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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Afrique du Sud Première étape le Cap où Stéphane observera une colonie de phoques au pied de la Old Clock Tower. Il ira sur l'îlot de ...

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00:04Musique
00:18Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue, une échappée belle aujourd'hui, plein sud, à la pointe
00:22du continent africain,
00:23un voyage dans un pays qui porte le nom de sa position géographique, l'Afrique du Sud.
00:31Pour notre première rencontre sud-africaine, j'ai choisi de vous accueillir côté ouest, en haut de Table Mountain, à
00:359344 km de Paris.
00:37C'est écrit là, Table Mountain, comme son nom l'indique, une montagne plate comme une table, collée à la
00:42ville du Cap et qui offre une vue époustouflante.
00:45Je voulais tout de suite partager ça avec vous.
00:48Avant d'emprunter le Cableway, le téléphérique qui va me descendre en 4 minutes chrono au cœur de Cape Town,
00:52que nous allons découvrir ensemble,
00:54je vous dis quelques mots du programme du jour.
00:56Deux reportages nous inviteront à passer encore un peu plus de temps dans notre destination principale.
01:00Soweto, le township le plus célèbre du pays, longtemps resté un ghetto, a décidé d'organiser cette année un tour
01:06cycliste.
01:07Le tour de Soweto, nous y serons.
01:09Comme au Kruger Park d'ailleurs, un état lui tout seul, de la taille de la Belgique, au cœur de
01:12l'Afrique du Sud,
01:13nous rencontrerons quelques amoureux des animaux qui ont la chance d'y travailler.
01:17Direction ensuite le sud-est de la péninsule arabique, nous atterrirons à Oman, un pays traversé par la route de
01:22l'encens.
01:23Cordu en Espagne sera notre idée week-end pour nous familiariser avec le flamenco.
01:28Enfin, nous terminerons avec le deuxième épisode de notre feuilleton intitulé la Translatina.
01:33Marc Mopti suit pour nous la National 7 à travers la Pampa, étape du jour Buenos Aires-Mendoza.
01:38Le vent s'est levé, il paraît que dans ce cas-là, les cabines du téléphérique bougent beaucoup et que
01:42les sensations fortes sont garanties.
01:44Ça ne m'empêche pas de vous souhaiter la bienvenue ici, en Afrique du Sud.
02:01Depuis dix ans et après l'abolition de l'Apartheid, l'Afrique du Sud est devenue l'une des principales
02:06destinations touristiques d'Afrique.
02:08Il reste néanmoins dans ce pays une vraie différence de classe.
02:11Les 13% de Blancs dominent une grande partie de l'économie et l'insécurité dans les villes est extrêmement
02:16préoccupante.
02:17Mais malgré sa lourde histoire, l'Afrique du Sud a su préserver ses trésors naturels.
02:22Ici, on compte 212 réserves animalières, dont le célèbre parc Kruger, avec ses 2 millions d'hectares.
02:29Au-delà de ces réserves, le voyageur pourra parcourir la route des Vins, admirer les manchots au Cap de Bonne
02:35-Espérance,
02:36escalader la montagne de la Table, visiter les célèbres mines de Kimberley ou se rendre à Cape Town, qui fit
02:42rêver de nombreux navigateurs.
02:50Je suis donc maintenant à Cape Town, l'une des plus importantes villes d'Afrique du Sud,
02:54où siège le Parlement et l'un de ses charmes, c'est son bord de mer.
03:03Petit, c'est la première impression que vous avez du centre-ville et pourtant vous annonce 3 millions d'habitants.
03:07La raison ? La majorité de la population vit derrière les montagnes adossés à Cape Town.
03:14Me voilà à Waterfront, des anciens dogs transformés en 1996, en lieu de vie un peu branché et en étapes
03:19touristiques incontournables,
03:21comme ils l'écrivent dans quasiment tous les guides.
03:31Si vous avez faim ou si vous voulez faire chauffer la carte bancaire, vous êtes au bon endroit.
03:35En revanche, ce n'est pas ici que vous verrez les effets de nouveaux discours sociaux depuis la fin de
03:39l'apartheid.
03:39On va dire qu'il y a là, allez, 80% de blancs, ceux qui vivent à Cape Town et
03:43qui ont de l'argent, et les touristes.
03:45En revanche, les serveurs dans les restaurants sont, eux, majoritairement noirs, quand d'autres donnent aussi dans le folklore.
03:51Où sont les noirs sud-africains, ici ?
03:55Les noirs sud-africains ne sont pas tellement ici, tu les trouveras plutôt dans les townships.
04:07Alors les noirs, si vous voulez voir où ils habitent, il faut aller dans un township,
04:10et c'est ce que je vous propose, direction Soweto, un ghetto de 2 millions d'habitants
04:14qui entend bien donner une autre image de lui grâce à une épreuve cycliste.
04:46Tabo a 15 ans.
04:47Il est né l'année de la libération de Nelson Mandela.
04:50Il est un enfant de l'après-apartheid.
04:52Un enfant de Soweto, le ghetto noir le plus célèbre d'Afrique du Sud, là où tout a commencé.
05:03Les jeunes ici, on est confrontés à pas mal de problèmes.
05:06L'argent, la drogue, il faut vraiment croire en son destin,
05:11se prendre en main pour ne pas tomber dans ce cercle vicieux.
05:19Je vis ici.
05:21Là, il y a la chambre de mon oncle et de ma tante.
05:25Elle, c'est ma cousine, et derrière ma nièce.
05:28Et là, c'est là où je dors.
05:32Avant, j'étais un voyou.
05:34J'ai failli plonger.
05:35Je volais de l'argent.
05:38Mais maintenant, c'est fini.
05:39Je ne suis plus un voyou.
05:41Je ne vole plus.
05:44Tabo est à l'image de Soweto.
05:46Le township tourne aujourd'hui la page.
05:48Ces 2 millions d'habitants se préparent à organiser leur premier tour cycliste.
05:52Les Blancs y seront conviés.
05:56Ma mère a disparu, mais elle est toujours en moi.
06:00J'aimerais qu'elle revienne.
06:02C'est quand je suis sur mon vélo que j'arrive à tout oublier.
06:06C'est le seul moyen de me consoler.
06:11On va enfin être reconnus.
06:14Oui, et reconnus par les Blancs.
06:16Durant le tour, il y aura des gens de l'extérieur qui se mélangeront avec les habitants de Soweto.
06:21Cette compétition, c'est un événement.
06:34Longtemps, Noirs et Blancs se sont observés de loin à travers des grillages.
