- il y a 10 ans
Echappées belles : Finistère Nord Sophie est en Bretagne, elle se promène dans les rues du quartier de la Recouvrance. On verra l'école des mousses puis le ...
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00:00:00Musique
00:00:45Difficile d'imaginer où je me trouve aujourd'hui, je vous propose des échappées belles bretonnes, enfin plus précisément finistériennes,
00:00:51et ce voyage commence en fanfare, j'aime beaucoup ce que je viens d'entendre, voilà une musique qui fait
00:00:56de la pêche, et une musique qui fait voyager, c'est quoi le nom de votre fanfare ?
00:00:59Alors c'est Y a du monde au Balkan, on a été une partie du groupe à partir en Bosnie,
00:01:05à un festival de musique qui s'appelle Agora HD, et en revenant on a dit, allez il faut refaire
00:01:10quelque chose, et voilà, là c'est là où ça en aille, on arrive à trouver quelques petits endroits, comme
00:01:15la rue Saint-Malo, où on répète, qui n'a pas été détruite en fait, pendant la seconde guerre mondiale,
00:01:19comment elle a pu tenir debout justement cette rue ?
00:01:21Oui, grâce à Mireille Kahn. Sacré boulot dis donc hein Mireille, pour maintenir comme ça ces murs, pour les garder
00:01:27debout.
00:01:28C'est surtout que la municipalité avait décidé de démolir cette rue, et il a fallu donc lutter pendant de
00:01:34très nombreuses années, on a réussi, donc la rue est encore là, et maintenant on travaille beaucoup sur la restauration
00:01:40future.
00:01:48Bonjour !
00:01:49Bonjour !
00:01:49On m'a dit que c'était une institution chez vous, il fallait que je vienne boire un coup aux
00:01:5280.
00:01:53Ah c'est pratiquement obligatoire.
00:01:55Passage obligé !
00:01:56Passage obligé.
00:01:57C'est une ville de marins ici ?
00:01:59Ah ouais, un peu tous les marins du port qui passent, les pêcheurs, les gens du remorquage, l'abeille.
00:02:06Est-ce que vous pensez que je peux le visiter, l'abeille Bourbon ?
00:02:08Et si vous êtes de passage à Brest, Carlos, c'est le commandant d'une telle gentillesse que je pense
00:02:12que je vais vous faire visiter le bateau avec plaisir.
00:02:14Je vais essayer alors.
00:02:16Irmat, comme on dit ici.
00:02:17Irmat ?
00:02:18Irmat.
00:02:19Merci patron.
00:02:19Moi j'ai traqué un peu fort hier soir, c'est mon anniversaire.
00:02:22Ouh là !
00:02:23Ouh là là !
00:02:38Bonjour !
00:02:39Il y a quelqu'un ?
00:02:40Oui, bonjour.
00:02:40Bonjour commandant !
00:02:41Il faut que je vous appelle commandant.
00:02:43Oui, oui, oui.
00:02:44C'est un beau bébé ce bateau.
00:02:45Alors bien, en tout cas, bienvenue à bord.
00:02:47C'est gentil.
00:02:47Sur le baromètre de Brest, puisqu'on nous appelle le baromètre.
00:02:50C'est-à-dire que dès qu'on appareille, les gens se disent « Ouh là là, l'abeille part
00:02:54en mer, donc on va avoir du mauvais temps ».
00:02:55Le principe de ce navire, un navire de sauvetage, on a en alerte permanente, sous les ordres du préfet maritime.
00:03:02Là, je vous ai sorti la carte de toutes les prises en morque.
00:03:05Les points verts, vous voyez, c'est l'abeille flande, les points rouges, l'abeille bourbon.
00:03:09Vous permettez ? Je peux m'asseoir ici ?
00:03:11Bien sûr.
00:03:12Ah, voilà, ça va beaucoup mieux.
00:03:13Montez sur le plateau.
00:03:15Voilà.
00:03:16Donc là, vous êtes pratiquement à la place du chef mécanicien.
00:03:18Qu'est-ce que vous ressentez lorsque vous avez un appel d'urgence ?
00:03:22Le sang-froid est un élément très important, mais malgré tout, il y a toujours une montée d'adrénaline.
00:03:27C'est logique.
00:03:29Les gens, bon, vous diront, ben non, on n'a pas peur, on va dire, mais bon, on voit bien
00:03:34le regard, le regard en cours d'opération.
00:03:37Puis, il est bon de se poser des questions.
00:03:41Et donc là, on arrive sur le pont, l'endroit de tous les dangers.
00:03:47Il faut imaginer que ce pont-là, quand on est en route, est balayé par les paquets de mer.
00:03:51Là, on n'est qu'à deux mètres au-dessus de l'eau.
00:04:04Mettons que la vague embarque, elle va éclater ici, fusée vers l'avant.
00:04:08Il s'attache là.
00:04:09Il s'accroche.
00:04:10Il s'accroche ici.
00:04:11Il se laisse dessous et ça passe, ça suffit.
00:04:16Il faut quelle formation pour faire partie de votre équipage ?
00:04:19Ici, c'est une formation en marine marchande.
00:04:21Je vous prends l'exemple.
00:04:21On a un jeune stagiaire, qui est au lycée professionnel maritime de Pimpol,
00:04:28qui vient faire son stage d'embarquement ici, à bord.
00:04:32C'est ce qu'on appelle un BEP de marin de commerce.
00:04:36À Brest, la relève est assurée.
00:04:39Les jeunes de toute la France viennent ici, à l'école des Mousses,
00:04:42pour apprendre les métiers de la marine nationale.
00:04:45Héritière d'une longue tradition, l'école a plus de 150 ans.
00:04:49Après une fermeture d'une vingtaine d'années,
00:04:52elle vient de réouvrir ses portes.
00:04:56Les vieilles habitudes ont été conservées.
00:04:58Dès l'aube, c'est la corvée de ménage.
00:05:01Il n'y a pas eu de ménage, là, c'est nous.
00:05:03Mais c'est un peu trop tôt pour faire, quand même.
00:05:06Quand ça, c'est l'heure du matin.
00:05:07Moi, je viens des Antilles.
00:05:09J'ai toujours vécu autour de la mer depuis dix ans.
00:05:12La marine, c'est ce qui me plaisait, quoi.
00:05:13Voyager, voir le monde.
00:05:16Comme Arnaud, ils sont 150 jeunes de 16 et 17 ans
00:05:19à s'être inscrits dans cette école pas comme les autres.
00:05:22Deuxième compagnie, à mon commandement.
00:05:23Fix !
00:05:25Vous n'êtes pas alignés, là, non plus.
00:05:26Arrêtez.
00:05:27Regardez.
00:05:28Vous êtes collés, là.
00:05:29Recule le front.
00:05:31Alignez-vous.
00:05:32On vérifie les alignements,
00:05:33qu'ils soient tous bien alignés
00:05:35pour que ça ressemble à...
00:05:36Qu'on ne voit qu'une seule tête.
00:05:38Que ça soit bien carré.
00:05:40Ceci, ils sont un petit peu décalés avec les pompons.
00:05:42En fait, on voit que ça.
00:05:46Parmi les élèves, 24 filles
00:05:48et une grande majorité de garçons
00:05:50vont apprendre la discipline militaire
00:05:52et découvrir les valeurs de la marine.
00:05:59Ce matin, les cours ont lieu dans l'arsenal de Brest.
00:06:02C'est la base atlantique de la marine nationale,
00:06:05le deuxième port militaire français après Toulon.
00:06:09Spécialement pour l'école des Mousses,
00:06:11un navire patrouilleur a été transformé en salle de classe.
00:06:14Par groupe de 25,
00:06:16les élèves y découvrent l'amarrage.
00:06:18C'est aussi l'occasion d'apprendre à se connaître.
00:06:21Avec un sifflet ?
00:06:22Avec un sifflet.
00:06:22Pourquoi un sifflet ?
00:06:23Parce qu'avec la machine, on ne voit pas tout le temps.
00:06:26Un coup de sifflet viré, un coup de sifflet stoppé,
00:06:28deux coups pour dévirer.
00:06:30On rigole, mais c'est super important.
00:06:32On a tout de suite tous un peu sympathisé,
00:06:34savoir d'où on venait.
00:06:36Et voilà, on a tout de suite bien entendu.
00:06:40L'esprit d'équipage des premiers jours.
00:06:46Quand on est sur un bateau,
00:06:47il y a un esprit d'équipage,
00:06:48il y a la vie en collectivité.
