- il y a 10 ans
Échappées belles : cartes postales du Lubéron Jérôme est à Gordes dans le Lubéron. Il découvrira des maisons à moitié troglodytes, fera une virée en canoë ...
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00:00:00Musique
00:00:35Allez messieurs, dames, bonjour, on n'hésite plus.
00:00:38S'il vous reste un peu d'argent, on ne le laisse pas.
00:00:40Merci.
00:00:40Ça sent bon le sud ici.
00:00:42Ça sent bon.
00:00:43On a envie de prendre l'accent tout de suite.
00:00:45Ça vient tout seul.
00:00:46Oui, c'est clair.
00:00:47Bon, écoutez, cette semaine, moi je vous emmène dans une magnifique contrée provençale
00:00:52qui se situe entre les monts de Vaucluse et le massif du Luberon.
00:00:56D'ailleurs, on se parle de Luberon, la première fois que je suis arrivé ici, il y a quelque
00:01:00temps pour visiter, j'étais comme tout le monde, je disais Luberon.
00:01:04Et en l'occurrence, il n'y a pas d'accent sur le...
00:01:05Il n'y a pas d'accent.
00:01:06On dit Luberon.
00:01:08Je vais essayer de me concentrer cette semaine pour ne pas dire Luberon tout le temps.
00:01:11Voilà.
00:01:12Donc, eh bien, mon voyage commence ici à Gordes, l'un des 157 plus beaux villages de France.
00:01:16Bravo.
00:01:17Et puis ensuite, eh bien, j'irai d'abord faire du canoë, puis de la pêche à la mouche
00:01:21sur la sorgue, c'est une rivière aux eaux cristallines.
00:01:24Ensuite, distillerie de lavande et puis une petite cueillette, randonnée cueillette
00:01:30où j'irai aller chercher des plantes comestibles pour une recette assez spéciale.
00:01:33Voilà.
00:01:34Et selon ma formule consacrée et rituelle, eh bien, je vous souhaite la bienvenue dans
00:01:37mes échappées belles.
00:01:44Les Rouges se proposent peut-être de se désaltérer un petit peu et de t'emmener dans
00:01:50un endroit particulier.
00:01:52C'est un café.
00:01:53Oui.
00:01:53Ça s'appelle le Cercle Républicain.
00:02:03C'est le Cercle Républicain, créé en 1911.
00:02:11Ces cercles républicains ou autres étaient très répandus à fin du 19e, fin du 18e,
00:02:19du 19e et je pense que ça, c'est l'émanation, la succession de ces choses-là.
00:02:23Voilà.
00:02:24Et tu as la carte annuelle à 5 euros et la carte journalière à 20 centimes d'euros.
00:02:29Quel investissement !
00:02:37Quelle vue !
00:02:39Pas vilain, hein ?
00:02:40Ah, c'est superbe !
00:02:41Pas vilain.
00:02:42On se parlait de temps haut d'un phare.
00:02:44Voilà, absolument.
00:02:46Tu es sur une tour du rempart, sur une tour découronnée des anciens remparts.
00:02:51Quelle belle idée que tu as eue de m'envoyer ici.
00:02:53C'est magnifique.
00:02:55Patrick, je sais que tu es écrivain, journaliste, tu as beaucoup écrit sur cette région.
00:03:00C'est vrai.
00:03:00Qu'est-ce qui te touche ici ? Qu'est-ce qui te plaît ?
00:03:02Moi, c'est le côté, si tu veux, par opposition à la Côte d'Azur, qui est un autre pays,
00:03:07c'est la province intérieure, la province des villages, de ces villages qui ont une vie permanente,
00:03:14qui ont une âme, qui ont un caractère.
00:03:16C'est un pays qui est dur, où il y a beaucoup de pierres, où il y a peu de
00:03:19bonnes terres.
00:03:21Rien n'est donné ici.
00:03:22Tout se mérite sur le pays, sur le climat, voilà.
00:03:26Donc c'est un pays qui forge des caractères assez attachants.
00:03:30Voilà.
00:03:30C'est un petit peu sale.
00:03:32C'est ce que j'aime ici.
00:03:34Toi, tu résides dans Gordes même ?
00:03:36Alors moi, je réside dans Gordes.
00:03:37Tu vois d'ailleurs ma maison, d'ici, dans le vallon, avec la façade qui disparaît sous la vigneuvière.
00:03:43Magnifique, ta maison.
00:03:44En partie proglottite.
00:03:46On trinque.
00:03:46À nous, à Gordes.
00:03:48À ce beau début de voyage.
00:03:49À ce beau début de voyage.
00:04:08C'est chouette ça, dis donc.
00:04:10Voilà, Jérôme.
00:04:11Bienvenue chez moi.
00:04:12Non, c'est chez toi ?
00:04:13Oui, c'est chez moi.
00:04:14Monsieur ne s'en refuse rien.
00:04:16Dis donc, quelle vue insensée.
00:04:18Voilà.
00:04:19On voit bien la structure du rocher de l'éperon sur lequel le village s'est construit.
00:04:25Et tu vas faire des envieux, hein.
00:04:37On rentre dans les entrailles de la maison.
00:04:40Voilà, on descend.
00:04:42Ah oui, on est carrément sur un mur tropglodyte, là.
00:04:45Les entrailles de la terre de la maison.
00:04:47Voilà, on est accrochés sur le rocher complètement.
00:04:51Donc il y a un petit côté adossé à la colline, comme disait le forestier.
00:04:53Voilà, la maison adossée à la colline, c'est ça.
00:05:04Quel privilège.
00:05:06C'est quand même assez merveilleux.
00:05:08Avoir ça tous les jours, chaque matin et chaque soir, avec des lumières différentes, c'est quand même, je crois,
00:05:16un beau cadeau.
00:05:17Oui.
00:05:25Le Luberon compte quelques-uns des plus beaux villages de France.
00:05:29Parmi les villages typiques de la Provence, perchés sur un éperon rocheux, se trouve Beaugneux.
00:05:42Vincent Gilles a grandi ici.
00:05:44Il connaît chaque recoin du village, chaque maison, chaque pierre.
00:05:48Mon père m'a transmis le secret des carillons.
00:05:52Depuis l'âge de 7 ans, je me trouve dans ce clocher.
00:05:55Je suis vraiment fier, on va dire, et content de pouvoir carillonner pour les messes, pour les enterrements, pour les
00:06:02mariages et pour les baptêmes.
00:06:05Dominica et Alistair, eux, sont canadiens.
00:06:08Venus passer ici quelques années sabbatiques, ils sont tombés sous le charme de Beaugneux.
00:06:14C'est l'air, le soleil, les produits frais, même le style de vie que les gens prennent le temps
00:06:23à manger, de vraiment apprécier la vie.
00:06:30Michel Boyer, lui, ne quitterait pour rien au monde son métier de cafetier sur la place du village.
00:06:35De toute façon, à Beaugneux, c'est ça.
00:06:37On débarque, on ne sait pas comment, par hasard, et puis on tombe amoureux du village, et puis on y
00:06:41reste, quoi.
00:06:42Puis voilà, c'est ça, un peu comme moi.
00:06:47Tous sont tombés amoureux de Beaugneux, de sa douceur de vivre et de la beauté du village, que l'on
00:06:52surnomme aussi le Mont-Saint-Michel de Provence.
00:06:56Alors Beaugneux est vraiment, c'est vrai, il est accroché à la montagne, il est, on va dire, il est
00:07:00à flanc de coteau.
00:07:01Donc Beaugneux était cité papale, les papes venaient trouver ici le repos, ils venaient les deux mois d'été en
00:07:08vacances, le bon vin, la bonne gastronomie.
00:07:12C'est de relater les traces du temps sur toutes ces pierres qui nous font rêver dans ces petites rues
00:07:18ensoleillées.
00:07:20Ce qui me charme à Beaugneux, c'est que les maisons ont été restaurées, mais respectées.
00:07:25La végétation à sa place, la verdure, les fleurs, c'est pas un village où tout est apprêté.
00:07:35Vincent Gilles, c'est l'enfant du village.
00:07:37Un village qu'il quitte à l'adolescence pour ses études d'ébénisterie.
00:07:40Puis il part à Paris.
00:07:42Il y a dix ans, il décide de revenir à Beaugneux.
00:07:45Il y installe son atelier et son magasin d'antiquité.
00:07:49On savait que sur Paris, c'était une très belle ville, une ville où la culture et l'art rayonnent.
00:07:55Mais le chant du coq le matin me manquait, le rayon de soleil qui venait frôler la vitre de l
00:07:59'atelier à travers la poussière et tout.
00:08:01Ça, c'est vraiment cette authenticité, ça me manquait.
00:08:03Et la Provence est vraiment au fond de moi et j'avais besoin de la retrouver.
00:08:10Ce qui me plaît, c'est de redonner vie à ces meubles anciens qui reflètent leur beauté d'autrefois.
00:08:28Tous les vendredis, Dominica et Alistair se rendent à la bibliothèque du village où ils donnent des cours d'anglais.
00:08:33Vous êtes prêts pour la classe ?
00:08:35C'est génial.
00:08:37Qu'est-ce que vous avez besoin de la préparation par jour ?
00:08:44Une heure.
00:08:45Une heure ?
00:08:47Moi, je suis vraiment enchantée parce qu'il y a peut-être, je ne sais pas, 5% des gens
00:08:54extérieurs qui vivent vraiment avec les gens de Brugneux.
00:08:58Et eux, tout de suite, ils ont voulu vivre avec les gens de Brugneux et ça, je trouve ça formidable.
00:09:02Et finalement, il y a des moments où on se dit que c'est nous qui apprenons plus que les
00:09:06gens qu'on a dans nos cours.
00:09:08Et on fait des amitiés et vraiment, c'est magnifique pour ça.
00:09:13On se sent vraiment partie de la communauté.
00:09:17Ok, so we will see each other at our next class.
00:09:22Les cours d'anglais terminés, direction le marché sur la place du village.
00:09:27Merci.
00:09:27C'est pour moi la pause.
00:09:35C'est vraiment une qualité de vie d'avoir des légumes qui viennent directement des producteurs.
00:09:42Et je pense qu'on a une meilleure santé à cause de ça aussi.
00:09:51Chaque fois qu'on dit qu'on vient du Canada, les gens disent, oh, ils veulent partir au Canada.
00:09:55Ils connaissent des gens qui sont allés vivre où les espaces sont grandes.
00:09:59Mais nous, on a vécu ça toute notre vie.
00:10:01Et il y a un moment qu'on a assez de ça.
00:10:04On se sent très, très seul.
00:10:05Et on aime être serré avec les gens.
00:10:09Peut-être qu'on est étrange, mais on aime être busculé, même dans un marché.
00:10:13On se ressent qu'on fait partie de quelque chose.
00:10:23Après le marché, passage obligé au Café du Terrail, où l'illustre Michel travaille depuis 12 ans.
00:10:30Salut Michel, ça va ?
00:10:32Et toi ?
00:10:33Et les petits ?
00:10:35Ouais.
00:10:36Salut, ça va canard.
00:10:37Qu'est-ce que je vous sers à boire ?
00:10:39Alors, une crème, comme toujours avec moi, double four-crème.
00:10:44Un crème.
00:10:44Un crème, merci.
00:10:46Un crème et une moisette, s'il vous plaît.
00:10:50Et c'est parti.
00:10:53Bonnue est un village simple.
00:10:55C'est un village où on ne se la pète pas, entre guillemets.
00:10:59On ne se la pète pas.
00:10:59Il y a quand même des gens qui sont très connus.
00:11:01Ils arrivent ici en terrasse, ils ne sont pas dérangés par les gens qui sont à côté d'eux.
00:11:06Il n'y a pas de « donnez-moi un autographe », « donnez-moi ci », « donnez-moi
00:11:09là ».
00:11:10Non, ici, c'est vraiment la simplicité.
00:11:11Ils sont là pour ça.
00:11:12La vue, l'assiette et le sourire.
00:11:15Et puis voilà.
00:11:15L'accent, il ne faut pas oublier l'accent.
00:11:17Si vous n'avez pas l'accent, ils ne sont pas contents.
00:11:19Il ne manque que les cigales.
00:11:20Un peu plus tard, il y aura des cigales.
