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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Yucatan Sophie découvre pour nous le Mexique. Sophie aura la chance de nager avec les dauphins à Cancun. Puis direction Puerto ...

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00:06Musique
00:17Bonjour à tous, bienvenue pour ces nouvelles échappées belles.
00:20Je viens juste d'atterrir au Mexique et je suis très heureuse de pouvoir vivre ce voyage avec vous.
00:25Alors aujourd'hui, nous allons surtout découvrir ensemble la péninsule du Yucatan.
00:30Point de départ, Cancun.
00:35Cancun, c'est la riviera Maya.
00:38Il faut s'imaginer qu'ici, avant les années 70, il n'y avait rien du tout.
00:42Cette ville a été inventée de toutes pièces.
00:44La population se compte en centaines de milliers de personnes.
00:47Il y a environ 2 millions de visiteurs par an.
00:49Et il y a des hôtels de luxe partout, partout, partout.
00:52Il n'y a que ça.
00:55Au sommaire de cette émission, deux reportages nous permettront de nous échapper un peu plus au Mexique.
01:00Nous ne pouvions pas venir ici sans visiter Mexico.
01:03Les superlatifs ne manquent pas pour évoquer cette capitale, vous verrez.
01:07Et puis nous emprunterons une institution ferroviaire.
01:10Le Chihuahua Pacifico El Chepe.
01:13Ce train est un petit trésor.
01:14Comme toutes les semaines, nous partirons au bout du monde.
01:18Aujourd'hui, c'est la Chine qui nous tend les bras.
01:21Destination court séjour dans une ville mystérieuse et fascinante.
01:25Tangier est une invitation au voyage.
01:28Et en fin d'émission, vous retrouverez notre feuilleton.
01:31Cette semaine, troisième épisode de notre voyage au fil du Mekong.
01:35Vincent Leduc nous permet de découvrir le Cambodge.
01:40J'ai trouvé une activité à faire avec des dauphins.
01:43Un petit tour en bateau et j'y suis.
01:44Je crois que c'est le moment de vous souhaiter la bienvenue au Mexique.
01:57Le Mexique est un concentré de cultures et de paysages.
02:02Bâti sur les vestiges des civilisations aztèques et mayas,
02:05il offre une multitude d'activités aux voyageurs de passage.
02:09De la tentaculaire ville de Mexico aux plages du Yucatan,
02:13en passant par les déserts arides du Nord,
02:15le Mexique est malgré tout encore un pays émergent
02:18où la pauvreté et la corruption provoquent parfois
02:21des conflits sociaux de grande envergure.
02:24Mais le climat, la cuisine,
02:26l'artisanat mexicain font de ce pays
02:28une destination touristique majeure
02:30aux noms évocateurs tels Acapulco,
02:33Cancun, Chihuahua,
02:34Chichen Itza ou encore Teotihuacan.
02:58Qui n'a pas rêvé un jour de nager avec les dauphins ?
03:01Je ne déroge pas à la règle, j'y vais de ce pas.
03:03Pour l'instant, c'est très encadré.
03:05Les dauphins vivent en captivité.
03:08On va aller voir ça de suite, Jacques.
03:21En fait, vous communiquez avec eux, juste avec les mains.
03:25On doit avoir la manière de la confiance.
03:30C'est de la confiance, oui.
03:31Oui, c'est de la confiance.
03:32La manière de communiquer aussi, c'est ça.
03:34Le petit cyclique.
03:35Oui.
03:35D'accord.
03:36C'est la manière de dire oui, c'est correct.
03:38D'accord.
03:52D'accord.
03:54...
04:03Là, je viens vraiment de vivre un moment exceptionnel.
04:06Je vous conseille vivement de le faire.
04:08Je vous propose maintenant que nous partions pour Mexico.
04:10Mexico, c'est la ville des superlatifs.
04:12Nous allons suivre le quotidien pas toujours facile
04:15des habitants de cette capitale la plus haute du monde.
04:29Ici, on l'appelle LDFE, le district fédéral.
04:33Mexico, c'est la capitale des records, l'une des plus hautes, des plus polluées, des plus violentes de la
04:38planète.
04:39L'une des plus peuplées surtout, la ville s'étend au rythme de 30 000 nouveaux arrivants chaque mois.
04:4420 millions de Chilangos vivent aujourd'hui dans cette mégalopole à 2240 mètres d'altitude.
04:50Cela représenterait un tiers de la population française à elle seule.
04:54Sur 6000 km², l'ancienne capitale aztèque étend son océan de diversité.
04:59Ce samedi-là, dans le lienzo chario construit au beau milieu de la ville, doit se dérouler une épreuve de
05:05chareria, le rodéo mexicain.
05:11Cette grande tradition, c'est réellement le sport national mexicain par excellence.
05:18Nous avons la grande responsabilité d'inculquer à nos enfants nos coutumes mexicaines, car dans le passé, on a toujours
05:23maintenu la prééminence du cheval, et cela depuis la conquête de l'Amérique.
05:29Et c'est ce qui nous a permis de gagner la révolution mexicaine.
05:38Des chevaux, des sombreros, des costumes impeccables, voici tous les ingrédients d'une belle chareria.
05:44Cette fois-ci, c'est au tour des enfants d'afficher leur dextérité et leur courage, ados de cheval ou
05:48de taureau.
05:49Ils n'ont pourtant qu'entre 10 et 15 ans, mais tous sont issus de longues lignées de charios.
06:00Chaque épreuve possède sa technique pour arriver au bout.
06:04C'est ce que les jeunes ont appris.
06:06C'est qu'il faut tout faire très méticuleusement pour ne pas tomber accidentellement.
06:12Car toutes les épreuves sont risquées.
06:20Je me sens fier de pratiquer le sport national.
06:23Tout le monde n'a pas la possibilité de le faire.
06:25Alors oui, je suis très heureux d'en être.