00:06:50C'est vrai que certains le découvrent.
00:06:52Mais bon, pour l'instant,
00:06:53il balbutie, c'est le début,
00:06:55et on verra bien ce que ça va donner au fur et à mesure.
00:07:00Marche aux pas, hors de l'uniforme,
00:07:02tout est fait pour inculquer cet esprit de corps,
00:07:05cher à la marine.
00:07:14Ces adolescents ne trouvaient pas leur place
00:07:16dans le système scolaire.
00:07:18Ils sont venus chercher ici de l'action
00:07:20et de la discipline.
00:07:22Le truc, c'est qu'ils nous donnent
00:07:23deux fois plus de responsabilité ici
00:07:25qu'au collège.
00:07:26Au collège, on est simple délégué.
00:07:28Ici, c'est chaque mec qui fait une bêtise, une connerie.
00:07:30C'est les deux compagnies qui traînent.
00:07:32C'est les gens qui grandissent.
00:07:36C'est l'esprit d'équipage.
00:07:37C'est là qu'on voit que tout le monde est solidaire.
00:07:40Moi, j'aime bien les trucs qui bougent
00:07:42et les trucs d'action.
00:07:43J'ai fait, le seul truc qu'il faut faire,
00:07:46c'est l'armée.
00:07:47C'est ce que je veux faire depuis Tucci.
00:07:49Et comme tous ceux d'entre nous,
00:07:51ils se sont venus là pour ça.
00:07:56À l'école des Mousses,
00:07:57les élèves ne décrochent pas complètement
00:07:58avec les études.
00:08:00Cours de français, d'histoire et de maths,
00:08:03on forme ici la future élite des matelots.
00:08:06Le retour de l'école des Mousses à Brest
00:08:08était vraiment quelque chose
00:08:09que les Brestois attendaient impatiemment.
00:08:11En tout cas, c'est le sentiment qu'on en a.
00:08:12Donc, ils ont aussi une responsabilité vis-à-vis de cela.
00:08:15Ils véhiculent l'image de la marine nationale
00:08:18et de l'école des Mousses
00:08:19lorsqu'ils sont à l'extérieur.
00:08:21Donc, on attache une importance toute particulière
00:08:23à ce qu'ils en soient fiers
00:08:24et que l'image reste bonne.
00:08:26Rassemblez-vous par section nationale !
00:08:28Aujourd'hui, les élèves endossent
00:08:30la tenue 22,
00:08:31l'uniforme de cérémonie.
00:08:33C'est la première fois
00:08:34qu'ils s'habillent en tenue 22
00:08:35et là, il y a pas mal de boulot.
00:08:38J'arrive tout ça.
00:08:40La marine est volonté.
00:08:42Sur leurs jeunes épaules,
00:08:43le costume est encore un peu large.
00:08:45Il n'est pas sérieux.
00:08:46Il n'est pas sérieux.
00:08:47Merci.
00:08:49Les Mousses ont une année devant eux
00:08:51pour apprendre à porter haut
00:08:52les couleurs de la marine.
00:09:15Salut Gilda !
00:09:17Salut !
00:09:18Ton bateau est prêt ?
00:09:19C'est bon, c'est prêt.
00:09:21Je ne pouvais pas refuser
00:09:22un petit tour en mer avec toi.
00:09:24C'est un honneur.
00:09:25Je vais bien te donner un coup de main
00:09:26mais je te préviens tout de suite,
00:09:27je suis un peu un marin d'eau douce.
00:09:29Je vais t'expliquer tranquillement
00:09:31comment ça se passe.
00:09:32Tu me dis ce qu'il faut que je fasse.
00:09:42Je vois qu'il y a des collègues.
00:09:44Il faut qu'on vous félicite.
00:09:46Bravo !
00:09:47Merci.
00:09:48Deuxième au Vendée Globe.
00:09:49Deuxième au Vendée Globe,
00:09:50c'est une belle performance
00:09:52sachant que c'est sa première participation.
00:09:54Donc, très belle course
00:09:56et il est bien à son arrière.
00:10:14Là, on commence à sentir un peu des sensations.
00:10:16On sent que le bateau,
00:10:16il répond au doigt et à l'œil,
00:10:18si j'ose dire.
00:10:19C'est très sensible.
00:10:20Le bateau, il est étudié justement
00:10:22pour traverser l'Atlantique,
00:10:23pour faire des courses auturières.
00:10:25Donc, avec deux safrans
00:10:27de Paredo de la coque
00:10:28pour que justement,
00:10:29on puisse bien le barrer
00:10:30et qu'il soit assez fin
00:10:31et surtout qu'il puisse bien
00:10:32barrer avec le pilote automatique.
00:10:34Quand on va dormir,
00:10:35il faut que le pilote
00:10:35puisse bien tenir le bateau en cape.
00:10:37Tu vois, tu peux l'offer là.
00:10:39Regarde, vas-y, tu remontes vers le vent.
00:10:41Dans l'autre sens ?
00:10:42Dans l'autre sens, oui.
00:10:43Donc, c'est un peu compliqué de l'offer.
00:10:44Tu ne le laisses pas, tu vas voir.
00:10:45Ça va rentrer, ça va rentrer.
00:10:46Ça va rentrer.
00:10:46Et à un moment,
00:10:47quand le bateau est trop jité,
00:10:48tu essaies de garder ce cape-là
00:10:49qui soit juste comme il faut jité.
00:11:12Quel est ton plus beau souvenir de course ?
00:11:15Le dernier souvenir que j'ai,
00:11:16c'est l'arrivée à Marie-Galante.
00:11:19La victoire, quoi.
00:11:20C'est vrai que d'arriver en vainqueur
00:11:21sur une traversée l'Atlantique en solitaire,
00:11:23c'est quelque chose de fort
00:11:25dans une vie de marin, quoi.
00:11:27Je pense qu'une victoire sur l'Atlantique,
00:11:29c'est pas mal.
00:11:33Attention, Sophie,
00:11:34tu es trop bout au vent.
00:11:34Regarde, tu vois, le bateau remis un plat.
00:11:36Tu tires un peu sur ta barre
00:11:38pour qu'ils se remettent agités.
00:11:40Tu as des petits brins de laine devant, là.
00:11:41Tu les vois, il y a un rouge et un vert.
00:11:43Ouais.
00:11:44Donc là, le rouge, quand il s'affole,
00:11:45ça veut dire que tu tires sur ta barre un peu.
00:11:47Et là, dès qu'ils sont stables,
00:11:48ça veut dire que tu es bien.
00:11:48Là, tu es parfait.
00:11:49Donc là, tu mets la barre droite.
00:11:51Et après, inversement,
00:11:52si c'est le vert qui s'affole,
00:11:53il faut que tu remontes vers le vent.
00:11:54C'est lui qui t'indique ton réglage
00:11:56si tu pars bien par rapport au vent.
00:12:00Il y avait déjà des marins dans ta famille ?
00:12:02Mon grand-père, déjà, lui,
00:12:04il naviguait sur un lieu gréement.
00:12:05C'est avec lui aussi
00:12:06que j'ai pas mal découvert la voile.
00:12:07On partait au large de Camaraé
00:12:10pêcher les macros.
00:12:12Donc c'est un peu avec lui
00:12:13que j'ai pris la passion du bateau.
00:12:16En fait, ce qu'il adorait,
00:12:17c'est que je viens de lui raconter mes courses.
00:12:19Donc il fallait que je lui raconte
00:12:21tous les détails,
00:12:22les départs, les arrivées,
00:12:23pourquoi j'avais viré de bord.
00:12:25Il voulait tout savoir.
00:12:26Donc c'est vrai que ça lui faisait
00:12:28énormément plaisir
00:12:28quand je passais à Camaraé,
00:12:30il lui racontait tout ça.
00:12:32On parle souvent de la solidarité
00:12:34des gens de mer.
00:12:35Est-ce que c'est seulement une expression
00:12:36ou est-ce que c'est vrai ?
00:12:38J'ai eu une expérience l'année dernière.
00:12:40C'était une course qui partait de Nice
00:12:43et qui arrivait à Istanbul.
00:12:44Et donc quand on part,
00:12:45on est tous pris dans un énorme orage.
00:12:47Et à ce moment-là,
00:12:49il y a un des concurrents
00:12:49qui se fait désarçonner.
00:12:51Il est à ta place comme ça.
00:12:52Le bateau, il se couche.
00:12:53Il est tombé dans le haut comme ça.
00:12:55Les marins, on a tous décidé d'arrêter.
00:12:56On est tous revenus en marche arrière.
