- il y a 10 ans
Échappées belles : Croatie, un pays au fil de l'eau Jérôme est en Croatie, direction Dubrovnik où Jérôme pagaye sur l'Adriatique. Jérôme se rendra au phare de ...
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00:00:26Sous-titrage MFP.
00:00:30Thank you, chauffeur.
00:00:31Bonjour, monsieur. Bienvenue à Dubrovnik.
00:00:34Ça vous intéresse, une chambre ?
00:00:36Ah oui, c'est des chambres...
00:00:37C'est l'habitant, c'est ça ?
00:00:40Bonjour. Une chambre ?
00:00:42Ne vous battez pas, les gars.
00:00:44Non, le monsieur était là avant, il m'a vous proposé.
00:00:47D'accord.
00:00:48Allez, venez.
00:00:48Je suis, c'est vous qui m'emmenez ?
00:00:49C'est bien, je vais pas d'hôtel à chercher comme ça.
00:00:53Chambre à louer, studio à louer.
00:01:00Ouais, c'est cool.
00:01:01Sur la petite tonnelle.
00:01:06Merci beaucoup.
00:01:07Je vous revois en fin de journée.
00:01:08J'ai un rendez-vous dans la vieille ville.
00:01:10Quand vous voulez, pas de problème.
00:01:11Merci à vous.
00:01:36Je cherche le café Pupo.
00:01:39Pupo ?
00:01:40Pupo.
00:01:42Mando, on de la left.
00:01:43Merci.
00:01:47Cette semaine, c'est en Dalmatie méridionale, sur la côte sud de la Croatie, que j'ai décidé de m
00:01:51'aventurer.
00:01:52Alors, pour commencer, ce sera Dubrovnik, surnommé la perle de l'Adriatique et pour cause,
00:01:57avec les vues incomparables et incontournables de ces remparts fortifiés,
00:02:01mais aussi avec des endroits un petit peu moins attendus que les habitants de la ville vont faire découvrir.
00:02:06Pour finir, ce sera l'île médiévale de Kortsula.
00:02:09Certains prétendent que Marco Polo y seraient né.
00:02:11En tout cas, au jour d'aujourd'hui, les mystères sur sa demeure d'enfance demeurent.
00:02:16Voilà, soyez les bienvenus au pays des mille-une îles, des champs d'oliviers ou encore des eaux cristallines.
00:02:22Bienvenue dans mes échappées belles.
00:02:40Est-ce qu'il serait possible d'avoir un café, s'il vous plaît, un expresso ?
00:02:43Non, alors, ne continuez pas.
00:02:45Merci.
00:03:00Et voilà, le café que vous avez commandé et le verre d'eau.
00:03:05Merci.
00:03:07Merci.
00:03:08Ah, c'est toi, Jérôme.
00:03:09Tu ne m'as pas dit bonjour, c'est moi, Nicole, on avait rendez-vous.
00:03:13Nicolina, c'est toi ?
00:03:14Oui, c'est Nicolina, oui.
00:03:14Ah, excuse-moi, je ne savais pas, mais on est chez toi, alors, ici ?
00:03:17Oui, c'est là que je vis.
00:03:19Ok.
00:03:21D'accord.
00:03:21Qu'est-ce que tu as prévu aujourd'hui ?
00:03:23Je te laisse me guider.
00:03:24Moi, je voulais voir la partie, on va dire, plutôt attendue de Dubrovnik.
00:03:28Et puis, je compte sur toi pour me montrer la partie un petit peu plus cachée, un petit peu plus
00:03:32authentique.
00:03:33Ok, laisse-moi une minute, je quitte mon tablier pour faire une balade avec toi.
00:03:37Super.
00:03:48Elle était construite à quelle époque, cette ville, la vieille ville ?
00:03:53Ça s'est passé entre le XIIIe et le XVe siècle.
00:03:56Dubrovnik a toujours été une ville un petit peu à part, on croit aussi, je crois.
00:04:01Oui, c'était une république indépendante, depuis 400 ans, qui tentait de rester libre et indépendante au milieu de deux
00:04:08mondes, totalement opposés et différents, l'Est et l'Ouest.
00:04:13Les Turcs d'un côté, les Européens et les Vénitiens de l'autre.
00:04:24Oh là là !
00:04:27Je viens lager chaque jour près de ces rochers-là.
00:04:30Là là ?
00:04:30Yes !
00:04:34Dubé !
00:04:36Dubé !
00:04:38C'est qui ?
00:04:39Ce sont mes voisins.
00:04:44Maintenant, Jérôme, je t'emmène dans un endroit où les touristes ne peuvent pas aller habituellement.
00:04:48C'est un endroit caché.
00:05:11Où est-ce que tu m'emmènes, là ?
00:05:13Ah ouais !
00:05:15Tu vois ?
00:05:15Est-ce que tu pouvais imaginer ça ?
00:05:17Fais attention, fais attention.
00:05:19C'est génial !
00:05:22Ah oui, je comprends pourquoi c'est pas ouvert au public.
00:05:26C'est interdit de venir ici, à moins d'avoir un très bon guide.
00:05:33C'est magique, cette ville est magique, pas seulement par son architecture, le fait que ce soit calme.
00:05:38Il n'y a pas de voiture, c'est piéton, entièrement, non ?
00:05:40Oui, ce ne sont que des rues piétonnes.
00:05:42C'est une zone sans aucun trafic, seulement aux heures matinales.
00:05:46Certains sont autorisés et ont un permis pour les livraisons, mais ils doivent partir avant 9h le matin.
00:05:54Et c'est assez marrant d'ailleurs, c'est les toits, là.
00:05:57En France, il y a une ville qui s'appelle Toulouse, qui a des tuiles un peu roses comme ça,
00:06:00comme celle qu'on voit là.
00:06:01Ça me fait penser à ça.
00:06:02Oui, tu as bien reconnu, ça vient effectivement de Toulouse.
00:06:05Parce qu'après 1991, quand la guerre a commencé, presque tous les toits de la ville avaient été touchés par
00:06:10les tirs de chars.
00:06:12Il n'y avait plus assez de tuiles dans la région pour les reconstruire, donc on a importé de Toulouse
00:06:16en France.
00:06:17D'accord, vraiment ?
00:06:18Ah, c'est drôle.
00:06:19Oui, tu as l'œil.
00:06:20Quelle proportion de la ville a été détruite ou bombardée en tout cas ?
00:06:24A peu près 70% des toits et certains immeubles étaient complètement détruits.
00:06:30Et toi, tu es restée vivre ici pendant cette période ?
00:06:33Je suis allée à Zagreb, la capitale, car j'y faisais mes études.
00:06:37Mais quand je suis revenue, c'était vraiment des moments durs pour tout le monde.
00:07:08Le temps n'a pas de prise sur la perle de l'Adriatique.
00:07:13Difficile d'imaginer qu'il y a à peine 20 ans, la ville était encore à feu et à sang,
00:07:17pilonnée par les Serbes et les Monténégrins pendant plusieurs mois.
00:07:24La guerre consécutive à l'éclatement de la Yougoslavie n'épargne pas du Brevnik.
00:07:2968% des bâtiments de la ville sont alors détruits à l'intérieur des remparts.
00:07:37Qu'importe, au lendemain de la guerre, les aides affluent de toutes parts et à nouveau du Brevnik resplendit.
00:07:52Denis Orlick a plusieurs fois été témoin de la renaissance de sa ville.
00:07:57Il est aujourd'hui le vice-président d'une association particulière
00:08:01qui s'est vu confier la gestion des remparts de Dubrovnik
00:08:04et à laquelle on a offert ce magnifique appartement.
00:08:08La seule condition quand on a reçu cette maison,
00:08:12en plus de bien la conserver,
00:08:15c'était que ce petit Jésus soit toujours mis en exposition.
00:08:21Une condition surprenante,
00:08:22mais qui s'accorde bien avec l'histoire peu commune de cette association.
00:08:28En 1952, la ville propose aux amis de Dubrovnik
00:08:30de gérer la totalité des remparts,
00:08:32libre à eux de les entretenir.
00:08:37Indestructibles, ces murs datant du 8e siècle
00:08:39avaient résisté aux séismes et aux guerres.
00:08:42Pourtant,
00:08:44le rempart au nord était plus ou moins en bon état,
00:08:47mais au sud,
00:08:48il était complètement bouché par des maisons construites par les Autrichiens.
00:08:52La première chose que nous avons faite,
00:08:55ça a été de détruire ces bâtiments
00:08:56pour revenir à une circulation normale sur les remparts.
00:09:00Voici un tableau original antérieur au tremblement de terre
00:09:03qui date du 17e siècle.
00:09:08Ce tableau rare montre bien la résistance des monuments de la ville 400 ans après.
00:09:13Cette fontaine est toujours là,
00:09:14grâce à la volonté de ceux qui ont participé à sa rénovation.
00:09:18Kate était responsable de l'équipe qui a travaillé sur la fontaine Onofrio
00:09:22et l'assume les choix qui ont été faits après la guerre des Balkans.
00:09:26La fontaine date du 15e siècle,
00:09:29en fait 1438,
00:09:31quand l'eau courante a été installée à Dubrovnik.
00:09:37Elle a souffert de nombreux impacts
00:09:39que l'on peut voir si je vous les montre,
00:09:41comme ici par exemple.
00:09:43Et il y en avait des centaines tout autour
00:09:45parce que les bombes tombaient dans la rue principale
00:09:47et des fragments se projetaient sur la fontaine.
00:09:54Vous pouvez voir les dégâts sur la pierre,
00:09:56mais nous avons décidé de les garder
00:09:58comme un témoignage de la barbarie
00:10:00qui a touché cette ville de grande valeur.
00:10:04Ceci n'a pas été restauré,
00:10:05car on aurait dû changer toute la pierre,
00:10:08celle-ci aussi.
