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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Acadie Sophie nous emmène en Acadie. Elle visite le parc Kouchibouguac où elle rencontrera des campeurs, des passionnés d'ours, une ...

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00:00:26Sous-titrage MFP.
00:00:35Musique
00:01:06Salut, salut ! Pour ce nouveau voyage, j'avais envie de dire bonjour à nos cousins d'Amérique.
00:01:11J'ai choisi l'Acadie et le nouveau Brunswick.
00:01:14Alors, mon voyage commence à Caracas.
00:01:16J'ai envie de suivre la route littorale pour rejoindre Moncton.
00:01:19Et pour m'y retrouver dans ce village acadien, je vais vous présenter un personnage.
00:01:22Il s'appelle Dona.
00:01:25Salut, brunier !
00:01:27T'es de pluie, t'es de pire matin ?
00:01:29Ça prend de quelque chose pour me réchauffer un petit peu.
00:01:31Qu'est-ce que t'as matin ?
00:01:32Je sais pas ce qu'il faut au matin pour te chauffer.
00:01:33Ah oui ?
00:01:34Mon petit Jim Decaille-Peur qui arrive directement de la Hollande.
00:01:37La Hollande ?
00:01:38La Hollande, oui.
00:01:39Bonjour.
00:01:41T'as santé, mon Louis ?
00:01:43Dona ?
00:01:43Bonjour, mon Louis.
00:01:44C'est bon.
00:01:47Dona ?
00:01:48Ça prend de ton homme.
00:01:49C'est quelqu'un ?
00:01:51Oui.
00:01:51Salut, Dona.
00:01:52Salut, la belle Sophie.
00:01:55Comment vas-tu ?
00:01:55Une bise à la française.
00:01:56Ben oui, je vois ça, dis donc, qu'elle accueille.
00:01:58Ah ben, t'en fais trois, toi.
00:01:59C'est ça.
00:02:00Ici, Sophie, t'es chez les Poiriers, à la taverne Poiriers.
00:02:04Oui.
00:02:04Mais on est en 1850.
00:02:07Puis en 1850, les femmes, ça n'a pas de bise.
00:02:10Ah ben, j'ai pas voulu ça.
00:02:11Ça te reste dehors, Sophie.
00:02:13Mais on peut aller quand même visiter le village.
00:02:15Fais-moi visiter.
00:02:17Alors, tu vois, à ta gauche, ici, un moulin à farine qui est actionné par l'eau.
00:02:23Plus loin, il y a une petite école, une petite chapelle, comme ça.
00:02:27Ce village, là, il a pour objectif de reconstituer la vie d'un village acadien typique.
00:02:33De 1780 à 1880.
00:02:36Et l'Acadie, c'est ici qu'a commencé le peuplement européen en Amérique du Nord ?
00:02:41Champlain-Riv-ici en 1604.
00:02:42Oui.
00:02:43J'ai établi l'île Saint-Croix sur la province de Brunswick.
00:02:45Le premier hiver, c'est difficile.
00:02:46Là, on est suivant de ménage à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse, où l'Acadie de l'époque.
00:02:52Tranquillement, les Acadiens se dispersent, se multiplient, comme Breton.
00:02:57Et puis, arrive 1755.
00:02:59Là, on les trouve de trop.
00:03:01Les Anglais veulent les chasser.
00:03:03Ils ont des belles terres.
00:03:04Et on les a déportés sur des bateaux venus de Boston, des anciens navires de guerre.
00:03:09On mettait les femmes et les enfants sur des bateaux, séparés des hommes sur d'autres bateaux.
00:03:13C'est ce qu'on appelle le grand dérangement, ça ?
00:03:14Ils sont à la dispersion des Acadiens, à la dispersion, c'est le grand dérangement.
00:03:17Alors, on est là, puis on est encore debout.
00:03:19Oui, je vois.
00:03:20Oui, oui, on est encore toujours debout.
00:03:23Oui, quand vent et marée.
00:03:26C'est ça.
00:03:32Et sans souvenir de vos ancêtres, justement, que ce village-là, il y a toute son importance.
00:03:36Parce que ces vieilles maisons, là, c'est les maisons de vos grands-parents, de vos arrières-grands-parents.
00:03:41Celle-là, Sophie, là ?
00:03:42Là-bas ?
00:03:42Je suis venu au monde dans celle-là.
00:03:44Là ?
00:03:44Oui, oui.
00:03:45Ici, vraiment ?
00:03:45Oui, dans cette maison-là.
00:03:46Mon grand-père, ma grand-mère sont décédés dans cette maison-là.
00:03:51Il n'y avait pas de maison funéraire.
00:03:53C'est là, c'est là qu'il me souvient.
00:03:55Alors, j'ai grandi dans cette maison-là.
00:03:57Qu'est-ce que ça représente pour toi d'être acadien ?
00:04:00La fierté d'être un héritier de gens, de Français qui sont établis ici,
00:04:07qui ont lutté pour la langue, leur culture, et qui l'ont gardée.
00:04:14Et ici, c'est un témoignage, ici, du village acadien.
00:04:17C'est ça, l'héritier de cette génération d'ancêtres qui, aujourd'hui, si je peux parler français, aujourd'hui,
00:04:24si je peux être fier de ma culture, c'est à cause de ces gens-là.
00:04:28Et c'est ça, être acadien pour moi.
00:04:36L'Acadie n'a peut-être pas de frontière administrative,
00:04:39mais elle est fortement ancrée dans l'esprit de nos lointains cousins.
00:04:43Ils sont 250 000 au Nouveau-Brunswick, avec Caracchette comme capitale culturelle.
00:04:49Ici, on met un point d'honneur à défendre la langue française.
00:04:52C'est d'ailleurs ce qu'on apprend, dès le plus jeune âge, dans les écoles de Caracchette.
00:04:56Bonjour les enfants. Comment ça va?
00:05:00Le maire vient lui-même sensibiliser les enfants à la richesse de cet héritage linguistique.
00:05:05Aujourd'hui, je vais vous parler de langage acadien.
00:05:09Alors ici, à Caracchette, les anciens pêcheurs, vous n'aurez pas connu,
00:05:13ça aurait été un étranger, eux, ils disaient un étrange.
00:05:15C'était pas un étranger, un étrange.
00:05:17Et vous allez être dans la région tout près de Miramichi, dans la région de Baie-Saint-Anne.
00:05:21Eux, tu jurais qu'ils parlent tous anglais, mais ils ne parlent pas anglais.
00:05:24Ils ont la langue tordue. « T'allais-duire, hier, c'était la fête à mon petit frère. »
00:05:29C'est comme ça que l'on s'est parlé, puis il y en a encore dans certaines régions aujourd
00:05:32'hui qui parlent un peu comme ça.
00:05:34Ça va, vous autres?
00:05:35Oui.
00:05:36Ah!
00:05:37Nous avons un système scolaire qui appartient aux Acadiens, qui n'existait pas à notre retard.
00:05:41Moi, à mon époque, c'est un système entièrement anglophone, dans des régions à 99 % francophones comme ici.
00:05:46Alors, tout a changé pour le mieux, et on est fiers de parler la langue de Molière.
00:05:51Les Acadiens ont réussi à faire reconnaître le français comme langue officielle de la province, à égalité avec l'anglais.
00:05:58Pourtant, ils n'ont pas toujours été aussi bien acceptés ici.
00:06:02Au milieu du XVIIIe siècle, les francophones, catholiques, sont persécutés par les Anglais.
00:06:07Une page sombre de l'histoire qui déchaîne encore les passions.
00:06:10Avec le traité d'Utrecht en 1713, l'Acadie va tomber sous la juridiction britannique.
00:06:19Le gouvernement britannique va essayer de toutes les manières pour assimiler les Acadiens, surtout à la religion protestante.
00:06:26Alors, comme eux autres ne veulent pas se convertir ou adopter la religion protestante, on va finalement décider de les
00:06:34déporter.
00:06:34Cet événement-là va les marquer parce qu'ils vont être, disons, les victimes d'un acte de crivauté qui
00:06:41est sans précédent.
00:06:42Et ça, ça va complètement traumatiser, si vous voulez, tous les Acadiens.
00:06:51Cette période fut baptisée le Grand Dérangement.
00:06:54La moitié de la population fut déportée.
00:06:58Les habitants de Karaket sont les descendants des survivants qui se sont réfugiés dans la forêt.
00:07:04Isolés en plein hiver, ils ont alors créé des légendes qui inspirent encore les artistes aujourd'hui.
00:07:13Les gens vivaient totalement dans la peur de l'inconnu.