06:38Aujourd'hui encore, la pauvreté de Soweto côtoie les banlieues riches de Johannesburg.
06:43Mais la couleur y a changé.
06:44On peut être noir et aspirer à une vie meilleure.
06:48Pamela et ses 2 fils ne sont pas si différents des Blancs.
06:51Eux aussi y veulent voir.
06:53Soweto s'ouvre au regard extérieur lors des Reality Tours,
06:56ses incursions dans la réalité.
07:01Chaque tôle peut abriter une famille de 20 personnes.
07:05Et cette même famille de 20 personnes va devoir se partager un seul sanitaire.
07:20Mais comment font ces gens dans ces maisons pour supporter la chaleur ?
07:24La plupart bricolent un substitut d'humidificateur.
07:28C'est une question de débrouille.
07:33Je me sens vraiment mal à l'aise et bouleversée.
07:35Je ne m'imagine pas un instant vivre ici.
07:38D'ailleurs, je mesure la chance que j'ai d'être là où je vis.
07:44Pour les touristes noirs, Soweto devient un pèlerinage.
07:47Le ghetto a été le fer de lance de la lutte anti-apartheid.
07:50En 1976, un enfant est tué par des Blancs.
07:55Sa mort marque le début d'un combat qui aboutira à la libération de Nelson Mandela,
07:59issu lui aussi de Soweto.
08:02Il a sacrifié sa vie pour nous.
08:05Et je suis ce que je suis grâce à lui.
08:09Et si nos parents ne s'étaient pas révoltés, je ne pourrais même pas parler.
08:18Maintenant, nos autres noirs, on est libres.
08:20Et j'aime la façon dont on peut échanger avec les Blancs.
08:28Quand Soweto attrape froid, c'est tout le pays qui s'enrume.
08:40Je veux gagner. Je peux le faire.
08:43Si je gagne, je vais changer pas mal de choses, crois-moi.
08:46Je vais changer de nombreuses choses, crois-moi.
09:10Deux mille participants, chacun avec son vélo de fortune, chacun avec sa couleur, noir, blanc, mais encore chacun de son
09:18côté.
09:19Tabo finit 40e avec la hargne pour gagner l'an prochain.
09:26C'était bon de voir des visages nouveaux durant la course.
09:29C'est le signe qu'on peut être unis entre gens de couleurs différentes.
09:52Alors, t'as beau, t'as eu une médaille ? Et comment ça s'est passé la course ?
09:55Ouais, une vraie compétition.
09:57Mais tu as réussi à la finir.
10:09Tabo, l'enfant de Soweto.
10:1215 ans, l'adolescence de la libération.
10:14Bientôt la maturité.
10:16Un jour, les blancs reviendront.
10:18Non plus contre, mais avec les noirs.
10:32On va rester en Afrique de suite.
10:34Je suis toujours à Cape Town, mais je vais quitter le continent quelques heures pour me rendre sur une île
10:37et pas n'importe laquelle.
10:39Robben Island.
10:42Robben Island, c'est un îlot de 575 hectares, situé seulement à quelques kilomètres de la côte
10:47et qui est devenu un lieu de pèlerinage pour tous ceux qui souhaitent rendre hommage à Nelson Mandela.
10:52Il y a séjourné 18 ans dans un centre pénitentiaire.
10:56Mandela s'est battu pour la liberté.
10:59Alors les blancs l'ont attrapé.
11:01Et ils l'ont envoyé à Robben Island.
11:14Je vous présente Dédé, qui est un ancien prisonnier qui a passé 6 ans et 4 mois de sa vie
11:19ici
11:19et qui a accepté de nous raconter la vie dans cette prison.
11:22Pour quelles raisons vous avez été emprisonné ?
11:24À l'âge de 15 ans, j'ai rejoint l'ANC, le Congrès national africain, puis j'ai été arrêté.
11:29Voilà pourquoi je me suis retrouvé ici après un procès et tout ce qui va avec.
11:34Vous avez passé 6 années et 4 mois ici.
11:39À quoi vous pensez quand vous revenez dans cette cellule ?
11:41Quelle perte de temps ?
11:43Moi qui suis blanc, est-ce que vous pouvez me regarder dans cette cellule sans haine ?
11:46Bien sûr.
11:47Le combat n'était pas contre les blancs, mais contre le système que les blancs avaient mis en place.
11:52Tout le problème venait de l'État et non des individus.
11:59C'est ici que Mandela a purgé sa peine.
12:01Il a passé 18 ans ici.
12:03Oui, dans 6 mètres carrés.
12:05Et Nelson Mandela, comme tous les autres prisonniers, dormait à même le sol.
12:10Une autre chose que Mandela a faite, il s'occupait d'un petit jardin, il y plantait des tomates.
12:16Mais il utilisait aussi ce jardin pour cacher le manuscrit qu'il écrivait ici pendant sa détention.
12:21Après une telle visite, je pense qu'un petit peu d'air va nous faire du bien.
12:32Une fois que vous avez fait le tour de l'île et visité la prison, je vous suggère de vous
12:36balader.
12:36Vous croiserez peut-être des colonies de pingouins comme là, juste derrière moi.
12:41Le deuxième reportage dans l'échappée belle, c'est maintenant.
12:43Et il est consacré au Kruger Park, un gigantesque parc national
12:47où l'homme est un observateur privilégié d'une incroyable faune.
13:03L'écho du vieux sage résonne de nouveau dans la savane.
13:08Un murmure qui se propage et que seul le monde animal semble percevoir.
13:14Ce vieux sage, c'est moi, la doyenne des éléphants et de cette terre.
13:19Il est temps pour moi de reprendre la parole.
13:21Je suis au crépuscule de ma vie.
13:24Je dois révéler au mien un terrible secret.
13:26Un secret que j'ai percé à force d'observer les humains.
13:33Ma rencontre avec Donovan m'a mis la puce à l'oreille.
13:37Donovan est un ranger.
13:39Un des rares humains à avoir l'autorisation à amener d'autres bipèdes sur notre territoire.
13:46Dès que l'on s'approchera d'un éléphant, il faudra s'arrêter net.
13:50Vous devez me signaler tout problème.
13:52Pas trop stressé ?
13:53Pas encore.
13:56A force d'écouter ses paroles, j'ai commencé à comprendre.
14:00Toujours le même son.
14:02Kruger Park.
14:03C'est ainsi qu'ils appellent notre territoire.
14:05Quand ils nous voient, ils se mettent à parler tout bas.