00:12:58Et un peu par miracle
00:12:59ou avec beaucoup de chance,
00:13:00on a essayé de la récupérer
00:13:01au bout de 4 heures.
00:13:03Mais ça, c'est une bonne preuve
00:13:04de l'entrée des marins,
00:13:06de la solidarité de l'eau.
00:13:17Hé Sophie !
00:13:18C'est par là l'amérique.
00:13:20C'est tout droit là.
00:13:26Moi je vais la lâcher
00:13:27pour que tu la fasses descendre.
00:13:29Voilà, nickel.
00:13:35Et les vieux bateaux,
00:13:36sinon en Bretagne,
00:13:36comment on fait quoi ?
00:13:37Les vieux bateaux en bois,
00:13:38moi c'est mon histoire
00:13:39à 6 à Camaray.
00:13:40Donc les bateaux,
00:13:41à l'époque,
00:13:42on ne faisait rien.
00:13:43On les montait sur la grève
00:13:44dans le port de Camaray.
00:13:45Et donc là,
00:13:45on peut en voir encore.
00:13:46On voit les bateaux désossés.
00:13:47Donc on voit les monts brûres
00:13:48qui restent.
00:13:49Et le cimetière,
00:13:50c'est un cimetière naturel.
00:13:51Le bois repart
00:13:52à l'état naturel
00:13:53dans la mer.
00:13:54et il est un petit peu
00:13:56déconstruit comme ça,
00:13:57naturellement.
00:14:04Dans le monde des bateaux,
00:14:06comme dans celui des hommes,
00:14:07il arrive un jour
00:14:08où tout s'arrête.
00:14:10Après une vie
00:14:11à parcourir les mers,
00:14:12les navires viennent s'échouer
00:14:14sur leur dernier rivage.
00:14:17Des cimetières d'épaves
00:14:19que viennent parfois
00:14:20hanter les humains
00:14:20à l'âme créative.
00:14:27Il y a la présence
00:14:28du bateau
00:14:28qui retourne au bois.
00:14:29Il y a les graphismes
00:14:30des arbres derrière.
00:14:31Et puis il y a
00:14:31toutes les membres
00:14:33au sol.
00:14:33Il y a les reflets de l'eau,
00:14:34évidemment.
00:14:35C'est surtout le côté graphique
00:14:36et lumière
00:14:37qui m'intéresse
00:14:37dans ce genre de site-là.
00:14:49Ça paraît un peu triste
00:14:50et dégradé
00:14:51comme paysage,
00:14:52mais il y a une émotion
00:14:53dans ces trucs-là.
00:14:55C'est des bateaux
00:14:55qu'on a connus.
00:14:56J'en vois un derrière
00:14:58que j'ai bien connu vivant.
00:15:00On imagine encore
00:15:01les gens dessus
00:15:01quand on les a connus.
00:15:02Ça compte beaucoup quand même.
00:15:12Les carcasses,
00:15:13lentement,
00:15:15se décomposent
00:15:15sous le regard
00:15:16des bretons respectueux.
00:15:19Car ici,
00:15:19les bateaux ont une âme
00:15:21et sont entourés
00:15:22de mystères.
00:15:26Il y a une légende
00:15:28qui dit
00:15:28qu'il ne faut jamais
00:15:30prendre un morceau de bois
00:15:31ni un clou
00:15:32sur un bateau
00:15:32qui est dans un cimetière
00:15:34parce qu'à mesure
00:15:35qu'il se désagrège
00:15:36sur terre,
00:15:37il se reconstruit
00:15:38sous l'eau.
00:15:38Donc si vous prenez
00:15:39des pièces,
00:15:40il ne peut pas se reconstruire.
00:15:41Et lorsqu'il est entièrement
00:15:42reconstruit sous l'eau,
00:15:43vous avez l'équivalent
00:15:44d'un équipage
00:15:45péri en mer
00:15:46qui peut monter au ciel.
00:15:49En Bretagne,
00:15:50les cimetières de bateaux
00:15:51sont aussi un témoignage
00:15:53précieux de l'histoire maritime.
00:15:55Comme un musée
00:15:56à ciel ouvert,
00:15:57il conserve la mémoire
00:15:58des anciens.
00:15:59C'est un bateau
00:16:00qui a navigué
00:16:01dans les années 50.
00:16:02Il voit ce qu'il en reste.
00:16:06Pierre Tertu connaît
00:16:07sur le bout des doigts
00:16:08les anciennes techniques
00:16:09de fabrication.
00:16:11C'est son père
00:16:12qui lui a transmis
00:16:13ce savoir-faire.
00:16:14Il a construit
00:16:15mille bateaux
00:16:16dont certains reposent
00:16:17aujourd'hui
00:16:18dans ce cimetière.
00:16:20Je suis attaché
00:16:21à ces épaves-là,
00:16:22bien sûr,
00:16:22c'est toute ma jeunesse
00:16:23et surtout,
00:16:24comme mon père
00:16:25était charpentier navire,
00:16:26je vois donc
00:16:27tout le travail
00:16:28qu'on a pu faire
00:16:29à cette époque-là.
00:16:30Tout se faisait
00:16:31à la force des bras.
00:16:32Il n'y avait pas
00:16:33d'élévateur comme maintenant,
00:16:34il n'y avait pas de grue,
00:16:35il n'y avait rien,
00:16:36tout se faisait à la main.
00:16:37Et tout ça,
00:16:38c'est un savoir
00:16:38qu'il faut mettre
00:16:40en évidence.
00:16:42Mais les vieilles coques
00:16:43de bois
00:16:43ne sont plus
00:16:44au goût du jour.
00:16:46Désormais,
00:16:47les seigneurs de la mer
00:16:48sont faits de plastique,
00:16:49de carbone
00:16:49et autres composites.
00:16:52Des matériaux
00:16:53difficilement recyclables
00:16:54qui n'ont pas
00:16:55leur place au cimetière.
00:16:59Les navires de compétition
00:17:00finissent tristement
00:17:01dans un rebut de chantier.
00:17:03Cette pièce-là,
00:17:04c'est le premier mât
00:17:08qui a été construit
00:17:09pour le bateau géant.
00:17:11Et donc,
00:17:12c'est Michel Desjoyeaux
00:17:13qui a dématé avec.
00:17:14Ça, ça fait partie de...
00:17:15Les épaves de nouvelle génération
00:17:17connaissent parfois
00:17:18une fin plus heureuse.
00:17:20Car un artiste
00:17:21a décidé
00:17:22de voler à leur secours.
00:17:23On n'avait qu'un seul niveau
00:17:24parce que c'était un mât L.
00:17:26Le matériau carbone,
00:17:28en même temps,
00:17:28il est vraiment high-tech,
00:17:30c'est ce qu'on fait mieux actuellement.
00:17:31On retrouve presque
00:17:32l'aspect d'une peau de cétacé.
00:17:34Enfin bon,
00:17:34c'est vraiment un matériau
00:17:36fascinant.
00:17:38Ces fragments de navires
00:17:40laminés par la compétition,
00:17:42Jean-Noël Duchemin
00:17:42les ramène à son atelier.
00:17:46Un bateau renversé
00:17:48sous lequel il tente
00:17:49d'inverser le cours des choses.
00:17:53Ce que je trouve aussi
00:17:54très motivant,
00:17:56c'est cette façon
00:17:56de redonner vie
00:17:57aussi à ces éléments,
00:17:58de prolonger
00:17:59leur, entre guillemets,
00:18:01relativement courte vie.
00:18:02Puisque le domaine
00:18:03de la compétition,
00:18:04c'est...
00:18:06La vie des bateaux
00:18:07est quand même
00:18:07très courte.
00:18:11Transformées en œuvres d'art,
00:18:12les épaves modernes
00:18:14rejoignent leurs ancêtres
00:18:15de bois
00:18:15au paradis des bateaux.
00:19:14Bonjour.
00:19:15Bonjour.
00:19:16Excusez-moi de vous déranger.
00:19:18Je vous voyais là
00:19:18du bord de la route.
00:19:19J'étais un petit peu
00:19:20intrigué
00:19:21par ce que vous étiez
00:19:21en train de faire.
00:19:22Je suis en train
00:19:23d'étudier de manière
00:19:25radiesthésique
00:19:26l'énergie du menhir.
00:19:28Je suis géobiologue
00:19:28et donc j'étudie
00:19:30les ondes
00:19:30dans les maisons
00:19:32ou les lieux
00:19:32ou les locaux
00:19:33ou les bureaux.
