- il y a 10 ans
Echappées belles : Corse Stéphane nous emmène en Corse. La Corse nous dévoile ses parcs régionaux. La Corse c'est aussi, des montagnes, une mer, des ...
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00:18Bonjour, je suis ravi de vous retrouver pour un nouveau numéro d'Échappée Belle consacré aujourd'hui à la Corse.
00:23J'ai découvert cette île il y a une dizaine d'années, je l'avoue, j'en suis tout de
00:27suite tombé amoureux.
00:28Vous allez voir, il est difficile de rester insensible à ces paysages de mer ou de montagne et à la
00:33personnalité des Corses.
00:34Tous ceux que j'ai rencontrés m'ont fait partager la beauté et les plaisirs de leur île.
00:38C'est donc un peu le bonheur pour moi d'être une nouvelle fois ici et c'est depuis la
00:42citadelle de Bastia, construite par les Génois,
00:44que je vous propose de jeter un petit coup d'œil sur le programme de notre magazine.
00:48Notre premier reportage nous emmènera à Evisa où nous vivrons pendant 24 heures au rythme de ce petit village qui
00:54surplombe le golfe de Porto.
00:56L'île de beauté de son surnom, en partie, a son côté sauvage.
00:59Plus d'un tiers du territoire est un parc régional préservé.
01:02Nous découvrirons dans un deuxième document cette nature intacte.
01:06Nous nous envolerons également pour Kourou, en Guyane, rencontrer deux passionnés de la forêt amazonienne
01:11qui militent chacun à leur manière pour sa protection.
01:14C'est à Berlin que nous irons ensuite prendre quelques idées pour un week-end à passer près de chez
01:18nous.
01:18Une ville jeune, dynamique et en constante évolution depuis la chute du mur.
01:22Enfin, nous découvrirons le tout premier épisode de notre feuilleton consacré à la route de la soie.
01:28Le réalisateur Marc Mopti nous entraînera sur le chemin des caravanes d'Istanbul à Dogou Bayazita.
01:33Avec tout cela, comment ne pas passer la prochaine heure ensemble ?
01:36Je vous souhaite la bienvenue en Corse.
01:37Ici, on dit « Bienvenuti in Corsinka ».
01:49Lorsqu'il a découvrir, les Grecs l'appelèrent Calisté, la plus belle.
01:53De la vie générale, la Corse est l'une des plus belles îles de la Méditerranée,
01:56un lieu où certains prétendent même pouvoir découvrir les plus beaux paysages du monde.
02:01La Corse, c'est une montagne de la mer, avec des sommets granitiques, des lacs, des forêts de pins laricos,
02:07des torrents sauvages, un maquis impénétrable.
02:10C'est une île à trois étages, celui de la haute montagne, des bergers et des sentiers de grande randonnée.
02:16Celui des villages de moyenne montagne, exceptionnellement conservés.
02:20Et enfin, celui de la mer, avec ses villes citadelles, ses tours génoises et ses immenses plages,
02:25où même en pleine saison, on peut encore s'isoler.
02:28Car si la Corse accueille chaque année près de 2 millions de touristes,
02:32sa capacité à absorber les visiteurs est considérable.
02:35Ici, le caractère des paysages et des habitants se voit tout de suite.
02:39C'est une île où l'on se bat pour préserver ses traditions,
02:41où la langue écrite et parlée se transmet de génération en génération.
02:47En Corse, l'aventure est au coin de chaque sentier.
02:51Avec une seule règle, le sésame qui ouvre toutes les portes,
02:54pâté et saluté, paix et santé à tous.
02:57Et pourquoi pas ?
03:01Depuis la citadelle, j'avais une vue imprenable sur la mer et sur le port,
03:04où je vais d'ailleurs dans quelques instants,
03:06et qui est, on ne le sait pas toujours, le deuxième port de France,
03:09après qu'elle est pour le trafic de passagers.
03:11Sur le chemin, je ne manque pas de m'arrêter quelques instants,
03:14devant l'incontournable église Saint-Jean-Baptiste,
03:16au coin de la place de l'hôtel de ville,
03:18mais c'est du vieux port qu'elle est la plus impressionnante.
03:21D'ailleurs, j'aime bien passer du temps sur les quais des pêcheurs,
03:23on y rencontre souvent des gens qui vous racontent ce qu'on ne lit pas toujours
03:26dans les guides de voyage.
03:29On m'a dit que ce petit entrepôt était le dernier endroit sur les quais de Bastia
03:32où les anciens pêcheurs se retrouvaient pour parler, c'est vrai ?
03:35Oui, c'est vrai.
03:35Et pour casser la croûte.
03:37Ah oui, vous venez là aussi pour casser la croûte ?
03:38Oui, bien sûr.
03:40En attendant l'heure de l'apéritif.
03:42Alors c'est quelle heure, l'heure de l'apéritif ici ?
03:44On s'en récord.
03:46Bientôt, moi je m'en vais.
03:47Bientôt.
03:48Qu'est-ce qu'on se raconte tous les matins ici ?
03:50On parle un peu de tout, de football.
03:52De football.
03:54Beaucoup de bagagnes, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:55On se taquine un avec les autres.
03:57Mais on ne parle plus de pêche, c'est fini la pêche ?
03:59Presque plus.
04:00Parce qu'il n'y a plus de pêcheurs.
04:01On était 150 pêcheurs inscrits au syndicat.
04:05On n'en a plus, il y a trois chaluts, il y a deux langousties, un lamparo, c'est tout.
04:09Pour vous, c'est quoi le meilleur moment de l'année pour venir à Bastia ?
04:13Après, il fait beau temps, mais encore sans faire trop de chaleur.
04:17Et Visa, vous connaissez ?
04:18Oui.
04:19C'est là où nous allons maintenant, puisque le principe d'échapper belle, c'est d'alterner balade et reportage.
04:23Alors, le premier va nous faire découvrir ce petit village à travers quelques habitants
04:27qui vont nous initier à la vie insulaire, nous, voyageurs du continent, loin de l'agitation.
04:55Samedi soir, dans un village de montagne, autour du concours de belote.
05:00Ici, personne ne manquerait le rendez-vous.
05:15C'est la vraie ambiance du village.
05:32C'est ce qui se passe souvent le samedi soir, et même le soir après le travail.
05:38C'est nos moments de distraction, nos vrais moments de distraction.
05:45Surtout le moment où on s'enrichit aussi avec les anciens, même des histoires, du passé
05:50et de notre patrimoine.
05:52C'est très, très important.
06:12Le lendemain matin, c'est toujours plus difficile que les autres matins.
06:15et plus le temps passe et plus les matinées sont fraîches et noires.
06:21C'est toujours des petits soucis de savoir que les enfants partent le matin,
06:25réveillent le soir et passent un col de 1100 mètres.
06:30Ma fille, à ce soir.
06:50Suspendu entre deux cols sur le golfe de Porto, Evisa prend les couleurs de l'automne.
06:56Après la vague touristique, les habitants qui restent au village s'apprêtent à affronter
07:00l'hiver à la manière corse.
