Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 ans
Echappées belles : Bali Rendez-vous à Bali pour cette échappée belle. Stéphane nous montrera un autre Bali, au-delà du tourisme de masse. Bali c'est une île ...

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:06Musique
00:19Bonjour, bienvenue, je vous propose aujourd'hui une nouvelle échappée belle
00:23à près de 13 000 km de la France, sur une île du plus grand archipel du monde, l'Indonésie.
00:30Musique
00:31Cette île a plusieurs surnoms, la perle de l'Asie, l'île des dieux, c'est pour moi l'une
00:36des plus envoûtantes et magique.
00:38Son nom fait immédiatement rêver, Bali.
00:44Je suis devant le Mont Batour, un volcan toujours actif qui culmine à 1717 mètres d'altitude.
00:49C'est d'ici que je vous propose de passer en revue le programme de notre soirée.
00:53Les premières images nous dévoileront des paysages sublimes, les fameuses rizières en terrasse.
00:58Le deuxième document concernant notre destination principale nous fera découvrir Ahmed,
01:02un village de pêcheurs sur la côte est de l'île.
01:05Chaque matin, les hommes partent à bord de leur drôle de bateau en forme de libellule.
01:09Nous nous échapperons de Bali également le temps d'une visite de Sana,
01:13la capitale du Yémen avec une immersion garantie dans le plus vieux centre fortifié du monde islamique.
01:19Nous ferons aussi un survol des châteaux cathares avant de gravir en compagnie d'un groupe d'amis
01:22le sentier qui mène à celui qui porte le nom de Montségur.
01:26Enfin, après 3645 kilomètres de route 66 aux Etats-Unis,
01:30nous atteindrons Santa Monica en Californie pour le quatrième et dernier épisode de notre feuilleton consacré à cet itinéraire mythique.
01:40Voilà pour les reportages.
01:42Ensemble maintenant, dans quelques instants, nous allons découvrir Ouboud,
01:45un magnifique village de l'intérieur de l'île,
01:47avant d'assister à une cérémonie exceptionnelle, la crémation d'un prince,
01:51où nous avons l'honneur et le privilège d'être accueillis.
01:53Je suis très heureux que vous soyez à mes côtés pour ce nouveau voyage.
01:56Et la première chose que j'ai à vous dire, c'est bienvenue à Bali.
01:59Comme on dit ici, slamat datang di Bali.
02:12Seules quelques îles dans le monde stimulent vraiment l'imagination des voyageurs,
02:16et Bali en fait partie.
02:20S'il est vrai qu'ici, le tourisme de masse et les infrastructures qui l'accompagnent
02:24ont un peu banalisé la puissance de la destination,
02:27il n'en reste pas moins des paysages tropicaux incomparables,
02:30des plages de sable blanc et noir,
02:33et des rizières en terrasse,
02:34façonnées par la main de l'homme comme des peintures naïves.
02:38Mais Bali, c'est aussi une population délicieuse,
02:41bercée par les croyances de la religion hindoue
02:43et ses dieux honorés depuis des siècles par des rituels animés et colorés.
02:51Frappée à deux reprises par le terrorisme,
02:54Bali n'en reste pas moins aujourd'hui encore un mythe pour les occidentaux,
02:57à la recherche de raffinement, de gastronomie, de générosité, de beauté,
03:02bref, d'un accueil incomparable.
03:07Je suis maintenant à Ouboud, à 25 km au nord-est de Denpasar.
03:11Ouboud, c'est un gros village avec des rizières incroyables,
03:14on dit que c'est le centre culturel de Bali.
03:16Mais il y a également un marché artisanal étonnant,
03:19et pour entrer en contact avec les balinés,
03:21des gens d'une extraordinaire gentillesse,
03:23l'endroit est idéal.
03:26Pour trouver ce fameux marché, facile, repérez ces minibus,
03:30les Bemos, il y en a toujours plein, carré devant.
03:32C'est le moyen de transport le plus utilisé pour aller d'un village à un autre,
03:35ils ne sont pas toujours confortables, mais le prix est négociable.
03:51On ne le dira jamais assez, à Bali, il faut savoir prendre son temps,
03:55profiter de chaque instant, car il y a toujours quelque chose d'unique à saisir.
04:05Je viens de trouver un petit resto qui sert un plat seulement, typiquement baliné.
04:09Alors c'est du porc grillé sur du riz avec une sauce bourrée d'épices,
04:13et à mon avis c'est très très bon.
