Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 ans
Echappées belles : Nouvelle Calédonie 1 Sophie arrive à Nouméa, elle sera en immersion dans la Nouméa cosmopolite. Elle se rend avec Paul à la ...

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:00...
00:00:21Il y a dans ma tête
00:00:24Les trottoirs de mon pays
00:00:27L'île d'où je suis
00:00:28Là où le ciel a mille visages
00:00:32Où les visages en mille couleurs
00:00:35Il y a dans ma tête
00:00:38Des plages du sable et des souvenirs
00:00:42L'île où je vis
00:00:44Là où la terre porte un nom
00:00:46Où les noms portent une âme
00:00:49Il y a dans ma tête
00:00:52L'île la plus proche de l'Éden
00:00:56Entre immeubles et cascades
00:00:58Entre rêve et réveil
00:01:01Entre larmes et folie
00:01:04Il y a dans ma tête
00:01:06Cette île d'où je suis
00:01:09Ce pays qui m'habite
00:01:11Mon pays
00:01:30C'est vraiment gentil à toi
00:01:32Paul de m'accueillir ici
00:01:33Dans ton pays du bout du monde
00:01:35Ce pays d'outre-mer
00:01:36La métropole
00:01:37La France est bien loin d'ici
00:01:3822 000 kilomètres
00:01:40Oui c'est ça
00:01:4010 heures de décalage horaire
00:01:42Là je me remets à peine
00:01:43Et puis alors on va tout de suite
00:01:45Tordre le cou à des idées reçues
00:01:47Des fois il pleut en Nouvelle-Calédonie
00:01:49Il y a même des cyclones qui passent par chez nous
00:01:51Je ne sais pas trop comment te présenter
00:01:54Slameur, poète, enseignant
00:01:56Un peu tout ça
00:01:57En tout cas tu es un enfant du pays
00:01:58Voilà un enfant du pays
00:02:00Citoyen du monde
00:02:02Slameur, poète
00:02:04C'est ça
00:02:04Voilà
00:02:05Pour que mon voyage se passe bien
00:02:06Qu'est-ce que je dois respecter
00:02:08Qu'est-ce qu'il faut absolument faire ici ?
00:02:10Quand tu arrives chez quelqu'un
00:02:12C'est pour montrer ton respect
00:02:14Par rapport à celui qui t'accueille
00:02:15Que tu vas respecter sa maison
00:02:18Que tu vas respecter son lieu
00:02:20Donc si demain tu iras chez quelqu'un
00:02:23Tu viendras avec ce sac
00:02:24Et tu lui diras
00:02:25Voilà je viens chez toi
00:02:27Avec respect, humilité
00:02:29Et lui en échange
00:02:30Il va donner sa bénédiction
00:02:31Merci beaucoup
00:02:32C'est ton passeport
00:02:32C'est mon passeport
00:02:34En tout cas j'ai l'impression
00:02:35Qu'on est très attaché à l'histoire
00:02:37Aux traditions
00:02:38Il y a beaucoup de choses
00:02:39Qui se transmettent par l'oral
00:02:40Tout se transmet à l'oral
00:02:42Vous voyez pour parler
00:02:43L'histoire de la famille
00:02:44L'histoire d'un clan
00:02:45L'histoire d'où tu es placé
00:02:48D'où tu viens
00:02:49Tout ça, ça se transmet à l'oral
00:02:50Les coutumes
00:02:52La force de la parole chez nous
00:02:54Elle est très importante
00:03:06C'est tout un symbole
00:03:07Qu'on se retrouve ici
00:03:08Au centre culturel Djibaou
00:03:10Paul Djibaou
00:03:11Qui est juste devant nous
00:03:13C'était un leader charismatique
00:03:15Le leader indépendantiste
00:03:16Un personnage très marquant
00:03:17Pour l'histoire de la Nouvelle-Calédonie
00:03:19Très marquant oui
00:03:20Lui et moi je le place
00:03:21Au niveau de Gandhi
00:03:23Ou Aimé Césaire
00:03:25Martin Luther King
00:03:26Donc ce sont ces hommes là
00:03:28Qui ont lutté
00:03:29Pour la dignité d'un peuple
00:03:31Ici
00:03:32Pour la dignité du peuple kanak
00:03:34Cette lutte là
00:03:35Elle est universelle
00:03:38Elle est humaine
00:03:39Tout le monde est le bienvenu
00:03:40Dans ce centre culturel
00:03:41Toutes les communautés
00:03:42Et elles sont très nombreuses
00:03:43En Nouvelle-Calédonie
00:03:44Tu as d'abord la population kanak
00:03:46La population d'origine
00:03:47Et avec l'histoire
00:03:49Ce sont rajoutées
00:03:49La population métropolitaine
00:03:51La population asiatique
00:03:53Polynésienne
00:03:54Antiaise
00:03:55Africaine
00:03:57Kaldosh
00:03:58Donc tout ce mélange là
00:03:59Faut un beau mélange de couleurs
00:04:01Tu sais Paul
00:04:02Ce qui me ferait plaisir
00:04:03Ce serait que tu puisses
00:04:04M'accompagner à Nouméa
00:04:05Parce que j'aimerais
00:04:05Beaucoup découvrir la ville
00:04:06Avec toi
00:04:07Il n'y a pas de problème
00:04:08C'est vrai ?
