- il y a 10 ans
Echappées belles : Angleterre Sophie traverse la Manche pour nous plonger dans l'histoire du Nord de l'Angleterre. La ville de York la ville-musée sera la ...
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00:00:28Sous-titrage MFP.
00:00:57Sous-titrage MFP.
00:01:00Assez original, quand on dit qu'il fait toujours mauvais dans le nord de l'Angleterre, elle a preuve, non
00:01:04?
00:01:04Oui, le nord de l'Angleterre, c'est pas seulement les hooligans et la pluie.
00:01:08Il y a beaucoup d'idées préconçues, mais je vais t'en faire découvrir les charmes.
00:01:12C'est bien. Donc ça va, tu t'en sors pour la imitation de vitesse ?
00:01:15Ça va. Tranquille.
00:01:28Tiens, ça c'est une petite rue bien sympa.
00:01:30Et ça s'appelle The Shambles.
00:01:32C'est une rue médiévale.
00:01:35Très typique, apparemment.
00:01:37Oui, tout à fait.
00:01:38Moi, ça m'avait étonné parce que Shambles en anglais, ça veut dire désordre.
00:01:43Et en fait, non, ça vient d'un mot germanique qui est Fleischhamble.
00:01:48Et ça veut dire la rue de la chair.
00:01:52Et en fait, toutes ces boutiques, à l'époque, c'était des boucheries.
00:01:56Ah, d'accord.
00:01:58T'as vu, par certains endroits, c'est vraiment très étroit.
00:02:01Là, par exemple, je crois qu'on peut se serrer la pince d'une maison à l'autre.
00:02:12Nous y voilà.
00:02:14Voilà.
00:02:15La fameuse cathédrale d'York.
00:02:25Ouh là là, là là, que c'est beau tout ça.
00:02:27Je suis très surprise de voir beaucoup de couleurs à l'intérieur d'un cathédrale.
00:02:31Ce rouge là, par exemple.
00:02:33Je ne m'attendais pas à voir ça.
00:02:35Une chose importante qu'il faut savoir, c'est que quand la construction de cet édifice a été achevée en
00:02:391472,
00:02:40on faisait toujours partie de l'église catholique.
00:02:42On dépendait de Rome.
00:02:44Il a fallu attendre Henri VIII pour prononcer la séparation dans les années 1540.
00:02:49Avant cette séparation, cet édifice était beaucoup plus coloré.
00:02:52Tous les piliers étaient peints de couleurs vives, rouges et or.
00:02:59Une petite porte secrète.
00:03:00On va rentrer dans les coulisses de la cathédrale.
00:03:03Vous êtes prêts à grimper ?
00:03:13Voilà, on arrive au sommet du vitrail des cinq sœurs et on va redescendre sur le rebord.
00:03:17Je vous suis.
00:03:19On voit les choses différemment, puis d'ici.
00:03:22L'édifice que vous voyez en ce moment est magnifique.
00:03:24Il donne une impression de légèreté parce que la voûte est en bois.
00:03:27Ici, le toit est en bois alors que la plupart des cathédrales anglaises ont une voûte en pierre.
00:03:32La plupart des éléments du transept ont brûlé.
00:03:34Le dernier incendie date de 1984, quand le toit a été frappé par la foudre.
00:03:46York est une ville-musée.
00:03:48La cathédrale en est sans aucun doute la pièce maîtresse.
00:03:53Un écrin fabuleux qui renferme le plus haut vitrail du monde, 16 mètres d'un seul tenant.
00:04:01Et si les vitraux n'ont rien perdu de leur superbe, c'est en grande partie grâce au travail de
00:04:06fourmi des restauratrices.
00:04:11Voici la face extérieure du vitrail, soumise aux intempéries.
00:04:19Le verre est bien attaqué.
00:04:21Mais si on considère qu'il était soumis aux assauts de la pluie et du vent pendant plusieurs centaines d
00:04:25'années,
00:04:26on peut dire qu'il a quand même bien résisté.
00:04:33Les petites mains de York Minster ne sont pas les seules à choyer l'héritage des ancêtres.
00:04:40Dans cette ville-musée, les habitants ont tous une âme de conservateur,
00:04:45comme possédé par les vestiges qui les entourent.
00:04:50Gary s'est lui aussi laissé envoûter.
00:04:53Il s'est installé à York il y a 20 ans.
00:04:57Ce qui m'a surpris en arrivant ici, c'est la sensation de visiter un musée en plein air.
00:05:02Les monuments historiques, l'architecture, les murailles sur lesquelles nous sommes en ce moment.
00:05:07C'est comme une mixture.
00:05:08Tout s'est accumulé de manière quasiment organique.
00:05:11Il n'y a jamais eu de planification.
00:05:13C'est pour ça qu'il y a toutes ces petites rues étranges et sinueuses.
00:05:25Et de ces étroites ruelles, envahies par l'obscurité, Gary a fait son terrain de jeu.
00:05:33Le voilà désormais chasseur de fantômes, regrettant sous les yeux des visiteurs l'atmosphère angoissante du York médiéval.
00:05:59Les histoires de fantômes viennent de différentes périodes, mais la plupart sont d'époque victorienne, parfois réécrite au 20ème.
00:06:07Avec ces bâtiments incroyables ici, c'est le décor parfait pour imaginer des fantômes.
00:06:12Les gens racontent que ces histoires émanent des bâtiments, qu'elles sont carrément imbriquées dans les fondations mêmes des maisons.
00:06:20Guidé par les murs de sa ville, Gary a choisi de poursuivre, à sa manière, les fantômes du passé.
00:06:28Mais à York, l'histoire est aussi une affaire de professionnels.
00:06:32Depuis trois ans, les archéologues travaillent sur ce site en plein centre-ville.
00:06:38À la surface du sol, on parle d'archéologie médiévale, qui remonte à 5 ou 600 ans.
00:06:46Mais plus on creuse, plus on remonte dans le temps.
00:06:51Et lorsqu'on atteint ce matériau, ici, nous sommes à l'époque viking.
00:06:56Cette partie de terrain, là, est vieille de mille ans.
00:07:07Ce vase a été retrouvé ici, sur le site.
00:07:11Il a 800 ans.
00:07:12Découvrir une telle pièce pour un archéologue, c'est fantastique.
00:07:19À York, ce sont les vikings qui ont laissé l'empreinte la plus forte.
00:07:2410 000 fragments de poterie ont été découverts, témoignage d'une époque prolifique, qui a maintenant sa place au musée.
00:07:33Lorsque les vikings sont arrivés à York en 866, la ville s'est considérablement agrandie.
00:07:39À cette époque, York est devenue la deuxième ville d'Angleterre.
00:07:43Et elle avait des liens commerciaux très importants avec l'Europe du Nord et de l'Ouest, et jusqu'au
00:07:47Moyen-Orient.
00:07:52Les habitants de York s'amusent à faire revivre ce glorieux passé.
00:07:56Une manière de dépoussiérer l'histoire et de transmettre leur passion.
00:08:00Maintenant !