00:11:22Et puis voilà.
00:11:22Ils ne cherchent que ça.
00:11:23La Provence, c'est que ça.
00:11:36Musique
00:11:57Ah, le voilà.
00:11:58Salut, Jérôme.
00:11:59Michel, tu vas bien ?
00:12:00Très, très bien.
00:12:01Merci beaucoup.
00:12:01Tu as vu comme je suis bien, là ?
00:12:02Ah oui.
00:12:02À la fraîcheur naturelle.
00:12:04Climbertisation naturelle.
00:12:05Ici, c'est le gaufre de Fontaine.
00:12:07Voilà.
00:12:08Monsieur Cousteau était venu dans les années 60-60 ou 60-60, je ne sais pas exactement.
00:12:12Il avait déjà trouvé qu'il y avait deux arrivées d'eau.
00:12:14En fait, l'arrivée de multitudes de petites rivières souterraines, les monts du Vaucluse, voilà, la montagne de Lure, du
00:12:21Vaucluse, le Ventoux, tout ça.
00:12:24D'accord.
00:12:24Et une autre arrivée pour avoir l'eau que nous avons l'été venant des Alpes.
00:12:28Le principe ici de la sorgue, c'est qu'elle jaillit ici, c'est une résurgence, c'est ça ?
00:12:33Oui.
00:12:34Et donc, ça vient de tous ces endroits-là ?
00:12:36De tous ces endroits-là.
00:12:37C'est souterrain, alors ?
00:12:38C'est souterrain.
00:12:38Il y a eu des petits sous-marins, des petits sorgonotes.
00:12:41C'est ça, des machines, j'allais te demander à l'instant.
00:12:42Ils ont travaillé avec des petits sorgonotes qui sont descendus, je crois, à 300 mètres, tout ça, voilà.
00:12:48C'est un endroit magique.
00:12:49Tout autour, c'est de la garusse, tu vois, c'est sec, c'est...
00:12:54Et d'un coup, hop, de ces falaises, il sort cette rivière qui est la ville.
00:12:59Qui vient de Nulpein, on ne sait pas trop d'où ça vient.
00:13:01Et c'est ça qui est un peu magique aussi, quand même.
00:13:03C'est la magie, elle est là.
00:13:06C'est la plus grande résurgence d'Europe, je crois.
00:13:11Une des deux.
00:13:12Mais étant chauvin, je pense que c'est la plus grande.
00:13:15Oui, et du monde, tu peux le dire.
00:13:16Je pense du monde sans exagérer.
00:13:48C'est d'une limpidité des eaux cristallines sublimes.
00:13:53Michel, toi, tu es un enfant de la sorgue.
00:13:55C'était ton terrain de jeu, la rivière ?
00:13:57Ben, c'était notre piscine, disons.
00:13:59Quand le matin, je sortais de ma maison et que directement, je voyais cette sorgue, j'étais le plus riche
00:14:07du monde, tu vois.
00:14:08C'est ce qui t'a donné envie de créer ta société, de faire profiter les visiteurs de la sorgue
00:14:14avec les canoës, notamment ?
00:14:16C'est-à-dire que quand j'avais des invités, je me faisais un plaisir de leur faire visiter ma
00:14:21rivière.
00:14:22Et tout le monde me disait, mais mon Dieu, mais qu'est-ce que tu as de la chance d
00:14:25'être né ici, d'avoir fait...
00:14:26Mais moi, ça me semblait tellement normal, je croyais que tout le monde avait la même enfance que moi, tu
00:14:31vois.
00:14:31Et puis finalement, je me suis rendu compte que c'était vraiment le paradis.
00:14:34J'ai acheté quelques petits canoës et petit à petit, j'ai fait visiter et ça a plu.
00:14:40Et aujourd'hui, ben voilà, j'ai professionnalisé l'affaire.
00:14:44On est sept en tout, mais on essaie de transmettre une passion.
00:15:07Il y a pas mal de pêcheurs à la mouche.
00:15:09Tu connais, toi, quelqu'un qui pourrait me faire pêcher ici, Michel ?
00:15:13Ben, je connais bien Eric Arnault et son papa.
00:15:16Voilà, eux, c'est des professionnels, c'est les meilleurs que je connaisse.
00:15:19Ils sont où ?
00:15:19Ils sont sur la route de Coman à l'issure-sorgue, à la sortie du village.
00:15:23Impec.
00:15:28Là, on arrive à l'Île-aux-Castors.
00:15:31Hop là.
00:15:33Parfait.
00:15:34Qu'est-ce que c'est agréable quand même comme endroit.
00:15:37Je comprends que tu t'enlaces pas.
00:15:40Tu peux pas t'enlacer.
00:15:42Tu peux pas t'enlacer.
00:15:45Une année, un Québécois descend et exactement à cet endroit-là,
00:15:51il me dit avec son accent québécois, il me dit,
00:15:53mais Michel, y a-t-il de l'or dans ta rivière ?
00:15:56Ben, il me dit, écoute, je ne pense pas.
00:15:59Mais ça m'avait donné une idée pour faire un canular.
00:16:03Et donc, je récupère deux vieux tamis de maçons et je commençais à tamiser, tu vois.
00:16:08Et naturellement, j'avais demandé à un ami à moi des petits morceaux de soudure que j'avais peints en
00:16:14or avec une espèce de peinture, là, tu vois.
00:16:17Et ça faisait vraiment la pépite.
00:16:19L'imposture parfaite.
00:16:20Alors, à la suite de ça, qu'est-ce que je me suis marré ?
00:16:22Parce que quelques mois après, il y avait quelques personnes du village qui commençaient à tamiser, tu vois.
00:16:27Ah, tu pensais que tu avais trouvé de l'or ?
00:16:29Et alors, là, on a vraiment bien ri, tu vois.
00:16:31On a vraiment bien ri.
00:16:33Ça, c'est quelque chose d'extraordinaire, tu vois.
00:16:49Et là, on va la mettre là.
00:16:53On va mettre la table blanche et c'est bon.
00:17:00Au vendre, il faut mettre ou alors que de la déco, que du fracas ou que du propre.
00:17:05Mais faire mélanger, c'est pas trop bon.
00:17:07Les chevets, c'est pas bon, ça va pas avec le reste.
00:17:09Les chevets, les tabourets.
00:17:11Après, le reste, ça passe bien.
00:17:12Une fois que j'ai ouvert le lit, je mets la table blanche et c'est nickel.
00:17:17Il a l'oeil Pascal Bé.
00:17:19Les envies de ses clients, il les connaît.
00:17:21Tous les dimanches matin, il déballe ainsi ses meubles et ses objets sur le marché de l'île de la
00:17:25Sorgue.
00:17:26Un rendez-vous immanquable pour les chineurs de la région et les 200 brocanteurs qui se retrouvent pour faire affaire.
00:17:32Salut, César.
00:17:34Tu vas bien ?
00:17:36Ouais, je vais bien.
00:17:37Pascal a tout appris avec Henri, son père.
00:17:40Incontournable et redoutable vendeur.
00:17:42C'est une belle pièce, ça.
00:17:44Comment tu m'as dit, Dernier ?
00:17:45300.
00:17:46Là, 250, je te dis, non ?
00:17:48Depuis que j'ai fait le boulot, ça m'a toujours...
00:17:50D'abord, je le fais parce que ça me plaît.
00:17:52Ça me plaît, autrement, je le ferai plus il y a longtemps.
00:17:55Et c'est comme de tout, là, il faut prendre le plaisir et le travail.
00:18:002,270, oui ou non ?
00:18:02Allez, oui, donne, va.
00:18:03En fraîche, eh.
00:18:06Rendu, viens de faire une belle affaire.
00:18:09Henri a de tout, un peu d'antiquité, un peu de brocante.
00:18:12Ouais.
00:18:13En fait, je suis plus aujourd'hui décorateur qu'antiquain.
00:18:16Mais c'est grâce à Henri que j'ai appris ce métier.
00:18:20Allez, chargez.
00:18:21Chargez-la, Dieu vous y livrez.
00:18:23Quand je me trouve un nouveau client, je suis content.
00:18:26Parce que je sais que je l'ai à vie, le client.
00:18:29Ah oui, je suis populaire, je plais aux gens.
00:18:32Et je raconte pas des conneries.
00:18:34Eh, il faut être comme ça avec les gens.
00:18:37C'est agréable, là, oui.
00:18:39On voit de jolis fils, de beaux sourires.
00:18:42C'est pas beau, ça ?
00:18:44Eh bien, on rigole avec tout le monde, nous, ici.
00:18:46Les gens, le pauvre, ils font un sourire et ils vous en rendent une autre, vous voyez ?
00:18:50C'est ça, le truc.
00:18:51C'est là le plaisir.
00:18:56L'île-sur-la-Sorgue est, après Londres et Paris, l'endroit le plus fréquenté par les chineurs du monde
00:19:00entier.
00:19:02Et ça dure depuis 50 ans.
00:19:04En 1966, ils sont une poignée à organiser une foire à la brocante.
00:19:08Énorme succès.
00:19:10Très vite, de riches clients se ruent ici, à la recherche d'objets de décoration pour leur résidence secondaire.
00:19:17Les petits brocanteurs font fortune.
00:19:20Les antiquaires, spécialistes d'objets d'art et de collection,
00:19:22attirés par l'appât du gain, s'installent à leur tour en centre-ville.
00:19:30Il y a aussi ce service derrière vous qui est un service qui est magnifique.
00:19:34C'est un service de Saint-Louis.
00:19:37Il est très connu.
00:19:39Pierre Lodouanex, parisien d'origine, a quitté les puces de Saint-Ouen il y a 20 ans pour regagner ce
00:19:43paradis des collectionneurs.
00:19:45Il y a des gens très aisés, il y a des antiquaires du monde entier qui viennent nous voir.
00:19:50Et là, à ce moment-là, c'est bien pour nous parce qu'on a un argent qui vient hors
00:19:53de France avec des gens qui n'ont peut-être pas une bride sur la tête et qui se lâchent
00:20:01un peu.
00:20:01Donc on est heureux de voir ces gens-là aussi.
00:20:03Les gens sont beaucoup moins stressés, le cadre de vie étant beaucoup plus bucolique, je pense que les gens qui
00:20:11viennent ici sont vraiment en vacances.
00:20:14Et quand on est en vacances, l'esprit est libre et on peut d'un coup faire des projets d
00:20:19'aménagement, on peut vouloir tel ou tel objet et on se sent bien.
00:20:30Le Luberon a depuis toujours attiré les passionnés d'objets d'art.
00:20:34Régis Mathieu, touché par la lumière, a réuni dans ses voyages une collection de 300 lustres.
00:20:46Ma passion pour les lustres, on va dire que je suis tombé dedans quand j'étais petit.
00:20:49Mon papa étant lustrier aussi et la société ayant commencé en 1948, enfant, je me rappelle dans chaque endroit où
00:20:56on rentrait, chaque magasin d'antiquaire ou musée, de toujours regarder en premier en l'air et de regarder les
00:21:00lustres.
00:21:01Ce qui inspire quand on est en Provence, c'est tout d'abord la lumière.
00:21:04La lumière est fantastique ici et pour un lustrier, forcément, la sensibilité à la lumière est importante.
00:21:10On a vu ici tous les grands peintres installés ici, Chagall, Picasso, Cézanne, Van Gogh, peindre la région.
00:21:18Du fait de cette lumière qui est complètement exceptionnelle, le contraste entre le ciel qui est bleu marine, la beauté
00:21:24des paysages font que c'est une région qui passionne.
00:21:30Les lustres, il en a fait sa spécialité.
00:21:32Il restaure aujourd'hui dans ses ateliers des pièces uniques au monde.
00:21:36Entre les mains expertes de ses 30 compagnons, des lustres du château de Versailles, de l'Elysée ou du Palais
00:21:42Farnese à Rome.
00:21:47J'ai l'impression de travailler plus dans un musée que dans une entreprise.
00:21:50C'est magnifique, on est dans une région qui est merveilleuse.
00:21:54On se sent presque en vacances lorsqu'on vient de travailler.
00:22:24On se sent presque en vacances, des Francais, de l'Elysée ou du Palais Farnese à Rome.
00:22:32Bonjour, je cherche Eric, s'il vous plaît.