06:39L'autre grande tradition bien vivante à Mexico, c'est celle du mariachi.
06:44Chaque soir, sur la place Garibaldi, des dizaines de groupes attendent que l'on veuille bien les engager,
06:48le temps d'une chanson ou d'une soirée.
06:517 euros la sérénade, retour sur investissement garanti.
06:58Je viens ici parce que la musique me plaît beaucoup, surtout pour s'y dure une femme.
07:03C'est une sacrée aide pour la conquérir plus rapidement.
07:09La majorité des gens qui consomment notre musique, ce sont surtout les Mexicains eux-mêmes,
07:13pour jouer en tout type d'événements.
07:15Noz, baptême, même pour les défunts qu'il faut enterrer.
07:19On joue pour toutes sortes de choses, pour la joie, la tristesse.
07:26Mexico ne serait pas Mexico sans ces bouts de chausses.
07:29100 000 de ces taxis coccinelles sillonnent la ville.
07:32Attention, certains sont de faux taxis, mais conduits par de vrais bandits.
07:36Mexico, c'est 350 quartiers, du plus pauvre au plus huppé,
07:40et de nouveaux sortent chaque année de terre.
07:42Circulant chaque jour pour son travail de représentante médicale,
07:45Berenice, 24 ans, n'a pas fini de découvrir sa ville natale.
07:48Moi, je ne connais pas toute la ville, pour te dire comment elle est grande.
07:54Avant, on disait l'état de Mexico, tu mettais une heure et tu voyais les campagnes et tout,
07:59en passant, mais là, tu peux mettre quatre heures et traverser la ville du sud ou nord.
08:06Bonjour mademoiselle, je voudrais deux cocktails à 15 pesos, s'il vous plaît.
08:12Comme partout, le niveau de vie des Chilangos se mesure au marché,
08:15et c'est en si la population se plaint de la hausse des prix.
08:20Tout a augmenté, y compris les fruits et les légumes.
08:22Les gens se plaignent beaucoup parce qu'ils n'y arrivent plus.
08:26Comme les salaireux n'ont pas bougé, alors c'est devenu très difficile de faire ses courses.
08:33Au Mexique, le baromètre économique, c'est le prix de la tortilla.
08:36Cette galette de maïs, c'est la base de l'alimentation.
08:41C'est vrai que tout a augmenté.
08:43Le prix du maïs a doublé et nos ventes ont un peu baissé.
08:46En plus, nous, nous venons de loin et devons payer beaucoup de transport.
08:52Malgré tout, les Mexicains gardent espoir,
08:55appuyés sur une ferveur religieuse très présente au quotidien.
08:58Cette fois-ci, c'est la Vierge de Caïtocan qui est honorée,
09:02l'occasion de partager le peu que l'on a avec tout le quartier.
09:06Chaque année, on désigne un nouveau majordome.
09:08Le majordome est chargé de donner à manger à tout le village.
09:12On donne aussi le petit déjeuner à la Vierge et puis on va à la messe, à l'église de
09:16Caïtocan.
09:20Mexico connaît une grave pénurie d'eau potable.
09:22Mais paradoxalement, en plein cœur de la ville,
09:25le jardin de Xochimilco déroule pas moins de 180 km de canaux
09:29parcourus par plus de 1000 gondoles bigarées.
09:44Le soir venu, les jeunes Mexicains n'éprouvent aucune difficulté pour passer du mariachi à la culture internationale.
09:54Il n'y a pas que les mariachis que tout le monde connaît.
09:56Il y a la vie moderne, il y a les boîtes, il y a les bars, les pubs.
10:01Et voilà, c'est aussi le Mexique.
10:05Dans la frénésie des nuits de la Condesa et de la Zona Rosa,
10:08les 1001 plaies de Mexico ne suffisent pas à entacher la joie de vivre des Chilangos.
10:22Je suis toujours au Mexique.
10:24Je rejoins le petit village de pêcheurs de Puerto Morelos,
10:27qui est à une trentaine de kilomètres de Cancun.
10:29Alors on m'a dit ici que la barrière de corail était parmi les plus belles du monde
10:33et que c'était l'idéal pour pêcher.
10:35Donc, partie de pêche au programme.
10:37Qui est-ce ?
10:39À vrai dire, j'en suis pas sûre.
10:41Je crois que c'est un des fondateurs de la ville.
10:46On va partir à la pêche, voir les langoustes et les poissons.
10:53C'est une protection pour vous, la Vierge ?
10:56Oui, c'est notre protection à nous.
10:57Il y a encore beaucoup de pêcheurs ici, à Puerto Morelos ?
11:01Non, il en reste très peu.
11:03Il reste seulement 10 barques qui continuent à pêcher.
11:08Parfois, les autres pêcheurs trouvent un autre travail dans les hôtels ou dans les restaurants.
11:14Vous organisez des pêches avec les touristes qui viennent ici ?
11:20Oui, c'est la coopérative touristique qui organise des tournois avec les touristes.
11:25Des tournois de pêche, en quelque sorte.
11:27Ils partent au large pour pêcher.
11:30Et pour nous, c'est une vraie activité complémentaire par rapport à la pêche.
11:42Carmen, vous avez toujours le même plaisir de plonger et de pêcher ici ?
11:47Ah oui, notre grand plaisir, c'est notre travail.
11:49Notre travail de tous les jours.
11:53Ce que l'on voit en bas, là, c'est vraiment un grand plaisir pour nous.
11:59C'est une émotion, oui, une émotion de plonger en dessous.
12:03Vous allez profond ?
12:06Environ 100 pieds, 30 mètres.
12:09On a un rendez-vous dans 30 minutes.
12:11J'espère que la pêche sera bonne.
12:21Ils ont pris un gros poisson, là.
12:36Après cette belle pêche, je vais devoir quitter les pêcheurs de Puerto Morelos.
12:40Je vous propose maintenant un voyage en train.
