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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Istanbul Stéphane nous accueille en Turquie, plus précisément à Istanbul. Nous nous immergerons dans l'ambiance frénétique du plus ...

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00:03Musique
00:19Nous voilà partis ensemble une nouvelle fois pour une échappée belle consacrée aujourd'hui en grande partie à Istanbul.
00:30Musique
00:31Même si la ville a perdu son statut de capitale de la Turquie dans les années 20, au profit de
00:35Ankara, elle ne reste pas moins la plus grande ville du pays, 11 millions d'habitants, une activité économique très
00:39forte et une richesse culturelle exceptionnelle.
00:42J'ai choisi de vous accueillir au pied de la mosquée bleue, c'est l'un des grands monuments de
00:46la ville, acheveur 1616 et qui est toujours aussi impressionnant.
00:49Musique
00:5021 000 carreaux de faïence Disney que décorent les murs, 260 fenêtres éclairent l'intérieur de la mosquée où une
00:56énorme coupole centrale repose sur 4 piliers, les fameuses pattes d'éléphant à 43 mètres du sol.
01:02Musique
01:03Le sommaire du magazine est composé comme toujours de 5 reportages dont 2 sur Istanbul.
01:08Le premier abordera la modernité de la ville à travers le portrait d'une journaliste et d'un avocat.
01:12Le second nous invitera à découvrir les coulisses du Grand Bazar, l'un des plus grands marchés couverts du monde,
01:17où d'ailleurs je serai dans quelques minutes.
01:19Nous irons ensuite nous frotter au caïman du Marais de Caux en Guyane. Certains aiment les capturer à la main,
01:24pourquoi pas.
01:25C'est en France que nous poursuivrons nos échappées belles et très exactement un moulin dans l'Allier où le
01:30centre national du costume de scène a ouvert ses portes.
01:32Nous terminerons le magazine avec le quatrième et dernier épisode de l'aventure vécue par Charles-Antoine de Rouvre qui
01:38rejoint Dakar après 3 semaines de route
01:39au cours desquelles il a rencontré de sympathiques personnages.
01:43Pour moi aussi, le plus beau des voyages est celui qui fait naître des moments à partager avec les habitants
01:47du pays dans lequel je me trouve.
01:48Je suis donc ravi d'aller faire connaissance des Stambouliottes, les habitants d'Istanbul.
01:52Je vous souhaite donc la bienvenue ici en Turc Sadone.
01:55Istamboula, Hoche, Galdiniz.
02:09On aime à l'appeler la ville des villes.
02:12Il faut dire qu'à Istanbul, à chaque détour de rue, c'est une page d'histoire qui se tourne.
02:17Byzance, puis Constantinople.
02:19Istanbul a changé trois fois de nom au cours de son histoire.
02:23Trois fois de nom au gré des invasions grecques, gauloises, romaines et ottomanes.
02:29Si Istanbul n'est pas la capitale de la Turquie, elle est la capitale de l'Eurasie.
02:34Son influence culturelle s'étend jusqu'au cœur des Balkans.
02:40Cosmopolite, bigaré, carrefour commercial.
02:43Ici, le chant du muezzin résonne avec les cloches des églises
02:47et le tchador cohabite avec les mini-jupes en lycra.
02:55Istanbul est une ville monde, un point d'ancrage, mais aussi un point de départ pour tous les voyages.
03:13Pour aller de la Mosquée Bleue au Grand Bazar, on passe par cette rue qu'on appelle la Route d
03:17'Or.
03:17Eh bien, à l'époque des Byzantins, lorsqu'ils rentraient de leur conquête,
03:20ils arrivaient à Istanbul par là et ils jetaient des pièces d'or au Istanbul Yot,
03:24d'où l'expression « c'est Byzance ».
03:31Les sangsues médicinales, il paraît que c'est bon pour les varices.
03:34Non merci, pas pour le moment, ça va.
03:35Si vous êtes intéressé par les sangsues, c'est 2 euros pièce, je me suis renseigné.
03:39Quand même !
03:43Ça y est, j'y suis dans le Grand Bazar, je vous donne juste 2 ou 3 chiffres
03:46et vous allez tout de suite comprendre la démesure du lieu.
03:48Le marché comporte une soixantaine de ruelles et abrite 4000 boutiques et 2000 ateliers.
03:55Tout a commencé ici, c'est le noyau du Grand Bazar que l'on appelle Bédestène.
03:59Le marché s'est développé tout autour pour recouvrir aujourd'hui une trentaine d'hectares.
04:03Oui, vous avez bien entendu, 30 hectares.
04:07L'une des ruelles les plus chiques, c'est celle-ci, c'est celle des bijoutiers.
04:10Il y en aurait plus de 700.
04:11Je vais m'enseigner pour savoir aujourd'hui, si je veux acheter des bijoux, combien coûte le gramme d'or.
04:1720 dollars, ce qui fait 15 euros à peu près.
04:20Combien de carats ?
04:2122 euros.
04:23Pour un bras-thé d'une quinzaine de grammes, il faut compter un peu plus de 200 euros.
04:28Vous verrez des combinés téléphoniques comme ça un peu partout sur les murs.
04:31En fait, ce sont des sortes d'interphones qui sont reliées à des cafés.
04:34C'est pour que monsieur puisse commander son café turc ou son thé, car ici on en boit toute la
04:39journée.
04:40J'étais ici, côté client, vous allez maintenant voir l'envers du décor, côté coulisses.
04:528h30 du matin, les commerçants s'affairent et pour cause, ils attendent aujourd'hui entre 250 et 350 000 visiteurs.
05:00Objectif, vendre le plus possible, car il faut amortir les crédits.
05:04Le prix de ces boutiques, jusqu'à 500 000 euros pour seulement 10 mètres carrés.
05:08La clientèle, c'est ce qu'il y a de plus précieux.
05:11On la guette, on la traque.
05:25Ali travaille au Grand Bazar depuis 17 ans.
05:2717 ans passés en priorité à apprendre les langues.
05:30Le secret des vendeurs turcs.
05:32Il y a un prouvé à Vend-Turquie, chaque langue, ça fait une poche en plus dans le pantalon.
05:36Donc on fait le nécessaire pour apprendre les langues.
05:39Une poche pour chaque monnaie, mais l'euro est passé par là, alors on se diversifie.
05:44Les ateliers sont donc pour les plus efficaces, à quelques mètres des boutiques.
05:49C'est-à-dire que la clientèle, elle attend que sa veste soit faite le plus rapidement possible.
05:54Comme ils sont là en voyage organisé, donc il y a le bus qui les attend.
05:57Et au maximum, ils ont 45 minutes pour le Grand Bazar.
05:59Donc on doit se dépêcher pour leur vendre la veste.
06:05Allez les chefs, je connais tout le monde.
06:09Bien, bien.
06:10C'est-à-dire que quand on a une boutique ici au Grand Bazar, on doit y connaître tout le
06:14monde.
06:14Si on connaît tout le monde, on t'apporte des clientèles.
