Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 ans
Échappées belles : Madrid, ville chaleur Sophie commence son voyage madrilène par une danse en compagnie d'Ismael à la Pradena où l'on fête l'été. Elle se ...

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:00Générique
00:00:30...
00:01:06Je suis très heureuse de vous retrouver pour des échappées belles espagnoles aux couleurs de la Castille.
00:01:12Je vous présente Ismaël qui m'accompagne ici car avant de rejoindre Madrid, qui est l'objectif de mon voyage,
00:01:18j'ai fait une escale à Pradena.
00:01:20Ismaël, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui à Pradena ?
00:01:23C'est une de nos fêtes populaires.
00:01:25Avant, on célébrait la fête des bovins et aujourd'hui c'est devenu la fête de l'été.
00:01:30Il y a une super ambiance, c'est très très convivial, c'est important pour toi de participer à cette
00:01:34fête ça ?
00:01:35Je suis professeur à Madrid et quand arrivent les fêtes, c'est le moment qui me permet de retrouver tous
00:01:39mes amis d'enfance.
00:01:42C'est quoi le programme de la fête alors aujourd'hui ?
00:01:44La fête commence avec un orchestre sur la place.
00:01:48Ensuite il y a la fanfare comme tu as pu le voir pendant l'apéro.
00:01:52Et à 7h il y a les taureaux, il faut y aller parce que c'est un spectacle que tu
00:01:56ne peux voir nulle part ailleurs.
00:01:58Très bien, on se donne rendez-vous plus tard, merci.
00:02:01A tout à l'heure.
00:02:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:02:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:03:04Comment allez-vous ? Je suis ravie de vous rencontrer, je sais que c'est un moment important avant d
00:03:09'entrer dans l'arène.
00:03:10Justement comment vous vous sentez quelques minutes avant d'entrer dans l'arène ?
00:03:14Les sensations dans cette profession sont difficiles à expliquer.
00:03:19Ce sont des moments difficiles car tu peux jouer ta vie, mais en même temps c'est un moment avec
00:03:25beaucoup d'illusions, beaucoup de foi et d'espérance.
00:03:29C'est une manière de vivre, c'est un ressenti, c'est reconnaître la valeur de la vie et ce
00:03:36qui lui donne un sens.
00:03:37C'est cela que tu peux exprimer devant l'animal.
00:03:41Vous pensez au risque justement avant d'entrer dans l'arène ?
00:03:44A chaque instant, le torero est conscient que le risque de prendre un coup de corne est bien réel.
00:03:50Ça peut arriver n'importe quand.
00:03:52Mais c'est ce qui donne sa valeur à la victoire et c'est ce qui donne du sens à
00:03:56ce métier.
00:03:58C'est important ce moment que vous partagez avec votre frère là pour vous préparer ?
00:04:03Le torero est toujours seul dans l'arène face au taureau.
00:04:07Et c'est important de sentir les gens que tu aimes à tes côtés et sur lesquels tu peux te
00:04:11reposer de temps en temps.
00:04:14Est-ce qu'il y a quelque chose que je peux vous souhaiter avant que vous rentriez dans l'arène
00:04:18?
00:04:19Suerte !
00:04:19Suerte ? Alors suerte !
00:04:59Qu'est-ce que tu ressens toi lorsque tu regardes ton frère Toré ?
00:05:05Je ressens des choses très fortes, beaucoup d'émotions quand je regarde mon frère.
00:05:10Je profite du spectacle quand il fait de belles corridas.
00:05:13Mais je suis là aussi quand ça se passe mal.
00:05:24Et ce type de fête patronale comme on l'a vécu ensemble aujourd'hui, c'est la conclusion, c'est
00:05:30la corrida ?
00:05:31Ce n'est pas obligatoire, mais c'est typique de ces fêtes de l'été.
00:05:35Ça se termine toujours ainsi.
00:05:38Toi tu aimes ça, tu apprécies ça, la corrida ?
00:05:42Ce que j'aime c'est l'ambiance.
00:05:44Il y a ici des jeunes et des moins jeunes.
00:05:47Mais je ne suis pas vraiment un grand fan de la corrida.
00:05:50C'est l'ambiance, c'est l'ambiance.
00:05:59C'est l'ambiance, c'est l'ambiance.
00:06:03C'est l'ambiance.
00:06:08C'est l'ambiance.
00:06:26Dans la Mancha, le pauvre chevalier errant, Don Quichotte, se sentait bien seul contre les moulins à vent.
00:06:36Aujourd'hui, un nouveau souffle se lève sur la Castille de la Manche.
00:06:41Ces collines abritent les pueblos negros, des villages noirs singuliers.
00:06:46Ici, interdits de construire sans pierre noire.
00:07:05Procé est un enfant du pays, comme son père et son grand-père.
00:07:09En famille, il a appris à travailler la pierre.
00:07:11Sa maison a traversé plus de deux siècles.
00:07:13Ici, nous sommes six villages.
00:07:17Dans les années 60, ils ont été abandonnés à cause de l'émigration vers Madrid.
00:07:21Et puis ceux qui étaient nés ici ont commencé à revenir et beaucoup se sont installés.
00:07:26Ici, la seule manière de vivre est de faire soit de l'élevage, soit de la construction.
00:07:30Et ces pierres attirent les touristes.
00:07:32C'est la magie de la pierre noire.
00:07:46Le temps s'était suspendu.
00:07:48Mais depuis 15 ans, des jeunes emménagent.
00:07:51La pierre est de nouveau exploitée.
00:08:03J'aime travailler la pierre.
00:08:07Elle est très importante pour cette région.
00:08:10On vit d'elle et si elle n'existait pas, les jeunes gens comme moi ne seraient pas ici.
00:08:17Nous apportons une touche de modernité au village.
00:08:24Il y a trois ans, Alejandro a choisi de suivre sa femme et de s'installer ici.
00:08:33Auprès de son père, Olga a retrouvé son village natal.
00:08:42Quand j'étais plus petite, le village était beaucoup plus vivant.
00:08:47On se réunissait entre jeunes et on était bien une trentaine sur la place du village.
00:08:54Je voulais que mes enfants grandissent ici pour être en contact avec la nature.
00:08:58Pour qu'ils la connaissent et la respectent et qu'ils sachent la protéger.
00:09:05Si les jeunes s'en vont, nous les vieux, on va mourir tout de suite.
00:09:09Et si les jeunes ne viennent pas, sans enfants, sans rien, qu'est-ce qui va se passer ici ?
00:09:14S'ils vont tous à la capitale, qui va travailler dans les champs ?
00:09:17Alors j'explique aux enfants comment il faut faire pour qu'ils continuent et que ça ne se perde pas.
00:09:33La nouvelle génération bouscule le silence.
00:09:36Alors, pour chahuter la nuit, elle s'est aménagée un local ouvert à tous.
00:09:54Ces jeunes-là ne sont pas des pantouflards comme nous.
00:09:56Ils ont d'autres idées.
00:09:58C'est déjà un autre monde ici.
00:10:00Ils sont tellement plus dégourdis.
00:10:02Comme celui-là.
00:10:14Aujourd'hui, dans les pueblos negros, la majorité des habitants n'est pas née dans ces murs.
00:10:19Pour la plupart, ils ont quitté Madrid pour changer de vie.
00:10:23Comme Esther et Francisco qui ont ouvert une maison d'hôte il y a 4 ans.
00:10:26Le petit dernier, Samuel, est né ici.
00:10:31On était très fatigués de la ville.
00:10:33Le stress dans les rues, le monde, le bruit, la pollution.
00:10:37Tout allait trop vite, toujours plus vite.
00:10:40On ne pouvait plus respirer.
00:10:42C'est incroyable cet endroit à seulement 120 km de Madrid.
00:10:46On a du mal à croire que l'on est si près.
00:10:48On a l'impression d'être tellement plus loin.
00:10:52Et puis ici, tout le monde se parle, car un jour, on peut tous avoir besoin les uns des autres.
00:11:05Ici, le silence a une sonorité spéciale.
00:11:08On découvre le silence et la tranquillité.
00:11:12Les pierres noires donnent une ambiance particulière à cette montagne.
00:11:15Elles lui donnent un peu de magie.
00:11:22Il y a 15 ans, quand le village s'est repeuplé, l'école a réouvert.
00:11:27L'instituteur, José, est aussi un enfant revenu au pays.
00:11:35Jusqu'à 8-10 ans, c'est très bien de vivre dans ce village.
00:11:37Les enfants ont beaucoup de liberté.
00:11:39Mais après, il leur manque beaucoup de choses.
00:11:42Des choses auxquelles ils vont être confrontés dans la vie.
00:11:44Il doit voir plus de monde, des personnes différentes, de tout genre.
00:11:50C'est mon travail de leur apprendre pour qu'ils puissent choisir.
00:11:52Pas forcément pour qu'ils habitent tous en ville, mais pour qu'ils aient le choix.
00:11:58Sous les rires des enfants, se dessine l'avenir des Pueblos Negros.
00:12:31Sous les rires des enfants, se dessine l'avenir des Pueblos Negros.
00:12:43Sous les rires des enfants, se dessine l'avenir des Pueblos Negros.
00:12:49Sous les rires des enfants, se dessine l'avenir des Pueblos Negros.
00:13:01Oui, oui, je sais bien.
00:13:02Mais qu'est-ce que tu as en fait de cette résine, Alberto ?