00:22:34Oui, Eric, oui, viens pour toi.
00:22:37Bonjour, ça doit être Jérôme, Michel m'a appelé.
00:22:41Il m'a expliqué que vous vouliez vous mettre un petit peu à la mouche.
00:22:47Au moins apprendre et voir comment ça marchait,
00:22:48parce que la sorgue est un petit peu réputée pour ça quand même.
00:22:50Écoute, c'est le temple de la mouche,
00:22:52donc c'est avec grand plaisir que je vais te...
00:22:55Je vais t'initier, moi, personnellement.
00:22:57Super, donc on peut se tutoyer ?
00:22:58Allez, on se tutoyer.
00:22:59Ça me va, moi, j'aime bien ça.
00:23:14Jérôme, il faut quand même que je te présente quelqu'un.
00:23:17Donc, mon père, Gilbert Arnaud.
00:23:19Bonjour, enchanté.
00:23:20Ah, enchanté, Jérôme.
00:23:21Créateur du fameux gilet Sorghette, voilà.
00:23:25Ça veut dire quoi, créateur du gilet Sorghette ?
00:23:28Eh bien, des gilets, il en émente, il en existe.
00:23:31Mais moi, le jour où j'ai fait celui-là,
00:23:35c'était le seul qui avait les poches avec un décalé comme ça.
00:23:40Et là, c'est piqué quatre fois.
00:23:42Quand le gosse, il ouvre son borneille, là,
00:23:45elle ne reste pas à la mienne, le curseur.
00:23:48Vous comprenez ?
00:23:49C'est ça qui fait la différence.
00:23:51Ah, c'est génial de voir quelqu'un d'aussi passionné.
00:23:53C'est fabuleux.
00:23:54Il y en a qui ont essayé de me le copier, mais...
00:23:57Ça, c'est le mat de passe, là.
00:23:59Donc, c'est ça, les gilets que vous faites ?
00:24:00Oui.
00:24:01Ah, c'est pour mettre tous les accessoires du pêcheur à la mouche ?
00:24:05Alors, c'est spécialement la mouche ?
00:24:06Ah oui, ça, c'est spécialement la mouche.
00:24:09D'accord.
00:24:09Il y a neuf poches.
00:24:11Alors, ça, ça...
00:24:12Parce que j'en ai vu un au Canada, notamment, au Québec.
00:24:15J'ai vu des gens porter ça.
00:24:16Ce sont vos gilets ?
00:24:17C'est possible ?
00:24:18Avec la marque ?
00:24:19Oui.
00:24:20Bien sûr, mais je le sais qu'il y en a au Canada.
00:24:22Parce que ça, c'est de la qualité, toucher ça.
00:24:25Non, non, non, ça, il peut rentrer dans les ronds, c'est le bien.
00:24:28Qui ne s'en coche pas avec ça ?
00:24:29Eh oui !
00:24:31Une fois, j'étais à côté du bar du lycée.
00:24:35Huit pêcheurs, huit gilets.
00:24:37J'ai dit, putain, c'est bon, ça.
00:24:40Eh oui, ça fait plaisir.
00:24:42Vas-y.
00:24:45Voilà.
00:24:46Eh, attention.
00:24:48Énergique, mais doucement.
00:24:50Mais doucement.
00:24:51C'est pas simple à faire.
00:24:51Eh !
00:24:52Énergique.
00:24:53Vous vous arrêtez à l'épaule.
00:24:54Deux.
00:24:55Tac !
00:24:56On vous pose un goût de poignet.
00:25:00Vous allez voir, vous allez voir.
00:25:15C'est Eric, c'est un centre d'initiation ?
00:25:17Tu apprends aux gamins à pêcher la mouche ?
00:25:20Exactement.
00:25:20Oui.
00:25:20C'est des trucs d'élevage.
00:25:22D'accord, donc il y a une densité importante pour être sûr d'en prendre un peu.
00:25:25Exactement.
00:25:25Mais quand même, comme nous pratiquons le no-kill et que nous le remettons à l'eau après les avoir
00:25:30attrapés,
00:25:30c'est dû que de plus en plus, il faut quand même pêcher finement.
00:25:35Le but de la pêche à la mouche, c'est que nous avons une soie et un bas de ligne.
00:25:39On va propulser notre leurre à l'endroit où on a vu une truite en train de gober.
00:25:44Gober, c'est revenir en surface.
00:25:45C'est-à-dire revenir en surface, prendre un insecte.
00:25:48Donc voilà, on va faire en sorte de fouetter en sortant de la soie de plus en plus pour arriver
00:25:58à l'endroit où nous avons vu le gobage.
00:26:01Hop, ça n'a pas intéressé le poisson.
00:26:03Je reprends, je développe.
00:26:09Donc je l'anime, je l'anime, je l'anime, je l'anime.
00:26:11Elle vient derrière, elle vient derrière.
00:26:12Hop, et voilà.
00:26:14Tu t'en rends compte la patate que ça a ?
00:26:17C'est...
00:26:19Voilà, joli.
00:26:20Ça, c'est une truite de souche arc-en-ciel.
00:26:23Ok.
00:26:24Voilà.
00:26:25On la relâche ?
00:26:25Bien sûr qu'on la relâche.
00:26:27Allez, ma belle.
00:26:28Vas-y, retourne à la maison.
00:26:30Voilà.
00:26:32Comment tu as commencé la pêche ?
00:26:33C'est ton père qui t'a initié ?
00:26:34J'allais à la pêche avec mon père, mais un jour, on s'est retrouvés dans les Pyrénées,
00:26:38donc il y a 35 ans de ça, et on a vu un monsieur qui pêchait au fouet, c'était
00:26:41très rare à l'époque.
00:26:44Et mon père m'a dit, c'est à ça qu'il faut qu'on pêche.
00:26:48Et l'histoire a démarré de là.
00:26:49On est vraiment en contact avec le poisson, on tient la soie d'un côté, la canne de l'autre.
00:26:53Après, quand le poisson arrive, quand on veut prendre des puissettes, il faut se mettre la soie dans la bouche.
00:26:58Je veux dire, on est vraiment en contact avec le poisson de A à Z.
00:27:02Alors, déjà, tu as un équipement qui déjà aide énormément.
00:27:09Oui, je pense que ça va faire la différence, il n'y a pas de doute là-dessus.
00:27:13Si je peux me permettre, Jérôme, je me mets juste derrière toi, et je te fais le mouvement comme il
00:27:17faut.
00:27:17Parallèle au corps, hop, hop.
00:27:20Tu arrêtes là, tu ne vas pas plus loin derrière.
00:27:22Un, et deux.
00:27:24Si tu le prends cool, regarde, regarde ta mouche comme elle va loin, sans s'exciter.
00:27:32Très bien, tu as la base de la pêche à la mouche.
00:27:35Ce que je propose, on va sur la sorgue, dans les vraies conditions.
00:27:40Et on va dans l'eau et on va pêcher la truite.
00:27:42C'est peut-être pas évident, mais on va pêcher la vraie truite dans un endroit merveilleux.
00:27:45Super, on fait ça. Allez.
00:27:47Hop.
00:28:09Sois plus souple, Eric. Je sens que tu n'es pas souple là. Tu vois ? Plus souple. Comme je
00:28:13t'ai appris.
00:28:14Allez.
00:28:17La truite, elle est quasiment endémique ici.
00:28:21Alors, c'est une truite de souche méditerranéenne, toute zébrée, et qui est autochtone de notre rivière,
00:28:27et qui est issue de la Méditerranée, qui remontait à l'époque le Rhône, et qui venait frayer dans la
00:28:34sorgue.
00:28:34Et maintenant, on a encore notre souche que l'on préserve en ouvrant, un mois après les autres, notre rivière.
00:28:41C'est-à-dire en ouvrant au mois d'avril au lieu du mois de mars. C'est pour encore
00:28:44laisser les vraies truites faire leurs oeufs.
00:28:47Hop, hop, hop, hop. Attends.
00:28:49T'arrives à voir un poisson, là ?
00:28:51Oui.
00:28:51T'as vu quoi ?
00:28:52Un ombre.
00:28:53Un ombre ?
00:28:54Oui.
00:28:55Ouais, super.
00:28:56Attention, attention.
00:28:57Bravo, Eric. Bravo, bravo.
00:28:58Hop.
00:29:00Ah ouais.
00:29:03Magnifique, ça.
00:29:04Magnifique.
00:29:04Alors, attends.
00:29:06Voilà.
00:29:08Donc, ça, c'est, Jérôme, c'est un très beau poisson.
00:29:13Voilà, on va le remettre à l'eau délicatement.
00:29:15On le laisse partir, et c'est magnifique.
00:29:18Et voilà.
00:29:44Là, on arrive au bout du monde.
00:29:49C'est là où on a de la vue, hein.
00:29:55J'attends !
00:29:57Y'a de ça !
00:30:00Antoine Leménestrelle, la cinquantaine et son émerveillement éternel.
00:30:04Il a fait partie des meilleurs grimpeurs au monde dans les années 80.
00:30:08Son terrain de jeu, les falaises de Buoux au cœur de l'Uberon.
00:30:12Et là, on est dans le secteur, le bout du monde.
00:30:15Il y a deux voies.
00:30:15Il y en a une qui s'appelle la Rose et le Vampire,
00:30:17et une autre qui s'appelle la Rache de Vivre.
00:30:19Qui sont deux voies que j'ai équipées, ouvertes,
00:30:23et que j'ai signées comme une oeuvre.
00:30:26Et c'était vierge.
00:30:27Il n'y avait pas de voies.
00:30:28Donc on avait tout à découvrir.
00:30:33Tu m'apprends une expression, tu pouilles la corde.
00:30:36Antoine vient ici une fois par semaine,
00:30:38grimper avec Joachim, son fils.
00:30:40Tu la dénouilles, tu la dépouilles.
00:30:42Ah, tu la dépouilles !
00:31:07J'ai grandi à Fontainebleau et je me suis révélé ici.
00:31:10J'ai commencé, je savais grimper à quatre pattes avant de savoir marcher.
00:31:14Donc mon sandwich, il croustillait au sable de Fontainebleau.
00:31:26Deux pieds.
00:31:30Par rapport au reste de la France,
00:31:33tu n'en as pas beaucoup des falaises comme ça.
00:31:36En plus, elle a des couleurs.
00:31:38Tu vois, il y a des dégoulignures jaunes
00:31:40qui ne sont jamais touchées par l'eau.
00:31:42Il y a du bleu.
00:31:43Non, elle est très, très particulière.
00:31:45Elle est unique.
00:31:46Chaque voie est unique.
00:31:48Chaque falaise est unique,
00:31:49comme chaque grimpeur est unique.
00:31:51Chaque grimpeur a sa façon de grimper.
00:32:00Grimper à l'envers, à l'endroit,
00:32:02Antoine a transformé son sport en art.
00:32:05Aux quatre coins du monde,
00:32:06il offre des performances verticales ou horizontales
00:32:09et il escalade tout type de bâtiment en lumière et en musique.
00:32:18On va aller dans les endroits secrets
00:32:20où il n'y a que nous.
00:32:23À quelques jours du Festival d'Avignon,
00:32:25il prépare l'ascension de la cour d'honneur du Palais des Papes.
00:32:28T'allonge.
00:32:45Là, je fais un peu de nettoyage
00:32:46pour retrouver une adhérence acceptable.
00:32:49Je vais aller étudier, apprivoiser la paroi
00:32:53pour me dire, celle-là, non, je n'y touche pas.
00:32:57Cette prise, je n'y touche pas.
00:32:58Parce que si j'y touche, je risque de la casser.
00:33:01Donc, voilà, il y a des zones de la façade
00:33:05que je ne pourrais pas aborder.
00:33:09Là, je vois les spectateurs.
00:33:11Je les vois là.
00:33:13La corde, elle est sur le côté.
00:33:14Je fais un, deux, trois.
00:33:16Hop !
00:33:18Après le nettoyage des prises,
00:33:20les répétitions.
00:33:22Oui.
00:33:25Un grimpeur qui va grimper en montagne
00:33:28ou en falaise,
00:33:31quand il revient dans la société,
00:33:33il est obligé de raconter son histoire.