00:08:10Bon, on arrive à Leeds.
00:08:12Qu'est-ce qu'ils disent de beau dans ton vide ?
00:08:13L'histoire de Leeds remonte à l'époque médiévale, mais que c'est avant tout une ville victorienne, donc industrielle.
00:08:20Bon, écoute, on n'a qu'à y aller.
00:08:21Mais avant ça, on va aller poser nos affaires dans notre bed and breakfast.
00:08:36Oh, mais c'est charmant !
00:08:44Oh, thank you, Alison.
00:08:46Le vrai thé anglais.
00:08:48Yorkshire tea.
00:08:48D'accord.
00:08:49Ah oui, vraiment, en plus celui du Yorkshire.
00:08:51Dites-moi, le bed and breakfast, c'est vraiment comme à la maison.
00:08:54Oui, c'est vraiment notre maison familiale avant tout.
00:08:59Et ensuite, c'est un bed and breakfast.
00:09:02Là, c'est le tea time typique, hein ?
00:09:04Ouais, avec les sandwiches, les scones.
00:09:07C'est toujours fait maison, la plupart du temps dans les bonnes maisons comme ici.
00:09:10Sacrilège.
00:09:10C'est ça ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
00:09:11Le scones en deux.
00:09:12Mon Dieu, mais fallait m'appeler.
00:09:13Tu peux le toaster.
00:09:14Ouais.
00:09:14Et puis après, tu étales du beurre.
00:09:17Double sacrilège.
00:09:18Je l'aime bien sans crème, ni confiture, ni tout ça.
00:09:31Dis-moi les filles, elles s'habillent vraiment avec ça ici ?
00:09:33C'est pas un magasin de costumes, c'est effectivement un magasin de tenues de soirées.
00:09:39Viens, on va voir dedans quand même.
00:09:41Ah, tu me dis que c'est pas une boutique de déguisement, mais quand même, il y a des trucs.
00:09:45Non, je t'assure.
00:09:45C'est vrai ?
00:09:46Tu croises de la tulle, des fossiles.
00:09:49Des froufrous.
00:09:50Des froufrous.
00:09:50Hello, hi.
00:09:51Je me disais que les Anglaises osaient tout pour s'habiller.
00:09:56En Angleterre ?
00:09:57Oui.
00:09:58Est-ce qu'il y a une mode particulière alors à l'Idez ?
00:10:01Les tutus.
00:10:03On vend beaucoup de tutus.
00:10:05Toutes ces choses pour danser jusqu'au bout de la nuit.
00:10:07Pour sortir en discothèque, tous les trucs à mettre sous les fringues.
00:10:11Les tutus, on peut les mettre sous les robes, par exemple.
00:10:13C'est un plan, ça.
00:10:14C'est un plan, ça.
00:10:43C'est une armure très intéressante, faite avec les écailles d'un petit animal qu'on trouve en Inde, qu
00:10:48'on appelle un pangolin.
00:10:51Quand on y pense, beaucoup d'animaux ont en effet une peau qui leur sert d'armure.
00:10:56Celle-là est magnifiquement décorée, chaque écaille est recouverte d'or.
00:11:00Donc les guerriers se sont inspirés des animaux, c'est drôle ça ?
00:11:04Oui exactement, l'inventivité des hommes est absolument incroyable.
00:11:09Cette pièce appartient d'ailleurs à sa majesté la reine Elisabeth, qui l'a prêtée au musée des armuries.
00:11:17Voici la galerie principale du musée, elle raconte l'évolution des armes pendant les guerres.
00:11:25L'homme s'est toujours efforcé de créer des nouvelles choses.
00:11:31Toujours utiliser son imagination, toujours essayer de faire quelque chose de plus gros, de meilleur, de plus élaboré.
00:11:47Une fois par an, le jour de la Saint-Georges, les armures du passé de Leeds reprennent du service.
00:11:54Car ici, Saint-Georges, le chevalier légendaire du Moyen-Âge, est toujours célébré pour ses exploits mythiques.
00:12:00L'histoire raconte qu'il est venu au secours d'une ville assiégée par un dragon.
00:12:06La légende commence ainsi.
00:12:08Une princesse est capturée par un dragon qui veut la sacrifier.
00:12:11La ville fait alors appel à quelqu'un qui puisse la délivrer.
00:12:14C'est alors que Saint-Georges apparaît.
00:12:17Il terrasse le dragon et devient un héros.
00:12:27En l'honneur du prochevalier, on donne encore des tournois, comme au 15e siècle, où les assaillants devaient prouver leur
00:12:33adresse au combat.
00:12:46Pendant la guerre de Cent Ans, il y avait des trêves, des périodes de paix durant lesquelles on organisait des
00:12:51tournois.
00:12:53Le champion des Anglais affrontait alors le champion des Français.
00:13:02Les tournois au Moyen-Âge étaient des événements énormes, comme des festivals.
00:13:15Les chevaliers, c'était un peu les stars du foot de l'époque.
00:13:24Le vainqueur du tournoi combattait pour l'honneur.
00:13:27La plus haute des récompenses dans la mentalité chevaleresque.
00:13:47T'es déjà monté dans un train comme ça ?
00:13:50Moi, c'est la première fois aussi.
00:13:52Hop là !
00:13:55Quand on est au ralenti, on utilise ça.
00:13:59Ça, c'est le frein.
00:14:01Et ça, c'est le frein à vapeur.
00:14:04Avec ça, on peut arrêter le train.
00:14:06Et il faut bien ça, car il est très lourd.
00:14:09Vous êtes toujours marqués par le charbon ?
00:14:12Ça, ça fait partie du mix des conducteurs de trains ?
00:14:17Certaines personnes nous trouvent fous d'avoir ce hobby où tu rentres à la maison complètement noire, même derrière les
00:14:21oreilles.
00:14:25Pourquoi faire quelque chose d'aussi salissant sans être payé ?
00:14:28Il faut être vraiment fou.
00:14:31Tiens, viens.
00:14:31On n'a qu'à monter là.
00:14:33Hello.
00:14:43En fait, on n'a pas pris notre ticket.
00:14:45Hello.
00:14:45How much is it for two tickets ?
00:14:4712 livres pour deux tickets.
00:14:4913 euros.
00:14:5012 pounds.
00:14:50Ouais, bon, je t'invite.
00:14:52Non, t'es sympa, toi.
00:14:58Moi, ce que j'aime par les voyages en train, c'est ça.
00:15:04C'est le paysage.
00:15:10Les rails sur lesquels on roule ont dû être entretenus depuis tout ce temps.
00:15:14Il a fallu les remplacer morceau par morceau.
00:15:17Le ballast a été remplacé aussi.
00:15:19Donc, c'est un entretien perpétuel.
00:15:22Il y a d'autres trains de ce type en Angleterre aujourd'hui.
00:15:25Mais celui-là est autofinancé.
00:15:27Tout ce qu'on gagne est réinvesti dans la ligne de train.
00:15:30Donc, on ne fait pas de profit sur un projet comme ça.