00:13:06Cette résine, on la vend à des fabricants qui en font des crèmes, du savon, c'est pour l'épilation
00:13:12et de la cire, quoi, pour vous rendre plus belle, vous, mesdames.
00:13:24Bien, Sophie, là-toi, je vais te montrer comment on extrait de la résine.
00:13:29D'abord, tu fais une encoche dans l'écorce, mais sans arriver jusqu'au bois.
00:13:34Ensuite, on met un produit acide qui va stimuler l'arbre et donc produire plus de résine.
00:13:57Merci beaucoup, Sophie. T'as vu, tout le monde peut faire ce métier.
00:14:06C'est une méthode très simple que tout le monde peut faire.
00:14:10Tu retournes le pot, c'est comme un presse-agrumes.
00:14:21Ah, c'est un bonheur.
00:14:26Il va falloir que tu me dises comment on enlève la résine sur les mains, parce que ça commence à
00:14:29coller, là.
00:14:30Ah, c'est simple, tu frottes tes mains sur l'écorce de l'arbre, regarde.
00:14:33Ah, d'accord.
00:14:36Ah oui, t'as raison, disons. Super, ça, c'est un bon truc.
00:14:43J'ai travaillé pendant presque 20 ans dans le parc naturel.
00:14:47Mais avec la crise, il n'y avait plus assez d'argent et il a bien fallu que je gagne
00:14:51ma vie.
00:14:54Comme mes parents étaient collecteurs de résine, j'ai grandi dans ce milieu et donc j'ai pu apprendre le
00:14:59métier et j'ai repris le flambeau.
00:15:09Bon, là, si je te laisse faire, c'est un truc d'homme, ça.
00:15:11Oui, regarde, on va juste à vider ça dans le bidon.
00:15:15Et voilà.
00:15:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:15:53Avec cette paix et cette tranquillité, on imagine ce que devait ressentir San Frutos, le saint patron de Ségovie.
00:16:06Pourquoi et quand on a voulu créer un parc ici ?
00:16:09On a déclaré les gorges de la rivière Duraton, parc naturel, en juin 89, avec pour objectif de conserver sa
00:16:17flore, sa faune et sa géologie.
00:16:21J'ai l'impression que tu connais ce parc comme ta poche.
00:16:25Quand j'étais petit, je vivais très près d'ici.
00:16:29J'ai toujours été beaucoup attiré par cette zone.
00:16:34Quand on voit ces gorges pour la première fois, on reste bouche bée.
00:16:50Ce parc naturel abrite une des plus grandes colonies de vautourfours du monde.
00:17:17C'est un endroit absolument magique.
00:17:22C'est vraiment très très beau.
00:17:28Là, il y a un couple, regarde.
00:17:30Et ce vautour est un adulte, certainement le mâle, qui est en train de surveiller, de contrôler.
00:17:35La femelle donne sûrement à manger aux petits.
00:17:42On compte cette année 600 à 700 couples, ce qui va donner environ 330 petits.
00:17:47C'est une quantité assez importante.
00:17:50Les vautours nous ressemblent un peu.
00:17:52Ils vivent assez longtemps, en moyenne 40 ans, et ils se marient pour la vie.
00:18:04Sophie, regarde la paroi.
00:18:06Et voyons si tu arrives à trouver combien il y a de vautours.
00:18:11Là, j'en vois deux.
00:18:13Deux là.
00:18:14Et deux qui sont devant.
00:18:16Il y en a cinq.
00:18:17Cinq ?
00:18:18Attends, je ne les vois pas du tout, les autres.
00:18:20C'est incroyable, ils se confondent complètement avec les rochers.
00:18:23Oui, oui, ils se camouflent.
00:18:25S'ils ne bougent pas, on ne les voit pas.
00:18:33En ce moment, c'est la période pendant laquelle de nombreux petits apprennent à voler.
00:18:37Ils ne sont pas encore très habiles.
00:18:40Tu vois, celui-ci, il est tombé du nid dans l'eau.
00:18:42Et là, il est en train de sécher.
00:18:44Une fois sec, il va retenter de voler.
00:18:54Les montagnes de la Guadarrama accueillent une grande partie de la faune sauvage de la péninsule ibérique.
00:18:59Au Moyen-Âge, c'était le terrain de chasse des rois d'Espagne.
00:19:02Aujourd'hui, cette montagne est une terre de prédilection pour les associations de sauvegarde des animaux.
00:19:09Juan José est membre de l'ONG Grefa, dont le rôle est la protection et la réintroduction d'espèces autochtones.
00:19:15L'aigle en fait partie.
00:19:19C'est une espèce menacée qui est présente au niveau européen.
00:19:27Dans cette zone, à partir des années 90, elle a disparu, à cause de l'extension de l'urbanisme.
00:19:34Mais les mentalités ont évolué et on pourrait la voir réapparaître.
00:19:38C'est notre objectif.
00:19:43Aux premières heures du matin, ce que l'on fait, c'est d'abord d'amener à manger à ces
00:19:47individus.
00:19:48Parce que même s'ils chassent par eux-mêmes, ça permet de les inciter à chasser dans cette zone.
00:19:55En déposant des proies mortes dans certaines zones, les scientifiques espèrent que l'aigle de Bonelli,
00:20:00jadis espèce emblématique de la région de Madrid, s'installera à nouveau sur cette terre d'origine.
00:20:15Plus le son est fort, plus ça veut dire qu'ils sont proches.
00:20:25On va attendre un peu caché derrière.
00:20:31Après plusieurs heures d'attente, une fine silhouette se détache à l'horizon.
00:20:39Sentant la présence humaine, l'aigle restera sur les hauteurs.
00:20:45Et si ces espèces ont pu être réintroduites, c'est aussi grâce à la vigilance des madrilènes eux-mêmes.
00:20:50Chaque jour, l'association accueille de simples habitants de la ville et de ses environs qui ramènent des animaux blessés.
00:20:57C'est un oisillon qui est tombé du nid.
00:21:00Je l'ai récupéré hier et je lui ai donné un peu de pain.
00:21:08Ici, tous les animaux autochtones sont recueillis et soignés comme dans un véritable hôpital.
00:21:16Pansements, points de suture, mais aussi ultrasons ou lasers,
00:21:20les meilleures techniques sont utilisées pour venir en aide aux animaux blessés.
00:21:28Parmi la cinquantaine de bénévoles, Susanna, une physiothérapeute.
00:21:35Il a perdu sa mobilité.
00:21:47C'est la faute de l'homme si cet animal n'est plus aujourd'hui dans son milieu naturel.
00:21:52Donc je crois que nous devons, de notre côté, faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider.
00:21:58Ici, chaque petite victoire, chaque chose que nous apportons est importante.
00:22:04Il ne s'agit pas de changer le monde, mais oui, on peut, grâce à notre travail, changer quelques petites
00:22:09choses.
00:22:13Depuis 30 ans que l'association existe, 40 000 animaux sauvages, petits et grands, ont été soignés dans l'hôpital,
00:22:19faisant de ce centre un des plus grands d'Europe.
00:22:28Parmi eux, 1 000 oiseaux sont nés et ont grandi au centre avant de retrouver leur liberté.
00:22:48Il faut juste rajouter quelques couches de peinture au niveau des cheveux, mais sinon c'est super.
00:22:53Ça ressemble vraiment à Emilio.
00:22:55Il a un visage de fou.
00:22:58Ça, c'est bon.
00:23:00Au pire, il faudra juste refaire une retouche de peinture par là.
00:23:21Ça te plaît ?
00:23:23Oui, oui, j'aime beaucoup.
00:23:26Tu fais partie des artistes qui font ça ?
00:23:29Oui, oui, oui, j'appartiens au groupe.
00:23:31On est un collectif ici dans le quartier.
00:23:36Et vous faites de l'art de rue ?
00:23:37Comment tu viens de parler de ce que vous faites ?
00:23:40C'est difficile de le décrire, car on vient du graffiti.
00:23:43Mais on a un style un peu éloigné de ce que les gens attendent du graffiti.
00:23:50Mais notre inspiration vient du graphe traditionnel, parce qu'on vient de là.
00:23:55Nous sommes de la rue.
00:23:56Et vous avez l'autorisation pour peindre sur cette porte ?
00:23:59Non.
00:24:00Normalement, non.
00:24:01Mais ce que l'on essaye de faire avec cette série, c'est d'améliorer les espaces dégradés.
00:24:07Par exemple, cette porte, elle était vraiment en mauvais état.
00:24:10Il y avait des tags et des restes d'affiches.
00:24:15Et dans le cadre de cette série, on fait le portrait de gens qui travaillent dans la rue,
00:24:20d'autres grapheurs ou des artistes urbains.
00:24:25En fait, on préfère travailler dans la rue parce qu'on aime offrir nos œuvres aux gens.
00:24:30Pour nous, la rue, c'est quelque chose de positif.
00:24:34Et on atteint le public de façon beaucoup plus directe.
00:24:37Il bénéficie gratuitement de notre art.
00:24:42Et on cumule ce travail dans la rue avec le travail au studio.
00:24:58Salut.
00:25:01C'est une ambiance de garçons ici.
00:25:04Oui, on est un groupe de cinq garçons.
00:25:09On combine notre travail dans la rue avec le studio ici.
00:25:15On a fait la pochette d'un disque de rock.
00:25:18On prépare aussi des collaborations avec des architectes.
00:25:21On fait de la peinture en studio.