12:43Nous allons emprunter le Chihuahua Pacifico, plus communément appelé El Chepe.
12:47Il paraît que c'est une aventure inoubliable.
12:49Regardez.
13:00El Chepe, l'unique train de voyageurs au Mexique.
13:04Mais quel train ?
13:05Le Chihuahua Al Pacífico est reconnu comme l'un des exploits ferroviaires les plus remarquables du XXe siècle.
13:12Débuté en 1871, l'aventure n'aboutira que 90 ans plus tard, au terme d'une traversée de 650 kilomètres
13:19dans la Sierra Madre, ponctuée de 86 tunnels et 37 ponts.
13:23El Chepe relie aujourd'hui les villes de Chihuahua et Los Mochis sur la côte pacifique.
13:31Ce chemin de fer est très important.
13:33C'est le moyen de transport qui va de la Sierra Madre à la ville.
13:36C'est même l'unique possibilité dans certains secteurs.
13:47Monsieur, où est-ce que vous allez ?
13:50A El Fuerte.
13:51Ok, venez ici.
13:53Je suis fier de mon job.
13:55En particulier quand un passager descend du train et me dit « Merci, ce fut un voyage spectaculaire et très
14:01beau, je reviendrai ».
14:07Touristes ou habitants de la Sierra, chacun a son tarif spécial.
14:117 dollars pour les uns, 40 pour les autres.
14:15Les gens qui vivent ici dans la Sierra ont reçu une aide de l'État et en accord avec les
14:20entreprises, ils peuvent bénéficier de 60% de réduction.
14:24Moi, je prends ce train depuis 1961, depuis qu'il existe en fait.
14:30Divisadéro, 15 minutes d'arrêt.
14:38Divisadéro, 2700 mètres, le toit du Tchépé.
14:41Ici, on croise le train venant du Pacifique et celui de Chihuahua.
14:46Juste le temps pour les passagers de se dégourdir les jambes, d'avaler quelques tortillas et d'écarquiller les yeux
14:51devant la Barranca del Cobre, le Canyon du Cuivre.
14:56C'est un des dalles de gorge, 4 fois plus vastes que le Grand Canyon du Colorado.
15:00Mais c'est surtout le sanctuaire des Tarahumaras, une civilisation indienne unanimement respectée par tous les Mexicains, comme Felipe, guide
15:09touristique de la Barranca.
15:14Les Tarahumaras sont ceux qu'il y a de plus important ici.
15:17De mon point de vue, ils sont une démonstration pour le monde que l'on peut vivre heureux sans toute
15:22cette technologie.
15:23Bien sûr qu'il leur manque des choses.
15:25Il y a des occasions où ils souffrent beaucoup, surtout quand il ne pleut pas pendant les sécheresses.
15:29Mais quand il pleut, on peut considérer que c'est la société la plus heureuse et la plus parfaite du
15:34monde.
15:43Les Tarahumaras se nomment eux-mêmes Raramuris, les hommes aux pieds légers.
15:48Car la course à pied est un rite primordial de leur tradition.
15:51Que ce soit sous forme de jeu ou en hommage au dieu padrimal,
15:56plusieurs fois par an, ces indiens marathoniens hommes et femmes, jeunes et vieux,
16:00courent dans la Barranca sur des distances pouvant dépasser les 100 kilomètres.
16:04Un exploit qui fait d'eux les champions toutes catégories de la course de fond mexicaine.
16:11La course commence à 3h de l'après-midi et jusqu'à 6h du matin le lendemain nous courons.
16:18Nous courons toute la nuit.
16:27On estime qu'il existe encore 50 000 Tarahumaras,
16:30certains ayant choisi de rejoindre le monde des villes,
16:33d'autres tentant de conserver tant bien que mal le mode de vie traditionnel
16:37dans les villages troglodytes comme Epiphanio, le gouverneur de la tribu de Creel.
16:44Quand il fait froid, on préfère vivre dans ces grottes.
16:49Mais on a aussi une maison près d'ici, à côté de nos terrains.
16:53On ne reste dans les grottes que pendant l'hiver.
16:57Combien de familles dorment ici ?
16:59Avec nous, ça fait 6 familles.
17:10L'organisation sociale est celle d'un communisme agraire très ancien basé sur la culture du maïs et l'artisanat.
17:17Chaque village procède à l'élection d'un gouverneur.
17:20Mais il est révocable à tout instant, et gestion collégiale oblige,
17:24toutes les décisions sont prises en conseil.
17:26La contemplation, le jeu et la quête du bonheur sont au centre de leur philosophie,
17:30même si leurs croyances animistes se sont peu à peu mélangées à la religion catholique,
17:34avec l'arrivée des Espagnols.
17:37Oui, nous sommes heureux avec le peu que nous avons.
17:39La terre, l'eau, les arbres, c'est-à-dire les éléments.
17:43Après la messe, on se rassemble dehors,
17:45et je leur donne des conseils en tant que gouverneurs.
17:48Je leur rappelle de bien se comporter,
17:50que les jeunes doivent travailler la terre,
17:52et qu'ils continuent de célébrer les fêtes rituelles,
17:55comme leur ont enseigné leurs ancêtres.
17:57On doit continuer ce chemin.
17:59C'est comme cela que la culture doit perdurer.
18:04Pour moi, ici, c'est un lieu unique.
18:06C'est un peu comme une réconciliation
18:10avec mes ancêtres,
18:11mes ancêtres indiens et mes ancêtres européens.
18:14Parce que c'est un peu le mélange de tous les mercis.
18:26José referme la porte sur le pays des Tarahumaras.
18:30El Chepe quitte la Sierra
18:32pour plonger loin dans la vallée,
18:33vers le Pacifique.
18:46Je suis toujours au Mexique pour nos échappées belles,
18:48et je ne pouvais pas venir ici
18:49sans visiter un site maya,
18:51celui de Chichen Itza, où je me trouve,
18:53et l'un des mieux préservés du Yucatan.
