Entends, entends mon frère
Chaque parcelle qui se déchire
Entends les bulldozers
Qui viennent tout détruire
Entends la voix de Jonathan
Pleurer dans le tumulte
Regarde le serrer les dents
Et retenir les insultes
Vois ces centaines d'avenues
Ces autoroutes sans limites
Plus de sentiers tout-distordus
Et d'herbes folles qui s'agitent
Plus de conteurs d'histoires
Et de tireuses d'eau
De cafetiers bavards
De charrettes, de chevaux
De flanelle et de lin
De belles lavandières
De senteurs de foin
Sur nos douces chaumières
Vois ces maisons toutes en carton
Sans nulle intimité
Où l'on vit sans raison
Sans aucune gaité
Vas, vas t'en mon frère
Vas t'en défendre notre terre
Vas, vas t'en mon frère
Avant que les oiseaux de proie
Ne rodent au dessus de chez toi
N'entends tu pas que se lèvent les vents de la colère
Les dernières personnes à parler le patois
Se font montrer du doigt
Vois,
Vois sur nos plaines voisines
Des tours de glace monter plus haut que nos collines
Et faire insulte à nos maisons de pierres
Défiant les derniers compagnons-bâtisseurs de naguère
Vas,
Vas t'en mon frère,
Jonathan a quitté notre terre
Il s'est éteint hier soir
...
Parleront-ils de lui dans leurs livres d'histoire ?
Commentaires