00:25:24Et en ce moment, on prépare aussi des actions dans la rue.
00:25:27D'accord.
00:25:28Et est-ce que vous avez réalisé certaines de vos œuvres ailleurs qu'en Espagne,
00:25:32dans d'autres villes dans le monde ?
00:25:34À chaque fois que l'on peut, on s'échappe.
00:25:37Et plus on va loin, mieux c'est.
00:25:42La dernière fois, c'était en Afrique du Sud, dans la ville du Cap.
00:25:45Oui, autre fois.
00:25:48On est resté un mois pour faire des fresques.
00:25:51C'était une super expérience.
00:25:55Par exemple, là, c'est une installation pour un club de cyclistes.
00:26:00C'était dans un des quartiers les plus pauvres du Cap, qui s'appelle Kalicha.
00:26:07On voulait insuffler un peu d'air frais et apporter un nouveau message.
00:26:11Quelque chose qui pouvait éveiller en eux de l'inspiration.
00:26:13Les quatre derniers sont une chispe ou une inspiration.
00:26:16Oui.
00:26:44Tiens, regarde Sophie.
00:26:45Ça, c'est un des nôtres.
00:26:47C'est Rouen.
00:26:47Je l'avais reconnu.
00:26:55Regarde Sophie.
00:26:56Ici, c'est l'œuvre à laquelle nous sommes le plus attachés.
00:27:01Car le support était fantastique.
00:27:05Au final, elle s'est conclue par une forte relation d'amitié avec le propriétaire du magasin et ça lui
00:27:10a servi à changer l'image de sa boutique.
00:27:17Le mélange, ça fait partie de notre philosophie.
00:27:20On aime se mélanger, pas seulement entre nous, mais aussi avec les gens et connaître de nouvelles personnes.
00:27:26Et dans ce cas, la relation avec les plombiers qui tiennent ce commerce, c'est génial.
00:27:44C'est les frères Aguirre.
00:27:46Justement, vous ne les avez pas pris pour des fous quand ils sont arrivés et qu'ils vous ont dit
00:27:50qu'ils allaient peindre votre boutique ?
00:27:52Oui, on a pensé qu'ils étaient fous.
00:27:54On ne pensait pas que c'était gratuit.
00:27:56On a plein d'idées pour d'autres types de boutiques, mais ils ne sont pas au courant.
00:28:10Branchée, avant-gardiste et innovante, Madrid se transforme.
00:28:15Face à sa concurrente Barcelone, la reine d'Espagne veut redevenir une vitrine de l'Europe.
00:28:21Entravée sous Franco, désormais, l'architecture s'épanouit.
00:28:29Madrid convie les designers du monde entier pour s'offrir un lifting de luxe.
00:28:33Symbole de cette frénésie, l'hôtel Puerto America.
00:28:37Voilà les photos.
00:28:43La porte est intéressante.
00:28:46C'est très curieux.
00:28:48Le premier étage.
00:28:50J'aimerais la suite junior, merci.
00:28:52Parfait.
00:28:55Ici, les plus célèbres architectes ont eu carte blanche.
00:28:58De Jean Nouvel à Zaha Hadid, ils ont tous imaginé un étage de cette tour de Babel moderne.
00:29:16Cette chambre, c'est plus qu'une chambre pour venir dormir.
00:29:19C'est une expérience unique pour approcher le travail d'un architecte.
00:29:25C'est comme vivre dans un musée d'art contemporain.
00:29:35Audacieuse, Madrid reste très ibérique.
00:29:38Entre ses tours, la Castillane préserve son charme surannée.
00:29:42L'âme madrilène plane dans les barriots, les quartiers traditionnels et populaires,
00:29:47comme à la Latina où vit Eva.
00:29:52Vous avez le publico ?
00:29:55Le quartier est vivant grâce aux personnes qui y vivent.
00:29:58Il y a des professions libérales, des bobos, des gens de passage,
00:30:02des étrangers qui viennent ici pour la saison.
00:30:05C'est la vraie richesse du quartier.
00:30:31Les madrilènes ont un fort sentiment d'enracinement dans leur quartier.
00:30:35Ce n'est pas un endroit de passage ou de transit, c'est un lieu de vie.
00:30:40Ici, on veut conserver ce centre-ville.
00:30:42On ne veut pas que Madrid devienne un immense centre commercial.
00:30:47Il faut donc créer des réseaux sociaux
00:30:49pour maintenir le lien et l'enracinement des enfants dans leur quartier,
00:30:52s'ils veulent continuer à vivre ici comme leurs parents et leurs grands-parents avant.
00:31:21Au cœur de la Latina, un terrain vague abandonné s'aménage.
00:31:25El Campo de Cebada.
00:31:30Les ribrains comme Eva ont lancé cette initiative avec l'aide d'un collectif d'architectes.
00:31:35Ici, les portes sont grandes ouvertes pour accueillir la main d'œuvre
00:31:39et les regards intrigués ou protecteurs.
00:31:45Au bord, bien au bord.
00:31:50On passait seulement par là.
00:31:51Qu'est-ce qui se passe ici ?
00:31:53C'est un espace public un peu alternatif
00:31:55où tout le quartier peut organiser des concerts, des soirées par exemple.
00:31:58Les voisins ont même organisé un championnat de foot.
00:32:11C'est un pays où l'on vit beaucoup dans la rue.
00:32:15La rue nous offre plus de dynamisme et de participation.
00:32:19Dans le quartier, cette place a apporté de la participation,
00:32:22a apporté de la vie, de l'enthousiasme, de l'énergie pour changer les choses.
00:32:31Si tu es en Madrid, eres de Madrid.
00:32:34Si tu es à Madrid, tu es de Madrid.
00:32:36Ce proverbe madrilène est aussi celui de Lavapièce.
00:32:40Le quartier le plus cosmopolite de la ville
00:32:42a su allier le patrimoine d'antan et le métissage.
00:32:52Cette ancienne usine de tabac, la Tabacalera,
00:32:54a toujours été le symbole de la mobilisation du quartier.
00:32:58De ces murs sont sortis les premiers leaders en jupe
00:33:01des luttes ouvrières de 1830 et de nombreux opposants à Franco.
00:33:08L'essai à l'abandon, elle a été reprise par les habitants du quartier.
00:33:12Ils l'ont transformée en centre culturel autogéré.
00:33:16L'impulsion avait été donnée par le mouvement des squatteurs espagnols,
00:33:19les occupaces.
00:33:21Aujourd'hui, la Tabacalera est le cœur du quartier.
00:33:44A Madrid, il n'y a pas que des madrilènes pures souches,
00:33:47comme c'était le cas il y a 30-40 ans.
00:33:51Depuis 15-20 ans, Madrid s'est transformée en une ville
00:33:54où l'on croise toutes sortes de gens, où l'on peut tout faire.
00:33:57C'est vraiment un mix de cultures.
00:34:02Je crois qu'ici se réunissent toutes les ambiances culturelles
00:34:05du quartier de la Vapies.
00:34:10Tantôt bohème, tantôt moderne, Madrid se dessine un avenir créatif très fertile.
00:34:29Sous-titrage Société Radio-Canada
00:34:58Sous-titrage MFP.
00:35:01Hola, ¿qué tal? Soy Ceci. Hola.
00:35:05Yo soy Ana.
00:35:07Ana.
00:35:07Ella es Sara.
00:35:09¿Cómo estás, Sara?
00:35:10Y es Roberta.
00:35:11Encantada.
00:35:14Comment a commencé cette idée de dégustation d'huile d'olive ?
00:35:18A la base, nous sommes une librairie gastronomique.
00:35:20Mais nous essayons aussi d'être un centre culturel dédié à la connaissance et à l'apprentissage de la gastronomie.
00:35:35J'aime goûter les huiles d'olive, mais les déguster comme ça, comme un grand vin, c'est la première
00:35:38fois.
00:35:39Donc je suis très heureuse et impatiente de t'écouter.
00:35:43La dégustation consiste à mettre tous nos sens en éveil pour décortiquer un produit alimentaire.
00:35:52Bien, que voit-on ?
00:35:53On voit la transparence, on voit la limpidité, la brillance, et on voit qu'il n'y a pas de
00:36:00particules en suspension.
00:36:01Oui, puis t'en as vraiment une qui est un peu trouble, je trouve, alors que celle-ci est beaucoup
00:36:06plus claire.
00:36:08Voyons maintenant au nez.
00:36:10Comme le vin, ça se sent en deux phases.
00:36:13Une pour sentir la variété des saveurs, et une où l'on tourne le verre pour faire ressortir les autres
00:36:19caractères de l'huile.
00:36:20L'huile, il faut la remuer pour que ressortent tous les arômes.
00:36:25Elle est bien.
00:36:27Je sens une pointe d'acidité ?
00:36:30Elle sent un peu l'orange.
00:36:51Sur une échelle de 1 à 5, celle-ci aura 1, celle-ci aura 1 à 5, car elle est
00:36:56parfaite, très très intense.
00:36:58C'est impressionnant.
00:37:05On a l'impression d'être dans un champ immense.
00:37:09Quand on est arrivé en Espagne pour la première fois, je crois qu'une des premières choses qu'on a
00:37:12envie de déguster, ce sont les tapas.
00:37:14Est-ce qu'il y a une culture des tapas ici à Madrid ?
00:37:18Madrid est une tapa, c'est-à-dire le symbole, ce qui définit.
00:37:22La cuisine madrilène aux yeux du monde, c'est la tapa.