00:10:09Et vous pouvez voir sur l'église en face de quoi je parle.
00:10:12Regardez-la.
00:10:13Si on ne vous indique pas les impacts,
00:10:15vous ne les remarquez pas.
00:10:24Plus un seul chantier sur Dubrovnik.
00:10:26La ville est pimpante.
00:10:28Mais aux alentours,
00:10:30il reste à rénover les villas secondaires
00:10:32de riches aristocrates.
00:10:34Ici, dans quelques mois,
00:10:36l'Institut de restauration déplacera ses ateliers.
00:10:39Car cette ville historique n'est pas faite que de pierres.
00:10:42Les tableaux, les boiseries,
00:10:44les manuscrits, les sculptures
00:10:46ont également souffert des toitures crevées
00:10:48et de l'abandon des églises.
00:10:57La nécessité de restaurer les manuscrits à Dubrovnik,
00:11:00même avant,
00:11:01était déjà très importante
00:11:02à cause du nombre de documents
00:11:04qui étaient conservés dans les musées,
00:11:05les archives
00:11:06et même dans les collections privées.
00:11:12La richesse de Dubrovnik
00:11:14et des villes environnantes
00:11:15remonte à l'époque romaine.
00:11:16Beaucoup de riches familles,
00:11:18de monastères studieux,
00:11:20de bateaux chargés de trésors
00:11:21ont laissé dans la région
00:11:22des traces de papier.
00:11:27Dans les bibliothèques
00:11:29des monastères dominicains
00:11:30et franciscains,
00:11:31ils ont conservé
00:11:33de très précieux manuscrits
00:11:35et également quelques-uns
00:11:37des premiers livres imprimés.
00:11:40Par rapport à ça,
00:11:41on est vraiment très riches.
00:11:47Katarina est peintre à Dubrovnik
00:11:49et son amour de l'art
00:11:50l'a conduite à l'Institut de restauration
00:11:52il y a 20 ans de cela,
00:11:54après la découverte
00:11:55de ce que l'acharnement des hommes
00:11:56avait produit sur les palais,
00:11:57les églises et les œuvres
00:11:59qui y étaient conservées.
00:12:02Les églises étaient détruites
00:12:03et beaucoup étaient occupées
00:12:05pendant la guerre.
00:12:08De nombreuses œuvres
00:12:10ont été abîmées
00:12:10par des tirs d'obus
00:12:11ou même certaines
00:12:13ont été sauvagement coupées
00:12:14au couteau,
00:12:16ce qui est pour moi
00:12:17très choquant à voir
00:12:17sur certaines peintures.
00:12:22Même les sculptures
00:12:23ont été défigurées.
00:12:25Ils ont coupé les oreilles,
00:12:27abîmé les yeux,
00:12:28c'est ce que j'ai vu de pire
00:12:29après la guerre.
00:12:38Ce soir encore,
00:12:39Dubrovnik s'endort
00:12:40dans ses remparts protecteurs.
00:12:42L'ancienne Raguse
00:12:43peut dormir tranquille.
00:12:44Ils sont nombreux
00:12:45à être tombés
00:12:46sous son charme éternel,
00:12:48soucieux que sa beauté
00:12:49demeure intacte
00:12:50entre les mains de Saint Blaise.
00:13:22Et tu vas te faire opérer
00:13:23cette année ?
00:13:41Vous êtes un habitué
00:13:42du salon ?
00:13:45Oui, je vis ici
00:13:46et je viens
00:13:47deux à trois fois par mois.
00:13:50Juste pour le plaisir
00:13:51d'être rasé
00:13:52par le maître des lieux.
00:13:54À l'ancienne,
00:13:55avec la lame de couteau.
00:13:57Ça ne se fait plus trop
00:13:58de nos jours.
00:14:00On est autorisé à fumer
00:14:01et on peut avoir
00:14:02une bière si on veut.
00:14:07C'est à mon tour,
00:14:08alors, c'est ça ?
00:14:12Bonne journée.
00:14:15Patron.
00:14:18Un petit rafraîchissement,
00:14:19si c'est possible.
00:14:28C'est plutôt amusant
00:14:29parce que vous avez
00:14:29une photo de Jean-Paul II
00:14:30ici,
00:14:31puis derrière,
00:14:31vous avez une photo
00:14:32d'une jeune femme
00:14:32en tenue légère.
00:14:33C'est très varié,
00:14:34votre déco.
00:14:35D'un côté,
00:14:36j'ai des seins
00:14:37et mes petits-enfants
00:14:38et de l'autre,
00:14:40c'est différent.
00:14:44Il reste encore
00:14:45beaucoup de barbiers
00:14:45comme vous
00:14:46qui font ça
00:14:46de façon traditionnelle
00:14:47en Croatie ?
00:14:49Ou tout au moins
00:14:50dans la région ?
00:14:51Ici, à Dubrovnik,
00:14:52je suis le dernier
00:14:54barbier traditionnel.
00:14:57Vas-y, rentre, rentre.
00:15:01Désolé.
00:15:03Je ne veux pas déranger.
00:15:06Non, c'est bon,
00:15:07tu ne me déranges pas.
00:15:08C'est bon,
00:15:19Voilà.
00:15:24Merci beaucoup. Bonne journée.
00:15:46Oh, Jérôme, c'est toi ? Je t'ouvre la porte, monte.
00:15:53Salut. Ça va depuis tout à l'heure ?
00:15:58C'est ton système d'ouverture ?
00:16:00Oui, on tire juste la ficelle et ça ouvre la porte, juste comme ça.
00:16:04Tirez la chevillette et la bobinette, sure.
00:16:13Et vous êtes combien au jour d'aujourd'hui à vivre ici, dans la vie ville ?
00:16:15On est 900 personnes.
00:16:18Ah, c'est pas beaucoup parce que j'imagine qu'à une certaine époque...
00:16:22Beaucoup de maisons ont été vendues et sont louées comme résidences de vacances.
00:16:29Je pense que ce qui nous fait vivre, ça va aussi nous tuer.
00:16:38Trop de tourisme, trop de places prises par les terrasses des restaurants, les chaises.
00:16:44Tu ne peux pas les traverser si tu es dans la rue.
00:16:47Mais bon, le tourisme est notre meilleur atout économique, donc on doit vivre avec.
00:16:53La seule raison qui amène des jeunes dans la vieille ville en termes d'éducation et de culture, c'est
00:16:57l'école de musique.
00:17:00Et je vais t'y emmener.
00:17:22Les bars d'endroits secrets, mais...
00:17:25Salle de concert ?
00:17:27Oui, c'est notre salle de concert.
00:17:30Jamais, personne ne va là-dessous.
00:17:34Ici, il y a un escalier et nous pouvons ouvrir et descendre si vous le voulez.
00:17:38Et vous pouvez ouvrir et descendre si vous voulez.
00:17:58C'est l'église Saint-Pierre, une des plus vieilles églises de Dubrovnik.
00:18:11Ça a été détruit dans un tremblement de terre.
00:18:14Donc, dans les sous-sols de la vieille ville de Dubrovnik, il y a beaucoup de tunnels, de catacombes.
00:18:19Parce que ce sont des vestiges de la ville avant la catastrophe.
00:18:23Le niveau était bien plus bas.
00:18:25Et la Croatie a toujours été catholique, enfin tout du moins chrétienne ?
00:18:29La religion est très importante dans l'identité des Croates.
00:18:34Mais Dubrovnik a toujours été un endroit où quatre religions ont coexisté.
00:19:00Ça donne envie d'aller faire un petit tour de bateau.
00:19:03Attends, bouge pas.
00:19:05Je vais faire des signaux qu'ils viennent nous chercher.
00:19:09Oh !
00:19:13Je ne suis pas sûr que ça marche.
00:19:16Ça a marché.
00:19:19Tu connais les signaux ?
00:19:26Depuis plus d'un siècle, une quarantaine de sentinelles veillent sur les marins de l'Adriatique le long des côtes
00:19:30croates.
00:19:32Des phares accrochés le plus souvent à des îlots solitaires.
00:19:36Ce matin, autour du phare de Plotschika, un balai inhabituel se déroule.
00:19:41Plusieurs bateaux tentent d'aborder sur le territoire désert.
00:19:47Ante Petkovic est d'ordinaire un homme tranquille, un gardien de phare.
00:19:51Mais l'heure est à l'action.
00:19:53Un film vient d'être tourné sur Plotschika et les équipes techniques récupèrent maintenant leur matériel.
00:19:59Une fois l'agitation passée, le phare redeviendra le havre de paix qu'il a toujours été.
00:20:08Tous les phares ont été bâtis par les Autrichiens, sous l'Empire austro-hongrois au XIXe siècle.
00:20:15On ne les a pas construits nous-mêmes, on a juste hérité.
00:20:19Aujourd'hui, ils sont tous plus ou moins automatisés.
00:20:21Mais il nous faut des gardiens en cas de problème.
00:20:25Parce que ces 17 phares automatisés représentent une vraie garantie de sécurité sur toute la côte.
00:20:30Donc ils doivent être très professionnels.
00:20:42Nous avons mis en place de plus en plus de signalisations ces dernières années.
00:20:46Nous y sommes obligés principalement à cause du nombre important de bateaux de plaisance.
00:20:51Ce type de navigation a beaucoup augmenté.
00:20:54Du coup, nous avons de plus en plus d'endroits où il faut poser des balises, des bouées et des
00:20:58lumières.
00:21:07Ante Petkovic est le gardien de deux phares aux alentours de l'île de Gorchula.
00:21:11Et il y est souvent très seul.
00:21:13C'est d'ailleurs un peu pour cette raison qu'il a choisi ce métier.
00:21:18À l'âge de 5 ans, j'ai visité un phare avec mon grand-père, pour la première fois.
00:21:24C'était en 1965.