04:14La preuve, j'ai repéré, il y a beaucoup d'Indonésiens et assez peu de touristes.
04:22Ces paniers en bambou, les balinés s'en servent pour mettre leur riz une fois qu'il est cuit.
04:27Alors justement, on va s'intéresser au riz omniprésent dans la cuisine indonésienne,
04:30c'est l'aliment de base, c'est même beaucoup plus que ça,
04:32et le reportage qui suit nous dit pourquoi.
04:56La main de l'homme dessine la terre pour en tirer le meilleur fruit.
05:00Quelques grains de riz.
05:01Cette main pourrait être celle de Wayan.
05:04Sur sa toile, il saisit les scènes de vie qui défilent dans les rizières.
05:11La riziculture façonne le paysage de l'île.
05:15Elle sculpte aussi les corps de ses paysans,
05:17un tableau à ciel ouvert de la société balinaise.
05:23Les rizières d'Ontabali s'avèrent omniprésents.
05:26Ensuite il y a les courbes, voluptueuses, généreuses.
05:29Elles me rappellent les formes d'une femme.
05:32En fait c'est ça.
05:33Les rivières sont comme une femme qui dévoile ses formes et nous raconte une histoire.
05:43Cette histoire débute par l'appel du soubac,
05:46le conseil qui fixe dans chaque rizière le calendrier des récoltes.
05:50Les cultivateurs du village d'Oumabian attendaient cette réunion depuis un mois.
05:55Nous allons déterminer aujourd'hui comment partager l'eau dans les plantations de riz pour la saison à venir.
06:00Je vous demande de suivre notre agenda.
06:03Dès demain, nous ouvrirons les vannes pour deux groupes.
06:10Le soubac gère le réseau d'irrigation vieux de Milan.
06:14Il alimente en eau les terrasses qui mettront 210 jours à faire éclore les premiers grains de riz.
06:28Pour Gusti, c'est le premier de ses 210 jours.
06:39Je dois labourer mon sol avant de planter le riz.
06:44Ensuite, on repiquera les plantes à la main.
06:47J'ai 55 ans et c'est ma 40e année de récolte sur cette parcelle dans le village d'Oumabian.
07:04D'autres bataillons sont en ordre de marche.
07:07Les scouts du sud de l'île sont venus camper dans les rizières du village de Gusti pour un apprentissage
07:12de la vie en terrasse.
07:17C'est important pour nous de comprendre le quotidien dans les rizières.
07:21Le riz, c'est ce qu'on mange tous les jours.
07:23C'est aussi la base de notre économie.
07:28La plupart de ces enfants sont fils ou petits-fils de riziculteurs.
07:32Beaucoup reprendront leur succession.
07:40Les rizières dessinent le paysage social et économique de Bali.
07:44Chacune est un tableau du quotidien sur l'île.
07:52Dans le village d'Oumabian, Agun Prana pourrait être dépeint comme le notable, un petit roi qui rayonne sur ses
07:59rizières.
08:02J'appartiens à une dynastie royale, celle des Mengui.
08:05Mon rôle est d'obtenir la bienveillance des esprits sur nos cultures.
08:09La vie ici est si spirituelle qu'elle imprègne tous les aspects de notre quotidien.
08:19Là, nous faisons une offrande pour le bon fonctionnement du compteur électrique.
08:25Pour chaque offrande, la principale composante, c'est le riz.
08:29C'est notre base.
08:35Aux portes du palais d'Agun, Bratteux, son intendant, veille sur les premières récoltes de la saison.
08:45Les femmes sont en train de battre les épis pour séparer les grains de riz.
08:49C'est l'étape la plus importante.
08:52Nous sommes dans la phase finale du cycle de croissance du riz.
08:58A Oumabian, la récolte sonne l'heure de la fête.
09:01Gusti et sa famille s'apprêtent à honorer la déesse du riz, des Ouissri.
09:11Nous préparons la cérémonie qui marquera la fin de la récolte.
09:15Pour le rite, c'est comme dans les rizières, tout le monde cède.
09:19Les hommes s'occupent du repas et les femmes des offrandes.
09:23C'est notre parité à nous.
09:37Au milieu des rizières, hommes et femmes du village se retrouvent dans une longue procession.
09:42Tous dans leurs plus beaux habits, en l'honneur de la déesse du riz.
09:55Après savoir prier, le prêtre nous donne du riz.
09:59On doit coller le nez.