00:37:27Madrid est comme une petite planète où cohabitent les cultures du monde entier et cela se reflète dans la cuisine.
00:37:33Tu peux trouver des tapas avec des saveurs du monde entier et ça, c'est très intéressant.
00:37:39C'est ça, c'est très intéressant.
00:37:41C'est ça, c'est très intéressant.
00:38:10On est dans un endroit emblématique de la gastronomie espagnole.
00:38:13Et tu vois, toute la décoration représente des petits peignes à chignon.
00:38:19C'est très représentatif de la tradition espagnole, mais c'est aussi très moderne.
00:38:25C'est précisément le reflet de ce qu'on va manger.
00:38:28Un mélange de tradition et d'avant-garde.
00:38:34Aujourd'hui, on va goûter quelque chose de très spécial, que tu ne trouveras pas ailleurs.
00:38:38C'est une tortilla déconstruite, appelée ici tortilla du 21e siècle.
00:38:44L'origine du terme tapas date d'il y a des siècles.
00:38:49Dans les tavernes anciennes, tu vois, on recouvrait le dessus des verres.
00:38:54On y mettait alors une tartine de pain et de fromage, pour éviter que des mouches tombent dans le verre.
00:39:03Et c'est de là que vient tapas, couvrir en espagnol.
00:39:13Il faut que c'est beau. Déjà, c'est très joli.
00:39:18D'accord.
00:39:25Ah oui, oui, oui. Non, mais ça n'a rien à voir avec les patatas bravas que j'avais vues
00:39:28dans d'autres endroits.
00:39:33On goûte ?
00:39:34Ah oui.
00:39:42Pour bien la déguster, il faut plonger la cuillère au fond du verre.
00:39:46Et quand tu la mets dans la bouche, tu découvres toutes les saveurs que contient une tortilla.
00:39:55C'est bon, hein ?
00:39:58Allez, salut !
00:40:16S'il y a bien une chose pour laquelle les Madrilènes ne sont jamais en retard, c'est la sieste.
00:40:31Pour moi, la sieste est très importante.
00:40:34Je veux continuer cette tradition.
00:40:36Ce n'est pas une sieste au lit, en pyjama, mais une sieste dans le fauteuil, devant la télévision.
00:40:42Je dors peu la nuit, 5, 6 heures, donc avec 15 à 20 minutes de sieste, je récupère énormément.
00:41:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:41:20Au début du XXe siècle, les Espagnols aussi déjeunaient vers midi.
00:41:25Mais la précarité engendrée par la guerre civile a décalé les horaires.
00:41:29Beaucoup d'Espagnols ont dû cumuler deux emplois.
00:41:32Alors, ils piquaient une sieste pour reprendre des forces.
00:41:36Et ce petit plaisir s'est bien enraciné dans la nature madrilène.
00:41:45C'est une des choses les plus typiquement espagnoles.
00:41:48De l'Espagne, on connaît les taureaux, la sangria, la plage et la sieste.
00:41:55Le lieu typique pour dormir pendant la sieste, c'est les toilettes du bureau.
00:42:00Une planque mondialement connue, non ?
00:42:03Tu t'installes aux toilettes pour 20-25 minutes et normalement, personne ne viendra te contrôler.
00:42:10En Espagne, la sieste est le sport le plus pratiqué.
00:42:13Nous avons le football, bien sûr, mais la sieste a beaucoup plus d'inscrits.
00:42:31Pendant toute une année, ces designers espagnols ont planché dur pour résoudre une énigme.
00:42:50Ils ont cherché la position la plus confortable pour dormir au travail.
00:42:55Dans leur sieste, ils ont imaginé un cocon, un oreiller douillet pour le bureau.
00:43:02Ça crée un espace intime dans la relation avec l'objet.
00:43:07C'est ce qu'on voulait explorer avec notre objet.
00:43:28Rentre un peu plus les bras.
00:43:31Aujourd'hui, on travaille de plus en plus, donc on voulait créer un objet où l'on pourrait avoir de
00:43:36l'intimité.
00:43:37C'est-à-dire bloquer toutes les sensations, la vue, l'ouïe, l'odorat, pour savourer le moment.
00:43:47C'est comme un animal qui met sa tête sous la terre pour s'éclipser du monde.
00:43:53C'est la même chose, un oreiller pour la tête.
00:43:56Je suis pas là, je suis pas là, je suis pas là, je suis pas là.
00:44:26Salut Sophie, appartement 6, porte C.
00:44:48Bonjour, comment ça va ?
00:44:52Ça va ?
00:44:52Ça va bien ?
00:44:53Entre, je t'en prie.
00:44:56Voilà mon appartement.
00:44:57J'étais en train de ranger des livres.
00:45:00Je reçois beaucoup de publications et je n'ai jamais le temps de les ranger.
00:45:03Et là, je comprends bien ta passion de l'histoire de l'art.
00:45:07Oui, mes livres sont presque tous des livres d'art.
00:45:09Un rang pour la photographie, un pour l'art classique, un pour l'art contemporain et un pour l'architecture.
00:45:14Ce sont mes passions.
00:45:15Oui, parce que l'autre passion, c'est aussi les collections, parce que je vois que tu as des...
00:45:19Oui, oui, des petites collections.
00:45:20Des petites collections, pas mal.
00:45:23Par exemple, cette collection de céramique comme celle-ci de style Raku.
00:45:26Ah oui, ça j'aime beaucoup aussi.
00:45:29Les autres sont des pièces des années 70, un peu marquées par le style nordique.
00:45:34Et où est-ce que tu trouves tout ça ?
00:45:36Je trouve tout ça au rastro.
00:45:38C'est vraiment un endroit où on peut dénicher des trésors.
00:45:40Tu veux qu'on y aille ensemble ?
00:45:42Ah oui !
00:45:51Alors là, t'es heureux, parce qu'on est dans le marché aux puces que tu adores,
00:45:56qui est un des plus grands marchés aux puces d'Europe.
00:45:59Pourquoi tu l'aimes tant, ce rastro ?
00:46:02Parce que tu peux rencontrer à la fois des antiquaires très chers,
00:46:05et en même temps, il y a des gens qui viennent acheter des sandales à 5 euros.
00:46:09J'aime cette diversité, il y a des gens de tous les styles,
00:46:12même si tu viens seul, tu rencontres toujours quelqu'un.
00:46:15Il y a toujours quelqu'un qui te salue,
00:46:17et en plus, tu peux trouver des petits trésors.
00:46:44Regarde, Sophie, c'est une boutique un peu spéciale.
00:46:46Elle s'appelle El Transformista, une institution ici.
00:46:50Si c'est une institution, alors il faut qu'on visite.
00:46:52Le propriétaire est un peu un créateur de tendance.
00:46:57Hier, tu sais, pour certains films d'Almodovar, certains objets ont été loués ici.
00:47:10Cette boutique est un peu l'emblème de Madrid, à l'époque de la Movida, après la dictature de Franco.
00:47:14La Movida, justement, ça c'est une époque aussi très importante pour l'Espagne.
00:47:19On est après Franco.
00:47:20C'est une explosion de gens qui ne savaient pas très bien où aller, mais qui voulaient faire des tas
00:47:24de choses.
00:47:25Tout le monde faisait du design, créait, peignait, dansait.
00:47:29Je venais étudier à Madrid, je venais de la province, et j'ai trouvé ici une explosion de liberté.
00:47:34C'était difficile d'aller à la fac, car les nuits étaient plus amusantes que les jours.
00:47:37On sortait et on s'amusait beaucoup.
00:48:05Qu'est-ce que c'est joli ici?
00:48:07C'est mignon, hein?
00:48:09Oui, c'est la place de la Passa, une place historique qui fait partie du Madrid des Habsbourg.
00:48:14Ici, on a l'impression de vivre dans un village, de faire partie d'une communauté beaucoup plus petite que
00:48:19le reste de la ville.
00:48:20Il y a vraiment une ambiance très sympa, là, avec ses terrasses, ses bars.
00:48:24On trouve encore quelques petites boutiques ouvertes.
00:48:27Il y a encore beaucoup de commerces de proximité?
00:48:29Oui, il reste encore beaucoup de petites boutiques de quartier mélangées avec des commerces liés à l'immigration, des commerces
00:48:35de familles chinoises, hindous, arabes.
00:48:37Ici, tu peux te promener, faire tes achats, rentrer chez toi en marchant.
00:48:41Tu n'as pas besoin des transports publics, de la voiture ou du métro.
00:48:53Madrid est une des rares villes d'Europe où le commerce de proximité n'a pas été détrôné par les
00:48:57supermarchés.
00:48:59Le centre-ville regorge de boutiques anciennes, où il faut parfois faire la queue des heures pour trouver l'article
00:49:04tout aussi superflu qu'indispensable.
00:49:13Alvaro est photographe.
00:49:15Amoureux de sa ville, il a recensé dans un ouvrage ses boutiques très prisées des Madrilènes.
00:49:27Tout ce qui est ancien m'intéresse.
00:49:31Et ça m'intéresse aussi parce que ça fait partie de la vie de la ville.
00:49:36C'est un commerce très proche du public, où ils connaissent les gens du quartier, les voisins, et qui sont
00:49:42tout le contraire des grandes surfaces.
00:49:51Parmi ces boutiques de proximité, près de 500 sont centenaires.
00:49:56Mais 130 seulement sont restées telles qu'elles étaient à leur création.