00:33:36Quand moi, je grimpe
00:33:37et que je danse sur les murs,
00:33:39les façades urbaines,
00:33:41je la raconte en faisant.
00:33:50Cette ascension de la cour d'honneur,
00:33:52c'est le point d'orgue d'une pièce de théâtre
00:33:54du chorégraphe Romeo Castellucci
00:33:55où le personnage principal quitte l'enfer
00:33:58et monte au paradis.
00:34:02Et je prends l'architecture comme une partition,
00:34:06comme ma partition chorégraphique.
00:34:08Donc en fait, chaque prise va être les notes
00:34:10sur lesquelles le danseur va venir ricocher.
00:34:20Tout artiste rêve de jouer dans la cour d'honneur.
00:34:26J'ai pris le risque, il y a 30 ans,
00:34:28de mettre de l'énergie pour le réaliser.
00:34:30Et puis, bon, ça m'a beaucoup apaisé aussi
00:34:32de le réaliser.
00:34:33Je pense que je souhaite à toute personne
00:34:36de réaliser son rêve.
00:34:58Ce pont Julien, finalement, c'est quoi ?
00:35:00C'est la trace, la première trace,
00:35:03la présence de César dans la région ?
00:35:05C'est vraiment la trace de la romanité dans la région.
00:35:09C'est vraiment l'emblème, c'est la porte d'entrée
00:35:11pour rentrer dans la ville d'Apta Julia,
00:35:14qui était le nom latin de la colonie.
00:35:16Et en même temps, c'est le franchissement du calavon
00:35:19par la via domiciale, la voie domicienne.
00:35:22La voie domicienne, c'est la plus ancienne voie romaine
00:35:26qui est reliée en gros Rome à l'Espagne.
00:35:30C'est une prouesse technique, architecturale.
00:35:33Et en plus, c'est un pont qui vient remplacer
00:35:36un premier ouvrage d'art qui a disparu,
00:35:38sûrement à cause des crues du calavon.
00:35:42Ils n'étaient pas que fous,
00:35:44c'est vraiment, ils étaient doués quand même.
00:35:45Oui, ils étaient sacrément doués aussi.
00:35:47Et très rapides aussi pour construire.
00:35:52Donc, on va là-bas, on a doué d'un.
00:35:53C'est vraiment, on a doué d'un.
00:36:24Tu veux changer de soutien-gorge ?
00:36:26Tu veux t'acheter de la lingerie ?
00:36:28C'est un peu plus lourd comme...
00:36:30Tu rentres là ?
00:36:31Oui, viens voir.
00:36:32Tu vas voir.
00:36:34Les surprises de...
00:36:35Les Romains portaient des tenues à friolantes comme ça, tu crois ?
00:36:38Ils pouvaient porter des tenues à friolantes
00:36:40et puis les suspendre justement sur des murs
00:36:46comme ce mur antique qui est en élévation
00:36:48qui a été très judicieusement mis en valeur.
00:36:52Et ça, effectivement, ça vient de la cave.
00:36:55Et une nouvelle fois, on est au premier étage de la ville romaine.
00:37:00Donc, il y a une cave dessous,
00:37:03si ça t'intéresse de la voir.
00:37:05Allons-y, allons-y.
00:37:06Tout m'intéresse, là.
00:37:07J'intéresse de rentrer dans les entrailles d'actes.
00:37:09D'accord.
00:37:17Toutes les structures du théâtre
00:37:19sont disséminées à l'intérieur d'un réseau de caves
00:37:22qui constitue tout le quartier.
00:37:24Et c'est à l'intérieur de toutes les autres caves du quartier
00:37:27qu'on peut remonter le plan
00:37:29et que désormais, on a une idée vraiment précise de l'édifice.
00:37:33C'est un édifice qui faisait environ 90 mètres de diamètre
00:37:37qui pouvait recevoir entre 5 et 6 000 spectateurs.
00:37:41La partie où j'ai trouvé la scène du théâtre,
00:37:44qui se trouve là,
00:37:45et justement à l'intérieur de la faise de rideau,
00:37:48là où sont disséminées les autres statues.
00:37:52Il est immense, là, ce couloir.
00:37:54Il fait de longueur.
00:37:55La moitié de la scène, donc à peu près 17 mètres 50.
00:37:59Ouais.
00:38:03Ouais, t'es une grande pièce, là.
00:38:05C'est toi qui as déblayé tout ça ?
00:38:07Ouais.
00:38:07T'as mis combien de temps ?
00:38:08À peu près 3 ans.
00:38:10Ça représente à peu près 40-50 mètres cubes de terre.
00:38:13C'est énorme.
00:38:14Ouais.
00:38:16Quel boulot, chapeau, hein ?
00:38:17Et voici...
00:38:20Ah !
00:38:21Dionysos.
00:38:21Ah, d'accord.
00:38:22Donc c'est un Dionysos en marbre ?
00:38:25Ouais, c'est du marbre de Cara, ouais.
00:38:27Un Dionysos avec son hébride.
00:38:29C'est une peau de fang qui a été au préalable préparée
00:38:32et qui a été nouée sur sa poitrine.
00:38:34Il a une drôle de main parce qu'en fait, il va pas tarder à commencer à danser.
00:38:38C'est quoi ? C'est Dieu du théâtre ?
00:38:40Dieu du théâtre, tout à fait.
00:38:41C'est ça ?
00:38:42Dieu du vin aussi.
00:38:42Ça va être Dieu du vin, je le savais, mais...
00:38:44Ouais.
00:38:44Du théâtre ?
00:38:45Non, du théâtre aussi, en effet, ouais.
00:38:47Quelle a été, Patrick, ton émotion, là ?
00:38:49Un jour, voilà, t'es là, tu cherches, tu creuses, tu tombes sur ce buste.
00:38:53J'imagine que ça doit être un choc.
00:38:56C'est un plaisir mélangé à une crainte d'avoir mis les mains dans quelque chose de véritablement sacré, d
00:39:09'une part,
00:39:10parce que quand même, c'est un théâtre, c'est des divinités, c'est un cortège dionysiaque.
00:39:16Donc, ma foi, on est toujours en train de se poser les bonnes questions,
00:39:21mais l'émotion artistique, là, c'est fabuleux, quoi.
00:39:26Je dis plutôt souvent que c'est elles qui m'ont trouvé pour que je les sorte de l'endroit
00:39:31où elles étaient.
00:39:32Ça me permet de garder ma petite taille d'humain par rapport à tout ça.
00:39:37Très jolie formule.
00:39:38Maintenant qu'on a sorti la première partie, il faut sortir les autres, sinon...
00:39:42Ça, c'est ton nouveau combat.
00:39:44La récompense numéro une est là, mais la prochaine...
00:39:47La prochaine échéance, c'est ça.
00:39:48Ça sera ça, oui.
00:39:55Dans le Luberon, on trouve des cerisiers à perte de vue.
00:39:59Le département du Vaucluse est le premier producteur de cerises en France.
00:40:09À Gargasse, Jérôme Chabert veille sur l'exploitation familiale qui s'étale sur près de 10 hectares.
00:40:17Moi, je me suis installé avec mes parents à l'âge de 30 ans.
00:40:22Donc j'ai repris la ferme familiale, j'avais 30 ans.
00:40:25Avant ça, j'étais comptable.
00:40:28Voilà.
00:40:29J'ai fait un petit séjour en Nouvelle-Calédonie aussi.
00:40:31Et je suis revenu aux racines, on va dire.
00:40:39Entre juin et juillet, Jérôme passe ses journées dans les vergers.
00:40:43La saison de la cueillette bat son plein.
00:40:45Donc une cerise, on l'attrape par la queue, puis on la monte, on la détache.
00:40:49Voilà.
00:40:50Donc là, elles sont doublées.
00:40:51Après, en station, quand il y a des doubles comme ça, en station, on les détachera.
00:40:56Pour que chaque cerise soit individuelle.
00:40:59Alors, alors, Ramon, un saut de plus.
00:41:05Jérôme Chabert et ses 10 employés cueillent chaque année près de 120 tonnes de cerises.
00:41:10Des cerises qui, une fois ramassées, sont triées et calibrées dans l'entreprise familiale.
00:41:17On va envoyer une bonne équipe.
00:41:22Il n'y a pas de difficulté, là.
00:41:24Pour faire ça, il ne faut pas avoir le baccalauréat.
00:41:27Je vous le dis, viens.
00:41:30Quand elles sont comme ça, je crois, on doit faire six sauts à l'heure.
00:41:33Six, six sauts, sept sauts, ça dépend avec qui on travaille.
00:41:36Quand tu travailles avec ce monsieur, là, voyez, on passerait trois sauts à l'heure.
00:41:41Parce qu'il n'a pas l'habitude.
00:41:43Il ne s'est pas tiré sur les queues, lui.
00:41:45C'est pour ça.
00:41:48Dès qu'on la voit, on a envie de la croquer.
00:41:50C'est exactement comme la première fois que j'ai rencontré une jolie fille.
00:41:53Ses yeux brillaient comme la peau de cette cerise.
00:41:56Elle a dégagé une telle sensualité qu'aujourd'hui, c'est pareil.
00:42:01Elle était comme ça, avec des formes marron, une forme de cœur, que de suite, j'ai eu envie de...
00:42:07Voilà.
00:42:08C'est plus que de l'amour.
00:42:12La majeure partie de la récolte sera transformée en fruits confits.
00:42:16L'autre sera vendue aux consommateurs sur les étals aux quatre coins du pays.
00:42:23La cerise, dans le Luberon, c'est une vedette à qui, depuis six ans, on consacre une fête tous les
00:42:28mois de juin dans le village de Cazeneuve.
00:42:31Avec son apéro à la cerise, ses producteurs de cerises, ses clafoutis à la cerise et son concours national de
00:42:38crachats de noyaux de cerises.
00:42:59Le but de la compétition, premièrement, passer un bon moment d'abord et ensuite se mettre en concurrence les uns
00:43:07aux autres.
00:43:08Et c'est vrai qu'on aimait juste toujours qu'on s'est craché très loin, mais finalement, on s
00:43:11'aperçoit rapidement qu'il y a des techniques à respecter pour envoyer plus loin.
00:43:16Le plus dur, c'est de viser le bac.
00:43:18Il faut qu'il y ait un gros poussé à 45 degrés.
00:43:22Il faut aussi essayer ce 45 degrés, parce que si vous poussez trop haut, ça va aller vers vous.
00:43:26Et si vous poussez trop bas, ça va aller aussi vers vous.
00:43:29Allez, un peu plus d'efforts !
00:43:32Ici, le record est établi à 11,50 m pour les hommes et à plus de 8,50 m pour
00:43:37les femmes.
00:43:38Bien loin du champion du monde, un Américain dont le lancé a été homologué par le Guinness des records à
00:43:44plus de 29 m.
00:43:48C'est parti !
00:43:59C'est parti !
00:44:14C'est parti !
00:44:15C'est parti !
00:44:16C'est parti !
00:44:16C'est parti !
00:44:18Ah, Jérôme, bonjour !
00:44:20C'est parti !
00:44:21Ça va !
00:44:22Bienvenue aux Anguels !
00:44:23L'odeur de lavande, là, elle rayonne, c'est incroyable !
00:44:27À plusieurs kilomètres !
00:44:29Waouh !
00:44:29Ça, c'est de la lavande sèche ?
00:44:31Ça, c'est de la lavande sèche, de la récolte précédente, d'accord !
00:44:35Et qui nous sert à dessiner toute l'année !
00:44:44Alors, moi, tu m'avais dit, écoute Jérôme, je vais te faire faire ta propre bille essentielle de lavande !
00:44:51C'est ton programme !
00:44:52On y va ?
00:44:52On y va !
00:44:52Super !
00:44:53Ok, allez !
00:44:54Je n'ai jamais fait ça, j'ai hâte de faire ça !
00:44:58Ah ouais !
00:44:58Voilà !
00:45:01Et ça, c'est un petit alambic ?
00:45:02Voilà, alors là, c'est un petit alambic en verre !
00:45:05C'est marrant, dis donc !
00:45:05Qui est une reproduction de l'alambic venu !
00:45:08Maintenant, on peut aller voir l'alambic du bas !
00:45:11Ah, allez !
00:45:15Ah, chouette !
00:45:16Voilà !