10:01Ça, c'est le symbole de la prospérité.
10:04En demandant le bonheur de Dieu.
10:07La première récolte est achevée.
10:09Les habitants d'Oumabian devront bientôt reprendre le chemin des rizières.
10:13Et celui des offrandes, pour obtenir la protection de la déesse.
10:23Wayan peint les derniers instants de ce tableau.
10:28Au fil des rizières, l'île semble vivre au rythme du précieux végétal.
10:38Échappez belle à Bali.
10:39Bali, où bizarrement, le mot artiste n'existe pas.
10:41En fait, qu'il s'agisse de la pratique de la danse, de la sculpture, de la peinture, de l
10:45'architecture
10:46ou de la confection d'objets artisanaux,
10:48chaque baliné possède des talents inégalés dans les autres civilisations.
10:52Un savoir-faire qui se révèle également dans les sublimes hôtels qui parsèment l'île.
10:56Pour tout vous dire, je crois que je n'ai jamais vu autant d'hôtels de luxe sur un aussi
11:00petit territoire.
11:01On va aller visiter celui qui se trouve derrière moi.
11:03Sur l'autre versant, un seul mot d'ordre, raffinement.
11:14Il faut avouer, c'est beau quand même.
11:16Et puis en plus, l'étal est plein et on a toujours l'impression qu'il n'y a personne.
11:19On n'est pas très loin du village d'Ouboud.
11:21L'hôtel surplombe les gorges de la rivière Ayong, tout autour de nous.
11:24Des rizières.
11:25Et puis vous le voyez, il y a même un petit funiculaire pour que les clients puissent aller du haut
11:29jusqu'au bas de l'hôtel.
11:30Il y a quand même 450 marches.
11:46Je vous parlais de savoir-faire tout à l'heure.
11:48Je t'ai un coup d'œil à ces toits.
11:49Ils sont fabriqués à partir d'une herbe que l'on appelle à langue à langue, l'herbe à éléphants.
11:53Et ça se passe tout près d'ici, dans le village de Tarot.
11:55Je vous y emmène.
11:57On utilise cette herbe uniquement pour les toits ?
12:03Ce qui est amusant, c'est que cette herbe que l'on appelle herbe à éléphants, madame me disait que
12:07les éléphants ne la mangent pas du tout.
12:09On l'appelle comme ça tout simplement parce qu'elle est très haute.
12:16Pour les maisons et pour les hôtels aussi.
12:19Combien de pièces comme ça pour le toit d'une maison ?
12:22Il y en a à peu près 1500.
12:24Combien de temps dure un toit comme celui-ci ?
12:2625 ans.
12:2725 ans ?
12:29Qui vous a appris à le faire ?
12:31De génération à de génération.
12:33De génération à de génération.
12:34Et vos enfants ?
12:36Vous l'appuyez à vos enfants aussi ?
12:37Oui.
12:39On part maintenant dans l'échappée belle en direction de Sana.
12:42Salam Atinga.
12:44Salam Atinga.
12:58Le soleil se couche sur Sana, l'une des plus admirables cités du monde arabe.
13:02Et pourtant, derrière ses façades ciselées se cache un pays méconnu aux tribus incontrôlables.
13:08Le Yémen fait peur, excessif.
13:10La preuve, c'est justement durant les nuits du Ramadan que Sana nous a ouvert ses portes les plus improbables.
13:29La grande mosquée de Sana, construite du temps du prophète, est le lieu le plus sacré du Yémen.
13:36Sana disparaît dans la pénombre.
13:37C'est là que tout commence.
13:42Les cinq prières qui rythment la vie des musulmans prennent toute leur importance pendant le mois du Ramadan.
13:47C'est le mois le plus sacré du calendrier.
13:49Comme le prophète l'a dit, les prières sont comme une rivière qui purifie tout sur son passage.
13:56Jeûner jusqu'à l'arrivée de la nuit, c'est purifier son corps, mais aussi son esprit.
14:06La prière du couchant est le signe de la rupture du jeûne.
14:08Un rituel suivi à la lettre par Mohamed et les siens.
14:12Ils dînent entre hommes avant de partir travailler.
14:17Toutes les nuits du mois sacré, les Yéménites se ruent vers la porte magistrale de Bab el-Yémen, l'entrée
14:23du souk.
14:24Pour les fêtes du Ramadan, la tradition veut que toute la famille s'habille de vêtements neufs.
14:31Les maisons de la vieille ville de Sanaa deviennent le décor d'un spectacle permanent.