18:55Cela dit, je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée,
18:58puisqu'on estime qu'il y a plus de 13 000 visiteurs par jour.
19:01C'est énorme.
19:02Il y avait une vraie vie de village, alors, ici ?
19:04Oui, une village très importante.
19:07On dirait la plus importante des pays,
19:09la plus importante de la région.
19:11Il y avait combien d'habitants à son apogée ?
19:13Probablement de 40 à 50 000 personnes qui habitaient ici.
19:16C'est une ville très grande.
19:18Et si on essaye de s'imaginer comment ça se passait,
19:20qu'est-ce qu'il y avait, alors, concrètement, ici ?
19:22C'est le centre-ville de Chichen Itza.
19:24C'était le lieu sacré des Mayas.
19:26Et donc, la période, grosso modo, c'est autour du...
19:29Oui, date de 600 après Jésus-Christ jusqu'à 1250,
19:33la ville de Chichen Itza, exactement.
19:35Et alors, comment expliquer que la population ait quitté ce lieu ?
19:38Probablement à cause de la chasseresse,
19:41ou probablement à cause que la terre commence à s'appauvrir.
19:44Et c'est vraiment un site emblématique, ici, de la civilisation maya ?
19:48Oui.
19:49Surtout dans les jeux de balles, ici, qui est le plus important.
19:52Ils sont utilisés de deux anneaux, comme la basket,
19:55avec 7 joueurs par équipe.
19:57On jouait ce jeu de balle en quelle occasion ?
19:59On ne sait pas.
20:01Probablement, quand la session de pluie était en retard,
20:03il devait avoir la pluie.
20:05Donc, ils ont fait un jeu de pelote
20:06pour donner l'avis d'un personnage au dieu,
20:09parce que les vainqueurs ou les vaincus étaient décapités.
20:13Alors, le voilà, le fameux Castillo-Ravière.
20:15Oui, le plus important de Chichen Itza.
20:18Surtout à cause du soleil.
20:19Ils ont repris les calendriers à travers les quatre escaliers
20:22qui représentent le jour de l'année.
20:25Et qu'est-ce qu'on y faisait, alors, ici ?
20:27Probablement à cause du soleil,
20:30des dieux de la pluie et tout ça,
20:31ils devaient monter le plus haut possible
20:34pour arriver au nuage,
20:36que c'était l'habitation du dieu de la pluie.
20:38Qu'est-ce qu'on aperçoit, tout là-haut ?
20:40C'est ce qu'on appelle la grecque.
20:42La grecque des mayas,
20:43qui étaient représentés comme ça,
20:45vous voyez, au lieu que le serpent,
20:47comme on le voit comme ça.
20:48Là, les mayas avaient des lignes tout droits.
20:51Ils sont arrivés à faire des grecs, là.
20:53Et qu'est-ce qu'ils symbolisaient, en particulier, ce serpent ?
20:55Le serpent, parce que pour eux,
20:57le serpent était sacré.
21:05On va quitter le Mexique,
21:06et on va partir en Chine.
21:08Là-bas, depuis des millénaires,
21:10chaque région a su se battre
21:11pour protéger sa propre culture.
21:14Regardez, on se retrouve tout à l'heure.
21:24Loin du boom économique qui fait frémir la planète,
21:27la Chine éternelle redécouvre ses traditions.
21:30Après des décennies de régimes communistes
21:32qui a voulu faire table rase du passé,
21:34le pays remet au goût du jour la culture ancienne.
21:37Nous sommes dans le Hénan,
21:39région du centre de la Chine,
21:41au pied du Songchang,
21:43l'une des cinq montagnes sacrées chinoises.
21:45C'est ici le royaume du Wushu,
21:47un art martial traditionnel chinois
21:49qui fait aujourd'hui un retour en force.
21:55Connu dans le monde entier
21:56grâce au monastère de Shaolin,
21:58dont les spectacles attirent chaque jour
21:59une foule plus nombreuse,
22:01le Wushu, traduisait l'art de se préserver,
22:03et l'alliance du bouddhisme Chan,
22:05introduit ici en 527 après Jésus-Christ,
22:08et du Kung-Fu.
22:11Derrière la vitrine pour touristes,
22:13des centaines de gamins
22:14jouent ici leur avenir.
22:20Shaolin était quelque chose de mystérieux pour moi,
22:22qui m'attirait beaucoup.
22:23Mes parents ne voulaient pas que je vienne ici,
22:26car ils ne connaissaient pas les traditions.
22:28Finalement, j'ai pu venir,
22:29et c'est très bien ici.
22:31Je peux faire des études,
22:32je m'entends bien avec mes frères,
22:34les maîtres sont bons.
22:36C'est important de transmettre l'esprit
22:38et la culture du bouddhisme,
22:39et faire connaître Shaolin et le Wushu
22:41dans le monde entier.
22:42Je vais voir un bout,
22:43c'est un film,
22:45et je viens.
22:47C'est parti !
22:52Donc c'est parti !
22:58Avec des milliers de kilomètres de là,
23:00plus au sud,
23:01nous voici dans le Yunnan.
23:03C'est ici une toute autre tradition
23:04qui peut être à nouveau pratiquée
23:06après les années Mao,
23:07la médecine traditionnelle chinoise.
23:10Certaines plantes ne poussent qu'ici, sur la montagne de Yulang.
23:14Plusieurs fois par semaine, le couple Aho vient cueillir ses plantes uniques
23:18qui vont servir à la fabrication de médicaments.
23:28La plupart des plantes qu'on utilise pour les médicaments viennent de la montagne.
23:34On dit que c'est la montagne des plantes.
23:37Ce sont des produits naturels, sauvages.
23:41Mais aujourd'hui, il n'y a plus assez de plantes.
23:44Et on doit commencer à les cultiver nous-mêmes.
23:47Mais il faut le faire sans engrais chimiques.