00:04:08Pas ni problème
00:04:09Ah bah c'est gentil
00:04:15La capitale de Nouvelle-Calédonie
00:04:16Est multi-ethnique
00:04:20Le marché de Nouméa
00:04:21Est un lieu de brassage
00:04:22Pour toutes ses cultures
00:04:25On y rencontre
00:04:26Les Polynésiens
00:04:27Et les Asiatiques
00:04:28Japonais
00:04:29Chinois
00:04:30Et Vietnamiens
00:04:33On trouve aussi
00:04:34Les Kaldosh
00:04:35Les descendants d'Européens
00:04:36Arrivé au XIXe siècle
00:04:37Et bien sûr
00:04:38Il y a les kanak
00:04:40Le peuple autochtone
00:04:41De Nouvelle-Calédonie
00:04:42Qui représente
00:04:42Près de 45%
00:04:43De la population
00:04:47Mais à Nouméa
00:04:48Tous ne sont pas logés
00:04:49A la même enseigne
00:04:51Et de nombreux kanak
00:04:52Venus de la campagne
00:04:53S'installent dans ces squats
00:04:55Tolérés par la municipalité
00:04:59Là on est en squat de Nouville
00:05:02On est à 4 minutes de Nouméa
00:05:04Petite tribu qui est ici
00:05:06Et pourquoi on squat ici à Nouville
00:05:10C'est à cause d'un problème déjà
00:05:12De loyer
00:05:13Et problème d'emploi
00:05:15De travail
00:05:15Donc les jeunes viennent un peu du Nord
00:05:17Un peu de partout
00:05:18Des îles
00:05:19Comme lui
00:05:20Ils sont tous venus
00:05:21A la capitale
00:05:22Pour chercher un emploi
00:05:25Originaire de l'île de Marais
00:05:26Wayat est arrivé au squat
00:05:27Il y a 17 ans
00:05:30A l'époque
00:05:30Il n'y avait que quelques tentes
00:05:32Sur ce terrain public
00:05:33Mais aujourd'hui
00:05:34Une centaine de familles
00:05:36Vivent dans ces cabanes
00:05:40Il règne au squat
00:05:41Un fort esprit de solidarité
00:05:44Cette famille
00:05:45Originaire du Vanuatu
00:05:46Héberge wayat sous son toit
00:05:52Ici c'est comme
00:05:53On va dire
00:05:54La vie tribale
00:05:55Où tout le monde
00:05:56Vient en communauté
00:05:58On se rassemble
00:05:59Chacun partage le pain
00:06:03Ici je n'ai pas à payer
00:06:04Pour le loyer
00:06:05Je paye seulement pour l'eau
00:06:07Du coup ça me permet
00:06:08D'avoir une grande maison
00:06:09Et je peux accueillir
00:06:11Ma nombreuse famille
00:06:20Une fois par semaine
00:06:22Les jeunes quittent le squat
00:06:23Et descendent dans le centre-ville
00:06:25De Nomea
00:06:29Dans le quartier riche
00:06:30Ils viennent vendre du pain
00:06:31Pour se faire un peu d'argent
00:06:36C'est ici Nomea La Blanche
00:06:38Le fief des caldoches
00:06:41On y vit différemment
00:06:42Mais toujours selon
00:06:43Les règles de la communauté
00:06:46Et quand Maître Milliard
00:06:47Se rend seul à son travail
00:06:48Les membres de sa famille
00:06:49Ne sont en fait
00:06:50Jamais bien loin
00:06:51Mon petit-fils
00:06:52Qui a eu
00:06:53Trois mois
00:06:54A l'entière
00:06:56Les liens qui nous unissent
00:06:58Ce sont des liens forts
00:06:58On est des insulaires
00:06:59On est loin de tout
00:07:02Il a donc fallu vivre
00:07:04En harmonie
00:07:05Les uns les autres
00:07:05Le plaisir
00:07:06Ce n'était pas
00:07:06Les plaisirs de France
00:07:07Le théâtre
00:07:08Les choses comme ça
00:07:09Nous c'était la relation humaine
00:07:10Qui a fait
00:07:11L'enfance de mes parents
00:07:12De mes grands-parents
00:07:13C'était la vie sociale
00:07:15Entre les individus
00:07:16Coucou
00:07:16Coucou
00:07:16Coucou
00:07:17Coucou
00:07:17Coucou
00:07:18Coucou
00:07:18Coucou
00:07:19Ce soir
00:07:20Denis se rend
00:07:21A une petite réunion de famille
00:07:22On appelle cela
00:07:24Une cousinade
00:07:25Tu vois ça c'est la preuve
00:07:26De notre lien avec la France
00:07:28Parce qu'on aime bien le vin français
00:07:33Cela fait 8 générations
00:07:34Que la famille est implantée
00:07:35Sur le sol calédonien
00:07:37A leurs yeux
00:07:38Cette longévité
00:07:39Vaut tous les arguments
00:07:40Et rend incontestable
00:07:41Leur droit
00:07:42A vivre sur cette terre
00:07:45Nous notre vie
00:07:46Elle est ici
00:07:46Elle a été construite ici
00:07:48Bâtie ici
00:07:48Et par la force des choses
00:07:50Je veux dire
00:07:51On est né ici
00:07:51On n'a pas choisi
00:07:53Mais on y est viscéralement attaché
00:07:55Et moi demain
00:07:55Vous me dites
00:07:56Tu ne peux plus vivre
00:07:57A nous né un
00:07:57Je vais où ?
00:07:59Je n'ai aucune idée
00:08:02Depuis quelques années
00:08:03Des couples mixtes
00:08:04Apparaissent dans la famille
00:08:06On ne peut pas dire
00:08:07Que le métissage
00:08:08Dans notre famille
00:08:09Soit quelque chose de courant
00:08:11Il est aujourd'hui admis
00:08:13Et il ne viendrait
00:08:14A l'idée de personne
00:08:15De le refuser
00:08:17C'eût été une position
00:08:19Quasiment sacrilège
00:08:21Dans les générations antérieures
00:08:25Au même moment
00:08:26Au squat de Nouville
00:08:28A lieu aussi une petite fête
00:08:29Et les caldoches
00:08:31N'hésitent plus
00:08:31A rejoindre leur voisin canaque
00:08:37Les deux communautés
00:08:38Se côtoient timidement
00:08:39C'est ainsi
00:08:41Que se fabrique
00:08:41Petit à petit
00:08:42La citoyenneté calédonienne
00:08:47Et je tourne
00:08:49Et je tourne
00:08:50Et puis je tourne
00:08:53Autour de la ville
00:08:55Cette ville
00:08:56Qui m'entoure
00:08:57Qui me sert
00:08:58Cette ville
00:08:59Pleine de monde
00:09:01Qui tourne en bande
00:09:03Autour
00:09:03D'une autre bande
00:09:05Et ça roule
00:09:07Ça se croise
00:09:08Ça s'arrête
00:09:09Ça attend
00:09:11Et ça achète
00:09:12C'est vivant
00:09:16On va à quel arrêt
00:09:17Pour prendre le bus
00:09:18Pour le centre-ville ?
00:09:19En fait
00:09:20Tous les arrêts ici
00:09:21S'en bons
00:09:21Pour prendre le centre-ville
00:09:22On va l'attendre là
00:09:23Bonjour madame
00:09:24Nous on veut rejoindre
00:09:25Le centre-ville
00:09:26On prend le même bus
00:09:26Que vous peut-être
00:09:27Non ?
00:09:27Vous prenez le 7 ?
00:09:28Ah bah nous aussi
00:09:29Ici on est de la gare
00:09:30Routia
00:09:30C'est le lieu
00:09:31Où les gens
00:09:33Viennent attendre
00:09:33Souvent le bus
00:09:34Pour aller rentrer chez eux
00:09:35Ou pour aller au travail
00:09:36Ici c'est un peu
00:09:37Le point stratégique
00:09:39C'est un peu près de la gare
00:09:40Bonjour
00:09:41Oui
00:09:41Salut
00:09:42Salut
00:09:44Tu connais tout le monde
00:09:45Toi ici ?
00:09:46Euh
00:09:47Je crois que c'est plus tout le monde
00:09:48Qui me connaît
00:09:49C'est ça
00:09:50Les gens se parlent beaucoup par signes
00:09:53On se fait beaucoup de gestes
00:09:54Oui
00:09:54Vous avez l'impression
00:09:55Oui
00:09:55C'est beau tu fais
00:09:57Ça
00:09:58Ça
00:09:58Ça
00:09:59Ça veut dire quoi ça ?
00:10:00Ça
00:10:01Ça veut dire quoi ?
00:10:02Ça
00:10:02Ça veut dire je tourne
00:10:04Je tourne
00:10:05Je zone
00:10:06Ouais
00:10:07Et ça ?