14:46Pour les commerçants, le mois du Ramadan est sacré.
14:49Durant cette période, ils doublent leur chiffre d'affaires.
14:52Du pain béni pour un joaillier comme Mohamed.
14:55Les bijoux traditionnels, les bracelets comme ceux-ci par exemple, ou des colis comme ceux-là, sont très recherchés en
15:00cette période.
15:02Ce sont des bijoux que je fabrique depuis plus de 50 ans.
15:05Mais la mode aujourd'hui, c'est plus des modèles sophistiqués, des créations récentes, plus riches en décors.
15:12C'est la nuit, une nuit du Ramadan justement, que le prophète a eu la révélation du Coran.
15:17La nuit du destin.
15:19Une nuit dans laquelle les artistes de Sanaa, comme le peintre Nizar, plongent avec délectation.
15:24Toute la ville devient source d'inspiration.
15:27Nous sommes un petit groupe de quatre artistes peintres.
15:30Comme vous le voyez en ce moment, c'est un peu le paradis ici pour travailler.
15:37D'ailleurs, notre atelier est en plein cœur de la vieille ville.
15:40Nous, on travaille en groupe, deux hommes et deux femmes.
15:46Et des femmes qui brillent par leur peinture, c'est une lueur d'espoir contre l'obscurantisme.
15:51Moment rare d'une rencontre intime avec Rima Gacem.
15:55Elle nous dévoile ses œuvres marquées par sa condition de femme.
16:01Contrairement aux autres membres du collectif, ma peinture est totalement abstraite.
16:06Bien sûr, la splendeur de la ville m'inspire énormément.
16:09Sanaa ne me laisse pas indifférente, mais ce n'est pas sa beauté physique que je représente.
16:14Ce qui m'intéresse, c'est ce que ressentent les gens qui y vivent, ce qu'ils ont à l
16:18'intérieur.
16:21Sanaa s'ouvre doucement à l'Occident.
16:23La cité s'expose au regard tout en continuant à vivre comme avant.
16:28Plus de 2000 ans d'histoire ont façonné la ville, joyau du Yémen.
16:32Les 6500 maisons en pierre ont résisté au temps, créant un ensemble architectural unique au monde.
16:39Un théâtre vivant qui passionne Jean Lambert, chercheur français habitant Sanaa.
16:45Sanaa, la nuit, il y a un truc extraordinaire, c'est les vitraux.
16:48Vous pouvez les voir dans cette maison là en face par exemple.
16:51Les vitraux qui sont éclairés de l'intérieur.
16:54Dans la journée, on ne voit pas toutes ces couleurs-là.
16:56Elles sont souvent à contre-jour, le soleil ne les éclaire pas.
16:59Tandis que la nuit, vous les voyez.
17:01Et c'est vraiment magique.
17:06Mais c'est pour son amour de la musique sacrée qu'il a décidé de vivre à Sanaa depuis 25
17:10ans.
17:11La nuit venue, poètes et musiciens se retrouvent pour savourer leur art.
17:16La musique se joue entre hommes, en mâchant des feuilles de cate, une plante dont raffolent les Yéménites pour son
17:22pouvoir euphorisant.
17:26Ici, c'est un mafrage ou un diwan.
17:31C'est un endroit où on s'installe, on fait de la poésie, de la musique, on discute aussi.
17:37Je suis sujet très sérieux parfois.
17:55C'est difficile à dire à quel point la Médina de Sanaa m'inspire.
17:59C'est pour moi le summum de la beauté.
18:02Aucun mot ne pourrait décrire les richesses de ces maisons.
18:04Même ma musique n'arrive pas à exprimer toute la puissance d'attraction de ce lieu.
18:21Le ciel sort de son sommeil, c'est Al-Facher, la prière de l'aube.
18:27C'était une nuit à Sanaa, une nuit des mille et une nuits d'un Orient qui désoriente.
18:31Le jour se lève sur la cité et c'est une autre histoire qui commence.
18:45L'Indonésie est un archipel de 13 000 îles.
18:48Nous sommes sur l'une des plus célèbres, Bali.
18:50Les Balinais sont en majorité hindous, mais ils intègrent également dans leur religion des éléments animistes et bouddhiques.
18:56De nombreuses cérémonies rythment leur vie depuis la naissance jusqu'à la mort.
19:05Je vous donne un exemple d'ailleurs de ce que l'on appelle un rite de passage balinais.