07:02Activités rurales, conversations politiques et soirées entre amis.
07:06Pour beaucoup, c'est aussi le temps des châtaignes, des champignons, de la charcuterie et de la chasse.
07:20Ils font des malins.
07:24Ce n'est pas des cochons qu'on élève en batterie sur le continent.
07:29La viande n'est pas la même, parce qu'ils vivent tout le temps en plein air.
07:32Et puis la nourriture, ils mangent de l'herbe, des châtaignes, des glands.
07:36Allez, venez, venez.
07:39Oui, je sais, un peu de côte d'eau.
07:45Evisa, c'est tout de même 140 habitants, deux épiceries, trois cafés, une poste, trois hôtels saisonniers
07:51et beaucoup de résidences secondaires.
07:53Souvent, les Corses de la diaspora ne connaissent à Evisa qu'une seule saison.
07:58Il n'y a rien pour nous, tout ça.
07:59Il ne faut pas qu'on vive orienté essentiellement sur la saison, comme s'il n'y en avait qu
08:04'une.
08:05Donc nous, habitants permanents du village, nous sommes reconnaissants aux gens qui essayent de maintenir un commerce,
08:12quel qu'il soit, ouvert ici, avec toutes les difficultés que cela comporte pour eux.
08:16Ciao José, à demain !
08:20Dans sa petite entreprise familiale, Françoise manipule chaque châtaigne avec la plus grande délicatesse.
08:26Depuis peu, Evisa a obtenu l'appellation contrôlée, une victoire pour ce petit pays.
08:31Les Corses apprécieraient que l'on parle davantage d'eux grâce à la qualité de leurs produits.
08:43Il y a eu du vent et il y en a beaucoup qui sont défaits.
08:48Tu vas te mettre au bout là-bas.
08:50On entend beaucoup de choses sur la Corse, surtout, mais bon, il y a quand même des gens qui travaillent,
08:55qui essayent de, malgré tout, dans les villages se dépeuplent.
08:58Il y a de moins en moins de monde, alors bon, il faut essayer justement,
09:01en mettant en valeur les produits agricoles, que ce soit la châtaigne, l'oliveret, tout ça,
09:05c'est des produits qui, avant, avaient une très bonne renommée, qui sont de très bonne qualité.
09:12En temps de guerre, heureusement qu'il y a eu des châtaignes.
09:18Ils faisaient des châtaignes bouillies, avec la farine, ils faisaient de la poule inde,
09:22ils faisaient des gâteaux, enfin...
09:25Maintenant, on a un petit peu évolué, tout ça.
09:43Dimanche matin, les Irréductibles se retrouvent pour la chasse.
09:47Ils se partagent les postes pour guetter le sanglier.
10:02Normalement, on doit savoir le chien qui aboie.
10:05On connaît l'aboi de chaque chien.
10:07Moi, mes chiens, je connais tous les abois.
10:09Je sais lequel c'est qui va aboyer tout à l'heure.
10:11Par exemple, ce chien qu'on a entendu, c'est Barbone.
10:13Je ne m'inquiète pas trop, parce qu'il est bon, mais le meilleur, c'est la bruneau.
10:17La bruneau, quand elle aboie, il n'y a pas de problème, elle est sanglier devant.
10:35Le champion du monde des sangliers ratés, il est là.
10:38Moi, je crois que plus que lui, il ne doit pas y avoir dans la Corse entière, voire dans le
10:43monde entier.
10:45De temps en temps, il y en a un qui meurt, mais on doute qu'il ne meurt pas d
10:49'une caisse cardiaque,
10:50parce qu'on ne trouve jamais trop de croûte.
10:52Oui, oui.
10:53Les sangliers qui veulent se suicider, ça doit exister, ils sont déprimés.
10:56Ça arrive, hein ?
10:58Oui, ça arrive, bien sûr.
10:59Mais enfin, toi, ça t'arrive souvent.
11:00Non.
11:01Qui meurt d'une caisse cardiaque ?
11:03Ouah, oui.
11:06Ainsi va la vie à Evisa, celle des mois tranquilles et loin du flux estival, celle des Corses.
11:21J'ai quitté la mer pour la montagne, bien sûr, toujours en Corse.
11:24Après environ une heure de route depuis Bastiaque, je vous conseille de faire comme moi.
11:28Avant le déjeuner, c'est mieux pour la digestion.
11:30Vu le nombre de virages, je viens d'arriver à Corté.
11:34La ville est l'emblème de la culture corse.
11:36C'est d'ailleurs ici qu'ont lieu chaque été les journées nationalistes.
11:39C'est aussi à Corté que l'on trouve la seule université de l'île, il y a à peine
11:43deux fois plus d'habitants que d'étudiants.
11:46Mais si je suis venu jusqu'ici, c'est pour comprendre encore un peu plus la Corse avec Marc Pascal,
11:51son père et son grand-père, des rencontres comme je les aime.
11:55Marc, ton papa parle Corse, ton grand-père parle Corse, évidemment.
11:58Et toi, tu parles Corse aussi ?
11:59Oui, je parle Corse, mais on perd de plus en plus.
12:03Qu'est-ce que ça veut dire ?
12:04Ça veut dire tellement.
12:04Pas tellement.
12:06La génération de mon grand-père, il ne parlait que Corse.
12:09La génération de mon père, il parlait Corse, mais comment ça perd ?
12:13Oui.
12:13Ma génération, moi, rien qu'à l'école.
12:16Vous vous rendez compte, à l'école, on ne parle que français.
12:19Tu tiens un refuge dans la montagne, c'est ça ?
12:21Oui, à 4 heures de corté.
12:23Et dans ce refuge-là, tout ce que tu sers, tout ce que tu donnes à manger aux personnes qui
12:28passent, c'est ton grand-père qui fait ça ?
12:29La plupart, la plupart, la plupart de choses.
12:32Oui.
12:33J'ai mes oeufs, les légumes, alors qu'il y en a en quantité, pour faire la soupe naturelle.
12:37Oui.
12:38C'est mon père qui fait la cuisine.
12:40Qui monte, je dirais, la nourriture à cheval, parce que la voiture n'arrive pas.
12:45Et ensuite, c'est lui, le cuistaud.
12:47Ah, c'est ton père, donc ça reste une affaire familiale.
12:48C'est une affaire familiale.
12:50La gastronomie Corse, on en parle souvent.
12:51Alors, en Corse, on trouve beaucoup de châtaignes, mais aussi du fromage.
12:55Alors, on m'a parlé du bruccio.
12:56Ça, c'est le bruccio.
12:57D'accord, donc il a été fait ce matin avec vos chèvres, quoi.
13:00On met un peu de sucre dessus.
13:01Le sucre, le sucre.
13:02Et avec un peu d'eau de vie.
13:04Et de l'eau de vie aussi, d'accord.
13:05L'eau de vie comme ça en Corse, combien les degrés ?
13:07Oh, il fait 45, 45.
13:0945.
13:1045.
13:12Où c'est bon, ça ?
13:12T'es les nœuds figues.
13:14Ça se marie très bien.
