous êtes bien battu André, on était fier
20:37 de vous. - Merci Bertrand
20:39 Schwerer, et merci de vos éclaircissements,
20:41 et voilà, on espère en tout cas,
20:43 non seulement que vous étiez,
20:45 que ce soit la Turquie ou la Syrie,
20:47 les habitants, surtout, à se remettre
20:49 sur pied, parce que c'est terrible ce qui arrive,
20:51 et puis voilà, il faut
20:53 toujours expliquer, et expliquer,
20:55 décrypter, merci de l'avoir fait Bertrand Schwerer.