19:09Pour marquer l'entrée dans l'âge adulte d'un jeune homme ou d'une jeune femme, on leur lime
19:12les dents pour mettre à niveau les incisives et les canines supérieures.
19:16Je sais, ça doit faire mal, ça doit passer partout, mais c'est censé également purifier le corps.
19:21Vous voyez, c'est génial, j'arrive dans un village et on m'offre à manger.
19:24Voilà, l'hospitalité balinaise.
19:27Je suis dans ce village aujourd'hui, Jania, car nous allons ensemble assister à une cérémonie particulière, à une crémation,
19:33vécue ici comme une fête joyeuse et fastueuse pour libérer par le feu, comme ils disent, l'âme prisonnière de
19:39la chair.
19:39Alors c'est Sunu qui va me servir de guide et qui va nous expliquer les différentes étapes.
19:43Et je suis en train de mettre un sarong, car par respect, on est obligé de revêtir ces tissus-là,
19:49tout comme lorsque l'on va dans un temple.
19:51Allez, on y va ?
19:51Sunu, là, c'est le prêtre qui vient d'arriver, c'est cela ?
19:54Oui, c'est le prêtre qui est arrivé, qui va se purifier pour le taureau et aussi le pagode.
20:20La mort vécue comme une fête, c'est surprenant, mais c'est peut-être comme ça qu'il faut prendre
20:23les choses.
20:31Comment font les familles qui n'ont pas d'argent pour les crémations ? Ça coûte tellement cher.
20:34Donc ils attendent plusieurs décès, après ça, ils font la crémation collective.
20:38C'est le corps qui est préparé, il part couvrir, il mettra les offrandes, ça, il emballe avec le tissu
20:42et aussi avec le sarong.
20:44Les pétales de fleurs aussi ?
20:44Oui, les pétales de fleurs, beaucoup de fleurs.
20:46Le cortège vient de démarrer, on vous retrouve avec Sunu pour la suite de cette incroyable crémation,
20:51après un reportage qui va vous faire découvrir Ahmed, un village de pêcheurs préservés sur la côte est de l
20:56'île.
21:12Sur la côte est, la baie d'Amede était jusqu'à présent un monde à part réservé au seul prahou,
21:18ces bateaux à balancier qui y font vivre le village.
21:22Je m'appelle Nyoman, j'ai 31 ans.
21:25Ça fait une quinzaine d'années que je pars chaque matin à 5 heures pour pêcher le macro à l
21:29'aide d'une seule ligne.
21:32J'ai appris la navigation avec mon père, sur cette pirogue, qu'on équipe d'une voile et de deux
21:37bambous pour obtenir l'équilibre.
21:47L'équilibre est fragile. Longtemps, Ahmed a vécu au seul rythme de ce subtil balai de libellules.
21:53Et puis vint la route. Et avec elle, les premiers étrangers.
21:58Brutalement, Ahmed a dû concilier son rythme à celui de la modernité.
22:02John a échoué ici un peu par hasard, comme la plupart des voyageurs qui débarquent dans ce havre de paix.
22:11Quand je suis arrivé ici, la première fois, je suis tombé amoureux de ce point vieux.
22:18J'ai su, sous la mente, que c'était l'endroit que je voulais rester.
22:23Dix ans après, John est toujours là. Il est un des pionniers du développement touristique de la baie.
22:29Les sirènes sont là-bas.
22:32Son club de plongée a ouvert la voie aux étrangers et a modifié l'économie locale.
22:41Tous ces gens qui travaillent avec nous sont des habitants de la baie.
22:45Ils sont employés pour porter le matériel de plongée.
22:50Ils gagnent 10 à 15 dollars par jour, ce qui est beaucoup plus lucratif que toute autre activité ici.
23:00Vous attendez qu'une vague arrive ?
23:02Oui, pour se laisser prendre après.
23:04Ensuite, vous entrez tout de suite dans l'eau ?
23:06Ok, le plus vite possible.
23:09Ok, vas-y, vas-y !
23:10Le site de Toulambène, à quelques kilomètres d'Amed, est devenu l'un des spots de plongée les plus prisés.
23:16A moins de 30 mètres du bord, gît l'épave du Liberty, un navire américain coulé par les japonais en
23:231942.
23:27Pour Nioman, la pêche a été maigre.
23:30À terre, sa famille l'attend et une rencontre impensable il y a encore quelques années.
23:37On donne des stylos aux enfants pour l'école.