00:45:17Belle alambic, là, dis donc !
00:45:18Donc là, ce sont tes bouquets secs ?
00:45:21Voilà, et donc tu vas participer !
00:45:23On y va ?
00:45:23Ben oui, par là !
00:45:24Faut monter là ?
00:45:25Oui !
00:45:26C'est sympa, on s'y croirait avec ces belles photos, là, dis donc !
00:45:29Voilà !
00:45:29Hein ?
00:45:30Après, on va mettre un peu de vapeur, et on va tasser, comme on faisait autrefois !
00:45:36Le procédé de distillation n'a pas changé depuis des millénaires !
00:45:41Alors là, on laisse imprégner la lavande sèche de la vapeur !
00:45:47T'as vu, elle est déjà parfumée, la vapeur, là !
00:45:49Ah ben oui, c'est délicieux, voilà !
00:45:51Et après, là, on monte !
00:45:54Alors tu viens avec moi, là, puis on va tasser !
00:45:56J'avais fait ça pour le raisin, mais jamais pour la lavande, encore, tu vois !
00:46:02Ça dégage, hein !
00:46:03C'est bon, hein !
00:46:04Et la lavande, elle a des vertus pour la santé, les huiles essentielles et tout ça !
00:46:08Beaucoup, beaucoup, beaucoup !
00:46:08Hein ?
00:46:09Qui a de la lavande n'est pas malade !
00:46:11Alors je redescends pour t'aider, peut-être !
00:46:13Voilà !
00:46:17Donc on ouvre de nouveau la vapeur !
00:46:20Et là, c'est la cocotte minute !
00:46:21Voilà !
00:46:22Et la distillation va commencer !
00:46:25Je vais les sentir, d'abord !
00:46:31La vapeur, extrait l'huile essentielle, elle est condensée, et elle arrive ici, tu vois qu'elle se sépare là,
00:46:37et ensuite, on récupère, et tu vas pouvoir avoir l'huile essentielle que tu as décidée !
00:46:45Je vais voir !
00:46:46Alors là, on ouvre !
00:46:48Ouais, il y en a pas mal !
00:46:49Combien de litres, là ?
00:46:50Combien on a mis de...
00:46:51On a mis, là, 50 kg de fleur, à peu près ! On doit avoir 2 000 litres, à peu
00:46:57près !
00:46:57Ah, c'est le ratio ?
00:46:58Elle va avoir à peu près...
00:46:591% ?
00:47:00Oui !
00:47:00Oui !
00:47:011%, voilà !
00:47:02Et voilà !
00:47:04Voilà, l'huile essentielle !
00:47:05Avec 2...
00:47:06Elle remonte !
00:47:07Voilà !
00:47:08D'accord !
00:47:09Eh bien, les gens, j'ai de quoi faire, là !
00:47:10Ah ouais !
00:47:11Pour une année, au moins !
00:47:12Oh ! Même plus !
00:47:14Même plus ?
00:47:14Même plus !
00:47:15Voilà !
00:47:15D'accord ! Super !
00:47:26La première fois que tu as senti l'odeur de la lavande, si tu te souviens que tu avais quel
00:47:30âge ?
00:47:30Ben, ben, j'avais quelques jours !
00:47:32Non !
00:47:33Sinon, 2-3 jours, peut-être !
00:47:35Au moins d'août, c'était en plein de distillation de la lavande, et donc...
00:47:39Un peu avec la poussette !
00:47:41Donc, dès tes premières heures...
00:47:42J'ai déjà respiré l'odeur de la lavande !
00:47:45Voilà !
00:47:46T'as dû voyager beaucoup ?
00:47:47Beaucoup, à travers le monde !
00:47:48D'abord, ben, évidemment, j'avais des productions, j'étais industriel à l'époque, donc il fallait vraiment des produits
00:47:53!
00:47:54Oui !
00:47:54Je me suis occupé des essences de patchouli en Indonésie, et du bois de cèdre, j'avais une dissiderie aussi,
00:48:01au Texas !
00:48:02Ah oui ! D'où le chapeau un petit peu de GR !
00:48:04Voilà, voilà, voilà !
00:48:05Du côté GR !
00:48:06Après, donc, j'ai vendu la société industrielle, et puis je reviens à la lavande, qui est l'amour de
00:48:13mon enfance et l'amour de ma vie !
00:48:15Tu sais ce qu'il nous manque, là, Raymond ?
00:48:17Oui, oui !
00:48:17Juste le bruit des cigales !
00:48:18Mais on l'a aussi !
00:48:19Tu l'as aussi ? Sinon, j'ai des pouvoirs magiques, les clignes de l'oeil, comme ça !
00:48:23Ah oui !
00:48:24Tu ne l'entends pas ?
00:48:25Oui !
00:48:25T'as vu un peu ?
00:48:26Ben oui, bien sûr !
00:48:27Ah !
00:48:29Ah, mais c'est toute magie !
00:48:30C'est ça !
00:48:31La lavande, c'est la magie !
00:48:49Bonjour !
00:48:50Bonjour Jérôme !
00:48:51Comment ça va ?
00:48:52Ça va bien, merci !
00:48:52Salut Jérôme !
00:48:53Ravi de te rencontrer !
00:48:54Ben, ravi aussi d'être là !
00:48:55Yon, qu'est-ce que vous êtes bien là !
00:48:56Ah, écoute, hein !
00:48:57C'est un petit paradis, tu verras, tu vas t'y plaire !
00:48:59C'est magnifique !
00:48:59On t'installe dans ta chambre ?
00:49:00Allez, c'est parti !
00:49:01Impec !
00:49:04C'est chouette avec la piscine, hein, dis-donc !
00:49:06Vous avez fait les choses en grand, hein, avec la vue !
00:49:09Cette bâtisse, en fait, est un ancien moulin, donc qui date du 16ème siècle !
00:49:13Un moulin à eau ?
00:49:13Un moulin à eau !
00:49:15Et on trouve d'ailleurs à l'entrée de la propriété un très très grand bassin qui est un vestige
00:49:20de ce moulin !
00:49:21C'est beau boulot, hein ! Chapeau !
00:49:25Allez, vas-y, rentre !
00:49:26C'est par là !
00:49:27Voilà ta chambre !
00:49:28Waouh !
00:49:29Sympa !
00:49:34Ah oui, d'accord !
00:49:36D'accord !
00:49:37Le béton ciré !
00:49:38Tu as la vue sur le champ de la bande !
00:49:41Je pense que je vais bien profiter de cette nuit !
00:49:56Là, on a de la sauge esclarée !
00:49:59La sauge esclarée utilisée beaucoup en parfumerie !
00:50:03Elle fait des grandes fleurs très hautes, comme ça, super jolie !
00:50:07Du romarin, des petites monardes qui sont plantées, un peu de camomille, de la mélisse !
00:50:16Des plantes aromatiques, Rachel en parlerait des heures !
00:50:20Cette ancienne diplômée des Beaux-Arts a tout arrêté il y a une dizaine d'années pour se consacrer à
00:50:25la terre et à la culture des herbes utilisées dans la gastronomie provençale !
00:50:29Sur sa propriété de beaux-nieux, elle en possède 150 variétés cultivées de manière biologique !
00:50:38Elle s'adapte assez bien à notre climat chaud !
00:50:42C'est vrai que l'hiver, elle souffre du froid, mais une longue période pour qu'elle puisse pousser en
00:50:48fait !
00:50:49Toutes les herbes aromatiques dans l'ensemble, c'est rustique, ça veut dire qu'on la met en terre, on
00:50:55l'arrose un peu et après on la laisse faire sa vie !
00:51:01Tout est mangeable, tout a une utilité !
00:51:04Même le chien-dent !
00:51:09Rachel a monté son entreprise et vend désormais ses herbes chaque semaine sur les marchés du Luberon !
00:51:15Ici, c'est notre selle dans laquelle on fait pousser les plants !
00:51:20Donc on est producteur, on sème, et jusqu'à ce qu'elle soit jolie, voilà !
00:51:27On s'en occupe !
00:51:29Ce qui me plaît, c'est de faire découvrir aux gens des nouvelles variétés, des choses avec lesquelles ils peuvent
00:51:36cuisiner !
00:51:39Ouais, c'est un côté créatif !
00:51:42Puis ça change le goût du légume ou d'une céréale, ça ramène des saveurs !
00:51:52Les saveurs du Luberon, Christophe Renaud les connaît bien !
00:51:55Ce jeune chef étoilé, aux commandes du restaurant La Coquillade, originaire des Charentes Maritimes, possède son propre jardin aromatique et
00:52:04il s'y rend chaque matin !
00:52:05Alors, par rapport à la Charente Maritime, on va avoir beaucoup plus de légumes, beaucoup plus de richesses et puis
00:52:10la cuisine du Sud, la cuisine donc justement avec les herbes aromatiques qui poussent beaucoup plus facilement dans le Sud,
00:52:17comme le basilic, donc la sarriette qu'on vient de ramasser, la marjolaine, c'est quelque chose qui m'inspire
00:52:25énormément !
00:52:26Et là, on a un peu plus le soleil !
00:52:41Je vous propose une petite recette simple à faire à la maison, râpe le lapin, désossé complètement !
00:52:46Et j'ai sélectionné donc deux herbes qui peuvent très bien aller avec le lapin, c'est la sauge qui
00:52:50va apporter une certaine fraîcheur et l'estragon qui va apporter une certaine tonicité !
00:52:56Ne jamais hacher une herbe ou autrement, on se retrouve avec une herbe complètement oxydée, donc qui va perdre sa
00:53:04couleur et les saveurs vont se retrouver dans la planche au lieu d'être restés dans les herbes !
00:53:11Christophe laisse ensuite reposer le lapin au frais pendant une nuit. Il le cuit le lendemain au four et prépare
00:53:17un jus aux plantes aromatiques !
00:53:19Ce qui est important quand on fait infuser une herbe, c'est de partir sur un liquide chaud et de
00:53:24l'infuser maximum une dizaine de minutes, parce qu'après on passe sur l'amertume !
00:53:30Et donc on perd le goût initial du produit !
00:53:36Donc là on est sur un lapin brisé à la sauge et mini-légumes glacés au jus infusé à la
00:53:42sauge aussi !
00:53:46La petite touche finale, donc la sauge que je mets sur le plat, et j'aime bien quand le client
00:53:50prend la peluche de la sauge et se les frotte entre les doigts pour retrouver la saveur initiale du produit
00:53:57!
00:54:10Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:26Qu'est-ce que ça agréable cet endroit ?
00:54:28Très apaisant !
00:54:29Pour un botaniste et un cuisinier, t'as vraiment de quoi t'éclater quoi ici, clairement !
00:54:35Donc en gros, Frédéric, toi tu fais la cueillette pour...
00:54:38Ouais, pour édouard !
00:54:39Pour édouard, tranquillement, chacun à son poste !
00:54:41Chacun à son poste, ouais !
00:54:42Ouais, après, ouais, ouais, c'est ça, c'est à peu près une à deux fois par semaine que je
00:54:47l'embarque à cueillir, parce que j'ai mes activités aussi à côté !
00:54:50Tu fais quoi ?
00:54:50Je suis artiste plasticien, donc...
00:54:52Ah oui !
00:54:52Mais c'est toujours en rapport avec la nature, homme-nature, nature-culture, donc évidemment tu vois le lien avec
00:54:57les plantes se fait rapide, et le lien avec la cuisine aussi !
00:55:14C'est le tipi de la Provence, hein !
00:55:16C'est l'asperge sauvage, hein !
00:55:18Donc on a l'habitude de voir nos asperges dans les cajots, elles sont grosses comme ça !
00:55:21Ouais, ça sort de terre !
00:55:22Ça sort de terre !
00:55:23Et donc pour la cueillir, tu vois, à un moment donné, paf, ça casse !
00:55:26Est-ce qu'il faut que je me méfie ou pas ?
00:55:28Non, l'asperge, non, c'est relative !
00:55:29C'est les orties sur lesquelles va fort, mes filles !
00:55:32Même la tête, je trouve que ça ressemble pas trop à ce qu'on a l'habitude de...
00:55:35Bah d'habitude, t'as vraiment celle du pertuit, t'as les grosses, bien vertes...
00:55:38Les vertes, ouais !