00:50:04Et si certaines boutiques ont miraculeusement survécu aux ouvrages du temps, c'est grâce à ces familles qui ont su
00:50:09transmettre un patrimoine.
00:50:16C'est le cas de la famille Ramirez.
00:50:18Cinq générations de fabricants de guitare se sont succédées ici.
00:50:22Pourtant, aucun ne jouait de l'instrument.
00:50:27Cristina, la plus jeune des Ramirez, a décidé de franchir le pas.
00:50:34Essaye de revoir ton solfege.
00:50:37De toute manière, ce que l'on corrige là, c'est un mouvement trop ample.
00:50:43Je suis Cristina Ramirez, la guitare c'est quelque chose dont j'ai hérité de ma famille.
00:50:49Et je n'aime pas juste les fabriquer, j'aime aussi en connaître le son.
00:50:55Je veux le faire bien et même le faire mieux qu'eux, parce que ce que je veux réussir à
00:50:59faire, c'est un instrument qui rend heureux le musicien.
00:51:06Avant Cristina, les Ramirez avaient une connaissance du bois qui faisait d'eux des experts.
00:51:10Aujourd'hui, pour que l'entreprise familiale perdure, il a fallu que Cristina, sa tante et les autres membres de
00:51:16la famille travaillent sur tous les fronts de la boutique à l'atelier.
00:51:26Je suis habituée à travailler en famille, c'est bien parce qu'on peut se parler facilement, les choses se
00:51:31font avec plus de confiance, il y a un vrai compromis.
00:51:52Parfois, ça me donne le vertige de me dire qu'on a réussi à se maintenir jusque-là et qu
00:51:57'on doit encore faire mieux.
00:52:00A quelques pas de là, une maison familiale a fait sa réputation sur la rareté de ses produits.
00:52:05Chez les Riesgo, on était herboriste, alchimiste, avant d'être chimiste.
00:52:11Dans la boutique, 300 casiers en bois renferment les secrets de famille que Ramon et Santiago, les cousins, gardent précieusement.
00:52:23Ici, on trouve même ce que l'on n'attend pas.
00:52:27Les gens, quand ils ne le connaissent pas, s'étonnent beaucoup et disent « sperme de baleine ? » et
00:52:31ils rigolent.
00:52:32Ça oui, ils rigolent.
00:52:35En fait, avant, c'était quelque chose que l'on prélevait dans une glande située dans la tête de la
00:52:39baleine.
00:52:43Et on l'utilisait dans la fabrication de cosmétiques.
00:52:46Des crèmes très bonnes et tout ça, mais bon, maintenant c'est fini.
00:52:48Ça se fait de manière synthétique, évidemment.
00:52:51La baleine est protégée dans le monde entier ou presque.
00:52:56Partie intégrante de la personnalité de la ville,
00:52:59ses boutiques anciennes, artisans, pâtissiers, coiffeurs,
00:53:02sont aujourd'hui des bâtiments classés que la ville essaye de maintenir pour que Madrid ne perde pas son âme.
00:53:08Des boutiques auxquelles les madrilènes aiment rester fidèles.
00:53:26Il y a 40 ans, je venais ici, chez ce coiffeur avec mon grand-père.
00:53:30Ils nous emmenaient souvent ici, mon frère et moi.
00:53:33Alors forcément, tu t'attaches aux choses et quand tu reviens à Madrid,
00:53:36tu retournes dans ces endroits où tu es toujours venu.
00:53:39Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:17Donc là, Sophie, on est à la bouche de métro Anton Martin,
00:54:20près de l'école de flamenco Amor de Dios
00:54:24et de nombreuses boutiques de robes de flamenco, de chaussures et de guitare.
00:54:29Je vais te montrer mon école.
00:54:30Ça fait deux ans que j'y étudie l'art du flamenco.
00:54:45Moi, petite française, je viens ici, en Espagne, à Madrid, pour parler du flamenco jusqu'ici.
00:54:50C'est normal, mais avec un allemand.
00:54:52Toi, tu es vraiment tombé amoureux du flamenco ?
00:54:56Oui, c'est drôle, mais ça me semble une bonne chose.
00:55:00Ça prouve que le flamenco est un art universel qui attire des gens du monde entier.
00:55:06Pourquoi tu as choisi de venir ici, à Madrid, particulièrement, pour l'apprendre ?
00:55:11Je suis arrivé à Madrid pour apprendre l'espagnol.
00:55:15J'aimais déjà le flamenco, mais j'ai mis beaucoup de temps avant d'entrer dans une école,
00:55:19parce que j'avais beaucoup de respect pour le flamenco.
00:55:22Et au bout de six mois, je me suis décidé.
00:55:26Depuis ce jour, j'y danse sept heures par jour,
00:55:28et je ne peux pas vivre sans ça.
00:55:45C'est mieux, encore une fois.
00:55:50Alors ça y est, on est ici à l'endroit où tu passes des heures et des heures.
00:55:54C'est un peu ta deuxième maison, à Mordidios.
00:55:58Oui, c'est vrai que c'est beaucoup, beaucoup d'heures chaque jour.
00:56:01C'est comme ma maison.
00:56:03C'est vraiment une institution ici, à Madrid.
00:56:10Ça existe depuis quand, cette école ?
00:56:13L'école a été créée en 1958, mais dans un autre endroit,
00:56:17dans la rue Amor de Dios.
00:56:19C'est de là qu'elle tient son nom.
00:56:23Et c'est le lieu mythique du flamenco.
00:56:32Quand je rentre ici, à l'école Amor de Dios,
00:56:35je sens la sueur, l'odeur du bois des planches.
00:56:38C'est un lieu très flamenco, avec énormément d'esprit flamenco.
00:56:58Avant, un peu avant.
00:57:19Alors là, bravo !
00:57:21Je ne vais jamais oser essayer.
00:57:23En tout cas, je suis bluffée.
00:57:26Candela, qu'est-ce que vous pensez de votre élève allemand ?
00:57:31Je pense de lui qu'il est travailleur, constant et persévérant.
00:57:38S'il le veut, il peut réussir à atteindre son but.
00:57:42Mais avec beaucoup de patience et beaucoup de dévouement.
00:57:46Comment vous avez appris, vous, le flamenco ?
00:57:48Vous vous souvenez de vos premiers pas ?
00:57:50Je me rappelle que quand j'ai commencé à danser, j'avais 13 ans.
00:57:54C'était pour un film.
00:57:56Et je ne connaissais rien à la danse.
00:57:58Et avec le temps et beaucoup de patience, j'ai appris seule, sans professeur.
00:58:02Vous avez l'air d'être une enseignante exigeante, mais généreuse.
00:58:08Ça vous fait plaisir de transmettre votre savoir ?
00:58:12Je suis généreuse, mais je suis très, très exigeante et plutôt dure.
00:58:17Pour moi, ça m'a beaucoup coûté.
00:58:19Et je voudrais qu'eux aussi apprennent de la même manière.
00:58:238, 9, 10, 1.
00:58:35L'apprentissage du flamenco, c'est quelque chose de très complet.
00:58:39Il faut le travail avec les pieds, le travail avec les mains.
00:58:42C'est un travail corporel, en fait.
00:58:44C'est tout le corps, des pieds à la tête.
00:58:48Jusqu'aux sourcils, jusqu'aux yeux, aux épaules, les hanches, les mains.
00:58:52C'est un travail extérieur, mais aussi intérieur.
00:58:57Andréas, qu'est-ce que tu vas faire, toi, de tout cet enseignement ?
00:59:00Ce que je souhaite plus que tout, c'est danser.
00:59:02Continuer à danser, danser tous les jours.
00:59:05Ne rien faire d'autre que danser.
00:59:07Mais après, de quelle manière ça m'est égal ?
00:59:09Peut-être devenir professeur, donner des cours ici ou en Allemagne, ça m'est égal.
00:59:13J'ai besoin de danser.
00:59:18Vous, vous, tranquille.
00:59:21Merci.
00:59:29Allez, suivez bien le mouvement, comme moi.
00:59:32Talon.
00:59:33Demi-talon.
00:59:34Demi-talon.
00:59:35Talon.
00:59:37À gauche.
00:59:40À droite.
00:59:41À droite.
01:00:03Ça va, mais moi, c'était une catastrophe.
01:00:07Non, mais écoute, en tout cas, j'ai compris une chose, c'est qu'il faut des heures, des jours,
01:00:12voire des années pour apprendre à danser le flamenco.
01:00:14Mais en tout cas, je comprends pourquoi tu t'es passionné pour cette danse.
01:00:17C'est une très, très belle danse.
01:00:19Ne t'inquiète pas, Sophie, c'est normal, ça vient petit à petit.
01:00:22C'est ton premier jour.
01:00:23Le premier jour, c'est toujours comme ça.
01:00:25D'accord.
01:00:25Bon, en tout cas, t'as été très indulgent.
01:00:27Merci beaucoup.
01:00:27Tu sais, Andréas, on a une habitude dans nos Échappées Belles, c'est de faire une pause et de nous
01:00:33intéresser aux routes mythiques.
01:00:34Alors, les routes mythiques d'Échappées Belles, ce sont des grands voyages, des grandes aventures racontées à la première personne
01:00:40que nous suivons un peu comme un feuilleton en quatre épisodes.
01:00:42Aujourd'hui, nous allons nous intéresser à l'histoire des évadés du bagne en Guyane française.