00:21:28La vie sur le phare m'a plu.
00:21:30La tranquillité, la mer.
00:21:32En fait, je suis professeur de plongée.
00:21:34Et j'ai été plongeur dans les forces spéciales de l'armée pendant 3 ans.
00:21:39La mer, c'est toute ma vie.
00:21:44J'ai travaillé sur le chantier naval de Gorchula.
00:21:48Mais la guerre a éclaté.
00:21:51Et je suis parti en Bosnie-Herzégovine.
00:21:58Après 5 ans passés à la guerre, je suis rentré chez moi.
00:22:01Et je ne pouvais vraiment plus travailler dans le bruit.
00:22:07En 2000, la société Plovput, qui emploie les gardiens, a ouvert ses phares à la location pour les touristes.
00:22:13Avec une moyenne de 800 euros la semaine en pleine saison,
00:22:16c'est une manière de garder vivant ces grands édifices marins qui ont longtemps abrité des familles.
00:22:20Mais cela ne représente que 7% du budget de la société,
00:22:24car la seule vraie mission de ces maisons de vacances, c'est d'orienter les bateaux, de plus en plus
00:22:28nombreux.
00:22:30Ça, c'est le passage entre Split et Dubrovnik.
00:22:34C'est un phare important pour les bateaux, car à cet endroit, la mer n'est pas très profonde.
00:22:38C'est pour cela qu'il était aussi important à l'époque.
00:22:44Une fois les visiteurs repartis, le gardien de phare peut laisser son île dormir tranquille
00:22:48et éclairer le chemin des marins qui s'aventurent de nuit sur l'Adriatique.
00:23:18Vlado, dis-moi, en quoi consiste tes recherches d'océanographes ici, sur la côte de Dubrovnik ?
00:23:22Je recherche ce qui est inhabituel, peut-être certaines espèces nouvelles,
00:23:28venant de la mer Rouge, à cause de l'influence du réchauffement climatique.
00:23:32Tu savais combien de temps que tu es océanographe ici, toi ?
00:23:35Je suis ici depuis 1979.
00:23:38J'ai commencé à plonger à 16 ans, donc l'année prochaine, ça fera 40 ans que je suis plongeur.
00:23:42Qu'est-ce qu'on va voir de particulier ici ? Qu'est-ce qu'on peut voir dans les
00:23:46eaux de l'Adriatique ?
00:23:48Des apiques et des fonds marins rocailleux typiques, avec des plantes, des algues et la faune habituelle de la Méditerranée.
00:23:56Et c'est une eau très cristalline, sans pollution, et on l'appelle toujours l'Adriatique bleue.
00:25:23Là, tu m'emmets d'où, là ? Tu m'as dit, on va à Stone, c'est quoi Stone
00:25:26?
00:25:27Stone est une ville moyenâgeuse, entourée de remparts.
00:25:31Elle a connu le grand commerce du sel.
00:25:33Le grand commerce du sel.
00:25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
00:26:10On dit que c'est la plus vieille saline. Je n'en suis pas sûr, mais c'est possible.
00:26:15Mais toute la prospérité de la ville de Stone et de la République de Dubrovnik s'est faite parce que
00:26:20le sel était comme de l'or blanc.
00:26:22Le prix du sel valait celui de l'or.
00:26:24Et c'est pour ça que les murailles ont été construites pour protéger cette zone ?
00:26:30Oui, ils l'ont construite pour se protéger, car à cette époque prospère, il y avait beaucoup de voleurs aux
00:26:35alentours, des pirates, et ils avaient besoin de s'en protéger.
00:26:40C'est assez étonnant, le site, parce que comme ils utilisent a priori toujours ces wagons de sel, on a
00:26:48l'impression que le site, il est resté en l'état depuis des siècles presque.
00:26:52Oui, on remonte dans le temps plusieurs siècles en arrière.
00:26:56Tu as une idée du nombre de tonnes qui sont exploitées chaque année ici, là ?
00:26:59Ouf, beaucoup.
00:27:02Je ne suis pas sûr. Je ne veux pas dire un chiffre juste comme ça. Je ne suis pas sûr,
00:27:06mais sûrement beaucoup.
00:27:11Le propriétaire de la saline est aussi propriétaire d'un charmant restaurant.
00:27:14On va goûter les huîtres, certainement les meilleures de toute la Méditerranée, juste avec un petit peu de citron.
00:27:20Je veux bien, tu sais me parler, toi, tu sais me prendre par les sentiments.
00:27:32Allez, celle-ci, je la sens bien, elle me tend les bras.
00:27:37Des huîtres, appelées aussi huîtres plates d'Europe.
00:27:40Tu as l'air de bien connaître les huîtres, toi ?
00:27:42Oh, je suis sûr, je suis un spécialiste.
00:27:44Ah, santé, merci pour cette belle journée.
00:27:49Merci, mon ami.
00:27:53Très bien, elles sont très bonnes.
00:27:54Elles ne sont pas aussi bonnes que celles que je pêche dans l'île de Ré, mais elles sont bonnes
00:27:57quand même.
00:27:59Chez nous, on dit qu'une huître doit apprendre à nager deux fois.
00:28:02La première dans la mer et la deuxième dans le vin.
00:28:06C'est pas mal, ça. C'est pas mal.
00:28:10Bien à l'abri derrière la presqu'île de Pelchesac,
00:28:13le bras de mer qui s'étire jusqu'à Stone cache depuis l'époque romaine les meilleures huîtres de Croatie.
00:28:19Dans ce paysage serein, une centaine de familles perpétuent la tradition austréicole.
00:28:26Entre les vignes et les parcs marins, la famille Mascaritch a peu de chemin à faire pour trouver sa subsistance.
00:28:33Quelques coquillages précieux, un petit verre de nectar local,
00:28:36et la vie s'écoule tranquillement pour Maré, fille d'austréiculteur.
00:28:46On travaille toute l'année et on vend toute l'année.
00:28:50Nous avons toujours des moules et des huîtres prêtes.
00:28:53Nous en avons toujours en préparation, des petites huîtres de différentes sortes.
00:28:56Comme ça, on n'est jamais à court dans la production.
00:29:01Et bien sûr, on vend toute la journée.
00:29:03Si quelqu'un a envie de goûter, c'est possible.
00:29:05Mais on vend toute la production sans problème.
00:29:10Depuis 4 ans, les austréiculteurs ne sont plus seuls.
00:29:13Des scientifiques, comme Vladimir, qui a rencontré Jérôme,
00:29:16se sont installés à demeure pour observer leur activité et la rendre plus performante.
00:29:20Cet institut d'études marines tente de sélectionner les huîtres les plus résistantes
00:29:24et de les rendre potentiellement exportables.
00:29:28Nous avons commencé la reproduction et l'élevage des huîtres,
00:29:30mais également le contrôle de leur santé et de leur qualité.
00:29:35Nous avons les moyens de commencer avec de très très jeunes huîtres.
00:29:38Même à l'état de larve, nous pouvons voir la qualité de leur évolution
00:29:41et décider de continuer ou de stopper leur croissance.
00:29:45À côté, dans le laboratoire de biologie, nous assurons le contrôle du produit final,
00:29:51ce qui est très important pour l'industrie et pour les futurs clients, bien sûr.
00:29:59Les futurs clients pourraient d'ailleurs être étrangers.
00:30:02Pour le moment, cette huître ne peut être dégustée que sur les rives de l'Adriatique.
00:30:06La même espèce, en France, a été malencontreusement contaminée par l'introduction d'une variété concurrente.
00:30:12Les huîtres dans le monde sont de plus en plus menacées.
00:30:15Il est donc primordial d'être vigilants.
00:30:19A la base, le principal problème ici, c'est d'augmenter la production,
00:30:23car tout ce qui a été élevé dans cette région, jusqu'à aujourd'hui, provient du milieu naturel.
00:30:31C'est dans la mer que l'on collecte les jeunes huîtres,
00:30:34ce qui n'est pas une base très sûre pour un développement industriel.
00:30:42Encore loin de ces préoccupations,
00:30:44les familles qui récoltent de façon traditionnelle les bienfaits de la mer
00:30:47rencontrent parfois les scientifiques.
00:30:52Vladimir Renofri, qui est un homme de terrain, vient à la rencontre des anciens.
00:30:58Oui, j'avais un ancien directeur qui me disait toujours
00:31:01« Si tu ignores quelque chose, demande-le aux pêcheurs. »
00:31:08Parce que bien sûr, il faut interpréter et vérifier ce qu'ils disent au sujet de la pêche et de
00:31:13la culture.
00:31:14Mais en vérité, ils ont de bonnes idées et une très solide expérience.
00:31:19Et on peut toujours apprendre quelque chose d'intéressant avec eux.
00:31:26Mon père est venu s'installer ici et il a commencé par faire du miel.
00:31:31Il a construit une baraque en bois et ensuite, il s'est mis à faire des huîtres.
00:31:37Il a eu jusqu'à 6 ou 7 employés.
00:31:40À cette époque, il envoyait ses huîtres à Zagreb, Sarajevo ou Belgrade
00:31:44parce qu'il en vendait trop peu sur place.
00:31:51Aujourd'hui, Louco s'occupe de plonger des chapelets de moules dans l'eau de la baie.
00:31:58Température idéale et profusion de plancton en font un endroit parfait pour engraisser les coquillages.
00:32:03Mais pas de récolte d'huîtres.
00:32:05Les scientifiques ont détecté un microbe dans l'eau.
00:32:07Il faut donc attendre encore quelques jours pour reprendre la production.
00:32:10qui, de toute façon, reste très confidentielle.
00:32:14La production n'est pas si importante.
00:32:17Peut-être 2000 tonnes de moules et même si on compte les huîtres par pièce,
00:32:22on a environ 1,5 million, ce qui ne représente pas grand-chose en tonnes.