00:10:08Ça
00:10:09Ça c'est pour un verre
00:10:11Je vais boire un verre
00:10:11Je vais boire un verre
00:10:12Ah voilà
00:10:13Je vais boire un verre
00:10:14Très beaucoup
00:10:15Alors on va prendre celui-là
00:10:24Madame vous êtes d'où ?
00:10:26Moi je suis d'où ?
00:10:27Moi je suis d'où ?
00:10:27Je suis d'où bien
00:10:28Ah oui
00:10:29Je vais aller vous promener un peu en rue
00:10:31Vous allez vous promener un peu en rue ?
00:10:33À la rue
00:10:34On arrive à la place du Cocotier
00:10:36Voilà
00:10:37Là c'est la place du Cocotier
00:10:38Ha
00:10:40Oui
00:10:43Ah
00:10:46J'ai une vidéo
00:10:47J'ai euh
00:10:49Un portail
00:10:50Télé
00:10:52Tu lui parles en quelles langues là ?
00:10:54En djehu
00:10:55La langue de l'île de Lifu
00:10:56L'île d'où je suis
00:10:58Et faut savoir qu'ici il y a vingt-huit langues
00:11:01Vingt-huit langues canaques qu'il sont parlées
00:11:02Les gens parlent à chacun leurs langues ? Tout le monde se comprend ?
00:11:05Chacun parle sa langue
00:11:06Oui
00:11:06C'est le français qui...
00:11:08qui nous permet de communiquer entre nous.
00:11:13Toi, tes parents, ils sont venus à Nouméa,
00:11:15mais ils n'étaient pas originaires d'ici, alors, au départ.
00:11:18Non, non, non, ils ont dû venir sur Nouméa pour le travail.
00:11:22Il y a beaucoup de gens ici qui s'exilent de leur tribu
00:11:25pour venir sur Nouméa, pour trouver du travail.
00:11:28Moi, je suis, on va dire, ce qu'on pourrait rappeler,
00:11:31entre guillemets, un déraciné.
00:11:32Je parle mieux le français que ma langue natale.
00:11:35J'ai plus grandi avec le français.
00:11:37J'ai grandi ici plus qu'à la tribu.
00:11:40À quel âge tu as quitté pour la première fois
00:11:42la Nouvelle-Calédonie pour voyager ?
00:11:44La première fois que j'ai quitté la Calédonie, c'était en 2006,
00:11:48pour Paris.
00:11:49Et Paris, c'est vraiment Nouméa en version 1 million de...
00:11:54Qu'est-ce qui t'a le plus marqué ?
00:11:57Tout est grand.
00:11:58C'est comme si c'était ici, mais en plus grand, grand, grand, grand.
00:12:02Moi, je pensais que c'était ici, Babylone.
00:12:05Alors que là, j'ai trouvé la maman de Babylone.
00:12:18On était où, là, tout à l'heure, Paul ?
00:12:20On était... Tu vois où il y a la grande tour, là ?
00:12:25On était dans cette zone.
00:12:26C'est le centre-ville de Nouméa.
00:12:28Et d'ici, on se rend compte que Nouméa est très, très étendue.
00:12:31Nouméa, Nouméa va du bout, là-bas, jusqu'au bout, là-bas.
00:12:34T'as le corps, le grand Nouméa, là-bas.
00:12:36C'est une ville assez étendue.
00:12:38Et il y a une chose qu'on ne peut pas rater lorsqu'on est ici.
00:12:41C'est ça, cette usine.
00:12:43Eh oui, l'usine du nickel.
00:12:46Qui fait beaucoup de fumée, de couleurs différentes.
00:12:50Ça dépend des jours.
00:12:51Et les problèmes qui se posent, c'est au niveau écologique,
00:12:55au niveau de l'environnement.
00:12:56Le nickel est le premier, premier employeur du territoire.
00:12:59Donc, c'est dur de choisir entre le développement et l'environnement.
00:13:07Il y a un travail à faire à ce niveau.
00:13:14Les usines comme celle-ci font partie intégrante du paysage.
00:13:19Le nickel calédonien est exporté dans le monde entier.
00:13:23Il constitue la première ressource économique du pays.
00:13:27Un quart des réserves mondiales gisent dans les montagnes de la Grande Terre.
00:13:36Une main-d'oeuvre nombreuse est nécessaire pour extraire et transformer le précieux minerai.
00:13:44Jusqu'à présent, la grande majorité des emplois étaient concentrés dans le sud de l'île.
00:13:49Mais bientôt, avec une nouvelle usine près de Connay, le nord ne sera plus délaissé.
00:14:02Alors ici, actuellement, nous nous trouvons sur l'emplacement de la future usine du nord.
00:14:07C'est actuellement, au niveau mondial, l'un des plus grands projets.
00:14:11Dans cette région pauvre en emploi, c'est une bouffée d'oxygène.
00:14:16La plupart des ouvriers sont canaques et viennent des tribus alentours.
00:14:20Ceux-là n'auront plus besoin de quitter la province pour trouver du travail.
00:14:24Avant, il fallait que je fasse des kilomètres pour aller chercher du travail jusqu'à nous-mêmes, 4 heures pour
00:14:28arriver là-bas.
00:14:30Puisque là, le soir, je rentre à la maison, je suis avec mes enfants.
00:14:35Je suis sur place, c'est ça l'avantage.
00:14:38En 2012, ça sera plus de 1000 personnes qui vont travailler ici.
00:14:43Ça va enfin créer une activité dans la zone.
00:14:46Il y aurait ici du nickel pour les 100 prochaines années.
00:14:50Grâce à cette montagne magique, la province nord rattrapera peut-être son retard économique.
00:15:31Taki, j'emprunte le bon chemin pour te rejoindre ?
00:15:34Oui, c'est bon. Il faut éviter de trop écraser les pneumatophores des avicéniens.
00:15:39Les quoi ?
00:15:40Les doigts, les petites racines verticales.
00:15:42Ça, ce sont des pneumatophores des avicéniens.
00:15:46Ah ! D'accord. Alors, excuse-moi, Jackie, mais je crois que j'en ai écrasé quelques-uns.
00:15:52Qu'est-ce que tu as dans ton seau ?
00:15:53Ce sont des propagules de rhizophoras stylusa.
00:15:58Des pneumatophores, des propagules ?
00:16:00Ben dis-donc, tu en emploies des mots savants, toi.
00:16:02Non, c'est le nom.
00:16:05Qu'est-ce que tu veux en faire ?
00:16:06Je vais les replanter.
00:16:07Pourquoi on a besoin de la planter ? La mangrove, elle ne se replante pas toute seule ?
00:16:10Si, mais la perte est énorme.
00:16:12Le rendement d'une mangrove naturelle tourne autour de 3, entre 3 et 5 %.
00:16:16Sur 100 plants, il y en a entre 3 et 5 qui poussent vraiment.
00:16:20Et on sélectionne les beaux spécimens et on les replante.
00:16:50Heureusement que tu es un copain chez les pompiers.
00:16:52On peut découvrir la mangrove en bateau.
00:16:55C'est formidable, c'est une chance qu'on a.
00:16:59D'abord, c'est beau.
00:17:01Il y a beaucoup d'oiseaux, de crabes, de poissons.