23:55Dans son vieux laboratoire hors normes, aux allures de Kafarnaum,
23:58le vieux docteur Aho n'a pas oublié les bonnes vieilles recettes.
24:10On ajoute de l'eau.
24:12On passe la mixture au tamis.
24:16On ajoute le thé.
24:18Et il faut le boire.
24:20C'est très bon pour les intestins.
24:23L'estomac et les voies respiratoires.
24:29Et ça sent bon.
24:37Retour dans le Henan.
24:39Si le monastère Shaolin ne consacre que des moines,
24:41non loin de là, le temple Yong Tai, lui, accueille des jeunes filles.
24:46Elles aussi apprennent le Wushu sous l'œil bienveillant de leur maître,
24:50dans une ambiance spartiate et militaire.
25:08Les plus petites ont 7 ou 8 ans.
25:11La plus âgée, elle, a 18 ans.
25:13Elles sont venues de toute la Chine.
25:16Elles viennent des villes et des campagnes.
25:19On a en tout 70 filles ici.
25:26Des mois sans voir leurs parents,
25:28des journées entières à apprendre la discipline stricte du Wushu,
25:31ce n'est pas tous les jours facile.
25:33Mais l'école a réussi à créer une atmosphère sereine,
25:36propice à l'étude du bouddhisme.
25:42J'ai commencé à l'âge de 10 ans.
25:46Je trouvais ça vraiment très dur pour une fille.
25:48C'était très fatigant.
25:50On s'entraîne toute l'année, sans vacances.
25:53Mais quand j'ai commencé à avoir de bons résultats,
25:56j'étais très très heureuse.
26:04Monsieur Hao a lui aussi le cœur tranquille.
26:07Il en a presque oublié les années difficiles.
26:10Li Jiang, son village, a même échappé aux destructions qui abîment le pays.
26:15Dans sa pharmacie, il consulte les patients qui viennent de toute la région,
26:18et même de tout le pays.
26:25Mon père se concentre sur les traditions,
26:29la méthode, les traitements, la philosophie traditionnelle.
26:35C'est ça qui a fait sa renommée,
26:37parce que c'est encore rare ici.
26:42Du Wushu à la médecine traditionnelle,
26:44toute la Chine se prend de passion pour les méthodes d'antan.
26:48Un retour aux traditions qui, loin d'être passéiste,
26:50est désormais pour beaucoup le symbole d'une Chine en mouvement,
26:53qui affirme ses valeurs,
26:55comme pour assumer les bouleversements que connaît le pays.
27:06Après ce voyage en Chine, retour au Mexique,
27:08j'ai rejoint le littoral.
27:10Je suis dans le petit village de Célestoun.
27:12Juste derrière moi, c'est le golfe du Mexique.
27:15Et j'avais envie de vous montrer un autre visage du Yucatán,
27:18loin des hôtels de luxe et des monuments historiques.
27:30Célestoun, c'est une réserve naturelle,
27:32un sanctuaire ornithologique,
27:33l'idéal pour observer les flammes en rose.
27:36On y va !
27:37Chau, chau.
27:44Vamos.
27:51Ay, son boni, dos.
28:09Voilà, nous sommes arrivés à la colonie des flamands roses.
28:13Cette réserve, elle s'étend sur combien d'hectares à peu près ?
28:18Environ 48 000 hectares.
28:21Et tout cet espace est réservé aux flamands roses.
28:25On m'a toujours dit que la couleur venait d'une petite crevette
28:28que mangeaient les flamands roses, c'est vrai ça ?
28:30Oui, tout à fait.
28:31La larve des crevettes est aussi une plante qui produit des graines.
28:35Et ces graines contiennent de la carotène.
28:39Et c'est cette alimentation qui leur donne cette couleur si particulière.
28:45Le plus fascinant chez cet oiseau,
28:47c'est son comportement pendant la période de reproduction.
28:50Combien il y a d'espèces recensées ici ?
28:53Dans cette réserve, nous avons en gros 80 espèces différentes.
28:57Des flamands roses, des pélicans bien sûr, et puis des cormorans.
29:03Mais pendant les migrations, on peut avoir jusqu'à 420 espèces différentes.
29:12Je vais rester un peu ici parce que c'est vraiment un endroit très agréable.
29:15Je vais continuer l'observation des flamands roses avec Luis.
29:18Et je vous propose de retrouver notre reportage court séjour.
29:21Nous partons pour une ville fascinante.
29:24Il s'agit de Tangier.
29:37Première ou dernière ville du continent africain,
29:40carrefour de civilisation au croisement de la Méditerranée et de l'Atlantique,
29:44Tangier fut convoité pendant des millénaires.
29:48Place du 9 avril, l'entrée de la Médina.
29:51Autrefois, le lieu le plus vivant de la ville.
29:54La Médina, c'est le cœur de Tangier.
29:57La connaître, c'est comprendre son histoire.
30:00Tous les Tangierois la fréquentent régulièrement
30:02et ils sont très attachés, comme Ahmed Rehlen.
30:07C'est là que se trouve la porte Bebekazma.
30:10Cette porte marque en quelque sorte une frontière.
30:13Une frontière entre la nouvelle ville de Tangier et l'ancienne ville.
30:24Nous sommes dans une rue très commerçante de la Médina,
30:27la rue Siyarine, la rue des bijoutiers.
30:30C'est ici que l'on travaille l'or.
30:32Beaucoup de gens viennent passer des commandes pour leurs bijoux
30:34ou pour effectuer les réparations sur des parures.
30:37C'est vraiment le quartier dédié à l'orfèvrerie.
30:45Cette ancienne ville est un lieu très religieux.
30:48Ici, tout le monde vit ensemble.
30:50Chrétiens, juifs, musulmans.
30:52On coexiste aussi bien que l'on cohabite.
30:58Mais l'histoire de la ville commence bien avant l'ère chrétienne
31:01ou l'ère higérienne.