14:08Ils savent qu'ici, c'est chez nous.
14:10J'ai entendu que notre espace était aussi grand qu'une brousse qu'on appelle Belgique.
14:14Et quand il a la trompe bien pendue,
14:17Donovan barille que le Kruger est le plus ancien parc d'Afrique créé en 1898.
14:23Ce territoire, c'est un état dans l'état.
14:26L'homme doit toujours garder à l'esprit que le Kruger Park n'a été créé que pour les animaux.
14:31Juste pour eux.
14:32Pour les préserver de nous.
14:49On ressent quelque chose de beau quand on voit cette famille d'éléphants, la mère, avec ses enfants.
14:58Sur notre territoire, les hommes, nous les tolérons, mais en cage.
15:02Et le ranger, Steven, il vaut mieux le voir derrière des barreaux.
15:06La première fois que je l'ai vu, notre rencontre a failli mal tourner.
15:12Il faudrait être fou pour ne pas avoir peur face à un éléphant.
15:16Mais il suffit de l'observer pour anticiper sa réaction.
15:21Et là, il finit toujours par faire abstraction de nous, sans agressivité.
15:30Il faut que tu ailles voir.
15:31Des lions sont en train de dévorer une girafe près de la route.
15:34Au coin, à droite de la jonction.
15:38Les lions le surnomment l'indestructible.
15:41Quand il sort de sa cage, c'est pour veiller à la sécurité de ses congénères.
15:47C'est toujours une rencontre forte.
15:49On ne s'en lasse jamais.
15:52Et quand je vois des lions aussi puissants s'approcher de moi,
15:55il y a de quoi se sentir vraiment petit.
16:07J'observe.
16:09Des années que j'observe ces humains alors que les autres passent leur temps à grignoter.
16:17Leurs rites sont étranges.
16:19La journée, on leur interdit de sortir de leur boîte métallique qui pue autant que la laine d'un hippopotame.
16:25Le soir, on les enferme dans des camps jusqu'à l'aube, les mâles avec les femelles.
16:36Parmi ces femelles, il y en a une qui connaît tout de notre intimité.
16:43Apparemment, cet éléphant a mangé pas mal d'écorces.
16:46Je peux le voir par ses fibres et ses branches présentes dans cette bouse.
16:54C'est assez étrange, mais je suis sûre que ce sont les animaux qui nous observent,
16:59plus que nous autres, touristes ou rangers vis-à-vis d'eux.
17:03Il suffit d'être patient pour voir ici des scènes inimaginables.
17:07C'est un privilège que d'y assister.
17:11Là, je suis en train d'étudier le comportement de cet éléphant.
17:18J'aime la regarder.
17:20Elle me fait penser à ma mère.
17:21Mais quand elle parle, elle m'inquiète.
17:24Elle dit que nous sommes trop d'éléphants.
17:26Et que dire alors du million de bipèdes qui, chaque année, franchit nos frontières ?
17:30J'en suis perplexe.
17:38C'est un éléphant énorme.
17:41Vous pouvez déterminer la taille de l'animal par la longueur du poêle
17:46ou en observant sa trace sur cet arbre.
17:49Il doit faire au moins cette hauteur.
17:52Le ranger Evans me redoute.
17:54La peur de me voir écraser un de ces bipèdes du Mozambique
17:58qui traverse illégalement la frontière.
18:00Je n'ai jamais compris pourquoi un des leurs ne peut franchir librement
18:03une limite invisible à nos yeux.
18:07Quelques clandestins finissent dévorés par les lions.
18:09L'année dernière, je m'en souviens,
18:13j'ai retrouvé tout près de ce chemin
18:14un gars qui avait été piétiné par un éléphant.
18:19C'est en suivant la trace d'Evans
18:21que j'ai percé le grand secret.
18:23Ce jour-là, je suis arrivée au bout de notre univers.
18:27Partout, des grillages.
18:29Et là, j'ai tout compris.
18:31Nous vivons dans une cage.
18:33Une cage à l'intérieur d'une autre cage.
18:37Celle des humains.
18:51J'ai rejoint Gantz Bay à 1h32 de route de Cape Town,
18:54sans embouteillage, côté océan indien,
18:56donc à l'est, car on va maintenant s'intéresser au Karcharondon.
18:59Karcharias, nom scientifique que je ne connaissais même pas
19:02il y a tout juste deux minutes,
19:03avant de le lire du grand requin blanc.
19:07Je vais voir maintenant Kim McLean,
19:10The Shark Lady, la femme requin,
19:11c'est son surnom, et qui organise ici
19:13des plongées en cage pour se confronter
19:15directement avec le grand blanc.
19:18En quoi le grand requin blanc
19:19est différent des autres requins,
19:21en dehors de sa taille et de son poids ?
19:22Le grand blanc est le plus gros prédateur.
19:26C'est le roi des océans.
19:27Il est au sommet de la chaîne alimentaire.
19:29Pourquoi vous aimez les requins,
19:30et plus particulièrement le requin blanc ?
19:32J'aime les requins.
19:33Ils jouent un rôle primordial dans l'océan.
19:36Mais les gens les traquent à cause de leurs ailerons.
19:38C'est un massacre.
19:39C'est terrible.
19:42Les gens disent que c'est pas bien d'attirer les requins
19:45comme ça pour les rendre beaucoup plus agressifs qu'ils ne sont.
19:48Il y a eu pas mal de controverses,
19:49mais ça venait de gens qui ne savaient pas vraiment de quoi ils parlaient.
19:53Les requins sont là, ils vivent ici.
19:55Ce n'est pas moi qui les attire.
19:57Ils sont là depuis des milliers d'années.
20:04En voilà un.
20:26Vous avez décidé de créer cette activité
20:29parce que vous sentiez que c'était un bon filon au niveau du business ?
20:31Mon objectif est de partager ma passion.
20:35Quand j'ai débuté, je ne pensais pas que cette activité deviendrait mon job,
20:39mon gagne-pain.
20:40Mais mon vrai but, c'est de préserver le grand blanc.
20:51Un peu spécial quand même.
20:53Je vais me remettre tranquillement de ces petites émotions.
20:56J'ai l'impression d'avoir perdu autant d'énergie
20:57que si j'avais couru deux marathons non-stop.
21:00Je vais donc vous laisser continuer le voyage
21:01avec un nouveau reportage tourné à Oman.
21:04Pendant des millénaires, une intense activité commerciale
21:06a relié cette ville au reste du monde.
21:08Direction Oman, sur la route de l'encens.
