00:00 Bonjour, je m'appelle Julie Meunier, je suis la fondatrice des frangines, j'ai 33 ans et à 27 ans j'ai été touchée par un cancer du sein.
00:07 Cette année-là, je suis allée voir mon gynécologue et il m'a touché les seins.
00:16 Il m'a fait une palpation des seins et il a senti un petit kyste.
00:21 Il ne s'est pas inquiété du tout, il m'a dit "vous avez un petit kyste"
00:25 donc en partant j'ai essayé de toucher, chercher où est-ce qu'il était le kyste et je n'ai pas trouvé.
00:30 Je me suis dit "qu'est-ce qui lui a pris au gynécologue ? Je ne sais pas qui, je ne sais pas ce qu'il a senti mais ce n'était pas ça".
00:35 Et en fait, quelques semaines après, en mettant mon soutien-gorge, il y a quelque chose qui m'a gênée.
00:40 J'ai retiré mon soutien-gorge, j'ai dit "tiens, c'est quoi qui me gêne ?"
00:43 Et là j'ai senti une grosse boule.
00:46 Et là je me suis dit "ah mais c'est le fameux kyste ? Ah mais il est costaud en fait le kyste !"
00:52 Et donc j'en ai parlé à ma maman, quand je suis rentrée chez moi, elle m'a appelée tous les jours
00:57 jusqu'à ce que je lui dise "oui j'ai repris rendez-vous chez le docteur".
01:00 Et en fait je n'en pouvais plus qu'elle m'appelle pour ça.
01:03 Donc j'ai fini bien 10 jours après par recontacter mon gynécologue.
01:09 Et c'est vrai que souvent je dis "ma maman elle m'a donné la vie et elle m'a sauvé la vie à ce moment-là"
01:14 parce que j'étais à des années-lumière de me dire qu'en fait cette boule qui avait grossi, c'était un cancer.
01:21 Et donc c'était vraiment le début d'un parcours compliqué on va dire en termes de ma santé.
01:28 J'allais me battre pour vivre.
01:29 Et aussi en termes de comment j'allais vivre cette parenthèse désenchantée dans ma vie.
01:34 J'avais 27 ans et il fallait que je me réapproprie toute mon identité de la tête aux pieds.
01:41 En plus du reste.
01:42 Et donc j'ai commencé très rapidement les traitements.
01:44 Un mois après qu'on m'ait annoncé mon cancer, j'ai fait ma première chimio.
01:48 Et mes cheveux sont tombés 15 jours après ma première chimio, le jour de mon anniversaire.
01:53 Là il fallait que je me réapproprie une identité qui allait me suivre
01:58 et que j'allais surtout accepter pendant toute la période du cancer qui était donc fixée à 16 mois.
02:07 Et je savais pas si ça allait être plus long ou pas.
02:08 Mais en tout cas je me suis dit "ok ça va être quand même 16 mois c'est long".
02:12 Donc il va vraiment falloir que je me réapproprie une image qui me plaît au quotidien
02:17 pour que je puisse me sentir bien dans ma peau.
02:21 Juste bien dans ma peau et ok avec l'image que je vais renvoyer aux autres.
02:26 En fait la maladie je l'avais pas choisie.
02:28 Et j'avais envie de retrouver le choix de l'image que j'allais avoir.
02:34 Surtout quand on est en traitement anticancéreux où on a ce fameux teint qui est laiteux
02:37 et qu'on a le vis de laité un peu tiré, qu'on est fatigué.
02:41 Ça peut vite faire malade.
02:43 Et je voulais pas du tout ça.
02:45 Moi j'étais en mode guerrière, j'étais en train de me battre pour ma vie.
02:47 Je voulais pas que même si les gens c'est de la bienveillance,
02:51 je voulais pas qu'on me regarde avec compassion en disant "oh là là elle est jeune et elle a un cancer la pauvre".
02:56 Moi j'étais Xena à ce moment-là, j'étais pas la pauvre.
02:59 Donc du coup je voulais pas que ça se remarque.
03:03 Donc je nouais des turbans et dessous en fait je m'étais inventé un système de phosphrange
03:07 pour qu'elle tienne sur ma tête qui n'avait plus de cheveux.
03:10 Et par-dessus je venais nouer plein de turbans, mettre des bonnets et tout.