13:15Avec le... aussi.
13:16Et pour bien terminer, pour bien tout faire descendre,
13:21un bon coup de rouge.
13:22D'amoureux de leur pays comme Marc Pascal, son père et son grand-père,
13:25je vous propose d'aller faire la connaissance de deux autres passionnés,
13:28mais d'une terre beaucoup plus lointaine,
13:29direction Kourou, en Guyane,
13:31où un aventurier et un biologiste militent chacun à leur façon
13:34pour la préservation de la forêt amazonienne.
13:47Enfer vert pour les uns, ruée vers l'or pour les autres,
13:50la Guyane étale son océan de végétation sur 8 millions d'hectares.
13:54Un immense laboratoire à ciel ouvert.
13:59Voici Paracou, l'un des trois observatoires d'Amazonie.
14:02On est sur une tour qui fait 55 mètres de haut
14:06et qui nous permet de dépasser la canopée,
14:09de mettre en place des capteurs au-dessus de la forêt.
14:13L'objectif ici, c'est de mesurer les échanges de gaz à effet de serre
14:17entre l'écosystème et l'atmosphère
14:20pour voir le rôle que joue cette forêt
14:22dans ce qu'on appelle le puits de carbone atmosphérique,
14:25c'est-à-dire est-ce que la forêt absorbe du dioxyde de carbone ou pas.
14:29On se rend compte que, pas très loin de chez nous, à 300 kilomètres,
14:33elle est rasée, pour des questions économiques au Brésil,
14:37mais il faut que la forêt amazonienne soit dans son ensemble préservée,
14:40pas seulement en Guyane française.
14:45Lionel Collado n'est pas un scientifique,
14:47mais ce matin, au marché de Kourou,
14:49il se prépare pour une expédition bien particulière.
15:01Nourri des récits africains du grand-père,
15:03à 20 ans, ce savoyard quitte la métropole
15:05pour vivre ses rêves d'aventure.
15:08Donc je n'avais pas le courage de faire carrière quelque part
15:11et je me suis barré pour vivre dans la forêt.
15:13Aujourd'hui, j'ai fait carrière quelque part, comme tout le monde.
15:20Après avoir grimpé et travaillé sur les flancs de la fusée Ariane,
15:23la réussite a rattrapé Lionel dans les méandres du fleuve Kourou.
15:31Tour à tour, acrobate, charmeur ou gouailleur,
15:34le garçon n'a pas son pareil pour dévoiler à ses visiteurs
15:37les mystères de l'Amazonie.
15:39Alors, vous voyez, là, voilà, l'étoile d'araignée qu'il y a là.
15:42Ce sont les araignées sociales qui tissent.
15:44Un des secrets probables de leur bonne entente,
15:46c'est qu'elles ont toutes exactement le même code génétique.
15:49Ce sont toutes des clones, toutes des sœurs jumelles.
16:01Soyez les bienvenus.
16:05Arriver à Cancanopée, c'est oser une expérience unique.
16:08Ici, on vit, on dort, on mange, à 12 mètres du sol.
16:15Mais pour l'aventure, c'est encore plus haut que cela se passe.
16:20Debout, voilà, très bien.
16:34Avec méa, mélinonie, c'est une jolie fleur qui va durer,
16:39elle va rester là un mois et demi, deux mois.
16:41Ça fait déjà 15 jours qu'elle est là.
16:43Elle va rester encore au moins un mois, un mois et demi.
16:47Oublie le plancher, oublie l'arbre,
16:48essaye de pousser dans le vide, de ne pas toucher les obstacles.
16:55Formidable.
16:56Très dur.
16:57C'est très pénible, mais je suis content.
17:01À ce jour, on ne connaît de cette forêt que 1350 espèces d'arbres
17:06et les chercheurs en découvrent chaque année.
17:08L'enfer vert des orpailleurs et des légionnaires
17:10est devenu l'or vert de la planète.
17:14Ensuite, les racines grossissent, grossissent, grossissent
17:16et rentrent en connexion entre elles.
17:18Et finalement, ça finit par former un tronc.
17:21Donc, tu as deux espèces.
17:22Tu auras autour, toute la circonférence, c'est le ficus,
17:25avec des formes bizarres comme un peu les bois cathédrales.
17:27Et à l'intérieur, tu auras une autre essence de bois.
17:30L'oie capoue, ébène verte, gaillac, balata.
17:33Tous ces bois-là qui résistent longtemps,
17:34ne vont pas pourrir et vont rester au cœur.
17:38Je pense qu'il faut la garder comme un sanctuaire.
17:41C'est une forêt qui a déjà été exploitée,
17:42même si elle paraît saine.
17:45Ce n'est plus une forêt primaire.
17:50L'homme ne sera jamais de ses hauts lieux.
17:52Depuis toujours, sa place est tout en bas,
17:54à l'ombre d'un monde saturé d'humidité et de chaleur.
17:57À partir d'ici, ça passe, c'est potable.
18:00Ah, un orage, chouette.
18:06Mais ça va, ça va passer.
18:08Pendant que les grimpeurs attendent la redescente,
18:11Jojo, le bouchiningué, guide le reste du groupe
18:13sur les sentiers de la forêt profonde.
18:40Même si on a touché un petit bout de bois,
18:43il ne faut pas paniquer, d'accord?
18:47J'aimerais, au travers de ce que je fais,
18:51que certaines personnes retournent chez eux
18:53en ayant pris conscience du trésor
18:55qu'on a là, dans le creux de notre main,
18:58et qu'ils sont chacun acteurs
19:01de sa destruction ou de sa préservation.
19:05On dit que tous les chemins de la forêt
19:07sont initiatiques.
19:09Oser les emprunter, c'est s'ouvrir
19:10sur un univers jusqu'ici sauvegardé
19:12et qui doit le rester.
19:26Le temps que vous fassiez un aller-retour en Guyane
19:29et me voilà pour cette échappée belle Corse à Ajaccio.
19:32Première ville de l'île par sa population,
19:34environ 60 000 habitants.
19:35c'est aussi ici qu'est né Napoléon Bonaparte
19:37le 15 août 1769.
19:41La rue que j'aime bien à Ajaccio,
19:43c'est celle qui porte le nom
19:44de l'oncle justement de Bonaparte,
19:46le cardinal Fèche.
19:54Vous avez vu ça ?
19:56Interdit de dormir sur la plage.
19:59Autre endroit sympathique à voir à Ajaccio,
20:01la citadelle, construite autour d'un château préexistant.
20:04Depuis 2001 seulement, elle est ouverte au public.
20:07Avant, elle a nourri bien des fantasmes
20:09car personne ne savait réellement
20:10ce qui se cachait derrière ces gros murs épais.
20:13Aujourd'hui en tout cas,
20:14on sait qu'elle a protégé cette même année,
20:16toujours en 2001, le plus gros trésor de l'île.
20:18Tous les euros qui allaient remplacer
20:20les francs en Corse étaient là.
20:22Sacré tirelire.
20:24Je vous propose de prendre un peu de recul
20:26par rapport à la ville en longeant la côte
20:28pour aller aux fameuses îles sanguinaires.