00:55:39Les vertes ressemblent plus, ouais, les blanches...
00:55:41Mais ça, quand elles sont comme ça, elles ont vraiment un goût assez racé, assez acre !
00:55:46Moi j'aime beaucoup ça !
00:55:47C'est un goût de petits pois crus !
00:55:48C'est plus fort !
00:55:49Ouais, mais il y a un truc...
00:55:50Enfin, pour moi, ça n'a pas le goût d'asperge !
00:55:52Ah puis, regarde !
00:55:53C'est un goût de petits pois !
00:55:54Regarde, t'as l'odeur aussi !
00:55:55T'as l'odeur qui reste !
00:55:57Ah oui !
00:55:57Les produits, tu sais, pour le public, a vraiment été formatés !
00:56:01Donc on a été formatés à des goûts !
00:56:02C'est bête, mais les goûts primaires des produits, on les a complètement oubliés !
00:56:06Ils ont été complètement modifiés !
00:56:07C'est vrai que quand tu tombes sur des produits comme ça,
00:56:10en bouche, tu prends des claques culinaires monstrueuses !
00:56:16Tiens, regarde Jérôme, là, t'as du petit pois !
00:56:18Des petits pois !
00:56:19Ouais !
00:56:19On a du petit pois sauvage ici, tu vois !
00:56:21Famille des fabacées !
00:56:23Alors moi, tu vois, la fleur, je m'en sers beaucoup !
00:56:25Donc ça, je l'accueille très délicatement quand tu les prends !
00:56:29Par contre, les cosses, tu vois, regarde !
00:56:32Ah oui, on trouve vraiment petit pois !
00:56:34Oui !
00:56:34Par contre, ça, c'est très toxique !
00:56:36Ah non, je peux pas goûter !
00:56:37Tu peux pas goûter, tu peux l'ouvrir !
00:56:39Tu peux l'ouvrir, tu vas avoir du petit pois dedans, mais c'est pas mangeable !
00:56:43Il faut apprendre les plantes par cœur !
00:56:45Ou t'apprends les plantes par cœur, ou c'est ton estomac qui va apprendre les plantes !
00:56:48Ouais !
00:56:50C'est surtout ça !
00:57:19Là, je suis en train de faire une petite vinaigrette !
00:57:20Donc, à base d'huile d'olive, j'ai mis de la vanille et de bourbon dedans !
00:57:24Et là, je suis en train de mettre un petit citron Gumbawa !
00:57:26Donc le citron Gumbawa, je sais pas...
00:57:28Je connais !
00:57:29C'est très odorant, ça va donner un goût à notre petite vinaigrette !
00:57:33Je vais lui mettre juste un tour de moulin à poivre !
00:57:36J'ai beaucoup partagé avec énormément de grands chefs !
00:57:39C'est d'ailleurs Michel Delburgo, qui avait 3 étoiles au Taïvan, qui m'a fait rentrer ici !
00:57:43Dans de la glace, j'ai mis mes petits légumes !
00:57:47Comme ça, on va donner tout de suite un petit volume !
00:57:51Donc là, voilà, t'as plein de petits légumes glacés !
00:57:53Ce qui va donner tout de suite de la couleur !
00:57:55Donc je t'ai fait une petite crème là !
00:57:57C'est une crème de mascarpone !
00:57:58Avec de la ciboulette, un peu de piment d'Espelette et de l'huile de sésame !
00:58:03Voilà, on va rester sur un cercle !
00:58:04Au milieu, je vais commencer à mettre le petit fenugle que j'ai cuit !
00:58:09Tes outils de chirurgien !
00:58:10Avec mes outils de chirurgien !
00:58:11C'est minutieux !
00:58:17La petite huile de vanillition dessus !
00:58:20Et donc pour finir, je la fève torréfiée !
00:58:22Ça va apporter une petite amertume à mon assiette qui est plutôt pas mal !
00:58:27Donc là, tu vas apporter un goût un peu rassé !
00:58:30Les plantes vont t'apporter des acidités, les légumes !
00:58:32Après, t'as du sucré, t'as un peu de salé !
00:58:35La crème et grelette en dessous !
00:58:37Donc là, t'es vraiment sur des produits assez sympas !
00:58:46Regarde ça, si on n'est pas bien !
00:58:48Je vais bien manger mes lunettes !
00:58:50Il n'y a que moi qui mange !
00:58:51Vous connaissez par cœur, c'est ça ?
00:58:52Oui, on a déjà mangé à dire !
00:58:54Peut-être que si vous êtes sage, je vais vous faire goûter !
00:58:56Peut-être !
00:58:57Finalement, je mange du lubéron à pleine bouche !
00:59:00Je mange la vallée d'Opède et ses coteaux !
00:59:11Plein de goûts que je ne connaissais pas !
00:59:13La fleur notamment, il y a une qui est forte !
00:59:16Avant de terminer cette merveilleuse tartine végétale et mon voyage,
00:59:21puisque je vais finir dans le Colorado Provençal,
00:59:23la carrière des ocres !
00:59:24On va marquer une pause, puisque dans l'émission,
00:59:26on retrouve chaque semaine notre route mythique !
00:59:29Et cette semaine, c'est le quatrième et dernier volet du film de Sibyl Dorgeval,
00:59:32La route de l'âme nomade !
00:59:34C'est la fin de son voyage !
00:59:36Elle se rend au festival du cheval Kirghiz, à Mourgab, au Tadjikistan !
00:59:40Quant à moi, je prends la direction du Colorado Provençal !
00:59:42Là-bas aussi, il y a des chevaux !
00:59:47Je lis Elamayar !
00:59:49La vie des nomades me captive !
00:59:51Leur instabilité m'attire !
00:59:53Ils voyagent encore avec leurs bétails et leurs yourtes !
00:59:56Les Kirghiz sont des hommes libres !
00:59:58Partout, je cherche le secret des hommes droits !
01:00:01Qu'un ciel clair suffit à rendre heureux !
01:00:03Comme Ella, fascinée par l'âme nomade,
01:00:06j'ai voulu voir ce qui subsistait aujourd'hui de ces mythes,
01:00:08qui peuplent nos imaginaires sédentaires.
01:00:11J'ai décidé de me mettre en selle
01:00:12et de prendre la route pour rencontrer les nomades d'aujourd'hui.
01:00:21Je quitte les pentes vertes du Kirghizistan
01:00:23et par le col de Kizilart, j'entre au Tadjikistan.
01:00:34Je découvre le monde minéral et lunaire des montagnes du Pamir Tadjik.
01:00:44Je me rends au pâturage de Talai, à plus de 4000 mètres,
01:00:47où règne une animation particulière.
01:00:55Allez, on commence !
01:00:58Tu as rangé un peu ?
01:01:01Non mais on ne va pas toucher ce qu'il y a à l'intérieur.
01:01:05Non, non, on ne va pas toucher à ça.
01:01:11Nous devons démonter la yourte parce qu'elle est trop haute.
01:01:13On va l'élargir un peu en baissant le toit,
01:01:15parce que demain on aura du monde,
01:01:17on va avoir besoin de plus de place.
01:01:18C'est la fête de fin de ramadan et nous aurons pas mal d'invités.
01:01:27Je vais défaire ce nœud.
01:01:29Tu veux que j'enlève ça ?
01:01:39Allez, tire, tire encore !
01:01:43Monte-le un peu !
01:01:44Ne défais pas le nœud !
01:01:46C'est bon, on lâche !
01:01:49Il est remis à sa place, c'est parfait comme ça.
01:01:52Moussa, tire encore !
01:01:53Kamsibek, aide-moi !
01:01:54Ce fil-là, il faut le mettre là-bas.
01:01:58C'est bon, tu peux le tirer maintenant.
01:02:01Dans l'année, nous changeons quatre fois d'endroit.
01:02:04Nous vivons dans une yourte toute l'année,
01:02:06et t'es comme hiver.
01:02:08Oui, tu as l'habitude.
01:02:11Nous continuons les traditions kirghiz.
01:02:13Et savons toujours monter une yourte.
01:02:18Moi, je monte une yourte seulement durant la période d'été.
01:02:21Quand vient l'automne, nous vivons au village, dans des maisons, car l'hiver, il fait trop froid.
01:02:25Mais l'été, au pâturage, nous vivons toujours sous la yourte.
01:02:28Je vous remercie.
01:02:32Je vous remercie.
01:02:35Mais la préparation de la fête de l'Aïd est surtout celle du festin,
01:02:38qui réunira tous les invités au tour de plats traditionnels,
01:02:42comme le fameux poumon au fromage.
01:02:46Levez-vous.
01:02:49Levez-vous.
01:02:54Ne faites pas ça.
01:02:55Levez-vous, arrêtez les bêtises.
01:03:13Allez monter dans la voiture.
01:03:27Nous allons dans trois campements différents.
01:03:30C'est une tradition musulmane et kirghiz.
01:03:32Tous les ans, à la fin du mois du ramadan, nous faisons la fête.
01:03:37Cela nous permet de nous voir.
01:03:39Bien sûr, de nous entraider et de rester en contact,
01:03:42pour garder de bonnes relations.
01:03:44Dans chaque campement, on a tué un mouton,
01:03:46parce que chez nous, on mange beaucoup de viande.
01:04:03Bonne fête de l'Aïd.
01:04:06Bienvenue, venez.
01:04:11Les hommes de ce côté, les femmes de l'autre.
01:04:14Allez, viens Talai.
01:04:18Les adultes, venez prendre place pour qu'on puisse installer les enfants après.
01:04:22Asseyez-vous.
01:04:25On va servir le plat.
01:04:28Mettez les nappes.
01:04:32Prenez du pain à goûter.
01:04:37Tu peux poser ici ce qu'il y a pour les enfants.
01:04:40J'en veux pas.
01:04:42Tu goûteras, même si tu ne veux pas en manger.
01:04:49Mettez.
01:04:49Mettez.
01:04:54Mettez.
01:04:56Komchibek, prends un morceau.
01:04:59Vas-y, prends un morceau.
01:05:02Boutez le poumon et le foie de mouton.
01:05:05Quand on ira chez vous, on en mangera aussi.
01:05:08D'accord, j'en prends alors.
01:05:10Donne-je un Talai.
01:05:11C'est fait, c'est très important pour nous.
01:05:16Nous en avons vraiment besoin.
01:05:18On poursuit ses coutumes pour les transmettre aux nouvelles générations, à nos enfants qui suivent nos traces.
01:05:25Demain, ils grandiront et feront ce que nous leur avons appris.
01:05:29On vient ici de différents endroits.
01:05:32On se réunit que dans les pâturages l'été et en automne.
01:05:36On repart chacun de son côté.
01:05:39Et on ne se rencontre plus.
01:05:40Jeens.
01:05:41Très searched sustainability.
01:05:43...
01:05:44...
01:05:47...
01:05:48Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06:32Et pour digérer entre les nombreux déjeuners, quelques jeux traditionnels sont organisés.
01:06:38Il faut réussir à enlever la ficelle qui attache les pieds de l'enfant qui vient d'avoir un an.
01:06:44Ça veut dire qu'ensuite, il marchera bien après son premier anniversaire.
01:06:50C'est la première fête importante pour un enfant.
01:06:55Regarde, il faut courir là-bas.
01:06:59Abshalo a une ficelle autour des pieds et le premier arrivé lui enlèvera.
01:07:06C'est la première ficelle, c'est la première ficelle, c'est la première ficelle.
01:07:19C'est la première ficelle.
01:07:46Attends, attends, rassieds-toi, tu as gagné.
01:07:48Qui veut jouer contre elle ?
01:07:51Alors je me prête au jeu.
01:08:05Le vainqueur !
01:08:07Toi t'es forte.
01:08:14Tiens, prends-en.
01:08:16Fais passer le plateau.
01:08:19Servez-vous.
01:08:21Vous êtes l'invité, je vous laisse vous servir d'abord.
01:08:25Les yurtes ne sont pas assez grandes, donc les hommes sont d'un côté et nous de l'autre, car
01:08:29on ne rentrerait pas tous dans la même.
01:08:31Si la yurt était plus grande, on aimerait bien tous manger ensemble.
01:08:36Allez, chante, on va t'aider.
01:08:49Mais Talai n'a pas de répit.