03:13 Et j'avais tout le temps des compliments dans la rue sur mon style.
03:17 En fait, grâce à ce petit système tout simple, personne n'y avait pensé donc j'avais pu le breveter.
03:23 J'ai réussi à me réapproprier une identité qui me plaisait.
03:26 Et je sortais la tête haute et alors avec des nœuds plus gros les uns que les autres de jour en jour.
03:33 Parce que je me disais de toute façon, si on remarque que j'ai un cancer, on va me regarder.
03:38 Donc autant qu'on me regarde parce que j'ai du style.
03:41 Et c'était plutôt une expérience assez incroyable parce que bizarrement,
03:48 de me retrouver chauve, d'avoir eu ce cancer, ça m'a levé plein de barrières.
03:52 Ça m'a complètement désinhibée sur plein de choses.
03:55 Que ce soit au niveau du style, que ce soit au niveau de ma personne,
03:58 que ce soit au niveau de ce que je pense.
04:02 Voilà, j'ai plus de tabou et je peux parler de tout.
04:05 Mais je sais que rapidement, j'ai eu un instinct de survie en fait.
04:09 C'est vraiment ça, c'est l'instinct de survie.
04:11 Et l'être humain, il est assez incroyable pour ça.
04:13 C'est qu'il est capable de s'adapter à toutes les situations et même au pire.
04:18 Et c'est pour ça qu'il faut qu'il garde confiance.
04:19 Parce qu'on est vraiment capable de tout.
04:21 Tant qu'on est en vie, on est capable de tout.
04:23 Donc je suis rentrée dans l'essai clinique.
04:25 Et cet essai clinique, il a duré 16 mois.
04:27 J'ai eu 24 chimios, 2 opérations, 40 séances de radiothérapie et 5 ans d'hormonothérapie.
04:34 Là, je suis sur la fin de mon hormonothérapie
04:36 puisque ça fait 4 ans que je suis en rémission
04:38 et que l'année prochaine, je pourrai crier haut et fort "Peace and love"
04:42 parce que j'aurais fini le combat contre ce fichu cancer du sein.
04:46 Pour moi, le cancer, c'est quelque chose dont il faut être conscient.
04:50 Et c'est une prévention qui doit être faite annuellement.
04:53 Les ligues, elles le font.
04:54 Annuellement, elles font régulièrement des campagnes de prévention
04:58 dans les espaces ligues des départements et des régions.
05:01 Mais en fait, c'est vrai que parler du cancer du sein, notamment qu'en octobre,
05:05 c'est dommage parce que le cancer du sein, c'est toute l'année.
05:09 Ça n'a pas de frontières, ça n'a pas de saisonnalité, ça n'a pas de sexe.
05:13 Encore une fois, les hommes aussi peuvent être concernés.
05:15 Quand JHD m'a contactée pour être la muse de cette année,
05:20 déjà, j'ai été hyper honorée parce que je connaissais cet engagement
05:23 et je me suis dit "Bah, carrément oui !"
05:26 Mais en plus, quand j'ai discuté avec eux et que j'aurai exprimé
05:30 tout ce que je viens d'expliquer sur le fait que le cancer,
05:33 c'est bien d'en parler aussi à un autre moment qu'en octobre
05:36 et qu'ils étaient complètement partants,
05:37 je me suis dit "On est clairement sur la même longueur d'onde."
05:40 Donc je serai plus que ravie d'être la muse de la campagne pink de cette année.
05:46 Le geste de l'autopalpation, ça peut être un geste, effectivement, il n'est pas inné.
05:49 Ça peut être un geste qui dérange, qu'on n'a pas forcément envie de faire.
05:53 Il y a plein de femmes qui ne sont pas à l'aise
05:55 à devoir pratiquer le geste de l'autopalpation
05:57 parce que déjà, elles ne le connaissent pas, elles ne savent pas comment le faire.
06:01 Elles ne savent pas où trouver l'information précise
06:05 pour pouvoir le faire correctement.
06:07 Elles pensent que c'est quelque chose de très compliqué.
06:11 Seulement, des fois, la prévention, elle passe rien que par le regard.
06:14 C'est-à-dire qu'on va se regarder les seins
06:16 et si on observe qu'il y a une modification de la poitrine,
06:20 il faut aller consulter.