00:17:04C'est calme, c'est tranquille.
00:17:07L'eau est filtrée.
00:17:08Elle protège contre l'érosion des berges.
00:17:11Elle a une très grande utilité, un très grand rôle qu'il faut respecter et qu'il faut même accentuer.
00:17:17C'est vraiment un milieu très, très particulier.
00:17:44Bonjour, madame.
00:17:47Bonjour, madame.
00:17:48Moi, c'est Sophie.
00:17:49Moi, c'est Rose.
00:17:50Bonjour, vous avez un joli prénom.
00:17:53On m'a dit que j'avais une chance de trouver des pêcheurs de crabes par là.
00:17:55Ah, mais oui.
00:17:56Comment vous faites pour les pêcher ?
00:17:58Deux fois, ils s'enterrent dans la boue ou alors dans les trous.
00:18:02Il faut fouiller avec un crochet.
00:18:04Comme ça, après, vous pouvez l'attraper ?
00:18:05Oui, comme ça, là, et puis vous l'attrapez.
00:18:08Il faut de l'habitude.
00:18:09Je vois ça.
00:18:10Ça fait longtemps que vous pêchez les crabes ?
00:18:12J'ai commencé à 11 ans.
00:18:14J'avais 11 ans à aller.
00:18:15Mon père, il dit aller, tout le monde dans la pêche.
00:18:17On en cherche ensemble, des crabes ?
00:18:19Oui.
00:18:19On va voir si je vous parle d'honneur.
00:18:20D'accord.
00:18:21Comment vous repérez s'il y a un crabe ou pas, Rose ?
00:18:23Eh bien, il faut regarder.
00:18:25Parce que quand c'est trouble, il y a un crabe, c'est sûr.
00:18:29Là, c'est un peu trouble, hein, Rose ?
00:18:30Vous m'avez dit, quand c'est trouble, il y a un crabe.
00:18:32Oui, il y en a un.
00:18:33Ah oui, il y en a un, là, regardez, Rose.
00:18:35Ah oui, je n'avais pas vu ça.
00:18:37Ça, c'est du beau crabe.
00:18:38Eh oui.
00:18:40Bon, alors, on va l'attraper ou quoi ?
00:18:42Ah oui, pour pas se faire pincer.
00:18:45Vous avez la technique pour pas vous faire pincer, hein ?
00:18:47Oui, oui, oui, oui.
00:18:48J'espère.
00:18:49Non, non, non.
00:18:51Je me méfie toujours.
00:18:56Allez.
00:18:56Ouais, pas mal, hein ?
00:18:58Ah oui, là, au moins, c'est, hein ?
00:19:00C'est bon crabe.
00:19:01Ouais, il est très beau, votre crabe.
00:19:06Ben voilà, vous voyez, je vais vous le donner, ça.
00:19:09C'est pas au goût.
00:19:10Ben ça, c'est un, vous savez quoi, c'est un beau cadeau.
00:19:12Ben, ben, c'est comme ça, hein.
00:19:16À l'image de la mangrove, l'environnement néo-calédonien est l'objet de toutes les attentions.
00:19:21Mais parfois, l'équilibre des écosystèmes est fragilisé par des éléments dont la nature peut se révéler surprenante.
00:19:29Par hordes entières, ils envahissent tous les paysages.
00:19:32Les cerfs sont un fléau pour la Calédonie.
00:19:36Ils n'épargnent ni la forêt, ni la brousse, et provoquent de graves dommages à la végétation.
00:19:42Plus nombreux que les habitants, ils sont environ 300 000, une véritable invasion.
00:19:48Mais désormais, les animaux sont sur leur garde, car leur principal prédateur prépare la riposte.
00:19:56Aux petits matins, ils sont une quarantaine de chasseurs sur le pied de guerre.
00:20:00On arrive dans la discrétion la plus totale.
00:20:03Je vous recommande la plus grande vigilance.
00:20:06Je compte sur votre sérieux au cours de cette opération.
00:20:11On va intervenir sur un îlot où il y a une problématique avec une surpopulation de cervidés.
00:20:17Il y a une volonté de la part des pouvoirs publics d'éradiquer ces animaux.
00:20:21Et donc, nous, nous nous sommes engagés pour faire ce travail.
00:20:29Au lever du jour, les chasseurs prennent d'assaut un petit îlot d'à peine 8 km²,
00:20:34où s'entassent plus de 200 cerfs.
00:20:38Par rapport à la surpopulation de cerfs sur l'îlot,
00:20:41voilà le niveau de dégradation que ça peut causer dans ton pot de cerfs.
00:20:48On se croirait dans un désert.
00:20:53Autrefois, l'îlot était recouvert d'une forêt verdoyante.
00:20:57Comme partout dans le pays, les Calédoniens y ont introduit quelques cerfs,
00:21:01le gibier le plus consommé.
00:21:03Mais en quelques années, l'espèce a proliféré dans des proportions dramatiques.
00:21:09Les animaux en surnombre ont complètement ravagé la végétation.
00:21:13Aujourd'hui, la terre est à nu et des arbustes endémiques ont quasiment disparu.
00:21:18Ce ne sont pas des chasses habituelles.
00:21:20Là, ils ont vraiment conscience d'être des acteurs écologiques
00:21:24qui ont en charge une mission qui est celle de supprimer les cerfs
00:21:29qui causent de graves dégâts à l'environnement.
00:21:31Aujourd'hui, les chasseurs ont carte blanche pour abattre le maximum d'animaux.
00:21:46Ça y est, là, on nous a donné le feu vert.
00:21:48Les premiers cerfs qui passent, on peut commencer à ouvrir le feu.
00:22:08La stratégie des chasseurs va porter ses fruits
00:22:10et les bêtes par dizaines tombent dans le piège.
00:22:14Là, il y a un contact et c'est un vrai bonheur.
00:22:18La viande, elle va être partagée entre les chasseurs.
00:22:22Et puis, il y a des bêtes qui seront mises de côté pour faire des dons,
00:22:26soit à des collectivités, soit à des administrations.
00:22:35Toutes les familles caédoniennes, quelles que soient les origines des familles,
00:22:39quelles que soient les cultures,
00:22:43tout le monde a du cerf sur la table à un moment ou à un autre.
00:22:46Il ne faut pas oublier que c'est une grande source de protéines pour la population
00:22:50et une source de protéines qui est quand même relativement bon marché
00:22:55pour les gens qui vivent en Brousse.
00:22:56Aujourd'hui, on a prélevé 52 bêtes.
00:23:00Donc, depuis qu'on a commencé ce programme,
00:23:03c'est le meilleur score qui a été réalisé.
00:23:05Je vous remercie et je vous dis bravo à tous.
00:23:09C'est la cinquième chasse de régulation sur cet îlot.
00:23:13Mais il en faudra encore beaucoup d'autres
00:23:15pour que le cerf ne soit plus une menace sur l'écosystème de Calédonie.
00:23:32Sous-titrage Société Radio-Canada
00:24:06Salut Sandrine ! Bonjour Sophie !
00:24:09Ça va, j'arrive au bon moment apparemment.