00:15:32On gagne juste de l'argent pour que ça continue.
00:15:59C'est tout ce que j'arrive à dire en français.
00:16:09C'est la cage d'ascenseur.
00:16:18On va où, là, exactement, Bob ?
00:16:23Là, on descend à 140 mètres en dessous du sol.
00:16:27Ça fait une drôle de sensation.
00:16:29Ces mines ont fonctionné jusqu'à quand ?
00:16:32Jusqu'en 1985.
00:16:34Ça fait 24 ans que les mines ont été fermées.
00:16:37Et ce musée a ouvert 3 ans après, en 1988.
00:16:41Et ici, on était dans un bassin minier important.
00:16:46Il y avait toujours des mines autour des villes.
00:16:48Mais il n'y en a plus que 6 en Angleterre.
00:16:50Quand j'ai commencé, il y en avait 300.
00:16:52Et maintenant, il n'y en a plus que 6.
00:16:55Attention, ta tête et tes pieds.
00:16:56Regarde où tu marches.
00:17:01Attention à la tête.
00:17:05L'homme qu'on voit là, c'est le foreur, le reaper.
00:17:09Il doit changer de poste au bout de quelques années à cause de la poussière.
00:17:12Après 10 à 15 ans dans la mine, il ne peut plus respirer.
00:17:15Donc ça, c'est le travail qu'il va finir par faire.
00:17:18Travail moins bien payé.
00:17:19Mais il le fait car il ne peut pas en avoir d'autres.
00:17:23Et vous, Bob, avant d'être guide, vous étiez mineur ici ?
00:17:27Oui, oui, oui.
00:17:29J'ai commencé il y a bien longtemps, en 1969.
00:17:32J'étais mécanicien et je suis devenu adjoint, chargé de la sécurité, comme ce gars.
00:17:37Je contrôlais les fuites de gaz.
00:17:39Oui, j'étais chargé de la sécurité.
00:17:41Qu'est-ce que vous ressentez, vous, Bob, à chaque fois que vous descendez ici ?
00:17:45Ah, j'adore ça.
00:17:47C'est le meilleur métier que j'ai jamais eu.
00:17:49Et je suis content de continuer avec ces visites.
00:17:52À chaque fois, elles sont différentes.
00:17:59Retour à l'air libre.
00:18:27Tiens, regarde Alex, c'est l'heure du caisse-croûte.
00:18:29Hello !
00:18:30Hello !
00:18:32Que ce mignon, tout ça !
00:18:34Tu veux le nourrir ?
00:18:35Yes, thank you !
00:18:39Lui, c'est un champion du biberon.
00:18:44Il boit vraiment très vite.
00:18:45Et jusqu'à quel âge vous allez les nourrir au biberon, comme ça ?
00:18:48On peut les nourrir comme ça jusqu'à un mois.
00:18:53Et toi, tu as grandi dans cette ferme ?
00:18:55Oui, j'ai grandi ici.
00:18:56Je suis partie à mes 18 ans et maintenant, je suis de retour.
00:19:01Ici, tout se passe en famille.
00:19:03Yes, yes.
00:19:07Voici ma mère, Sue.
00:19:09Comme vous le voyez, je suis en train de peindre.
00:19:11Je le vois, je le vois.
00:19:13Qu'est-ce que ça raconte, tout ça ?
00:19:15Eh bien, je suis une artiste et j'anime un atelier dans le village.
00:19:22Donc, on a décidé de créer une grande peinture qui représenterait l'histoire du village.
00:19:30Là, c'est Terry, mon mari.
00:19:31Oh, yes !
00:19:32Je le reconnais.
00:19:34Yes !
00:19:35Maintenant, ce que j'aimerais faire, c'est peut-être ici, ajouter un petit bout du fromage que nous produisons
00:19:41ici.
00:19:42Vous faites du fromage aussi ?
00:19:45Comment est votre fromage ?
00:19:46Yes !
00:19:47Vous voulez le goûter ?
00:19:48Yes, please !
00:19:49Rien que le pain, déjà ?
00:19:51C'est très bon, ouais.
00:19:53Il est conservé avec de l'huile d'olive et des herbes.
00:19:58Excellent, hein ?
00:20:00Oui.
00:20:04Come on, good dog.
00:20:07Come on.
00:20:09Come on, girls.
00:20:10Come on.
00:20:14A chaque début de printemps, le troupeau redécouvre les verres pâturages de la campagne anglaise.
00:20:20J'adore ça.
00:20:21C'est comme une explosion de liberté.
00:20:26Sue et Terry Prince vivent ainsi, au rythme des saisons, en harmonie avec la nature.
00:20:36Rien n'a changé depuis des siècles.
00:20:38On peut même trouver des ruines romaines, car ici, il y avait des fermiers dans l'Antiquité.
00:20:44Et nous, on continue de faire comme eux.
00:20:46C'est fantastique.
00:20:52La relation traditionnelle avec la campagne n'existe plus.
00:20:55Car on a connu une révolution industrielle très précoce.
00:21:01Les Anglais aiment toujours la campagne, mais ils en ont une image déformée.
00:21:04Et je crois tout simplement qu'ils ont oublié comment ça marche.
00:21:15Dans ce petit coin de campagne anglaise, les habitants ont tous développé un rapport particulier à la terre.
00:21:22Chacun se met au vert, à sa façon, et cultive sa différence.
00:21:27Certains ont choisi de donner au paysage l'aspect rigoureux du jardin anglais.
00:21:31Avec ses fleurs au garde-à-vous, les brins d'herbe, sagement alignés.
00:21:37Nous entrons maintenant dans cette partie où le jardin est très formel.
00:21:42Je l'ai commencé il y a 20 ans, et il a beaucoup changé depuis, car j'ajoute sans cesse
00:21:46de nouveaux éléments.
00:21:48Ça donne vraiment une très belle vue depuis la maison.
00:21:57Craig Dalton s'est fait paysagiste il y a 25 ans.
00:22:01Ce jardin est un peu son laboratoire, où les plantes doivent se plier à ses exigences esthétiques.
00:22:09J'essaie de disséminer des touches de couleurs un peu partout.
00:22:14Et en même temps, j'essaie de créer des thématiques avec des teintes différentes.
00:22:19J'ai une grande fierté à faire de mon jardin un endroit impeccable,
00:22:26et à admirer mes plantes, les allées, et tous ces massifs.
00:22:32J'aime ce qui est formel et strict.
00:22:34Ce que je recherche dans tout type de jardinage, c'est l'ordre.
00:22:38Que ce soit ordonné, ça fait partie de mon caractère.
00:22:47La campagne a toujours été un terreau fertile pour les bonnes manières britanniques.
00:22:52Ce sont les aristocrates qui ont instauré ce mode de vie rural et huppés à la fois.
00:22:58Leur manoir impose toujours une certaine classe au milieu de ces paysages.
00:23:03Voici Tissington Hall.
00:23:04C'est la maison de famille depuis 400 ans.
00:23:07Elle a été construite par Francis Fitzherbert,
00:23:10et depuis cette date, en 1609, mes ancêtres y ont tous vécu.