06:16Et alors quand on t'apporte des clientèles, ça fait du monde, ça fait de l'argent en plus.
06:20Au Grand Bazar, il y a les riches et les moins nantis.
06:23Quelques rues plus loin, Etem se rend lui aussi à son travail.
06:26Pas un client en vue.
06:30Ici, c'est une galerie marchande.
06:31Mais bon, le grand public l'ignore.
06:33C'est loin du Grand Bazar.
06:34Et puis, ce n'est pas très accueillant, regardez-moi ça.
06:36Personne ne peut s'imaginer qu'il y a des commerces par ici.
06:42Et pourtant, cela fait 25 ans qu'il a sa boutique ici, juste en dessous de son atelier.
06:52L'avantage, c'est les loyers, beaucoup moins chers.
06:54Il y a de temps en temps des touristes qui passent, emmenés par des guides expérimentés.
06:58Mais la plupart du temps, je vends à mes clients personnels, à l'extérieur du Grand Bazar.
07:06Le Bazar, une jungle commerciale qui oblige les commerçants, pour toujours plus de profit,
07:11à se procurer leurs marchandises ailleurs, en Chine, en Corée ou dans les banlieues éloignées d'Istanbul.
07:17L'un des seuls artisanats à perdurer, c'est l'argenterie, comme ici, dans ce caravan serail.
07:25Murat y travaille depuis 36 ans.
07:32Comme lui, ils sont 140 à y exercer leur profession.
07:36Murat les connaît tous, car l'argent, c'est avant tout un travail d'équipe.
07:41Pour un objet, 5 ateliers différents sont nécessaires.
07:4470% de l'argenterie vendue sur le Grand Bazar provient de ces ateliers.
07:54L'avantage des petits ateliers par rapport aux usines, c'est la variété.
07:58Ici, on peut faire ce que vous voulez sur commande.
08:00Nous sommes des artistes.
08:02C'est vraiment un art, et pas un simple travail comme dans les usines.
08:09L'argent, un métal précieux.
08:11S'il est manipulé avec précaution, une centaine de mètres plus loin, il peut couler à flot.
08:17La rue des agents de change.
08:19Ici, on vend et on achète des devises.
08:22Jusqu'à 50 millions de dollars peuvent s'échanger chaque jour.
08:27C'est très stressant, car il y a de très grosses sommes qui sont mises en jeu.
08:33Et quand les affaires marchent très bien, vous ne pouvez même pas circuler par ici.
08:48Effervescence d'un côté, désert de l'autre, c'est tout le paradoxe du Grand Bazar.
08:54Au détour de ces couloirs obscurs, c'est cette silhouette que l'on peut repérer.
08:59Rinaldo, toujours en quête de territoire inexploré.
09:07Il dirige une agence de voyage spécialisée dans l'insolite.
09:14C'est un peu à labyrinthe ici ?
09:16C'est complètement à labyrinthe, oui.
09:19Il y a des endroits qui sont fermés.
09:23C'est pour ça que le monsieur a la clé qui m'a gentiment laissé pour pouvoir aller plus haut.
09:46Un véritable jeu de piste pour Rinaldo, toujours à la recherche de lieux improbables.
09:52Inlassablement, il explore ce dédale de couloir.
09:55Ce jour-là, au bout du chemin, ce sera un café.
09:59En général, les touristes se contentent du Grand Bazar.
10:04Mais en fait, ce qui est vraiment intéressant, c'est ce qu'il y a derrière.
10:08Et là, les touristes n'y vont jamais.
10:09Ils n'y vont jamais parce que, en fait, c'est souvent des accès un peu difficiles.
10:15En fait, on ne sait pas trop où les couloirs nous emmènent.
10:19On n'ose pas rentrer comme ça.
10:22Et en fait, c'est là que c'est intéressant.
10:24C'est derrière, c'est les coulisses.
10:26L'envers du décor, un théâtre qui se mérite.
10:29Un écheveau qu'il faut savoir démêler pour découvrir l'âme stambouliote,
10:34celle qui n'est pas à vendre.
10:45Il ne faut pas se fier au ciel bleu.
10:46Je peux vous assurer qu'il y a un petit vent glacial.
10:48Le choc thermique va être dur.
10:50Je suis maintenant avec Russel, le propriétaire de l'un des plus célèbres bain turcs d'Istanbul.
10:55En quelle année ce bain a été construit ?
10:57Il a été construit en 1584 et il est tout à fait représentatif du style architectural ottoman de cette période.
11:07J'ai entendu dire qu'il y a à peu près une centaine d'années,
11:10il y avait 2000 ou 2500 bains dans la ville et qu'aujourd'hui, il n'y en aurait plus
11:14que 400.
11:16Le hammam joue un rôle social.
11:17On vient ici pour se reposer et passer un moment à discuter, surtout les femmes.
11:22Elles y passent toute la journée.
11:25C'est vraiment très beau ici.
11:26Quel est le prix pour venir passer un peu de temps dans le hammam ?
11:2918 ou 19 euros.
11:32C'est bon pour la santé ?
11:36Bien sûr.
11:37D'ailleurs, des gens de l'université d'Istanbul sont venus ici il y a deux mois pour faire des
11:42prises de sang sur certains clients.
11:44Ils étudiaient les bienfaits du hammam sur le corps.
11:47Le hammam, c'est très bon, vous savez.
11:51C'est bon pour vous, c'est bon pour votre business.
11:57Venez avec moi, je vais vous montrer un endroit très spécial.
11:59C'est notre système de chauffage.
12:01Là, on est sur le toit.
12:03On utilise de la sciure.
12:04On n'a pas vraiment besoin de machine.
12:06Et ça, c'est le réservoir d'eau froide.
12:08Il a plus de 400 ans.
12:10C'est le même système depuis la construction de ce bain.
12:14Voilà le four dans lequel ils mettent la sueur de bois et ce qui fait toute la chaleur du hammam,
12:19quoi.
12:20C'est bon.
12:20Bon, ben maintenant, place aux choses sérieuses, direction le hammam.
12:24Allez, on y va.
12:29Quel type de massage on propose là ?
12:32Dans cette salle, on te fait des gommages, on te lave, on te fait le massage au savon, le traditionnel
12:38massage avec la mousse, sur la dalle centrale.
12:44J'ai l'impression que j'ai assez de mousse, mais je ne sais pas comment lui dire.
12:47Oui, d'accord.
12:48Mais non, visiblement, je n'en ai pas assez pour.
12:50En attendant, je vous propose de regarder un deuxième reportage sur Istanbul.
12:53Cette fois, c'est le côté moderne de la ville qui est mis en avant à travers le portrait d
12:56'une journaliste et d'un avocat.
13:12On se croirait dans un cabaret parisien ? Eh bien non.
13:15Nous sommes dans la mégalopole turque.
13:18Istanbul, avec ses 17 millions d'habitants, a parfois des allures new-yorkaises ou londoniennes.
13:25Je prends des photos chaque année et chaque année, il y a une nouvelle tour qui se construit.
13:31Osgur est avocat d'affaires.