06:21 Dans tous les cas, même si on pratique le geste de l'autopalpation
06:24 et qu'il y a un problème, il faut aller consulter.
06:27 Ça, c'est pas négociable.
06:29 Et après, le geste de l'autopalpation,
06:30 c'est pas quelque chose de sorcier.
06:33 Il ne faut pas l'intellectualiser non plus outre mesure.
06:38 Tout simplement, il suffit de checker des endroits qui sont clés.
06:41 Il va y avoir sous les bras,
06:43 il va y avoir les clavicules à ce niveau-là,
06:45 parce qu'on ne le sait pas, mais à ce niveau-là, il y a des ganglions.
06:48 Il y a des ganglions aussi par ici, au niveau du sternum,
06:51 sous les bras comme je disais tout à l'heure.
06:52 Et ensuite, il faut faire le tour en partant du mamelon
06:56 et faire le tour de sa poitrine en faisant un escargot.
06:58 Et en appuyant bien.
06:59 Et le mieux, c'est de prendre son sein d'un côté avec sa main
07:03 et d'appuyer avec l'autre comme ça pour bien sentir.
07:06 Le geste, il n'est pas compliqué.
07:08 En fait, les femmes, elles passent à peu près 20 heures par mois à se coiffer.
07:13 Sur toutes ces femmes,
07:14 il n'y en a qu'une sur deux qui pratiquent le geste de l'autopalpation.
07:17 Et c'est vraiment très, très peu.
07:19 Donc, c'est pour ça que le simple petit mot
07:23 qu'il y a sur les produits de la marque GHD,
07:26 c'est un moyen mnémotechnique de se dire
07:28 "Ah bah tiens, ce mois-ci, j'ai pas pratiqué mon geste d'autopalpation".
07:31 Et voilà.
07:33 Et là, c'est parfait.
07:35 On peut prendre soin de sa santé, reprendre le contrôle
07:37 et continuer à voir loin dans l'avenir.
07:39 J'ai eu beaucoup de chance aujourd'hui de pouvoir faire ce retour d'expérience
07:42 parce qu'on croit que cette phrase, elle est dédiée qu'au film,
07:46 que ça n'arrive qu'aux autres.
07:48 Ou que "Fais gaffe, tu peux traverser la route et te faire écraser".
07:51 Souvent, on le prend par-dessus la jambe, mais c'est la vérité.
07:54 Aujourd'hui, à chaque fin d'année, quand on me dit "Bonne année, bonne santé",
07:58 pour moi, ce n'est plus du tout des mots d'usage.
08:00 C'est quelque chose que je prends vraiment à cœur
08:01 parce que dans la vie, on a beau tout avoir,
08:04 si on n'a pas la santé, on n'a plus rien.
08:07 Donc s'il y a bien une chose dont il faut qu'on prenne soin, c'est sa santé.
08:11 Donc je suis contente de pouvoir avoir la parole aujourd'hui
08:15 afin de transmettre ce message.
08:17 C'est qu'en fait, il suffit de se regarder dans le miroir,
08:21 parfois, si on n'ose pas se toucher,
08:23 et de regarder ses seins parce qu'il peut y avoir juste une différence,
08:27 la peau qui change, la texture, le mamelon qui rentre,
08:31 une rougeur, quelque chose de juste bizarre qui va nous alerter.
08:35 Ou alors, comme moi, ça m'est arrivé en mettant son soutien-gorge
08:38 ou alors en se lavant sous la douche, sentir quelque chose d'anormal.
08:41 Et dans ces cas-là, il faut aller consulter.
08:44 Et si le médecin vous dit "Ça ne sert à rien que je vous touche les seins,
08:49 vous êtes trop jeune" ou quoi que ce soit,
08:51 si vous avez un doute, il faut enlever absolument ce doute et il faut insister.
08:56 Et si en insistant ça ne marche pas, il faut changer de médecin.
08:58 Mais voilà, il faut insister et la santé, c'est vraiment notre trésor le plus précieux.
09:06 C'est grâce à elle qu'on va réussir à avancer vers l'avenir,
09:09 c'est grâce à elle qu'on va durer le plus longtemps possible sur cette Terre.
09:13 Donc il faut en prendre soin et c'est en prenant le contrôle de sa santé
09:17 que tout ira bien et qu'on pourra être heureux surtout.
09:20 [Musique entraînante diminuant jusqu'au silence]