31:08Selon la mythologie grecque,
31:10Hercule aurait posé le pied sur cette terre
31:12avant de réaliser l'un de ses douze travaux,
31:14la cueillette des pommes d'or du jardin d'Espérides.
31:30Véritable légende ou attrape-touriste,
31:33peu importe.
31:34L'endroit reste étonnant.
31:36Une chose est sûre,
31:37durant les années 20,
31:38l'homme transforma sa roche en meule à grains.
31:42Cette pièdre, c'est tellement très intéressant,
31:45très fameuse, très connue.
31:47Pour les ferries, pour les grains.
31:50Toute cette trace-là,
31:51c'était à cause de coupé des disques de moulins.
31:55Tout ça, des millions de moulins, c'était fait.
32:00L'érosion a creusé dans la grotte
32:02une fenêtre surprenante,
32:04s'ouvrant sur l'océan.
32:06Ça, c'est une carte de l'Afrique en envers.
32:10Vous voyez les Méditerranées et l'Atlantique ?
32:13C'est la grotte dehors.
32:15Nous sommes ici, l'intérieur.
32:18Mais celle-là, c'est de l'intérieur.
32:21Alors là, c'est la vraie carte de l'Afrique.
32:24Les Méditerranées, l'Atlantique,
32:26le Maroc, le désert,
32:28Gania, Guinea.
32:30Pour beaucoup, cette carte naturelle est le symbole de Tangier.
32:34La légende raconte que c'est ici qu'Hercule sépara l'Europe de l'Afrique.
32:38Une Europe si proche et pourtant si loin pour les Marocains.
32:42Une Europe que l'on convoite comme un rêve,
32:44l'espoir d'une vie meilleure.
32:49Tangier est une importante ville migratoire.
32:51Venant de toute l'Afrique,
32:53ils sont nombreux à tenter clandestinement la traversée du Détroit.
32:56Cinq ans déjà que Saïd essaye, en vain.
33:02Tous les clandestins d'ici,
33:03les Aragas, comme on dit,
33:05sont brimés, mal considérés.
33:07Moi, je n'ai pas peur.
33:08Mon problème, c'est l'argent.
33:10Actuellement, j'ai un job sur un parking de voiture
33:12pour financer ma prochaine tentative vers l'Europe.
33:20Pendant que Saïd reste à quai,
33:21les pêcheurs du port de Tangier, eux,
33:23prennent le large quotidiennement.
33:26Principale porte maritime du Maroc vers la Méditerranée,
33:28ce port a une position unique.
33:30Il permet en effet la navigation internationale.
33:35Lorsqu'on part vers l'Atlantique,
33:37on peut pêcher de 8 à 10 heures d'affilée.
33:41Et avec un peu de chance,
33:42on peut pêcher une deuxième fois.
33:44Mais là, en Méditerranée.
33:47On peut passer encore une nuit,
33:49puis la matinée pour pêcher encore.
33:56Au-dessus du port,
33:57la vieille ville
33:58qui possède sa casbah,
34:00l'âme de Tangier.
34:02Au centre s'élève sa mosquée
34:04et son minaret octogonal
34:05à la faïence polychromée.
34:09Au pied des remparts,
34:11on se laisse bercer
34:12par le silence de ces ruelles escarpées
34:14aux façades et portes multicolores.
34:18Le soir, il faut quitter la casbah
34:20pour la nouvelle ville,
34:21un lieu en perpétuel mouvement
34:22où les Tangérois se retrouvent
34:25principalement sur cette place
34:26du boulevard Pasteur,
34:27le lieu de prédilection
34:28de la jeunesse tangéroise.
34:33En ce qui concerne les femmes,
34:34eh bien, comment dire ?
34:35Ça fait partie de notre vie.
34:37Et c'est comme ça
34:38pour le reste de Tangier.
34:39On peut vraiment dire
34:40que Tangier est une ville
34:41très libertine.
34:42De temps en temps,
34:43on flirte.
34:44Ça va comme si, comme ça.
34:47Tangier, c'est Tangier.
34:49C'est comme ça que ça se passe,
34:50en tout cas.
34:56Poincé entre deux continents,
34:57Tangier est au cœur
34:58d'un brassage culturel
34:59en perpétuelle évolution.
35:02Tangier-la-Blanche
35:02est une ville unique
35:04qui ne ressemble à aucune autre.
35:18Je suis toujours au Mexique
35:19et dans la péninsule du Yucatan.
35:21J'ai rejoint le petit village
35:22de Tijcocob
35:23au Hit Parade,
35:25des objets que l'on ramène du Mexique.
35:26Il y a le hamac
35:27et Miguel m'a promis
35:29que chez lui,
35:29on en fabriquait.
35:30J'ai trouvé un super vélo.
35:32Vamos, Miguel !
35:34C'est parti !
35:56J'ai pas de frein, Miguel.
35:57Je sais pas comment on fait.
35:58C'est là, alors ?
36:00La Fabrica.
36:01Est-ce qu'il y a la Fabrica ?
36:03Ici c'est la fabrication.
36:05La fabrication.
36:06Bonjour.
36:08Bonjour.
36:11Je m'appelle Sophie.
36:12Adi.
36:13Comment vous fabriquez alors les hamacs ?
36:16À la main, oui.
36:18Il n'y a pas d'usine.
36:20On fabrique ça chez soi alors ici ?
36:21On les fabrique à la maison.
36:25Les femmes qui ne travaillent pas,
36:27les fabriquent chez elles.
36:28Qu'est-ce que vous utilisez pour les fabriquer ?
36:31Du coton, du nylon,
36:33des matières naturelles.
36:37C'est une technique difficile ?
36:39C'est facile à apprendre.
36:41Tu veux apprendre ?
36:42Tu aimerais essayer ?
36:44Vas-y.
36:46Tu passes par là.
36:50Et tu repasses par ici.