00:32:28Peut-être bien qu'un seul bon restaurant à Paris pourrait tout engloutir.
00:32:36Les fameuses huîtres de Stone ont donc un bel avenir devant elles.
00:32:40En attendant que des scientifiques réussissent à les lancer sur le marché de l'exportation,
00:32:44il est toujours possible de venir les déguster sur place.
00:33:15Sous-titrage Société Radio-Canada
00:33:23C'est parti.
00:34:00On est juste en train de faire du feu pour préparer le pain.
00:34:09Tout ce qu'on sert dans notre auberge est fait maison.
00:34:13Autant la nourriture que la boisson.
00:34:15On fait tout nous-mêmes.
00:34:18Et Néna, vous faites le pain tous les jours, vous ?
00:34:20Oui, tous les jours.
00:34:22En tout cas, ça sent bon le levain.
00:34:28Ça, c'est ce qu'on appelle du pain traditionnel.
00:34:32C'est du pain fait au Péka.
00:34:35Cette cloche, c'est, comment dire, c'est une Péka.
00:34:39Quand on cuit la viande dessous, on appelle ça la viande au Péka.
00:34:44Du pain cuit comme ça, c'est du pain au Péka.
00:34:47Moi, je compte bien tout goûter et surtout voir comment vous fabriquez tout ça.
00:34:51Il faudrait beaucoup de temps pour tout goûter.
00:34:53Mais on va t'en faire découvrir une bonne partie, tu vas voir.
00:35:17Là-bas, c'est Milo.
00:35:24Nous avons un hectare et demi et 12 000 pieds de vignes.
00:35:28Ces vignes se sont transmises en héritage de génération en génération.
00:35:35Jusqu'en 1991, quand le pays a éclaté à cause de la guerre, on travaillait aussi la viande.
00:35:42On faisait de la boucherie et puis, maintenant, on fait que l'agrotourisme.
00:35:51Ça va, Milo ? Pas trop fatigué ?
00:35:53Oui, un peu.
00:35:57Oui, dans la famille, c'est moi qui plante, qui taille, qui ramasse le raisin et qui le presse.
00:36:03Tout jusque la mise en bouteille.
00:36:05Je n'ai pas fait d'études pour ça.
00:36:07J'ai tout appris de la tradition familiale.
00:36:11Si tu ne veux pas louper la traite de nos annaises, il faut y aller.
00:36:33C'est la plus vieille et la plus intelligente.
00:36:40C'est parce qu'elle sait lire ?
00:36:41Un peu.
00:36:45Elle sait lire dans mes pensées.
00:36:49Et la traite se fait toujours à la main ?
00:36:51Ah oui, toujours à la main.
00:36:53C'est un sacré boulot, disons.
00:36:56Mais quelle est l'utilité que vous en avez, vous ?
00:37:00On l'utilise comme un médicament contre la toux.
00:37:04On le boit au naturel, comme les bébés boivent le lait maternel.
00:37:07Vraiment nature.
00:37:08On le fait ni chauffer, ni bouillir, ni rien du tout.
00:37:11Tu peux le congeler.
00:37:12Il sera bon pendant un an.
00:37:15Finalement, c'est une recette de grand-mère, non ?
00:37:16C'est exactement ça.
00:37:31Te voici dans l'auberge familiale, qui existe depuis 300 ans.
00:37:38Une spécialité.
00:37:40C'est quoi ?
00:37:41C'est du mouton séché.
00:37:44La cuisse.
00:37:46C'est du mouton et là, de la chèvre.
00:37:50Ah oui.
00:37:52On peut faire un match ?
00:37:53Tu veux qu'on joue ?
00:37:53Tu veux qu'on fasse un petit match ou pas ?
00:38:02Alors moi, je trinque au succès de la firme Antinovitch.
00:38:06Santé.
00:38:07Pourquoi ça continue comme ça ?
00:38:09Merci beaucoup pour votre accueil.
00:38:11Merci.
00:38:14Ça, c'est du bon vin.
00:38:16Je vais t'offrir une bouteille d'un de nos vins.
00:38:20Tu as beaucoup voyagé, mais tu n'as jamais vu une étiquette comme celle-là.
00:38:25Alors, montre-moi ça.
00:38:28D'accord, je vois le truc.
00:38:30Et ça veut dire quoi, Parip ?
00:38:31Parip, c'est l'animal.
00:38:34Les talons.
00:38:35D'accord.
00:38:36Ça, je vais la garder.
00:38:37Ça, c'est collector, comme on dit.
00:38:39Merci beaucoup.
00:38:40Merci.
00:38:56Avec une côte de 5800 km sur l'Adriatique
00:38:59et un chapelet de 1200 îles qui s'égrènent face à tout le littoral,
00:39:03la Croatie ne peut se passer de ses bateaux.
00:39:07Dans le nouveau port de Dubrovnik,
00:39:09un vieux loup de mer attend le départ.
00:39:11Il s'agit du Postira, bateau-passerelle entre les îles et la Fitte et la grande ville fortifiée.
00:39:18Le Postira aura bientôt 50 ans et il n'a jamais quitté l'Adriatique.
00:39:22Il faut dire que dans cette partie du pays, on l'apprécie beaucoup.
00:39:26S'il ne transporte pas de voiture, c'est tout de même le plus gros gabarit accepté par de trop
00:39:31petites îles.
00:39:34Chaque jour, sans faiblir, ils transportent ceux qui travaillent loin de la grande ville
00:39:38et parmi eux, de plus en plus nombreux, ceux qui sont nés dans les îles mais ne peuvent plus y
00:39:42vivre.
00:39:44C'est très très beau, mais pour moi, pour mes futurs enfants et pour ma femme en ce moment,
00:39:51on ne peut pas organiser notre vie de jeunes à l'Opoud.
00:39:55Mais tous les ans, il y a de moins en moins de bébés, de jeunes gens et d'adultes.
00:40:02Ils sont nombreux à partir.
00:40:05Ils vont à Dubrovnik pour travailler, pour sortir, pour tout.
00:40:15L'Opoud, Colossep et Sipan comptent 600 habitants à L3.
00:40:19Et ce sont les seules îles habitées parmi les 13 petites terres que comptent les Elaphites.
00:40:25600 habitants seulement et chaque année encore quelques familles qui ferment leur maison pour rejoindre la terre ferme.
00:40:31Mais grâce à l'endurance du post-Ira, chaque jour arrivent à destination le courrier, les vivres
00:40:37et les acteurs essentiels de la vie communautaire, médecins, infirmières, policiers.
00:40:44On est un véritable cordon ombilical pour ces îles.
00:40:48Parce qu'on transporte la nourriture et toutes les fournitures.
00:40:51Le matériel de construction vient avec ce bateau.
00:41:07Autour du bar tenu par Tchelic, l'ambiance est désuète.
00:41:11Le sky des fauteuils, le choix des tableaux, tout est en place pour un voyage dans le temps.
00:41:16Car le post-Ira traverse les années, les beaux jours et les tempêtes, toujours à la même allure.
00:41:21Seul change sa fréquentation.
00:41:27En été, tout le monde trouve ça très beau, la mer, la météo.
00:41:30Mais ensuite, en hiver, quand le vent du sud-est se met à souffler,
00:41:33alors là, je me demande bien où ils sont passés, tous ces étrangers.
00:41:42Ce bateau, il a une âme, tout simplement.
00:41:45Par rapport au confort et au design, il n'a rien d'exceptionnel.
00:41:50Mais il a un charme indéniable et avec une précision incroyable.
00:41:56Car même quand il y a de la tempête, il nous amène à bon port, quoi qu'il arrive.
00:42:03Il ne nous a pas souvent laissé tomber.
00:42:09Beaucoup de ceux qui font l'âme des îles se retrouvent régulièrement sur le post-Ira.
00:42:14Le prêtre de Sipan converse avec les policiers qui assurent la relève à l'Opoud.
00:42:19Car les îles sont si bien reliées à la terre que beaucoup de décisions se prennent à Dubrovnik
00:42:23et le travail est réparti de part et d'autre de la mer.
00:42:27Je suis la moitié du temps à Dubrovnik, l'autre moitié à Sipan.
00:42:31Parce qu'à Dubrovnik, je m'occupe d'une maison de retraite avec une centaine de personnes âgées.
00:42:42Le calme et l'esprit chaleureux des îles ne suffisent plus à retenir la population.
00:42:47Le prêtre de Sipan court entre ses deux paroisses pendant que la postière de l'Opoud fait de la résistance.
00:42:53Elle a deux enfants scolarisés sur son île natale.
00:42:57L'école est notre principal problème, parce que la plupart des jeunes gens doivent quitter l'île, cette magnifique île.
00:43:08Il n'y a que trois enfants dans notre école, alors c'est aussi une des raisons qui me font
00:43:12rester ici, pour sauver l'école.
00:43:18Presque 50 longues années de navigation, avec seulement une interruption pendant la guerre.
00:43:24Le Postira a bien gagné une médaille de la marine.
00:43:26On peut même dire qu'il mérite d'être visité, au même titre qu'un monument.
00:43:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:44:00J'avais envie de m'arrêter toutes les cinq minutes pour regarder le paysage.
00:44:03C'est vrai, n'est-ce pas ? Je suis contente que tu aies arrivé finalement sur l'île de
00:44:08Miettes.
00:44:08Ce n'est plus la mer, là, c'est quoi ?
00:44:10Nous avons deux lacs.
00:44:11Ça, c'est le petit lac, tu vois, ici.
00:44:14Et de le côté, là, ça, c'est le grand lac.
00:44:17L'eau n'est pas douce.
00:44:19Ah, c'est ça ?
00:44:20Ça, c'est la mer qui entre dans nos deux lacs.
00:44:23C'est l'île de Miettes.
00:44:24Ce n'est plus un lac, alors ? Normalement, un lac, c'est fermé.