00:24:12C'est bon signe, tu scelles un cheval, ça veut dire que tu vas partir, toi ?
00:24:15Voilà, tout à fait.
00:24:16Qu'est-ce que tu as à faire, là ?
00:24:17Aujourd'hui, ce qui est prévu, c'est de rassembler un troupeau
00:24:20et les mettre dans un autre run, changer de place.
00:24:24En arrivant, là, chez toi, j'ai traversé des paysages magnifiques.
00:24:27Ce sont tes terres, là ? Tout ça t'appartient ?
00:24:29Oui, elles sont à mon père, oui.
00:24:31Combien d'hectares, à peu près, tu sais ?
00:24:321 000 hectares, il reste 1 000 hectares, oui.
00:24:34T'as combien de têtes ?
00:24:35150 têtes.
00:24:37Vila, avec ton mari, et combien d'enfants ?
00:24:394 enfants, 2 filles et 2 garçons.
00:24:43Moi, je ne suis pas très bonne cavalière, par contre, je veux bien te suivre quand même.
00:24:46D'accord.
00:24:46T'es d'accord ?
00:24:47D'accord.
00:25:08Là, là, là, là, là, là, là, haut, haut, haut, doucement, là, haut, là, haut, là, haut.
00:25:17Oh, oh !
00:25:29Elles sont belles, tes bêtes, hein ?
00:25:31Elles sont belles, n'est-ce pas ?
00:25:32Alors, elles ont des grandes oreilles.
00:25:34C'est quoi, comme race, exactement ?
00:25:36C'est de la race brahmane.
00:25:37La souche vient des Indes, donc de la vallée brahmane.
00:25:40Elles ont de grandes oreilles, de grandes cornes qui montent vers le ciel.
00:25:43Elles ont de très bonnes mers, de très bonnes laitières aussi.
00:25:46Elles résistent bien à la sécheresse.
00:25:49En plus, c'est des bêtes qui comprennent très vite ce qu'on veut d'elles.
00:25:51C'est vraiment le bétail idéal.
00:25:54Là, c'est un troupeau de races pures.
00:25:56Donc, les veaux qui naissent sont destinés à être vendus sur pied, en race pure, pour aller dans d'autres
00:26:02élevages.
00:26:03Donc là, récemment, on a fait venir un taureau d'Australie.
00:26:06C'est pour venir faire devenir de nouveaux sangs.
00:26:08En fait, ce taureau, c'est vraiment la souche du brahmane.
00:26:10J'ai l'impression qu'il y a un lien vraiment affectif entre toi et ces vaches-là.
00:26:17C'est nos bébés.
00:26:18C'est vrai ?
00:26:19Oui.
00:26:20C'est vrai qu'on s'en sert pour travailler, pour vivre.
00:26:24Mais ça n'empêche pas qu'on les respecte, qu'on les aime beaucoup non plus aussi.
00:26:32Viens, viens là, viens !
00:26:33Viens, ma fille, viens !
00:26:37Viens, ma fille, viens là, viens !
00:26:39Viens, la brahmane, viens !
00:27:04Il faut savoir tout faire dans ton métier.
00:27:06Il vaut mieux, oui.
00:27:08Donc là, tu dois changer.
00:27:10Je répare un cerf qui a cassé.
00:27:12À mon avis, c'est un cerf en sautant qui a dû le casser.
00:27:18Qui t'a appris tout ce que tu sais ?
00:27:20Mon grand-père et mon père aussi.
00:27:23Famille d'éleveurs, alors ?
00:27:24Ah oui.
00:27:25Il était comment, ton grand-père ?
00:27:29Très strict, mais juste.
00:27:34L'essentiel pour lui, c'était qu'un de ses petits-enfants prenne la relève, oui.
00:27:40Et être une femme dans ce métier d'éleveur, c'est facile ou pas ?
00:27:44C'est vrai que c'est un monde de beaucoup d'hommes, principalement, mais bon, après...
00:27:49Il faut avoir un petit peu de caractère, un caractère bien trempé pour s'imposer, oui ?
00:27:56C'est à toi de faire tes preuves, de savoir montrer que tu sais travailler.
00:28:00Et puis je pense qu'après, les gens en général te respectent.
00:28:02Ton grand-père et ton père étaient stockmen, c'est comme ça qu'on dit ?
00:28:06Oui, c'est un terme utilisé ici en Nouvelle-Calédonie pour les éleveurs qui travaillent leurs animaux à cheval,
00:28:13qui conduisent leurs troupeaux à cheval, qui travaillent leurs troupeaux comme ça, uniquement à cheval.
00:28:21Comme Sandrine, ils sont quelques-uns à avoir choisi ce mode de vie aux grands terres de la côte ouest.
00:28:34Gislain Santacros a planté son drapeau sur cette propriété il y a 25 ans.
00:28:42L'élevage, il a ça dans le sang.
00:28:45C'était ma passion depuis petit, parce que papa, il avait quelques vaches laitières.
00:28:51Et puis à l'âge de 15 ans, je lui ai racheté tout le troupeau.
00:28:54Il y avait une trentaine d'hectares.
00:28:59À l'âge de 33 ans, Gislain convoite cette terre de l'Ouest.
00:29:05Certains ont bien tenté de le dissuader.
00:29:07À l'époque, la terre est réputée mauvaise.
00:29:11Pas une goutte de pluie n'est tombée en un an et demi.
00:29:14Mais en bon stockman, Gislain relève le défi.
00:29:18Quand je l'ai pris ici, on m'a dit que c'était le plus grand désert de Calédonie.
00:29:22Le bon désert, je l'ai transformé.
00:29:25Et je suis fier, fier d'avoir fait ça.
00:29:33Aujourd'hui, il est à la tête d'une des plus grandes propriétés de Nouvelle-Calédonie.
00:29:37Mille têtes de bétail, une vingtaine de chevaux.
00:29:40Et toujours cette vie bien particulière des stockmen, qu'il n'a jamais trahi.
00:29:46Malgré qu'on ne soit pas famille, sur une station d'élevage, on est tous comme des frères.
00:29:51Tout le monde partage.
00:29:52C'est ce qu'il y a de bien dans ce métier-là.
00:29:57Par contre, ce n'est pas évident.
00:29:58Ce n'est pas juste gueuler après le bétail.
00:30:00Il faut comprendre comment il va tourner, où il va aller.
00:30:03Et ça, ce n'est pas évident.
00:30:05Il y a un sens du bétail, on va dire.
00:30:10L'image que tu as d'une île du Pacifique, c'est sable blanc, cocotier, etc.
00:30:15Tu n'imagines pas du tout qu'il y a des grands espaces, des grandes plaines.
00:30:17Et c'est mythique.
00:30:20C'est un mode de vie que tu retrouves quasiment nulle part ailleurs.
00:30:25Les gosses, on gratte tous les vols.
00:30:28On fait passer les vaches.
00:30:37La vie au ranch est rythmée par les saisons et par le travail du bétail.
00:30:43Aujourd'hui, il faut marquer les jeunes veaux.
00:30:47Chez Giselin, on utilise encore les fers rouges, comme à l'ancienne.