00:19:34Et on retrouve
00:19:36ces ondes-ci
00:19:37sous un menhir
00:19:38ici.
00:19:39Et donc ça
00:19:41permet en fait
00:19:42moi de me rendre compte
00:19:43qu'à l'époque,
00:19:44déjà jadis,
00:19:45c'est autant des menhirs,
00:19:46ils savaient utiliser
00:19:47l'énergie du sol
00:19:48pour développer
00:19:49une très bonne ambiance
00:19:52générale.
00:19:52Moi, ça me permet
00:19:53dans mon travail
00:19:54de, comment dire,
00:19:55améliorer la situation
00:19:56dans une maison, voyez-vous.
00:19:57Et à votre avis,
00:19:58il serait là
00:19:58depuis combien de temps
00:19:59ce menhir alors ?
00:20:00Alors, on dit
00:20:00qu'il date
00:20:01d'au moins 2000 ans
00:20:02avant Jésus-Christ.
00:20:03Donc ça veut dire
00:20:04que ça fait au moins
00:20:044000 ans
00:20:05qu'il est debout ici.
00:20:07Au moins.
00:20:07Est-ce que je peux
00:20:09essayer ?
00:20:09Essayer, bien sûr.
00:20:10Mais est-ce que ça va
00:20:11fonctionner avec moi ?
00:20:12Eh bien, on va le savoir
00:20:13tout de suite.
00:20:13Ouais.
00:20:15Ça s'appelle
00:20:16une antenne de lecher
00:20:17en fait.
00:20:18Donc là, c'est
00:20:19une veine d'eau
00:20:19que vous cherchez.
00:20:20Ouais.
00:20:21Donc si jamais ça bouge,
00:20:23c'est que sous vos pieds,
00:20:24il y a une veine d'eau.
00:20:28J'ai l'impression
00:20:29que ça ne fonctionne
00:20:29pas très bien avec moi.
00:20:30J'ai l'impression aussi.
00:20:35Mon but, c'est
00:20:36en partant de la maison
00:20:37d'avoir une bonne énergie
00:20:38comme celle du menhir.
00:20:39Et là, les gens
00:20:41profitent de cette énergie
00:20:42et vivent bien.
00:20:43Et les gens le ressentent
00:20:43vraiment ?
00:20:43Bien sûr, ouais.
00:20:44Mais excuse-moi,
00:20:45mais comment tu fais
00:20:47pour filtrer,
00:20:48traiter les ondes ?
00:20:49Par exemple,
00:20:49on a vu qu'il y avait
00:20:50deux veines d'eau
00:20:50sous le menhir.
00:20:52Sous une maison,
00:20:53ce n'est pas très conseillé,
00:20:55par exemple.
00:20:55Donc on va placer
00:20:57des plaques en cuivre
00:20:58sur les veines d'eau.
00:20:59Ce qui veut dire
00:21:00qu'une fois que j'aurai
00:21:00mis mon traitement en place,
00:21:02quand je passerai
00:21:03avec mon antenne
00:21:04pour chercher la veine d'eau,
00:21:05je ne la trouverai plus.
00:21:06Vous ne sentez pas ici,
00:21:07autour du menhir,
00:21:09cette bonne énergie ?
00:21:10c'est un peu plus.
00:21:28Je ne sais pas si j'aurai plus.
00:21:33C'est un peu plus.
00:21:39Je ne sais pas si j'aurai plus.
00:21:40La la la délée à l'eau, la la délée à l'eau,
00:21:43Au bêcheur la sirène d'eau,
00:21:44Si notre chanson vous a plu, donnez-vous la peine d'eau,
00:21:46Si notre chanson vous a plu, donnez-vous la peine d'eau,
00:21:49De nous payer un coup de roue,
00:21:50La la la délée à l'eau,
00:21:53Pour reprendre l'alêne d'eau,
00:21:54De nous payer un coup de roue,
00:21:55La la délée à l'eau,
00:21:57La la délée à l'eau,
00:21:58Pour reprendre l'alêne d'eau.
00:22:05Le you digue ça se mérite, on le donne pas à n'importe qui.
00:22:09Alors là, je vais vous expliquer le plat kikafarse que vous allez manger.
00:22:12D'abord, kikafarse, c'est un mot breton.
00:22:15Kik veut dire viande et farce veut dire phare.
00:22:17En fait, c'est un pot-au-feu amélioré.
00:22:20Dans la soupe avec les légumes, on cuit de la viande de bœuf, de la bascotte.
00:22:23Il n'y a pas de gras, il n'y a pas d'os.
00:22:25On ne prend pas de la vache.
00:22:27Que non, que non, paraît-il qu'elle est devenue folle.
00:22:29Mais là, encore erreur, c'est l'homme qui est devenu fou.
00:22:32Le pauvre, il ne s'en rend même plus compte.
00:22:33Sur ce, monsieur Dac, vous allez mettre un petit peu de tout dans l'assiette.
00:22:36Vous allez mouiller avec la petite sauce pour que ça glisse.
00:22:39Et après ça, monsieur Dac, je vous promets, je vous assure même que vous allez rôter sainement et sainement dans
00:22:44les deux sens du mot.
00:22:48Alors, elle a dit un petit peu de touche, donc je ne sais pas un petit peu de quoi.
00:22:50Un petit peu de touche.
00:22:51Écoute, avec ça, je pense qu'on va pouvoir faire une bonne sieste après ça.
00:22:54C'est bien que c'est.
00:22:55Voilà, un peu de chaud.
00:22:56Les gens racontent de belles histoires ici.
00:22:59Est-ce que tu en connais autour des menhirs ?
00:23:00On dit qu'au solstice d'été et d'hiver, les menhirs, au premier coup de minuit, ils sortent de
00:23:06leur trou.
00:23:06Ils vont s'abreuver à la mer.
00:23:07Et sous chaque menhir, il y a un trésor enfoui.
00:23:10Et donc, au premier coup de l'église, de minuit, les menhirs s'en vont.
00:23:15Et certains ont bien sûr essayé d'aller récupérer le trésor.
00:23:19Et en étant émerveillés devant tant de pièces d'or et de beauté,
00:23:21ils ont oublié de regarder l'heure et se sont fait écraser au deuxième coup de minuit par le retour
00:23:26du menhir,
00:23:27bien sûr, qui avait fini de s'abreuver.
00:23:30Donc, ça, c'est une légende.
00:23:34Les légendes comme celle-ci sont enracinées profondément dans la terre des Mondarais.
00:23:40Cette Bretagne de l'intérieur, sauvage et fascinante, est peuplée de créatures mystérieuses.
00:23:47Au son de la flûte, les curieux doivent s'aventurer dans la forêt pour en apprendre davantage.
00:23:58Pas trop fort, pas trop fort.
00:24:00Quand on prononce son nom à celui-là, Langkou, il vaut mieux pas le dire trop fort, pour pas attirer
00:24:05le mauvais oeil.
00:24:07Langkou, c'est le grand faucheur, celui qui vient chercher les gens au moment où ils vont partir, vers l
00:24:13'autre monde, vers le royaume des morts.
00:24:18Langkou, mais aussi les corrigans, les trolls des forêts, sont quelques-uns des personnages qui accompagnent Yoen lors de ses
00:24:25balades dans les Mondarais.
00:24:28Le paysage de les Mondarais est quand même bien particulier.
00:24:31C'est un paysage qui peut paraître désolé.
00:24:33En hiver, c'est tout noir et blanc.
00:24:35On n'a pas envie d'y perdre, avec la brume qui tombe vite et la nuit qui vous rattrape.
00:24:40On racontait même qu'il y avait un marais primitif qui était là, les portes des enfers.
00:24:46En breton, on appelle Yoeneles ce paysage vers le monde des morts.
00:24:52Les druides fréquentaient ces lieux dans l'Antiquité.
00:24:55Aujourd'hui, leurs disciples viennent encore s'y ressourcer.
00:24:58Le druidisme a été défini déjà dans les textes anciens, c'est la philosophie de la nature.
00:25:04Les Mondarais, comme d'autres parties en Bretagne, sont propices pour entrer en relation avec les éléments, le cosmos, la
00:25:14nature, la terre, l'air,
00:25:17et les éléments qui sont constitutifs de notre existence et du monde.
00:25:25Le souffle mystique continue de planer sur les monts d'Arrée.
00:25:29C'est ici le poumon spirituel de toute la Bretagne.
00:25:39Mauvais diagonale, Mathieu.
00:25:42Mauvais diagonale.