00:23:14Jadis, les grandes familles possédaient des terres, des cottages,
00:23:17et des grandes fermes à la campagne.
00:23:19Et pour renforcer leur présence sur ces territoires,
00:23:22ils ont construit des grandes bâtisses.
00:23:24En général, elles étaient en plein milieu de leur propriété,
00:23:27comme une sorte de monument en l'honneur de la famille.
00:23:40Dans leur bagage, les lords ont amené un certain nombre de coutumes très raffinées,
00:23:45comme la chasse à cour et les garden parties.
00:23:48Des traditions rurales que les descendants essayent coûte que coûte de préserver.
00:24:00Le mode de vie à la campagne a quand même bien changé depuis.
00:24:04Il y a 100 ans, on avait encore une vingtaine de domestiques
00:24:06qui vivaient et travaillaient ici, au service de la famille.
00:24:09Mais de nos jours, il n'y a plus que trois employés et moi.
00:24:16Sir Richard avoue quelques difficultés financières à entretenir un tel héritage.
00:24:22Mais il doit toujours marquer sa présence dans le paysage.
00:24:24Pour lui, c'est une question d'honneur familial.
00:24:55La rue
00:24:57Je me demande vraiment comment ça marche, ces machines.
00:25:10Vous pouvez voir le gros tambour où tout commence.
00:25:17La fibre de coton est brossée par le tambour.
00:25:24Ensuite, nous avons ce joli petit cordon.
00:25:27Ce qui va engendrer les pelotes que nous fabriquons.
00:25:35Les enfants, qui étaient les apprentis dans l'ancien temps, avant que les machines se modernisent,
00:25:42ils étaient obligés de transporter le coton de machine en machine.
00:25:46C'était difficile ça pour des enfants, et toi, c'est vraiment difficile.
00:25:49Beaucoup d'enfants y ont laissé leur vie.
00:25:59Avant, Manchester était la capitale du coton.
00:26:05Le textile, jusque dans les années 50, employait plus de gens que l'industrie automobile.
00:26:10Et même la industrie d'automotive.
00:26:13D'accord.
00:26:23Ça y est, Alex, on est arrivé chez toi, quand on est à Manchester.
00:26:26Et on voit qu'il y a un mélange architectural très intéressant.
00:26:29Ça représente beaucoup Manchester, et puis toute la région du nord de l'Angleterre,
00:26:33où ils ont effectivement reconverti des villes industrielles.
00:26:37Donc, urbanisme sauvage rime avec architecture ultra moderne.
00:26:53Alors là, on est dans un de tes quartiers préférés.
00:26:55Oui, c'est mon Manchester, j'aime bien.
00:26:58C'est paisible.
00:27:00Comment ça s'appelle ici ?
00:27:01Ça s'appelle Castlefield.
00:27:03Moi, j'aime bien, c'est les canaux, les ponts, le train qui passe par là.
00:27:09Et c'est drôle, parce que c'est pas forcément l'image qu'on a de Manchester.
00:27:12On a une image d'une ville un peu terne, un peu grise, et en fait, pas du tout.
00:27:18Moi, je suis très surprise de voir que Manchester est une ville très vivante.
00:27:21Bon, le revers de la médaille, c'est que malgré tout,
00:27:23il y a beaucoup de gens ici qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
00:27:26Mais ça reste une ville pleine de contrastes.
00:27:28Oui, ça, c'est des restes un peu de la fin de la période industrielle.
00:27:33Mais c'est ça qui est intéressant avec Manchester, c'est qu'elle est en pleine phase de réhabilitation.
00:27:50Ah, tiens, il doit y avoir un match, là, ce soir.
00:27:53Pourquoi tu dis ça ?
00:27:54Le maillot rouge.
00:27:55Ah, c'est le maillot de Manchester ?
00:27:57C'est le maillot de Manchester United.
00:28:00Il y a deux équipes, c'est ça ?
00:28:01Il y a Manchester City, qui est en Ligue 1 aussi, qui est une bonne équipe.
00:28:06Et Manchester United ?
00:28:08Ça, c'est l'équipe internationale.
00:28:09Et ça, c'est le maillot de Manchester United.
00:28:10C'est important ce soir ?
00:28:12C'est très important, parce qu'il faut gagner le championnat.
00:28:16Quel va être le pronostic, à votre avis ?
00:28:18Manchester United, bien sûr.
00:28:19Of course, Manchester United.
00:28:36Le stade de Old Trafford est un sanctuaire entièrement dédié au culte de Manchester United.
00:28:43Coupe du monde des clubs champions, Ligue des champions et leader du championnat anglais,
00:28:48le club rafle trophée sur trophée et soigne sa légende.
00:28:53Alignant une brochette de stars payée à prix d'or, United est une grosse machinerie,
00:28:58symbole du football mondialisé.
00:29:15Les jours de match, une marée rouge déferle dans la rue.
00:29:21Ici, on soutient son équipe comme on accomplit son devoir de citoyen.
00:29:29Quand on se met à tous crier dans les tribunes, sur le terrain, les joueurs le ressentent.
00:29:34Ça les booste, donc c'est vraiment utile de faire ça.
00:29:38Le succès de l'équipe dépasse l'Angleterre.
00:29:41Des fans de United, il y en a partout dans le monde, jusqu'au Japon.
00:29:45Où que tu ailles, tu pourras toujours trouver un fan de United.
00:30:05Pour l'échauffement, les supporters ont choisi leur terrain de prédilection, le pub.
00:30:10Et ce soir, ils sont très en forme.
00:30:28Ces mecs, ils sont là.
00:30:30D'abord, ils viennent boire un coup au bar.
00:30:32Ensuite, ils chantent bien fort.
00:30:34Et avec ça, sur le terrain, on est capable de battre n'importe qui.
00:31:00Loin des paillettes et de l'élite du sport mondial, à Manchester, le foot présente aussi un autre visage.
00:31:07Celui des quartiers populaires, touchés par la désindustrialisation.
00:31:11Ici, le football apporte une note d'espoir et égaye un quotidien difficile.
00:31:18Nous sommes dans le quartier de Hardwick.
00:31:21C'est un endroit qui concentre de nombreux problèmes, comme la drogue, la criminalité et les gangs.
00:31:27Le foot, c'est notre remède à tout ce qui va mal dans le quartier.
00:31:32Salut les gars, ça fait plaisir de vous voir.
00:31:42L'association Football Focused a fait construire ses terrains au milieu du quartier il y a trois ans.
00:31:48Chaque jour, les jeunes peuvent venir s'entraîner gratuitement.
00:31:51L'initiative a tout de suite rencontré un franc succès.
00:32:05Ici, on ne leur apprend pas seulement à jouer au foot.
00:32:08Les jeunes apprennent aussi à bien se comporter et à communiquer entre eux.
00:32:12On leur inculque des valeurs comme l'effort, le fair play, la discipline.
00:32:16Quand on a 16, 17 ans, c'est une bonne base pour réussir dans la vie.