20:30Quatre îlots à l'entrée du golfe d'Ajaccio
20:32ou un géologue Alain Gauthier
20:33qui les connaît bien m'emmène.
20:40Les sanguinaires, pourquoi les sanguinaires ?
20:42Ça vient d'où ça ?
20:43Alors, sept explications possibles.
20:46Il ne faut pas toutes les donner.
20:47Sept ?
20:47Oui, sept explications possibles.
20:49La plus probable.
20:49Alors, pour ma part,
20:51je pencherais plutôt pour l'hypothèse géographique.
20:54Le golfe de Sagone est juste à côté.
20:56Donc, c'est les îles qui ferment le golfe de Sagone.
20:57D'accord.
20:58D'où sanguinaires.
20:59D'accord.
21:00En dehors de l'été, il n'y a pas de touristes qui viennent ici le reste de l'année.
21:03Vous voyez, c'est le domaine en dehors de l'été.
21:05C'est le domaine des oiseaux.
21:07Cette zone, d'ailleurs, même à la période des touristes,
21:09cette zone est protégée.
21:10Vous voyez, il n'y a pas de chemin.
21:12C'est une zone de nidification ?
21:13Voilà, tout à fait.
21:14Quel type d'oiseau, ici ?
21:15Essentiellement, des goélands.
21:17Il doit y avoir aussi, en mer, on en a vu, quelques cormorans.
21:22Ce phare, donc, jusqu'en 1985, il a été habité ?
21:25Tout à fait.
21:26Il a été automatisé, comme d'ailleurs, quasiment tous les phares Corses.
21:30Et aujourd'hui, il délivre son feu blanc toutes les 15 secondes,
21:35jusqu'à 50 kilomètres.
21:38Je vais maintenant filer à Sartène.
21:39Nous nous retrouverons dans quelques minutes.
21:41En attendant, vous, vous allez continuer à découvrir une Corse très sauvage.
22:19C'est beaucoup de terrain rocailleux, des petits sentiers, pas mal de déclivettés.
22:25Après dire que c'est difficile, il faut que les chevaux s'adaptent progressivement.
22:29Il ne faut pas prendre les chevaux et les balancer directement dessus.
22:33On la croirait presque déserte, l'île de beauté,
22:36tant les montagnes sont rudes et les plages protégées.
22:3988% de sa population vit près de la côte.
22:42En montagne, pendant les randonnées, les rencontres sont rares et les chemins très escarpés.
22:48C'est assez rude, il faut avoir une bonne condition physique.
22:51Il y a des temps de marche durant la randonnée.
22:53Sur une randonnée de 5-6 heures par jour, on marche minimum une heure.
22:57Et dans des chemins assez escarpés, donc il faut avoir une bonne condition physique.
23:00Tout le monde est là ? Allez go, on y va.
23:04Là, on va à un ancien hameau qui s'appelle Santopoultre.
23:07C'est un village qui a été abandonné il y a plusieurs siècles.
23:10Et selon la légende, on dit qu'on y amenait des femmes stériles
23:14ou la veille d'accoucher pour faciliter la délivrance.
23:18Les villages abandonnés font partie de l'histoire de la Corse,
23:21au même titre que les radzias, les pillages qui laissaient le littoral vide de population.
23:26Le paludisme, l'exode, autant de facteurs néfastes pour les hommes, bénéfiques pour la nature.
23:32On tombe parfois sur des constructions désagréables,
23:35mais qui apparemment n'impressionnent personne.
23:37Le naturel Corse est fait pour durer.
23:39J'ai la certitude que ça va rester longtemps, tout simplement,
23:42parce que, je vais citer quelqu'un, je vais citer de moi Siméogne,
23:47parce que la Corse, elle fabrique des Corses.
23:49Et qu'il y aura beau avoir des spéculateurs, il y aura toujours des Corses en face.
23:57La préservation des sites n'est jamais une chose définitivement acquise.
24:01Si la Corse est encore belle aujourd'hui, elle se doit de rester sur ses gardes.
24:07Cette plage d'Ajaccio, par exemple, avait perdu de sa superbe.
24:11À deux pas de l'aéroport, elle était devenue une sorte de terrain vague,
24:14envahi de détritus et de voitures.
24:17Grâce à des barrières de protection placées par le conservatoire du littoral,
24:20la plage du Ricanto a retrouvé son honneur perdu.
24:24Elle redevient aujourd'hui l'abri d'un petit escargot, très rare et très timide.
24:29Une espèce unique au monde, qui ne survivait qu'aux abords de ce site.
24:34Alors ça fait un petit peu sourire, localement.
24:37C'est vrai que ça semble un petit peu dérisoire pour certaines personnes,
24:40mais finalement, petit à petit, ça a permis de faire adhérer beaucoup de gens
24:45avec le sourire autour de cette opération.
24:47On a aménagé un site qui était très dégradé.
24:51On lui a redonné une image positive.
24:54Et puis les Ajacciens en sont vraiment accaparés.
25:04Parmi les organismes officiels de protection,
25:07le parc régional couvre 38% du territoire.
25:10Quant au conservatoire du littoral,
25:12il possède 200 km de côtes protégées
25:15sur les 800 km qui entourent l'île.
25:20Réserve de scandolas sur la côte ouest.
25:22Les gardes assurent la protection du site
25:25contre les excès du tourisme l'été
25:26et partent le reste de l'année en mission avec des scientifiques.
25:40Aujourd'hui, c'est un site de référence pour le milieu scientifique,
25:43pour le monde scientifique,
25:44puisque à partir du moment où on va retrouver
25:45beaucoup d'espèces qui ont malheureusement disparu
25:48un peu partout dans le monde
25:49et qu'on ne va retrouver que sur le site de Scand.
25:51Tous ces poissons vont atteindre leur taille maximale.
25:54C'est-à-dire, ça va être la référence.
25:56C'est-à-dire, à partir du moment où le poisson n'est pas pêché,
25:59n'est pas prélevé par l'homme,
26:00il arrive à vieillir et à mourir de sa belle mort.
26:03C'est-à-dire qu'on va retrouver des méros qui font 35-40 kg,
26:05des antilles de 15 kg
26:07et des cobres qui font 4 à 5 kg.
26:12Les Corses sont donc très attachés à la protection de leur terre.
26:15Un récent sondage vient de confirmer une opinion très répandue.
26:19La majorité considère que les attentats
26:21ne sont pas étrangers à l'aspect sauvage de leur île.
26:25Si aujourd'hui la Corse, elle est préservée,
26:27c'est uniquement grâce à la lutte du mouvement national.
26:33Radicale et parfois hors la loi,
26:35la Corse ne s'embarrasse pas de demi-mesure.
26:38Force des paysages, force des propos, force des éléments,
26:42jusque dans l'assiette,
26:43l'île de beauté affirme son caractère bien trempé.
27:01A une heure de route de Propriano
27:03se trouve le plus Corse de tous les villages corses,
27:05certaines où je viens d'arriver.