13:33Après avoir étudié en France, il est venu ouvrir son cabinet ici, à l'Event, dans ce quartier d'affaires.
13:40Il y a beaucoup de travail aujourd'hui ?
13:43Comme d'habitude, nous, les avocats, on a toujours du travail.
13:46Quand il n'y a pas de travail, on en crée.
13:49Peu importe les polémiques, les multinationales ont fait d'Istanbul leur base arrière pour la conquête des marchés de l
13:55'Est, du Proche et du Moyen-Orient.
13:57Maintenant, on voit de plus en plus d'investisseurs de tous les pays.
14:00Les Brésiliens, les Argentins, les Chinois, les Coréens.
14:05C'est lié évidemment à l'économie turque.
14:09Qui est une économie en plein essor, a une population jeune et sa main-d'œuvre moins chère.
14:17Une économie moderne, mais les mentalités suivent-elles ?
14:21Si le pays est laïque, plus de 90% de la population est musulmane.
14:26La Turquie est aujourd'hui face à de vieux démons, conjugués au présent, religion et modernisme.
14:33Minet Kirikanat est une journaliste politique engagée.
14:36C'est dans ce quotidien indépendant Vatan, l'un des plus importants du pays, qu'elle peut s'exprimer librement,
14:41un défi parfois difficile à assumer.
14:44Moi, jusque-là, j'ai payé avec des procès. J'ai eu une trentaine de procès.
14:49Maintenant, c'est moi qui leur fais des procès.
14:51Parce qu'il y a un moment, on arrive, la Vatan, c'est un plat qui se mange à froid.
14:55Mais on se bat tout le temps et moi aussi, je reçois des menaces.
14:59Le prix à payer peut-être parfois très lourd.
15:02Justement, ce jour-là, l'assassinat du journaliste arménien Hangdink.
15:06Un événement dramatique qui a bouleversé le pays et mobilisé la population contre cette injustice.
15:12C'est dans ce bâtiment qu'est conduit le meurtrier.
15:16Il y a autant de, excusez-moi du terme, de merde que de beauté de fleurs.
15:23Et je pense que l'humanité d'ailleurs est composée de sang, de merde et de fleurs.
15:30Le jardin d'Ausgur, le voilà, le Bosphore.
15:41C'est sur ces eaux qu'il vient se ressourcer.
15:50On dit que le Bosphore a 360 couleurs, teintes différentes.
15:55Et j'avoue qu'à chaque fois, je suis encore émerveillé de changer de continent,
15:59de passer de l'Europe à l'Asie en bateau.
16:04Je suis toujours émerveillé par ça.
16:2322 heures. Nous retrouvons Minet chez elle. Ce soir, elle est de sortie.
16:30Istanbul, c'est une ville qui s'invente à tort, à travers.
16:35Moi, je trouve que la modernité, c'est l'invention, c'est la nouveauté.
16:41Et puis, créer, penser à produire une façon de vivre nouvelle.
16:51Et de ce côté-là, Istanbul est très moderne, oui.
16:57Direction une chaîne de télévision, Canal Turk, une chaîne privée à grande audience.
17:12Mon ami, c'est le PDG, justement, de Canal Turk, idéaliste, qui se bat, avec 189 procès sur le dos.
17:21Comme chaque semaine, elle intervient dans une émission politique.
17:36Comme dans la vie, face aux caméras, Minet est habité par le désir d'aller de l'avant.
17:52Istanbul, une ville tout en contradiction.
17:55Islam, alcool, fêtes et business coexistent plus qu'ils ne cohabitent,
17:59comme ici, dans cette boîte de nuit très tendance.
18:02À Jaïdé, les stars, ce sont les drag queens.
18:07C'est là qu'Ausgur et son ami ont choisi de passer la soirée
18:10en compagnie de la reine de la nuit istambouliotte, gérante de la discothèque.
18:14Ce n'est pas parce qu'en ce moment, nous avons un gouvernement islamiste
18:19que la Turquie, du jour au lendemain, est devenue un pays musulman.
18:24Non, la Turquie est un pays laïque.
18:35Je pense que c'est quand même comme New York, comme des grandes villes, comme Londres,
18:40où on peut trouver quelque chose à chaque heure de la nuit.
18:44Internationale pour les uns, profondément orientale pour les autres,
18:47Istanbul se cherche.
18:49Européenne ou non, elle continue d'écrire son histoire.
19:00Istanbul est coupé en deux par le Bosphore.
19:02Sur la rive Ouest, vous êtes en Europe.
19:04Sur la rive Est, vous êtes sur le continent asiatique.
19:06Moi, je suis côté Ouest, pratiquement en dessous du pont du Bosphore,
19:10le premier des deux seuls ponts qui enjambrent le Détroit.
19:13Stéphane, est-ce que vous êtes prêts ?
19:15Perfect.
19:16Ok, ok, go.
19:18Visiblement, je suis pris en main.
19:19Là, elles ont leur adresse, donc on va suivre.
19:21J'avais envie d'une deux.
19:22Une spécialité locale, ça va faire mon déjeuner.
19:24C'est une grosse pomme de terre.
19:25Et ça s'appelle Kumpir.
19:27Je ne suis pas sûr que ce soit très, très régime, mais bon.
19:29Vous pouvez faire les mêmes à la maison.
19:31Une grosse pomme de terre.
19:32Et puis, vous prenez, voilà.
19:34Et puis, libre inspiration.
19:36Oui, c'est l'œil bleu aussi.
19:37Ah oui, regardez.
19:38Alors, vous voyez ça.
19:39Ça, vous en trouverez partout.
19:40Tous les stambouliotes en ont sur eux parce que, voilà, c'est le fameux œil bleu.
19:44C'est pour éloigner le mauvais sort.
19:47Oui, c'est l'heure de la prière.
19:50Elle est plutôt amusante, la mosquée de Hortakoye, au bord de l'eau.
19:54Alors, c'est vrai qu'à côté de la mosquée bleue que l'on a vue tout à l'heure
19:56et en dessous du pont qui fait presque 64 mètres de haut,
19:59elle fait un peu petite, mais je trouve qu'elle a un certain charme.
20:01Sa reconstruction date du 19e siècle.
20:09Impossible de venir à Istanbul sans faire une petite balade sur le Bosphore.
20:12C'est Moustapha qui est le guide ici à Istanbul, qui va m'accompagner tout au long de cette balade
20:15sur l'eau jusqu'aux îles des Princes.
20:17C'est une voie navigable extrêmement importante parce que tu as toutes les marchandises de Russie, d'Orient et de
20:22la Méditerranée qui passent par là.
20:24Il y a 10 ans, 10 000 bateaux par an, mais l'année dernière, à peu près 40 000 bateaux
20:30par an.
20:30Il y a des pétroliers, des containers, etc.
20:34Il y a le transport urbain également parce qu'entre les deux continents, pour le moment, il n'y a
20:39pas de métro.
20:40Donc il y a un monde fou finalement sur le Bosphore.
20:42Voilà, c'est ça.