00:30:56S.G.1, c'est mes initiales, Santa Cruz-Giselin.
00:31:01Et le 1, c'est un numéro, number one.
00:31:03Avant, c'était folklorique.
00:31:05Il fallait les coucher avec des cordes et tout ce qui s'ensuit.
00:31:07C'est comme le lasso, c'est fini aussi.
00:31:09On a évolué.
00:31:11J'aurais bien voulu vivre à cette époque-là.
00:31:13Mais bondier comme je suis, je me serais fait tuer déjà.
00:31:17Viens, viens, viens.
00:31:19Viens, viens.
00:31:20Trop bien situé, la propriété de Giselin aiguise l'appétit de nouveaux mercenaires.
00:31:26Ceux de l'immobilier.
00:31:28On fait chier avec des vaches, le bouleaux que c'est.
00:31:32Alors que si je faisais un lotissement au bord de mer, comme je te dis, je serais milliardaire.
00:31:36Mais je n'ai pas du tout envie.
00:31:38J'ai envie que mes enfants en profitent et qu'ils continuent cette activité, ce mode de vie, que même
00:31:46eux, ils aiment.
00:31:48Contre vents et marées, Giselin a juré de défendre ses terres.
00:31:53Parole de Stockman.
00:32:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:32:25Qu'est-ce que tu cherches là exactement, Damien ?
00:32:27Tu vois, Sophie, là, on cherche des nasses à crabes.
00:32:31Parce que les crabes de paletuviers se mettent dans la boule, ils sont là, vers les bords, mais en dessous
00:32:35de l'eau.
00:32:36Et on met des nasses avec un appât pour les attirer.
00:32:40Ça, c'est les pêcheurs qui font ça ?
00:32:42Tous les pêcheurs, oui. Tout le monde est un peu pêcheur.
00:32:44Oui, tout le monde est pêcheur ici.
00:32:46Ça, ça fait partie des missions des gardes-natures ?
00:32:48Voilà. On fait du suivi du milieu, on fait de l'information, de la sensibilisation et on fait aussi un
00:32:55peu de contrôle.
00:32:58Là, par exemple, si tu trouves une nasse, qu'est-ce que tu vas regarder ?
00:33:01Je vais regarder à l'intérieur s'il y a des crabes, je vais regarder quel type de crabe, je
00:33:06vais contrôler sa taille.
00:33:08Et par curiosité, je vais regarder si c'est un mâle ou une femelle, s'il est grainé ou non.
00:33:13Voilà. Grainé, c'est-à-dire qu'il y a des oeufs.
00:33:15Il peut y avoir du braconnage, alors ?
00:33:17Il peut y avoir du braconnage, effectivement.
00:33:18Oui, ça existe.
00:33:19Mais c'est chose quand même rare.
00:33:20Oui.
00:33:34Bonjour, messieurs. Est-ce que vous permettez qu'on vous contrôle ? Nous sommes les gardes-natures de la province
00:33:37nord. Vous pouvez arrêter votre bateau ? Merci. Est-ce qu'on pourrait vérifier ce que vous avez dans la
00:33:43glaciaire, s'il vous plaît ?
00:33:44Il n'a pas eu grand-chose. Il n'a pas eu grand-chose ? On peut regarder, quand même
00:33:47?
00:33:48Oui, dans la glaciaire, c'est pour ça.
00:33:51Voilà. D'accord. Bon, ben, il y a des fois, c'est comme ça. Il ne faut pas se décourager.
00:33:56Il faut toujours y retourner.
00:33:58Ben oui.
00:34:18La mission ici, c'est suivre l'évolution de la population de roussettes. Voilà. Ce secteur-là fait partie de
00:34:28notre zone d'intervention.
00:34:32Et vous vous appuyez sur les connaissances des gens du coin pour venir dans des endroits comme celui-ci ?
00:34:37Oui, absolument. Le savoir empirique, justement, c'est ce qui nous permet de travailler comme il faut, d'avancer. Justement,
00:34:42voilà Denis qui est avec nous.
00:34:44Toi, t'es d'où, toi, Denis ?
00:34:45Je suis de la tribu qui est juste derrière, la tribu de Guap.
00:34:49D'accord.
00:34:49T'en vois, là, déjà, d'ici ?
00:34:51Oui, je les vois d'ici, là, ils sont pérachés sur les arbres.
00:34:54Là, d'ici, t'en vois, toi ?
00:34:55Oui, oui.
00:34:55Oui, ben, t'as le lien.
00:34:59Elles sont où, là ?
00:35:00Elles sont un peu... C'est à gauche de l'arbre qui est devant nous.
00:35:03Là, juste là ?
00:35:05Mais dans le fond, on n'a pas vu.
00:35:15Alors, qu'est-ce qu'il a de particulier, là, ce site, ici ?
00:35:18Il est particulier, c'est l'abrit de 4 ou 7 endémiques au territoire, quoi.
00:35:25C'est une zone taboue, aussi.
00:35:26Quand on dit taboue, c'est une zone qui a été préservée par les vieux, par nos ancêtres.
00:35:32Ça a été toujours un endroit défendu pour y aller, quoi.
00:35:35Et tu sais pourquoi ?
00:35:36Parce que c'est un totem pour certains clans de certaines tribus.
00:35:41Et aussi parce que de la rousset, on vend bric la monnaie.
00:35:46Comment ça, une monnaie ?
00:35:48Elle accompagne souvent la coutume.
00:35:50C'est le mouvement pour l'échange.
00:35:52Et voilà, c'est quand il y a une monnaie de mariage ou de décès.
00:36:21Bonjour, Damien.
00:36:22Ça va ?
00:36:23Il y a du monde dans cette forêt.
00:36:26J'ai l'impression qu'elle est assez dense, cette forêt.
00:36:28Oui, alors c'est une forêt assez spéciale, style forêt sèche, quoi.
00:36:32C'est-à-dire que c'est une forêt dont les plantes sont adaptées à des conditions extrêmes de sécheresse.
00:36:38Et est-ce que ces forêts renferment des espèces rares ?
00:36:4280% des espèces de Nouvelle-Calédonie sont endémiques.
00:36:46Pour les botanistes et pour les amoureux de la nature, c'est un petit paradis, ici.
00:36:50Voilà, exactement.
00:36:51On peut dire que même certaines formations végétales existaient déjà à l'époque des dinosaures.
00:36:57On imagine, ben voilà, un dinosaure.
00:37:00Qui était caché là-derrière et qui vivait dans ce décor-là.
00:37:03C'est possible, oui.
00:37:03Tout à fait possible.
00:37:07C'est cet arbre-là dont je viens de couper une branche.
00:37:09C'est stérile.
00:37:10En ce moment, il est stérile, il n'y a ni fruits, ni fleurs.
00:37:13Mais par contre, quand il y a les fruits, les fruits sont collants.
00:37:16Et c'est un peu embêtant pour les oiseaux.
00:37:19À la fructification, en décembre, beaucoup d'oiseaux, notamment les plus fins,
00:37:23se prennent les fruits dans les plumes et donc ils finissent par se noyer.