01:00:48Alors, si certains ont tenté de se faire la belle, très peu d'entre eux ont réussi à retrouver leur
01:00:54liberté.
01:00:58François Fèvre, le réalisateur de ce film, a choisi comme point de départ Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française,
01:01:04où l'histoire de ses bagnards marque encore les esprits aujourd'hui.
01:01:17Entre 1857 et 1945, la France aura déporté au bagne de Guyane près de 85 000 hommes et femmes.
01:01:26Astreints aux travaux forcés, ces bagnières étaient surtout destinées à remplacer les esclaves après l'abolition de 1848.
01:01:35Arrivés en Guyane, les forçats débarquaient à Saint-Laurent-du-Maroni, puis étaient envoyés dans des camps de travail en
01:01:41forêt.
01:01:45Aucun chiffre officiel n'existe sur le nombre d'évadés des bagnes de Guyane.
01:01:49Mais une chose est sûre, seulement quelques-uns ont réussi à s'extraire de la pénitentiaire définitivement.
01:01:56C'est la trace de ces fugitifs que j'ai décidé d'emprunter.
01:01:59De la mythique histoire d'Henri Charrière, alias Papillon, à celle authentique du docteur Bougras, l'épopée de ces bagnières
01:02:05ponctuera mes étapes.
01:02:07Cette route va me conduire au Suriname, au Guyana, au Brésil et au Venezuela.
01:02:21Saint-Laurent est encore aujourd'hui une petite bourgade adossée aux rives du fleuve Maroni.
01:02:26Sous préfecture de la Guyane, elle a du mal à se débarrasser de son passé de capitale du bagne.
01:02:32Malgré les différentes réhabilitations, l'architecture transpire toujours l'époque coloniale.
01:02:37Habitation, hôpital, bâtiments administratifs, tout renvoie au charme désuet de cette époque révolutionnaire.
01:02:44Aujourd'hui, c'est jour de marché et mon regard photographie les visages de la Guyane.
01:02:49Chinois, mongues, nègues marrons, créoles, européens, amérindiens, toute l'histoire de l'Amérique du Sud se reflète dans ses faciès.
01:03:05A quelques rues d'ici, loin du tumulte du marché, le camp de la transportation est toujours debout.
01:03:11Ce camp fut construit par les premiers bagnards.
01:03:14Drôle d'occupation que de construire sa propre prison.
01:03:18L'entrée du camp est intacte et regarde toujours froidement le voyageur qui l'a franchi.
01:03:24C'est ici que Claude m'a donné rendez-vous.
01:03:27Amérindien d'origine, Claude est passionné par le bagne et même si cette page d'histoire est honteuse pour la
01:03:32France,
01:03:32lui considère ce patrimoine comme une chance pour Saint-Laurent-du-Maroni et aime à faire partager ses connaissances sur
01:03:39la vie des prisonniers.
01:03:40L'histoire du bagne, c'est l'histoire de Saint-Laurent.
01:03:43En devenant guide, ça m'a permis de savoir comment a été créé Saint-Laurent, le fonctionnement de Saint-Laurent,
01:03:50en sachant aussi qu'étant jeune, j'ai eu le temps de voir des anciens bannières.
01:04:01Saint-Laurent est devenu vraiment une grande importance à partir de 1880.
01:04:07C'est à ce moment-là qu'on a décidé que Saint-Laurent devienne comme une pénétentiaire.
01:04:11L'objectif premier, c'était de fermer les bagnes qui existent en métropole,
01:04:15donc d'utiliser cette main-d'oeuvre carcérale au développement de la Guyane,
01:04:19de remplacer les esclaves.
01:04:32Alors ici, c'est la partie qui a été rénovée en 1991.
01:04:37C'était pour le film sur l'affaire Sezenek.
01:04:43Donc là, je vais te montrer l'intérieur d'une cellule, le fonctionnement.
01:04:48Donc tu as les planches qui ont été rajoutées pour le film.
01:04:53On peut voir qu'ils avaient aussi un appui tête, un oreiller, si on peut dire ça, en bois,
01:05:00donc qui se déplace en fonction de la taille du bagnard.
01:05:06La barre de fer, qu'on appelle les barres de justice.
01:05:10La manille qui fait 2 kilos.
01:05:14Alors pour mettre le pied, il faut d'abord soulever la barre, enlever le crochet.
01:05:20Et la manille, on la mettait directement autour de la cheville.
01:05:28Donc l'écrou était vissé en dessous.
01:05:37Dès leur arrivée en Guyane, les déportés n'avaient qu'une idée en tête, l'évasion.
01:05:42S'ils furent nombreux à l'envisager, seuls quelques-uns ont réussi à se faire la belle.
01:05:47Les évasions se préparaient plusieurs mois à l'avance,
01:05:50et les murs des cellules emportent encore les stigmates.
01:05:54Les évasions se faisaient le plus souvent en groupe.
01:05:57Chaque bagnard avait une tâche.
01:05:59Il y a un bagnard, par exemple, qui va s'occuper de trouver l'embarcation,
01:06:02lorsqu'il partait, parce que le plus souvent, il y a eu beaucoup de tentatives par la mer,
01:06:06plutôt que par voie terrestre.
01:06:08Il y a un autre qui va peut-être s'occuper de trouver les vivres.
01:06:12Donc chacun avait à ce moment-là une tâche.
01:06:24Le plus célèbre, c'est de ce camp, on va dire de Saint-Laurent, c'est déjà à Papillon, en
01:06:30riche arrière.
01:06:32Vous avez aussi un certain Bougras, qui est un médecin très connu à Saint-Laurent,
01:06:38puisque les habitants l'appelaient Docteur Bougras.
01:06:41Ils ne l'appelaient pas Bougras, non, c'était Docteur Bougras.
01:06:45Il aurait d'ailleurs bénéficié de l'aide des habitants.
01:06:50Le Docteur Bougras.
01:06:52Je ne sais pas encore que l'évocation de ce nom va marquer mon voyage jusqu'au Venezuela.
01:06:58Condamné pour assassinat en 1928, le médecin marseillais Pierre Bougras arrive au bagne en janvier 1929.
01:07:04Le 30 août de la même année, il s'évade du laboratoire de l'hôpital de Saint-Laurent où il
01:07:09était infirmier.
01:07:10Il ne sera jamais repris.
01:07:16L'histoire de ces évasions me donne des fourmis dans les membres et l'envie de reprendre ma route.
01:07:22C'est par le bac qui enjambe le fleuve Maroni que je décide d'aborder le Suriname.
01:07:35Ronaldo, un jeune amérindien, est venu me chercher en pirogue à Albinia.
01:07:40Il tient à me faire visiter son village de Galibi, mais aussi à me présenter Alohéma, la doyenne.
01:07:46Lorsqu'elle était enfant, Alohéma a croisé la route des évadés.
01:07:50De nombreux bagnards ont fait étape ici, à l'embouchure du fleuve Maroni, avant de prendre la mer.
01:07:56Une période difficile pour la vieille indienne qui se méfiait des fugitifs.
01:08:02Les bagnards employaient tous les moyens pour pouvoir s'évader.
01:08:05Ils volaient les canaux aux indiens, ils n'ont jamais acheté de canaux.
01:08:08Ils les volaient.
01:08:09Et si un canot n'était pas surveillé, il était volé.
01:08:12Ils étaient méchants.
01:08:14Les bagnards, on les appelait aussi les chabins.
01:08:16Ils étaient très méchants.
01:08:19Ils tuaient des amérindiens dans les rues de Saint-Laurent.
01:08:22Mais parfois, ceux qui fuyaient étaient des hommes bons.
01:08:25Ça, je l'ai remarqué.
01:08:28Lorsque nous habituons à une grande maison, ici, près de la berge,
01:08:31un matin, nous avons vu une grosse embarcation à l'horizon.
01:08:37Mon père se demandait ce que c'était.
01:08:41Et c'était une embarcation pleine de bagnards évadés.
01:08:44Ils ont accosté au village et ont acheté un pakira que mon père avait tué à la chasse.
01:08:52Ils avaient avec eux beaucoup de nourriture.
01:08:54Ils nous ont donné du pain et du vin, entre autres.
01:08:58Ils avaient pris beaucoup de choses avec eux, car ils espéraient aller jusqu'à Trinidad.
01:09:06Avec leurs canaux, ils partaient dans l'océan,
01:09:09où bien souvent ils coulaient et se noyaient, car la mer est très agitée ici.
01:09:17Ici, à Galibi, les bagnards n'ont jamais tué personne.
01:09:20Par contre, à Saint-Laurent-du-Maroni, oui.
01:09:23Mais ici, non.
01:09:30Je serais bien resté plus longtemps à Galibi
01:09:32pour partager le quotidien de cette communauté amérindienne
01:09:35entre forêts, fleuves et océans.
01:09:38Mais la route m'appelle.
01:09:40200 kilomètres de terre et de bitume
01:09:42pour rejoindre Paramaribo, la capitale du Suriname.
01:09:51Le Suriname a été dans l'histoire l'objet d'un étrange échange
01:09:54entre Hollandais et Anglais.
01:09:57Cette terre d'Amérique a été échangée par les Anglais
01:09:59contre la possession hollandaise de la nouvelle Amsterdam,
01:10:03c'est-à-dire l'île de Manhattan.
01:10:05Aujourd'hui, Paramaribo n'est toujours pas New York.
01:10:10Le Suriname a toujours extradé les bagnards évadés.