21:21Ali a fait un peu tous les métiers au cours de son existence,
21:25mais il n'a jamais eu qu'une seule passion, l'encens.
21:28C'est dans la montagne, dans des endroits connus de lui seul,
21:31que se trouvent les arbres à encens d'Ali.
21:33Mais aujourd'hui, c'est dans une vallée placée sous la protection de l'UNESCO
21:37qu'il a décidé de se rendre.
21:42On vient de prendre la route qui conduit au Wadi Doka.
21:45On va voir les arbres à encens.
21:47Si Dieu le veut, j'espère qu'on va pouvoir trouver un arbre prêt à la coupe.
21:51Les arbres que l'on trouve là-bas sont très anciens.
21:54Ils sont là non pas depuis des centaines,
21:56mais depuis des milliers d'années, grâce à Dieu.
22:03Quand Ali vient à Wadi Doka, ce n'est pas pour ramasser de l'encens,
22:07mais pour faire des contrôles.
22:08Un arbre qui est mal taillé peut devenir stérile.
22:15Un arbre comme celui-ci peut donner 3 à 4 litres,
22:18c'est-à-dire 3, 4, voire 5 kilos d'encens.
22:22Quand on coupe à ce niveau-là, la résine descend et s'accumule vers le bas.
22:28Il faut attendre qu'elle ait un peu durcie avant de la prendre.
22:40Au pied de son arbre, Ali récolte enfin la sève cristallisée.
22:46La meilleure variété, c'est l'encens ougris.
22:49On ne trouve cette variété que dans le désert.
22:53Cet encens est généralement assez propre.
22:55C'est pourquoi on peut prendre des petits morceaux et les dissoudre dans de l'eau.
22:59C'est un peu comme un médicament.
23:02On l'utilise par exemple pour le mal de ventre.
23:04Pour les problèmes intestinaux, il n'y a rien de tel.
23:07C'est très efficace.
23:14A 1000 kilomètres au sud de Mascat, la capitale d'Omane, se trouve la province du Dauphar.
23:20Nous sommes ici dans l'Adramout, le pays de l'encens dont parle la Bible.
23:24Avec Saba comme capitale, l'Adramout couvre aujourd'hui une partie du Yémen et le Dauphar actuel.
23:31Au cœur de la vieille ville de Salala, se tient le souk de l'encens et des parfums.
23:36Quelques marchands y font brûler la précieuse gomme pour attirer le client.
23:40L'essentiel de la clientèle du souk demeure Omaneze.
23:44A Salala, l'encens fait partie de la vie quotidienne.
23:55A la maison, on brûle de l'encens tous les jours.
23:58Dès 5 heures du matin, on le brûle dans toutes les maisons de Salala.
24:03C'est quelque chose d'essentiel.
24:05On en a toujours chez soi.
24:07On l'utilise pour les mariages, les grandes occasions, que ce soit pour parfumer ou pour brûler.
24:19Dans les shops, les petits bocaux bien alignés aux allures de boîtes à bonbons renferment les secrets d'Awad.
24:25Ce magicien des parfums marie le musc ou le santal aux meilleures qualités d'encens.
24:33Ça, c'est l'encens au gris.
24:36Tout vient des arbres qui donnent de la sève.
24:39Des fois, elle est blanche.
24:42D'autres fois, elle est un peu plus foncée.
24:45Cet enceint-là provient de la sève blanche.
24:48Regarde.
24:49C'est la variété la plus pure qui soit.
25:00Pendant des siècles, les routes de l'encens relient le dofar au reste du monde.
25:04La précieuse marchandise quitte alors le pays, embarquée à bord de bateaux à voile,
25:09semblables au dos que l'on aperçoit aujourd'hui encore sur le rivage Omanet.
25:18Une autre route de l'encens passe par le désert arabique.
25:22Le récit des anciens parle d'une oasis où les caravanes de chameaux faisaient une dernière halte
25:27avant d'affronter l'immensité désertique.
25:30Quand le commerce de l'encens tomba en disgrâce,
25:33la cité du bar disparut au milieu des sables du désert jusqu'en 1992,
25:38quand elle fut redécouverte avec l'aide d'un satellite d'observation américain.
25:43Depuis cette date, quelques familles de bédouins se sont sédentarisées autour des ruines de l'Anticubar.
25:54Il y a bien longtemps, les caravanes s'arrêtaient ici.
25:59On donnait à boire au chameau avant de traverser le désert.
26:06Et dans l'ancien temps, on raconte même que le kilo d'encens d'Omane équivalait à un kilo d
26:13'or.
26:14Les caravanes chargeaient l'encens et venaient jusqu'ici à Hubar.
26:19Ensuite, elles traversaient et emmenaient l'encens dans plusieurs directions.
26:24Les routes de l'encens se sont évanouies dans les sables du désert et dans l'écume de l'océan
26:29Indien.
26:29Qu'importe, Ali poursuit son chemin.
26:32Celui qu'empruntent depuis des millénaires tous les cueilleurs d'encens du sultanat d'Omane.
26:38Pour moi, l'arbre à encens, c'est un arbre très important.
26:44C'est un arbre qui nous permet de vivre.
26:47Pour moi, c'est comme un trésor.
26:51C'est le bien de tous, parce que c'est un arbre sacré.
27:17Je me rends maintenant dans la banlieue nord du Cap, environ 20 minutes du centre-ville,
27:21pour aller dans une école un peu particulière.
27:23Vous le voyez, le quart de ramassage d'enfants est lui aussi inhabituel.
27:26Et en plus, on est dimanche, mais vous allez tout comprendre dans un instant.
27:33Il y a parfois des existences qui prennent des tournants étonnants.
27:36Des gens qui organisent leur vie autour d'un projet qui devient petit à petit un but, une mission à
27:41accomplir.
27:41C'est le cas de Laurence et Brent, une Française et un Américain qui se sont rencontrés il y a
27:45plus de 20 ans
27:45et qui ont ouvert dans les années 90 une école de cirque qui accueille aujourd'hui sans distinction
27:50enfants noirs, blancs, riches ou dérues.
27:53Qu'est-ce qui a fait qu'un jour vous avez créé une école de cirque ? Quel a été
27:56le déclencheur ?
27:57C'est les enfants du Cap.
27:58On était là avec un trapèze volant.
28:00Et là, on a vu qu'il y avait toute la panoplie d'enfants, n'importe quel âge et culture
28:04et race qui étaient là et attirés par la même chose.