20:43On m'a dit, malgré le trafic, en regardant bien, on pouvait parfois apercevoir des dauphins. C'est vrai ou
20:47pas ?
20:47C'est vrai, surtout à l'entrée du Bosphore, c'est considéré chez nous comme des poissons sacrés. On ne
20:53les touche pas.
20:53Alors des dauphins certes, en revanche, jamais de caïmans.
20:56Eux sont plutôt très nombreux dans les marais de Kho, en Guyane. Vous filez, à tout de suite.
21:17Ambiance, premier matin du monde. Nous pourrions être en Camargue ou dans les Dombes, et pourtant, ce paysage est guyanais.
21:23Le marais de Kho est la plus grande zone humide de France, un paradis pour près de 700 espèces d
21:29'oiseaux.
21:29La seule présence humaine est concentrée dans un petit village, accessible uniquement en pirogue.
21:40Là, on retrouve le petit cimetière du village de Kho.
21:43Donc ils l'ont installé ici parce que c'est en hauteur.
21:46Après, au village, ils n'auraient pas pu creuser pour mettre leur mord.
21:49Par contre, au village, pas de photos, s'il vous plaît. Les habitants n'aiment pas du tout.
21:53La soixantaine de pêcheurs de ce village créole évitent autant que possible la fièvre touristique.
21:59S'ils fuient les appareils photos, ce jour-là, l'objectif de la caméra est le bienvenu
22:03pour recueillir les inquiétudes du moment.
22:06Ici, on a peur de finir empoisonné depuis que l'État français a autorisé l'exploitation de l'or sur
22:12la montagne de Kho.
22:13Avec le boulot qu'ils vont faire là, toute la montagne, tous les trucs qu'ils vont faire vont se
22:19déverser sur la rivière.
22:21Nous, on n'est pas trop d'accord parce que la pollution est une ressource naturelle.
22:26Sur la nourriture, sur le niveau du fleuve, qui fait que ça nous menace parce qu'on pense que quand
22:35il y aura des retombées,
22:36tous les trucs qui vont partir, tous les poissons qu'on a et tout, sur la rivière, ça va changer.
22:43La faune exubérante du marais avait déjà failli disparaître, victime d'une chasse outrancière.
22:49Fort heureusement, le classement en réserve naturelle est venu sauver ce trésor.
22:52Depuis qu'il est classé en réserve, la faune réapparaît et ça devient quelque chose d'extrêmement intéressant à voir
22:59et d'une façon exponentielle.
23:01C'est-à-dire que tous les ans, il y a une croissance extrêmement forte de la faune.
23:05Et donc, un vrai plaisir de voir des animaux exceptionnels puisque Kho contient les plus gros caïmans du monde.
23:13Le caïman noir peut faire jusqu'à 7 mètres de long.
23:18On voyait la disparition des espèces en Guyane et à un moment donné, je n'ai voulu plus chasser et
23:24tuer les bêtes
23:24parce qu'auparavant, on vivait énormément de chasse et de pêche.
23:29Jean-Jacques Louis, de son vrai nom Lichélois, est un Indien Kalinia, l'une des six ethnies amérindiennes de Guyane.
23:37S'il reste d'abord un homme de la forêt, ce guide sait mieux que quiconque approchait le redoutable caïman
23:43tapis quelque part sous ses eaux ou dans les hautes herbes.
23:50Lorsque la nuit tombe, le marais change de visage.
23:53Les milliers d'oiseaux du jour semblent avoir déserté pour laisser la place à des créatures extraordinaires.
23:59Le faisceau des lampes fouille la nuit, scrute les berges et croise parfois des yeux phosphorescents, un remous suspect ou
24:08de bien curieuses formes massives.
24:18Donc là c'est le plus gros rongeur au monde qu'on appelle ici le cabiaï.
24:22Et donc ils sont surtout dans des endroits très humides où les terrains sont propices justement à ce qu'ils
24:29trouvent de la nourriture,
24:30comme les herbes qui poussent ici, là au marais de Côte.
24:33C'est surtout les femelles qui peuvent atteindre au moins 60 kilos.
24:37Donc ils ont déporté tous les ans, ils ont deux à quatre petits.
24:45La traque se resserre.
24:47Les sauriens, d'abord hypnotisés par la lumière, tentent de fuir.
24:51Est-ce le caïman noir ou l'un de ses cousins, le caïman à lunettes ou le caïman rouge ?
24:56Pour le savoir, il n'y a qu'un seul moyen.
25:00Regarde, regarde.
25:15Vous voyez entre les deux yeux, vous voyez une petite crête osseuse qu'on voit là, donc c'est pour
25:21ça qu'on appelle le caïman à lunettes.
25:24Donc quatre doigts arrière qui sont palmés pour le diriger pendant lorsqu'il nage.
25:29Et puis vous avez une queue quand même qui est une défense pour lui, lorsque cet cartilage que vous voyez
25:36ici, là, ça peut être une âme redoutable.
25:38Donc il peut être tranchant lorsqu'il est adulte.
25:41Donc lui, il a à peu près une dizaine d'années.
25:45Ça peut faire des dégâts, ça peut même t'arracher un doigt.
25:48Si on s'y prend mal, c'est sûr que lui, il ne va pas nous louper.
26:04Une journée s'achève à Caux.
26:06Les visiteurs d'un jour rejoignent le carbet flottant pour profiter d'une nuit sans moustiques.
26:11Curieusement, ces insectes n'existent pas sur le marais, en raison d'une eau trop asside à leur prolifération.
26:17Le guide amérindien, lui, veille.
26:20Sans comprendre les contradictions d'un gouvernement français qui autorise l'exploitation d'une énorme mine d'or
26:26et dans le même temps ouvre une enquête publique pour la création d'un parc national en Guyane.
26:39Donc là, ce qui est amusant, c'est qu'on est à une heure d'Istanbul et là, d'un
26:42seul coup, on change totalement d'ambiance.
26:44On passe d'une ville bouillonnante à une île où tout est paisible.
26:48Paisible, voilà.
26:49C'est plutôt mignon, moi je trouve ça très sympa.
26:51On est sur la plus grande île, parmi les neuf îles qui composent l'archipel.
26:55Cette île s'appelle Bouyoukada.
26:56La particularité aussi, c'est qu'il n'y a aucune voiture.
26:58Les habitants d'ici, ils se déplacent en Calais.
27:01Ils se déplacent en Calais.
27:02T'es d'accord pour qu'on nous devait d'été ?
27:04Pourquoi pas.
27:06Toutes ces maisons en bois, qu'on appelle des Yali, ont été construites par des riches germéniens, des Juifs et
27:10des Grecs ?
27:10Voilà.
27:11À quelle époque ?
27:12Dans les années 1850, c'était pour l'été quoi.
27:15Les musulmans, les turcs aussi, ils sont venus s'installer.
27:18Et puis ils ont commencé à racheter les anciennes maisons en bois.
27:22Et puis ça continue comme ça.
27:23Alors on est dans la Chancayakadesi.
27:26C'est là où il y a les plus belles maisons.