27:17Où que je sois, je regarde toujours le rayon des cartes postales
27:19car je suis sûr, comme ça,
27:21d'avoir tous les meilleurs coins de la région.
27:23Je ne passe pas à côté de quelque chose.
27:25Ça, c'est quoi, madame ?
27:33Sartène est l'endroit idéal pour parler de la polyphonie
27:44qui fait partie intégrante de l'identité corse.
27:46En fait, il s'agit de chants très variés,
27:48sacrés, religieux, traditionnels,
27:50ou même électroniques.
27:51Et à ce sujet, j'ai rendez-vous dans l'église de Faudzano,
27:54un petit village tout à côté.
28:21Pour le profane, la polyphonie fait un peu partie du folklore corse.
28:24En fait, pas du tout.
28:24Ça représente quoi pour vous, au juste ?
28:26C'est une façon d'être.
28:27C'est une façon, je dirais,
28:28de communier avec sa terre
28:29et de partager l'universel.
28:31C'est un témoignage que d'autres nous ont légué
28:34et que nous devons léguer à d'autres.
28:36C'est notre passé, notre présent et notre avenir.
28:38Les hommes en noir, je dirais,
28:39ça a toujours été depuis des siècles,
28:41donc la tenue des hommes de Sartène.
28:43D'après ce que je sais des écrits de Saint Damien,
28:46je dirais, ça viendrait, je dirais,
28:48des pénitents noirs,
28:48ceux qui ont suivi le Christ dans son calvaire.
29:02Avec le prochain reportage,
29:04nous allons rester dans le domaine artistique,
29:05mais cette fois-ci, en Allemagne.
29:07Depuis la chute du mur,
29:08Berlin est en constante évolution.
29:09Musique, peinture, architecture,
29:11portrait d'une capitale inspirée.
29:13Je vous retrouve juste après.
29:14Abonnez-vous à tout de suite.
29:26Une ville coupée en deux pendant près de 30 ans.
29:3017 ans plus tard,
29:32Berlin est en pleine mutation.
29:33Avec plus de 3,5 millions d'habitants,
29:36la capitale germanique est la troisième ville
29:38la plus visitée d'Europe après Londres et Paris.
29:42Musique, peinture, architecture,
29:46On y trouve toutes les faunes.
29:48Ce qui attire ici,
29:50c'est le goût de l'aventure,
29:51la liberté.
29:52Tim Renner, c'est l'enfant terrible du rock allemand.
29:55Il a sa propre maison de disques
29:56et une radio, motor.
29:58Il a surtout produit le groupe allemand
29:59connu mondialement, Rammstein.
30:05Il y avait une telle différence entre l'Est et l'Ouest
30:07qu'il existe encore aujourd'hui
30:08une certaine tension dans la ville
30:09qui pousse à la créativité.
30:13Du fait que la ville a été divisée,
30:15vous avez énormément d'espaces libres,
30:17des espaces dont personne ne sait encore maintenant
30:19qui en est propriétaire.
30:20Donc, il y a beaucoup de squats
30:21et personne ne peut s'en plaindre.
30:24De plus, vous ne payez presque rien comme loyer.
30:26Il y a une liberté et c'est ce qu'aiment les artistes.
30:30Si la ville attire les visiteurs par son passé,
30:32comme ici, Checkpoint Charlie,
30:34principale porte d'accès à Berlin-Est,
30:36l'esthétique de la ville est contrastée.
30:38Détruite à plus de 50% par la Seconde Guerre mondiale,
30:42côte à côte se trouvent des vestiges de la période baroque
30:44et ceux de l'architecture communiste.
30:53À Berlin, ce n'est pas l'esthétique que l'on vient chercher,
30:57mais l'énergie d'une ville nouvelle.
31:00C'est le cas de Daniel.
31:01Après New York, cet auteur-compositeur américain
31:04a préféré s'installer à Berlin-Est
31:06avec toujours les mêmes motivations.
31:18450 euros pour 80 mètres carrés,
31:21trois fois moins qu'à Paris.
31:22Il y a une espèce d'énergie dans l'air
31:25parce que les gens ne sont pas encore complètement cyniques.
31:28Ils n'ont pas tout éprouvé,
31:30ils n'ont pas tout fait déjà.
31:34Objectif du jour pour Daniel,
31:36dégoter des disques.
31:37Et c'est dans cet immeuble, à Kreuzberg,
31:39qu'existe Hardwax,
31:41véritable institution de la musique électronique
31:43depuis la chute du mur.
31:44Un endroit prisé de tous les DJs.
31:47C'est le plus grand magasin
31:49pour les disques techno,
31:50de musique de danse, électronique et tout.
31:52C'est l'épicentre de la scène techno ici à Berlin.
31:55Et on trouve tout,
31:56prégué, techno,
31:58de nouveaux maxis, de tous les gens.
32:02Il y a la musique,
32:03mais il y a également l'art.
32:04Aujourd'hui, la ville est considérée
32:06comme le dernier haut lieu de l'art contemporain.
32:08Et ce sont les graffitis que l'on trouvait sur le mur
32:11qui influencent l'art public.
32:19Huli est peintre.
32:21Originaire de l'Allemagne de l'Ouest,
32:22c'est dans cette ancienne brasserie de Berlin-Est
32:24qu'il a établi son atelier.
32:34Berlin, c'est une sorte de surface de projection
32:36pour beaucoup de gens.
32:37Ici, ils veulent réaliser leurs rêves,
32:38même s'il y a toujours ce passé douloureux
32:40et que certains voudraient revenir en arrière
32:42à la République de Weimar
32:43et qu'on oublie le reste.
32:45Mais bon, aujourd'hui, il y a une liberté
32:46et chacun peut faire ce qu'il veut
32:47sans toujours subir ce poids du passé.
32:54Direction une ancienne usine d'électricité
32:56où il expose.
32:57Il retrouve Yves, un peintre français.
33:011400 m² de surface.
33:03La galerie Max-Etzler,
33:05c'est l'une des plus importantes d'Allemagne.
33:14Le monde entier vient ici, à Berlin,
33:16faire son marché
33:17et donc les artistes peuvent exister vraiment.
33:19Les choses partent souvent maintenant de Berlin.
33:22C'est vraiment un laboratoire pour l'Europe.
33:40Nous retrouvons Daniel.
33:41Rendez-vous ce soir dans l'un des plus vieux restaurants
33:43de la capitale,
33:45Max und Moritz,
33:46en hommage au célèbre conte allemand pour enfants
33:48de Willem Busch.
33:48L'endroit à traverser les âges,
33:50il date de 1902.
34:02Dans les années 1920,
34:03les artistes se retrouvaient ici.
34:05Dans les années 1960,
34:05des partis politiques se sont même constitués
34:07comme les partis alternatifs ou les verts.
34:10Et c'est très rare des restaurants comme celui-là
34:12qui n'ont pas été détruits par la guerre.
34:14Il n'y en a que 15 dans la ville.
34:17C'est vraiment authentique cuisine berlinoise.
34:22Plus que branchée,
34:23je dirais simplement que c'est authentique.