23:43L'arrivée des étrangers aurait pu ébranler cette subtile harmonie sur laquelle la baie d'Amed s'est longtemps recroquevillée.
23:49Pourtant, la vie continue, au rythme de la pêche, au rythme baliné.
23:54Les voyageurs n'ont fait que se couler dans ce décor.
23:59Nioman vit sur les hauteurs de la baie.
24:02Certains racontent qu'on y mangeait encore des lézards avant les années 90.
24:13J'ai deux enfants et une femme.
24:16Je n'ai que la pêche pour les nourrir.
24:17Et quand la pêche est mauvaise, comme aujourd'hui, il ne me reste que les cochons.
24:22Mais avant l'arrivée des étrangers, c'était pire.
24:25On vivait comme des arriérés.
24:27Maintenant, c'est plus moderne.
24:29On a même l'électricité.
24:35À chaque retour de pêche, Nioman doit vendre son poisson sur le marché pour en tirer quelques roupies, au mieux
24:423 à 4 euros par jour.
24:47De l'autre côté de la baie, une autre réalité, mais pas un autre monde.
24:52John lui-même s'est adapté au rythme d'Hamed.
24:54Il y a fondé une famille.
24:56L'occasion de vivre avec les balinés plutôt qu'avec les touristes.
25:01Pourtant, il faut avoir assez de touristes pour gagner la vie.
25:05C'est un peu de paradoxe.
25:07Je pense que le tourisme est la clé du développement pour l'économie locale.
25:15Les pêcheurs ne pourront pas vivre longtemps de leur seule activité.
25:21Ils devront s'adapter au monde moderne.
25:24Et la modernité passe aussi par le tourisme.
25:28Sur la plage d'Hamed, les pêcheurs se retrouvent pour discuter.
25:31On y parle de pêche au macro, au barracuda, mais aussi aux touristes.
25:37Nous nous réunissons chaque mois.
25:39Il y a beaucoup de solidarité entre nous.
25:41Par exemple, si un des membres a besoin d'argent pour subvenir à ses besoins ou pour racheter un bateau,
25:45nous lui prêtons de l'argent.
25:47Certains choisissent de travailler avec les étrangers pour gagner plus.
25:50Mais ça ne remet pas en cause notre solidarité.
26:0116 heures.
26:02Newman repart en mer.
26:04Après la mauvaise pêche du matin, il doit s'activer pour trouver les bancs de poissons.
26:13Allez poissons, montrez-vous.
26:16C'est clair, quand je fais une mauvaise pêche, je me dis que mes enfants feront mieux de travailler avec
26:20les voyageurs.
26:21Mais les dieux sont avec nous.
26:22Le poisson revient toujours.
26:27Newman est enfin tombé sur un banc de maquereaux.
26:30Une trentaine de poissons à la clé.
26:32De quoi nourrir sa famille.
26:34Ahmed a su concilier son rythme avec la modernité.
26:37La baie ne vit pas pour les étrangers, mais avec eux.
26:43Je suis toujours avec Sunu, mon guide pour aujourd'hui dans le cortège funèbre
26:47d'une incroyable crémation princière à proximité d'Ougoud, sur l'île de Bali.
26:58Les préparatifs ont eu lieu tout à l'heure.
27:00La famille et tout le village se dirigent maintenant vers le cimetière où va avoir lieu la crémation.
27:05Explique-moi la symbolique du toit, Sunu.
27:06Quand il y a neuf états comme ça, c'est pour la famille du roi.
27:10S'il y a onze états, ça veut dire que c'est la famille de Maharaja, le roi plus grand.
27:14Pour les paysans, pour les gens modestes ?
27:16Pour les paysans, il y a un toit simplement.
27:21Ce sont donc les hommes qui portent la tour.
27:24Les femmes, elles, sont les porteuses d'offrandes.
27:26Pourquoi ils font tourner la tour, Sunu ?
27:28Ils font tourner la tour parce que pour pouvoir, la lame, ils sont bien plus rentrés à la maison.
27:33Ok, pour que l'âme se perde.
27:35Oui, se perde.
27:35Pour ne plus revenir, on n'a jamais eu.
27:37Oui, c'est ça.
27:43Ils mettent le cercueil dans le sarcophage en forme de taureau.
27:45Oui, c'est ça.
27:46Pourquoi en forme de taureau ?
27:48Parce que c'est la famille du roi.
27:50Et alors, une autre personne, qu'est-ce qu'elle aura comme sarcophage ?