28:09Le but dès le départ, c'était de confronter des enfants noirs, blancs, riches ou dérues.
28:15En gros, c'est ça.
28:16Tout à fait.
28:17Avec un point commun.
28:18Ils s'amusent aussi.
28:19Tout en s'amusant, ils se font des copains.
28:20Et ils se font des copains qu'ils n'auraient jamais rencontrés ailleurs.
28:23Ils ne peuvent pas rencontrer ces gens-là dans leur banlieue.
28:26Le seul point en commun, c'est qu'en général, ils sont ici parce qu'ils ne sont pas bien
28:31nulle part ailleurs.
28:32Les jeunes des rues, c'est ceux qui demandent le plus de travail parce qu'ils perdent la notion de
28:37temps.
28:37Donc eux, c'est la survie au jour le jour.
28:39Donc ils ne font pas de plan, ils ne vont pas commencer à construire une carrière parce que ça ne
28:44veut rien dire pour eux.
28:57Ils ont une énergie, une joie de vivre.
28:59Ils chantent toujours.
29:01Ils ont une quantité de problèmes.
29:03Les gens d'Europe, ils seraient en dépression.
29:05Et eux, ils vivent avec ça toute la journée.
29:07Ils ne sont rien.
29:08C'est comme ça qu'on apprend.
29:10Moi, j'ai beaucoup appris la vie, le voyage et rencontrer des gens différents.
29:15C'est comme ça qu'on apprend sur soi-même.
29:16Donc ils m'ont donné ma vie à moi aussi.
29:18C'est pas mal.
29:21On va rester dans le spectacle avec notre prochain reportage
29:24qui nous entraîne à Cordoue pour une incursion dans le monde du flamenco,
29:27un art que les Andalouses vivent avec passion.
29:43Il a fallu trois grandes civilisations pour donner naissance à Cordoue,
29:47l'une des perles de l'Andalousie.
29:49Arabo-musulmans, chrétiens et juifs
29:51ont tous laissé leurs empreintes sur cette cité millénaire.
29:55Et c'est justement pour partager cette riche histoire que Rouen est devenu guide.
29:59Son passe-temps préféré ?
30:01Se balader dans les jardins de l'Alcazar.
30:08Les musulmans, ils sont restés ici à Cordoue, cinq siècles.
30:12Jusqu'à la reconquête, jusqu'à l'an 1236.
30:16À partir de la construction de ce vatiment, de cet Alcazar,
30:20les rois chrétiens, ils ont vécu ici.
30:22Et surtout, Isabelle et Ferdinando, le roi catholique,
30:25qui ont fait ici le premier rendez-vous en Espagne
30:27avec le messier Christophe Colombo.
30:29L'exemple le plus sublime du mariage de plusieurs cultures
30:33est la cathédrale mosquée, patrimoine de l'UNESCO.
30:36Au Moyen-Âge, c'était la seconde plus grande mosquée du monde,
30:40elle-même construite sur une basilique visigote rasée.
30:44Depuis, des crucifix et des rosaces sont venus se rajouter
30:47à une forêt de double arche.
30:49C'est un mélange entre la technique,
30:52les matériaux, la décoration musulmane
30:55et des détails chrétiens ou des détails juifs.
31:00Tout le monde, ici à Cordoue, dit la mosquée.
31:04Même si les couples disent qu'ils vont se marier à la mosquée,
31:08c'est pas vrai, bien sûr, parce qu'ils vont se marier à la cathédrale.
31:13Ces rues cachent parfois des petits joyaux d'architecture,
31:17les célèbres patios Cordouans.
31:24Soigneusement entretenus,
31:26ces lieux d'intimité font perdurer la tradition andalouse.
31:40C'est l'un des piliers de cette tradition,
31:43le flamenco,
31:44qui inspire Angra Dema,
31:45une jeune créatrice de mode.
31:50Dans son petit atelier de banlieue,
31:52elle peaufine sa prochaine collection.
32:00Regarde, on va couper cette robe avec ce tissu noir
32:03et la ceinture et les manches,
32:04je les verrai plutôt comme ça.
32:09On prépare l'effet qu'aura la partie principale,
32:11tous les ornements de la passementerie,
32:13comme les manches et les fleurs,
32:15et cette partie-là qui sera en contraste
32:17avec le rouge et le noir.
32:21Ce sont des robes typiques
32:22de la feria traditionnelle d'Andalousie.
32:24On les porte aussi pour danser,
32:26mais celles-là sont principalement destinées
32:28à la feria.
32:34Comment te va la robe ?
32:35Waouh, c'est spectaculaire,
32:37vraiment spectaculaire.
32:39Essaie les chaussures.
32:40Viens, assieds-toi.
32:45Les robes d'Angra Dema
32:46se vendent jusqu'à 1500 euros.
32:48Dans la petite boutique de Trini,
32:50les femmes de Cordoue
32:51n'hésitent pas à payer le prix fort
32:53pour une robe qu'elles ne mettront
32:54qu'une seule fois dans leur vie.
32:58Cette jeune femme,
32:59quand elle a fait sa première communion,
33:00elle a porté une robe comme celle-ci.
33:03Il y a même des jeunes mariés
33:05qui, pour leur noce,
33:06revêtent des robes avec beaucoup de volants.
33:08Des robes flamencas.
33:20Dans le vieux quartier de Santa Marina,
33:23une famille tout entière,
33:24les Rodriguez Calero,
33:26a consacré sa vie à l'art du flamenco.
33:29Meringue de Cordoba
33:29enseigne la guitare
33:31et accompagne le cours de sa fille
33:33dans une académie de danse
33:34fondée par sa femme.
33:37Mes parents ont commencé
33:39à se dédier au flamenco tout petit.
33:41De ce fait,
33:42l'académie a déjà 35 ans.
33:45Depuis pratiquement ma naissance,
33:46j'ai baigné dans cette culture.
33:49Nous connaissons ça depuis tant d'années
33:50que pour ma famille,
33:51c'est devenu un style de vie.
33:53Et pour nous,
33:54c'est une forme de vie.
34:03À Cordoue,
34:04l'école de Concha Calero
34:06est une institution
34:07et un passage obligatoire
34:09pour chaque fille
34:10qui souhaite devenir
34:11danseuse professionnelle,
34:13une bailaora.
34:18Si vous n'avez pas le temps
34:19de passer votre vie
34:20à apprendre la différence
34:21entre une solea
34:22et une bouléria,
34:24tentez une soirée
34:24dans une sorte de café-concert flamenco.