00:25:46Fais celui qui a pas cru.
00:25:48Ouais, c'est bon, là, on va être proie de savoir.
00:25:51Tranquille, tranquille.
00:25:53Voilà, très bien.
00:26:07Tout ça m'a l'air d'être très sérieux, là, Hervé, hein ?
00:26:10C'est pas une petite promenade du dimanche.
00:26:12Ah non, non, non, là, en fait, c'est un cours d'équitation qui rentre en plein dans le processus
00:26:17de formation de nos élèves
00:26:19qui vont préparer pour cela le BEP activité hippique, c'est-à-dire un BEP de cavalier.
00:26:23Avec la jeune femme qu'on voit là-bas.
00:26:25Oui, qui est l'Aude, la monitrice d'équitation, oui.
00:26:27Qui tient tout ça, hein ?
00:26:29Ah, fermement, hein.
00:26:29C'est bien fermement, hein ?
00:26:30On sent qu'elle sait exactement ce qu'elle veut.
00:26:33On est là pour travailler la cadence, c'est toi, tu le pousses !
00:26:37Qu'est-ce que c'est exactement une maison familiale ?
00:26:40C'était au départ, en fait, des professionnels de l'agriculture qui avaient dit
00:26:45pour former nos jeunes, ça serait bien qu'ils apprennent un peu ce qui se fait aussi à la maison
00:26:49sur le terrain,
00:26:49qu'ils aillent à l'école apprendre des techniques, qu'ils reviennent à la maison
00:26:52et du coup apportent un certain renouveau.
00:26:55C'est cet aller-retour entre du professionnel et de l'école
00:26:59qui rend un vrai sens aux études professionnelles.
00:27:02Alors pourquoi l'Andivisio est la capitale du cheval ?
00:27:05Parce que pendant la première moitié du XXe siècle, à l'Andivisio,
00:27:08ça a été le centre du commerce du cheval breton.
00:27:11Il y a donc un hippodrome à l'Andivisio,
00:27:13il y a une station d'air à réputée,
00:27:15il y a des vétérinaires spécialisés,
00:27:18et puis du coup, naturellement, il y avait une école de formation au métier du cheval.
00:27:21Moi, j'ai commencé à la maison familiale, j'enseignais des maths.
00:27:24Ah oui ?
00:27:24Mais alors les élèves parlaient d'équitation et moi, je ne savais pas parler de ça.
00:27:27Je me disais, ben, s'il me manquait quelque chose quand même.
00:27:29Et pour mieux parler avec eux, je suis parti apprendre à monter avec eux.
00:27:32Et du coup, aujourd'hui, j'ai un élevage, j'ai des chevaux d'attelage,
00:27:34on fait de la compétition.
00:27:35Le lundi matin, c'est la conversation,
00:27:37de savoir comment ça s'est passé le week-end,
00:27:38où tu étais en concours, comment ça s'est passé avec ton cheval,
00:27:41et c'est extraordinaire.
00:28:08Travaux pratiques ?
00:28:09Oui, ben oui.
00:28:24Salut !
00:28:25Ça va ?
00:28:26Il ne faut pas déraper, là, il ne faut pas te tromper.
00:28:29Ah non, non, non, c'est un travail de précision.
00:28:31Donc d'abord, on le tond en gros,
00:28:33et puis après, on fait les petites finitions
00:28:36pour éviter de laisser des traces.
00:28:38Et oui, qu'il soit beau.
00:28:39En tout cas, t'as bien bossé, j'ai l'impression.
00:28:41Je ne suis pas une spécialiste, mais t'as bien bossé.
00:28:43Ça, ça fait partie de ta formation aussi, il faut savoir faire ça.
00:28:46Ouais, ouais.
00:28:47Qu'est-ce que t'as envie de faire plus tard ?
00:28:48J'aimerais bien travailler avec les chevaux déjà,
00:28:50et puis pourquoi pas être cavalier professionnel.
00:28:53Ah, très bien.
00:28:54Ouais.
00:28:54Bon, je te laisse continuer,
00:28:55parce qu'il doit s'impatienter, ton cheval.
00:28:57Ah ouais, c'est sûr que c'est long pour eux.
00:28:59Applaudissements.
00:29:06Sous-titrage Société Radio-Canada
00:29:26A Plouguerneau, la marée basse découvre de grandes étendues d'algues.
00:29:30C'est le Gohémon.
00:29:32Un cadeau de la mer dont la récolte faisait vivre les habitants du littoral, comme Louis Boucher.
00:29:37Bonjour monsieur.
00:29:39Qu'est-ce que vous ramassez ?
00:29:41Du Ceratus.
00:29:42Du Ceratus ?
00:29:43Oui, du Gohémon noir.
00:29:45Dans le temps, ça se coupait en avril.
00:29:50Alors, tous les Gohémoniers venaient couper avec leur famille.
00:29:55Les courses et tout, tout le monde a la gare.
00:30:01A l'époque, les Gohémoniers travaillaient à la main.
00:30:05Un labeur harassant.
00:30:07Le Gohémon, séché puis brûlé, se transforme en soude qui est ensuite revendu aux industriels.
00:30:13On mettait le feu et puis après, on mettait du gohémon dessus, sec.
00:30:16Mais il ne fallait pas le mettre trop, trop à la fois.
00:30:19Sinon, il s'est étouffé.
00:30:21Donc, il fallait...
00:30:23Il fallait ça, il fallait mettre du temps pour rouler un tas de gohémon.
00:30:29Les Gohémoniers d'antan ont laissé place à une nouvelle génération.
00:30:37La pêche aux algues est devenue industrielle.
00:30:41Là, on va aller exploiter une algue qui s'appelle les algues Hyperborea.
00:30:46Il faut connaître par cœur tous les champs, parce que le Gohémon ne pousse pas n'importe où.
00:30:51Et connaître exactement aussi son relief et toutes les roches qui peuvent exister.
00:30:59Avec ce peigne d'une demi-tonne, Jacques et Gailloux va racler les fonds marins.
00:31:09Le Finistère possède les plus grands champs d'algues en Europe.
00:31:1465 000 tonnes de Gohémon sont moissonnées chaque jour par ces paysans de la mer.
00:31:20La différence entre les agriculteurs et nous, c'est que nous, nous récoltons en permanence, mais on ne sème rien
00:31:26du tout.
00:31:27La nature est quand même relativement généreuse avec nous.
00:31:30Il faut qu'on fasse très attention à ne pas non plus sur-exploiter les champs d'algues.
00:31:36Ces algues fournissent des gélifiants utilisés par l'industrie pharmaceutique et agroalimentaire.
00:31:42Mais en Bretagne, on leur connaît aussi une autre utilisation.
00:31:47C'est donc sur la plage que ce chef cuisinier est venu faire son marché.
00:31:51Pour la recette que je vais réaliser, je recherche de la dulce, que voici, qui est une algue très riche
00:31:58en protéines.
00:32:00L'une des algues les plus riches en protéines, donc qui est facilement reconnaissable par sa couleur un petit peu
00:32:03marron, prune, bordeaux.
00:32:07Et de la laitue de mer.
00:32:09Donc celle-là, elle est très facile à reconnaître, étant donné qu'elle a exactement la même couleur que la
00:32:12laitue.
00:32:16Une fois rincée, les algues sont prêtes à l'emploi.
00:32:22La dulce et la laitue de mer va infuser le fumet de poisson, dans lequel on cuira les artichauts bretons.
00:32:28Ce qui donnera un tout petit gouillaudé à ce fumet de poisson.
00:32:32C'est une saveur tout à fait étonnante et qui donne à ce plat toute la mesure de la cuisine
00:32:37aux algues et de l'accommodement de ce mets avec des artichauts et des produits du terroir.
00:32:46A travers cette tradition culinaire, le goémon continue de nourrir les habitants du littoral.
00:33:13Bonjour messieurs !
00:33:15Voilà les gardiens !
00:33:16Hop là !
00:33:17Ça va Jean ?
00:33:18Bonjour, moi c'est Sophie !
00:33:19Salut, enchantée !
00:33:20Bonjour, moi c'est Sophie !
00:33:21Bonjour Guy !
00:33:44Et le voilà notre phare de l'île Vierge.
00:33:47Oui, oui.
00:33:48Combien de marches ?
00:33:49365 en cas de taille.
00:33:51Bon, ben écoute, il faut se préparer.
00:33:53Il est où là notre phare à nous ?
00:33:54Il est ici.
00:33:55Il est ici l'île Vierge.
00:33:56Et là ce sont tous les phares de Bretagne ?