00:37:29Parmi les oiseaux peuplant la forêt calédonienne,
00:37:31il en est un qu'il faut d'abord apprendre à écouter.
00:37:36Chaque matin, au lever du soleil, le chant du cagou envahit la forêt.
00:37:42Ce petit groupe de passionnés ne raterait le spectacle pour rien au monde.
00:37:46Le récital du cagou suit une partition bien précise.
00:37:50Le cagou chante en couple.
00:37:52Le mâle commence, la femelle finit.
00:37:54C'est des couples à vie.
00:37:55Donc pendant toute leur vie, ils vont faire un duo.
00:37:57S'il y a des jeunes dans la famille, ils vont se joindre aux parents.
00:38:02Ils vont tous chanter ensemble pour défendre leur territoire.
00:38:10Alors ici, il y en a un qui commence à chanter.
00:38:12Là, il y a un couple là et il y en a un là.
00:38:16Des fois, il y a des cagou qui bégayent, ils répètent une syllabe deux fois ou des trucs comme ça.
00:38:20Tu peux les reconnaître comme ça aussi.
00:38:24A force de tendre l'oreille, cette scientifique parvient à décrypter le chant du cagou.
00:38:30Elle forme désormais des bénévoles pour l'aider à compter les oiseaux cachés dans la forêt.
00:38:34Là, il y a la femelle qui a chanté derrière. Je ne sais pas si tu entends.
00:38:36Oui, un peu plus aiguë.
00:38:44A l'origine, l'oiseau coulait une existence paisible en Nouvelle-Calédonie où il n'a aucun prédateur.
00:38:51Mais les choses ont bien changé.
00:38:54Introduites par l'homme, de nouvelles espèces ont fait leur apparition comme les chiens et les chats, ses pires ennemis.
00:39:01Le cagou est une proie facile car il ne s'est pas volé.
00:39:05Alors, ce sont les hommes qui désormais voltent à son secours.
00:39:08Oui, Steve, je suis sur Rivière Bleue.
00:39:10J'ai disposé un cordon de poison où j'ai vu des traces de chats.
00:39:16En fait, ce sont des appâts empoisonnés pour justement essayer de limiter la population de prédateurs pour le cagou.
00:39:29Pour les cagou menacés d'extinction, le parc de la Rivière Bleue est un véritable sanctuaire.
00:39:34Les gardes, comme Jean-Marc, ont pour mission de réintroduire l'espèce.
00:39:40Résultat, 700 oiseaux vivent aujourd'hui dans cette forêt.
00:39:44Sauver le cagou est devenu cause nationale en Nouvelle-Calédonie.
00:39:48Partout, vous voyez des petits logos avec l'effigie du cagou.
00:39:55C'est vraiment l'oiseau emblématique du territoire.
00:39:59Il est attachant.
00:40:00Il n'y a pas d'autres mots.
00:40:02On a envie d'en savoir plus sur son comportement, sa vie sociale.
00:40:18À travers la forêt, les cagous entendent l'appel de Jean-Marc et viennent à sa rencontre.
00:40:26Avec une telle proximité, le garde connaît leurs moindres faits et gestes.
00:40:31Il passe 4, 5e de son temps à chercher de la nourriture dans la litière.
00:40:37Donc, il est là, parfois, on a l'impression qu'il est mobile.
00:40:40En fait, il est en train d'observer, de ressentir peut-être certaines vibrations qui sont émises par les insectes
00:40:45dans le sol.
00:40:46Ensuite, il pique, mais il pique jamais au hasard.
00:40:57Les cagous reçoivent parfois d'autres visiteurs, venus de bien plus loin.
00:41:05Les oiseaux sont des superstars aux yeux des touristes.
00:41:08Une renommée internationale, voilà peut-être ce qui garantira le mieux la survie de l'espèce.
00:41:41Olivier, elle est superbe, là, cette arrivée sur le Faramédée.
00:41:44On te sollicite beaucoup avec ton bateau-taxi pour venir ici ?
00:41:47Oui, ça va, ça va.
00:41:49J'ai un peu de travail.
00:41:50J'ai un peu de travail, je suis tranquille.
00:41:53Ouais, j'adore.
00:41:54J'adore faire partager ce magnifique lagon.
00:41:58La Nouvelle-Calédonie est entourée d'un lagon protégé par la grande barrière de corail.
00:42:02Et dans ce lagon, on a une profondeur moyenne de 30 mètres.
00:42:07Et dès qu'on sort de ce lagon par les passes, ça descend de 1000 à 3000 mètres.
00:42:13C'est un endroit précieux, hein ?
00:42:16Le service de l'environnement a classé cette zone réserve marine.
00:42:20Donc du coup, il est interdit de pêcher, de plonger, de récolter quoi que ce soit sur l'île.
00:42:25Donc du coup, ça reste relativement vierge et c'est très bien.
00:42:36Ah, voilà, une chose agréable.
00:42:39Il n'est pas bien, là ?
00:42:41Si.
00:42:42C'est le genre d'endroit où tu ne penses pas à grand-chose.
00:42:45Si ce n'est à la beauté du lagon et tes petits soucis, tu les laisses derrière.
00:43:04Qu'est-ce qu'il est beau cet arbre ?
00:43:06C'est un bagnon, tu vas voir, il a une particularité, ce sont ses racines.
00:43:11Elles partent des branches et elles planchent dans le sol.
00:43:14C'est un peu comme les palétuviers dans la mangrove.
00:43:16Un peu, ouais, sauf qu'elles sont un peu plus grosses.
00:43:21On dirait des dreadlocks.
00:43:22C'est ça, c'est ça.
00:43:23Je me suis dit, c'est un arbre qui a des dreads.
00:43:27Ça sent bon, la nature.
00:43:32Ces petites racines, elles vont devenir des grosses racines comme là-bas.
00:43:36Après, ça fait un arbre énorme, immense, avec des petites cachettes comme ça.
00:43:41C'est l'arbre des pirates qui vont cacher les trésors.
00:43:45Ceci dit, on ne va pas trop traîner là-dedans parce que des fois, il y a des serpents qui
00:43:49dorment.
00:43:49Ah, d'accord, on ne va pas traîner alors.
00:44:11Oh, qu'elle est lourde, cette porte.
00:44:26Oh là là, c'est superbe ici !
00:44:39C'est superbe, le lagon.
00:44:42Avec cette eau translucide, je suis sûre qu'avec un petit peu de patience, si on reste là, on verra
00:44:46peut-être passer un requin, une tortue.
00:44:48Des sirènes peut-être.
00:44:49Alors, on reste ici, on observe tout ça, d'accord ?
00:44:52Super !
00:44:53Et pendant ce temps, je te propose qu'on parte pour les Etats-Unis parce que toutes les semaines, on
00:44:56retrouve une nouvelle étape de notre route mythique.
00:44:59Et depuis plusieurs semaines, on a la chance de suivre la route du blues grâce à Michel Viotte.
00:45:03Alors, l'adole, son personnage principal, est maintenant dans le Mississippi.
00:45:05Alors, je te propose qu'on aille le retrouver.
00:45:07Avec plaisir.