34:27Au tableau,
34:28vous pourrez sentir
34:29au plus près
34:30l'âme des artistes.
34:37Pour Meringue,
34:39cette passion provient encore
34:40du métissage de culture.
34:45Les racines du flamenco,
34:47c'est un mélange parfait
34:48de style musico-arabe,
34:49juif et andalou.
34:50Sans aucun doute,
34:51c'est ce qui influence
34:52notre musique,
34:53aussi bien au niveau du chant
34:54qu'au niveau de la guitare.
35:02Et c'est dans ces moments enflammés
35:07que Cordoue retrouve
35:08toute sa splendeur,
35:09comme à l'époque
35:10du Grand Califat.
35:29L'Andalousie,
35:30voilà une idée week-end
35:31sympathique.
35:32D'ailleurs,
35:32nous nous sommes déjà allés ensemble
35:33pour une échappée belle.
35:34En revanche,
35:35je n'ai jamais visité
35:36de ferme avec vous
35:37au cours de tous mes voyages.
35:38C'est peut-être
35:38le moment d'y remédier
35:39en Afrique du Sud
35:40car il y en a une
35:41qui m'intéresse plus particulièrement.
35:43On y élève
35:43les plus gros oiseaux du monde
35:45qui ne volent pas.
35:46Je veux parler des autruches.
35:47On est quand même
35:47dans le pays d'autruches.
35:49On n'avait pas passé
35:49à côté de ça.
35:52Ça va, les copines ?
35:54Les copines,
35:55il faut se méfier
35:55parce qu'un coup de vex,
35:56c'est vite fait.
35:58Je suis avec Cécilia
36:00qui a repris l'exploitation
36:01de ses parents
36:01avec son frère.
36:03Depuis quand
36:03on élève des autruches ici ?
36:04On en élève
36:05depuis 10 ans maintenant.
36:07Mais on trouve
36:07des autruches
36:08en Afrique du Sud
36:09depuis 200 ans.
36:10Quel âge ils ont ?
36:11Elles ont entre 10
36:12et 14 jours.
36:14Tu veux en tenir une ?
36:19Ça peut penser
36:20comme à la soupe au chaud.
36:21La soupe au chaud,
36:22ils faisaient ça,
36:22mais non,
36:22c'était le langage
36:23des autruches.
36:30Cécilia va maintenant
36:31nous montrer
36:31les autruches agressives.
36:33on les reconnaît
36:33parce qu'elles ont
36:34le bec rouge.
36:35Comment on reconnaît
36:36les mâles des femelles ?
36:37Les femelles ont
36:38les plumes claires,
36:38les mâles ont
36:39les plumes foncées.
36:43Quand est-ce que
36:43vous avez décidé
36:44d'ouvrir votre ferme
36:45aux touristes ?
36:46En 1996.
36:48Et doucement,
36:49les touristes sont venus.
36:50Après 3 ou 4 mois,
36:51c'était devenu
36:52une attraction touristique.
36:54Et dans votre chiffre d'affaires,
36:55les touristes représentent
36:56beaucoup ?
36:56La moitié de nos revenus
36:57viennent du tourisme,
36:58l'autre moitié
36:59de l'élevage.
37:00Ah, inside ?
37:04Qu'est-ce que vous aimez
37:05avec les autruches ?
37:05L'adrénaline.
37:07Ce sont des oiseaux
37:08énormes, rapides.
37:09Ils sont parmi
37:09les plus vieux animaux
37:10sur Terre.
37:11Je ne voudrais pas
37:12être ailleurs.
37:12Je voudrais terminer
37:13en vous montrant
37:13à quoi ressemble
37:14une boîte d'œufs.
37:15Ben voilà,
37:16voilà une boîte.
37:17Si j'ai bien retenu ma leçon,
37:18un œuf comme celui-ci
37:19équivaut à 20,
37:2024 œufs de poule.
37:21Il y a de quoi
37:22nourrir une famille.
37:23C'est l'heure maintenant
37:23de notre feuilleton
37:24qui nous fait vivre
37:25à chaque fois
37:26une route mythique.
37:27Nous allons cette fois-ci
37:28de l'océan Atlantique
37:29à l'océan Pacifique.
37:30Aujourd'hui,
37:31c'est le deuxième épisode
37:31à voir sur 4
37:33et nous partons
37:33de Buenos Aires.
37:43Je dois mettre
37:44les souliers.
37:45Attends,
37:45attends,
37:45les souliers.
37:46Moi,
37:46les miens,
37:47je les ai trouvés
37:47à Buenos Aires.
37:48Ils étaient magiques
37:50et dansaient tout seuls.
37:51Puis,
37:52ils se sont arrêtés
37:52devant deux grandes stars
37:53de l'Argentine,
37:55Evita Perron
37:56et Carlos Gardel.
37:57J'aurais pu être
37:58un porténeo,
37:59un gars du port.
38:00Mais ma route est longue
38:01pour traverser l'Argentine
38:02et me rendre au Chili.
38:05Et puis,
38:05Benjamin m'a laissé
38:06sur ses mots.
38:07Il faut sortir de la route
38:08pour trouver la route.
38:13Dans les années 30,
38:14l'ancêtre de Raphaël Torello
38:16achète cet estancien.
38:18Un air de vieille France
38:20du 18e
38:21plane sur cette propriété.
38:24Plaisir et volupté,
38:26Champagne et Petite-Femme
38:27de Paris
38:27sont le quotidien
38:28des anciens propriétaires.
38:31Le curé est obligé
38:32de bénir
38:32et d'exorciser
38:33la demeure
38:34de toutes les débauches.
38:36Estella,
38:37les murs ont-ils
38:38réellement une âme ?
38:44Bien sûr,
38:45je crois en effet
38:45que ces murs
38:46ont beaucoup de mémoire.
38:48La première fois
38:49que je suis arrivée ici,
38:50la grand-mère
38:51de mon mari
38:51vivait encore.
38:53Ses tantes
38:54nous ont raconté
38:54un grand nombre d'histoires
38:55qui se déroulaient ici,
38:57à l'Estencia
38:57à l'Oriental.
39:00Comment elles faisaient venir
39:01un orchestre ?
39:02Quelles grandes fêtes
39:02elles organisaient
39:03avec telle ou telle personnalité
39:05qui y assistaient ?
39:07Bref,
39:08comment s'organisait la vie
39:10à cette époque
39:11quand l'Oriental
39:13fut construite ?
39:14C'est vrai que les routes
39:16étaient en mauvais état.
39:19À vrai dire,
39:20c'était de simples tracés
39:21au milieu des champs.