00:33:59De la pointe du Finistère.
00:34:00De la pointe du Finistère.
00:34:01Et avec ça on peut se repérer aussi facilement.
00:34:03On sait 4 éclats en 20 secondes, on sait qu'on arrive au phare de l'île Vierge.
00:34:07Ah oui ?
00:34:08Ok.
00:34:083 éclats tous les 15 secondes, c'est le phare du four.
00:34:31Voilà, on y arrive à l'optique.
00:34:34Donc il faut éviter de marcher sur le plateau, il faut prendre le chemin de ronde uniquement.
00:34:38Ok.
00:34:38Voilà.
00:34:39Ouh là, la vue est magnifique ici.
00:34:41Ah oui, oui.
00:34:42Pourquoi ça s'appelle l'île Vierge ?
00:34:44J'ai eu une version, c'est que rien ne pose sur l'île.
00:34:46Ah, d'accord.
00:34:47Voilà, c'est pas l'île de la Vierge, c'est l'île Vierge parce que rien ne pose.
00:34:51Donc là, tous les semaines, on passe un bon coup de chiffon pour nettoyer l'optique aussi,
00:34:56pour avoir une portée optimale.
00:34:59Derrière la lentille de Fresnel, il y a la lampe, qui est toute petite, c'est sûr,
00:35:04avec quand même une portée de 27 000, ce qui fait quasiment 50 km à l'heure.
00:35:09Le principe de l'optique, c'est une concentration du faisceau.
00:35:13Et donc pour avoir la portée optimale, il faut le milieu de la lampe, dans le milieu de l'optique,
00:35:17avec la ligne d'horizon.
00:35:18C'est comme ça qu'on règle pour une portée optimale du phare.
00:35:21Et il y a beaucoup de visiteurs ici qui viennent ?
00:35:23Oui, quand même, il y a pas mal à l'île et proche de la côte.
00:35:27Bon, c'est le plus haut phare d'Europe en plus, donc ça attire les gens aussi.
00:35:30Combien ?
00:35:3182 mètres 50 dans l'île.
00:35:33Ici, nous sommes dans le purgatoire.
00:35:35C'est un phare qui est construit sur un îlot ou sur une île.
00:35:38C'est donc un purgatoire.
00:35:40Et autrement, les phares en pleine mer qui sont uniquement sur une roche,
00:35:43on appelle ça l'enfer.
00:35:44Dans le jargon, il y en a un phare.
00:35:45Et après, il y a le paradis, ce sont les phares à terre,
00:35:47comme Saint-Mathieu, Carmon-Rvan, le Minou, le Portique.
00:35:52Voilà, maintenant, on va aller sur le chemin de ronde extérieur.
00:35:57Juste avant le coup de vent.
00:35:58Voilà, parce que là, tu penses qu'il y a un coup de vent ?
00:36:00Là, oui, il y a un bon grain qui nous vient à dessus.
00:36:04Là, oui !
00:36:18J'arrive plus à avancer !
00:36:22Ah, la lame, qu'est-ce que c'est beau !
00:36:25Ah, vous ne devez pas vous enlacer de ces paysages-là !
00:36:30Ben non, c'est un spectacle permanent !
00:36:31Non, c'est incroyable !
00:36:52Bon, maintenant, on va aller voir Guy.
00:36:53Alors, Guy, tu as préparé la popote ?
00:37:02Alors, comment vous vous organisez tous les deux ?
00:37:04Vous restez combien de temps au phare ?
00:37:06Normalement, c'est un planning, c'est deux semaines au phare, une semaine à terre,
00:37:09une semaine au phare, une semaine à terre.
00:37:11On a deux semaines de repos pour trois semaines de présence au phare.
00:37:13Vous qui avez vécu en Guyane, j'imagine que vous avez vécu des choses assez fortes là-bas.
00:37:19Comme c'était aux Îles-du-Salut, où il était Guillaume Ceznec,
00:37:23donc j'ai rencontré son petit-fils, c'est Denis, le maire Ceznec,
00:37:28qui m'a demandé de mettre dans la cour du phare la plaque commémorative sur son grand-père,
00:37:35à Guillaume Ceznec, martyrie-innocent.
00:37:36Donc, j'ai scellé la plaque sur le petit bâtiment là.
00:37:39Vous, Guy, ça vous est déjà arrivé de rester bloqué dans votre phare à cause d'une tempête, par exemple
00:37:44?
00:37:45Soit au Pierre-Noir, ou au Four, ou les autres phare en mer, on faisait du rap au phare.
00:37:49Le plus que j'ai fait, c'est dix jours de rap.
00:37:51Vous êtes resté bloqué dans le phare pendant dix jours ?
00:37:53Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ?
00:37:55Comme on fait d'habitude.
00:37:57Sauf, après, c'est le pain qui manque, ainsi de suite.
00:38:00On a les vifs de réserve, et puis on a toujours quelques vifs en plus.
00:38:04Vous étiez tout seuls ?
00:38:05Ah non, on est toujours à deux.
00:38:06Toujours à deux ?
00:38:06Ah oui.
00:38:09Voilà, c'est pour deux personnes.
00:38:11Bien sûr.
00:38:16Et voilà, les légumes.
00:38:17Et voilà, ça manquait, quelques légumes.
00:38:19Voilà.
00:38:19C'est parfait.
00:38:21On va faire glisser, là.
00:38:23Chaudre, ça serait bien.
00:38:25Les gardiens de phare ne sont pas les seuls à vivre ainsi, coupés du monde.
00:38:33La Bretagne regorge de petites îles, qui sont autant de refuges pour les nouveaux Robinson.
00:38:41L'île de Kémenès, en fait, c'est une petite île de la mer d'Iroise, qui est située entre
00:38:46Molen et le continent.
00:38:48C'est une île qui fait à peu près un kilomètre et demi de long, sur 400 mètres de large,
00:38:53au plus large.
00:38:54C'est là qu'on habite à l'année.
00:39:00Il y a trois ans, David et Soazic ont décidé de changer de vie en s'installant sur cette île
00:39:05déserte, l'île de Kémenès.
00:39:10Un bout de terre, inoccupé depuis 20 ans, est protégé par le Conservatoire du littoral.
00:39:19On a répondu à un appel à la candidature du Conservatoire du littoral,
00:39:23qui cherchait en fait un couple pour réoccuper l'île et restaurer, relancer l'activité agricole et faire un accueil
00:39:31touristique.
00:39:33La ferme de Kémenès fait aussi chambre d'hôte et accueille des visiteurs, qui viennent ainsi rompre l'isolement.
00:39:40Le reste du temps, David le consacre à la terre.
00:39:44Il s'agit de retrouver la fertilité de cette île, balayée par les embruns.
00:39:49C'est une exploitation agricole qui n'avait pas été entretenue depuis, grosso modo, une vingtaine d'années.
00:39:53Il y a énormément de travail de remise en route des parcelles, ce qu'on est en train de faire
00:39:58actuellement encore,
00:39:59de façon à ce qu'effectivement, par la suite, ça soit plus facile pour nous de cultiver pommes de terre
00:40:05et autre chose.
00:40:10Et ça, en fait, c'est une ruine qui a été réhabilitée par le Conservatoire du littoral.
00:40:17Grâce à cette serre, en fait, on a la possibilité d'avoir des tomates, chose qu'on ne pouvait pas
00:40:20avoir avant.
00:40:21Donc là, il y a des tomates et des petits marrons.
00:40:22Donc là, même si effectivement, on est en fin de saison, il y a encore quelques jolis fruits disponibles.
00:40:29Ce qu'en disaient les anciens, c'est que souvent, la terre des îles, c'était des terres pauvres
00:40:32et que c'était quand même assez difficile de cultiver.
00:40:36En fait, particulièrement Kémenès, et pas du tout dans ce cas-là.
00:40:39On est sur des sols qui sont assez profonds, avec des bons potentiels de culture.
00:40:46La ferme de Kémenès dépend le moins possible du monde extérieur.
00:40:51Aucun approvisionnement en eau.
00:40:53Ici, on doit récupérer l'eau de pluie.
00:40:56Par chance, les précédents locataires avaient déjà creusé un puits.
00:41:02Et pour l'électricité, il faut aussi s'en remettre à la nature.
00:41:07Entre l'éolienne et les panneaux solaires, on arrive à produire suffisamment d'énergie
00:41:11pour qu'on soit autonome toute l'année.
00:41:13Aujourd'hui, la ferme permet de montrer qu'on peut avoir tout le confort possible
00:41:20en utilisant des énergies renouvelables et que ça fonctionne même très bien.