34:25Avec Daniel,
34:26la soirée ne s'arrête jamais.
34:27Ce soir,
34:28c'est une boîte de nuit
34:29au sommet de cet immeuble.
34:35La jeunesse extatique et extasiée
34:37par la musique électronique
34:38inventée en Allemagne
34:39vient des quatre coins d'Europe
34:41pour s'enivrer de l'air berlinois.
34:44Avant ici,
34:45c'était où se trouvaient
34:46toutes les agences de voyage
34:48dans l'Allemagne de l'Est.
34:49Et maintenant,
34:50c'est une boîte de nuit
34:51qui s'appelle Weekend.
34:57Un pied dans le passé,
34:58un autre dans l'avenir.
34:59Une ville propice aux rencontres
35:01et c'est peut-être
35:02ce qui la rend si attachant.
35:15Pendant que vous étiez à Berlin,
35:17j'en ai profité pour rejoindre
35:18Bonifacio,
35:19la ville la plus septentrionale
35:20de la Corse,
35:21un lieu incontournable.
35:22En pleine saison,
35:23elle est très fréquentée,
35:24on frôle parfois
35:24la surpopulation,
35:26mais il faut bien le reconnaître,
35:27ce succès est largement justifié.
35:29C'est le marquis de Toscane
35:30qui a donné son nom
35:31à cette magnifique cité
35:32en 828.
35:33Je suis dans la ville basse
35:35ou la marine
35:35qui s'encaisse au fond
35:37d'un long fjord
35:37de 1600 mètres.
35:39A voir,
35:40c'est vraiment spectaculaire.
35:42Et puis,
35:43il y a la vieille ville,
35:43la ville haute.
35:44J'adore m'y balader.
35:45C'est là que se trouvent
35:46les incroyables maisons
35:47accrochées à la falaise de Calcaire
35:48que vous avez déjà
35:49certainement vue en photo.
35:56On m'a donné l'adresse
35:57d'un certain Ange
35:58qui a accepté
35:59de me faire visiter
35:59la vieille maison bonifacienne
36:01de ses grands-parents.
36:07Bonjour.
36:08Bonjour Stéphane.
36:09Merci Ange
36:10de nous ouvrir
36:11les portes de la maison.
36:16Alors,
36:17cette pièce-là
36:17n'a pas bougé
36:18depuis combien de temps ?
36:19Ici,
36:19tu as de très rares éléments
36:20en 18e siècle.
36:21Des gipseries
36:22faits par des artisans italiens
36:23pour la famille Doria.
36:25César habitait probablement ici.
36:27C'est une pièce d'apparat,
36:28une chambre.
36:28Il y avait probablement
36:29un lit à Baldaquin
36:30sous la courbe.
36:31Et peu de choses ont changé.
36:32Mes grands-parents
36:33ont acheté dans les années 20.
36:34Autrefois,
36:34la prédilection allait vers les rues
36:36pour regarder ce qui se passait
36:37dans le village
36:38au jour le jour.
36:38On allait chercher la vie.
36:39Exactement.
36:40Aujourd'hui,
36:40il y a un véritable concours
36:42sur les falaises
36:42de baies vitrées,
36:44de terrasses.
36:44C'est une véritable explosion.
36:46Et là,
36:46on va chercher la vue.
36:49Quand vous serez de passage
36:50à Bonifacio,
36:51venez faire un tour
36:51rue des deux empereurs.
36:52Deux maisons se font face.
36:53Le numéro 4
36:54qui abrita Charles Quint
36:55et le numéro 7
36:57qui hébergea
36:58Napoléon Bonaparte
36:58de janvier à mars 1793.
37:01Sa chambre,
37:02c'était là ?
37:02Oui, là-haut.
37:04Au premier étage.
37:05D'accord.
37:06Et ça fait quoi
37:06de vivre dans l'immeuble
37:08de Napoléon Bonaparte ?
37:09C'est bien,
37:10mais...
37:10Je ne remercie pas de chance.
37:13Je vais redescendre
37:14très vite au port
37:14où un bateau m'attend,
37:15mais dans Échappée Belle,
37:16c'est le moment pour nous
37:17de retrouver nos itinéraires mythiques.
37:19Après la route 66,
37:20aux Etats-Unis,
37:21nous allons suivre
37:22pendant 4 semaines
37:22le réalisateur Marc Mopti
37:24d'Istanbul en Turquie
37:25à Samarkand en Ouzbékistan.
37:27Sur les traces de Marco Polo,
37:28nous partons
37:29sur la route de la soie.
37:35Comment Marco Polo
37:37traverserait-il aujourd'hui
37:38ces 5000 kilomètres
37:39qui séparent la Turquie
37:41chemin des caravanes ?
37:42L'Iran,
37:43paradoxe de la Perse antique
37:44et de la modernité.
37:45Le Turquménistan,
37:47république du désert
37:48de la liberté.
37:49Et l'Ouzbékistan,
37:51route de l'imaginaire.
37:52Serait-il aujourd'hui
37:53obligé de passer les frontières
37:54et affronter
37:55les interminables
37:56difficultés du voyage ?
38:00J'aimerais arriver
38:01à Samarkand
38:02comme l'a fait
38:03le Vénitien
38:03en disant
38:04« C'est ce rêve,
38:05sans cesse renouvelé,
38:07que nous avons fait
38:08tout éveiller. »
38:12Je m'autorise
38:13une première infidélité
38:15à la vieille route caravanière.
38:17J'ai rendez-vous
38:18au Grand Bazar d'Istanbul.
38:29Sur les toits
38:30du Grand Bazar,
38:31Nourdogan,
38:32comme tout Stambouliot,
38:34fume le narguilet
38:35à la pomme
38:35et joue au Paggamon.
38:38Turc de chez Turc,
38:40il me déclare
38:40que l'Empire Ottoman
38:41n'aurait jamais existé
38:43sans la route de la soie.
38:45Les Turcs,
38:46quand ils sont devenus musulmans,
38:48ils sont grâce
38:48à un marchand arabe.
38:50Ils ont eu
38:51des premiers contacts
38:52avec ces gens-là.
38:54Après,
38:54ils ont accepté
38:55être islam.
38:55Au début,
38:56on était chaman,
38:57chamanisme.
38:58Aujourd'hui,
38:58quand vous regardez
38:59les marchandises
39:00de Turkmenistan
39:01ou Afghanistan,
39:02vous pouvez voir
39:03pas mal de motifs
39:04chaman.
39:05C'est continué.
39:06Si vous faisiez
39:07le commerce,
39:08il fallait que vous utilisiez
39:10l'Anatolie
39:11pour aller vers Chine,
39:12l'Inde,
39:14l'Afghanistan,
39:15Turkmenistan,
39:16l'Azerbaïdjan,
39:17etc.
39:17Les gens,
39:18ils descendaient
39:19à Istanbul.
39:20Géographiquement,
39:20ils étaient obligés
39:21de venir comme ça.
39:23Nous,
39:23notre premier besoin,
39:25c'est l'énergie.
39:26Autrefois,
39:27c'était quoi ?