36:54Combien de temps vous mettez pour fabriquer un hamac ?
36:56Ça dépend de la taille.
36:58Pour une personne, un hamac comme celui-là,
37:01il faut 15 jours.
37:04Mais on peut mettre jusqu'à 3 semaines.
37:06Ça dépend.
37:08Et vous le vendez combien, en général ?
37:11Ça dépend de la taille.
37:12Et vous, vous les utilisez dans la vie quotidienne, les hamacs ?
37:15Oui.
37:16Ici, on dort dans les hamacs.
37:17C'est pas une légende, alors ?
37:19Non.
37:20La majorité des gens ici dorment dans les hamacs.
37:23Il est beau, celui-là.
37:24En combien de temps vous l'avez fabriqué, celui-là ?
37:26Ça tarda 3 mois pour fabriquer.
37:28Trois mois ?
37:29Oui.
37:29Ah oui, c'est très long.
37:31Très joli.
37:32C'est parfait, ça, pour la sieste.
37:35Pendant que je choisis Mohamac, je vous laisse retrouver le troisième épisode du voyage de Vincent Loduc au fil du
37:41Mekong.
37:41Il nous permet aujourd'hui de visiter le Cambodge.
37:43À tout à l'heure au Mexique.
37:53Du Laos à la Thaïlande, ma descente du Mekong à la rencontre des gens m'a permis de suivre le
37:58lien qui unit encore les peuples du fleuve au-delà des frontières.
38:02Et en abordant le Cambodge, je me demandais si, après des années de guerre civile, ce lien de fraternité allait
38:08se poursuivre sur cette partie du fleuve.
38:18Au sud des chutes de Kong, obstacles infranchissables, il y a encore moins de circulation qu'ailleurs.
38:25C'est toujours bien compliqué de descendre le Mekong.
38:28Ici, quand on arrive à trouver un bateau, c'est la panne.
38:33Bienvenue au Cambodge.
38:35Heureusement, le chauffeur a son portable.
38:37Et là, le signal est excellent.
38:40Allo, c'est Kang ?
38:42Tu veux bien venir nous chercher ?
38:43La machine ne démarre pas.
38:50Écoute, ça ne marche pas.
38:53Ça ne marche pas, ça ne démarre pas.
38:55C'est peut-être la pompe à huée.
38:56Il ne veut pas repartir.
39:15Désormais, le Mekong n'est plus une frontière.
39:17Il m'entraîne à travers le Cambodge, par Cratchie et Phnom Penh, jusqu'au Vietnam.
39:22500 kilomètres durant lesquels le fleuve va se transformer en pleine nourricière.
39:28Le nord-est du Cambodge est encore peu peuplé et assez sauvage.
39:32Les rives du fleuve sont habitées par de petits campements à l'allure provisoire, des pêcheurs sans doute.
39:42Je vais bientôt partir d'ici pour aller travailler dans ma rizière parce que c'est bientôt la mousson.
39:47Je vais chercher mes bœufs, tracer des sillons.
39:57Oui, c'est notre habitude.
39:59On ne reste pas en permanence ici ni dans les champs, on se déplace tout le temps.
40:03On reste une semaine pour travailler la terre, puis on vient ici pour pêcher.
40:12Ce sont des poissons que j'ai pêchés ce matin, c'est pour manger aujourd'hui.
40:16C'est les plus grands poissons qu'on peut pêcher, on n'en a jamais pêché des plus grands que
40:19ceux-là.
40:23On ne les vend pas, on les garde pour notre famille.
40:27En fait, ce n'est pas une grande pêche, on pêche seulement pour nous, pas pour vendre.
40:35On garde les poissons surtout pour manger quand on va travailler dans les champs.
40:41Les enfants auront faim.
40:49Nous sommes pauvres, nous sommes pauvres.
40:57Le fleuve ne délivre pas encore toute sa richesse.
41:00Depuis sa cavalcade du Tibet, c'est rapide du Laos, il ralentit et se détend.
41:06Son dénivelé n'est plus que de 50 mètres avant la mer, qui elle-même n'est plus qu'à
41:10600 km.
41:12En période de basse eau, la navigation est difficile à cause des bas-fonds.
41:15Il faut rester dans un chenal balisé.
41:17En période de haute eau, le volume du fleuve peut être jusqu'à 4 fois plus important que celui de
41:23la période des basse eau.
41:25Les arbres, alors, luttent contre le courant pour survivre.
41:30Au fur et à mesure de sa descente, le Mekong distribue ses bienfaits, l'immons et eaux.
41:36Il nourrit l'agriculture, abreuve la terre et les bêtes.
41:41J'ai ces deux-là et encore trois autres.
41:48C'est pour travailler dans les champs.
41:50Ici, on n'utilise que les buffles pour l'agriculture.
41:56Je franchis la rive et poursuis mon voyage dans la province de Kratchie, sur les terres irriguées par le fleuve.
42:02Les villages cambodgiens ont ressurgi des cendres de la guerre et du génocide.
42:06Les ennemis d'hier se sont réconciliés.
42:10Ici, il y a plus de 500 habitants.
42:12De quoi vivent-ils ?
42:15Ils sont agriculteurs.
42:17Est-ce qu'ils pêchent ?
42:21Oui, mais ce ne sont que des activités secondaires.
42:26Qu'est-ce que vous faites, sœur ?
42:28Je suis agricultrice.
42:30Je suis en train de faire cuire du maïs.
42:34Pour le vendre cet après-midi devant la maison.
42:37J'ai mon petit enfant.
42:39Je ne peux pas aller au marché.
42:43La restauration de l'Etat avec une monarchie constitutionnelle a permis à ce peuple de survivre une nouvelle fois
42:49et de recommencer une économie villageoise simple et laborieuse.
42:55Je suis en train de préparer les pailles pour couvrir les légumes.
42:58D'où vient la paille ?
42:59Je viens de la rizière.