00:07:18Je pense que ça se transpose aujourd'hui dans la mentalité acadienne.
00:07:23C'est que les gens ont encore cette façon de défendre quelque chose.
00:07:27Il n'y a rien à gagner, tout est à défendre.
00:07:30Puis ça, je pense que c'est bon, puis il faut que ça se poursuive au niveau soit de la
00:07:34littérature, soit de la peinture, soit de toutes les formes d'art.
00:07:40Et chaque année, le 15 août, c'est toute l'Acadie qui descend dans la rue, à l'occasion du
00:07:44fameux Tintamare.
00:07:49Il s'agit de faire le plus de bruit possible.
00:07:52Une manière de se faire entendre et de rappeler dans la bonne humeur que les Acadiens sont toujours là.
00:08:04T'as quitté ton costume traditionnel du village Acadiens pour retrouver un costume de ville?
00:08:10J'en ai trois ou quatre, on ai un pour le dimanche.
00:08:13Savais-tu que Karaket, à un moment donné, il n'y avait pas de rue à part celle-ci.
00:08:18C'était le plus long village au monde.
00:08:19Le plus long village au monde.
00:08:21Et il faisait combien de kilomètres de long?
00:08:2322 000, je suis en kilomètre, peut-être que ça devait être 35 kilomètres de long pour un village.
00:08:28Ça fait beaucoup.
00:08:29Ça fait beaucoup.
00:08:29Et alors du coup, on a gardé cet esprit aujourd'hui, parce qu'en fait, Karaket, c'est cette longue
00:08:33rue.
00:08:33Oui, c'est ça.
00:08:34Qui n'en finit pas.
00:08:36Moi, je me souviens d'avoir vu les chevaux se promener ici.
00:08:39Anciennement, quand j'étais petit, il passait une voiture, tout le monde gardait leur voiture.
00:08:43Aujourd'hui, il passe un cheval, tout le monde garde le cheval.
00:08:47Et je remarque qu'il n'y a pas de clôture autour des maisons.
00:08:50Les gens ne délimitent pas leur terrain.
00:08:53Ben non, ben non.
00:08:54Il n'y a pas de barrière.
00:08:55Les gens communiquent beaucoup.
00:08:57Il n'y a pas de barrière entre les gens.
00:08:59La population en Suisse, il y a à peu près 4 500 personnes.
00:09:02Tout le monde se connaît ici.
00:09:03Oui, au sens propre comme au sens figuré.
00:09:05Et toi, comment tu es devenu artiste, ambassadeur de la quête?
00:09:09C'est la mer qui m'a marqué.
00:09:10Mais comme mon père ne voulait pas qu'on fasse des pêcheurs,
00:09:13mon père et moi, j'ai continué au collège classique.
00:09:16Puis là, je faisais partie de chorale.
00:09:17J'ai appris de la musique aussi, je fais du théâtre.
00:09:19J'ai joué les classiques, j'ai joué dans Molière, ces places-là.
00:09:21D'accord.
00:09:21Bon.
00:09:22Et c'est pêcheur, chansonnier, artiste, ambassadeur de l'Acadie?
00:09:26Ben oui.
00:09:27Je n'ai jamais dit que j'étais un chanteur.
00:09:28Oui.
00:09:29Je suis un gars qui chante, c'est pas la même chose.
00:09:43Sophie, je t'invite sur mon bateau.
00:09:45C'est mon ancien bateau de pêche que j'ai construit moi-même de mes mains.
00:09:49Et là, après la retraite de la pêche, je l'ai converti en boîte à chansons,
00:09:52que j'ai appelé la boîte à chansons.
00:09:54C'est bien acadien, boîte.
00:09:56C'est un mot admis à l'académie française qui, chez l'acadien, veut dire bateau.
00:10:13C'est un mot admis à l'académie française qui, chez l'académie française qui, chez l'académie française,
00:10:31C'est un mot admis à l'académie française qui, chez l'académie française,
00:10:45C'est un mot admis à l'académie française qui, chez l'académie française,
00:10:46Ce sont les eaux poissonneuses du golfe du Saint-Laurent qui ont attiré ici les premiers colons.
00:10:53Depuis, les Acadiens continuent de vivre au rythme des saisons de pêche
00:10:59Gildar Chéasson, le capitaine, s'apprête à lever l'encre avec ses deux hommes d'équipage
00:11:09C'est la saison du Haran, chaque soir, ils doivent partir au large et passer la nuit en mer
00:11:29Bien, on issue la mer, l'air est bonne, c'est le fun, on est libre, c'était un beau
00:11:36métier, vraiment un beau métier
00:11:46Moi, ça fait 30 ans que je fais ce métier-là
00:11:49J'ai toujours fait ça toute ma vie, je suis venu au monde sur le bord de la côte, sur
00:11:53le bord de la mer
00:11:56Et puis les Acadiens sont arrivés en Acadie, au Canada, ils ont toujours vu de la mer
00:12:02La mer, un peu de l'agriculture, ça fait qu'on est des descendants de pêcheurs
00:12:08C'est pour ça qu'à soir, tu me vois ici
00:12:15Le golfe du Saint-Laurent a toujours été réputé pour ces vents violents
00:12:18Les sorties en mer sont encore risquées, mais désormais les pêcheurs, même au large, ne sont jamais vraiment seuls
00:12:27C'est au port de Chipagan que la gare de côte canadienne reçoit les appels de détresse
00:12:50Il n'est pas rare que les navires subissent de la casse
00:12:53Comme ce bateau de pêche dont le moteur vient de tomber en panne
00:13:04On est sur appel 24 heures sur 24, beau temps, mauvais temps
00:13:07Il y a environ peut-être 500 navires de pêche qui pêchent tous les matins
00:13:12Puis on est le seul bateau des alentours qui leur porte l'assistance
00:13:15Puis on est extrêmement occupés
00:13:20Bon, c'est toi des bonnes chances pour le reste de la saison
00:13:31Retour au large avec les pêcheurs de Haran
00:13:34Ici, c'est lorsque le jour touche à sa fin que les choses sérieuses peuvent commencer
00:13:45Ils sont désormais une centaine de bateaux agglutinés sur le banc de pêche
00:13:49Dans l'attente du moment propice
00:13:54Tout le monde se connait, c'est tout...
00:13:58Ici, tu as plusieurs frères qui ont des bateaux, plusieurs cousins
00:14:01C'est un bon groupe de personnes, un bon groupe de pêcheurs
00:14:07Il est une heure du matin
00:14:08Le Haran fait enfin son apparition sur l'écran du sonar
00:14:28Espérons que la chambre va être de notre côté
00:14:35Oh, des beaux filets, vous-là, des beaux filets
00:14:38Un vrai beaux filets, moi, comment
00:14:41Il est bien dans le moment
00:14:48Du moyen, mais c'est bon
00:14:52On est à creux d'eau, hein
00:14:53Plus, à petit tour, il se vende mieux que ça
00:14:56Ben c'est bon, on va sauver la toile, là
00:15:01Sauver la toile, ou le filet
00:15:03C'est-à-dire rentabiliser la sortie en mer
00:15:07Il faudra tout de même répéter l'opération pendant toute la nuit
00:15:10Pour remplir la cale du bateau
00:15:11Les filets sont pleins de Haran
00:15:14On va démailler jusqu'à demain matin
00:15:18On n'oubliera pas la rôle de pain
00:15:20Qu'on a fait faire par moment
00:15:23Le vent souffle du nord
00:15:27On va mettre le cap sur le fort
00:15:30On va accoster à Chipoga
00:15:33On va se préparer pour demain
00:15:36La la la la la la
00:15:39La la !
00:15:49Je dois aller sur l'île de Misco
00:15:51C'est loin d'ici?
00:15:5340 minutes, ça va, ça ne fait pas trop loin
00:15:56Ça c'est de la morue, légèrement salée
00:15:58Ouh, ça doit être très très très salé quand même.
00:16:00Moi, je n'ai pas au goûter par exemple.
00:16:01Et vous mangez comme ça?
00:16:02Oui.
00:16:03Moi, je ne vais pas ici.
00:16:0566 et 34.
00:16:29Bonjour Yolande.
00:16:30Bonjour.
00:16:31Ça va?
00:16:31Ça va bien, merci.
00:16:33On m'a dit qu'il fallait que je vienne goûter les chocolats chez vous.
00:16:41T'as une collection de femmes quand même impressionnantes.
00:16:45T'en as combien en tout?
00:16:46Oh mon, en tout dans la maison, peut-être une cinquantaine.
00:16:50D'accord.
00:16:50Qu'est-ce que tu préparais alors?
