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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Louisiane Sophie est sur un plateau de tournage d'une série pour entamer ce voyage en Louisiane. Nous verrons les conséquences de ...

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00:05Musique
00:18Bonjour à tous, nous sommes en Louisiane cette semaine pour ce nouveau voyage
00:23et c'est dans la plus grande ville de l'État, la Nouvelle Orléans, que nous débutons ces échappées belles.
00:32Musique
00:34New Orleans, comme on dit en anglais, est un riche mélange de cultures.
00:38Une ville créée en 1718 par des Français et installée entre les méandres du Mississippi.
00:44On l'appelle d'ailleurs Crescent City, la ville croissant en raison de sa forme.
00:48Rien à voir avec nos croissants à nous.
00:52Musique
00:52Ne vous attendez pas à ce que la langue française soit énormément répandue ici.
00:57Finalement, les Français ne sont restés que 80 ans dans l'histoire.
01:04What is your name ?
01:05Alex
01:05My name is Sophie
01:07Nice to meet you Alex
01:17Thank you very much, bye bye.
01:18Nous sommes ensemble pendant une heure, une heure durant laquelle nous nous intéresserons à la musique.
01:23Bien sûr, le ciment culturel de cet état, c'est le jazz.
01:27Nous irons également visiter quelques plantations.
01:30Nous ferons la connaissance de nos lointains cousins d'Amérique, les Cajins.
01:34Échappez belle, c'est aussi une idée de week-end, direction le Tirol.
01:38Et à la fin de cette émission, nous nous envolerons pour l'Afrique du Sud pour un nouveau carnet de
01:43voyages.
01:48Musique
01:50On n'a pas vraiment l'impression d'être aux Etats-Unis quand on est en Louisiane.
01:53La Louisiane se partage en cinq régions.
01:56Celui qui est vraiment l'artère principale du Sud de l'État, c'est le Old Miss, comme le surnommait
02:01les Esclaves Noirs, le fleuve Mississippi.
02:04Mais la Louisiane a été meurtrie et surtout la Nouvelle-Orléans, après le passage de l'ouragan Katrina en 2005,
02:10qui a marqué à jamais la vie des Louisianais.
02:13Sans pour autant oublier, il faut malgré tout garder en tête les belles images de ce très bel État.
02:17La Louisiane, des plantations dignes d'autant n'emporte le vent, la Louisiane du pays Cajun, ou encore de la
02:23musique et du jazz en particulier, des grands espaces et même des alligators.
02:28Bref, vous allez comprendre pourquoi elle est la destination privilégiée des Français aux Etats-Unis.
02:35Musique
02:41Je vous le disais à l'instant, personne n'a pu oublier le passage de l'ouragan Katrina, qui a
02:46dévasté la Louisiane.
02:47Et plus précisément, la Nouvelle-Orléans en août 2005.
02:50Alors des circuits sont organisés pour voir les sites sinistrés.
02:54Et notre guide s'appelle Virginie.
02:57Remarquez comment on monte pour aller auprès du fleuve.
03:00Pas seulement parce que la terre est plus haute, mais ça s'est indiqué en 50.
03:06Il y a huit mois, il y avait des membres du congrès qui étaient là, demandés au corps des ingénieurs,
03:10qu'est-ce que vous faites là ?
03:11Mais ils ont dit, on remet les digues comme avant Katrina.
03:14Et une sénatrice a demandé, mais pourquoi ces gens-là voudraient des digues comme avant Katrina ?
03:21Regardez-moi ce qui s'est passé.
03:28Quel bilan, vous, vous annoncez après le passage de l'ouragan ?
03:32Notre population avant l'ouragan était à peu près 463 000 habitants.
03:36On n'est que 320 000 habitants maintenant.
03:40Les gens se battent avec leur compagnie d'assurance.
03:4280% de la ville a été touchée.
03:45Plus de 200 000 maisons en fin de compte.
03:47Et combien de victimes ?
03:501577 personnes sont mortes.
03:52Même encore aujourd'hui, on le voit en traversant ces quartiers, les maisons sont complètement abandonnées et les gens n
03:58'arrivent pas à rentrer chez eux.
03:59Bah oui, bah oui.
04:00Beaucoup de gens pensent que c'est fini, c'est réparé.
04:03Et les Américains aussi.
04:05Et pour nous, c'est très important qu'ils viennent de nos quartiers, qu'ils comprennent ce qui s'est
04:09passé.
04:09Puisque ce n'est pas encore fini pour nous.
04:11Katrina, deux ans déjà, nous avons voulu savoir où en sont les sinistrés et comment se passe la reconstruction.
04:18Un œil large de 40 kilomètres.
04:20Des vents à 280 kilomètres par heure.
04:23Katrina est l'ouragan le plus puissant à avoir frappé les Etats-Unis.
04:27Deux ans après, la Nouvelle-Orléans a perdu le tiers de sa population.
04:32Brandy fait partie de ses déracinés.
04:35Pendant l'ouragan, le toit s'est effondré.
04:40Ensuite, on a eu un deuxième cyclone, Rita, qui a inondé totalement la rue.
04:46Il pleuvait tellement que l'eau des marécages a débordé et on pouvait voir le torrent s'écouler au-dessus
04:51du trottoir.
04:55Je n'ai pas eu peur, car au fond de moi, j'ai toujours cru en la force de la
05:00Louisiane.
05:01Je vis ici, je suis née ici.
05:04Les ouragans sont notre quotidien.
05:08Sa topographie très particulière fait de la Nouvelle-Orléans une ville submersible à tout moment.
05:15La ville est sous le niveau de la mer.
05:17Déjà, ces méandres du Mississippi sont à plus de 3 mètres sous le niveau de la mer.
05:22Et les quartiers éloignés du centre sont eux-mêmes à plus de 3 mètres sous le niveau du fleuve.
05:28Donc la ville est non seulement sous le niveau de la mer, mais aussi sous celui du Mississippi.
05:3480% de la ville est noyée sous les eaux.
05:36Seul le quartier historique construit par les Français est épargné.
05:42Cette partie de la ville est plus élevée.
05:47Elle a donc été peu touchée par les inondations.
05:52Le fleuve, tout a débordé, on a tous vu ça à la télévision.
05:56Mais le quartier français est plus haut que les autres quartiers.
06:00Ici, on n'a pas connu les images de voitures emportées ou même de personnes tuées.
06:05Aujourd'hui, beaucoup ont fait le choix de vivre à l'écart de la ville, comme Brandy.
06:13Je fais plus attention qu'avant, car maintenant on a une nouvelle maison.
06:19Nous devons veiller sur elle, sur nos enfants.
06:25J'espère seulement que lors du prochain ouragan, nous pourrons rester ici.
06:30Je ne veux pas être évacuée à nouveau.
06:48Cette radio a permis d'être un lien, un peu, avec la population.
06:51Quand nous avons repris l'antenne après Katrina,
06:56les gens ont vraiment eu le sentiment de retrouver leur âme.
07:00Ne plus pouvoir entendre WWOZ,
07:04c'était comme si un peu de leur âme avait disparu.
07:08Notre radio a été une sorte de docteur.
07:11Depuis quand cette radio existe-t-elle, Maryse ?