39:25Le rail avançait
39:26plus rapidement
39:26que la route.
39:29Ce qui fait
39:30que le propriétaire
39:31a du tout ramené
39:32par le train
39:34puisqu'il n'y avait
39:35pas de route.
39:37Il avait son propre wagon
39:39qu'il attachait
39:40directement au train.
39:43Il y était plus facile
39:44d'arriver ainsi,
39:45dans une charrette similaire
39:47à celle que j'utilise
39:48aujourd'hui.
39:50On allait chercher
39:51à la gare
39:52pour le ramener
39:53jusqu'ici.
39:57Je me trouve
39:57hors du temps
39:58et hors de tout.
39:59Devant les vestiges
40:00d'une époque
40:01où les premières expéditions
40:02sur cette Nationale 7
40:04se faisaient
40:04sans embouteillage
40:05et sans poids lourd,
40:06mais avec
40:06pas de garantie.
40:10Miguel Ange,
40:11le palfronnier,
40:12me raconte
40:12que le mot Pampa
40:13vient de la langue
40:14indienne quechua
40:15et veut dire
40:16champ plat.
40:17À l'époque coloniale,
40:19cette terre
40:20ne valait rien
40:20car les Indiens
40:22volaient tout le bétail
40:23et l'emmenaient
40:23au sud du Chili.
40:26Je me dis
40:26qu'avec le temps
40:27et le midi
40:28de bêtes
40:28qu'il reste
40:29à la famille,
40:30cela vaut bien
40:31un assado
40:32conquérant.
40:33Ce sont des filets
40:34de vaches
40:35cuites avec la peau
40:36sur les braises.
40:38me souffle Raphaël,
40:39le propriétaire,
40:40en me versant
40:40un cadernet sauvignon
40:41de Mendoza.
40:47Bon,
40:50à propos de la Nationale 7,
40:52quand tu arriveras
40:53dans la zone barrée,
40:54là où il y a la lagune,
40:56le jour où il pleut,
40:58tu ne pourras pas passer
40:58car le chemin est boueux.
41:00Alors,
41:01il te faudra prendre
41:01la Nationale 8
41:02et continuer
41:03sur Mendoza.
41:05Sur la route,
41:06il y a beaucoup de poussière.
41:08Si devant toi,
41:09tu as un camion,
41:10tu vas mettre
41:10au moins trois heures
41:11car tu ne pourras pas
41:12faire plus vite.
41:15Je laisse Raphaël
41:17avec ses 2500 hectares.
41:19J'ai oublié
41:20de lui poser une question.
41:21Mais dis-moi maintenant,
41:23c'est quoi un gocho ?
41:24Un mythe
41:25ou une réalité ?
41:27Il sourit.
41:29Aux yeux
41:30de nombreux Argentins
41:31et étrangers,
41:31le gocho,
41:33c'est le personnage
41:33type romantique.
41:35Comme son homologue,
41:36le cow-boy nord-américain,
41:37le gocho,
41:38l'Indien de la Pampa,
41:40a eu les honneurs
41:41du 7e art.
41:43Souvent métissé
41:44de s'emmêler
41:45espagnol et indien,
41:46il peut rentrer
41:47dans les tavernes
41:48et vagabonder
41:49à sa guise.
41:50Il est libre.
41:51Mais les maîtres
41:52des estanciers
41:53changèrent la donne.
41:54L'ère du gocho,
41:56chevauchant la Pampa,
41:57s'achève
41:57à la fin du 19e siècle.
42:03Les valeurs
42:04qu'ils transportent,
42:05courtoisie,
42:06indépendance
42:07et générosité,
42:09s'effacent
42:09devant la loi.
42:11La révolte
42:11viendra plus tard.
42:16550 kilomètres
42:18à parcourir
42:18entre Rounin
42:19et Saint-Louis,
42:21avec les pièges
42:22et les détours.
42:25Raphaël
42:26n'avait pas tort.
42:27La route
42:28devient surréaliste.
42:30Les arbres
42:31ont disparu.
42:33Rien ne pousse
42:34si ce n'est
42:35l'herbe à vaches
42:37et les éoliennes.
42:40Rien que la route
42:41et la poussière.
42:43Juste un horizon
42:44pour s'évader.
42:45La Pampa
42:46à 360 degrés
42:47et le rail
42:48orphelin.
42:49Vestige
42:50d'une autre époque.
42:57Hitchcock
42:58n'est pas loin
42:58dans ce paysage
42:59de la mort aux trousses.
43:03Suis-je poursuivi
43:04par un bimoteur ?
43:34Il ne me reste plus
43:35qu'à fuir
43:36sur Villa Mercedes.
43:38La vie d'étape.
43:45Hector Robert
43:46a trois passions.
43:47Les chevaux,
43:49les chevaux
43:51et les chevaux
43:52et puis les charrettes
43:54à chevaux évidemment.
43:55Il connaît l'origine
43:56des percherons tachetés
43:57et les débuts
43:58des chevaux vapeurs
43:59sur rail.
44:00Ce n'est pas
44:01le dernier de la classe
44:02sur l'histoire
44:02de la Pampa.
44:08Le premier tracé
44:09qu'il y eut
44:10de Buenos Aires
44:11à Mendoza
44:11et vers le Chili,
44:14c'était un chemin
44:15qui passait
44:15par les montagnes.
44:20Ce sont les Indiens
44:21qui firent ce chemin,
44:23s'approchant plus près
44:25vers les eaux
44:25du fleuve Quinto
44:26car les eaux
44:28étaient pures.
44:31La population
44:32descendant des montagnes
44:34s'est installée
44:35à 40 kilomètres
44:36vers le sud
44:38et c'est ainsi
44:39que fut créée
44:40la Nationale 7
44:42puis la Nationale 8
44:44passant toutes
44:45de la ville
44:45à Mercedes.
44:48Il y eut d'abord
44:49les merbiers,
44:50gros investisseurs,
44:51puis le téléphone
44:52automatique
44:53amené par l'aiguillet
44:53et la photographie
44:55par Morion.
44:56Enfin,
44:57les auberts
44:58dont Hector descend.
45:00En bon poids de vin
45:01d'Argentine,
45:01il a le sens
45:02de la terre
45:03et des affaires.
45:05Les Français
45:06sont venus
45:07pour construire
45:08l'Amérique
45:08et non la dépecer.
45:11Ils amèneront
45:12beaucoup de capitaux.
45:15Ces véhicules
45:16sont l'histoire vivante
45:17de Villa Mercedes.