00:41:30Vivre sur Kémenès doit se mériter.
00:41:33Il faut se fondre avec douceur dans ce paysage.
00:41:36Car l'écosystème y est fragile et protégé.
00:41:42David et Soazic ont donc pris de nouvelles habitudes.
00:41:44100% écolo.
00:41:47Pourtant, ils n'ont pas eu à renoncer à leur confort matériel.
00:41:50En vivant ici, on est mieux équipé que quand on habitait à Brest.
00:41:55Là, on a la vaisselle, la vinge, sèche-linge, four micro-ondes.
00:42:00On a tout le confort moderne, c'est d'autant plus agréable qu'on sait que ça n'a pas
00:42:05d'impact sur l'environnement.
00:42:09L'île de Kémenès est une utopie bien réelle, celle d'une vie confortable, en harmonie avec la nature.
00:42:23Là, on va voir certains de vos parcs à huîtres.
00:42:26Oui.
00:42:26Donc là, on va voir un bateau qui est en train de hercer.
00:42:29Ça veut dire quoi, hercer ?
00:42:30Il tire des peignes sur le sol.
00:42:37Qu'est-ce qu'on appelle un haber exactement ?
00:42:39L'aber, c'est ce bras de mer qui rentre dans la terre.
00:42:42Donc l'aber Benoît et l'aber Vraque sont les deux principaux.
00:42:45Et donc l'échange terre-mer fait abonder le plancton.
00:42:48D'accord.
00:42:49Et le plancton étant la nourriture principale de l'huître.
00:42:57Ce matin, on a ramassé, on a dragué quelques containers.
00:43:02On dit dragué, hein ? Monsieur est dragueur alors ?
00:43:04Oui.
00:43:05C'est un beau métier.
00:43:06C'est un beau métier.
00:43:07Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Je suis dragué.
00:43:09Beaucoup d'envieux.
00:43:15Quel est le pire ennemi de l'huître ?
00:43:18C'est l'homme, enfin l'environnement.
00:43:21La pollution, enfin la pollution que produit l'homme.
00:43:23Si on n'a pas un environnement correct, c'est même plus la peine.
00:43:28On ne peut pas élever.
00:43:29Nous, ça fait longtemps qu'on est embêtés avec des algues vertes.
00:43:32On est obligé de hercer, là, parce qu'on ne peut pas draguer nos huîtres normalement.
00:43:36Moi, j'ai connu ça où il n'y avait aucun problème.
00:43:38On nettoyait nos parcs comme ça.
00:43:41Maintenant, il y a des algues vertes.
00:43:44Et sur certains parcs, on a été obligé même de changer de mode de culture.
00:43:48On a été obligé de passer aux tables et aux poches.
00:44:03Alors là, on entre dans un autre haber ?
00:44:05Oui, l'Abervenoie.
00:44:07Et ici, vous avez des huîtres aussi ?
00:44:09Ah oui, c'est ici que tout a démarré pour nous.
00:44:12Ah oui ?
00:44:12Et notre établissement est basé là.
00:44:17Là, vous pouvez voir un côté typique, un petit cours d'eau qui se déverse là.
00:44:23Et tous ces cours d'eau amènent tous les sels nutritifs qui se jettent dans...
00:44:27Et après, il y a une alchimie compliquée mais naturelle qui se fait et qui profite à l'huître
00:44:34parce qu'il y a beaucoup de plantons.
00:44:56Alors ici, vous avez une petite boudeuse.
00:44:59Pourquoi boudeuse ? C'est parce qu'elle ne pousse plus.
00:45:02C'est une huître qui a 4 ans et elle a stoppé sa croissance.
00:45:05Alors à un moment, elle s'est bloquée.
00:45:07C'est la coqueluche des chefs.
00:45:09D'ailleurs, Guy Savoie dit d'elle que c'est du concentré d'huître.
00:45:12Je pense qu'il faut la goûter.
00:45:17Il a raison de le savoir.
00:45:22Allez, pendant que je termine ma dégustation avec Yvan,
00:45:24nous allons retrouver les Etats-Unis avec le troisième épisode d'Une Route Mythique,
00:45:28celle du blues.
00:45:34On roule vers le sud, sur la 55.
00:45:37On laisse Chicago en direction de Saint-Louis.
00:45:40C'est la route qui a amené le blues du Mississippi à Chicago.
00:45:45Les gens montaient en bus avec très peu d'affaires.
00:45:51Une des vieilles chansons raconte...
00:45:53Alors bébé, tu veux pas venir au pays du lait et du miel, dans mon doux foyer de Chicago ?
00:45:59C'est par là qu'ils sont montés vers le nord,
00:46:01et c'est par là que nous on descend vers le sud, sur la route 55.
00:46:06Ça y est, la route du sud.
00:46:09500 kilomètres jusqu'à notre première étape, Saint-Louis.
00:46:13À l'intersection du Mississippi et du Missouri.
00:46:18Je pose la caméra dans les faubourgs populaires de la ville, sur la Baddy Street,
00:46:23au milieu d'un périmètre de quelques maisons,
00:46:25où tout un pan de la musique noire américaine prend sa source.
00:46:29C'est ici qu'a grandi Chuck Berry, l'auteur génial de Johnny B. Goode, Route 66,
00:46:35ou encore Roll Over Beethoven.
00:46:39À la croisée du blues et du rock'n'roll.
00:46:42Ici, nous retrouvons Fernando Jones, un bluesman réputé,
00:46:46qui fut autrefois l'un des mentors de Lédel.
00:47:12Auteur-compositeur, Fernando Jones est un puriste du blues.
00:47:17En parallèle de son propre travail de création,
00:47:20il se bat pour la mémoire du genre,
00:47:22dont il enseigne l'histoire au Columbia College de Chicago.
00:47:28L'histoire au Columbia College de Québec,
00:48:22Ça fait du bien de jouer avec toi, mon vieux.
00:48:24Bien, bien. Je ne savais pas que tu te souvenais de tout ça.
00:48:26Ouais, ouais, je me rappelle. Montre-moi ça, Fernando. Montre-moi ça et puis ça.
00:48:31Tu me fais plaisir, mon gars.
00:48:33Sans toi, je n'aurais peut-être pas de guitare aujourd'hui.
00:48:35J'ai autant besoin de toi que t'as besoin de moi, mon frère.
00:48:39C'est si bon de voir que tu joues toujours et que tu fais de grandes choses.
00:48:43Je vais sur Internet et je vois que tu fais de grandes choses.
00:48:48C'était vraiment courageux, tu sais, de quitter Chicago, la capitale mondiale du blues,
00:48:52et d'aller à New York planter ses graines.
00:48:55et surtout de te rappeler d'où tu viens.
00:48:58C'est vraiment magnifique.
00:49:00Tu m'as tout appris, tu sais.
00:49:03T'es un grand historien du blues.
00:49:06Un de ceux qui maintiennent en vie cette musique.
00:49:11Tu es un de ceux qui comptent vraiment.
00:49:18Tu es vraiment authentique.
00:49:21C'est la seule façon d'être.
00:49:23Il faudrait vraiment qu'on se remette à faire des trucs ensemble.
00:49:25Hallelujah.
00:49:38Nous nous rendons 6504 d'Elmar Boulevard,
00:49:42au Blueberry Hill,
00:49:43un bar-restaurant où Chuck Berry se produit encore, une fois par mois.
00:49:49Un véritable temple à sa gloire,
00:49:51où la salle de concert a pour nom Duck Room, la salle du canard.
00:49:55Une référence directe au Duck Walk,
00:49:58le jeu de scène qui constitue la marque de fabrique de l'artiste.
00:50:03C'est Fernando Jones qui a choisi cet endroit
00:50:06pour répondre à nos questions
00:50:07et nous expliquer sa vision du blues.
00:50:14J'ai grandi à Chicago
00:50:16et mes grands frères jouaient le blues.
00:50:20Mes parents sont du Mississippi,
00:50:23ma mère et mon père.
00:50:25J'ai grandi alors que le blues faisait encore partie de la culture populaire.
00:50:31A mes débuts, c'était toujours cool d'écouter du blues.
00:50:35Également d'essayer d'en jouer, d'apprendre comment le jouer.
00:50:39Le blues, c'est une musique intime, presque sacrée.
00:50:43Il est indispensable que le public joue un rôle actif
00:50:46et qu'il y ait un dialogue avec lui.