00:16:51Ben là, justement, je préparais juste mon chocolat rouge.
00:16:56Tu fais du chocolat rouge, toi?
00:16:58Ben, du homard.
00:16:59Ah ben, tu fais des homards aussi.
00:17:00Quand c'est cuit, c'est rouge.
00:17:02Ah ben, bien sûr.
00:17:03Qu'est-ce que tu fais d'autre alors comme chocolat?
00:17:05Tu veux voir?
00:17:05Ah oui, je veux bien.
00:17:06Ah, je l'aime beaucoup celui-là.
00:17:07Un orignal.
00:17:08Une tête d'orignal.
00:17:09Il a quand même un sourire absolument magnifique.
00:17:12Bon.
00:17:12Des petits homards.
00:17:12Des petits homards.
00:17:13Et puis tes fameux femmes.
00:17:14J'ai 4 ou 5 modèles.
00:17:16Tu peux voir qu'ils sont bons.
00:17:18Ah oui, ils sont très très bons aussi.
00:17:19Je l'emmène avec moi, on va se promener?
00:17:21Oui.
00:17:21Allez.
00:17:23Je vois qu'il y a des gens qui ont des bateaux là dans leur jardin.
00:17:26Oui.
00:17:27Tout le monde a son petit bateau ici.
00:17:28Oui, oui.
00:17:29Qu'est-ce qu'ils font?
00:17:30Les gens ici ne sont pas seulement pêcheurs.
00:17:32Il n'y a pas que des pêcheurs.
00:17:33La plupart, c'est des pêcheurs ou la retraite.
00:17:36Oui, c'est ça.
00:17:38Ça, c'est l'épicerie.
00:17:40Et puis il y a l'église.
00:17:41L'église.
00:17:42Saint-Antoine de Padeaux.
00:17:44De toute façon, ce n'est pas compliqué là, j'ai l'impression.
00:17:47Il y a une route.
00:17:47Il y a une route principale.
00:17:49Justement, ce n'est pas vraiment compliqué.
00:17:51On ne va pas se perdre.
00:17:52Ah non, non. Franchement.
00:17:55Tiens, j'ai pris mon parapluie.
00:17:57Parce que là, il pleut un peu.
00:17:59Non, c'est juste quelques gouttes.
00:18:01Mais voilà ton phare.
00:18:02Le phare de Miscou.
00:18:04Qui est quand même un peu l'emblème de l'île.
00:18:05Oui.
00:18:06Le fameux phare.
00:18:08Là, on est dans la baie du Saint-Laurent, là, ici?
00:18:10Ça, c'est la baie des Chaleurs.
00:18:12Quand Jean Cartier a découvert l'île de Miscou,
00:18:14c'était dans mois de juillet,
00:18:16puis il faisait très, très beau.
00:18:17Et il appelait ça la baie des Chaleurs,
00:18:20parce que l'eau est très chaude.
00:18:21Donc, baie des Chaleurs ici.
00:18:22La baie des Chaleurs.
00:18:23Et c'est la Gaspésie qui est en face.
00:18:26Alors, c'est ce qu'il donne sur la flosse Saint-Laurent.
00:18:29Oui.
00:18:29C'est un très, très bel endroit.
00:18:31Ah oui.
00:18:32C'est un endroit magnifique.
00:18:33Alors, on est un peu attaqués par les moustiques, là.
00:18:35Ah ben oui!
00:18:36C'est parce qu'ils aiment beaucoup les Français.
00:18:38Oui, c'est ça.
00:18:38Peut-être que si tu t'éloignais...
00:18:43Oh, les chaleurs que les moustiques!
00:18:59Bonjour!
00:19:01Je voulais savoir si je pouvais m'installer dans le parc avec ma tante.
00:19:03Et est-ce que vous préférez un site boisier ou ouvert?
00:19:06Bon, un peu entre les deux, que je ne vois pas trop isolée quand même.
00:19:09Toute seule avec ma tante, dans les bois.
00:19:11On a quand même des ours dans le camping.
00:19:13Ah oui, quand même!
00:19:13Oui!
00:19:14Et c'est combien pour dormir une nuit avec sa tante ici?
00:19:17C'est 21,50 pour une nuit.
00:19:18Ça va faire à peu près 15 euros.
00:19:20Bon, ça va, c'est raisonnable.
00:19:28Comment ça marche?
00:19:30Bonjour Aded!
00:19:31Ah, bonjour!
00:19:31Oui, je veux bien!
00:19:34Oh, je vois que tu as l'habitude!
00:19:36Oh oui!
00:19:37Il est beau, dis donc, votre camping-car!
00:19:39Ah ben, on est à l'aise, dedans.
00:19:41Vous êtes combien?
00:19:42On est juste deux.
00:19:43Deux?
00:19:45Ouais, c'est mon petit salon.
00:19:47Ton petit salon.
00:19:47Petite cuisine.
00:19:48Mon réfrigitateur.
00:19:50Ah, dis-donc, dis-donc!
00:19:51Qui c'est?
00:19:51T'es marchand, on m'a couché?
00:19:52T'as un grand lit, quand même!
00:19:54Oh oui!
00:19:54C'est confortable!
00:19:55Ah ouais, c'est très confortable!
00:20:11Bonjour!
00:20:12Bonjour!
00:20:13Excusez-moi de vous déranger.
00:20:14Ah, c'est pas grave!
00:20:15Je me voyais, là, en arrivant sur le sentier.
00:20:17Oui!
00:20:17Vous avez un joli coin, là, pour des photos.
00:20:19Ah, c'est un bel endroit pour prendre des photos.
00:20:22Et alors là, qu'est-ce qui t'inspire?
00:20:24Ah ben, moi, c'est la nature, ici, c'est calme.
00:20:26C'est différent dans toutes les saisons.
00:20:28La saison que j'aime le plus, c'est l'automne.
00:20:30Parle-moi, justement, un peu des couleurs.
00:20:32L'automne, là, ici, c'est le rouge, le jaune.
00:20:36Tu marches, puis il y a la centaire avec, je sais pas,
00:20:39le sous-bois sent différent l'automne.
00:20:42C'est extraordinaire.
00:20:43Ah tiens, regarde, là.
00:20:45Ah oui?
00:20:45Il y a un oiseau.
00:20:45Ça, c'est un cormorant.
00:20:46Un cormorant.
00:20:47Oui.
00:20:48Ici, c'est beau, la rivière.
00:20:49C'est la rivière Couchibougouin.
00:20:51C'est ça qui a donné le nom au parc.
00:20:52C'est ça qui a donné le nom au parc.
00:20:54C'est la rivière des Hauts-de-Marie.
00:21:06Ah, tu m'as doublé, Paul!
00:21:09Ah!
00:21:10On se rattrape!
00:21:11Tu pourras pas me rattraper!
00:21:13Voilà!
00:21:18Bonjour!
00:21:19Ah, on va arrêter.
00:21:20Très bien, vous!
00:21:21C'est très beau qu'il y ait?
00:21:22Ah oui, on a un beau temps pour le vélo.
00:21:23Ah, on est chanceux d'avoir des températures ici.
00:21:26Vous venez de la région?
00:21:27Moi, de Paris.
00:21:27De Paris?
00:21:28Oui, je viens de la France.
00:21:29C'est la première fois ici au pays?
00:21:30Oui, oui, oui.
00:21:31C'est la première fois.
00:21:32Bon, c'est gentil.
00:21:33Je peux visiter le parc.
00:21:34Ah, c'est fun, hein?
00:21:35Un coin de Notre-Acadie.
00:21:37Ah oui!
00:21:38Il y a des belles choses à visiter, hein?
00:21:39C'est sûr.
00:21:40Non, c'est juste que nous, ici au parc, là,
00:21:43où je vois que je veux prendre vos crasses de vélo.
00:21:46Oui.
00:21:47Ici, on veut que les gens prennent les crasses pour la sécurité.
00:21:50Vous avez raison, excusez-nous.
00:21:52Ah, c'est pas plaisir.
00:21:52À la prochaine.
00:21:53À la prochaine, au revoir.
00:21:55Bonne journée.
00:21:55On les mettra la prochaine fois.
00:21:57Salut.
00:22:02Chaque jour, ils sont quatre gardes, comme Arnold,
00:22:05à sillonner les routes du parc.
00:22:07Leur mission, faire appliquer le règlement à tous les visiteurs.
00:22:116-4, 6-3.
00:22:13Allo?
00:22:15Oui, je m'envole là au Sourdie des Pins
00:22:17pour voir si tu es correct dans ce coin-là.
00:22:20Pas de problème.
00:22:23Le parc est très fragile.