01:08:50A peine remis de la journée festive, il quitte au petit matin le campement pour 11 heures de chevauchée.
01:09:01Un autre événement l'attend par-delà les montagnes, à Tchabish, le festival du cheval kirghiz organisé à Mourgab.
01:09:21Les premiers participants arrivent déjà sur le lieu des festivités.
01:09:42Tu ne pourras pas l'enlever seul, mon fils.
01:09:51On vient ici au festival pour vendre des marchandises.
01:09:55On essaye de vendre de l'eau, des petites choses du quotidien, des sodas, des biscuits.
01:10:04Je fais ça tous les ans.
01:10:07La fondation Kirghiz Hatt, créée par Jacqueline Ripard, une française, organise depuis plusieurs années ce festival pour promouvoir les fameux
01:10:15chevaux kirghiz et les jeux équestres.
01:10:25Cher peuple, cher spectateur, nous allons commencer notre festival.
01:10:36Chers spectateurs, venez par ici.
01:10:42Je t'ai dit de ne pas aller sur la piste.
01:11:09Allez, allez, allez-y les garçons.
01:11:15Allez, allez, attrape-le, attrape-le.
01:11:21Ah, il a un très bon cheval, lui.
01:11:25Allez, les braves, tirez, tirez.
01:11:30Allez, allez.
01:11:34Allez, en avant.
01:11:42Vous savez, la chose qui nous réunissait, c'était les colchoses et les sauf-causes.
01:11:48Et après l'explosion de l'URSS, tout ça, c'est fini.
01:11:53C'est la démocratie et tout le monde vit dans son coin.
01:11:56Après l'Union soviétique, on n'avait plus ces jeux.
01:11:59Les gens ne s'y intéressaient plus et personne ne pouvait prendre ça en charge.
01:12:07Attrape-le, attrape-le.
01:12:10Tire, tire.
01:12:12Ah, bravo.
01:12:14Bravo, il a gagné.
01:12:16Il est le gagnant.
01:12:18Bravo.
01:12:20Happé par l'ambiance, je monte en selle et participe au jeu de Kiskumai vêtue de la robe traditionnelle.
01:12:27Allez, vas-y.
01:12:30Allez, on accélère.
01:12:32Allez, avance, avance, avance.
01:12:35Je suis poursuivi par un cavalier qui doit attraper ma bride à l'aller.
01:12:41Et je dois, au retour, tenter de le frapper avec ma cravache.
01:12:47La course est éreintante, à une altitude de presque 4000 mètres.
01:12:55Moi, ici, j'ai le rôle de juge.
01:12:57C'est bien que de nouveau les jeunes puissent voir tout ça.
01:13:01Maintenant, ils connaissent tous les jeux.
01:13:05Kiskumai, la lutte, la course de chevaux.
01:13:08Ils connaissent tout comme ça.
01:13:14Alors que si tu veux leur expliquer sans leur montrer, c'est pas très facile.
01:13:17Si on organise ça tous les ans, il y aura plus de chevaux.
01:13:20C'est un grand coup de pouce pour notre culture.
01:13:23La culture kirghiz, pour laquelle le cheval, est vraiment primordiale.
01:13:30Si tu le veux, je vais gagner.
01:13:34Oui, peut-être que tu vas arriver premier.
01:13:36Merci.
01:13:39Allez, bonne chance.
01:13:41Merci.
01:13:44L'année dernière, je n'avais pas de cheval, donc je ne suis pas venu.
01:13:48Mais cette année, j'ai acheté exprès un cheval pour participer.
01:13:56La tension monte, car la course de vitesse, épreuve reine du festival, va bientôt commencer.
01:14:12Et puis, je ne suis pas venu.
01:14:38Devant ces cavaliers en plein galop, je me dis que malgré tous les bouleversements,
01:14:42le proverbe nomade qui dit que les chevaux sont les ailes des kirghiz,
01:14:45résonnera encore longtemps dans les montagnes.
01:15:04Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:22Salut, Elisier.
01:15:23Bonjour, Jérôme. Bienvenue.
01:15:25Tu vas bien ? Dis donc, tu arbores le béret.
01:15:27Le béret, je viens d'Argentine.
01:15:29Jérôme.
01:15:30Agathe.
01:15:31Notre groom de la journée, c'est elle qui va nous ouvrir les portes et les fermer
01:15:35et qui va surveiller les chevaux.
01:15:36Ça, ce sont tes chevaux ?
01:15:38Alizier, ouais, ce sont mes chevaux.
01:15:39C'est toi qui dresse, je crois.
01:15:40Voilà, moi, je suis dresseur, je fais ce qu'on appelle de l'éthologie
01:15:43et j'ai appris ça au cours d'un tour du monde.
01:15:46Et voilà, donc là, j'ai vraiment plaisir à les former
01:15:48et aujourd'hui, ils savent tout faire.
01:15:50Ils rentrent même dans les maisons pour l'occasion des mariages.
01:15:53Ah, génial.
01:15:54Voilà, bienvenue, écoute, c'est bien s'installer.
01:15:56On s'installe.
01:15:57Les deux, marchez.
01:15:59Alizier, allez.
01:16:03Donc là, on traverse l'exploitation de ta famille, c'est ça ?
01:16:06C'est ça.
01:16:07Donc, on est en agriculture, enfin, dans la famille,
01:16:10depuis plus de cette génération.
01:16:11Mais aujourd'hui, donc, j'ai 5 sœurs et 3 frères
01:16:15et la grande majorité, on est en agriculture biologique,
01:16:18donc on continue la tradition.
01:16:19D'accord.
01:16:20Donc là, on se dirige en direction de Roussillon.
01:16:23Allez.
01:16:28Place, place.
01:16:35Tiens.
01:16:36Voilà des voyageurs longs cours.
01:16:38Ça sort.
01:16:39Tu as fait ça, les voyageurs longs cours ?
01:16:40Toi, tu as traversé le monde à vélo, je crois.
01:16:42Oui, c'est ça.
01:16:42On a fait 34 000 km, mais nous, on avait un temps de même.
01:16:45On était les deux sur le même.
01:16:46Avec ton épouse ?
01:16:46C'est ça.
01:16:47Et on avait aussi une petite remorque.
01:16:48Oui, tout à fait.
01:16:53Toi, Olivier, qui a grandi ici, entre la forêt, les ocres,
01:16:56dans un décor assez magique,
01:16:58quels souvenirs d'enfance tu as ici ?
01:17:00En fait, mon enfance, ça a été vraiment rythmé
01:17:02par le pas des chevaux d'abord,
01:17:03parce que j'avais quasiment appris à monter à cheval
01:17:06avant de marcher.
01:17:07Et puis tout de suite, derrière, ça a été le vélo.
01:17:08Et c'était vraiment un terrain de jeu,
01:17:11de contemplation extraordinaire.
01:17:13Et ça a aussi forgé ce que tu es,
01:17:16cette nature, ce respect de la nature.
01:17:18Je crois que dans la ferme familiale,
01:17:20vous êtes aussi à cheval là-dessus,
01:17:21sans faire de jeu de mots.
01:17:23Oui, tout à fait.
01:17:24Mon père était un précurseur de l'agriculture biologique,
01:17:26déjà dans les années 60.
01:17:28Et dans mes frères et soeurs,
01:17:30on est tous partis, en fait,
01:17:32dans ce souhait de protéger la terre, l'air, l'eau,
01:17:36pour pouvoir transmettre à nos enfants, en fait,
01:17:39une nature au moins aussi belle,
01:17:41voire mieux que ce qu'on nous la transmise.
01:17:49Oh, oh !
01:17:51Stop !
01:17:54C'est une façade monumentale, on dirait,
01:17:56une entrée d'immeuble presque.
01:17:57Oui, dans les années 1884,
01:17:59tout ça, ça s'est fait à la force.
01:18:02À la pioche ?
01:18:02À la pioche, à la pelle.
01:18:04Et puis, bien sûr, avec les chevaux,
01:18:06pour sortir l'ocre et le sable,
01:18:08pour amener ça, en fait, dans la carrière.
01:18:10On peut même apercevoir aujourd'hui,
01:18:12tu vois, les coups de pioche
01:18:14qui sont sur la façade.
01:18:17Et là-haut, en fait,
01:18:18pour tenir cet ensemble de sable,
01:18:20pour ne pas que ça s'errode plus,
01:18:22il y a les pins qui ont été implantés
01:18:24par la main de l'homme.
01:18:26Ceux qui sont en toiture, j'allais dire.
01:18:29C'est ça, exactement.
01:18:30Donc les racines empêchent l'effritement ?
01:18:32Exactement.
01:18:33Parfois, l'homme a eu une vision écologique.
01:18:35Oui, on va dans les galeries.
01:18:40Ah, on va se casquer.
01:18:42Ah, il faut mettre un casque, hein ?
01:18:43Bien sûr.
01:18:44S'il vous plaît.
01:18:44C'est jamais si ça s'effrite un peu
01:18:46ou qu'un pigeon nous envoie
01:18:47un petit caillou sur la tête.
01:18:49Allez.
01:18:51On sent bien les coups de pioche, là.
01:18:54Ça a dû faire vivre toute l'économie
01:18:55pendant très longtemps, localement, là.
01:18:58Absolument.
01:18:58Les agriculteurs du coin
01:19:00étaient quasiment tous réquisitionnés
01:19:02en période d'hiver
01:19:03pour sortir ces tonnes et ces tonnes de sable.
01:19:06Ces sables au creux.
01:19:08Il t'arrivait de venir t'aventurer ici
01:19:11quand t'étais mou ?
01:19:12Ah oui, on est venu jouer avec les vélos,
01:19:15mais parce que je les connaissais déjà un petit peu.
01:19:17Parce que mon père nous y avait amenés
01:19:19déjà avec son vieux tracteur,
01:19:20Renault Rouge, je me souviens encore.
01:19:22Et on allait au fond des mines
01:19:24pour aller chercher les sacs de compost
01:19:26sur lesquels poussaient
01:19:28les champignons de Paris.
01:19:29Et donc, je me souviens
01:19:30que lorsque je voulais retrouver le jour,
01:19:33quand j'étais avec mon père
01:19:34et qu'on était à l'autre bout,
01:19:35j'écoutais d'un côté le bruit du tracteur
01:19:37et de l'autre côté,
01:19:38ce qui devait me guider,
01:19:38c'était le jour.
01:19:39Mais quand on est loin,
01:19:40on ne voit même plus la lumière du jour.
01:19:43Donc, il fallait que je me repère aux portes,
01:19:45que je passais,
01:19:46je glissais ma main, en fait,
01:19:47sur la paroi.
01:19:48Tu n'avais pas de pin et rien ?
01:19:49À l'époque, non,
01:19:50je n'avais même pas de lampe.
01:19:52Je ne me souviens pas pourquoi.
01:19:53Et donc, j'avais trois portes à droite,
01:19:55deux à gauche.
01:19:56Et alors là, je commençais à apercevoir
01:19:57déjà la lumière tout au fond de la galerie.
01:19:59Oui, d'ailleurs, l'ocre,
01:20:01c'est beaucoup de sable
01:20:02qui compose ce qui était extrait ici, là.
01:20:06Tout à fait.
01:20:06On a environ 80% de silice,
01:20:09donc de sable,
01:20:10et 20% d'ocre.
01:20:11Et tout ce qui était extrait ici,
01:20:13servait à quoi ?
01:20:13Ça partait où ?
01:20:14Alors, ça pouvait partir
01:20:16dans le monde entier
01:20:18pour servir de pigments,
01:20:20pour colorer, en fait.
01:20:22Déjà, à l'époque,
01:20:23c'était les sacs de l'exportation,
01:20:26des panneaux,
01:20:27et les petits joints sur...
01:20:28Des bocaux ?
01:20:29Des bocaux, exactement.
01:20:30Oui, j'ai envie de parler de ça, d'accord.
01:20:31C'est ça.
01:20:32C'est la couleur de l'ocre, hein ?
01:20:33Oui, c'est ça, c'est vrai.
01:20:34Exactement.
01:20:34C'est dingue, ça.
01:20:43Waouh !
01:20:44Les nuances de couleurs, là.
01:20:49Avec le ciel bleu, aussi.