00:32:19Ça va bien plus loin que de simplement taper dans un ballon.
00:32:27Je pense que si je n'avais pas eu le foot, j'aurais pu très mal tourner.
00:32:33Ici, j'ai appris à mieux communiquer avec les autres et à me faire de nouveaux copains.
00:32:40Parmi ces jeunes qui courent derrière leurs rêves, se cache peut-être le futur capitaine de Manchester United.
00:32:53Bon, après Manchester, on va découvrir l'enfant terrible de l'Angleterre.
00:32:57C'est Liverpool, la ville est souvent présentée comme ça.
00:33:02T'as vu ces voitures ?
00:33:03C'est des Rolls.
00:33:05Elles sont superbes.
00:33:06Elle est ridicule, notre voiture à côté.
00:33:08On va se garer le plus loin possible.
00:33:11Non, par provocation, on va se mettre juste à côté.
00:33:13Tu vas voir.
00:33:14Ridicule, ne tue pas.
00:33:16Waouh, c'est la classe, quand même.
00:33:18Elle doit être vieille, celle-là.
00:33:26Hello, good morning.
00:33:28Good morning.
00:33:29Good morning.
00:33:31C'est à vous, les voitures de ?
00:33:33You're the driver.
00:33:34These wonderful cars.
00:33:36Yes, yes, sure.
00:33:37Oui, et les deux sont à nous.
00:33:39C'est votre voiture de tous les jours ?
00:33:41Yeah, absolutely.
00:33:42Ça, c'est l'élégance.
00:33:44Oui, c'est ça, pour les petits trajets.
00:33:47Ces voitures, plus on les utilise, mieux elles roulent.
00:33:50Moi, je suis très heureux de les conduire.
00:33:54Pour tous les propriétaires, dès que vous arrivez à un endroit avec une Rolls-Royce,
00:33:58on vous conduit à la meilleure place de parking, juste à côté de l'entrée.
00:34:06Lui, il a bien connu ce genre de chouette.
00:34:10Je serais curieuse de pouvoir faire un petit tour avec vous en voiture, c'est possible ?
00:34:13Oui, il nous sera difficile de vous amener jusqu'à Liverpool.
00:34:18Mais on peut quand même faire une balade en voiture, bien sûr.
00:34:20C'est gentil.
00:34:21Ah oui, merci.
00:34:35Le son du moteur est vraiment incomparable.
00:34:40Oui, et tu peux faire un château de cartes sur le moteur et démarrer, rien ne va bouger.
00:34:47Et à l'intérieur, c'est très beau, c'est très élégant, avec le tableau de bord en bois.
00:34:56Je suis à la retraite, et le week-end dernier, je me suis offert une Bentley de 1960.
00:35:04Les enfants ont leur maison, leur voiture et un bon job.
00:35:07Ils n'ont pas encore besoin de l'argent de leur père.
00:35:11Ils auront les voitures, mais à ma mort.
00:35:13Et heureusement, c'est pas pour tout de suite.
00:35:53Regarde comme il est mignon, ce bateau.
00:35:55T'as vu ça ?
00:35:56Tiens, viens, on va demander aux gens si on peut visiter.
00:36:00Non, ça ne se fait pas de regarder le bateau comme ça.
00:36:02Vous vivez sur ce bateau ?
00:36:04Pas tout le temps, 6 mois par an, parce que j'ai aussi une maison.
00:36:07Est-ce qu'on peut visiter ?
00:36:09Oui, bien sûr, allez-y, entrez.
00:36:12Mais que c'est mignon !
00:36:15Oh là là, on dirait une toute petite maison, un petit chalet.
00:36:19D'accord, là, il y avait un lit.
00:36:20Ah là là, c'est faux, ça.
00:36:22C'est seulement une maison de poupée.
00:36:23Oui, une vraie maison de poupée est arrivée.
00:36:25Ah, mais c'est pas fini, ça continue là-bas encore.
00:36:28Mais c'est pas si petit que ça, hein, finalement.
00:36:32Je suis né à Liverpool, c'est ma ville natale.
00:36:35Vous l'avez vu beaucoup changer, j'imagine.
00:36:38Ah, c'est vraiment incroyable.
00:36:40Je ne sais pas où ils ont trouvé cet argent.
00:36:42Je ne sais pas qui paye pour ça, je ne comprends pas d'où vient tout cet argent.
00:36:53Il n'est pas si tard que ça, et déjà les gens sont très en forme, hein.
00:36:57Oui, t'as vu.
00:36:58Très, très en forme.
00:36:58C'est ça, Liverpool.
00:37:00Je préfère écouter quand même de la musique des Beatles, tu vois ?
00:37:03Oui, ça fait plus couleur locale.
00:37:04Voilà, exactement.
00:37:20Dis-moi, j'ai vraiment l'impression que c'est l'endroit où il faut être quand on est fan
00:37:24des Beatles, hein ?
00:37:25Oui, c'est comme une maison.
00:37:28Les gens viennent ici pour réaliser leurs rêves.
00:37:32Je me souviens, la première fois que je suis venue, je ne pouvais pas y croire.
00:37:37J'ai pris un stylo, j'ai écrit sur le mur.
00:37:54Bienvenue à bord.
00:37:55Nous avons la chance d'avoir Lee avec nous.
00:37:57C'est notre meilleur chauffeur.
00:38:00Nous allons vous emmener dans les faubourgs de Liverpool
00:38:02pour vous montrer certains endroits que les Beatles ont rendus célèbres.
00:38:06On va aller voir les endroits où ils sont nés, leurs écoles et leurs maisons.
00:38:1440 ans après la séparation du groupe, les Beatles continuent d'attirer les foules.
00:38:20Les fans viennent à Liverpool pour marcher sur les traces de leurs idoles.
00:38:26C'est le plus beau jour de ma vie.
00:38:31Comme avec Penny Lane, les Beatles ont toujours parsemé leurs chansons de référence à la ville qui les a vues
00:38:36naître.
00:38:40Liverpool a eu beaucoup d'influence sur leur musique.
00:38:43Car c'est ici qu'ils se sont rencontrés.
00:38:45Ils y ont passé leur jeunesse, alors forcément, cet univers les a marqués.
00:38:50Quand on est fan, c'est génial de pouvoir découvrir les lieux qui les ont influencés.
00:38:58À Liverpool, on met désormais les Beatles à toutes les sauces.
00:39:02Le groupe est devenu le meilleur argument marketing pour attirer les touristes.
00:39:08La Beatles-mania est telle qu'elle assure à la ville une véritable source de revenus.
00:39:14La sœur de John Lennon a elle aussi ouvert un musée qui retrace leur épopée musicale.
00:39:22Là, nous sommes en 1967.
00:39:23C'est le Summer of Love.
00:39:25On peut voir ici Sgt. Pepper et Magical Mystery Tour.
00:39:28C'était une époque incroyable.
00:39:30C'est la période psychédélique des Beatles.
00:39:32C'est à ce moment qu'ils ont composé les albums les plus intéressants et les plus aboutis.