00:44:27Nous pensons qu'avant, la mer n'était pas encore arrivée ici.
00:44:33Et c'était vraiment des lacs.
00:44:35Alors, j'ai vu les panneaux.
00:44:36On est dans un parc national, naturel, ici.
00:44:38Oui, oui, ça, c'est un parc national.
00:44:40Il date de 1965 à cause de ces deux lacs et à cause de forêt.
00:44:54Regarde-moi ça.
00:44:56Bonjour.
00:44:59Vous utilisez toujours votre âne ?
00:45:01Ah oui, il faut bien.
00:45:23J'attends, Marine, chantez.
00:45:37Allons-enfants de la patrie.
00:45:48C'est le premier monastère du XIIe siècle qui sont construits trois bénédictins.
00:45:53Marine, Willim et Chimoun.
00:45:57Quand a commencé le XIXe siècle, avec Napoléon, l'ordre bénédictine doit quitter cet espace.
00:46:04Donc, il n'y a plus de moines depuis le XIXe siècle.
00:46:07Après, monastère est vide, les voleurs s'envolez tout ce qu'ils veulent.
00:46:12En tout cas, c'est une belle bâtisse, hein ?
00:46:13Oui.
00:46:25Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie ?
00:46:40Jérôme, viens.
00:46:43Jette un coup d'oeil.
00:46:45Les montagnes.
00:46:47Au premier sommet se trouve notre maison pour la surveillance, où notre personne regardait presque toute la nuit et journée,
00:46:58qu'est-ce qui se passe dans la terre, est-ce qu'il y a l'incendie ou non, est
00:47:02-ce qu'il y a un naufrage dans la mer, etc.
00:47:05Qu'est-ce qu'il y a de caractéristiques dans ce parc, en termes peut-être de faune ? Il
00:47:10y a des animaux qu'on trouve ici, par exemple ?
00:47:12Chez nous, les animaux presque n'existent pas.
00:47:15À partir de 1910, les Autrichiens emportent les mangustes parce que dans notre île, il existe trop de serpents.
00:47:24Ce n'est pas possible de vivre ici.
00:47:27Aujourd'hui, pas de serpents, mais aussi, nous avons un nouvel problème à cause des mangustes.
00:47:32Il a mangé tous les oeufs des oiseaux qui ont les nids dans la terre.
00:47:39Je suis quand même fasciné par les couleurs, c'est quand même magnifique.
00:47:43Il faut absolument que ça reste comme ça, on compte sur toi, tu protèges ça, qu'il n'y ait
00:47:47pas trop de construction.
00:48:01Ils sont un peu le symbole de la fragilité de la faune européenne, les ours bruns.
00:48:06Encore assez nombreux en Croatie, ils ont pourtant disparu dans de nombreux pays plus urbanisés.
00:48:11Et avec eux, les lynx, les loups et les grands rapaces.
00:48:18Quand Ivan est revenu d'Allemagne dans son village d'origine, il a créé cet orphelinat pour ourson,
00:48:23dans une zone où ses animaux sont encore très présents.
00:48:33Le point commun entre les ours et moi, c'est que j'ai tout simplement cherché à faire revivre ce
00:48:38village.
00:48:39On a décidé de faire quelque chose avec les ours, car jusque-là, on en avait honte.
00:48:46Vivre avec beaucoup d'ours autour de nous, cela avait un côté arriéré qu'il a fallu transformer en idée
00:48:51positive.
00:48:53Il fallait devenir fier de vivre au milieu des animaux sauvages et en faire quelque chose d'intéressant.
00:49:04Le village de Kuturevo se situe aux portes d'un parc national, dans une zone protégée que l'on nomme
00:49:09parc naturel.
00:49:11Une zone protégée, mais tout de même habitée, cultivée et exploitée.
00:49:16Une zone où cohabitent l'homme et la nature.
00:49:26Des paysages sauvages et préservés, la Croatie en compte beaucoup.
00:49:31Elle les protège depuis le 19e siècle.
00:49:36Mais avec le développement du tourisme, la gestion des zones protégées et de la faune pourrait devenir problématique.
00:49:45Pendant l'été, nous avons beaucoup de touristes étrangers qui sont sur la côte.
00:49:50Ils font des excursions d'une journée.
00:49:55Mais c'est un parc un peu spécial à cause de sa géographie de montagne,
00:49:59qui attire seulement une certaine catégorie de personnes.
00:50:04Tout le monde ne vient pas ici, contrairement à Plevice, où les problèmes sont plus importants.
00:50:10A Plevice, le parc est très accessible et les cascades attirent beaucoup de monde.
00:50:15Ils ont vraiment un nombre impressionnant de visiteurs.
00:50:24Sur la chaîne des montagnes Vélévit, le parc national de Sgeverni est le plus jeune.
00:50:29Il a été créé juste avant l'an 2000.
00:50:34Ce parc possède une jeune équipe d'une dizaine de personnes.
00:50:37rangers et scientifiques qui couvrent un secteur de 100 km² absolument intouchable.
00:50:45Même si ce n'est évident pour personne, les limites et les règles entre chaque secteur sont bien définies.
00:50:52À gauche, c'est le parc naturel.
00:50:55Et sur la droite, le parc national.
00:50:58Alors de ce côté, ils coupent les arbres, ils chassent les animaux, ils font tout cela.
00:51:04Et à droite, c'est complètement interdit.
00:51:08Donc, du côté parc naturel, on chasse l'ours avec un permis spécial.
00:51:13La population d'ours est estimée entre 400 et 600 individus sur tout le pays,
00:51:18ce qui fait que les rencontres avec les hommes ne sont pas si rares.
00:51:24Dans le refuge d'Ivan, les oursons ont souvent été découverts chez des habitants peu scrupuleux.
00:51:32Le premier était nourri par un chasseur.
00:51:35Et le second était prisonnier dans une cage au milieu de la forêt.
00:51:45Pour soutenir ce projet, de jeunes volontaires venus de toute l'Europe passent une année de service civique aux côtés
00:51:51d'Ivan.
00:51:52Nourrir les ours, construire les parcs et les bâtiments,
00:51:55accueillir les visiteurs, autant de missions qui les ont attirés dans ce décor très préservé.
00:52:02L'idée, c'était de partir un an à l'étranger et de vivre dans un cadre totalement nouveau.
00:52:08De vivre une expérience différente, de découvrir un nouveau mode de vie.
00:52:13Je ne connaissais pratiquement rien aux ours avant de venir.
00:52:16Et là, en un mois, j'ai déjà découvert énormément.
00:52:24L'orphelinat de Kouterrevo se visite et vit simplement dedans.
00:52:27Quant aux ours, ils ne seront jamais réintroduits dans la nature.
00:52:31Ils sont bien trop imprégnés.
00:52:35A seulement quelques kilomètres de là,
00:52:38le ranger, c'est la biologiste du parc, font des prélèvements sur le terrain.
00:52:45Ivica est gardien du parc depuis 8 ans.
00:52:48Il est né dans la région et connaît parfaitement les problèmes de sa montagne.
00:52:52La zone environnante, classée parc naturel, est elle aussi protégée.
00:52:56Mais beaucoup plus difficile à surveiller que le parc national.
00:53:01Dans le parc naturel, ils ont affaire aux habitants et pas aux visiteurs.
00:53:07On y trouve beaucoup de villages et même de petites villes.
00:53:10Alors il y a toujours des constructions illégales et des dépôts d'ordures sauvages.
00:53:16En plus, les habitants prélèvent des pierres dans les carrières et du bois dans les forêts.
00:53:20Et à cause de cela, la surveillance est plus difficile pour eux que pour nous.
00:53:27D'ici quelques semaines, la neige recouvrira l'ensemble de la réserve.
00:53:31Il faudra fermer.
00:53:33Ce sera le moment de l'hibernation.
00:54:04Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:06Tu vois, Jérôme, ça c'est ma maison familiale.
00:54:10Oh, dis donc, on est en maison.
00:54:11Adieu.
00:54:14Je vais te présenter ma fille, elle travaille dans l'épicerie.
00:54:17Hey, you baby.
00:54:18Hey, mom.
00:54:21Que c'est ?
00:54:21Ça c'est ma fille, Romana.
00:54:23Enchantée.
00:54:25Romy.
00:54:25Romy.
00:54:26Donc ça c'est la petite épicerie de famille, alors ?
00:54:28Et pourquoi avoir choisi de vendre des produits régionaux
00:54:32et d'ouvrir une petite épicerie comme ça ?
00:54:33Parce que d'habitude, les jeunes ont plutôt tendance à aller dans les grandes villes.
00:54:37En Croatie, c'est très dur de trouver un emploi, surtout quand on a un diplôme.
00:54:41Je suis donc revenue à la maison, c'est l'endroit où je me sens le mieux.
00:54:45Tu as fait des études de quoi ?
00:54:47J'ai étudié l'anthropologie culturelle, l'ethnologie et la phonétique.
00:54:51Ah oui, tout ça ?
00:54:52Oui.
00:54:53Et avec tous tes diplômes, de revenir vivre ici, comment a été ce choix de vie ?
00:54:57Comment tu l'as pris ?
00:54:58La plupart du temps, c'est un plaisir, mais parfois c'est difficile parce que nous sommes sur une île.
00:55:03Nous n'avons pas l'eau courante et la plupart du temps, pas d'électricité.
00:55:07Mais c'est un très bel endroit, c'est un paradis.
00:55:10C'est maman qui t'a aiguillé un petit peu ?
00:55:15Bien sûr, ma mère, mais aussi bien d'autres personnes rencontrées dans ma vie.
00:55:24C'est mon héroïne.
00:55:26Je me souviens d'elle.
00:55:28Elle est mon meilleur souvenir.
00:55:30Elle me réveillait très tôt le matin et on partait avec ses chèvres dans la forêt.