00:50:48Pour qu'il y ait un véritable échange,
00:50:50il vous faut puiser les choses de ce public
00:50:52en même temps que vous donnez de vous-même.
00:50:55Alors il faut savoir impliquer les gens.
00:50:59Vous ne jouez pas juste vos morceaux,
00:51:01il faut inviter les gens à partager une expérience.
00:51:06Quelquefois, quand vous débutez en tant qu'artiste,
00:51:08vous commencez par jouer juste pour vous-même.
00:51:11Vous jouez votre répertoire,
00:51:13tout ce que vous savez faire.
00:51:14Et si les gens n'aiment pas,
00:51:16et bien tant pis pour eux.
00:51:17Et puis vient un moment où vous avez vraiment envie que ça leur plaise.
00:51:21Alors, vous regardez votre public
00:51:23un peu comme un attaquant au foot
00:51:25qui observe ses équipiers à l'arrière.
00:51:27Vous vous dites,
00:51:29normalement, je devrais envoyer le ballon de ce côté-là,
00:51:32mais quand je regarde mes défenseurs,
00:51:33je vais plutôt l'envoyer de l'autre côté.
00:51:35Ainsi, dans certains cas,
00:51:37il faut savoir changer l'ordre des morceaux,
00:51:39ou le rythme, les arrangements aussi.
00:51:41Il faut savoir s'avancer vers le public,
00:51:44utiliser l'humour,
00:51:47sortir une blague parfois.
00:51:49Tout est bon pour impliquer son public.
00:51:51Et avec un peu de chance,
00:51:53tu peux retirer d'eux quelque chose,
00:51:55une vraie relation s'établit.
00:51:58Quand tu en es là,
00:51:59tu peux vraiment mettre le feu.
00:52:13Well, I tumble like a tumbleweed
00:52:19And I roll whole like a rolling stone
00:52:25Well, you'll never see,
00:52:28see me crumble
00:52:32And you'll never know
00:52:34The blues I've known
00:52:38Well, my mother's from
00:52:40Mississippi
00:52:44And my daddy's from
00:52:46From there too
00:52:50Even though
00:52:52I'm from the city
00:52:57I'm from
00:52:58Mississippi too
00:53:03Cause I tumble
00:53:05Like a tumbleweed
00:53:09And I roll whole
00:53:11Like a rolling stone
00:53:15Well, you'll never see,
00:53:18see me crumble
00:53:21And you'll never know
00:53:24The blues I've known
00:53:34Exit Saint Louis
00:53:35Direction Memphis, Tennessee
00:53:37A 450 km
00:53:39C'est la dernière grande ville
00:53:40Avant les états du sud
00:53:41Sur les bords du Mississippi
00:53:43La capitale du coton
00:53:45A quelques heures de navigation
00:53:46Des grandes plantations
00:53:55Memphis est un carrefour commercial
00:53:56Mais aussi musical
00:53:58Rock, soul, blues
00:54:00Partout
00:54:01Les enseignes rappellent
00:54:02Le rôle historique
00:54:03Joué par les fabricants de guitare
00:54:05Les artistes
00:54:06Les studios d'enregistrement
00:54:07Les clubs aussi
00:54:09Comme dans Bill Street
00:54:11Baptisé au début du siècle
00:54:12La grande rue de l'Amérique noire
00:54:14Et immortalisé
00:54:15Par le Bill Street Blues
00:54:17De William Henley
00:54:24Autrefois célèbre pour ses tripots
00:54:26Ses maisons closes
00:54:26Et son blues
00:54:27Bill Street est aujourd'hui
00:54:29La première attraction touristique
00:54:31Du Tennessee
00:54:32Une accumulation de fast food
00:54:34De boutiques de souvenirs
00:54:36Et de musique bon marché
00:54:41Pas besoin de s'attarder
00:54:42Je préfère reprendre la voiture
00:54:44Vers un autre haut lieu de la ville
00:54:46Avec l'espoir
00:54:47D'éprouver un peu plus d'émotion
00:55:01926 Est
00:55:03Maclemore Avenue
00:55:04Le musée dédié au label Stax
00:55:06Qui enregistra entre les années 60 et 70
00:55:09Parmi les plus grands noms du Rhythm and Blues
00:55:11Otis Redding
00:55:13Mais aussi Rufus Thomas
00:55:14Johnny Taylor
00:55:16Eddie Floyd
00:55:17Sam and Dave
00:55:18Ou encore Isaac Eyes
00:55:23Stax
00:55:24C'était la réponse de Memphis
00:55:26Au label de New York ou de Détroit
00:55:27Comme Tamla Motown
00:55:29Une Saul
00:55:30Moins directement commercial
00:55:31Moins sucrée
00:55:33Plus sauvage
00:55:34Une forme originale
00:55:36Née du métissage d'artistes blancs
00:55:38Et d'artistes noirs
00:55:39Qui constituèrent ici
00:55:41Une véritable famille de créations
00:55:44Le symbole le plus évident de ce métissage
00:55:46Était certainement le groupe Booker Tians et MGs
00:55:49Auteur de hit planétaire Green Onions
00:55:51Et qui accompagnait la plupart des artistes du label
00:56:03Reconstitution du studio original
00:56:07Exposition des guitares d'Albert King ou de Height Turner
00:56:11Des costumes de scène
00:56:14Sans conteste, le point d'orgue de cet itinéraire nostalgique
00:56:18C'est la Cadillac Eldorado
00:56:19De Isaac Hayes
00:56:21Le Moïse noir
00:56:22Auteur du génial Shaft
00:56:24Et l'une des figures les plus emblématiques
00:56:26De la culture noire américaine
00:56:28Des années 70
00:56:48Au terme de la visite
00:56:50Nous décidons avec l'Edle
00:56:51De rencontrer la nouvelle génération
00:56:57Ma première question est
00:57:00Qu'est-ce que la musique signifie pour vous
00:57:02Lorsque vous l'écoutez?
00:57:09La musique me permet d'exprimer ce que je ressens
00:57:17Et quand je danse
00:57:19Elle me dit qui je suis
00:57:21Ouah, c'est incroyable
00:57:23Pour moi, la musique, c'est quelque chose de spirituel
00:57:25Il y a toujours un sens
00:57:27Et des leçons à retirer
00:57:28La musique, pour moi, permet
00:57:30Même si on s'exprime dans une langue totalement différente
00:57:32De communiquer avec les autres par le chant
00:57:36Incroyable
00:57:37Ok, question suivante
00:57:38On va essayer d'avoir le plus de réponses possibles
00:57:42Ma question est
00:57:44Combien d'entre vous jouent d'un instrument?
00:57:47Dites-nous de quel instrument
00:57:48Et pourquoi vous l'aimez bien?
00:57:52Je joue de la batterie
00:57:54De la batterie?
00:57:55Wow!
00:57:56Tu aimes la batterie?
00:57:57Et toi?
00:57:58Je joue du piano
00:58:00Tu joues d'un instrument?
00:58:02Oui
00:58:02Je joue de la guitare
00:58:04De la guitare rock
00:58:05Et du piano
00:58:06Et j'aime la façon dont ça me permet de m'exprimer
00:58:10Pas juste comment je me sens
00:58:11Mais ce que je ressens
00:58:13Peut-on vivre sans musique?
00:58:18Est-ce que le blues est bon pour nous?
00:58:22Est-ce que le rock est bon pour nous?
00:58:26La soul
00:58:28Le hip-hop
00:58:30La country
00:58:31La pre-do English
00:58:32La pomme
00:58:32The R en B
00:58:33La n B
00:58:33La n B
00:58:35La basket
00:58:36This is real
00:58:37This is me
00:58:38I'm exactly where I'm supposed to be
00:58:41Now
00:58:42Gonna let the light
00:58:44Shine on me
00:58:46Now I've found
00:58:48Who I am
00:58:49There's no way to hold it in
00:58:52No more hiding
00:58:54Who I wanna be
00:58:56This is me
00:59:09Voilà, c'est la fin de mes échappées de Belle-Bretonne
00:59:11La fin de ce voyage dans le Finistère
00:59:12J'ai rencontré ici des gens adorables
00:59:18Gilda, Gwenaëlle, Annick, Yvon et les autres
00:59:21Ont été absolument charmants
00:59:23Je suis sûre que je reviendrai un jour
00:59:24En tout cas, il faut que je parte pour de nouvelles aventures
00:59:27Je vous embrasse et comme d'habitude, faites de vos voyages
00:59:57Merci d'avoir regardé cette vidéo !
01:00:04Merci d'avoir regardé cette vidéo !
01:00:14Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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