00:39:35Et ça, c'est le Yellow Submarine.
00:39:47Les Beatles n'auraient pas pu naître ailleurs qu'à Liverpool.
00:39:51Car cette ville a vraiment quelque chose d'unique pour l'Angleterre.
00:39:54On reçoit des influences de partout dans le monde.
00:39:56Des influences musicales, notamment.
00:39:59Car les bateaux ont toujours fait la navette entre Liverpool et les Etats-Unis.
00:40:03A l'époque, des jeunes ramenaient avec eux des albums de rock américain.
00:40:07C'est pour ça que le rock'n'roll s'est développé à Liverpool.
00:40:16Et le style ne s'est pas épuisé, bien au contraire.
00:40:21La scène rock est toujours bien représentée avec des groupes comme les Silk Pigs.
00:40:25Quatre autres garçons, eux aussi dans le vent.
00:40:29On s'est rencontrés en septembre 2007.
00:40:31Et l'été suivant, on était déjà sur la scène du festival de Benicassim en Espagne.
00:40:35C'est vraiment fou.
00:40:36Tout a été très vite.
00:40:37On a décollé rapidement.
00:40:44Les Beatles, ça n'est pas leur génération, mais celle de leurs parents.
00:41:03Il y a une telle histoire musicale à Liverpool qu'on ne peut pas faire comme si de rien n
00:41:12'était.
00:41:12Bien sûr, ça nous influence.
00:41:14Il faudrait être de mauvaise foi pour le nier.
00:41:16Ou alors complètement ignorant.
00:41:18Par contre, il y a un piège qu'il faut éviter à tout prix en tant que musicien.
00:41:21C'est de se mettre à imiter ses idoles.
00:41:24Au lieu simplement de s'en inspirer.
00:41:25Il y a quelque chose qui nous écœure vraiment, c'est qu'à Liverpool,
00:41:28il y a plein de groupes qui passent leur temps à reprendre les Beatles.
00:41:31Ils les reproduisent trait pour trait.
00:41:33C'est le danger qui nous guette quand on possède un héritage musical aussi lourd.
00:41:41C'est peut-être le seul hommage que les rockers puissent encore rendre aux Beatles.
00:41:45Celui de réinventer sans cesse et contester toujours.
00:41:56C'est une photo de moi devant la maison de George Harrison à Liverpool.
00:42:01Et là, une photo de moi avec Yoko Uno à New York.
00:42:04Et une photo de moi avec Paul quand il a signé mon autographe.
00:42:09C'est quoi ton meilleur souvenir avec les Beatles ?
00:42:14Probablement quand j'ai rencontré Paul McCartney.
00:42:16C'était vraiment incroyable.
00:42:19Ça a duré seulement une seconde, mais c'était comme si le temps s'arrêtait pour toujours.
00:42:23J'avais tellement le trac, je ne savais plus où j'en étais.
00:42:26Mais il était si gentil et accessible.
00:42:30Et là derrière, là, ça c'est ta collection personnelle ?
00:42:33C'est un échantillon de ma collection.
00:42:35Ce livre est vraiment bien.
00:42:37C'est un exemplaire original d'un recueil de poèmes de John Lennon.
00:42:40C'était à l'origine une compilation de deux recueils.
00:42:44Celui-là est un original des années 60, donc il est vraiment spécial pour moi.
00:42:49Est-ce que tu sais combien d'objets tu as dans ta collection ?
00:42:52Je dirais probablement au total plus de 500 pièces.
00:42:56Des poupées, des tasses, des shops, des couvertures, des CD et des jeux de société.
00:43:03Tu vois, je ne savais même pas qu'il y avait un jeu de Monopoly consacré aux Beatles.
00:43:08J'essaie de collectionner des choses anciennes et récentes.
00:43:11Comme ça, je pourrais les transmettre à mes enfants.
00:43:14Je vois ça comme un investissement.
00:43:16Éventuellement, un jour, ça vaudra de l'argent.
00:43:18Espérons.
00:43:25Alma de Cuba, c'est là le bar dont tu me parlais ?
00:43:28Ouais, c'est là.
00:43:29Le bar dans une église.
00:43:30C'est original.
00:43:31Un peu de Cuba à Liverpool.
00:43:36Alors là, c'est vraiment un lieu insolite, hein ?
00:43:38T'as vu ça ?
00:43:42Même les vitraux, toujours, de l'église.
00:43:52Regardez cette photo de 1940.
00:43:55Toutes les peintures sont d'origine.
00:43:57Tous les vitraux que vous voyez dans le bar sont d'origine aussi.
00:44:00Tout ici date de 1788.
00:44:02C'est la plus vieille église catholique de Liverpool.
00:44:04Elle a 220 ans.
00:44:07Comment réagissent les croyants du quartier et les gens de Liverpool ?
00:44:12La plupart des gens sont contents qu'on ait sauvé l'église.
00:44:15On peut continuer à la visiter car c'est un lieu chargé d'histoire.
00:44:18Mère Thérésa a fait des sermons ici dans les années 60 et elle a habité de l'autre côté de
00:44:22la rue.
00:44:23Il y a l'aspect historique, mais on apporte autre chose aujourd'hui.
00:44:26On a du gospel le dimanche après-midi et beaucoup de croyants viennent écouter, apprécier la bonne cuisine et l
00:44:31'atmosphère.
00:44:32Alors, est-ce que c'est un lieu branché maintenant à Liverpool ?
00:44:35Cet endroit, oui, et Liverpool devient de plus en plus tendance.
00:44:39En 2008, Liverpool était capitale de la culture.
00:44:42On était dans les guides touristiques de pratiquement tous les visiteurs.
00:44:46C'est un vrai coup de chance car avant que le bar soit ouvert, il ne se passait pas grand
00:44:49chose ici depuis 30 ans.
00:44:51Il n'y avait personne dans l'église, ça allait devenir des appartements.
00:44:54Maintenant, il y a environ 4000 personnes par semaine devant la porte.
00:44:57Et ça, c'est vraiment bien.
00:45:02C'est bien joli, Alex, la tournée des bars de Liverpool.
00:45:09Mais moi, je n'ai plus l'âge.
00:45:10On va plutôt prendre des nouvelles de Vincent le Duc, qui est toujours sur la route des cerisiers en fleurs
00:45:15au Japon.
00:45:16Tiens, d'ailleurs, il en est où dans son voyage ?
00:45:19Figure-toi, il est entre Fukuoka et Nara, en passant bien sûr par Hiroshima et Kobe-Osaka.
00:45:25On va pouvoir découvrir les plans de l'avenir de la société japonaise.
00:45:32J'ai découvert le Japon avec l'éclosion des cerisiers.
00:45:36Plongé dans le mythe du mariage entre la tradition et la modernité,
00:45:40j'ai trouvé un lien entre l'art du guerrier, les forces de la terre et l'art de vivre.
00:45:49Et j'ai rejoint notre époque depuis l'histoire de la tragédie atomique
00:45:53jusqu'au développement d'une hyper société de consommation.