27:28Léon Trotsky aurait passé les cinq premières années de son exil d'ailleurs, dans l'une de ces maisons.
27:31Regardez ça, c'est super.
27:34Le monsieur, il est concierge de cette maison, c'est ça ?
27:36Cette maison, elle est à vendre, si on veut l'acheter, si on peut l'acheter, on peut bien la
27:39vendre.
27:40Combien ?
27:40Qui demande 10 millions de dollars américains.
27:43Bon, je vais attendre encore un peu.
27:46Une fois que vous avez vu ces superbes maisons en bois, ces somptueux Yali,
27:50ce que je vous conseille maintenant, c'est de grimper jusqu'au monastère Saint-Georges.
27:53J'ai bien dit, grimpez donc, la suite se fait à pied.
27:58Il faut quand même être en forme pour aller jusqu'au monastère Saint-Georges.
28:02Sur le chemin, vous verrez peut-être des petits bouts de tissu blancs,
28:04comme ça, accrochés au buisson, ils représentent les prières
28:07adressées à Saint-Georges qui auraient le pouvoir de rendre les jeunes gens amoureux.
28:10C'est la famille Arkan également.
28:13Alors, eux viennent là pour quoi ?
28:14Ah ben, des bonnes choses pour l'avenir de leur petite-fille.
28:17De la petite ?
28:18Oui.
28:18Mais puisqu'ils sont musulmans, ils ne refusent pas cette existence culturelle.
28:23Alors, la particularité de ce monastère, c'est quoi ?
28:26Depuis le dixième siècle, ça existe.
28:28Même les nombreux religieux qui viennent demander l'aide de Saint-Georges,
28:32il y a une tradition comme ça.
28:34Il ne nous reste plus qu'à redescendre à pied, 20 minutes de marche,
28:37prendre le vélo, le bateau pour retourner jusqu'à Istanbul.
28:40On en a pour un moment, hein, Moustapha ?
28:42Voilà.
28:42Pendant ce temps-là, vous allez découvrir un endroit magique,
28:44le Centre National du Costume de Seine,
28:46qui a ouvert ses portes dans la ville de Moulins.
28:48D'incroyables collections sont maintenant accessibles au public.
29:00Moulins-sur-Alié, ville d'art et d'histoire,
29:04royaume des ducs de Bourbon et de Coco Chanel qui débuta ici.
29:14Il n'était pas de choix plus judicieux pour installer,
29:17dans le cadre de la décentralisation culturelle,
29:20le tout nouveau Centre National du Costume de Seine,
29:23la plus grande réserve de costumes au monde,
29:25ouverte à tous les amateurs de théâtre et de belles toilettes.
29:40Martin Kahn a été nommé à la direction du CNCS
29:43après une carrière à l'Opéra.
29:45C'est la première fois qu'on décide de conserver les costumes,
29:51ce qui est à la fois un hommage aux ateliers et aux artisans d'art.
29:55Les spectacles qu'on présente en France sont souvent
29:57beaucoup plus sophistiqués et beaucoup plus finis
30:00sur le plan visuel que ceux qu'on peut voir à l'étranger.
30:03Les ateliers de costumes qui existent à la Comédie française,
30:06à l'Opéra de Paris, travaillent vraiment comme de la haute couture.
30:08Et justement, direction les ateliers de l'Opéra Bastille
30:12où travaillent les véritables créateurs des costumes.
30:15Sans eux, pas de spectacle.
30:18Ces tailleurs et couturières, les voilà,
30:20en train de coudre, piquer, découper.
30:25C'est grâce à ces petites mains aux doigts d'or
30:27que le spectacle vivant à la française est devenu une référence,
30:31un travail que l'on assimile souvent à de la haute couture
30:34et pourtant, c'est encore plus compliqué.
30:37La différence, c'est qu'à la limite,
30:39on doit savoir travailler toutes les époques.
30:43Et le point essentiel, il faut que ce soit très solide.
30:47Les vêtements, suivant la mise en scène,
30:49peuvent être arrachés sur scène,
30:51les bris se roulent par terre.
30:53Et il faut que le costume tienne.
30:56Retour à Moulin.
30:57On a quitté l'Opéra pour un autre décor, plus militaire,
31:01celui de la caserne Villard.
31:02Le gros intérêt du bâtiment est à la fois dans sa simplicité,
31:05dans ses proportions, dans ses corniches, dans ses toitures.
31:09C'est à l'image de ce qu'on a fait à l'intérieur, sobre.
31:13Un monument classé, entièrement rénové.
31:22Imaginez que ce bâtiment, quand il y a du soleil,
31:24on a l'impression de voir un mur en soi,
31:26parce qu'il y a un tout petit peu de vent.
31:28On a tous les reflets de la maille métallique sur le béton
31:31qui le rendent extrêmement vivant.
31:33Dans ce blocosse, à l'abri du soleil et de l'humidité,
31:36les costumes les plus précieux du patrimoine français
31:39sont conservés comme des œuvres d'art.
31:42On est dans le bâtiment des réserves,
31:44qui est le bâtiment qui est juste à côté du bâtiment principal.
31:47On est à l'étage des costumes d'opéra.
31:50Et puis, il y a un étage de balai, un étage de théâtre.
31:57En tout, 8500 pièces,
31:59rangées dans ces penderies géantes de drôles de coffres forts.
32:05Parce que là, ce sont des costumes, en fait, des balais russes.
32:08Donc on n'en a pas beaucoup.
32:11Mais ceux-là, ils sont vraiment très importants pour nous.
32:15Bon, c'est assez émouvant.
32:16Ils proviennent vraisemblablement de Russie.
32:19Et ils n'ont jamais été montrés au public en dehors de ces spectacles.
32:25Mais ces spectacles, c'était quand même au début du XXe siècle.
32:29Les costumes les plus anciens datent des années 1880.
32:33De véritables pièces précieuses,
32:35comme cette robe, plus récente, mais portée par la calasse.
32:40C'est la tenue de la Norma,
32:42dans laquelle il y a un peu de la calasse.
32:46Donc là, c'est la cape.
32:50La costume de Calamute, 1964.
32:56Voilà le dernier.
33:00Les costumes auront maintenant une deuxième vie.
33:03Pour cela, il faut les sortir des réserves et vêtir chaque mannequin.
33:07Alors, on va le déshabiller,
33:08puisque c'est un uniforme dont on a déjà un exemplaire là-haut.
33:11Donc, même s'il est très beau par son décor,
33:14on va mettre un autre type d'uniforme venant de la même production.
33:17Pour avoir un peu plus de variété dans le tableau
33:21consacré à Bolivar et à ses costumes de Ferdin Léger.
33:25Les expositions changent régulièrement,
33:27car les costumes s'abîment s'ils restent trop longtemps sous les feux de la rampe.
33:30Ce jour-là, l'expo s'appelle « J'aime les militaires ».
33:34Pour les derniers préparatifs,
33:36tout le monde est au garde-à-vous, en ordre de bataille.
33:38Non, là, là.
33:40Non, pas dans la fenêtre, devant le mur qui est là.
33:42Ça vous va ?