00:22:24C'est pour ça qu'on faut faire la prévention,
00:22:26pour être sûr que les gens respectent tous les règlements
00:22:28qu'on a en place pour que le parc reste en état comme il est maintenant.
00:22:34et on veut le garder pour les générations futures.
00:22:45Bonjour.
00:22:46Bonjour.
00:22:47Vous allez faire le Sourdie des Pins?
00:22:49Oui.
00:22:49C'est un Sourdie parce qu'il y a beaucoup de fleurs et aussi de champignons.
00:22:53Nous autres, on ne veut pas vous manger les champignons.
00:22:55Non.
00:22:55Parce qu'on veut que les gens qui passent derrière vous
00:22:58aient la chance de boire les mêmes champignons que vous allez boire.
00:23:03Les 240 km² du parc sont en grande partie recouverts par la forêt.
00:23:09Une vingtaine d'essences préservées, comme le Pin Blanc, typique de la forêt acadienne,
00:23:14y créent une ambiance particulière.
00:23:20Pouchibougouac possède aussi près de 30 km de côte le long de l'océan.
00:23:24Les lagunes et les marais salants constituent le refuge de nombreuses espèces animales
00:23:28que les gardes doivent surveiller de près.
00:23:32Là, présentement, on va faire une visite de bois si les pocs sont encore présents,
00:23:37puis voir si la colonie est en bonne santé.
00:23:44On est juste à l'extérieur des limites du parc.
00:23:47On est dans le Detroit-Northumberland.
00:23:49Ce qu'on a ici ce matin, c'est du phoque gris.
00:23:51On pourrait facilement estimer qu'il y en a plus de 200 ici ce matin.
00:23:55La plupart de ceux qu'on voit sont dans l'eau,
00:23:57ils ne vont pas émettre de son,
00:23:59mais lorsqu'ils reposent sur les bancs de sable ou sur la dune,
00:24:02ils vont hurler, un peu comme...
00:24:08Et quand il y en a 300 et plus, c'est tout un vacarme.
00:24:12D'où le nom que nous, les Acadiens, on leur donne des loups marins.
00:24:18Les lagunes forment une zone tampon entre l'océan et la forêt
00:24:21et permettent le développement d'une végétation originale.
00:24:26Les dunes de sable ont un rôle très important.
00:24:28Elles forment une ceinture de protection contre les éléments marins.
00:24:31Il y a donc toute une zone qui est à l'abri
00:24:33et où peuvent se développer des plantes très particulières.
00:24:39Cette vaste tourbière est un véritable laboratoire pour les biologistes.
00:24:43Tous les cinq ans, Pippi Lone vient y effectuer des relevés
00:24:46afin de surveiller l'évolution des végétaux.
00:24:52Quand je remarque des changements dans l'évolution des plantes
00:24:55que j'observe dans ma tournée,
00:24:56ça indique qu'il se passe quelque chose.
00:24:58On peut ainsi intervenir immédiatement pour éviter que la situation ne se dégrade.
00:25:06C'est grâce à cette surveillance constante depuis 40 ans
00:25:10que le parc a pu conserver toute sa diversité.
00:25:25C'est sympa ces soirées autour du feu de camp.
00:25:28Tu organises ça souvent ?
00:25:29Le feu de camp, c'est l'occasion qu'on a de parler des gens de la région,
00:25:33de notre patrimoine plus culturel et historique.
00:25:35Est-ce qu'on est amené à croiser des ours ici dans le coin ?
00:25:39Depuis tout à l'heure, je me suis dit que je me retournais de temps en temps.
00:25:41Est-ce qu'on voit des ours par là ? Est-ce qu'il y en a ici ?
00:25:44Ce qui arrive, c'est que les ours, ils vont nous sentir.
00:25:46Ils vont nous entendre, ils vont nous sentir.
00:25:48Puis là, ils s'en vont dans le bois, ils nous laissent passer.
00:25:50Pour être garantie d'en voir, il y a un endroit pas tellement loin.
00:25:52Juste à l'extérieur du parc, peut-être une vingtaine de minutes.
00:25:57Viviane et le char, eux, ils vont vous faire voir des ours, c'est garanti.
00:26:01C'est bien. Écoute, je vais les voir demain matin.
00:26:03Après une bonne nuit de sommeil, je vais m'attaquer aux ours.
00:26:05Si jamais j'en croise vraiment de très très près,
00:26:07je chanterai tes chansons pour ne pas avoir peur.
00:26:12Comment ça va tout le monde ? Ça va bien ?
00:26:14Si vous êtes sur les routes de la péninsule acadienne,
00:26:16comme vous le voyez, il pleut abonnamment.
00:26:18C'est ce que nous prévoit Environnement Canada
00:26:20pour ce soir et 7 mai de la vie passagère 500 vers minuit.
00:26:23Et on a des petits vents qui soufflent du sud entre 4 et 10 km heure.
00:26:33Entrée.
00:26:33Bonjour.
00:26:34Bonjour.
00:26:35C'est les filles du parc qui m'envoient.
00:26:37Très bien.
00:26:37Elles m'ont dit qu'avec vous, j'étais sûre de voir des ours.
00:26:39T'es à la bonne place pour voir des ours.
00:26:41C'est la bonne adresse.
00:26:42Oui, oui, c'est la bonne adresse.
00:26:43Bonjour.
00:26:44Sophie.
00:26:44Moi, c'est Viviane.
00:26:46Ça a commencé comment, cette rencontre avec les ours ?
00:26:49J'ai déménagé. Ici, j'avais trois ans.
00:26:51Ah, d'accord.
00:26:51Ça fait, je suis à continuer dans le foyer.
00:26:54Mais les ours, ça fait combien de temps que tu les côtoies ?
00:26:56Oh boy, ça fait depuis 1997 que je côtoie les ours.
00:27:01Alors du coup, grâce à toi, on peut les observer, s'approcher le plus près possible.
00:27:04Oui.
00:27:04On peut y aller ensemble ?
00:27:05Non, non, pas toi.
00:27:06Pourquoi, pas moi ?
00:27:07Parce que c'est que eux autres, c'est seulement moi qui a son odeur.
00:27:12Je fais partie de la famille.
00:27:13Tu te laisses ton odeur ?
00:27:14Oui, puis je fais partie de la famille.
00:27:15Je te laisse faire ton job, comme on dit, puis moi je resterai à ma place.
00:27:19Ah, c'est bien correct.
00:27:20Je peux t'accompagner quand même ?
00:27:20Ah oui, tu peux m'accompagner.
00:27:21C'est gentil.
00:27:22Oui, c'est sympa.
00:27:29On est rendu.
00:27:34Là, on ne risque rien.
00:27:35Non, on est en sécurité, un coup qu'on est dedans, la camagne.
00:27:42Sophie, on est où dans les airs ?
00:27:44Oui.
00:27:45Les ours présentement ne nous sentent pas.
00:27:47Oui.
00:27:48Un ours est capable de sentir d'une distance de 1 km.
00:27:52En tout normal.
00:27:53Oui, oui.
00:27:53Il ne nous voit pratiquement pas du tout.
00:27:56D'accord.
00:27:56Par contre, ils pourraient nous entendre quand même.
00:27:58Tu disais qu'ils avaient une trappe à nouilles.
00:27:59Oui, c'est ça.
00:28:00Oui.
00:28:01Et en général, ils s'y perdent où ?
00:28:03Ils font leur tanière en pleine forme.
00:28:05Habituellement, c'est un arbre assez gros qui tombe, que le vent.
00:28:09Le vent va tomber.
00:28:10Ils se font en dessous, ils creusent.
00:28:13Il y a toujours une ouverture, à peu près sa grosseur, comme un tuyau.
00:28:17Oui.
00:28:19La chaleur du corps, il y a ça toujours ouvert.
00:28:22C'est facile d'identifier une tanière.
00:28:24Ça sent fort.
00:28:24Ça sent fort.
00:28:25Ça sent fort, oui.
00:28:26Qu'est-ce que tu leur donnes à manger ?
00:28:28Ils ont besoin du gros.
00:28:31Oui.
00:28:32Un magasiné du gros pour l'hiver.
00:28:34Les framboises, les bleuets, les...
00:28:37Les fruits mûrs.
00:28:39Les champignons.
00:28:40Oui.
00:28:40Les champignons.
00:28:41Ils attrapent des castors pour le gras.
00:28:44D'accord.
00:28:44Dis-moi.
00:28:46Ils ont chassé ces ours.
00:28:47Oui, ils ont chassé, malheureusement, certaines personnes qui consument la viande.
00:28:51Et là, on ne chasse pas sur tes terres.