43:02C'est la vôtre ?
43:03Oui, c'est la mienne.
43:04Vous produisez combien de tonnes de riz par an ?
43:07Pas beaucoup cette année, parce qu'il n'y avait pas assez d'eau.
43:11Combien de kilos ?
43:14En fait, 2 tonnes environ.
43:152 000 kilos.
43:24Ici, les agriculteurs sont aussi pêcheurs, petits commerçants, artisans.
43:29Les frontières tombent.
43:31Moi, je suis voyageur, navigateur fluvial.
43:34Je trace mon sillon dans le courant du fleuve.
44:06La navigation est maintenant plus tranquille au milieu des régions inondables entre Cratchie et Kampangcham.
44:13C'est le début de la plaine deltaïque proprement dite.
44:17Les terres soumises au débordement du Mekong s'étendent loin à l'intérieur du Cambodge, vers le nord-ouest, englobant
44:23le bassin du Grand Lac, le temps de l'Essap.
44:25Elles permettent toutes sortes d'agriculture, dont le tabac.
44:29Les Cambodgiens que je rencontre s'appellent toujours frères et sœurs.
44:33Et désormais, je reconnais mes propres frères et mes propres sœurs.
44:53Aujourd'hui, il n'y a pas de cours, c'est dimanche.
45:01Oui, je suis payée, mais pas beaucoup.
45:0610 centimes pour la journée.
45:12Mais je ne travaille que les dimanches.
45:19Aujourd'hui, c'est dimanche, tout le monde travaille, les hommes, les femmes, les enfants.
45:23Une nouvelle pagode est en construction, même en béton coffret, c'est une renaissance.
45:28Quand le colon du protectorat français décrivait le Cambodgien comme quelqu'un qui regarde leur y pousser,
45:34c'était en fait une reconnaissance des vertus du Mekong, grâce auxquelles tout pousse facilement.
45:49A Kampongcham, je trouve enfin une activité commerciale sur le fleuve, qui est maintenant navigable jusqu'à la mer.
45:56Une barge en bois est presque chargée. Elle va appareiller pour Phnom Penh.
46:01Elle transporte des chutes de bois d'Evea, issues d'une des ciries qui recyclent périodiquement les vieux arbres des
46:07grandes plantations de la région de Kampongcham.
46:14Enfin, je réalise mon rêve de descendre le Mekong sur un vrai bateau de transport.
46:48Sous-titrage Société Radio-Canada
47:18En fait, les entreprises de transport des passagers sur le Mekong sont toutes en faillite, parce qu'avec le nouveau
47:25pont, les voyageurs préfèrent le transport routier.
47:30Mon commerce marche toujours, parce que je ne fais pas de transport de passagers. Mais bientôt, ça ne marchera plus.
47:35Je vais peut-être transporter du sable.
47:38Bientôt, il n'y aura plus de bois, parce que c'est la fin du contrat de concession de la
47:41Syrie.
47:46J'achète 40 sacs pour faire du feu. C'est la première fois que j'en achète pour une cérémonie,
47:55le mariage de mon enfant.
47:59Alors le prix du bois va augmenter et je ne pourrai plus faire de bénéfice. Et donc je serai obligé
48:04de m'arrêter.
48:07Soit je transporte du sable, soit je revends le bateau. Je n'aurai pas le choix.
48:15Phnom Penh. La plus grande ville sur le cours inférieur du Mekong. Carrefour de fleuve avec le temps de les
48:22sapes et le bassac.
48:24Une grande ville. Des bateaux étranges. En fait, on dirait qu'il y a ici deux villes.
48:30Les agriculteurs pêcheurs du nord du pays sont devenus des pêcheurs urbains. Et c'est le fleuve qui leur offre
48:37un toit.
48:39J'habite ici depuis plus de dix ans. Oui, dix ans. Et de quoi vivez-vous ?
48:48Je vis de la pêche.
49:09Vous pêchez où ?
49:12Ici, à Shrushangwar.
49:16Et vous avez combien d'enfants ?
49:18J'ai six enfants. Six.
49:33Mes enfants m'ont souvent demandé d'aller à l'école. Mais maintenant, c'est difficile. Parce que c'est
49:38très loin.
49:40En fait, l'école privée dispose d'un service de transport. Mais c'est payant. Je suis trop pauvre.
49:47Tout l'argent que je gagne est dépensé pour les besoins quotidiens. Je ne gagne même pas deux euros par
49:52jour.
49:59Je décide quand même d'aller faire un tour en ville. M'offrir le luxe d'un regard en carte
50:04postale.
50:26Mais ma place n'est pas en ville. C'est celle de l'errant qui glane sur le fleuve.
50:32Après 4000 kilomètres de voyage, le Mekong part au Vietnam. Et je vais avec lui.
50:37Là-bas, il se lâche. Il se livre. Et 18 millions de Vietnamiens sont dessus pour récolter tout ce qu
50:42'il peut donner.
50:43Avant de disparaître en mer de Chine.
50:54Je suis toujours au Mexique. J'ai rejoint la ville de Mérida, dans le Yucatan.
50:59Vous pourrez retrouver le dernier épisode au fil du Mekong la semaine prochaine.
51:04Alors ce soir, j'ai beaucoup de chance parce qu'il va y avoir beaucoup d'ambiance. Car ce soir,
51:08à Mérida, c'est carnaval.
51:20C'est carnaval pour tout le monde aujourd'hui.
51:23Les gens sont venus en famille. Ils ont réservé leur chaise pour pouvoir bien assister à tout le carnaval.
51:30La chaise, c'est 26 pesos. C'est environ 2 euros. Ce n'est pas cher.
51:45Voilà, c'est la fin de Vietnamiens est belle. Je crois que je vais rester un peu ici au carnaval
51:49de Mérida pour faire un peu la fête.
51:51Je vous dis à très bientôt pour un nouveau voyage. Hasta luego !
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