07:13En 1980, la radio a été fondée par deux frères, Walter et Jerry Brock,
07:21qui voulaient à tout prix aider à conserver la musique et la culture de la Nouvelle Orléans.
07:29Mais c'est vraiment grâce à cette radio-là qu'on peut vraiment écouter la musique de la Nouvelle Orléans,
07:35c'est ça ?
07:36Il n'y a aucune autre radio à la Nouvelle Orléans ou n'importe où aux États-Unis actuellement
07:42qui jouent vraiment la musique de cette ville.
07:52Parlons un peu musique.
07:53Quels sont les artistes les plus populaires à la Nouvelle Orléans en ce moment ?
07:56Kermit Ruffins, un trompettiste très représentatif du style de la Nouvelle Orléans.
08:03Ellis Marsalis, Little Freddy King, qui est également d'ici
08:06et qui joue souvent dans les clubs de blues de la ville.
08:12Comment vous pourriez définir la musique de la Nouvelle Orléans ?
08:15C'est une musique très festive, très joyeuse.
08:18Une musique pour danser, s'amuser et profiter de la vie.
08:23Vous êtes volontaire ici, bénévole ?
08:26Tout le personnel est bénévole. On est ici parce qu'on aime cette musique.
08:31Nous continuons notre découverte de la Nouvelle Orléans en musique.
08:34Nous allons parler de jazz, bien sûr, mais aussi de gospel et de blues.
08:37Des musiques qui véhiculent depuis toujours des valeurs d'hier et d'aujourd'hui.
08:50Un éclair de gospel, des perspectives de blues, un rail de jazz.
08:56La Nouvelle Orléans est devenue le terrain de jeu de ces trois styles musicaux nés sur ces rives du Mississippi.
09:01À 14 ans, Benjamin veut devenir un grand jazzman, comme Louis Armstrong ou Sidney Bechette, deux enfants de la Nouvelle
09:07Orléans.
09:11La musique est partout à la Nouvelle Orléans.
09:16C'est quelque chose de profond.
09:19C'est de la poésie.
09:21Comme écrire une lettre à quelqu'un.
09:23Quand tu es sur scène et que tu joues, tu donnes une partie de toi aux autres.
09:30Loin des dorures, cette scène se cache souvent derrière les façades des quartiers pauvres de la Nouvelle Orléans.
09:35Chaque soir, Irène Young et sa famille répètent le gospel qu'ils chanteront le dimanche à la messe.
09:40Un chant et un rythme qui étaient les seuls autorisés durant l'esclavage.
09:56Dans le gospel, je retrouve de la spiritualité.
10:01Une musique qui me donne de la force.
10:05Ça vient de nos croyances chrétiennes.
10:07Et pour nous autres, membres de la communauté noire,
10:11cette musique nous ramène à notre passé.
10:14Le gospel est né parmi les esclaves.
10:22Le jazz, le gospel et surtout, le blues.
10:26Les soirs de semaine, il est le style musical phare de la Nouvelle Orléans.
10:30Celui qui rythme de nombreux clubs.
10:32Celui qui fait vivre de nombreux musiciens de la rue qui travaillent au contrat, comme Michael Harris.
10:40Le blues a été l'une des premières expressions du mal de vivre des esclaves noirs, au siècle dernier.
10:45Aujourd'hui, il témoigne d'autres angoisses, comme celles suscitées par les dégâts de l'ouragan Katrina.
10:52La plupart des nightclubs, des scènes sur lesquelles se produisent les musiciens, étaient complètement dévastées.
11:02Certains quartiers ont été très touchés.
11:06Mais il a quand même fallu tout réparer.
11:10Ça a été terrible.
11:13Michael a perdu sa maison.
11:15Il a été relogé dans le Musician Village,
11:17un quartier de musiciens financé en partie par le chanteur Harry Connick Jr.
11:22Dieu merci, j'ai toujours cette passion qui me permet de tenir.
11:26C'est ça la musique.
11:29C'est toute ma vie, ma passion.
11:41La musique.
11:45Il faut l'aimer.
11:47Tout près du Musician Village, l'église catholique Saint-David est elle aussi en rémission.
11:53C'est ici que la famille d'Irene se retrouve chaque dimanche pour communier en gospel.
12:15Je me sens portée, en extase et vraiment inspirée.
12:22C'est juste rendre à Dieu tout ce qu'il m'apporte.
12:26Ça me porte.
12:30C'est au pied de ces gratte-ciels que la Nouvelle-Orléans voit éclore ces jeunes talents.
12:35Ils sont des milliers à espérer un jour faire fortune sur l'une des trois petites notes musicales qui ont
12:40fait la ville.
12:51Dans les quartiers nord, la Lusher Charter School forme les adolescents au blues, au gospel et surtout au jazz.
13:04Benjamin s'entraîne depuis deux ans avec l'orchestre de l'école.
13:07Si le jazz est né dans les anciens bordels, un siècle plus tard, il s'enseigne sur les bancs.
13:28Le jazz fait partie de notre quotidien.
13:31Mon père joue de la batterie, ma mère écoute de la musique en permanence.
13:35La ville même résonne en musique.
13:37Tout ça m'a sûrement influencé pour choisir d'apprendre le saxophone.
13:40Le but pour Benjamin et ses jeunes apprentis, c'est de pouvoir un jour se produire dans le French Quarter
13:45sur Bourbon Street.
13:47Parmi les clubs de jazz les plus prisés, le Preservation Hall est le passage obligé pour les meilleurs jazzmen depuis
13:5340 ans.
13:54C'est bon d'avoir un endroit comme celui-là où on peut jouer du jazz traditionnel.
14:00Si vous passez sur Bourbon Street, vous trouverez peu d'endroits encore dédiés au jazz, le vrai.
14:23Le jazz, c'est la musique noire par excellence.
14:26On s'exprime avec lui.
14:27Le blues, le gospel, tous ces styles se mélangent pour donner naissance à ce qu'on appelle le jazz de
14:31la Nouvelle Orléans.
14:36A l'aube, Benjamin s'entraîne sur l'un des toits de la Nouvelle Orléans, avant de pouvoir lui aussi,
14:42un jour, se produire sur scène.
14:44Pour peut-être donner à sa ville une nouvelle partition musicale.
14:50Je suis au bord du Mississippi, même si le trafic sur le fleuve a largement diminué depuis l'invention de
14:55la voiture, c'est-à-dire depuis un bon moment.
14:58Eh bien, ça reste toujours aussi romantique de s'y promener, surtout si c'est à bord d'un bateau
15:02à aubes.
15:26Ce bateau à aubes, le Natchez, porte le nom de la plus ancienne colonie française installée sur les rives du
15:32Mississippi.
15:32Un nom emprunté à une tribu d'Indiens adoratrice du soleil.
15:36Soleil qui décide soudainement de me fausser compagnie.
15:40Vous venez d'où ?
15:42De Floride.
15:43Qu'est-ce que vous pensez de cette croisière alors ?
15:44Pas mal, mais avec un meilleur temps, ce serait mieux.
15:47Oui, c'est vrai.
15:51Je me laisse guider par mon instinct naturel pour me réfugier.