27:53Ça dépend s'il a la famille de guerriers, il a le lycée de léon.
27:56S'il a la famille du sudra, c'est la tête d'un éléphant, le corps croissant.
28:01Donc, on a mis le corps dans le sarcophage.
28:03Qu'est-ce qu'on y met d'autre ?
28:04On mettra l'eau bénite et après avoir l'eau bénite, on mettra les offrandes.
28:08Après les offrandes, on mettra les tissus.
28:15Le prêtre a récité d'ultimes prières.
28:18Qui va mettre le feu au sarcophage ?
28:20Normalement, c'est le fils de l'aîné qui va mettre le feu.
28:23C'est impressionnant, quand même.
28:37La crémation sera finie dans quelques instants.
28:40Demain matin, la famille et les proches viendront chercher les cendres
28:42qu'ils iront ensuite jeter dans une eau purificatrice,
28:45soit dans la mer, soit dans une rivière.
28:47Merci, Sounou.
28:48Merci d'avoir été à mes côtés, à nos côtés pendant toute cette cérémonie.
28:52On part maintenant dans l'échappée belle en direction des châteaux cathares,
28:55survol en hélicoptère, visite et bien sûr, rencontre.
29:13Dans cette région qu'on appelait autrefois l'Occitanie,
29:16règne toujours une atmosphère chargée d'histoire.
29:19Perchés sur la montagne, des châteaux semblent défier le temps.
29:23Il y a 700 ans, c'est ici que les cathares sont venus se réfugier,
29:27pourchassés par les soldats de l'Inquisition.
29:30Au pied de la montagne, le village de Montségur est comme écrasé par le poids de cette histoire.
29:35Une histoire que René se plaît à raconter aux visiteurs de passage.
29:39« Toute la montagne était habitée, quoi.
29:43D'ailleurs, c'est pour ça qu'on l'appelle Montségur.
29:44Le Mont Sécurite.
29:46Sécurité.
29:47C'était le centre de l'église cathare.
29:50Tous les parfaits partaient d'ici et revenaient ici.
29:53Donc il y avait bien quelque chose qui s'émanait, en fait, de cette montagne.
29:56Il y avait une spiritualité qui s'émanait tout à fait naturellement. »
30:04Les prêtres cathares qu'on appelait les parfaits
30:07semblent avoir gardé leur emprise sur les habitants.
30:09Chacun d'eux leur rend hommage à sa manière.
30:13Il y a André, l'archéologue.
30:15C'est lui le responsable des fouilles.
30:17Il a découvert de nombreux vestiges.
30:20À quelques mètres de là, René lui aussi s'est mis au travail.
30:24Il sculpte dans le talc ce château qu'il obsède.
30:27« Ça, c'est le château de Montségur, tel que moi je l'entrevois.
30:33Les cathares n'avaient pas choisi ce lieu n'importe comment.
30:39Il y a une symbiose et une alchimie.
30:42Une alchimie qui se produit dans la nature, peut-être,
30:44avec la lumière, avec le château,
30:49avec les vibrations que nous avons, très certainement. »
30:54Pour comprendre ce qui ensorcelle les habitants,
30:57il ne faut pas hésiter à changer de point de vue.
31:00« Je vous propose de partir à la découverte de nos châteaux du pays cathare,
31:05de façon un petit peu privilégiée.
31:09À force de découvrir cette région en vue du ciel,
31:12ça m'a donné envie d'approfondir un petit peu la connaissance historique. »
31:18On compte une dizaine de châteaux, comme Marc ou Puy-Vert.
31:22Mais entre tous, c'est encore Montségur qui retient l'attention d'André.
31:26« C'est à partir de cette montagne que nos religieux cathares
31:31venaient défier les troupes royales et l'inquisition qui s'étaient établies dans la région. »
31:41Voilà plus de 20 ans qu'il observe les châteaux
31:44et qu'il survole, souvent accompagné d'un photographe,
31:47le pays et son histoire.
31:49700 ans après les cathares,
31:51ce sont désormais les randonneurs qui repartent à l'assaut du Pog,
31:54le rocher, en Occitan.