00:28:53Non.
00:28:54Donc, ils sont chez toi, ils sont protégés.
00:28:56Lorsqu'ils sont ici, il n'y a pas de problème.
00:29:00Lui, il n'y a pas de gilet.
00:29:01Je le connais depuis tout.
00:29:03Ce printemps-même, il est venu à moi.
00:29:05Il s'est monté.
00:29:07Il prend son nez.
00:29:08Puis...
00:29:09Il t'a poussé la casquette.
00:29:10Ah oui.
00:29:11Là, je lui ai dit, t'aimes pas ma casquette, quoi ?
00:29:13N'en veux-tu une ? Fais comme j'ai fait.
00:29:15Va t'en chercher une.
00:29:16Ben, longe ma casquette.
00:29:18C'est à moi.
00:29:19Il est parti.
00:29:20Ah oui.
00:29:20On est amis tous les deux.
00:29:21Et t'as jamais eu peur ?
00:29:23J'ai peur d'aller dans la ville.
00:29:25Ah oui.
00:29:26J'ai peur des humains.
00:29:27C'est vrai.
00:29:28Faut te conter de quoi d'autre.
00:29:30J'ai peur du banquier.
00:29:32Le banquier, là, c'est qu'il vient chez vous.
00:29:34Tu peux pas t'en débarrasser.
00:29:36C'est qu'un ours rentre chez vous.
00:29:38Lui, tu peux t'en débarrasser.
00:29:40Si tu parles d'où un ours ?
00:29:42C'est incroyable.
00:29:43Tu parles d'où ?
00:29:44Oui.
00:29:45C'est qu'il montre l'agressivité.
00:29:46T'augmente la voix.
00:29:48Puis c'est galère à vouloir changer sur toi.
00:29:49C'est toi qui change sur lui.
00:29:50C'est ça.
00:29:51Regarde, Sophie, je pense à ça.
00:29:53Je vais descendre en bas, puis je vais les approcher.
00:29:56D'accord.
00:29:57Puis tu vas voir qu'ils sont sympathiques avec moi.
00:29:59C'est pas la maman ?
00:30:00Oui, ça, c'est maman.
00:30:00Vas-y, tu fais attention.
00:30:02Oui, oui, oui.
00:30:03Tu prends pas de risques.
00:30:03Oui.
00:30:05Hi.
00:30:07Hi, guys.
00:30:10Tu l'as dit ?
00:30:11Tu l'as dit moi ?
00:30:12Bien.
00:30:13Bien.
00:30:14Bien oui.
00:30:16Ah oui.
00:30:17Bien oui.
00:30:18Des bonnes billettes.
00:30:19Hey, hi.
00:30:22Hi.
00:30:23Hi.
00:30:25Hi, Cubby.
00:30:27Hi, u sale lot.
00:30:30Eh, ok.
00:30:32Eh, tu五 bread sur moi.
00:30:33C'est moi ?
00:30:38OK.
00:30:45T'as une chapelle ?
00:30:47T'as une chapelle ?
00:30:48Non.
00:30:49Tu veux pas ça ?
00:30:52Viens me voir.
00:30:54Je reviens pas.
00:30:55C'est incroyable que tu t'approches près de...
00:30:58Oui.
00:30:59Fais voir tes mains.
00:31:00Ils t'ont pas blessé.
00:31:01Non, non, non.
00:31:02Tu sais que tu viens de me faire vivre un moment extraordinaire.
00:31:05Je m'attendais pas à moi aller voir de si près.
00:31:08Oui.
00:31:09Et de voir vivre pas ce lien que tu as avec eux,
00:31:12qui a l'air d'être un lien tellement précieux.
00:31:15Tu deviens comme un ami ?
00:31:16Oui.
00:31:16Souvent j'arrive, ils sont contents de me voir.
00:31:19On le sent, oui.
00:31:20Dis-moi Richard, qu'est-ce que je peux vous souhaiter à toi et à tes ours ?
00:31:24Bien.
00:31:24La longévité d'un ours dure 30 ans.
00:31:27Au maximum.
00:31:29L'humain, 90 ans.
00:31:31Oui.
00:31:32Bien, je vais être allé aussi loin que je peux qu'à un 20 ans.
00:31:35Bien, restez toujours dans le monde et tes ours.
00:31:37Regarde.
00:31:40Regarde.
00:31:50Regarde.
00:31:56Regarde.
00:31:57C'est toi de boire la face noire, puis la peau craquée, mais j'ai les mains blanches.
00:32:01Monsieur, j'ai les mains blanches parce que j'ai eu les mains dans l'eau toute ma vie.
00:32:04J'ai passé ma vie à forbir.
00:32:06Je suis pas moins guenilleuse pour ça.
00:32:07J'ai forbissus les autres.
00:32:09Je pouvons bien penser pour crasser.
00:32:11Je pensons notre vie à décrasser les autres.
00:32:14Frotte, puis gratte, puis décolle des tchadonsons.
00:32:18Ils pouvons bien avoir les mains dans l'eau.
00:32:19Ces lignes sont extraites de la Sagouine d'Antonine Maillet, une romancière qui donne ses lettres de noblesse à la
00:32:26littérature acadienne.
00:32:38Le pays de la Sagouine lui rend un hommage vibrant et sincère, en reconstituant l'ambiance de ses romans.
00:32:47L'époque où l'histoire de la Sagouine se passait, c'était la fin des années 30, 1940.
00:32:53Puis le village qu'on a reconstitué ici, ça représente un village de pêcheurs de ces années-là.
00:33:00Même s'il était pauvre, il avait la joie de vivre.
00:33:03Il aimait la vie en d'autres mots.
00:33:08La Sagouine est le sobriquet donné à une femme de ménage de l'époque.
00:33:13Dans ses livres, Antonine Maillet rend leur fierté à ses Acadiens qui vivaient dans la misère, mais possédaient une vraie
00:33:20richesse culturelle.
00:33:21Madame Antonine Maillet, chez nous, en Acadie dans notre coin, on lui doit énormément.
00:33:26Elle a fait le tour du monde. Elle a parlé de l'Acadie.
00:33:30Beaucoup de gens ne savaient même pas qu'on existait.
00:33:39Puis pour mettre un peu, comme on dit chez nous, le glaçage sur le gâteau, elle a gagné en 1979
00:33:46le plus haut prix en littérature en France, le prix Goncourt, avec son livre « Pélagie la charrette ».
00:33:52On en est extrêmement fiers.
00:33:55Je ne veux que le ciel me décontrer, je ne veux pas de chaises, je veux me marier.
00:34:18Ça y est, j'y suis. Je suis à Chediac. Chediac, c'est la capitale mondiale du homard. Et le
00:34:24moins qu'on puisse dire en arrivant, c'est que ça se voit.
00:34:39Bonjour, bonjour. Je voulais savoir si vous alliez partir en mer.
00:34:42Mais je dois dire que ce n'est pas fameux ce matin.
00:34:46Pas de pêche aux homards aujourd'hui.
00:34:48Non, pas aujourd'hui.
00:34:49Bon, raté. Comment tu les pêches tes homards?
00:34:52On les pêche avec des casiers.
00:34:53Oui.
00:34:54On a présentement 250, il y a une limite sur toutes les pêcheurs.
00:34:58Là, en ce moment, tu as 250 casiers en mer.
00:35:00Tous tes casiers sont en mer.
00:35:01Oui.
00:35:01D'accord. Et tu mets quoi dans les paniers pour les attraper, pour les faire rentrer les homards?
00:35:05On met de l'appât.
00:35:06Oui? Tu en as là?
00:35:07Ben oui, je te les montre.
00:35:09Allez, montre-moi, comme ça je vais faire un petit tour de ton bateau quand même.
00:35:11Il y a deux façons, il y a le maquereau et le haram.
00:35:14Oui.
00:35:14Le maquereau, on le met ici, on le met dans de l'eau, du sel et on utilise aussi de
00:35:19la glace.
00:35:20On fait toujours ce qu'on appelle une slush, pour le garder aussi frais qu'on peut.
00:35:25D'accord.
00:35:26Ici, on a du haram.
00:35:28D'accord.
00:35:28Il est déjà salé, il n'est pas frais.
00:35:30On le met dedans des sacs, des petits sacs, puis on met le sac dedans le casier, puis le homard
00:35:38va y vanter ça.
00:35:39Et puis une fois dedans, il est coincé.
00:35:41Il est coincé.
00:35:41Il y a des poissonniers là, ici?
00:35:43Ah oui, oui.
00:35:44Tu montes là où tu vas les vendre?