15:55Devinez où ? En cuisine, évidemment.
15:59J'avais envie que tu me prouves qu'ici aux Etats-Unis, on pouvait bien manger et que non, il
16:03n'y avait pas que des hamburgers et des frites, pour être caricatural.
16:06Non, mais aux Etats-Unis, le fast-food, comme on connaît, c'est tout le monde, il n'y a
16:11pas le temps, ils n'ont pas le temps de s'asseoir comme on s'assoit en France et faire
16:15la sieste après.
16:19Tu es originaire d'où, toi ?
16:20De l'île Maurice.
16:21J'ai bougeé en Nouvelle-Orléans en 1995, j'ai ouvert mon restaurant en 1997.
16:28Et comment ta clientèle américaine a-t-elle réagi alors quand tu leur as proposé une cuisine inventive comme ça
16:33et originale ?
16:34En Amérique, il faut qu'ils savent qu'est-ce que vous préparez.
16:37En Nouvelle-Orléans, je pense qu'ils aiment essayer un peu plus.
16:44Alors en France, on a nos étoiles, ce n'est pas tout à fait la même chose aux Etats-Unis
16:47?
16:48Non, ici c'est différent, ils appellent ça les failloux, les bines.
16:54Les failloux.
16:55Alors toi, tu en as des bines ?
16:57On en a eu quatre.
16:58Félicitations.
16:59Oui, merci.
17:00Sur combien le maximum, c'est quoi ?
17:02C'est cinq.
17:02C'est joli, hein ?
17:04Attendez, attendez, ce n'est pas fini.
17:05La touche finale ?
17:06C'est un caviar américain, ça vient de Seattle.
17:09En tout cas, merci beaucoup Dominique, j'ai bien fait de venir me réfugier chez toi,
17:12j'ai appris plein, plein de choses.
17:13On va retourner sur le Mississippi, vous allez voir, il ne pleut plus.
17:17Nous allons visiter des plantations qu'il faut absolument sauvegarder.
17:29Un décor hollywoodien.
17:31Une silhouette à la scarlette.
17:34Le vieux sud cultive ses rêves d'un temps dans ses plantations.
17:40Cette maison est d'inspiration néoclassique.
17:44Elle a été construite au 19e siècle par Jacques et Salina Romane.
17:54Ce domaine représente tout le faste, la grandeur passée et la culture du vieux sud,
18:00comme beaucoup d'autres installées sur les terres fertiles et les paysages romantiques de la Louisiane.
18:06Elle se dresse comme un défi au temps qui passe.
18:09Les plantations sont les derniers vestiges d'une Louisiane riche et prospère
18:13qui se déroule au fil du Mississippi.
18:17La culture de la canne à sucre a longtemps fait leur richesse.
18:20Aujourd'hui, de la splendeur du passé, il ne reste plus que des façades.
18:26La guerre, l'abolition de l'esclavage auront eu raison des grandes familles terriennes.
18:33Norman Marmillon a été l'un des pionniers dans la restauration de ces vieilles bâtisses.
18:37Il a racheté le domaine de Laura Plantation pour en faire la vitrine touristique de cet âge d'or.
18:45Aux Etats-Unis, il y a encore beaucoup de nostalgie autour de cette période d'avant la guerre de sécession.
18:51Et le film, Autant n'emporte le vent, écrit durant la Grande Dépression, n'a fait que renforcer ce sentiment.
18:58On avait tout perdu ici.
18:59Les gens de la génération de mes parents voulaient se rappeler comment les riches vivaient à l'époque glorieuse.
19:05Norman s'est appuyé sur 5000 pages d'archives pour reconstituer l'histoire de la plantation.
19:10Jusqu'à tomber sur le règne de Laura, une des femmes de cette plus ancienne famille française implantée en Louisiane.
19:19Cette plantation a été tenue par des femmes durant 84 ans, soit 4 générations.
19:25Ici, en Louisiane, c'est le dernier né qui reprend les affaires familiales.
19:29C'est ainsi que des femmes ont pu s'imposer face à des hommes.
19:35L'histoire de Laura Plantation, c'est aussi une page sombre, celle de l'esclavage.
19:41Il y a tellement d'histoires que nous avons passées sous silence que nous avons encore du mal à les
19:46entendre.
19:48C'est mon devoir d'en parler.
19:50Les Européens ont déjà fait ce travail de mémoire, pas les Américains.
19:54Alors si je parle d'esclavage aujourd'hui, c'est pour avoir une vision plus juste de ce qu'était
20:00le Vieux Sud,
20:01et mieux comprendre qui nous sommes aujourd'hui.
20:03Cette cloche a rythmé le quotidien de nombreuses générations d'esclaves noirs au XIXe siècle.
20:09Un lever dès 3h du matin, les travaux de domestique pour les uns,
20:14des journées de labeur dans des plantations de canne à sucre pour les autres.
20:19L'esclavage a été l'un des moteurs de l'enrichissement du Vieux Sud,
20:23et aujourd'hui l'une de ses faces obscures.
20:31Les descendants d'esclaves sont aujourd'hui des citoyens américains, comme les autres.
20:38Noirs et blancs partagent désormais le fardeau de ce passé à deux visages.
20:46Les tracteurs ont remplacé les esclaves.
20:49Les grandes familles ont déserté les domaines.
20:52Seule, la canne à sucre se rélève tous les 14 mois pour être récoltée.
21:03Il nous aura fallu moins de 50 ans pour passer de la coupe à la main aux machines.
21:11Aujourd'hui, la canne à sucre est exploitée à l'échelle industrielle.
21:21Finis les décors hollywoodiens.
21:24Disparus les silhouettes façon Scarlett.
21:27La canne à sucre fait encore malgré tout vivre de nombreuses familles du sud de la Louisiane.
21:32Un or brun extrait chaque jour dans l'usine de Thibodeau.
21:36Greg Nolan veille à la pureté du grain, du cristal sucré.
21:41Les vieilles plantations sont pratiquement toutes éteintes.
21:45Il est de plus en plus difficile d'en vivre aujourd'hui, car le prix du sucre n'a pas
21:50bougé depuis 35 ans.
21:54Mais la plupart des terrains privés dans le sud de la Louisiane appartiennent toujours aux familles qui récoltent la canne
22:01à sucre.
22:05Certains ne baissent pourtant pas les bras.
22:08Venue de France il y a 20 ans, Christine ne s'est jamais résignée à laisser végéter ces vieilles plantations
22:14à l'état de ruines ou de musées.
22:17Gérante de la Madewood Plantation, elle a transformé la demeure en gîte de luxe, histoire de revivre de l'intérieur
22:24ce vieux sud.
22:25Il y avait quelques plantations qui n'avaient pas été détruites entièrement après la guerre et qui sont restées en
22:34tant que ruines pendant plusieurs années et qui ont été détruites.
22:39Après, à la place d'être restaurées, ont été complètement détruites.
22:41Je vais vous montrer votre maison.
22:43Cette maison a donc été sauvée, restaurée et maintenant peut être utilisée pour que tout le monde qui vient du
22:48monde entier apprécie le patrimoine de la Louisiane.