00:46:00Repartant de Fukuoka, je passe sur l'île de Honshu,
00:46:03vers la mégapole de Kobe et Osaka et les anciennes capitales de Nara et Kyoto.
00:46:23Ma première étape est à Hiroshima.
00:46:34Anniversaire de la bombe, j'essuie mon corps nu d'un matin sans blessure.
00:46:40Il ne s'agit pas du passé mais du présent.
00:46:43Pour savoir quelles leçons on tire de l'histoire,
00:46:46je me rends au mémorial de la paix.
00:46:48Il y brûle une flamme qui ne sera éteinte que le jour
00:46:51où toute menace nucléaire aura disparu de la terre.
00:46:59Les bombes existeront toujours et c'est un business.
00:47:04Les bombes, l'armement, tant que ça ramène du fric, il y aura toujours ça.
00:47:11C'est une question de pouvoir et d'argent.
00:47:15Refusant cette fatalité, je rencontre le président de l'Institut pour la paix de l'université d'Hiroshima.
00:47:24Nous croyons fermement que les puissances qui possèdent l'arme nucléaire
00:47:28doivent s'engager pour leur suppression totale dans les deux années à venir.
00:47:32Précisément pour la conférence de révision de 2010.
00:47:36Il faut prendre cet engagement ou alors les armes nucléaires vont se répandre.
00:47:41Elles pourraient être dans les mains de nombreux pays d'ici quelques mois ou quelques années.
00:47:50Nous poussons fortement l'adoption du protocole de Hiroshima et Nagasaki
00:47:53qui requiert la fin de l'acquisition, des activités et de la préparation à l'utilisation de n'importe quelle
00:47:59arme nucléaire.
00:48:01Ce protocole appelle à la signature d'une convention en 2015
00:48:05et à l'élimination de toutes les armes nucléaires à l'horizon de 2020.
00:48:10L'un de nos principaux objectifs est de réveiller la conscience humaine
00:48:16parce que les gens ont évacué le problème.
00:48:19Particulièrement aux Etats-Unis, au Japon
00:48:21et j'ai entendu récemment que c'est aussi le cas en France.
00:48:24Les gens n'y pensent plus.
00:48:26D'une certaine manière, ils croient que nous n'y pouvons rien,
00:48:28que c'est un problème qui a été résolu à la fin de la guerre froide
00:48:31et que ce n'est plus important.
00:48:34En réalité, nous sommes sur la tangente.
00:48:36Nous sommes au moment précis où la race humaine va décider
00:48:39si on élimine les armes nucléaires
00:48:41ou si on va laisser tout le monde en avoir.
00:48:44Si nous laissons tout le monde en avoir,
00:48:46elles seront utilisées.
00:48:47Si elles sont utilisées, toute notre civilisation s'écroule.
00:49:00À l'approche de Kobe, l'esprit de Tanizaki,
00:49:03auteur de L'éloge de l'ombre,
00:49:05m'attire jusqu'à la maison où il écrivit.
00:49:08Les poètes des haïkus ont concentré la pensée.
00:49:12Les écrivains ont libéré la parole
00:49:14dans une société où elle est rigoureusement codifiée.
00:49:20Supposons que l'inventeur du stylo
00:49:22était un japonais ou un chinois d'autrefois.
00:49:24Il est bien évident qu'il l'aurait muni non point
00:49:27d'une plume métallique, mais d'un pinceau.
00:49:29Notre pensée et notre littérature elle-même
00:49:32n'auraient pas imité aussi servilement l'Occident,
00:49:34et qui sait,
00:49:35peut-être nous serions-nous acheminés
00:49:37vers un monde nouveau tout à fait original.
00:49:41Par ces réflexions,
00:49:42j'ai voulu montrer que la forme même
00:49:44d'un outil d'apparence insignifiante
00:49:46pouvait avoir des répercussions presque à l'infini.
00:49:59J'arrive dans la mégapole d'Osaka.
00:50:03Dans ce monde nouveau
00:50:04que n'a pas imaginé Tanizaki,
00:50:06les japonais se sont appropriés
00:50:08les concepts occidentaux,
00:50:09les ont dépassés,
00:50:11amplifiés,
00:50:11et ont donné naissance à un univers futuriste
00:50:14où le Japon devient
00:50:15précepteur de modernité pour le monde.
00:50:20« Cet univers ne m'attire pas.
00:50:22Il est sur ma route.
00:50:24Aussi je veux comprendre de quoi il est fait,
00:50:26quel est le projet des experts
00:50:27qui sont en train de le réaliser. »
00:50:32« Nous voulons bâtir une ville
00:50:35qui permette aux gens
00:50:36de faire l'expérience futuriste des services
00:50:39qui seront mis en œuvre
00:50:40par les techniques de la robotique.
00:50:44Si l'on se demande
00:50:45dans quel contexte les robots évolueront,
00:50:46eh bien ce sera dans le domaine
00:50:48des technologies de la vie quotidienne.
00:50:51Et c'est dans cette direction
00:50:52que se développera leur exploitation.
00:50:55Jusqu'ici, il y avait
00:50:56les robots industriels dans les usines.
00:50:59Le Japon est numéro un dans ce domaine.
00:51:02Mais maintenant, au Japon,
00:51:03nous avons un problème démographique.
00:51:06Le nombre d'enfants diminue
00:51:08tandis que les personnes âgées
00:51:09vivent plus longtemps.
00:51:11Autrement dit,
00:51:11la main d'œuvre diminue peu à peu.
00:51:14Pour préserver une même vigueur économique,
00:51:16il est essentiel de trouver
00:51:17de nouveaux moyens.
00:51:19Ces robots ne se contenteront pas
00:51:21de bouger,
00:51:22mais ils penseront de manière
00:51:23à offrir des services.
00:51:25Ils seront une forme de substitut
00:51:27et feront des choses
00:51:28à la place des hommes.
00:51:29Nous pensons qu'il est possible
00:51:31de résoudre le problème démographique
00:51:32avec cette technologie.
00:51:33C'est-à-dire qu'il s'agit d'un
00:51:35pour la décision.
00:51:36C'est-à-dire qu'il s'agit d'un
00:51:42pour la décision.
00:51:45C'est-à-dire qu'il s'agit d'un
00:52:09Je vous offre un monde
00:52:10sans souci.
00:52:16Ce robot s'appelle CB2.
00:52:20Sa caractéristique principale
00:52:22est sa grande souplesse.
00:52:24Il diffère des robots déjà conçus,
00:52:26son corps tout entier
00:52:27est encouvert d'une peau en silicone.
00:52:29La plupart de ses articulations
00:52:31fonctionnent avec des
00:52:32servomoteurs pneumatiques.
00:52:35Grâce à cela,
00:52:36il peut réaliser des mouvements
00:52:37très proches de ceux de l'homme.
00:52:39Par exemple, vous voyez,
00:52:41le robot bouge maintenant.
00:52:44Si on le touche,
00:52:45alors qu'il est en train de bouger,
00:52:46il réagit de manière flexible.