00:35:4510-15 minutes, 17, puis je vous montre ça.
00:35:47Ah ben comme ça, tu me montes ça.
00:35:48Allez.
00:35:59Voilà les bêtes.
00:36:00Oula, ça glisse là.
00:36:01Ça glisse.
00:36:02Alors montre-moi un peu.
00:36:04Les voilà.
00:36:05Ben oui.
00:36:06Ils sont très très beaux.
00:36:07Comment tu reconnais le mal de la femelle?
00:36:10Question bête.
00:36:10Il y a deux manières.
00:36:12Il y a deux manières.
00:36:12La première manière, c'est que la queue de la femelle, si vous voyez la largeur, elle est
00:36:17bien plus large que le molle.
00:36:20C'est qu'elle apporte ses œufs.
00:36:22Ah bien sûr.
00:36:22Ça queue.
00:36:23Une autre manière, c'est que si vous regardez là, juste, juste, ces deux pattes-là, les
00:36:28molles, elles sont plus grosses avec une coquille bien plus dure.
00:36:32Ce sont ces organes reproductifs.
00:36:35Oui.
00:36:35Et les pinces, ce sont les mêmes ou...
00:36:38Les pinces, non.
00:36:39Les pinces, c'est qu'il y en a deux différentes.
00:36:42Oui.
00:36:42La pince broyante et la pince coupante.
00:36:46Et deux différentes pinces.
00:36:48Puis la pince broyante détermine si le homard est gaucher ou qu'elle est droitier.
00:36:53On a un homard qui est droitier et on a un homard qui est gaucher.
00:36:59Oh là là.
00:37:00Ah oui, belle bête.
00:37:01Ah oui, hein.
00:37:02C'est un autre gabarit ça.
00:37:03Ah oui.
00:37:04Deux kilos.
00:37:05Deux kilos.
00:37:06Deux kilos.
00:37:06On va aller le peser?
00:37:07Oui, oui.
00:37:07Ou alors, c'est ta raison?
00:37:08Oui, oui.
00:37:10Normalement, il est plus gros que ça.
00:37:12Ça, c'est la norme, là.
00:37:13Deux kilos et demi, trois kilos, là, c'est assez commun.
00:37:16Oui.
00:37:17Tu peux quand même trouver des homards de quatre kilos, cinq kilos, un peu plus rares.
00:37:22Vous me demandez combien le kilo, en général, en moyenne?
00:37:26Le kilo...
00:37:27En livres.
00:37:28Dis-le-moi en livres.
00:37:29En livres, c'est à peu près 8 $, 9 $ la ligne.
00:37:32D'accord.
00:37:33Deux euros le kilo, à peu près.
00:37:34Oui, à peu près.
00:37:35Deux euros le kilo.
00:37:36Oui.
00:37:36Ce qui n'est absolument pas cher.
00:37:38Il faudrait que j'en mange ici.
00:37:40C'est dommage, je n'ai pas le temps.
00:37:41Parce qu'il faut que je reprenne la route.
00:37:42C'est-tu vrai?
00:37:43Oui.
00:37:44C'est bien dommage.
00:37:45Un petit sandwich avant que tu décolles?
00:37:46Un petit sandwich?
00:37:47Ah oui.
00:37:48Grand luxe, le sandwich de Houma.
00:37:50Ah oui.
00:37:50T'as raison.
00:37:56En descendant plus au sud, c'est le visage de l'Acadie urbaine qui se dévoile.
00:38:02Avec 120 000 habitants, l'agglomération de Moncton est la plus peuplée du Nouveau-Brunswick.
00:38:07C'est aussi l'une des villes les plus attractives au Canada.
00:38:12Avec une qualité de vie reconnue et son statut de ville bilingue, on vient de toute la province et même
00:38:18de plus loin pour s'installer à Moncton.
00:38:26Donc ici, le voisinage est vraiment très agréable.
00:38:29Et tous les arbres vont rester.
00:38:31La famille Cahill vient de quitter Terre-Neuve et recherche la maison de ses rêves.
00:38:38Et voici la cuisine avec revêtements en marbre.
00:38:41Et ceci, c'est du vrai cristal.
00:38:45Il y a le double frigo, bien sûr, et par ici, l'arrière-cuisine.
00:38:48Qui est la pièce de résistance.
00:38:51L'afflux de population ici à Moncton est constant et la raison pour laquelle c'est parce qu'on a
00:38:56de la bonne qualité d'emploi,
00:38:57on a des maisons disponibles à bon marché.
00:39:01Et puis, les gens viennent ici surtout pour la qualité de vie familiale.
00:39:08Pour accueillir les nouveaux arrivants, les lotissements à l'américaine poussent comme des champignons.
00:39:14La bonne santé du bâtiment est à l'image de toute l'économie de Moncton.
00:39:18Le marché de l'emploi y est prospère.
00:39:20C'est une sorte d'eldorado acadien.
00:39:25Dans les dix dernières années, on a vraiment eu un boom économique assez impressionnant dans la région.
00:39:32Daniel Viennot est le PDG d'une entreprise de haute technologie.
00:39:36Il représente bien cette nouvelle génération d'entrepreneurs de Moncton.
00:39:39Les Acadiens ont vécu des périodes vraiment difficiles, ce qui fait qu'il y a toujours eu un esprit de
00:39:46survivance et de chercher à innover pour trouver des façons de survivre dans la société.
00:39:55Je pense que c'est vraiment la souche de l'esprit entrepreneurial parmi les Acadiens.
00:40:02Comme dans son usine d'imprimantes, c'est pour trouver ce type de travail que beaucoup de provinciaux viennent s
00:40:07'installer à Moncton.
00:40:09Le testing va bien ?
00:40:10Oui.
00:40:15Et depuis quelques temps, un étrange personnage est lui aussi venu poser ses valises en ville.
00:40:24Il fait beau dans la cabane.
00:40:28Acadiman est un dessin animé décalé qui prend Moncton comme décor.
00:40:33On y parle en chiac, le dialecte local.
00:40:36Je suis Acadiman. Quand j'étais petit, j'ai été laissé dans les bois par mes parents.
00:40:39Comme ça, j'ai mouvé à la ville.
00:40:41Puis je suis le premier super-héros acadien, sort of.
00:40:49Diffusé à la télévision et sur Internet, Acadiman commence à se faire connaître pour le plus grand plaisir de son
00:40:55créateur.
00:40:57Ça a commencé comme une blague.
00:40:59En créant Acadiman, je voulais créer un personnage qui nous emmène des bois jusqu'à un centre urbain qui serait
00:41:07Moncton.
00:41:07Il y a beaucoup de critiques de la culture acadienne qu'on va voir dans le show, c'est sûr.
00:41:13Regarde, mon amour, un acadien.
00:41:15C'est n'est-ce pas?
00:41:16Prends-il de lui faire un petit jig.
00:41:18Ou de jouer des spoons pour nous.
00:41:20Je vais prendre la caméra vidéo.
00:41:22Probablement parce que je suis le premier super-héros acadien, kind of.
00:41:25Puis, définitivement pas parce que je parle mal, puis personne ne me comprend.
00:41:28C'est le temps que les gens sachent qu'il y a quelque chose de plus que des violents, puis
00:41:35des cuillères en acadie,
00:41:37qu'il y a un côté urbain, un côté contemporain.
00:41:39D'une manière académienne, je pense, ça représente ça, une contemporanité acadienne.
00:41:46Wow, wow, wow, tant de minutes, c'est pas fini yet, là.
00:41:50Touche pas à ça.
00:41:58Ici CKRO.
00:42:03Une radio à votre image.
00:42:15Bonjour.
00:42:16Bonjour.
00:42:16Comment ça va?
00:42:17Bien et vous?
00:42:17Merci.
00:42:18Très bien.
00:42:19Vous avez une boutique incroyable.
00:42:21Merci beaucoup.
00:42:22Vous avez des antiquités qui remontent jusqu'à quand?
00:42:25Des années 1800, fin des années 1700.
00:42:28Montrez-moi ça.
00:42:29Ça continue par ici.
00:42:30Oh là là.
00:42:32Oups.
00:42:32C'est la caverne d'Ali Baba.
00:42:34Un petit peu.
00:42:35Et ça?
00:42:36C'est quoi?
00:42:36Ça, ça vient de New Brunswick.
00:42:38C'était l'horloge de temps pour les employés.
00:42:40Chaque employé avait leur numéro, ils spinaient la roue, puis ils pesaient dessus.
00:42:45Quand ils allaient pointer, en fait.
00:42:46Oui.
00:42:471907.
00:42:48Ça continue de ce côté-là.