23:06J'ai rejoint la ville de Lafayette qui se trouve à environ 200 km de la Nouvelle-Orléans.
23:11Alors là, je suis au cœur du pays cajun, ou cadien, on peut dire les deux.
23:15Je crois que c'est le moment ou jamais de parler français et j'ai vraiment trouvé une très belle
23:19occasion car aujourd'hui c'est le festival acadien.
23:49Pour vous c'est important de parler français dans ce petit territoire au milieu des Etats-Unis.
23:54Oui, c'est ça, mais pas seulement dans la salle de classe, dans les rues, dans les festivals, en public,
23:59dans les grosseries.
24:00Pourquoi est-ce que c'est important ? Très simple, parce que...
24:02Voilà, c'est tout simplement parce que...
24:04Parce que ça nous représente. On ne serait pas nous-mêmes si cette partie-là disparaissait.
24:09Est-ce qu'en deux mots, vous pourriez m'expliquer ce que ça veut dire aujourd'hui être cajun ?
24:14Aujourd'hui, être cajun c'est survivre.
24:17Nous avons l'atout ici en Louisiane d'avoir à faire avec des gens qui sont têtus, et je veux
24:23dire ça de la meilleure façon.
24:25Il y a encore un coin du monde à l'intérieur des Etats-Unis où on n'a pas vidé
24:30le vin français dans les rues.
24:32Après la guerre d'Iraq.
24:38Bonjour, un gâteau en stick, de l'alligator.
24:50Il faut bien que j'en mange quand même.
24:51Je ne sais pas si c'est très bon.
24:55Il y a une super ambiance là ici, hein, Christine ?
25:01Oui, c'est bien le festival ici, oui.
25:03Ça fait combien de temps que toi, que tu as appris cette musique-là ?
25:06Mon père et mes oncles jouaient la musique cajun.
25:09C'était pas juste la musique cajun, mais c'était la manière de vivre, de préserver et aussi faire vivre
25:17la culture.
25:19On a eu beaucoup de tracas, les cajuns, une vie très dure.
25:23La musique était la manière de le lâcher.
25:26Le lâcher-prise un peu.
25:27Tiens, pardon, je te coupe.
25:29J'ai entendu une expression qui est « lâcher la patate », c'est ça ?
25:33Lâche pas la patate.
25:34Lâche pas la patate.
25:35Don't give up.
25:36Et donc du coup, c'est un peu ça votre état d'esprit, votre philosophie.
25:38C'est gardons le moral.
25:40Il faut avancer, il faut continuer.
25:41Oui, bien sûr.
25:42Bien sûr.
25:54Allez, continuons à nous intéresser, à nos cousins d'Amérique.
25:57Les cajuns sont en effet presque tous descendants de familles françaises.
26:01Et ils sont très attachés à leurs racines.
26:04Galeries de portraits de certains membres de cette communauté francophone installée au cœur des États-Unis.
26:09Merci beaucoup, à tout à l'heure.
26:19J'espère à ce moment-là qu'il y a un gros bateau qui va passer.
26:23Tu vas donner des becs doux au capitaine, je pense.
26:26C'est sûr, sûr.
26:30Mais Mordred, qu'est-ce qui est arrivé à ton char ?
26:34Il y avait un monsieur, je crois pas, il était trop bien.
26:36Il y avait quelque chose qui manquait dans sa calbasse en l'air, là.
26:39Et j'ai attendu, il a connu mon char.
26:41Pauvre bête.
26:43Quoi ? Quoi ?
26:45Revenez !
26:46Audrey et Maudrey font partie des 400 000 Louisianais à s'envoyer des becs doux et à rouler en char.
26:53Jumelle, elle représentait deux visages de ceux que l'on surnomme les Kajins, à la fois américains et francophones.
27:01Pour être Kajin, il faut que ton ancêtre ait quitté la France, comme le nôtre, 1660, passé par le Canada.
27:13Mais au Canada, on ne les appelle pas des Kajins, c'est en Louisiane.
27:16C'est parce que ça dit que les Indiens n'ont pas pu dire acadien, ça met un nom, mais
27:21Kajin est le nom aristèque.
27:24Audrey et Maudrey dirigent un réseau de gîtes francophones.
27:28Un moyen de s'affirmer pour des descendants du peuple acadien,
27:31ces Français du Canada qui trouvèrent refuge en Louisiane il y a plus de deux siècles.
27:36Les plus jeunes ils sont, moins ils le parlent.
27:39Nous sommes des quatorzièmes générations des babineaux qui ont quitté la France en 1660.
27:46Mais c'est arrivé ici, c'était quand dans 1650 ?
27:501750.
27:51C'est ça exactement, ils ont quitté le Canada parce que les Anglais nous ont chassés.
27:56On ne voulait pas parler en Anglais, c'est ça ?
27:58Et en 1750 et 1760, les babineaux ont quitté, comme 75 autres familles.
28:06On appelle ça le grand dérangement.
28:09Le grand dérangement, une déportation massive opérée par les Anglais.
28:14C'est dans ces marais que l'on appelle ici des Bayous que les Acadiens ont débarqué à la fin
28:18du 18e siècle.
28:19Un milieu hostile qu'ils ont su apprivoiser.
28:23Aujourd'hui, Rongidri en fait même un parcours d'excursion.
28:30C'est beau, hein ?
28:33Là c'est mon ami, là, Mama Berg.
28:35Good show, Mama Berg, good show !
28:38J'aime les animaux, beaucoup.
28:40Après ça, j'ai des croix sur l'eau, j'ai crié après.
28:45Mama Berg !
28:47Comme ça, là, il connaît ma voiture, il va voir.
28:51Là, ils sont venus pour la manger, comme ça, tu vois.
28:54Ah, Nicole !
28:56Nicole vient.
28:58C'est un alligator français, son nom c'est Nicole.
29:04Ah !
29:12J'ai un autre, le nom c'est Maudiot, et Alphonse, et Gustave.
29:18C'est tous les noms des Acadiens.
29:20C'est tous les Français des Acadiens.
29:22Ah, oui, ah, ah, hurry !
29:23Ron est un enfant des Bayou.
29:25Il y a grandi, et il en vit.
29:28Ma famille, c'était bien pauvre, pas beaucoup d'argent.
29:32Là, ils pourront attraper quoi manger dans le marécage,
29:35dans les swamps, dans le marécage.
29:36Ils pourront attraper quoi, les écrivices, les écouleurs.
29:39Mais c'était bien, c'était pauvre.
29:41Tous les Acadiens, c'était bien pauvre.
30:08Quand les Cajins sont arrivés dans les Bayou,
30:09ils ont appris à cohabiter avec les Indiens Oumas,
30:12les premiers autochtones sur ce territoire.
30:14Bébert est l'un des leurs,
30:16il vit de la pêche aux crabes et de l'écrevisse.
30:18Face à l'intolérance,
30:19les Oumas sont toujours restés des pacifistes.
30:23Si c'est un paradis,
30:25le paradis c'est une bonne place.
30:26L'Orient, c'est une bonne place.
30:33Le monde accepte tout,
30:35ça accepte tout le monde ici.
30:45Les Cajins, les Oumas, les Crioles, tout ça.