00:45:08On va voir s'il y a des tortures.
00:45:20Avant les années 60, la société du Sud demeure coupée en deux.
00:45:26Les Noirs subissent une discrimination raciale bien plus importante que dans le reste du pays.
00:45:32Et toute tentative d'émancipation se voit opposer une résistance farouche.
00:45:43Le Ku Klux Klan, pourtant interdit officiellement en 1928, connaît même un regain d'activité dans les années 50, en
00:45:51réaction au mouvement anti-ségrégationniste.
00:45:55Prônant la suprématie de la race blanche, il fait planer une menace permanente sur les Noirs et tous ceux qui
00:46:01prennent leur défense.
00:46:05Intimidation, violence, assassinat.
00:46:10Les Etats sudistes ont toujours eu le souci de marquer leur indépendance par rapport aux législateurs de Washington.
00:46:17Depuis la fin de la guerre de sécession, ce sont des centaines de lynchages qui ont été perpétrés.
00:46:29Symbole le plus célèbre de cette terreur au quotidien, l'affaire Emmett Till en 1955.
00:46:35Âgé de 14 ans, le jeune homme quitte Chicago pour un séjour d'été chez son oncle dans le Mississippi.
00:46:41Accusé d'avoir sifflé une femme blanche, il est assassiné par le mari de celle-ci et son demi-frère,
00:46:47après avoir été sauvagement torturé.
00:46:50Une heure de délibération sucie au jury, exclusivement blanc, pour acquitter les deux hommes à l'unanimité.
00:46:59En toute impunité, ils avouent quelques mois plus tard leur culpabilité, dans les pages du magazine Look, pour 4000 dollars.
00:47:12Cette histoire, qui marqua en profondeur les consciences américaines, c'est Liddell qui me la raconte.
00:47:19Alors que nous dépassons Monet, la petite ville où le drame s'est produit.
00:47:30Nous roulons maintenant vers Greenwood, dans le comté de Le Flore,
00:47:34où le bluesman Robert Johnson vécut ses dernières années.
00:47:40Johnson fut peut-être le musicien du Delta, qui exerça la plus grande influence, tous genres confondus.
00:47:47De Mediwaters au Rolling Stones, des Blues Brothers à Ben Harper, de Led Zeppelin au Red Hot Chili Peppers.
00:47:55Pourtant, il n'existe de lui qu'une trentaine de titres enregistrés.
00:47:58Car il disparaît prématurément en 1938, à l'âge de 27 ans, après une sombre histoire d'adultère.
00:48:08La légende veut que ce soit ici, à la croisée des chemins traversant les champs de coton,
00:48:13que Johnson ait vendu son âme au diable,
00:48:16contre l'assurance de devenir le plus grand bluesman de tous les temps.
00:48:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:50...
00:48:51...
00:48:52...
00:48:52...
00:48:59...
00:49:03...
00:49:04...
00:49:30Il existe plusieurs versions de cette histoire.
00:49:33Vous savez, quelquefois on donne naissance à un mythe et on se sert de ce mythe pour sa publicité.
00:49:40Qui sait ce qui s'est vraiment passé ?
00:49:43Quoi qu'il en soit, Robert est devenu un formidable compositeur et chanteur de blues.
00:49:51Dans le quartier de Battistown, à Greenwood, nous faisons la connaissance de Sylvester Hoover.
00:49:57Sylvester connaît dans ses moindres détails l'histoire des bluesmen qui ont séjourné ici,
00:50:02tels que Honey Boy Edward, Guitar Slim et bien sûr Robert Johnson.
00:50:11Il propose spontanément de nous guider dans Young Street pour découvrir les itinéraires de ce dernier.
00:50:19Allons par là, que je puisse te montrer un peu ce qu'il faisait dans le coin.
00:50:23Par exemple, cette maison où Robert Johnson venait se procurer son whisky de contrebande.
00:50:29S'il venait ici durant les jours de semaine pour chercher son whisky,
00:50:32il ne pouvait pas utiliser la porte de devant.
00:50:36Il habitait dans l'allée là-bas, à 10 mètres à peine de distance.
00:50:40Mais il lui fallait se faufiler jusqu'ici en passant par l'arrière des maisons une par une.
00:50:45Parce que, en tant qu'afro-américain, à l'époque, dans le delta du Mississippi,
00:50:50tu n'avais pas le droit de te trouver dans la rue en pleine journée.
00:50:54Il y avait les lois Jim Crow.
00:50:55Si on te trouvait dans la rue en pleine journée, on te ramassait
00:50:58et on t'emmenait de force dans un champ de coton pour y travailler.
00:51:01Ou bien on te mettait en prison.
00:51:03Tu pouvais écoper d'un an de prison juste pour avoir marché dans la rue.
00:51:06Pendant la journée ?
00:51:07C'est ça, pendant la journée.
00:51:08Entre 6h du matin et 6h du soir, il était interdit de se trouver dans la rue.
00:51:13Putain, enfin, je veux dire, c'est moche.
00:51:16Mais c'était tout ça qui le poussait à jouer du blues.
00:51:20Parce que les circonstances étaient difficiles
00:51:22et qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il voulait.
00:51:25Il voulait raconter aux gens ce que lui vivait.
00:51:28Et la seule manière de le faire, c'était à travers sa musique.
00:51:32Ici même, au coin de cette rue,
00:51:34Robert Johnson et Honey Boy Edward venaient jouer chaque samedi matin
00:51:38avant d'aller dans Johnson Street pour leur concert du samedi soir.
00:51:43Chaque samedi, ils venaient répéter exactement ici.
00:51:49Quand Robert Johnson jouait, les gens venaient de partout.
00:51:54Les rues étaient remplies de monde.
00:51:56Les voitures ne pouvaient plus passer.
00:51:59La police descendait régulièrement et disait
00:52:01« Vous devez reculer dans l'allée.
00:52:03Il y avait tellement de monde.
00:52:05Les gens étaient partout.
00:52:08Honey Boy disait que Robert Johnson attirait les gens comme un aimant.
00:52:13Il chantait exactement ce que vivaient les gens.
00:52:16Ce qui se passait à l'époque.
00:52:18Exactement.
00:52:19Dans Sweet Home Chicago, il disait aux gens
00:52:22« Allez à Chicago, vous vous en sortirez mieux. »
00:52:25Vous savez, il aimait bien être ici,
00:52:27mais il voulait son doux foyer de Chicago.
00:52:31Parce que c'était plus facile de gagner un dollar là-bas,
00:52:33vous comprenez ?
00:52:35Mais c'est ici qu'il a perfectionné son talent.
00:52:37C'est ce lieu qu'il l'a poussé à chanter.
00:52:39C'était exactement ici.
00:52:41« C'est ce lieu que vous voulez dire, c'est ce lieu que vous voulez. »
00:52:45« C'est ce lieu que vous voulez voir »
00:53:43Retour à Clarksdale, à temps pour assister au concert privé d'un bluesman nommé Super Chicken.
00:53:50Il fabriquerait lui-même toutes ses guitares, nous dit-on, et disposerait d'un humour ravageur.

Recommandations