00:42:49On a plusieurs voitures.
00:42:50Ah oui, vous avez aussi des voitures?
00:42:52Oui.
00:42:52Elles sont très rares, j'imagine.
00:42:54Celui-ci, il a été fait en France.
00:42:56On l'appelle le Rolex.
00:42:58Puis, d'après mes recherches, c'était pour driver dans la ville de Paris.
00:43:01Ah oui?
00:43:01C'est vrai?
00:43:02Pour les recherches que j'ai faites, oui, c'est ça qu'ils ont dit.
00:43:06Ah, une belle collection de plaques.
00:43:08Marie est très passionnée par les plaques.
00:43:10À chaque fois que vous vous promenez quelque part, vous essayez de ramener un objet?
00:43:15Assez souvent, oui.
00:43:16Je passe la moitié de mon temps à faire des recherches.
00:43:18Vous êtes originaire d'où?
00:43:19À Miscou.
00:43:20Le Miscou.
00:43:21Ah, Miscou?
00:43:22Oui.
00:43:22Je me suis fait une copine à Miscou.
00:43:23Ok.
00:43:24Elle s'appelle Yolande qui fait des chocolats.
00:43:26Ok.
00:43:26C'est ma cousine.
00:43:27C'est votre cousine?
00:43:28Oui, c'est ma cousine.
00:43:28Ah bah c'est ma copine.
00:43:30Désignez-moi.
00:43:52Bonjour.
00:43:53Bonjour.
00:43:53Pour faire une sortie canoë et kayak, c'est ici?
00:43:55Oui, c'est une bonne place.
00:43:56Eh bah c'est parfait.
00:43:57Je vais te donner l'équipe, hein?
00:43:59Alors, une petite jupette.
00:44:00Une petite jupette, oui.
00:44:01Comme ça.
00:44:02C'est pas magnifique cette petite jupette?
00:44:04Une veste de sauvetage aussi?
00:44:05Oui, le petit gilet de sauvetage obligatoire.
00:44:10Et voilà.
00:44:11En fait, le premier exercice consiste à porter le canoë et kayak.
00:44:25C'est parti, on arrive à le pot de fleurs.
00:44:27Le pot de fleurs?
00:44:28Le pot de fleurs, oui.
00:44:29Celui-ci, c'est le pot de fleurs originel.
00:44:31C'était nommé par Robert Ripley dans le 1930.
00:44:35Mais là, on est dans la baie de Fondi.
00:44:36On est dans la baie de Fondi, oui.
00:44:37Ouais.
00:44:38Tu regardes à la gauche.
00:44:39Et ça, c'est la fin de Nouveau-Brunswick.
00:44:40Mais c'est un peu la fin de mon voyage, parce que tu vois,
00:44:42je voulais essayer de traverser le Nouveau-Brunswick
00:44:45en suivant la côte.
00:44:46Eh bien, voilà.
00:44:47J'arrive presque au bout.
00:45:03Sean, si tu le veux bien, maintenant, on va rester sur l'eau,
00:45:05mais on va changer complètement de destination
00:45:07pour retrouver les routes mythiques d'Echapébel.
00:45:11Qu'est-ce que sont les routes mythiques d'Echapébel?
00:45:12Les routes mythiques d'Echapébel, ce sont des beaux voyages,
00:45:15qu'on a la chance de vivre à travers le regard de grands réalisateurs.
00:45:19Et cette semaine, on retrouve Marc Mopti qui est sur le Danube.
00:45:22C'est le troisième épisode de son aventure.
00:45:24C'est intéressant.
00:45:25Ouais, c'est passionnant, tu vas voir.
00:45:32Je me rappelle de parties d'échecs dans les eaux de Budapest,
00:45:36du Stradivarius d'un luthier et d'une mélodie de Dozigan.
00:45:40Du goût amer n'a pas pris qu'à verre au bord d'un champ.
00:45:44L'histoire sanglante et de défaites historiques non loin du fleuve.
00:45:48Deux masques pour conjurer la peur.
00:45:50Je me souviens surtout d'un fleuve innocent aux rives coupables.
00:45:56Le Danube traverse sa troisième frontière,
00:45:59continuant son cours en Slavonie orientale,
00:46:02véritable grenier de la Croatie.
00:46:03Puis à Belgrade, il fait l'amour avec la Save,
00:46:06qui lui permet de doubler son capital en eau en moins de 300 km.
00:46:10Cela ne lui était pas arrivé depuis l'Autriche.
00:46:36Je me permets une petite infidélité à ces rives,
00:46:39en m'échappant par de paisibles villages,
00:46:42où s'étalent les vignes qui lui donnent le meilleur vin du pays.
00:46:46Mais tout est plat.
00:46:48La plus haute de nos montagnes est un choux, plaisantent les vignerons.
00:46:51La plus haute de nos montagnes est un choux, plaisant les vignes.
00:47:17Jivelli, comme on dit ici.
00:47:22La sérénité est souvent l'annonciatrice du pire avenir.
00:47:27La route qui m'amène à Vucovar se sert dans une gorge,
00:47:30avec de chaque côté, panne rouge après panne rouge,
00:47:33la mise en garde contre les mines.
00:47:35À l'approche des faubourgs,
00:47:37les maisons éventrées sont de plus en plus nombreuses.
00:47:40Plus loin, ce sont les usines qui sont calcinées.
00:47:43Partout, les gens circulent comme si de rien n'était, à pied, à vélo.
00:47:46Les maçons reconstruisent.
00:47:48Depuis le début de la guerre et 13 000 morts plus tard,
00:47:51le spectacle en ville est encore hallucinant.
00:47:53Mais alors pourquoi y venir ?
00:47:55Pour le souvenir de ce que la folie guerrière des années 90
00:47:59a pu faire d'une communauté paisible ?
00:48:02Ou alors pour témoigner encore et encore ?
00:48:06À Vucovar, la guerre se visite aujourd'hui comme un musée.
00:48:10Le colonel à la retraite n'a pas oublié.
00:48:14Vucovar était à cette époque divisé en deux parties,
00:48:17à savoir Vucovar et Borovonacellier.
00:48:20Nous, à Borovonacellier, nous ne savions pas que Vucovar était tombé.
00:48:25Non, nous ne savions pas en réalité qu'il était tombé,
00:48:28que l'hôpital avait capitulé.
00:48:30Car à ce moment-là, il fonctionnait au maximum, à pleine capacité.
00:48:34Si vous aviez pu voir le nombre de blessés,
00:48:36de civils, d'enfants, de femmes,
00:48:38qui ont tenté de rejoindre l'hôpital pour se réfugier,
00:48:41car ils croyaient tous que s'ils accouraient auprès du corps médical,
00:48:45ils avaient quelque chance d'être évacués vers les territoires libres de la Croatie.
00:48:51Cependant, ce n'était qu'une sécurité relative
00:48:53offerte à la ville par l'armée yougoslave de l'époque et les unités serbes.
00:48:57De cette manière, tous ces blessés qu'ils avaient mis de côté
00:49:00parce qu'ils les croyaient résistants et combattants pour la défense de Vucovar,
00:49:04tout ce monde a été dirigé vers une autre issue.
00:49:07Embarqué dans des camions,
00:49:09emmenés à Ofchara dans des hangars,
00:49:11frappés, maltraités,
00:49:14après cela jetés dans des remorques,
00:49:16puis déchargés la nuit dans la fosse commune.
00:49:18Ces événements datent du 18, 19 et 20 novembre 1991.
00:49:22Ofchara est la plus grande blessure de Vucovar.
00:49:24Tout le monde le sait, mais nous, nous n'en parlons pas.
00:49:27Là-bas dorment nos êtres les plus chers.
00:49:29Nous avons dû être entre les mains de Dieu
00:49:31parce que si quelqu'un avait dit
00:49:33« Je survivrai à Vucovar », cela aurait été insensé.
00:49:37Ce qui veut dire quand même qu'une force supérieure a dû décider de tout cela.
00:49:41Parce que vous pouvez me croire,
00:49:43être en vie à Vucovar,
00:49:44être en vie après les camps de la mort,
00:49:46après tout ce par quoi on est passé,
00:49:48c'est une joie immense.
00:49:55Au milieu de bâtiments criblés d'impact au début,
00:49:58les nouvelles constructions
00:50:00rendent le reste encore plus pathétique.
00:50:03Vucovar tente obstinément
00:50:05de retrouver ses avures de jolie ville baroque,
00:50:07avec ses élégantes arcades bordant les rues.
00:50:11De Vucovar, j'aimerais dire que c'est l'endroit de l'espoir
00:50:14et du commencement pour beaucoup de gens
00:50:16qui vivent et qui viennent ici.