45:20Ils appartenaient
45:21à des familles
45:22qui vinrent
45:22construire cette ville.
45:23à travailler
45:24et à construire
45:26Mercedes.
45:27Parler de tout cela
45:30prendrait des heures
45:31et des heures
45:32car ici se trouve
45:34le sacrifice,
45:38l'effort,
45:39l'amour,
45:40la tendresse
45:41de nos ancêtres
45:42pour tenir en vie
45:44cet épisode
45:44de l'histoire
45:45en progrès.
45:50Puisse le pays
45:51t'aider à alimenter
45:51cette flamme,
45:52Hector.
45:56qui es-tu ?
45:57D'où viens-tu ?
45:58Que viens-tu faire
45:59dans cette pampa ?
46:00Semble-t-ils
46:01tous me demander.
46:02Je ne viens
46:03ni pour un match
46:04de foot
46:04ni de polo.
46:06Ai-je envie
46:06de leur répondre ?
46:07Mais je leur souviens.
46:11C'est pourtant un rituel
46:12tout aussi important
46:13pour les gens d'ici,
46:14la vente
46:15sans chair du bétail.
46:24Le bœuf est toujours
46:25la superstar.
46:26Mais aujourd'hui,
46:27les gochons ont disparu.
46:29Il ne reste plus
46:30que des paysanos,
46:31des gardiens de troupeaux
46:32appointés et sédentaires,
46:34sans aucun rapport
46:35avec ces machos magnifiques
46:37vivant en marge
46:38de toute l'égalité.
46:45comme pour les cow-boys,
46:47c'est le fil de fer barbelé
46:48qui entraîne
46:49leur disparition.
46:55Adjugé
46:55et vendu
46:56quelque part
46:57dans le monde.
47:25Kilomètres 750.
47:28San José del Moro.
47:35Hé,
47:36en vrai,
47:37serais-tu
47:37le dernier des gochons ?
47:39Comment va la vie ?
47:42Mais c'est la tranquillité
47:43ici.
47:44On est libre,
47:45on est paisible.
47:47On se déplace
47:48comme on veut,
47:49sans se soucier
47:50de l'habillement.
47:53Mais c'est la même chose
47:54pour les enfants.
47:54À la campagne,
47:55ils vivent plus tranquillement.
47:57ils sont plus sains.
47:59Parfois,
48:00on dit même
48:00que les gens de la Pampa
48:01sont plus bêtes,
48:02qui n'en savent pas
48:03autant que ceux de la ville.
48:05Mais il se pourrait bien
48:06qu'ils sachent enseigner
48:07les choses de la vie
48:08de la campagne
48:08aux enfants des villes.
48:10ici,
48:11il n'y a ni drogue,
48:12ni tout le reste.
48:16On se lève tôt,
48:19on monte à cheval
48:20et on fait le tour
48:22de la sienne.
48:24si des fils de fer barbelés
48:26sont coupés,
48:27il faut les réparer.
48:33Quand un animal est malade,
48:34on le soigne.
48:36Quand un cheval se perd,
48:38on part à sa recherche.
48:42Et après,
48:43on rassemble bois
48:44et tout ça.
48:48Et on dresse les chevaux.
49:08Il s'appelle Hugo.
49:11Il existe une tradition
49:12dans la Pampa
49:13pour souhaiter
49:14la bienvenue à l'étranger,
49:16lui parler d'amitié,
49:18de cordialité,
49:19de bonheur.
49:20C'est un poème
49:21appelé Coroio,
49:23chanté dans les Poulperiens,
49:25épicerie bistrot
49:26de l'Argentine profonde.
49:40J'ai rencontré
49:42le blues du Gocho
49:43à Saint-Rosé d'El Moro.
49:49Le soir,
49:49à Villa Mercedes,
49:51tandis que les arrières
49:52petits-enfants
49:52de l'immigration
49:53vivent un autre temps,
49:55je me pose la question.
49:58Si les Gocho
49:58ne sont plus machos,
50:00si les chevaux
50:01sont remplacés
50:01par les motos,
50:03où va la Pampa ?
50:16la semaine prochaine,
50:17le troisième épisode
50:18de ce feuilleton
50:18qui nous fait découvrir
50:19un itinéraire mythique
50:20nous rapprochera
50:21encore un peu plus
50:22de l'océan Pacifique,
50:23notre point d'arrivée.
50:24De notre côté,
50:25nous,
50:25nous sommes presque arrivés
50:26à la fin de notre voyage
50:27en Afrique du Sud
50:28et j'ai choisi
50:29comme ultime étape
50:30le Cap de Bonne-Espérance.
50:32Excusez-moi,
50:32peux-tu prendre mes photos ?
50:34Merci.
50:41Hello, Thuiz.
50:42Je vous présente Thuiz
50:43qui est officier
50:44du parc où nous sommes
50:45car la péninsule du Cap
50:47est devenue
50:47une réserve naturelle
50:48en 1939.
50:50Le Cap de Bonne-Espérance
50:51n'est pas le point
50:52le plus au sud
50:53de l'Afrique,
50:53alors il se trouve où ?
50:55Le point le plus au sud
50:56est le Cap des Aiguilles
50:57qui est aussi
50:57un parc national.
50:58Qui a donné le nom
50:59à cet endroit
51:00Cap de Bonne-Espérance ?
51:02Quand Bartholomeu Diaz
51:03a exploré la côte,
51:04il y a eu
51:05une grosse tempête.
51:06Il a donc appris
51:07d'abord
51:07le Cap des Tempêtes.
51:08Il est retourné
51:09voir son roi
51:10qui lui a dit
51:11c'est plutôt
51:11un bon présage.
51:12Appelons-le
51:13le Cap de Bonne-Espérance.
51:14C'est merveilleux.
51:17Pour rien au monde,
51:18je ne voudrais changer
51:18de métier.
51:19Chaque jour,
51:19je trouve cet endroit différent.
51:21Quand je suis arrivée ici,
51:22j'étais vraiment contente
51:23de travailler
51:24dans un parc national
51:25exprimant autant la beauté.
51:26Merci beaucoup, Thuiz.
51:28Merci.
51:28Je tenais également
51:29à vous remercier
51:30très sincèrement
51:31de votre fidélité.
51:32Vous êtes nombreux
51:32de semaine en semaine
51:33à voyager avec Échappé Belle.
51:35A très bientôt.
51:36Prenez soin de vous.
51:37Sous-titrage Société Radio-Canada
51:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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