39:28Épices.
39:28C'était quoi ?
39:29L'or.
39:30C'était quoi ?
39:31Tissus.
39:31Aujourd'hui,
39:32c'est le pétrole.
39:33Le gaz.
39:34C'est-à-dire que
39:35l'importance
39:36de la route de soie
39:36aujourd'hui,
39:37dans le bon sens,
39:39reprend.
39:40C'est-à-dire
39:40que l'histoire
39:41se répète,
39:42comme on dit ça.
39:43L'histoire se répète.
39:45Même si l'histoire
39:46se répète,
39:47Istanbul a changé
39:49en 25 ans.
39:50Avec l'invasion
39:51du béton,
39:52les vieux clichés
39:53qui ont séduit
39:54les écrivains voyageurs
39:55ont la vie dure.
39:57De l'hôtel mythique
39:58Le Père à Palace,
39:59où séjournaient
40:00Agatha Christie
40:00et Pierre Lottie,
40:02le groupe de l'hôtel
40:03me parle
40:03d'un temps nostalgique
40:04où les clients
40:06voulaient tous
40:06la suite 113.
40:07Pourquoi ?
40:09Parce que
40:10Shane Connery,
40:11alias James Bond,
40:12agent 007,
40:13y a fait son séjour
40:15lors d'un tournage.
40:17Qui d'Agatha Christie,
40:18Greta Garbo
40:19ou Kamalata Turk
40:20a eu la plus belle vue
40:22sur la Corne d'Or ?
40:31Tour Galata,
40:3219h.
40:33L'appel des Mouisines
40:34à la prière
40:35dans le quartier
40:36de Sultanahmet
40:36qui d'un minaret
40:38à l'autre
40:38résonne en écho,
40:40se mélange
40:41aux sirènes des féries
40:41entre l'Europe
40:42et l'Asie.
40:44Ce soir,
40:45je ne m'attarde pas
40:46à Istanbul.
40:47Demain,
40:48c'est la Cappadoce
40:49qui m'attend.
41:00Hey,
41:01look,
41:01deux ballons
41:02là-dessus.
41:06On dirait
41:07qu'on est
41:07au-dessus de la soie,
41:08mais les nuages,
41:09c'est comme plutôt
41:10du coton.
41:11Mais c'est vrai
41:12qu'on est carrément
41:14sur le trajet
41:15de la route de la soie.
41:19Alors moi,
41:20je vais descendre
41:20maintenant,
41:21je vais passer
41:21sous les nuages
41:22et je vais vous dire
41:23où je suis.
41:24Mais suivant
41:25la vitesse
41:26et la direction
41:27que j'ai prise,
41:27je pense qu'on doit
41:28être au-dessus
41:29du village de Tchauuxin.
41:32Pensez-vous
41:33que les caravanes
41:34de Marco Polo
41:34aient pu bénéficier
41:36d'un tel point de vue
41:37sur cette route de la soie ?
41:38Ben demande Kayli,
41:40pilote confirmé.
41:44Aujourd'hui,
41:45à l'aube,
41:45les conditions aérologiques
41:47sont excellentes.
41:48On passe du coton du ciel
41:50à la soie de la terre.
41:58C'est un monde surnaturel,
42:01lunaire,
42:02étrange,
42:03une curiosité naturelle
42:05et géologique
42:06qui défie l'imagination.
42:10J'essaye devant ces cheminées
42:12de fées,
42:12ces villages traditionnels,
42:14de me représenter
42:15le monde
42:16qu'a pu rencontrer
42:17l'aventurier vénitien.
42:20C'est pourquoi
42:21nous présentons
42:21les choses
42:22vues pour vues
42:23et les choses
42:24entendues pour entendues
42:25en sorte que notre livre
42:27soit sincère
42:28et véritable
42:29sans nul mensonge.
42:30disait-il
42:32dans son oeuvre
42:32le devisement
42:33du monde.
42:35L'eau et le vent
42:36ont façonné
42:37le tuff,
42:38une roche volcanique
42:39tendre
42:39que les hommes
42:40ont investi
42:41et déserté
42:42au gré
42:43des invasions.
42:44Seuls dans le village
42:46de Goerremet,
42:47les tisserands
42:47et les marchands
42:48attendent toujours
42:49les nouveaux caravaniers.
43:11Savez-vous que les Turcs
43:12de France
43:12m'ont demandé
43:14de tisser un kilim
43:15à l'effigie de Zidane ?
43:17Me dit un commerçant
43:18qui sait faire la différence
43:19entre marchand
43:20et vendeur de tapis.
43:22Les temps ont bien changé.
43:26Autour d'un verre de thé,
43:27dans ce village
43:28comme dans tous les autres,
43:29on m'explique
43:30que le mot imprononçable
43:31de
43:32« missafeur pervers »
43:33« hospitalité »
43:35est du devoir du croyant.
43:37Que la maison de l'hôte
43:38est celle du voyageur.
43:40Que de fermer sa porte
43:41et ne pas partager
43:42sa nourriture
43:43est le pire crime
43:44que peut commettre un homme.
44:02à Havanos,
44:04rien n'a bougé
44:05dans cet atelier
44:05depuis des siècles.
44:11Les immenses jars
44:13de cette terre rouge
44:14étaient transportés
44:15par les caravaniers
44:16le long de leur périple.
44:19Quatre générations
44:20de potiers
44:20ont fourni
44:21les récipients
44:22pour garder le vin
44:23de Cappadoce
44:23au frais
44:24et fournir l'eau destinée
44:26aux commerçants
44:27voyageurs
44:27des caravans
44:28s'éraillés.
44:30Sous le regard vigilant
44:32d'Atatürk,
44:33des mains de Galip
44:34naissent toujours
44:35les cruches
44:35qui n'ont ni âge
44:36ni destin.
44:42Alors,
44:42bon voyage.
44:46Sur la route du mont
44:47Argeus,
44:49les traversées des villages
44:50ouvrent les visages.
44:52Elles provoquent aussi
44:53les sourires,
44:54les mains qui se tendent
44:55et les choses
44:56qu'on n'arrive pas
44:56à se dire
44:57mais que l'on imagine
44:58comprendre.
45:02Une surprise m'attend
45:03au caravanserail
45:05d'Il Chessou
45:06sur la route
45:07de Kézeri.
45:08C'est l'une
45:09des plus anciennes
45:10pistes caravanières
45:11au monde,
45:12l'Ozoun Yol,
45:13la longue route.
45:21Dans la boutique
45:22de Yusufoun,
45:23c'est lié
45:24d'une autre époque
45:24et j'y ressens
45:26comme la première marque
45:26visible
45:27de la grande épopée
45:28de la route de la soie.
45:30Il continue toujours
45:31à fabriquer les sels
45:32mais aujourd'hui,
45:34c'est pour les ânes.
45:42Ses amis et lui
45:43semblent d'accord.
45:45Les caravanes passent
45:46et le temps aussi.
45:54Midi,
45:54une halte s'impose.