01:10:12Mildred, professeure à l'université de Paramaribo,
01:10:16enseigne parfois à ses étudiants cette page d'histoire.
01:10:19Je peux vous dire que je pense connaître vraiment bien cette histoire
01:10:24parce que ma grand-mère est originaire de l'est du Suriname,
01:10:30de la région de Mengo et de la rivière Kotika.
01:10:34Elle est née en 1912 et elle m'a raconté beaucoup d'histoires sur ces hommes,
01:10:39les poïtés.
01:10:42Poïtés était le nom donné aux déportés.
01:10:46Déportés, le mot utilisé en français pour ces prisonniers qui ont fui le bagne
01:10:50et qui se sont réfugiés à l'intérieur du Suriname.
01:10:56Ce que m'a dit ma grand-mère, c'est que quand ils voyaient les bagnards arriver,
01:11:01ils faisaient beaucoup de bruit et les habitants avaient très peur d'eux.
01:11:05Ils avaient peur car ils avaient une apparence très sauvage avec de très grandes barbes.
01:11:09Et les villageois disaient aux enfants que les poïtés étaient des mangeurs d'enfants.
01:11:15Alors s'ils voyaient des poïtés, ils s'enfuyaient en courant.
01:11:19Ils avaient peur pour leur vie.
01:11:21Alors tu vois, si tu as une apparence un peu métisse et surtout un peu sauvage,
01:11:26on t'appellera aujourd'hui poïté.
01:11:27Tu ressembles d'ailleurs un peu à un poïté.
01:11:33C'est avec ce nouveau costume de poïté que je décide de remonter la rivière Suriname.
01:11:39En compagnie de John et de Martha, je veux découvrir la vie des bouchinengés,
01:11:43ce peuple dont les ancêtres venus d'Afrique se sont évadés de leur plantation et ont fui l'esclavage.
01:11:50Aujourd'hui, les bouchinengés représentent 8% de la population du pays
01:11:53et dominent le transport fluvial.
01:12:14Les bouchinengés sont les peuples africains du Suriname.
01:12:22Nous avons été amenés d'Afrique au Suriname.
01:12:29Nous avons travaillé dans les plantations
01:12:31et durant la période de l'esclavage,
01:12:34les bouchinengés ont fui dans la forêt.
01:12:38Nous étions des nègres des plantations.
01:12:40Nous sommes devenus des nègres des forêts.
01:12:44Et nous sommes devenus des marrons.
01:12:49Les marrons sont les esclaves qui se sont échappés.
01:12:54Et comme nous avions un lien avec la forêt,
01:12:56on nous a appelés les bouchinengés,
01:12:59les nègres du bouche.
01:13:03Une chose est particulière chez les bouchinengés,
01:13:08et particulièrement les saramacanes,
01:13:10c'est que quand on se marie,
01:13:13nous n'avons pas de bagues.
01:13:14Tiens, regarde ça.
01:13:16C'est une maison typique des saramacanes.
01:13:19Elle est faite avec des feuilles de palmiers,
01:13:22parfois des feuilles de bananier.
01:13:25Elle est faite aussi avec du bois de copie ou de guana.
01:13:30C'est une des choses les plus importantes,
01:13:32car il y a trois choses quand tu te maries.
01:13:38La première, tu dois construire une maison pour ta femme,
01:13:42un bateau pour le transport,
01:13:44et enfin, chaque année,
01:13:45tu dois défricher une parcelle de terrain
01:13:47pour pouvoir cultiver pendant une année.
01:13:50C'est une plante,
01:13:51et on doit vivre de ça pendant l'année.
01:14:23Tu vois, ça, c'est le jardin préparé par l'homme pour sa femme.
01:14:28On y trouve toute la nourriture,
01:14:30des fruits et des légumes pour la famille.
01:14:35La condition des femmes dans la culture Bushi Nenge est de prendre soin de sa famille,
01:14:40de faire la cuisine tous les jours, la lessive et d'aller entretenir le potager.
01:14:45Pas tous les jours, mais au moins deux à trois fois par semaine.
01:14:52Un homme, ici, a plus qu'une femme.
01:14:54Il peut avoir trois, quatre, cinq femmes.
01:14:58Mais une femme ne peut avoir qu'un homme.
01:15:02C'est notre culture.
01:15:03Tu ne peux rien y faire.
01:15:04Personne ne peut rien y faire.
01:15:05Si un homme ne veut qu'une femme, c'est possible.
01:15:09Mais si l'on veut cinq, c'est aussi possible.
01:15:15On ne peut rien faire.
01:15:17Ni le père, ni la mère, ni la première femme.
01:15:20Personne ne peut lui dire qu'il ne peut pas avoir une autre femme.
01:15:26Mais tu sais, la situation est en train de changer.
01:15:28Parce que maintenant, les femmes peuvent aller à l'école.
01:15:31Et donc, nous allons vivre à Paramaribo.
01:15:34Quand nous allons à l'école, nous obtenons des diplômes et nous trouvons du travail.
01:15:39Alors, on gagne notre propre argent.
01:15:41Nous vivons donc autrement et nous avons une autre vie.
01:15:48Je laisse John et Martha caresser l'espoir d'une vie meilleure
01:15:51et je reprends la direction de l'Ouest.
01:15:55Des hectares de rizière ponctuent un paysage plat et monotone.
01:15:59Au bout de la route, ma voiture bute sur la rivière Corentine.
01:16:04Demain, je serai au Guyana.
01:16:35Marichou, il est 18h à Madrid.
01:16:37Et j'ai l'impression que la ville s'éveille et qu'une deuxième journée commence.
01:16:43Oui, Sophie.
01:16:44Madrid est une ville qui ne dort jamais.
01:16:47Malasagna est un quartier qui a beaucoup de personnalité.
01:16:51Pour moi, c'est vraiment l'endroit, le quartier le plus culturel et le plus urbain de Madrid.
01:16:59Les gens ici sont très créatifs, que ce soit dans les boutiques, les bars.
01:17:03Est-ce que ça fait partie des quartiers où la Movida espagnole a vu le jour ?
01:17:07Il y a ici des lieux très représentatifs de cette période comme le Panté,
01:17:11où allait l'artiste Antonio Vela,
01:17:13ou encore la Villa Lactea où se rendait Alaska
01:17:15et d'autres artistes qui ont lancé la Movida.
01:17:19Et je trouve qu'il y a toujours un peu de cette ambiance aujourd'hui.
01:17:26Je photographie la façon dont les gens s'habillent.
01:17:28En fait, je suis une chasseuse de tendance.
01:17:38Ces garçons, par exemple.
01:17:39Bonjour !
01:17:40Salut, ça va ?
01:17:41Excusez-moi de vous déranger.
01:17:42En fait, je tiens un blog de mode pour le journal en ligne Nous sommes Malasagna.
01:17:46Je peux vous prendre en photo ?
01:17:47C'est parti ?
01:17:48Ok.
01:17:54Super.
01:18:08Je vais prendre vos noms pour vous citer.
01:18:10Pedro.
01:18:11Felipe.
01:18:13Ravi.
01:18:13Vous portez des vêtements achetés dans le quartier de Malasagna ?
01:18:16Oui, ce short.
01:18:17Ce short ?
01:18:19J'ai trouvé ce t-shirt dans une boutique juste à côté.
01:18:22Pourquoi vous avez accepté de vous répondre comme ça spontanément à Marichou dans la rue ?
01:18:27Nous, on s'intéresse beaucoup à la mode,
01:18:29parce qu'on est étudiants en stylisme.
01:18:31Et voir qu'elle tient un blog sur la mode, ça nous a plu.
01:18:44Ça te dit de m'aider à trouver des lunettes de soleil ?
01:18:46Ah, mais si tu veux.
01:18:47Ici, il y a une tienda.
01:18:48Hola !
01:18:49Hola !
01:18:50Buenas tardes !
01:18:50Buenas tardes !
01:18:51Buenas tardes !
01:18:52Buenas tardes !
01:18:53Hola !
01:18:54C'est sympa.
01:18:55Je viens pour des lunettes de soleil.
01:18:58Oui, je t'ai préparé une petite sélection.
01:19:01Il y a des lunettes très spéciales, très distinctes et différentes,
01:19:05comme ce modèle bleu par exemple.
01:19:08Ah, toi tu peux tout porter de toute façon.
01:19:11Que tal ?
01:19:12Regarde.
01:19:12Pas mal ?
01:19:13Oi !
01:19:14Eh bien, moi je vais essayer de celle-là.
01:19:15Ah ouais !
01:19:17Ah oui, alors ça très bien !
01:19:19Ça fait un peu Yuko, non ?
01:19:21Tu es un peu notre Yuko, non ?
01:19:25Ça aussi, pour le coup, c'est vraiment vintage, comme on dit.
01:19:28Voix ?
01:19:30Ah ouais !
01:19:31Ouais, celle-ci.
01:19:33Attends, ça, ça, j'aime bien, ça.
01:19:34Je laisse celle-là.
01:19:38Ça te va trop bien ?
01:19:39Mais c'est joli, celle-là.
01:19:43Hola, c'est bien !
01:19:44Hola, que tal ?
01:19:45Muy bien !
01:19:46Hola, que tal ?
01:19:48Muy bien, bien, bien.
01:19:50Ouh, à la française !
01:19:53C'est toi qui fais tout ça, toutes ces petites robes ?
01:19:55Ah, si.
01:19:56Oui, je commence par mon étape préférée.