30:49Exclus par les Anglo-Saxons,
30:51les Indiens Oumas se sont retrouvés
30:53dans un même combat avec les Cajins,
30:55celui de la reconnaissance.
30:57Bébert, comme de nombreux Oumas,
30:59est un Cajin d'adoption.
31:22La punition,
31:23c'est ce qui attendait
31:24tous ceux qui parlaient français.
31:26Carole Aucoin fait partie
31:27de cette génération de Cajins
31:29rentrées en résistance
31:30contre une loi des années 60
31:31interdisant l'usage du français.
31:34Carole est à l'origine
31:35d'un programme de réapprentissage
31:37de la langue à l'école.
31:41Avec la tête dure,
31:42comme on est,
31:43ces petites communautés
31:44comme Oumas
31:45et les prairies de Lafayette,
31:48on a tous restés ensemble
31:50et on s'est tout dit
31:52qu'on allait garder la langue,
31:53sauver la langue.
31:58Et on ne va pas lâcher la patate.
32:05Chaque samedi soir,
32:07les Cajins se retrouvent autour
32:08d'un fait dodo,
32:09mélange de country
32:10et de paroles en français.
32:12Audrey, Ron, Carole,
32:14les descendants des Acadiens
32:16ont toujours lutté
32:17le sourire aux lèvres.
32:18Un pied en Amérique
32:19et la langue bien pendue
32:21en France.
32:29Nous sommes toujours en Louisiane
32:30après cette petite escapade
32:31en pays Cajins,
32:32retour à la Nouvelle-Orléans.
32:34Alors, pour être tout à fait
32:35franche avec vous,
32:36je suis un peu inquiète
32:36parce que j'ai décidé
32:37de m'intéresser au culte vaudou
32:39et tout à fait honnêtement,
32:41j'ai quelques a priori
32:42sur le sujet.
32:43Alors, pour balayer tout ça,
32:44j'ai rendez-vous
32:45avec une grande prêtresse,
32:46elle s'appelle Myriam.
33:00Quelles sont les origines
33:01du culte vaudou en Louisiane ?
33:05A l'origine,
33:07le vaudou apaisait
33:08les crises de l'âme,
33:12les frustrations.
33:14Aujourd'hui,
33:15c'est devenu un moyen
33:16de rencontrer Dieu.
33:21Est-ce que vous pourriez
33:22m'expliquer
33:22les principaux rituels
33:24du culte vaudou ?
33:25Je fais des consultations
33:27ici, dans ce temple.
33:30Les gens m'appellent
33:31depuis l'Europe,
33:32d'un peu partout
33:33pour une voyance.
33:34Ils veulent savoir
33:35comment se sortir
33:37d'une situation relationnelle
33:38difficile,
33:39d'une situation financière
33:41préoccupante.
33:54Vous pouvez m'expliquer
33:55quels sont les différents
33:56objets qui sont autour de nous ?
33:57Pour moi,
33:59cet endroit est un sanctuaire.
34:01Ici,
34:02il est possible
34:03de se connecter
34:04avec des esprits
34:05et beaucoup de symboles
34:07présents ici
34:08vous permettent
34:09de contacter
34:10les esprits.
34:16C'est mon turban.
34:23Pourquoi vous avez
34:24choisi le vaudou ?
34:25Ce sont les esprits
34:26qui m'ont appelée.
34:27On ne choisit pas
34:28le vaudou.
34:28C'est mon ami maintenant.
34:31Vous recevez des gens
34:32pour quel type
34:33de problèmes ?
34:34Des problèmes de cœur.
34:36Mais aujourd'hui,
34:37tu sais,
34:37les gens ont des problèmes
34:39avec à peu près tout.
34:41s'ils ne peuvent pas
34:42payer leur loyer
34:44ou s'ils sont sur le point
34:45d'être expulsés,
34:47ils me consultent
34:47pour attirer sur eux
34:48les bonnes grâces
34:49de la compagnie immobilière.
34:52Nous allons peut-être
34:53prendre une petite bouffée
34:54d'air frais dans le Tyrol.
34:56Ça vous dit,
34:56c'est en effet
34:57notre idée de destination
34:58pour un prochain week-end.
35:00Direction l'Autriche
35:01pour des vacances
35:02en plein air.
35:03C'est l'idéal.
35:04Je vous dis à tout à l'heure.
35:13C'est l'autre visage
35:15des Alpes.
35:16Loin des murailles
35:17hostiles et infranchissables.
35:19Comme si l'homme
35:20avait réussi
35:20à apprivoiser la montagne.
35:23Au cœur
35:24des coutumes paysannes,
35:25la Brune.
35:26Une fois par an,
35:27cette vache laitière
35:28est la reine des Alpages.
35:36La transhumance,
35:37c'est une tradition
35:38très ancienne
35:39et familiale au Tyrol.
35:41C'est aussi
35:41une véritable fête
35:43pour nous.
35:44Surtout quand il n'y a pas
35:45eu d'accident
35:45ou de perte
35:46pendant l'année.
35:48Là, c'est exceptionnel.
35:50On a eu cinq veaux.
35:51Alors,
35:52on décore les vaches
35:53pour célébrer ça.
35:56Le troupeau ainsi paré
35:57traverse la montagne
35:59pour regagner
35:59ses quartiers d'hiver.
36:00Une procession haute
36:02en couleur
36:02pour éloigner
36:04les mauvais esprits.
36:06Pas besoin pourtant
36:07d'avoir le pied sûr
36:08pour parcourir le Tyrol.
36:10126 étapes balisées
36:11où le randonneur
36:12peut choisir
36:13entre haute montagne
36:14et balade dans la vallée.
36:19On trouve des chemins
36:20de randonnée partout ici.
36:21Celui-ci est plutôt classique.
36:24On vient chaque année
36:24marcher dans le massif
36:25de l'empereur sauvage.
36:27Les couleurs sont exceptionnelles.
36:29Et puis,
36:30il y a de la neige là-haut,
36:30donc on doit rester en bas.
36:33Maintenant,
36:34on va vers Sanctioan.
36:35Et en route,
36:36on s'arrêtera
36:37à l'auberge de Promelrof
36:38pour boire une bière.
36:39et on va faire un dénivelé.
36:43On va faire un dénivelé.
37:03qui appartient au réseau
37:04vacances à la ferme.
37:06Elle accueille les touristes
37:07en immersion complète.
37:12La ferme Lampelrof
37:13La ferme Lampelrof
37:16reçoit des hôtes
37:17depuis les années 30.
37:19La ferme a plus de 500 ans.
37:24Jusqu'en 1910,
37:26c'était l'auberge du village
37:27où les gens venaient jouer
37:29aux cartes
37:29et boire du schnapps.
37:34Andrea a misé sur la qualité.
37:36Il y a 6 ans,
37:37elle a institué
37:38les petits-déjeuners bio.
37:45C'est familial.
37:48Ce n'est pas comme à l'hôtel.
37:50Ici, c'est plus convivial.
37:52On est en contact direct
37:53avec les animaux.
37:55C'est bien quand on a des enfants.
38:03Pour séduire les vacanciers,
38:05les tyroliens foisonnent
38:06d'idées farfelues.