45:56Dans la banlieue
45:57de Kézeri,
45:58en plein cœur
45:58du plateau anatolien,
46:00le moderne
46:01rejoignant
46:01l'architecture ottomane,
46:03la confrontation
46:04du passé
46:04n'est toujours pas
46:06du meilleur goût.
46:07Seuls les voyageurs
46:08et chauffeurs,
46:08en plein ramadan,
46:10ont le droit
46:10de se restaurer.
46:11Pour l'heure,
46:12c'est Animin,
46:12le chauffeur
46:13d'un camion
46:14d'un modèle confortable
46:15qui m'emmène
46:16sur Malatia.
46:16On va à Malatia,
46:18OK ?
46:18Il doit y prendre
46:19livraison
46:20d'un apposant
46:21chargement
46:22d'abricots.
46:31Il ne reste plus rien
46:32de l'ancienne route
46:33de la soie.
46:35Comme les camions,
46:36les transports internationaux,
46:37les bus sont apparus
46:38avec tout cela,
46:39c'est clair,
46:40la route de la soie
46:41a perdu de son charme.
46:44Maintenant,
46:45il y a les voitures,
46:45on appuie sur la pédale
46:46et en trois heures,
46:47on est à destination.
46:50Le caravanier,
46:50lui,
46:51marchait pendant des mois
46:52sur cette route,
46:52peut-être des semaines,
46:53oui, des mois.
46:55Nous,
46:55on parvient à Malatia
46:56en une demi-journée.
47:01En gros,
47:01c'est la même chose.
47:02Que tu montes un an
47:03ou que tu conduises un camion,
47:04il n'y a que le nom
47:04qui change,
47:05c'est tout.
47:06Ils ont la même fonction.
47:07Avec l'un,
47:08on transportait 100 kilos,
47:09avec l'autre,
47:09on charge 20 tonnes.
47:12350 kilomètres
47:13à enfiler
47:14au gré
47:14des insultes routières
47:15et des réflexions
47:16sur le voyage.
47:18Tout un travelling
47:19anatolien
47:20que Marco Polo
47:21lui-même
47:21n'aurait pas détesté.
47:24Moi,
47:24personnellement,
47:25je n'aurais pas aimé
47:25vivre dans le passé.
47:26Je préfère vivre aujourd'hui.
47:28Le progrès,
47:28c'est le progrès.
47:30Maintenant,
47:30je conduis ce camion
47:31comme si j'étais assis à la maison.
47:38C'est au marché
47:40de Malatien,
47:41capitale de l'abricot,
47:43que Berham,
47:43mon guide,
47:44m'a fixé rendez-vous.
47:46Nous faisons connaissance
47:47parmi les senteurs
47:49des fruits secs.
47:59Quand les haltes
48:00sont nécessaires,
48:02je pense à ces caravanes
48:03qui, à chaque étape,
48:06écrivaient une histoire.
48:11Jamais plus de 40 km par jour,
48:14il fallait ménager les montures
48:16et jouir du repos.
48:20Comme tu le sais,
48:22il y a plusieurs routes de la soie,
48:24mais celle qui passe
48:25par le Nemroudag
48:26est une des plus belles,
48:27me dit mon compagnon
48:28le voyage.
48:30Là-haut,
48:31tout a changé.
48:32Maintenant,
48:33les touristes
48:33viennent du monde entier.
48:34« Tu crois y découvrir
48:35la jeunesse du monde
48:36entre le tigre et le frat
48:38et tu ramasses
48:39les bouteilles de soda
48:40à 2200 m d'altitude
48:42entre Antiochus
48:44et les autres divinités. »
48:46soupire Berham
48:47pendant que Chenol,
48:49le chauffeur,
48:50négocie les virages.
48:52Arrivé au sommet
48:53en fin d'après-midi,
48:55Berham téléphone
48:56pour avoir
48:57les dernières autorisations.
48:59Discutant avec Haussmann,
49:01le gardien du site,
49:02une photo noire et blanc
49:04collée dans un carnet de voyage
49:05me ramène
49:06à une première expédition.
49:08Je me souviens
49:09qu'alors,
49:10cette ascension
49:11s'était faite de nuit
49:12à dos de mulets
49:13par un sentier abrupt
49:14et que les dieux
49:16nous étaient offerts
49:17à l'aube.
49:19Spectacle sublime
49:20d'une civilisation disparue
49:22nimbée de lumière bleue.
49:25Aujourd'hui,
49:26au crépuscule,
49:27des parties de corps
49:28et de tête en pierre
49:29de plus de trois mètres
49:30gisent toujours à terre
49:32tel un immense jeu d'échecs
49:34renversé par je ne sais
49:35quel cataclysme.
49:37Dieu du soleil,
49:38déesse de la pluie,
49:39aigle de Zeus,
49:41Antiochus,
49:42roi de la guerre,
49:43au soleil couchant
49:44me regarde
49:44et semble
49:46me poser cette question.
49:48Qui es-tu, toi ?
49:50Toi qui viens profaner
49:51ce sanctuaire
49:52comme des milliers
49:52de visiteurs.
49:54Archéologue
49:54ou chercheur ?
49:56Touriste,
49:57ou voyageur.
50:01Devant ces merveilles naturelles
50:03de l'anatelier orientale,
50:05je ne peux que murmurer
50:07je ne suis qu'un passeur.
50:27Nous retrouvons la suite du voyage
50:29de Marc Mopti
50:30sur la route de la soie
50:30la semaine prochaine
50:31dans Échappé-Belle.
50:34Depuis la mer,
50:34on comprend encore mieux
50:35pourquoi Bonifacio est considéré
50:37comme un des plus beaux,
50:38sinon le plus beau site
50:39de la Corse.
50:47Je pense que le mot vertigineux
50:48a dû être inventé
50:49pour Bonifacio.
50:53Ici, on voit bien l'escalier
50:54du roi d'Aragon,
50:55187 marches
50:56taillées dans la falaise
50:57de Calcaire.
50:58On pense qu'il menait
50:59tout simplement
51:00à la réserve d'eau potable
51:01de la cité,
51:02le puits Saint-Barthélemy.
51:05Mais la légende
51:06est plus pittoresque,
51:06ce sont les soldats
51:07du roi Aragon
51:08venus conquérir à la Corse
51:09en 1420
51:10qu'il l'aurait taillée
51:11en une seule nuit.
51:12Aujourd'hui,
51:13il n'est accessible
51:13aux visiteurs
51:14qu'en été.
51:19Voilà,
51:20ça c'est ce qu'on appelle
51:20le gouvernail de la Corse.
51:23Il est temps pour moi
51:24de saluer une dernière fois
51:25Bonifacio
51:25et de faire à la Corse
51:26une promesse.
51:27Je fais d'ailleurs la même
51:28à chaque fois que je viens,
51:29celle de revenir.
51:30J'espère qu'après ces moments
51:31passés ensemble
51:32sur cette île,
51:32j'aurai réussi
51:33à vous la faire aimer
51:34comme je l'aime.
51:35Merci à vous
51:36d'avoir été avec nous.
51:37Passez une excellente semaine.
51:39Prenez soin de vous.
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