00:55:37Elle me donnait le premier lait tiré de la chèvre.
00:55:41Je peux encore sentir l'odeur, c'était très beau.
00:55:44Quelque chose d'indescriptible.
00:55:50Maman, j'emmène Jérôme à la pêche.
00:55:52Peut-être qu'on ramènera quelque chose à la maison pour dîner.
00:55:56C'est pas sûr, ça, qu'on ramène grand-chose.
00:55:58Si tu comptes sur moi...
00:56:00Tu vas apprendre à pêcher très vite.
00:56:03J'ai jamais fait.
00:56:05Allô !
00:56:06C'est nous !
00:56:07Allô !
00:56:08Bonsoir !
00:56:11Voici Jérôme.
00:56:14Valentina, Gaspard, Nico.
00:56:16Tina.
00:56:17C'est bon.
00:56:31Tu vas apprendre en regardant.
00:56:34Fais chaque geste que nous faisons.
00:56:37Tu jettes à l'eau, d'accord ?
00:56:38Et puis, tu laisses aller.
00:56:42Tu arrêtes quand le leurre est au fond, c'est ça ?
00:56:49Quand tu sens quelque chose qui accroche, tu commences à tirer.
00:57:03C'est un petit exercice de musculation, c'est pas mal.
00:57:09Et qu'est-ce qui se passe si on pêche rien ?
00:57:11C'est quoi le plan de secours ?
00:57:14Il y a toujours une solution pour les mauvais pêcheurs.
00:57:17Une solution, c'est quoi ?
00:57:19Il y a un plat spécial que ma grand-mère avait l'habitude de faire.
00:57:23Elle le faisait lorsque mon grand-père revenait de la mer sans aucun poisson dans sa besace.
00:57:29Ce sont des pâtes traditionnelles de miettes.
00:57:33Grand-mère avait toujours une bonne solution.
00:57:35Mais bon, c'était une femme de l'île.
00:57:37Elle devait toujours avoir des solutions parce qu'il n'y a pas d'autre moyen pour survivre.
00:57:50Alors, où est le poisson des calamars ?
00:57:53Vous l'avez caché ?
00:57:54Eh ?
00:57:54Eh ?
00:57:55Quoi ?
00:57:57Bredouille, on dit.
00:57:58Rien.
00:57:59Ah, c'est pas vrai.
00:58:00Rien.
00:58:00Vous avez faim ?
00:58:01Un peu.
00:58:02Ah, j'ai fait un plat.
00:58:04C'est ce dont tu parlais, de ta grand-mère ?
00:58:06D'accord.
00:58:06Oui, ça c'est le plat de m'invite.
00:58:07Tu n'avais pas confiance en nous.
00:58:09Je vis ce soir, il y avait du vent, etc.
00:58:12Et j'ai dit, il faut mieux préparer quelque chose.
00:58:15Tu as bien fait.
00:58:15Ça, c'est la pâte de miettes avec l'ail, l'huile d'olive, les herbes de l'île et
00:58:23le fromage de chèvre.
00:58:24Bon appétit.
00:58:25Merci, bon app.
00:58:28Bon appétit.
00:58:29Bon appétit.
00:58:31C'est très, très bon.
00:58:41Jani, tu vois, sans faire de mauvais jeu de mots, je pense que je ne vais pas en laisser une
00:58:45miette de bon plat.
00:58:46Tu connais l'expression ?
00:58:48C'est un jeu de mots français.
00:58:53Ah oui, d'accord.
00:58:55Plus une miette dans l'assiette.
00:59:00On va marquer une pause dans l'émission, puisque c'est le moment de retrouver la route mythique.
00:59:05Et cette semaine, on va retrouver le dernier volet de la route du Western.
00:59:08Alors, le réalisateur Michel Viotte va traverser les déserts du Texas et de l'Arizona.
00:59:13Et ensuite, il va aller à la rencontre de l'arrière-petit-fils de Géronimo.
00:59:16Mais tout d'abord, direction les Red Rocks d'Arizona, qui servirent de décors Western mythiques des années 40 et
00:59:2250.
00:59:26Quittant Monument de Relay, je poursuis ma route vers le sud.
00:59:29Me voici en Arizona, dans la petite ville de Sedona.
00:59:34La ville a bien changé depuis les années 40 et 50, où y furent tournés de nombreux Westerns.
00:59:40John Wayne y fit même construire un studio pour l'ange et le mauvais garçon.
00:59:44Depuis, la ville s'est développée, faisant reculer la nature sauvage.
00:59:50Je décide donc de m'éloigner, pour gagner les montagnes entourant la ville.
01:00:07Là, je retrouve intact le décor d'un de mes films de chevet.
01:00:12La flèche brisée, réalisé par Delmer Deves en 1950 avec James Stewart.
01:00:17Le premier Western à prendre le parti des Indiens, présenté ici comme des hommes d'honneur et non comme des
01:00:25brutes sanguinaires.
01:00:26Un classique des classiques, sublimé par les fantastiques formations de grès rouge des montagnes de Sedona.
01:00:36Ma prochaine étape est à 400 km.
01:00:39C'est le désert de Sonora, dans la région de Tucson.
01:00:56Le désert de Sonora est fameux pour les Sagaros, ces cactus géants pouvant atteindre plus de 10 mètres de haut.
01:01:04Au cœur de cet environnement aride, où pullulent coyotes et serpents à sonnettes,
01:01:08se trouvent les studios de cinéma de Hall Tucson, un des lieux majeurs de l'histoire du Western.
01:01:15En 1939, pour le film Arizona, la Columbia construit ici une réplique de la ville de Tucson.
01:01:23Le Hollywood du désert vient de naître.
01:01:36Depuis leur début, les studios de Hall Tucson ont accueilli un nombre impressionnant de tournages.
01:01:42Winchester 73, 3h10 pour Yuma, Joe Kidd.
01:01:47Des feuilletons télévisés aussi, comme Bonanza, Chaparral ou La Petite Maison dans la Prairie.
01:01:58Mais une des grandes figures du lieu reste John Wayne, avec quatre de ses films les plus célèbres, tournés à
01:02:05Hall Tucson.
01:02:07McClintock, mais aussi la trilogie Western de Howard Hawks, inaugurée par le classique Rio Bravo.
01:02:15Le studio, encore actif aujourd'hui, est ouvert au public.
01:02:19Le guide Marty Fries nous rappelle son histoire.
01:02:23Nous nous trouvons devant un bâtiment utilisé dans Rio Bravo, construit pour le film en 1958.
01:02:29La fusillade a été tournée juste derrière.
01:02:31Ricky Nelson sortait par cette porte et envoyait un fusil à Dean Martin.
01:02:34Il avait été retenu comme otage à l'entrepôt.
01:02:37Allons jeter un coup d'œil derrière.
01:02:46Ce Porsche n'existait pas à l'époque.
01:02:48John Wayne et Ricky Nelson apparaissaient à cette porte.
01:02:52Claude Ekins et John Wayne se tenaient là et Ricky Nelson était à la fenêtre.
01:02:57Ce bâtiment a également été utilisé dans Eldorado en 1965.
01:03:00Robert Mitchum était une des stars du film.
01:03:04En 69-70, John Wayne a tourné pour la dernière fois à Hall Tucson pour Rio Lobo.
01:03:09Là aussi, il y avait une fusillade.
01:03:11Jack Elam se tenait juste là.
01:03:13Il tirait sur un homme à la fenêtre avant de s'enfuir à cheval.
01:03:16Ce film a été tourné ici en 1970, Rio Lobo.
01:03:20Ce fut la dernière réalisation de Howard Hawks au studio Hall Tucson.
01:03:25Henry Hathaway a travaillé ici.
01:03:27Sam Peckinpa aussi, bien sûr.
01:03:30Tous utilisaient les décors pour leurs différents films.
01:03:34Quelquefois, ils n'en tournaient ici qu'une partie.
01:03:37Mais en regardant certains classiques du western,
01:03:40tout le monde peut reconnaître un de ces décors.
01:03:44Nous sommes devant le hockey choral.
01:03:47Ce choral a été construit pour le film 3h10 pour Yuma en 1956
01:03:52avec Glenn Ford et Van Eiffel.
01:03:54Ils avaient tourné la fusillade à Elgin, en Arizona.
01:03:57Mais après celle-ci, les acteurs passaient à cheval derrière ce bâtiment.
01:04:01Ce choral a été utilisé de nouveau un an plus tard
01:04:04dans le film Règlement de compte à hockey choral
01:04:06avec Burt Lancaster et Kirk Douglas.
01:04:08Ce film raconte la célèbre fusillade de Tombstone, Arizona, en 1881.
01:04:12La vraie fusillade avait duré 34 secondes et fait 3 morts.
01:04:16Dans le film, elle dure 9 minutes et 40 secondes.
01:04:18C'est typique d'Hollywood.
01:04:28J'ai grandi dans le Midwest.
01:04:31Je rêvais des vedettes de western.
01:04:33Roy Rogers, Gene Autry, John Wayne, bien sûr.
01:04:37Je n'aurais jamais imaginé me retrouver dans le lieu où les films furent tournés.
01:04:42C'est pour moi une vraie passion.
01:04:44Je joue au cow-boy comme un gamin.
01:04:46Je me suis toujours considéré comme un gamin de toute façon.
01:04:50C'est ici que ça s'est passé.
01:04:51Et maintenant, je fais partie de tout ça.
01:04:54Chaque matin, en venant travailler,
01:04:56je me dis que je suis l'un des hommes les plus heureux de la Terre.
01:05:27A une heure et demie,
01:05:28à peine des studios de Hall-Tuxon,
01:05:31me voici maintenant dans le site historique de Hawkeye Choral,
01:05:34à Tombstone,
01:05:35où le célèbre duel
01:05:36prit place l'après-midi du 26 octobre 1881.