38:07Avec en tête de liste
38:09la randonnée sans chaussures.
38:15Il faut que vous marchiez
38:16sur les brindilles,
38:18puis sur la mousse.
38:23La particularité
38:24de la randonnée pieds nus,
38:26c'est qu'on est directement
38:27en contact avec la nature.
38:29On a plus une sensation
38:30du relief.
38:32Cela oblige à aller lentement
38:33et à profiter pleinement
38:34de son environnement.
38:39Quand j'étais petite,
38:40je marchais souvent pieds nus.
38:42Je m'en souviens très bien.
38:43J'ai fait beaucoup de randonnées
38:44dans les bois
38:45et dans les prairies.
38:47C'était presque normal.
38:52Attention, l'eau est très froide.
38:53C'est de l'eau de source.
38:55C'est comme si vous faisiez
38:56de l'hydrothérapie.
39:02Dans la grange des traîneurs
39:04se cache un trésor particulier.
39:06Du foin riche en huiles essentielles.
39:15Dans sa ferme,
39:17Margit propose un bain insolite
39:19aux vertus curatives.
39:22C'est très agréable.
39:24Ça sent bon
39:24et on peut vraiment
39:26se sentir bien
39:28et ça donne envie de dormir.
39:32Et tandis que certains profitent,
39:34d'autres achèvent leur périple.
39:36Un art de vivre
39:37qui ne laisse pas
39:38les visiteurs en reste.
39:39Ravi de goûter
39:40aux spécialités locales.
39:47À partir de demain,
39:49les vaches vont rester
39:50un mois
39:51à brouter dans la vallée
39:52jusqu'à ce que la neige arrive.
39:55Ensuite,
39:55on les rentrera à l'étable
39:57et pour qu'elles continuent
39:58à faire un peu d'exercice,
40:00on les sortira
40:00tous les deux jours.
40:02La marche dans la neige,
40:03c'est un super entraînement
40:05et puis elles adorent ça.
40:09Un écotourisme
40:10savamment orchestré
40:11par les Tyroliens.
40:13Une manière
40:13d'offrir aux visiteurs
40:15un véritable terrain
40:16de jeu naturel.
40:26Je vous retrouve
40:26à la Nouvelle-Orléans,
40:27en Louisiane,
40:28après cette petite escapade
40:29dans le Tyrol
40:30et là,
40:30je vais rejoindre Patrick.
40:32Tous les amoureux
40:33de carnaval
40:33vont être comblés,
40:34je ne vous en dis pas plus.
40:44C'est vraiment
40:45un endroit incroyable ici.
40:47Il y a des centaines
40:47et des centaines
40:48de personnages.
40:49Oui, c'est vrai.
40:50Carnaval et Mardi Gras,
40:51c'est vraiment une fête
40:52très importante pour vous.
40:54Oui,
40:54c'est notre héritage français
40:57et on est très fiers
40:59de notre héritage français
41:01en Louisiane.
41:12C'est une famille
41:13qui a créé
41:15tous ces personnages.
41:16La famille Kerr.
41:16Oui,
41:17M. Kern
41:18est la première compagnie
41:20pour faire les chars
41:21pour le Mardi Gras.
41:24Il est impressionnant,
41:25ce King Kong.
41:26Combien de temps
41:27faut-il pour réaliser
41:28un personnage comme celui-là?
41:29Une mois.
41:30Un mois?
41:30Un mois.
41:31Pour réaliser un King Kong?
41:32Oui.
41:33Eh bien, dis donc,
41:34on en faut du temps.
41:36M. Kern,
41:37je suis vraiment contente
41:38de vous croiser.
41:38Vous êtes un peu
41:39M. Mardi Gras.
41:40Exact.
41:41En fait,
41:41si vous écrivez simplement
41:42M. Mardi Gras,
41:44Nouvelle Orléans
41:44sur une lettre,
41:45je la recevrai sans problème.
41:46J'ai l'impression
41:47que vous avez toujours
41:48des yeux d'enfant.
41:50On m'appelle Peter Pan
41:51parce que je n'ai jamais grandi.
41:53Qui dirait que j'ai 80 ans?
41:57Mais si tous les jours,
41:58vous faites quelque chose
41:59que vous aimez vraiment,
42:00vous ne vieillissez pas.
42:02Au début,
42:02je pensais que je gâchais
42:03mon talent de sculpteur
42:05en fabriquant
42:06ces créatures ridicules.
42:08Et puis plus tard,
42:09pendant les parades,
42:09j'entendais les gens dire
42:11« Eh, M. Mardi Gras,
42:12on t'aime.
42:13Merci, Blame.
42:14On t'aime, Blame. »
42:17Et tout le monde
42:18faisait comme ça.
42:19Et personne ne faisait comme ça.
42:21J'essaie d'apporter du bonheur
42:23à des millions de gens.
42:24Et en vieillissant,
42:25je me rends compte
42:26que c'est très important
42:27dans ce monde.
42:28Et Dieu a eu la bonté
42:29de me permettre de faire ça.
42:30Vous préférez une carnaval.
42:31Qu'est-ce que vous préférez,
42:32vous, dans le carnaval?
42:34Oh, un jour,
42:35j'ai fait un King Kong.
42:36J'étais très, très jeune.
42:38C'était un gorille
42:39qui marchait.
42:40Il regardait sur les côtés,
42:42il ouvrait la bouche
42:43et tenait une petite fille
42:44dans sa main.
42:45À l'époque,
42:46je faisais des personnages
42:47un peu dingues.
42:50Et maintenant,
42:51vous travaillez avec
42:52votre famille
42:52et votre chien.
42:53Maintenant,
42:54vous travaillez avec vos enfants.
42:55Oh oui,
42:56tous mes enfants
42:56travaillent avec moi.
42:57Barry, mon aîné,
42:58est devenu le patron.
43:00Du coup,
43:00je me permets
43:01d'arriver en retard
43:02au travail.
43:03Je commence vers 11h.
43:04Merci beaucoup,
43:05Mr. Mardi Gras.
43:06Merci beaucoup.
43:09Il fait peur, lui.
43:11Je vous conseille
43:11de revenir en février-mars
43:13pour pouvoir assister
43:14au carnaval
43:14et aux grandes fêtes
43:15de Mardi Gras.
43:17En ce qui nous concerne,
43:17c'est le moment
43:18de retrouver
43:18le premier volet
43:19du passionnant voyage
43:20proposé par le réalisateur
43:22Éric Sarner.
43:23Il nous entraîne
43:24sur une route symbolique
43:25à travers l'Afrique du Sud,
43:27point de départ,
43:28Cape Town.
43:54Voilà un pays
43:55qui porte le nom
43:56de sa situation géographique.
43:58Tout au-dessous,
44:00les mers furieuses.
44:01Tout au-dessus,
44:02un gigantesque continent.
44:04Bienvenue à Cape Town.
44:06Bienvenue à la Sud-Afrique.
44:08Sud-Afrique.
44:10Afrique du Sud.
44:13Vous êtes d'où ?
44:14On m'appelle Grégoire Da Silva.
44:17Je suis artiste comédien
44:18et je viens du Bénin.