01:19:59Je prends mon bloc-notes et je dessine des motifs.
01:20:02Ensuite, je les retravaille sur mon ordinateur
01:20:05pour qu'ils soient prêts à être imprimés pour mes collections.
01:20:09Voilà mes modèles fétiches, rouges, fantastiques.
01:20:14Ce motif est une sorte de caméra revisité.
01:20:18Ce genre de figurine avec la dentelle autour plaît beaucoup.
01:20:22C'est un peu toi, hein ?
01:20:25Oui, on dirait un peu une photo de moi quand j'étais petite.
01:20:27J'ai l'impression que c'est une ville où les tendances se font.
01:20:32Madrid est aujourd'hui une ville ouverte.
01:20:36Ce n'était pas le cas il y a 5 ou 10 ans, quand j'étais étudiante,
01:20:39et que je souhaitais me faire une place.
01:20:42Il n'y avait pas de locaux, pas d'opportunités,
01:20:44c'était Barcelone qui créait les tendances.
01:20:47J'ai eu la chance d'être au bon endroit, au bon moment.
01:21:05Je m'ai dit qu'il allait y avoir beaucoup de monde.
01:21:08Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il y ait autant de personnes dans la rue.
01:21:12C'est quand même incroyable.
01:21:15N'oublie pas que nous sommes latinos, on a du sang latino dans nos veines.
01:21:20On adore être dans la rue, en profiter pour boire un peu.
01:21:27Les gens et l'ambiance sont généralement tranquilles.
01:21:30On danse, on discute, il n'y a pas d'agressivité.
01:21:33J'ai l'impression que ça ne fait que commencer, c'est pas fini.
01:21:40Depuis les années 80 et la fin de la dictature franquiste,
01:21:45les nuits madrilènes sont souvent synonymes de fêtes.
01:21:58Il est 21h15, Madrid sort de sa torpeur.
01:22:09Lors de la Movida, Aro était de toutes les soirées, de tous les excès.
01:22:14Aujourd'hui, artiste engagée,
01:22:16elle partage ses nuits entre festivals de poésie et rencontres artistiques.
01:22:21Comme chaque habitant de la capitale,
01:22:23elle a sa propre définition des soirées madrilènes.
01:22:25Pour elle, c'est moins excessif et plus consensuel qu'avant.
01:22:32Quand je suis arrivée à Madrid, c'était les années 80.
01:22:35Il y avait alors un climat de liberté totale qui est allé très loin
01:22:39et qui n'existe plus vraiment.
01:22:41Les gens pouvaient boire dans la rue.
01:22:43Aujourd'hui, on ne peut plus.
01:22:45On pouvait faire des concerts n'importe où.
01:22:47Aujourd'hui, on ne peut plus.
01:22:49Alors oui, je trouve que les choses ont beaucoup changé.
01:22:51Mais les nuits à Madrid sont toujours éternelles.
01:22:56Vous sortez d'un endroit pour aller dans un autre,
01:22:58puis un autre, et encore un autre.
01:23:00Finalement, vous pouvez sortir comme ça en prolongeant la journée
01:23:03pendant trois ou quatre jours sans mettre un pied chez vous.
01:23:07La nuit tombe, c'est l'heure où chaque quartier montre sa vraie personnalité.
01:23:13La Latina revêt son habit bohème.
01:23:17Sol retrouve les touristes.
01:23:24Chueca redevient le lieu branché et hétéroclite qu'aiment les madrilènes.
01:23:29Une légende urbaine raconte qu'il y a autant de café dans le centre de Madrid
01:23:32que dans tout le Benelux.
01:23:35Madrid est une ville où l'on ne dort jamais.
01:23:37Mais quelle que soit l'heure à laquelle tu sors,
01:23:3910h, 11h, 2h ou 6h du matin,
01:23:42tu rencontres toujours des gens pour faire la fête.
01:23:48Miguel est chauffeur de taxi depuis plus de 10 ans.
01:23:52Pour lui, la nuit madrilène est synonyme de travail,
01:23:55même s'il prend souvent plaisir à observer ceux qui s'amusent.
01:23:59Jusque vers l'âge de 16 ans,
01:24:01tu sors dans ta zone, dans ton quartier,
01:24:04là où les gens te connaissent
01:24:05et où tu n'auras pas de problème.
01:24:08Et quand tu es un peu plus âgé,
01:24:09tu sors vraiment dans Madrid.
01:24:11Tu choisis les lieux où tu te sens le mieux,
01:24:13la musique qui te plaît,
01:24:15le genre de personnes que tu veux fréquenter.
01:24:17Les gens choisissent aussi comme ça en fonction de qui va où.
01:24:22À Madrid, sortir n'est pas une question d'âge
01:24:24et même les moins jeunes ont leurs endroits cultes.
01:24:27Le Tony Dos, par exemple.
01:24:30Pendant la dictature,
01:24:31on venait s'y distraire loin des regards et de la censure.
01:24:33Aujourd'hui, des nostalgiques se réunissent toujours autour de Rézous.
01:24:46Je suis un hibou.
01:24:47J'ai l'impression d'avoir vécu plus de nuit que de jour.
01:24:49Donc oui, j'aime travailler la nuit.
01:24:51On dit toujours que la nuit, tous les chats sont gris.
01:24:53Moi, je pense que c'est vrai.
01:24:55Je viens ici tous les soirs,
01:24:57depuis sept ans, quasiment tous les jours.
01:24:59Et chaque fois,
01:25:00c'est un peu comme si c'était le réveillon.
01:25:05Il est 1h30 du matin.
01:25:07La nuit commence à peine.
01:25:11Les plus jeunes arrivent en discothèque.
01:25:34Parmi les clubbeurs présents ce soir-là,
01:25:36beaucoup respecteront une vieille tradition madrilène.
01:25:39Celle d'aller manger des churros à la chocolaterie Saint-Ginès.
01:25:55C'est comme ça.
01:25:56Je travaille pendant que les autres s'amusent.
01:25:59Moi, je dois préparer en attendant qu'ils aient fini de s'amuser,
01:26:02pour qu'ils puissent avoir leur typique chocolat con churros,
01:26:05après la fête.
01:26:18On a découvert de super clubs,
01:26:20une super nourriture,
01:26:22spécialement les churros.
01:26:23Regardez, il est 2h30 du matin,
01:26:26et c'est super beau.
01:26:32La nuit est déjà bien avancée.
01:26:34Certains rentrent se coucher,
01:26:36d'autres vont continuer la fête jusqu'au lever du jour.
01:26:52Bon, Sophie, on va aller voir un spectacle de flamenco.
01:26:55Avec grand plaisir.
01:26:56On a rendez-vous avec mon ami Marcos,
01:26:58et on va pouvoir apprécier le flamenco de très près.
01:27:01Je suis impatiente.
01:27:04Ça me plaît.
01:27:04Muy bien.
01:27:05Hola.
01:27:06Hola.
01:27:09Hola.
01:27:25Marcos, il y a beaucoup de clubs,
01:27:28de cabarets comme ça à Madrid.
01:27:30Ce cabaret qu'on appelle les tablaos flamencos,
01:27:32ce principe où on est très très proche des artistes.
01:27:35Oui, il y en a beaucoup pour les touristes,
01:27:37mais il y a aussi des lieux un peu moins connus,
01:27:39où vont les vrais fans de flamenco.
01:27:41Mais c'est réservé aux habitués,
01:27:43et c'est dans ces lieux qu'on utilise l'expression
01:27:45« tomber la chemise ».
01:27:48C'est une expression très flamenco,
01:27:50qui veut dire quand les gitans sont très contents
01:27:52ou qu'ils célèbrent quelque chose,
01:27:53ils font tomber la chemise.
01:28:00Qu'est-ce que tu préfères, toi ?
01:28:02Tu préfères quand ce sont les hommes
01:28:04ou les femmes qui dansent le flamenco ?
01:28:07Je préfère quand ce sont les deux ensemble.
01:28:11La gestuelle de la femme quand elle danse est très belle.
01:28:15Mais l'homme aussi,
01:28:17quand il bouge les pieds de cette manière.
01:28:20J'aime bien la force qui se dégage de ses bras.
01:28:23C'est une danse passionnelle.
01:28:25C'est une danse passionnelle.
01:28:30C'est une danse passionnelle.
01:28:57Je suis très heureuse que ces échappées belles se terminent sur quelques pas de flamenco,
01:29:01même si Madrid n'est pas l'épicentre du flamenco.
01:29:05Le flamenco est quand même classé au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
01:29:09Et une vraie intensité dans cette danse.
01:29:11Une intensité que j'ai retrouvée chez Antonio le Torero.
01:29:15Alors je sais que la corrida ne fait pas l'unanimité,
01:29:18mais ça me paraissait quand même important d'en parler.
01:29:20Alors je dois vous avouer que j'étais un petit peu inquiète avec les nuits madrilènes.
01:29:24J'avais peur que ça dérape à cause d'un excès de boissons, par exemple.
01:29:27Mais en fait, pas du tout.
01:29:28Tout s'est très bien passé.
01:29:30L'ambiance est bonne enfant.
01:29:31En tout cas, merci beaucoup de m'avoir accompagnée.
01:29:33Hasta pronto.
01:29:34Je vous dis à bientôt et faites de bons voyages.
01:29:36J'y retourne.
01:29:39Et alors avec un bras.
01:29:41Le bras est le même que le pied.
01:29:44Merci.

Recommandations