01:05:56La fusillade de Quai Choral
01:05:58opposa Waiter et ses frères,
01:06:00assistés de Doc Holliday,
01:06:02aux gangs constitués par les Clampton et les McLory.
01:06:06Elle a fait la renommée de Tombstone,
01:06:09qui n'a jamais entendu parler, en effet,
01:06:11de cette ville frontière de l'Arizona,
01:06:12dont le nom évocateur signifie
01:06:15Pierre Tambal.
01:06:24Fondé en 1877,
01:06:26à la suite de la découverte d'un gisement d'argent,
01:06:29Tombstone
01:06:29semble figé dans son passé.
01:06:33De nombreux bâtiments historiques,
01:06:35riches en anecdotes savoureuses,
01:06:37sont encore debout.
01:06:38Le Bella Union,
01:06:40le Crystal Palace,
01:06:41le Bird Cage,
01:06:42le Big Nose Kate Saloon.
01:06:48Mais le duel de Quai Choral
01:06:50évince dans les mémoires
01:06:51tous les autres événements
01:06:52de l'histoire de la ville,
01:06:54comme me le rappelle Ben Trewick,
01:06:56l'historien officiel de Tombstone.
01:07:03Il s'agit de la fusillade
01:07:05la plus célèbre de Tombstone,
01:07:07et même de l'Ouest américain.
01:07:09Il faut préciser quelque chose.
01:07:11Il y a eu une fusillade
01:07:12plus terrible encore
01:07:13à 15 kilomètres de la ville.
01:07:15Mais on se rappellera toujours
01:07:17de celle d'Oqué Choral.
01:07:19Pour une raison.
01:07:21Quatre mots magiques.
01:07:23Ok Choral,
01:07:25Holiday,
01:07:27Earp,
01:07:27et Tombstone.
01:07:29Ces quatre noms sont vraiment magiques.
01:07:31Qui a vu ailleurs une ville
01:07:32qui s'appelle Pierre Tambal ?
01:07:34Ok Choral,
01:07:35où trouver ailleurs un nom pareil ?
01:07:37Si vous mentionnez l'un de ces mots
01:07:38à 100 personnes,
01:07:39n'importe lequel,
01:07:40vous trouverez toujours
01:07:41quelqu'un dans le lot
01:07:42qui sait de quoi vous parlez.
01:07:44Articles de magazines,
01:07:45journaux, livres,
01:07:46il y a des centaines
01:07:47d'écrits sur Tombstone.
01:07:48C'est un cas absolument unique.
01:08:03Tombstone vit aujourd'hui
01:08:05du tourisme
01:08:06avec pour slogan
01:08:07« The City to Tough to Die ».
01:08:10La ville,
01:08:11trop dure pour disparaître.
01:08:25Chaque jour,
01:08:27au cours des défilés de costumes
01:08:28dans Allen Street,
01:08:30les habitants s'amusent
01:08:31à faire revivre les personnages
01:08:33qui ont marqué
01:08:33l'âge d'or de la ville.
01:08:35Les as du revolver,
01:08:37les hors-la-loi,
01:08:38les danseuses de cancan.
01:08:43Toute l'année,
01:08:44des gens viennent visiter Tombstone
01:08:46et on les encourage
01:08:47à se déguiser.
01:08:48Si vous venez ici
01:08:50et que vous portez un costume,
01:08:52vous pouvez réellement revivre
01:08:54l'histoire de Tombstone.
01:08:55C'est ce que font les gens.
01:08:57Ils suivent les traces
01:08:58des frères Herb
01:08:58ou de Doc Holliday.
01:08:59Ils vont là
01:09:00où les cow-boys furent tués,
01:09:01partout où ça s'est passé.
01:09:03Vous pouvez revivre
01:09:04l'histoire de Tombstone
01:09:05même si vous arrivez
01:09:06130 ans plus tard.
01:09:12Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:40«Sous-titrage Société Radio-Canada»
01:10:07«Sous-titrage Société Radio-Canada»
01:10:11«Sous-titrage Société Radio-Canada»
01:10:21«Sous-titrage Société Radio-Canada»
01:10:36disparu lors du règlement de comte de Quai Coral.
01:10:40Mais aussi près de 300 autres sépultures
01:10:43dont les épitaphes rappellent, non sans humour,
01:10:47que dans l'Ouest, on mourrait rarement dans son lit.
01:11:03Encore une journée de route
01:11:05et j'arrive au Texas, du côté de Présidio.
01:11:11C'est ici que j'ai choisi de terminer ma route du Western.
01:11:17À la frontière entre les États-Unis et le Mexique,
01:11:20sur les bords du Rio Grande.
01:11:31Dans le désert de Chihuahua,
01:11:33l'Ouest semble prendre sa source.
01:11:37Le décor, demeuré sauvage,
01:11:39était le point de départ des grands troupeaux de Longhorns,
01:11:42les Long Corn,
01:11:43qui traversaient le pays au XIXe siècle
01:11:45pour rejoindre le Montana.
01:11:51À proximité de la petite ville de l'Architas,
01:11:54je découvre un site exceptionnel.
01:11:57Un décor de cinéma abandonné sur les bords du Rio.
01:12:04J'ai la chance d'y rencontrer Kim Estes,
01:12:07dit O'Ké,
01:12:08un dresseur de chevaux réputé.
01:12:11Selon O'Ké,
01:12:13si l'on cherche l'Ouest authentique,
01:12:15oui, c'est bien ici qu'il faut venir pour le retrouver.
01:12:20Cette partie du pays est vaste et sauvage.
01:12:25Là où vous vous trouvez à Big Bend,
01:12:26il y a des millions d'acres
01:12:27entre le parc national et les parcs de l'État du Texas.
01:12:31Vous ne trouverez pas beaucoup d'endroits comme ça aux États-Unis.
01:12:35Je pense que c'est plus facile de se projeter dans le passé ici
01:12:37que partout ailleurs.
01:12:39Les choses sont pareilles qu'il y a 100 ans,
01:12:41ça n'a pas bougé à part ce décor de cinéma là-derrière.
01:12:48C'est le dernier bastion pour ce type de décor en Amérique.
01:12:54Ailleurs, ça devient trop civilisé,
01:12:57il y a trop de monde.
01:13:00Tout ce que vous verrez ici,
01:13:01ce sont des animaux sauvages, du bétail
01:13:03et quelques gars comme moi qui sont venus se planquer.
01:13:07Lorsque je chevauche la nuit,
01:13:09je suis seul avec mon cheval et la Lune.
01:13:11C'est resté pur, c'est toujours l'Ouest.
01:13:20Pour Hockey, l'influence des premiers colons espagnols
01:13:23fut déterminante dans l'histoire de l'Ouest.
01:13:26En introduisant le cheval jusqu'alors inconnu sur ce territoire,
01:13:30ils en changèrent le destin à jamais.
01:13:34Sans les Espagnols, vous n'auriez pas eu de cow-boys.
01:13:38Nous utilisons les mêmes techniques qu'ils utilisaient il y a 200 ou 300 ans.
01:13:44Nos selles, nos brides, tout vient des Espagnols.
01:13:47A l'origine, il y avait les vaqueros espagnols.
01:13:50C'était de vrais cow-boys.
01:13:51Peut-être que je détruis le mythe,
01:13:53mais c'est une vérité historique.
01:13:55Sans les Espagnols,
01:13:56nous serions juste en train de nous balader à pied.
01:14:09Sous-titrage Société Radio-Canada
01:14:26Sous-titrage Société Radio-Canada
01:14:28Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:04Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:05Tony !
01:15:06Hé, bonjour !
01:15:07Tu dois être Jérôme, c'est ça ?
01:15:08Ça va bien ?
01:15:10Ravi de te rencontrer.
01:15:11Est-ce qu'on l'appelle un...
01:15:12Big, hein ?
01:15:13Hein ?
01:15:13Un costaud !
01:15:14Je suis au régime en ce moment.
01:15:17OK.
01:15:20Laisse-moi prendre ton bagage.
01:15:25Waouh !
01:15:25C'est beau !
01:15:28Magnifique, ça !
01:15:34Donc, voilà ta résidence.
01:15:36Waouh !
01:15:37Je suis gâté, hein !
01:15:40Ça, c'est ta chambre.
01:15:42Ça me va, je la prends.
01:15:43Et la salle de bain à côté.
01:15:45C'est une belle baignoire, ça.
01:15:46Et où sont les nymphes qui vont me frotter le dos ?
01:15:48Ah, elles sont en vacances, mais elles reviennent demain.
01:15:51Tu as combien de suites au total, ici ?
01:15:54Nous avons cinq suites, toutes nommées d'après des lieux traversés par Marco Polo.
01:15:59C'est l'An, l'Inde, Venise, la Chine et les pays arabes.
01:16:05On dit que Marco Polo est vénitien et serait né à Venise.
01:16:08Et finalement, ici, on dit que Marco Polo est né à Cortula.
01:16:11C'est un gros débat.
01:16:14Quand il est né, Cortula était régi par Venise.
01:16:18Donc, qu'il soit né à Cortula ou à Venise, il est vénitien.
01:16:21D'accord, parce que c'est un territoire.
01:16:22C'était un seul pays.
01:16:23Et c'est dans cette maison qu'il serait né ?
01:16:25Non, pas dans cette maison, mais dans une autre, tout près.
01:16:28On peut jeter un oeil du balcon, si tu veux.
01:16:30D'accord.
01:16:35Voilà, tu peux voir la maison de Marco Polo sur la gauche.
01:16:38Ah, c'est donc ici.
01:16:40Marco Polo, c'est quoi ? C'est le XIIIe siècle ?
01:16:43Le XIIIe siècle, oui, c'est ça.
01:16:45Et donc ça, ce serait du XIIIe siècle, non ?