33:45C'est celle-là ?
33:46Tu peux l'épargner déjà, si tu veux.
33:55Ambiance festive, tenue de balle obligatoire pour clôturer l'exposition.
33:59Les beaux et les fringants d'uniforme militaire
34:01permettent de rehausser aussi le faste des productions scéniques.
34:05Vous avez, dans le Bolivar, justement,
34:07dans un des actes de Bolivar, vous avez une scène de réception
34:10et tous ces uniformes que nous avons présentés
34:12ont été réalisés pour donner un peu de couleur, en fait,
34:16et un peu d'éclat à cette manifestation.
34:18Le Centre National du Costume de Seine
34:21est dorénavant un lieu incontournable
34:22pour découvrir le savoir-faire à la française.
34:25Cette collection de costumes n'existe nulle part ailleurs,
34:28ni à Paris, ni à New York, ni même à Rome.
34:31Moulin devient donc une exception mondiale,
34:33ouverte à tout public.
34:43L'Islam est la première religion de la Turquie,
34:46la population est à 90% musulmane.
34:48On va maintenant parler des confréries soufis
34:50qui sont très implantées dans le pays,
34:51comme ici, à Istanbul.
34:53La plus connue est celle des derviches tourneurs,
34:55le rituel qui les caractérise, c'est le sema,
34:57une danse étonnante, rythmée par une flûte,
34:59c'est ce que nous allons voir.
35:20Les véritables cérémonies ont lieu dans des couvents,
35:22comme celui-ci.
35:23Certains restaurants d'Istanbul proposent des spectacles
35:25de derviches tourneurs,
35:26mais pour les puristes, c'est une mascarade.
35:29J'ai rencontré Hassan Dede,
35:31le chef spirituel des derviches tourneurs d'Istanbul,
35:33qui m'a aidé à mieux comprendre le sema.
35:36Qui sont les soufis et les derviches tourneurs ?
35:39Les soufis, ce sont des amoureux de Dieu.
35:45Les groupes que vous venez de voir,
35:47ce sont des soufis de Mevlana.
35:49Quand ils tournent,
35:51ils deviennent le même personnage que Mevlana.
35:55C'est la source de toutes les beautés qui existent sur cette terre.
35:59Par cette danse-là que l'on vient de voir,
36:01ils cherchent à accéder à quoi ?
36:02Quand ils mettent leurs pieds droits au sol,
36:06leur cœur unifie avec le Dieu.
36:08La symbolique maintenant de la main droite tournée vers le ciel
36:11et de la main gauche tournée vers le sol.
36:13Le dervich prend le Dieu et il le donne aux gens.
36:17Le dervich tourneur est un relais finalement
36:18entre le commun des mortels et Dieu.
36:20Absolument.
36:21Vous ne la reconnaissez peut-être pas,
36:22mais Madame Dansé, tout à l'heure dans le couvent,
36:24elle a accepté de répondre à deux ou trois questions.
36:26Combien de temps ça a pris pour apprendre le sema ?
36:28Une semaine.
36:29Une semaine ?
36:30Comment vous faites pour tonnerre ?
36:32Avec votre nourriture ?
36:34L'un de l'autre.
36:38Comme ça et je touche.
36:40Comme ça et je touche.
36:43Merci beaucoup.
36:44Vous êtes bienvenu.
37:02Trois univers, presque trois continents et une route.
37:05Pour Dakar, suivre le bitume, direction le sud.
37:08Un voyage de rencontres, de surprises
37:10où les incidents mécaniques permettent d'autres découvertes.
37:13France, Espagne, Maroc, Sahara et voilà déjà la Mauritanie
37:17et toujours le bitume, même au milieu des sables.
37:24Nouakchott, capitale d'un pays frontière entre le Maghreb et l'Afrique noire.
37:27Ici, la route est nouvelle et prend tout son sens.
37:31Nouvelles communications, nouveaux liens de vie, liens d'échanges,
37:34un nouveau chemin pour les hommes.
37:36Mais le goudron attire et souvent englue.
37:39Que faire ?
37:40On m'a parlé du travail de l'ex-vice-présidente de la communauté urbaine,
37:44Nana Minchekna, une femme aujourd'hui députée
37:47qui incarne l'avenir mauritanien.
37:49Nous avons eu un urbanisme qui s'est développé de manière extraordinaire
37:54et qui a fait que les villes ont grossi de manière assez inquiétante
37:58et particulièrement Nouakchott, qui est bientôt 800 000 habitants.
38:04Pour une population de 3 millions, c'est presque le tiers de la population qui vit à Nouakchott.
38:09La Mauritanie est, à mon avis, à la croisée des chemins vers un nouvel avenir.
38:15Elle passe d'une dictature vers, je l'espère, une démocratie véritable.
38:21Si nous réussissons, nous espérons être un peu le phare, l'exemple.
38:25Et je crois qu'il est temps d'essayer la gestion des femmes.
38:29Vous savez, la place de la femme en Mauritanie est très originelle.
38:34Les femmes ont vraiment fait de la politique depuis la naissance de cet État.
38:39Et il est normal qu'on pousse la société à leur donner plus de place pour la représentation politique.
38:46Chez vous, en France, on en parle beaucoup.
38:50La France, si loin.
38:52Laissons-le, c'est parti.
38:55C'est tout à accepter de nous transporter jusqu'au Sénégal, Brosseau, Saint-Louis, presque au bout du chemin, encore
39:01300 kilomètres.
39:03Après le désert, le Sahel s'installe et les voitures sont toutes les mêmes.
39:07Ce n'est pas facile, la conduiteur ici ?
39:09Ce n'est pas facile, oui.
39:11Parce qu'il y a des arbres en âne pour sortir comme ça, ou bien en chamelle.
39:15Mais quand il y a une pleine vitesse, il ne faut pas éviter la catastrophe.
39:20Et pourquoi il y a autant de voitures comme ça ?
39:22Parce que c'est le résiste bien ici à Mauritanie, parce qu'il fait chaud.
39:28Actuellement, il est nouveau.
39:29Ce n'est pas de voitures pour ici, c'est du carton.
39:32Ah, celle-là, elle a combien de kilomètres, tu sais ?
39:33Celle-là, oui, elle a 38 000.
39:36Et tu crois qu'elle peut faire combien de kilomètres ?
39:38Ah, elle peut faire presque 3 000 kilomètres, ou bien 4 000 kilomètres.
39:44Oh !
39:45Tu veux dire 300 000 ?
39:47Oui.
39:48Ah, 300 000 ?
39:49Non, 300 millions.
39:503.
39:52Hein ?
39:57En Afrique, le temps n'a pas la même mesure, les kilomètres non plus.
40:01Mais il suffit d'un fleuve, et la vie s'épanouit.
40:06Le Sénégal, majestueux.
40:10De l'eau, des pirogues, une frontière et un bac.
40:14Et surtout, des sourires, des couleurs, dans un cafarnaum tout africain.
40:22Dernier obstacle, quelques minutes de traversée, et me voilà presque arrivé.