00:50:18Parce qu'elle a été en ruine, parce qu'il n'y avait rien.
00:50:22Tout ce que nous essayons de faire maintenant
00:50:24et tout ce qu'on a fait est d'une certaine manière nouveau.
00:50:30Cela montre l'espoir, l'envie de vivre.
00:50:33Je conseillerais à pas mal de personnes
00:50:35qui ne savent pas où vivre de venir ici,
00:50:37parce que cette ville symbolise un lieu d'espoir,
00:50:40un lieu où on peut tout recommencer,
00:50:42où on peut recommencer une vie.
00:50:46Ce qui me fascine, c'est avant tout le Danube
00:50:48qui passe devant cette ville.
00:50:49C'est le plus puissant fleuve du monde.
00:50:53Chaque fois que j'ai un problème,
00:50:55ou que je me sente triste ou désespérée,
00:50:57je puise l'énergie et la force en lui.
00:51:04Au confluent du Danube et de l'Avouquin,
00:51:07le soleil se couche sur cette invitation
00:51:09à prendre des forces pour le voyage.
00:51:12Ce soir, le Danube fait son cinéma entre l'Est et l'Ouest.
00:51:30Je n'ai pas grand choix, tu sais.
00:51:32Il me faut passer le pont là où le fleuve,
00:51:34poussé par je ne sais quel conflit,
00:51:37rattrape son attirance naturelle vers l'Orient.
00:51:40Belgrade est à 4 heures de route.
00:52:09C'est drôle ce mot,
00:52:11mais je suis un peu plus triste.
00:52:12je suis dans Vojvodin sans le savoir.
00:52:15En fait, en plein Balkan.
00:52:16Novissade est le berceau de la culture serbe.
00:52:19Hongrois, Monténégrin, Slovaque, Ruten, Croate et Zigan
00:52:22s'y retrouvent hors des sentiers de la guerre.
00:52:25Le Danube a aussi le droit à la trêve.
00:52:46Bizarre impression qu'elle devait trouver un dimanche 14 juillet
00:52:49en l'église orthodoxe de Saint-Sava.
00:53:09Même si le Danube un jour a été rouge,
00:53:12le communisme n'a jamais empêché le sentiment religieux à Belgrade.
00:53:16Vous savez, les bombardements de l'OTAN en 1999
00:53:20ou même encourager la vitalité religieuse
00:53:22me souffle infidèle.
00:53:23...
00:53:26...
00:53:28...
00:53:28...
00:53:29...
00:53:29...
00:53:56Le fleuve, qui s'apprêtait à faire, comme à Budapest,
00:53:59une entrée souveraine,
00:54:00doit vite défendre la vie.
00:54:02Une rivière, la Save, de 300 mètres de large, lui dispute la gloire d'avoir créé cette cité.
00:54:08Si l'eau danubienne ne traverse pas la ville, elle l'imprègne.
00:54:13Du haut de ces murailles, le Kalimekdan surveille l'union de la Save et du fleuve Roi.
00:54:19C'est le lieu de mémoire pour tous les serbes.
00:54:22Je suis un exemplaire de hugo-nostalgie, mais je ne suis pas seul.
00:54:28Il y a beaucoup de monde qui sont hugo-nostalgiques.
00:54:31Ici, en Serbie, par exemple, on parle ouvertement.
00:54:35Et on dit ouvertement, je suis hugo-nostalgique, parce qu'on était né dans un pays.
00:54:41On a passé notre jeunesse.
00:54:42Certaines personnes ont vécu toute la vie dans un pays qui n'existe plus.
00:54:47Alors, c'est normal qu'ils soient hugo-nostalgiques.
00:54:51Je ne sais pas, est-ce qu'un Bosnier, un Croatien,
00:54:54et dans les autres pays de l'ex-Yougoslavie, existent les gens qui sont hugo-nostalgiques.
00:55:00Je suis sûr qu'il y a.
00:55:08En été, la chaleur demeure étouffante.
00:55:11Mais elle a ce charme indéfinissable qui situe Belgrade, en plein Orient.
00:55:24Le jour s'annonce sommet d'étoiles, de musique et d'odeurs.
00:55:28Je ne peux résister alors à l'appel des magiciennes de la vie.
00:55:39Être fée n'est pas une plaisanterie, puisque c'est mon métier.
00:55:41Je suis une fée, et pas n'importe laquelle.
00:55:44La fée suprême, excusez-moi du peu, et toc !
00:55:49Je ne peux changer le monde, ce monde immense,
00:55:52avec tous ces peuples et ces gens créatifs,
00:55:54toutes ces personnes qui vivent sur la planète.
00:55:57Personne ne peut les changer.
00:55:58Mais on peut suivre les courants évolutifs, alternatifs,
00:56:01et il existe toutes sortes de règles.
00:56:04J'aime les règles de la nature.
00:56:06Pour moi, être en accord avec la nature signifie qu'il faut être à l'écoute
00:56:09de toutes ces émotions et ces sentiments.
00:56:12Si j'ai faim, je vais manger.
00:56:13Si j'ai soif, je vais boire.
00:56:15Mais si mon esprit a faim de quelque chose d'autre, je peux partir dans la nature,
00:56:19car c'est la plus grande source d'inspiration.
00:56:21Mais l'homme en soi est aussi une belle source d'inspiration qui m'incite à écrire.
00:56:28Je propose à tous les ministres de la guerre et de la défense dans le monde
00:56:32de nommer trois femmes enceintes comme conseillères pour un mandat de quatre mois
00:56:37à partir du moment où on voit leur ventre bien rond.
00:56:41Vous voyez ? Comme ça.
00:56:42Avec ce ventre-là, ces femmes enceintes pourraient conseiller les ministres,
00:56:47les politiques et leur proposer un programme de défense
00:56:50par la beauté de la nation, par la natalité, par les gens en bonne santé.
00:56:55Elle leur dirait comment répartir la richesse et la nourriture.
00:56:58Là, Dieu a commis une erreur.
00:57:00Il a donné à manger aux riches et la famine aux pauvres.
00:57:03Manger, c'est important, c'est sûr, mais il n'est pas juste qu'on jette tant de nourriture.
00:57:08S'il vous plaît, messieurs, nourrissez le monde.
00:57:18Au son d'un orchestre tzigan, on me sert des feuilles de vignes
00:57:21et des papricas farcies de riz et de viande.
00:57:24Et bien sûr, la célèbre bouillabaisse du Danube.
00:57:28Et puis la nuit balconique enveloppe Belgrane.
00:57:33J'allais,HN started au manager.uj
00:57:37n'en a scan, quand on j'ai encore eu. Je
00:57:47n'ai encore eu lavere, je n'ai encore eu pas un Lara. O
00:57:52Deluene, Ndvène, Tu
00:57:57ne t'ruktur Once le monde mobire,
00:58:12Un vieil adage serbe dit
00:58:14« On naît et on meurt avec la musique.
00:58:17Mais ai-je vraiment envie de mourir à Belgrade ? »
00:58:29Le Danube fait son entrée dans le fameux défilé des portes de fer.
00:58:33Une entrée majestueuse et tranquille.
00:58:36« La vraie noblesse s'acquiert à force de puissance et non pas en naissant »,
00:58:41me confesse sa majesté le Danube.
00:58:44Dépassant mille mètres de large,
00:58:46le fleuve maintenant pressant que rien ne peut l'arrêter dans sa course vers la mer noire.
00:58:50Pas même une montagne.
00:58:53Moi non plus.
00:59:08Merci.
00:59:09Vous êtes bienvenu.
00:59:13Je me retrouve au Canada, dans la baie de Fundy, à Opwell Rocks,
00:59:15pour vous dire au revoir.
00:59:16C'est déjà la fin de nos échappées belles.
00:59:18Vous reconnaissez l'endroit où je me trouve ?
00:59:20C'est ici que je faisais du canoe et kayak tout à l'heure.
00:59:22La marée s'est retirée et les paysages ont complètement changé.
00:59:25Alors malheureusement, je n'ai pas vu ni les baleines ni les dauphins
00:59:29qui viennent migrer ici pour se nourrir.
00:59:31Par contre, je suis très heureuse d'avoir vu des ours noirs.
00:59:34Grâce à Richard, tout à l'heure, j'ai fait un très très beau voyage ici.
00:59:37Une chose est sûre, nous sommes chez nos cousins,
00:59:40chez nos cousins acadiens qui sont ravis d'accueillir les Français.
00:59:43Moi, je vous dis à très bientôt.
00:59:45Faites de beaux voyages.

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