01:16:47Ce bâtiment, en lui-même, date du XVe siècle.
01:16:52Mais les terres de cette maison ont toujours appartenu à la famille Polo.
01:16:58Et la famille Polo existe encore.
01:17:00Elle compte encore quelques membres.
01:17:22Et toi, Tony, tu es originaire de Cortula ?
01:17:25Oui, né et élevé à Cortula.
01:17:28Quand j'avais 28 ans, je me suis allé en Hollande.
01:17:31J'y ai vécu 20 ans.
01:17:32Et pourquoi ça ? Qu'est-ce que tu as fait là-bas ?
01:17:35J'étais, entre autres, chanteur d'opéra.
01:17:37Professionnel ?
01:17:38Oui, oui.
01:17:40Voilà la porte principale.
01:17:43On arrive sur la grande place.
01:17:55Quel est l'endroit que tu préfères dans la ville, toi ?
01:17:58Il y a beaucoup d'endroits que j'aime.
01:18:01Mais celui que je préfère, c'est la cathédrale.
01:18:04C'est la plus belle église du monde.
01:18:06Pourquoi ?
01:18:07Parce qu'elle est spéciale, avec une atmosphère très intime.
01:18:09Elle a été construite par des habitants de Cortula.
01:18:12Du coup, l'âme de Cortula y est très présente.
01:18:14C'est la plus belle église du monde.
01:19:04Ça me donne la chair de poule, tu sais.
01:19:06Merci.
01:19:12Le Dvadida est un petit chalutier du port de Vellalucca.
01:19:21A priori, il ressemble à tous les autres bateaux de pêche qui travaillent dans les eaux claires de l'île
01:19:25de Cortula.
01:19:26Mais le Dvadida est un bateau chantant.
01:19:29Il transporte à son bord des marins mélomanes qui, une fois le travail accompli, donnent de la voix en déclinant
01:19:35le répertoire classique de leur terroir.
01:19:47Mais la priorité, évidemment, c'est d'abord de rapporter du poisson.
01:19:52Cela fait déjà 15 ans que je fais ce travail.
01:19:56Mais depuis 2-3 ans, cela devient vraiment difficile.
01:20:02C'est grâce aux langoustines qu'on gagne de l'argent.
01:20:05Mais il y en a de moins en moins.
01:20:08Parce que pour ce qui est du poisson, c'est pas terrible.
01:20:12Le prix du poisson est trop bas.
01:20:16On rapporte à peu près entre 80 et 150 kilos par jour, en jetant 2-3 fois le filet.
01:20:31La tradition des chorales est particulièrement bien ancrée sur la côte d'Almat.
01:20:35Mais on retrouve des clapas dans tout le pays.
01:20:45Clapas, en croate, est l'équivalent d'Acapella, en italien.
01:20:49Un divertissement qui est pris très au sérieux, puisqu'il soude les hommes et détourne l'attention des soucis du
01:20:54quotidien.
01:21:02C'est l'histoire d'un marin qui est parti pour longtemps.
01:21:06Et sa femme chante.
01:21:08Vas-y, mon chéri.
01:21:10Il fait un temps magnifique.
01:21:13Mais mon cœur se meurt.
01:21:20Il y a aussi des chansons joyeuses.
01:21:22Parce que si au retour au port, la pêche est bonne,
01:21:25l'équipage boit du vin et il chante.
01:21:28Mais on a pas mal de chansons tristes également.
01:21:31Cela dépend du temps.
01:21:45Après deux heures de traîne, les filets remontent avec 50 kilos de poissons.
01:21:49Il faudra les relancer pour que la journée soit complète.
01:21:57S'ils ne sont pas tous marins, à Vellalucca,
01:22:00beaucoup de familles sont liées à la mer avec le commerce du poisson et des bateaux.
01:22:04Beaucoup travaillent au chantier naval.
01:22:06Et quelques-uns sont revenus au pays après de longues années passées sur les océans du monde.
01:22:15Alors les retrouvailles autour d'un bon verre, d'une grillade ou d'un accordéon sont toujours les bienvenus.
01:22:38Dans ma famille, la tradition, c'est le chant.
01:22:43Mon grand-père faisait de la musique, mon père aussi.
01:22:49Ma mère aujourd'hui encore joue de l'orgue à l'église.
01:22:53Mes sœurs chantent.
01:22:55C'est vraiment une tradition familiale.
01:23:09Et puisque les chœurs s'accordent à merveille,
01:23:11le petit groupe de Vellalucca n'hésite pas à se produire sur scène.
01:23:15Parfois même très loin.
01:23:17La liste est longue des salles qui ont pu applaudir les clapas de Vellalucca.
01:23:22Nous sommes allés aux Etats-Unis, à Seattle, dans le port d'Anna Cortez.
01:23:27Et en Espagne, en France.
01:23:35En Italie, nous étions à Veyron, dans une compétition internationale.
01:23:41C'était en 2001.
01:23:43C'était en 2001.
01:24:03Bonjour, Capitaine.
01:24:04Bonjour.
01:24:05Bonjour.
01:24:35Nous nous trouvons sur l'île de Wernick,
01:24:37une des 14 îles de l'archipel de Korchula.
01:24:40Seuls trois hommes vivent ici.
01:24:42Et ils ne se parlent jamais.
01:24:44Ils vivent tous dans les environs,
01:24:45mais ils restent chacun dans leur maison.
01:24:47Ils ne sont pas nombreux, mais ils ne se parlent pas.
01:24:49Ils vivent juste pour eux-mêmes, ils s'en fichent.
01:24:51Ils ne se parlent pas.
01:25:23Bonjour.
01:25:25Bonjour.
01:25:27Jérôme, enchanté.
01:25:28Je suis Lujo.
01:25:33Louis XIV, roi de France.
01:25:35Ah, bien.
01:25:38Ou Rodin aussi.
01:25:39Auguste Rodin.
01:25:40Oui, c'est mon cousin.
01:25:42Vous donnez l'impression d'être une sculpture
01:25:43au milieu de toutes vos sculptures blanches, comme ça.
01:25:46Vous savez, avec le temps,
01:25:48on finit par ressembler à ce que l'on fait.
01:25:54Et où avez-vous appris ça ?
01:25:57J'ai étudié à l'Académie de Zagreb,
01:25:59puis j'y ai fait une spécialisation
01:26:00et j'ai fait mon apprentissage chez un maître.
01:26:04Ensuite, je suis allé un peu partout en Europe
01:26:06pendant 25 ans.
01:26:09J'ai vu suffisamment de monde
01:26:11et maintenant, c'est le monde qui vient me voir.
01:26:13Comme vous, d'ailleurs.
01:26:16Cette sculpture sera une femme aussi ?
01:26:18Ça se voit quand même que ça va être une femme.
01:26:21D'accord.
01:26:22Vous marquez des repères
01:26:25et vous les reproduisez là ?
01:26:28Oui, oui.
01:26:29Pour conserver les proportions,
01:26:30je repère trois points fixes.
01:26:34Puis je reporte
01:26:35et reproduis à l'identique
01:26:37les proportions du modèle en plâtre
01:26:40sur celui en marbre.
01:26:46Comme le disait mon oncle Michel-Ange,
01:26:48ce n'est pas difficile la sculpture.
01:26:51Il faut juste enlever le superflu.
01:26:56Voilà mon atelier.
01:27:01Et ça, c'est la pierre
01:27:02qu'on retrouve dans la région.
01:27:04Non, non, ça, ce n'est pas une sculpture.
01:27:07C'est un moteur.
01:27:09Ah, d'accord.
01:27:10J'avais confondu.
01:27:11Ça, par contre, c'est une sculpture.
01:27:12Ah, ça, oui.
01:27:13Non, plus.
01:27:14Ah, effectivement, je n'ai pas...
01:27:15Ça, c'est une sculpture.
01:27:16Ah, c'est ça la différence.
01:27:17D'accord.
01:27:20C'est la pierre qu'on trouve dans le coin.
01:27:22Ce qu'on arrive à rendre avec cette pierre,
01:27:24on ne peut pas le faire avec le marbre
01:27:26et vice-versa.
01:27:30Je sais que tu connais déjà cette fille.
01:27:33Mais à quel homme politique te fait penser ce poisson ?
01:27:38C'est Winston Churchill.
01:27:41Ah, le cigare ?
01:27:42D'accord.
01:27:44Pas mal, pas mal.
01:27:50Ah, là, là, là, ça fait cinq ans que je ne bouge plus d'ici.
01:27:56Je ne sais pas si les autres artistes rêvent de travailler ici,
01:28:00mais moi, c'est l'endroit le plus précieux de toute ma vie.
01:28:06Je trouve que Lucio, il est très représentatif des gens ici,
01:28:12sur cette région,
01:28:12parce que je trouve qu'il a dans le regard, le sourire, la joie de vivre.
01:28:18Oui, c'est vrai, tu as raison.
01:28:20Que l'on pratique l'art, la cuisine ou n'importe quoi d'autre,
01:28:24on le fait toujours en étant au centre de notre vie.
01:28:27Au cours du voyage, plein de personnes que j'ai croisées fredonnaient,
01:28:30on sent que la chanson est présente, la musique est présente.
01:28:33Et on dit souvent que les gens qui chantent sont des gens heureux.
01:28:36Et je trouve que ça vous va bien, ici en Dalmatie.
01:28:40Merci, Lucio.
01:28:42Merci beaucoup.
01:28:43Merci à toi, Tony.
01:28:45Merci pour tout.
01:28:47Et puis, je vous retrouve pour ma part très vite
01:28:49pour de nouvelles échappées dans d'autres contrées.
01:28:51À bientôt.
01:28:53J'y vais.
01:28:54J'y vais.
01:28:54J'y vais.
01:28:57J'y vais.
01:28:58Santé.
01:28:59D'accord.
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