00:52:50Les robots de la génération précédente,
00:52:52qui sont actionnés
00:52:53avec des moteurs puissants,
00:52:55ne répondent pas d'une manière
00:52:56aussi flexible.
00:52:59Ce robot-là, au contraire,
00:53:01réagit d'une façon proche de l'homme.
00:53:06Dans les globes oculaires,
00:53:07il y a deux caméras.
00:53:09Dans les oreilles,
00:53:10deux microphones.
00:53:14Et répandus sur tout le corps,
00:53:16sous la peau de silicone,
00:53:17de nombreux capteurs tactiles,
00:53:19environ 200.
00:53:21en utilisant la sensibilité des capteurs,
00:53:23et parce qu'il y en a beaucoup,
00:53:25le robot peut opter
00:53:26pour une grande variété de réactions.
00:53:35CB2 est un programme de recherche
00:53:37sur un enfant androïde de deux ans.
00:53:39Il s'agit d'adapter le comportement
00:53:41des robots à celui des humains.
00:53:42Pour en savoir plus,
00:53:45je vais rencontrer le professeur Ishiguro,
00:53:47le savant mondial concepteur
00:53:49des premiers humanoïdes.
00:53:55Je m'appelle Replica Q2.
00:53:58Je m'adapte à la vie quotidienne
00:53:59des êtres humains.
00:54:00C'est pour cette raison
00:54:02que j'ai été créé.
00:54:08J'ai créé cet androïde
00:54:10il y a cinq ans.
00:54:11Avant cela,
00:54:12j'avais déjà fabriqué ma fille.
00:54:13Puis,
00:54:14j'ai procédé à de nombreux traitements
00:54:16pour arriver enfin
00:54:17à un résultat très proche
00:54:18de l'être humain.
00:54:20Elle s'appelle
00:54:21Replica Q2.
00:54:25Au Japon,
00:54:26et tout particulièrement au Japon,
00:54:28les robots dont nous avons besoin
00:54:30sont des robots
00:54:31qui interagissent avec les humains
00:54:32dans leur vie quotidienne
00:54:33et qui leur prêtent assistance.
00:54:35Et nous devons absolument
00:54:37les fabriquer.
00:54:40L'être humain est très sensible
00:54:42à sa propre apparence,
00:54:43tant dans la silhouette
00:54:44que dans la forme
00:54:45ou le mouvement.
00:54:47L'apparence est vraiment cruciale
00:54:48pour nous.
00:54:49De sorte que,
00:54:50face à une présence
00:54:51aussi similaire à l'humain
00:54:53que cet androïde,
00:54:54nous avons envie
00:54:55d'engager la conversation
00:54:56avec elle
00:54:57et de forger
00:54:58toutes sortes de relations
00:54:59avec le robot
00:55:00comme on le fait
00:55:01avec l'homme.
00:55:05Bon, là,
00:55:06elle bouge normalement,
00:55:07mais là, par exemple,
00:55:08elle se fâche, voyez-vous.
00:55:10Il suffit que je lui touche l'épaule
00:55:12pour me faire engueuler.
00:55:14Que faites-vous ?
00:55:15Le conscient a beau savoir
00:55:16qu'il s'agit d'une androïde,
00:55:18à partir du moment
00:55:19où le robot
00:55:20ressemble si fort à l'homme,
00:55:22l'inconscient
00:55:22l'appréhende
00:55:23comme un être humain.
00:55:23Le phénomène des robots
00:55:25n'est pas différent
00:55:26de celui des ordinateurs.
00:55:27Du jour au lendemain,
00:55:28les ordinateurs
00:55:29ont bouleversé le monde.
00:55:30Il se passera
00:55:31exactement la même chose
00:55:32avec les robots.
00:55:43J'aspire à retrouver
00:55:44les cerisiers,
00:55:45le calme,
00:55:47un rythme plus lent,
00:55:48plus proche
00:55:49de la sérénité,
00:55:50à retrouver la part
00:55:52qui doit revenir
00:55:53à la vie.
00:56:03Nara offre ce havre.
00:56:05L'ancienne capitale
00:56:07a conservé un lien privilégié
00:56:08avec le monde d'avant,
00:56:10dans une bienveillante
00:56:11coexistence avec l'Eda.
00:56:19Cette sérénité
00:56:20je vais aussi la chercher
00:56:22dans le sanctuaire
00:56:22shintoïste
00:56:23Kasuga Taïcha
00:56:24de Nara.
00:56:52Les robots ?
00:56:53Les robots ne pourront
00:56:56évidemment jamais remplacer
00:56:57l'homme.
00:57:01Par ailleurs,
00:57:02les hommes ne doivent pas
00:57:03dépendre de robots,
00:57:05mais vivre par leurs propres moyens.
00:57:09Dans cette perspective,
00:57:11si l'on réfléchit
00:57:12à ce qui est le plus important,
00:57:14ce n'est pas seulement l'homme,
00:57:16mais la nature qui l'entoure.
00:57:18les arbres,
00:57:19la forêt,
00:57:20les animaux,
00:57:23il est essentiel pour l'homme
00:57:24de vivre en harmonie
00:57:25avec son environnement.
00:57:30Tout de même,
00:57:32chérir un robot
00:57:33comme son enfant,
00:57:34c'est totalement impensable.
00:57:39On a accordé trop
00:57:40d'importance aux enfants,
00:57:41je crois.
00:57:43Depuis toujours,
00:57:45bien évidemment,
00:57:46on aime les enfants,
00:57:47ils sont choyés,
00:57:49mais aujourd'hui,
00:57:50on en fait trop.
00:57:52Au lieu d'élever
00:57:53plusieurs enfants,
00:57:54on en est venu
00:57:55à élever un enfant unique
00:57:57en l'entourant
00:57:58de soins constants
00:57:58toujours plus lourds,
00:58:00toujours plus lourds.
00:58:06Mais fondamentalement,
00:58:08la baisse de la natalité
00:58:09est une mauvaise chose.
00:58:27Kioto,
00:58:28je suis arrivé dans la ville
00:58:30qui pendant mille ans
00:58:31fut la source
00:58:32de la culture japonaise.
00:58:34Vais-je y rencontrer le passé
00:58:35ou à nouveau le futur ?
00:58:44Ce soir,
00:58:46le Japon m'accueille
00:58:48au chevet d'un soleil couchant.
00:59:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:59:20de la balade en Rolls,
00:59:22la campagne anglaise,
00:59:24les fans des Beatles,
00:59:25c'est tout.
00:59:25Merci beaucoup,
00:59:26en tout cas,
00:59:26de m'avoir accompagnée,
00:59:27Alex,
00:59:27c'était très sympa.
00:59:28OK,
00:59:29n'hésite pas à revenir me voir.
00:59:30C'est un plaisir.
00:59:31Avec plaisir.
00:59:31Je te rappellerai
00:59:32quand je reviendrai en Angleterre.
00:59:33Moi, je vous embrasse,
00:59:34je vous dis à bientôt
00:59:35et comme d'habitude,
00:59:36faites de beaux voyages.