40:27C'est tout qu'on est les russes pour ne pas perdre de temps.
40:30Il fait la route au moins une fois par an.
40:36Il y a une bonne raison à cela.
40:39Ah, la famille partout ?
40:40Oui, partout, oui.
40:42Mais rien n'est ça.
40:43Pourquoi, t'es Mauritanie ou t'es Sénégal ?
40:44Je suis partout.
40:46Je suis de Berlin, hein ?
40:47Je suis de Berlin.
40:48Je suis de la Mauritanie.
40:54Une frontière, ailleurs c'est peu.
40:56Ici c'est tout.
40:58De ce côté du fleuve, tout a changé.
41:00Du vert, des oiseaux, des cultures.
41:04Après tant de jours dans l'austérité désertique, la route vers Saint-Louis est une libération.
41:08Une respiration joyeuse.
41:11La route.
41:12Sa fin approche pour nous.
41:13Et après tous ces kilomètres, ces villes, ces visages, je ne sais plus trop si nous sommes partis depuis un
41:19jour, une semaine ou un mois.
41:26Voilà Saint-Louis, porte d'entrée du Sénégal.
41:29Les histoires démarrées en France commencent à se boucler.
41:33Saint-Louis est le mythe de l'aéropostale qui nous attend à la sortie du pont Féderbe.
41:38Parti du sud de la France, les aviateurs dormaient déjà à l'hôtel de la Poste.
41:47Mère Mose est partie depuis longtemps, mais il y a toujours sa chambre.
41:51Un hôtel, des histoires et celle de la famille de Yannick Philippe.
41:58Ce lieu est lié à l'histoire de ma famille parce que ma grand-mère s'y est investie en
42:031926.
42:07Elle était partie pour immigrer aux Amériques.
42:10Et en faisant un scale à Dakar, elle a découvert Saint-Louis et elle y a trouvé un travail.
42:16Alors moi, je suis la troisième génération à être née à Saint-Louis.
42:19Parce qu'il faut savoir que c'était le seul hôtel qui existait à l'époque.
42:23Et donc les pilotes de l'aéropostale s'arrêtaient à Saint-Louis après avoir traversé la Mauritanie, le Maroc, tout
42:31le désert.
42:31C'était en fait l'oasis avant la traversée de l'océan.
42:38Les pilotes ont laissé leur nom dans l'histoire, mais l'hydrobase a disparu.
42:42Aujourd'hui, les maisons coloniales sont en reconstruction.
42:44Le centre-ville, classé au patrimoine de l'humanité.
42:47Et Saint-Louis s'est proclamé capitale culturelle du Sénégal.
42:51Il y a beaucoup de changements ici.
42:53Ce n'est pas facile de se retrouver.
42:56C'est une ville que j'aime beaucoup.
43:00Moi, j'ai né en 1958, ici en Saint-Louis.
43:03Mon père était au l'hône de Chine.
43:06C'était un militaire.
43:08Toute l'administration, l'Afrique de l'Ouest se trouvait par là.
43:12En 1960, la Mauritanie a eu l'indépendance.
43:15Toutes les Mauritaniens sont rentrés chez eux.
43:18Voilà, c'est ça.
43:20C'est ça.
43:23C'est un mouton, je vais le prendre.
43:25C'est un mouton, regarde.
43:29Heureusement pour nous, le mouton restera à Saint-Louis.
43:33Dans la voiture qui file vers Dakar, mon regard se laisse hypnotiser par le défilé des Baobabs.
43:38Ces arbres emblématiques d'une Afrique noire que j'attendais tant.
43:41Le Sénégal, des sourires, des Baobabs, des villages, des tortues et des lacs.
43:48Quelques kilomètres avant Dakar, je fais une dernière halte, près du plus célèbre du pays, le lac Rose.
43:54C'est là que je fais la connaissance de Michel et Michel, deux jeunes retraités français qui eux aussi ont
43:59fait la route.
44:00Ma femme a dit, c'est du sel ça ?
44:02Bah oui, c'est du sel.
44:04Bonjour.
44:076300 kilomètres.
44:08Monsieur, vous voulez m'en venir te dire bonjour ?
44:10Je te sapiens vraiment.
44:11Parce que j'en peux pas, mais moi je peux pas.
44:13Mais si tu veux.
44:14On peut peut-être aller en vélo en Europe jusqu'ici.
44:16Je peux pas.
44:17Ah oui, je suis plus que ce que je dois, mais je peux pas.
44:19Oui, pourtant, regarde comment tu fais.
44:20Ah mais si, mais je ne peux pas.
44:22Vous avez des mollets d'acier ici ?
44:24Des mollets d'acier ?
44:26Oui.
44:28C'est un peu fatigant.
44:29Non.
44:30Pas fatigant ?
44:31Non.
44:31Donc vous avez l'habitude ?
44:33Oui.
44:33Voilà, c'est tout.
44:34Il n'y a pas le fond au lac ?
44:36Là, il n'y a pas le fond au lac, ça.
44:37C'est pour moi qu'on puisse dire.
44:38D'ailleurs, on trouve qu'il n'est pas très rose, notre lac.
44:40Oui, c'est-à-dire qu'on n'a pas beaucoup de soleil.
44:42Mais si on a beaucoup de soleil, il n'est plus rose.
44:43Ah, c'est le soleil qui...
44:44Oui, parce que la couleur aussi, il faut du soleil et du vent.
44:47Et du vent ?
44:47Oui, pour avoir la couleur.
44:48Parce que la couleur aussi vue aux algues.
44:50Oui.
44:51Parce qu'aussi au fond du lac, il y a ce qu'on appelle des micro-organismes anaerobiques.
44:54C'est-à-dire que c'est des micro-organismes qui vivent à l'absence d'oxygène.
44:57Oui.
44:57Et une fois que le soleil est au zénith, avec le vent qui remue le fond, c'est ça qui
45:01donne sa vraie couleur.
45:02D'accord.
45:02Mais sinon, si vous venez ici le matin de très bonne heure, ou pendant la nuit, ou à des moments
45:05où on n'a pas de soleil ni de vent, l'audi là est transparent.
45:08Comme tous les autres du monde.
45:09Oui, genre.
45:10Mais vous retournez les vélo là en France.
45:12Oui, mais pas tout de suite, on veut mettre toute l'Afrique de l'Ouest.
45:15Toute l'Afrique de l'Ouest.
45:16Mais avec l'Afrique de l'Ouest, vous retournez comme ça, pétalez jusqu'à France.
45:19Après, ouais.
45:20Et après, on sera à l'Afrique de l'Ouest de l'Ouest de l'Ouest.
45:23Monsieur, à toi, bonne continuation.
45:24Merci.
45:25Ça, c'est gentil.
45:26Ça, c'est un madame.
45:27Et vous êtes des champions, vraiment.
45:32Et nous, notre forme de voyage, c'est, bon, les paysages, mais c'est surtout de rencontrer les gens.
45:37Donc, on a notre toile de tente et on est allé deux fois l'hôtel depuis trois mois et demi.