01:20:50Le ciel bleu, les arbres,
01:20:52les teintes, regarde,
01:20:54c'est sublime, vraiment sublime.
01:21:00Bon, ben, voilà.
01:21:01Maintenant, on va pouvoir aller voir,
01:21:04faire un tour à vélo
01:21:05pour voir ce qu'on ne voit pas
01:21:05avec les chevaux.
01:21:06À vélo ?
01:21:07Oui, à vélo.
01:21:07Dans les petits sentiers, tout ?
01:21:08C'est ça.
01:21:09Ah, chouette.
01:21:10On est parti ?
01:21:11Ah, ben, là, je peux pas te dire
01:21:13suis-moi, c'est toi qui...
01:21:14Ouais, c'est moi qui guide.
01:21:15C'est toi qui guide, hein.
01:21:16C'est ça.
01:21:33À Gargasse, au cœur du Luberon,
01:21:35on trouve la dernière carrière d'ocre
01:21:37encore en activité.
01:21:41Stéphanie Anglaise a reçu comme héritage
01:21:44l'entreprise des ocres de France
01:21:45créée par son grand-père.
01:21:47Elle veille sur ce trésor,
01:21:49exploité par la famille
01:21:50depuis plus de 40 ans.
01:21:52Voilà.
01:21:53Vous avez du rouge, ici,
01:21:55qui est en couche trop mince
01:21:57pour être extraite.
01:21:58Et vous avez le jaune.
01:22:00Et donc, on abat...
01:22:02Quand on abat le minerai,
01:22:03on prend la totalité des couches
01:22:06qu'on va mélanger
01:22:07et qui va donner, donc,
01:22:08cette couleur ocre.
01:22:19Ici, avec mon frère,
01:22:20c'était notre terrain de jeu.
01:22:22On descendait avec les sacs poubelles,
01:22:25les falaises.
01:22:26Et voilà, on est nés dedans.
01:22:28Et c'était logique et tout tracé,
01:22:30voilà, qu'on reprenne la suite.
01:22:32Les dinosaures, voilà, c'est nous.
01:22:38L'entreprise qui emploie
01:22:39une dizaine de salariés
01:22:40produit 800 tonnes d'ocre par an.
01:22:43Une exploitation
01:22:44qui vit au rythme des saisons.
01:22:46À l'automne,
01:22:47la matière première composée
01:22:48de sable et d'ocre
01:22:49est extraite de la carrière.
01:22:51En hiver, c'est la période du lavage
01:22:53qui consiste à séparer
01:22:54le sable et l'ocre
01:22:55en les mélangeant à l'eau.
01:22:58Le pigment orangé,
01:22:59beaucoup plus léger,
01:23:00reste en surface.
01:23:01Il est alors récupéré
01:23:03et placé au printemps
01:23:04dans des bacs de décontation.
01:23:06Ça, c'est la dernière étape.
01:23:08Là, l'ocre,
01:23:09c'est l'ocre pur,
01:23:10mais avec de l'eau.
01:23:12Et il faut que ça sèche
01:23:13et que ça craquelle
01:23:14pour pouvoir le retirer du bassin.
01:23:16C'est de l'or rouge, là,
01:23:18c'est pas de l'or jaune.
01:23:20Ça fait trois mois qu'il est là, oui.
01:23:22Trois mois qu'on l'a mis
01:23:23dans les bassins,
01:23:24qu'on a fini les couches,
01:23:25qu'on a retiré l'eau.
01:23:27Et là, on attend que ça sèche.
01:23:29Il se travaille tout seul
01:23:30avec le soleil et le vent.
01:23:35Une fois récolté,
01:23:37l'ocre poursuit sa route
01:23:38dans l'usine familiale d'Apte.
01:23:40Ici, 50% de la production
01:23:42est broyée
01:23:43et cuite dans un four.
01:23:44Ça, c'est un four
01:23:45pour calciner l'ocre.
01:23:47Donc, on rentre le produit
01:23:48d'un côté du four
01:23:50et vous avez une flamme
01:23:51qui traverse le tube
01:23:53qui va représenter
01:23:55à peu près 700-800 degrés
01:23:56à l'intérieur.
01:23:57Donc, l'ocre passe,
01:23:58descend doucement dans le tube,
01:23:59rencontre la flamme
01:24:01et donc change sa couleur.
01:24:03Donc, ça nous permet
01:24:04d'obtenir des ocres rouges.
01:24:08Ocre rouge, ocre jaune,
01:24:10la Société des ocres de France
01:24:12vend la moitié de sa production
01:24:13à des clients dans l'Hexagone.
01:24:16L'autre moitié est exportée
01:24:18en Afrique, en Amérique
01:24:20ou au Canada.
01:24:22Ce pigment, on s'en sert
01:24:24principalement dans la coloration
01:24:25et la peinture.
01:24:27À quelques pas de Roussillon,
01:24:28nous voici au conservatoire Okra,
01:24:31une ancienne usine reconvertie
01:24:32en atelier pour artistes et ouvriers.
01:24:38Je fais par zone,
01:24:39mais j'interne les trois.
01:24:41Oui, donc tu poses ta couleur claire,
01:24:44ta couleur moyenne,
01:24:45ta couleur foncée.
01:24:45Oui, tu peux te mettre là.
01:24:46Je fais de la plastique.
01:24:49Aujourd'hui, des stagiaires
01:24:50venus de toute la France
01:24:51s'initient aux techniques de peinture
01:24:53des fresques Renaissance
01:24:54à base d'ocre.
01:24:56Et la technique de la fresque,
01:24:58c'est de peindre,
01:24:58donc, juste en prenant
01:24:59le pigment plus l'eau.
01:25:01C'est la seule technique de peinture
01:25:03qui n'utilise pas de liant,
01:25:04de colle,
01:25:05puisqu'on travaille
01:25:05sur un enduit à la chaux
01:25:06qui est encore frais,
01:25:08d'où le nom,
01:25:08à fresco.
01:25:10Donc, on va appliquer le pigment
01:25:11sur cet enduit frais
01:25:12et pendant le séchage,
01:25:15il va y avoir une réaction
01:25:15qu'on appelle de la carbonatation
01:25:17qui va faire une pellicule
01:25:18qui va protéger notre pigment.
01:25:21On a une fraîcheur des coloris
01:25:23et une intensité des coloris
01:25:24qui est extraordinaire.
01:25:26Regardez les plumes,
01:25:29la diversité des brins,
01:25:31des ocres.
01:25:33L'ocre,
01:25:34pigment ancestral.
01:25:35Il paraîtrait que les hommes
01:25:37préhistoriques
01:25:37s'en servaient à l'époque
01:25:38dans leurs grottes
01:25:39pour peindre
01:25:40leur première fresque.
01:25:55T'as pas voulu me le dire,
01:25:56mais on monte le ventou,
01:25:57là, c'est ça ?
01:25:58Ta petite balade sympa.
01:26:02Hein ?
01:26:03Allez, on envoie des watts.
01:26:05On avait un île braqué numéro 7.
01:26:07On est à la moitié.
01:26:10Ah, les feux !
01:26:17Si on faisait une petite pause par là,
01:26:18là, c'est un peu extendi.
01:26:20C'est chaud.
01:26:21C'est bien.
01:26:22Moi, je sais que c'est très, très bien.
01:26:26Il va bien, hein ?
01:26:27Pourtant, il a dû en avaler
01:26:2810 km ce vélo,
01:26:29et c'est avec celui-ci
01:26:30que j'imagine que t'as fait
01:26:30ton tour du monde.
01:26:31Ah ben, celui-ci a tout vécu, quoi.
01:26:34Il a été testé dans toutes les conditions
01:26:35possibles et imaginables
01:26:36autour du monde.
01:26:37Ouais.
01:26:38Ouais, ouais.
01:26:3833 000 km sur 3 continents.
01:26:40C'est incroyable.
01:26:42Et alors, c'était quoi le projet initial ?
01:26:43Qu'est-ce que vous avez voulu faire au départ ?
01:26:45Je pense que c'est venu aussi du constat
01:26:47quand on voit toutes les dérives
01:26:49de notre société consumériste.
01:26:52On a souhaité proposer des alternatives
01:26:54et on a été fascinés
01:26:55de voir toutes les personnes
01:26:56autour du monde
01:26:57qui proposent des alternatives
01:26:58pour mieux vivre
01:26:59auprès de la nature.
01:27:01Je crois que quand on est à vélo,
01:27:02pour arriver jusqu'au bout,
01:27:04il ne faut pas se concentrer
01:27:05sur l'objectif.
01:27:05Je pense qu'il faut simplement
01:27:06se concentrer sur le présent
01:27:08et essayer d'anticiper
01:27:10ce qui se présente à nous
01:27:11sans se stresser
01:27:11sur ce qui va arriver.
01:27:13C'est une école du moment présent, quoi.
01:27:15Je dis casque bas.
01:27:18Franchement,
01:27:19Captain Olivier.
01:27:20Pied droit.
01:27:28Un casque ou quoi ?
01:27:30Oh là là, qu'est-ce qu'il fait ?
01:27:35Oh, mais il y a un truc
01:27:36qui a les collègues.
01:27:38Je savais où vous étiez là.
01:27:40Où là tu l'avais ?
01:27:41C'est les copains qui se retrouvent, c'est ça ?
01:27:43C'est le terrain de jeu, ici ?
01:27:45Ouais, c'est ça.
01:27:47Donc voilà,
01:27:48nous, on va s'entraîner un peu.
01:27:50À la rigueur, si ça vous dit.
01:27:52Ouais, moi, je sais faire plein de figures,
01:27:54surtout en tandem.
01:27:54Oui, c'est ce que j'ai là.
01:27:58Allez, donc, belgare,
01:27:59on se rejoint là-haut.
01:28:01Faut qu'on regarde plutôt en l'air,
01:28:02c'est ça, l'idée.
01:28:02C'est...
01:28:03Ben, il y a des chants.
01:28:19Ouais, c'est beau, ça.
01:28:22Toute en souplesse, hein.
01:28:24Bravo.
01:28:27Bravo, Kili.
01:28:27Ouais, tu nous as dépassés, franchement.
01:28:29Heureusement, t'as un gros casque.
01:28:30Ça, c'est...
01:28:31Geste technique.
01:28:32Bravo.
01:28:32Un coup de choc, quand même.
01:28:33Un coup de choc, quand même.
01:28:33Un coup de choc, quand même.
01:28:34Un coup de choc, quand même.
01:28:35Un coup de choc, quand même.
01:28:36Et toi aussi, t'es un enfant du pays ?
01:28:37Je suis un enfant du pays, ouais.
01:28:39Comment est venue, cette passion ?
01:28:40Est-ce que tu connaissais Momo avant ?
01:28:41Comment c'est arrivé ?
01:28:42Non, du tout, c'est en lisant des magazines,
01:28:44comme la plupart des petits de l'époque.
01:28:47Enfin, on lisait nos magazines.
01:28:49Après, je me suis inscrit dans le club du coin
01:28:51et j'ai rencontré Momo, comme ça,
01:28:54en roulant par hasard dans le coin.
01:28:55Il m'a donné pas mal de conseils.
01:28:57Il m'en donne encore aujourd'hui.
01:28:58En tout cas, je trouve que cette activité
01:29:00assez révélatrice de la région,
01:29:01que je trouve spectaculaire,
01:29:03je trouve que chaque petit endroit de ce périmètre,
01:29:05qui n'est pas très grand,
01:29:06le Luberon et sa région,
01:29:08a une âme, chaque petit village a son âme.
01:29:10Et toi, l'enfant du pays,
01:29:11comment tu la vois, ta région ?
01:29:12Je la vois comme une région riche et diversifiée.
01:29:15J'ai vraiment envie de mettre en valeur
01:29:16et de partager.
01:29:18Et d'ailleurs, je vais peut-être opter
01:29:19pour ce type de casque et de vélo
01:29:21pour la prochaine émission.
01:29:23Je vous dis à très vite
01:29:24pour de nouvelles échappées belles
01:29:25dans d'autres contrées nointaines.
01:29:27À bientôt.
01:29:27Au revoir.
01:29:28Bye bye.
01:29:42I want to take you back you on my own
01:29:46Come on over here
01:29:48Cause you belong to me
01:29:56Youということ
01:29:57You
01:29:57You
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