44:20Alors, je me suis dit
44:22comment rassembler ensemble,
44:24même toute l'Afrique entière,
44:26sur mon chapeau,
44:27sur mes accoutrements,
44:28le patrimoine culturel africain,
44:30qu'il faut sauvegarder,
44:32surtout l'héritage africain.
44:33Voilà.
44:34Mon rêve,
44:35c'est d'avoir
44:35le plus grand chapeau
44:36dans le monde.
44:37Au Bénin,
44:37dans le couvent vodou,
44:38les yeux représentent
44:39la délivrance.
44:40C'est aussi signe de vitalité.
44:42Alors, je vous souhaite
44:43plein de vitalité
44:44et bon sur serre.
44:54C'est au Cap que je commence mon voyage, avant de suivre la côte sud.
45:01Curieusement, la ville m'apparaît rarement africaine, tantôt méditerranéenne, tantôt anglo-saxonne, tantôt gratte-ciel, tantôt hollandaise.
45:103 millions d'habitants dans un pays qui en compte 46 millions.
45:15Les Noirs représentent presque 80% de la population, les Blancs moins de 10%, les Métis un peu moins et
45:22les Asiatiques 2,5%.
45:25Marout va recouper l'histoire du Grand Trek.
45:28Au milieu du 19e siècle, les Bourges, descendant des premiers colons hollandais, laissèrent la côte aux Anglais et, dans une
45:35épique fuite en avant, partirent conquérir les territoires du Nord-Est.
45:39L'Afrique du Sud serait à eux.
45:44En 2007, le pays est noir, brun et blanc. Officiellement. Car construire une nation arc-en-ciel est une route
45:52en soi.
45:58Entre la montagne de la table et l'océan se dresse la statue de Bartholomé-Utias.
46:04En 1488, cherchant une voie maritime vers les Indes, il est pris dans la tourmente et nomme cette pointe de
46:10terre le Cap des Tempêtes.
46:12Jean II, roi du Portugal, préfère un nom plus optimiste et plus marchand.
46:19C'est ainsi qu'un jour, le soleil à peine levé, je suis au Cap de Bonne-Espérance.
46:26Je veux venir,-je suis au Cap de Bonne-Espérance.ν
46:30et puis à longesaptes.
47:10Retour à Ketan.
47:12Je veux rencontrer un spécialiste du Grand Trek,
47:14l'épopée fondatrice des Blancs d'Afrique du Sud.
47:19Chris Fenter, historien à l'université de Stellenbosch,
47:22évoque ses pionniers partis dans les années 1830
47:26vers des territoires inconnus de tous.
47:29Ils se sont organisés.
47:36Ils ont vendu leurs terres
47:38et tout simplement, ils sont partis.
47:43Ils voulaient s'installer loin de la colonie anglaise,
47:46sur un territoire extérieur au régime britannique,
47:48pour pouvoir se gouverner eux-mêmes de manière autonome.
47:53sous un régime républicain,
47:55sans rapport avec les Anglais.
48:00Chris Fenter s'exprime en Afrikaans,
48:03un créole néerlandais que parlaient les colons.
48:06La foi calviniste les liait entre eux.
48:08Dieu avait créé une race d'élus pour diriger le monde
48:11et des non-élus pour subir la loi des premiers.
48:17L'avancée des pionniers africaners
48:19fut violente aussi bien pour les populations
48:21qu'ils rencontrèrent que pour eux-mêmes.
48:29Au bout du compte,
48:30les communautés noires perdirent leur indépendance
48:33et tombèrent sous l'autorité des Blancs.
48:39Un siècle plus tard,
48:41c'était l'apartheid.
48:51Je vous dirais qu'aujourd'hui encore,
48:54on peut rencontrer des africaneurs
48:56qui aimeraient vivre en Afrique du Sud
48:58de façon séparée.
49:05Ils considèrent les pionniers du Grand Trek
49:07comme des héros de leur histoire
49:10qui ont fait de l'Afrique du Sud
49:12un pays civilisé, si je puis dire.
49:15Et ils se voient comme des descendants
49:18de ces gens-là.
49:20C'est vrai, il faut bien l'avouer,
49:23il existe des Blancs
49:25qui continuent à revendiquer
49:26une Afrique du Sud à eux.
49:28Oui, c'est exact.
49:35Mais je pense qu'il y a
49:37une grande majorité de personnes
49:39parmi les africaneurs
49:41qui sont prêtes à vivre
49:43et à travailler
49:44dans une société multiculturelle,
49:47dans le cadre d'une nation arc-en-ciel.
49:59Franschouk, à 60 kilomètres au nord du Cap.
50:02Au XVIIe siècle,
50:04200 protestants français
50:05se sont arrêtés dans cette vallée heureuse.
50:07Ils étaient artisans, commerçants
50:09ou vignerons
50:09qui s'assimilèrent très vite
50:11aux Hollandais.
50:13Le premier propriétaire
50:14de Haute-Cabrière
50:15s'appelait Pierre Jourdan,
50:16un Huguenot
50:17qui avait repris le nom de son village
50:19près d'Avignon.
50:20Aujourd'hui, le domaine appartient
50:21à une famille d'origine allemande
50:23pas peu fière,
50:24les Fonarnines.
50:33Nous avons investi beaucoup d'argent
50:35dans cette belle vallée.
50:36Nous considérons que le vin
50:37est une culture
50:38et pas un culte.
50:40Parce que la magie de partager
50:41un bon vin
50:42va durer bien plus longtemps
50:43que son appellation
50:44ou sa qualité
50:45qui aura des hauts et des bas.
50:47Cela demande énormément de temps
50:49et nous avons choisi
50:50de produire dans cette vallée
50:51à cause de son histoire culturelle.
50:53Nous avons décidé
50:55d'utiliser seulement
50:56deux cépages de Champagne.
50:58L'un est le Chardonnay,
51:00l'autre est le Pino Noir.
51:02Ce sont les deux principaux.
51:04Car le Chardonnay apporte
51:05l'élégance
51:06et le Pino,
51:07le corps et les arômes.
51:09Et ces deux cépages
51:10se sont vraiment bien adaptés
51:11au climat sud-africain.
51:15Nous ne copions pas les Français
51:16mais parce que nous aimons
51:18et respectons la culture
51:19et apprécions la vie
51:20comme les Français,
51:21nous mettons tout notre cœur
51:22dans ce travail
51:23et tout cela nous donne
51:24beaucoup de joie.
51:40Au pied des monts Utenika
51:41et Tsitsikama,
51:43je longe l'océan Indien.
51:47Dans un village
51:47au nom improbable,
51:49Kwanongkaba,
51:50Mamarita me montre
51:51avec fierté
51:52le nouvel espace
51:52qu'elle vient d'ouvrir
51:53dans son café.
52:05Un seul blanc à l'horizon.
52:07Il s'appelle Chris Boykus.
52:12Ici, des gens tentent
52:14d'inventer une nouvelle Afrique
52:15du Sud
52:15en tordant le cou
52:16ou à ses démons.
52:24Ça raconte une histoire
52:25où les gens vont se mettre ensemble.
52:41Je pense que c'est l'un des meilleurs endroits
52:44où prendre son pied
52:45et où boire un coup.