45:42Et on demande aux gens, comme là, on a fait, si on peut planter la tente le soir.
45:46Et là, vous allez jusqu'où ?
45:48Eh bien, on ne sait pas.
45:51On marche au feeling.
45:52Le programme nous limite.
45:57Mais pour moi, la voilà à la limite.
46:03Dakar, le bout de la route.
46:06Dakar et Gorée qui lui fait face et répond à Nantes, notre premier arrêt, ville des armateurs négriers.
46:12Gorée et ses palais, ses grandes dames métisses qui tenaient d'ici le commerce et les hommes.
46:19Après trois semaines de route, la cohue de la ville nous ferait presque un peu peur, nous, les Européens.
46:24Nous, les Parisiens stressés.
46:26Un record sur un parcours.
46:28Quatre heures pour faire 25 kilomètres.
46:31Bienvenue à Dakar.
46:32Aujourd'hui, ce sont encore des femmes qui font battre le cœur de la capitale sénégalaise.
46:37C'est tout nous dépose à notre dernier rendez-vous.
46:42Ces femmes, elles sont rappeuses.
46:45Elles s'appellent Gina et Fatime.
46:47Et elles incarnent si bien cet élan d'émancipation qu'il écrise la société sénégalaise.
46:52Il y a de plus en plus de filles dans la musique.
46:55Par rapport à avant, où il y avait des contraintes, où la famille ne veut pas, les parents ne veulent
46:59pas que les filles entrent dans la musique.
47:02Parce qu'elles trouvent ça dangereux et tout.
47:04Maintenant, ça va mieux.
47:05Aujourd'hui, soit c'est footballeur, soit c'est musicien.
47:10De plus en plus de filles, mais toujours pas d'argent.
47:14Ici, pas de major, encore moins de grandes surfaces.
47:19En Afrique, le réseau de distribution de la musique est totalement artisanal.
47:24C'est un distributeur.
47:26C'est eux qui ont tous les marchés en main.
47:29Ça ne va pas trop bien pour nous.
47:31Ce n'est pas trop bien pour nous.
47:34Mais voilà, il faut faire avec les moins du goût aussi.
47:39Ça fait plus de huit ans que je suis dans la musique.
47:41Je ne vis pas encore de mon art.
47:43Mais puisque je crois en ce que je fais et je sais que je travaille durement, forcément, un jour, ça
47:47va payer.
47:49Le public, encore ça, c'est un autre problème.
47:51Parce que le public, tu viens, il te perçoit d'abord en tant que femme.
47:55Tu es reconnue comme artiste, mais tu vois...
47:57En fait, ils regardent la femme.
47:58Ils regardent la femme.
47:59Tellement qu'ils ont l'habitude de voir les hommes sur scène.
48:02Voilà, ils sont épatés.
48:03Mais au lieu d'écouter le message, ils regardent ton physique et tout.
48:07Ils sont éblouis.
48:08Voilà.
48:24Alors, c'est quoi les thèmes, justement, de votre écriture ?
48:26Surtout par rapport à la politique, le système qui n'a pas changé et aussi l'immigration.
48:33Je disais, il y en a beaucoup plus maintenant.
48:35On est des journalistes parce que le journal est complètement truqué.
48:39Le journal national ne va sortir que ce que veut le président.
48:43Et c'est nous, les rappeurs, qui sortions ce que les journaux n'osent pas sortir.
48:47La vérité, c'est que tu viens chez nous, tu le trouves.
48:57La réalité, moi je rêvais d'arriver.
48:59Eux ne pensent qu'à partir.
49:01De Paris à Dakar, il y a désormais une route, mais pour beaucoup, à sens unique.
49:08Merci beaucoup, on vous a l'acheté.
49:12Cette route, après 7000 kilomètres, on voudrait toujours la continuer.
49:16Pour cette magie du voyage, ce mystère que recèle chaque virage, chaque col, chaque obstacle loin, tant qu'on ne
49:24les a pas atteints.
49:25Ce n'est qu'une question de temps et j'envie les michels et leurs raisons de déraison.
49:29Mais nous voici au bout du chemin.
49:31Adieu, c'est tout.
49:32Adieu, la route.
49:33Et à la prochaine.
49:34Vite.
49:45Dans le prochain numéro d'Echaffée Belle, vous découvrirez le premier épisode d'un nouveau feuilleton consacré à un autre
49:51itinéraire.
49:52Comment partir d'Istanbul sans venir prendre le pouls de la ville dans un café comme celui qui m'attend
49:57?
49:57On y boit le chai, le thé, qui est la boisson nationale, avec le raqueux, cousin de nouveau grec.
50:01Mais surtout, on se fait servir le fameux café turc en fumant le narguilé.
50:05Je vous le dis, moi ce soir, c'est fait.
50:09J'ai rendez-vous avec un certain Adil, un personnage, paraît-il, qui va tout m'expliquer.
50:13Comment ça marche, comment on fait.
50:15A priori, il n'est pas là.
50:16Et en plus, je pense que ce n'est pas l'endroit pour discuter car c'est match aujourd'hui.
50:23Bonjour, vous êtes Adil ?
50:24Oui, moi aussi Stéphane, bonjour.
50:26Bon, alors on m'a dit, tu verras, Adil, c'est un grand spécialiste.
50:29Un grand spécialiste, je suis un emménateur plutôt.
50:31Il y a plein d'odeurs mélangées.
50:32Il y a l'odeur de ce tabac qui peut s'assimiler à un tabac brun.
50:35Et puis j'ai les odeurs de tabac parfumé à côté, à la pomme, au miel, etc.
50:40L'air passe à travers le tabac, donc on va mettre de la braise ici.
50:43Là, on va mettre de la braise ?
50:44Ils mettent la braise directement sur le tabac.
50:45Voilà, sur le tabac mouillé.
50:46Évidemment, il faut attendre 5-10 minutes de poids pour que ça commence à brûler, comme c'est mouillé.
50:52L'eau, elle sert de filtre finalement ?
50:53Alors l'eau, ça sert à refroidir la fumée.
50:56Ah donc ça veut dire que la fumée que vous avez en bouche, elle est froide ?
50:58Et deuxièmement, ça joue le rôle de filtre.
51:00Ça prend combien de temps à fumer un narguilé comme celui-ci ?
51:03Deux heures en moyenne, ça.
51:04Ah oui.
51:05Il est unique cet endroit, vous dites, à Istanbul ?
51:06Il est unique à Istanbul, oui, c'est le plus sympa.
51:10Voilà, mon voyage se termine.
51:12Istanbul n'est qu'à 3 heures de la France.
51:13Pensez-y.
51:14Si vous voulez vraiment être dépaysé sans perdre trop de temps dans les avions, la destination est assez convaincante.
51:19Merci d'être fidèle et de suivre Échappez-Belle.
51:21Merci de partager tous ces moments avec moi.
51:23Et surtout, n'oubliez pas, prenez soin de vous.
51:26Merci.
51:28Merci.
51:31Merci.
51:34Merci.
51:36Merci.
51:36Merci.
51:44Merci.
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