52:49En 15 ans,
52:52les choses ont réellement changé
52:55parce qu'à cette époque-là,
52:56vous n'auriez jamais pu venir
52:57vous asseoir ici,
52:58chez nous.
53:00Vous n'aviez pas à être là.
53:02Vous deviez être de l'autre côté,
53:03dans la section des Blancs
53:04et pas chez les Noirs.
53:09Mais depuis 1994,
53:11tout le monde est accepté
53:12et bienvenu partout.
53:15Avant 1994,
53:17nous n'avions qu'une seule école
53:18dans le voisinage.
53:21Aujourd'hui,
53:22nous avons un lycée
53:22et uniquement dans la partie noire,
53:24nous avons trois écoles primaires
53:25et puis il y a les zones métisses
53:27et les quartiers blancs.
53:31Donc, tout est mélangé maintenant.
53:35Il faut travailler.
53:36Il faut que chacun travaille
53:37et mette toutes ses forces
53:38pour réussir.
53:40Tout le monde a cru au miracle,
53:41mais il n'y a pas de miracle.
53:43Il faut que chacun s'y mette.
53:46Si vous voulez des miracles,
53:48vous ne pouvez pas les attendre.
53:49C'est vous qui devez les faire arriver.
53:54Tout le monde espérait
53:56des choses formidables,
53:57mais ce n'est pas ce qui s'est passé.
54:05Prudente, Mamarita.
54:08Non, l'Afrique du Sud
54:10n'est pas au bout de ses peines.
54:12Il y a même de l'inquiétude,
54:14particulièrement chez les anciens.
54:19Ce n'est pas aussi facile
54:21que ces dernières années.
54:23Les choses sont devenues
54:25tellement plus dures.
54:26Je ne sais pas ce qui se passe.
54:28Des gens sont tués,
54:29sans motif,
54:31il y a des vols,
54:32des agressions.
54:33J'ignore dans quel but.
54:35En ce moment, vous voulez dire ?
54:37Oui, en ce moment,
54:38avec ce nouveau gouvernement.
54:45Si le gouvernement se contente
54:48de regarder la situation
54:49et ne fait rien,
54:52alors ça va être terrible.
54:53C'est terrible.
54:58Muscle Bay.
54:59La baie des moules.
55:01À cause des quantités
55:02de coquilles vides
55:03empilées là depuis des millénaires
55:04et que les Européens découvrirent
55:06dans des grottes
55:07le long de la côte.
55:11C'est dimanche à Muscle Bay.
55:13Des régates se préparent.
55:15Je retrouve Chris Boykus
55:16sur le port.
55:17Il tient une petite entreprise
55:19de sport nautique.
55:20La Sud-Afrique
55:21ne doit seulement une chose.
55:24L'Afrique du Sud
55:24a seulement besoin
55:25d'une chose,
55:26d'une seule chose,
55:28et c'est l'éducation.
55:31Éducation tous azimuts.
55:33Des riches blancs
55:34aux plus pauvres des noirs.
55:36L'éducation dans tous les domaines.
55:38Ce sera une longue route
55:39avant la vraie démocratie, non ?
55:42Oui, ce sera une longue route.
55:44Mais nous y arriverons.
55:45Il a bien fallu
55:46que nous nous accrochions
55:47à quelque chose
55:48et Mandela nous a montré
55:49la voie du pardon.
55:52Il y a aussi l'idée
55:53de la nation arc-en-ciel
55:54qui devrait nous fédérer,
55:55nous réunir.
55:56Oui, une nation arc-en-ciel.
55:59L'arc-en-ciel,
56:00c'est en fait
56:00tout un tas de couleurs
56:01et c'est de cela
56:02dont nous avons besoin.
56:04Il ne faut surtout pas
56:05que les couleurs partent
56:06dans des directions différentes.
56:09C'est ce que nous espérons,
56:10que les gens restent ensemble.
56:13Nous sommes tous ici
56:14en Afrique du Sud
56:15forcés de vivre ensemble.
56:17Il faut essayer de faire
56:18qu'à la fin,
56:19on puisse tirer
56:20le meilleur parti
56:20de ce beau pays.
56:25C'est sur cet espoir
56:26que je quitte Chris Boykus.
56:29Je grimpe dans la voiture,
56:31ouvre la radio
56:32et file.
56:35La première partie
56:36de mon voyage
56:37s'achèvera
56:37à Porte-Élisabeth.
56:40Je note,
56:41pour l'instant,
56:43aucun vrai dépaysement
56:44dans le décor.
56:45Mais quelle histoire
56:46dans la tête des gens.
56:47Quelle histoire.
56:48c'est pourquoi.
57:17de nos échappées belles, la semaine prochaine
57:19nous retrouvons un nouvel épisode du voyage
57:21d'Eric Sarner. En ce qui me concerne,
57:23je suis toujours en Louisiane, à la Nouvelle-Orléans.
57:25C'est ici que l'histoire
57:27de la ville a commencé, dans le
57:29French Carter, où je me trouve, on l'appelle aussi
57:31le Vieux Carré, et je me disais
57:33qu'il fallait qu'on se quitte dans une ambiance jazzy
57:35et j'ai trouvé un endroit pour écouter
57:37du bon jazz, ça s'appelle le Snug Harbor.
57:50Pourquoi vous avez choisi le jazz en particulier ?
57:54Il m'a choisi.
57:55J'ai écouté et j'ai apprécié
57:57cette musique.
57:59Je me suis installé ici et j'ai rencontré
58:01Harold Baptiste,
58:03Élise Marsalis.
58:04Ils m'ont ouvert l'esprit.
58:08Qui sont vos maîtres
58:09dans le jazz aujourd'hui ?
58:11Surtout les vieux jazzmen,
58:12parce qu'ils ont de l'expérience, de la sagesse
58:15et de la culture.
58:16Vous vivez où ?
58:18Je vais emménager dans le 9e arrondissement.
58:22Ce quartier a été complètement ravagé
58:24par Katrina.
58:29Harry Connick Junior
58:30et Brunford Marsalis sont à l'origine
58:32d'un projet pour sa reconstruction.
58:34C'est vraiment important pour vous
58:36de jouer dans les clubs de jazz
58:38de la Nouvelle Orléans ?
58:40C'est très important pour moi.
58:42Le Snug Harbor est certainement le club
58:44le plus connu de la ville.
58:49C'est très clairement mon préféré.
58:51Il me donne l'opportunité
58:52de travailler avec mon groupe
58:54et aussi de développer
58:55notre propre sonorité.
59:01Nous allons nous quitter
59:02avec la nouvelle génération du jazz
59:04ici à la Nouvelle Orléans.
59:06En tout cas, pour moi,
59:07ce fut un très, très beau voyage.
59:08J'espère que vous l'avez apprécié.
59:10Je tenais à vous dire
59:10que la Nouvelle Orléans
59:11est en train de se reconstruire
59:13même deux ans après Katrina.
59:15Mais les Louisianais ont besoin du tourisme.
59:17Alors n'hésitez pas à venir ici.
59:19Et croyez-moi,
59:20les Français sont toujours les bienvenus.
59:22À très bientôt.
59:23Faites de beaux voyages.
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