31:56« L'automne, c'est une super saison. »
31:58« Super saison pour venir à Montségur. »
32:00« Moi, je suis bien ici. Mon esprit s'allège. »
32:03« J'arrive ici, je suis un peu comme si j'arrivais chez moi, d'abord,
32:06et puis je me sens mieux qu'en bas. »
32:10« Allez, va ! On y est presque. »
32:14« C'est les escadiers à but de Montmartre. Ils sont durs et miséreux. »
32:19« Il n'y a pas d'eau sur le Pog. »
32:20« Il n'y en a pas ? »
32:21« Aucune source, aucune faute. »
32:24« Le seul ravitaillement à l'eau qu'ils avaient, c'était l'eau de pluie dans les citernes. »
32:30Le catharisme était une religion manichéenne qui prenait l'austérité.
32:34Accusés d'hérésie, les cathares ont résisté pendant dix mois, retranchés dans leur citadelle.
32:40Plus de 200 d'entre eux, refusant d'abjurer leur foi, ont fini sur le bûcher.
32:45Les cathares sont devenus des martyrs, et Montségur, un lieu de culte pour ses visiteurs.
32:50« L'escalier a disparu. »
32:55500 villageois vivaient au pied du château.
32:58Depuis 30 ans, André, l'archéologue, tente de faire sortir de terre cet ancien village cathare.
33:06« Nous avons retrouvé toute une collection d'objets qui témoignent d'une vie quotidienne dense
33:11qu'il y a eu sur le site de Montségur, de 1204 jusqu'à 1244. »
33:19Avant lui, beaucoup d'autres sont venus fouiller ces lieux,
33:22croyant y trouver le fameux trésor des cathares.
33:25« Il y a toujours des gens qui s'obstinent,
33:29qui croient vraiment que le trésor est toujours ici,
33:31mais bon, ça fait partie de la légende, ça fait partie du mythe.
33:34« Oh, ma foi, ça fait venir du monde à Montségur, on ne voit pas. »
33:43Le mythe du trésor est même devenu une attraction,
33:45et de nombreux circuits sont organisés.
33:48L'un d'eux nous emmène dans les entrailles de la montagne,
33:51dans la grotte de Lombrive, la plus grande d'Europe.
33:55« Lors du siège de Montségur, trois cathares s'enfuient du pog assiégé,
33:59le pog c'est le rocher,
34:00et ils descendent avec un des trésors de l'église cathare,
34:03de l'or, de l'argent et des pièces de moulet.
34:05Ils viennent enterrer ce trésor près d'une grotte du Saint-Barthès.
34:09Dans le Saint-Barthès, il y a 200 grottes.
34:11Quelques temps après, ils sont revenus chercher ce trésor pour fuir en Italie,
34:15et certainement qu'avec ce trésor,
34:17ils ont essayé de faire revivre le catharisme en Italie, en Lombardie. »
34:22En fait, le véritable trésor des cathares n'a peut-être jamais quitté la région.
34:27Il s'agit de cette atmosphère si particulière,
34:30qui plane toujours dans ces lieux.
34:41D'un château, je vais maintenant vous faire rentrer dans un temple.
34:44Son nom, Ouluwatu, il est situé au sud-ouest de Bali,
34:48et c'est probablement l'un des plus beaux exemples de l'architecture classique balinaise.
34:57Comme je vous l'ai déjà expliqué, pour entrer dans les temples,
35:00le sarong.
35:07L'une des particularités de ce temple, il est colonisé par des familles de singes.
35:11Si vous venez, surveillez bien vos poches,
35:13et tenez fermement tous vos sacs, car ils agrippent tout ce qui traîne.
35:17T'en vas encore ?
35:18Allez, tiens.
35:21Elle ne te plaît pas, celle-ci ?
35:22Et tu te fiches de moi ou quoi ?
35:24C'est une cacahuète.
35:29Voilà, il m'a piqué un stylo.
35:39Moi, ce que j'aime ici, par-dessus tout, outre l'atmosphère qui se dégage,
35:43c'est sa situation.
35:44Il est à 200 mètres de haut, au bord d'une falaise à pique.
35:47C'est véritablement impressionnant.
35:48Et puis surtout, vous avez une magnifique vue plongeante sur une petite crique,
35:52avec juste derrière la pointe, l'un des plus célèbres breaks de Bali,
35:55une superbe gauche.
35:56Je parle d'une vague, bien sûr, et pas d'un coup de poing qui peut atteindre 2,50 m.
36:02Pourquoi t'es venu t'installer là, à Bali ?
36:08Principalement pour le surf, parce que c'est un paradis.
36:11Et après, le sourire des gens, le soleil.
36:14C'est vrai que tout le monde a le sourire, là.
36:15J'en ai pas vu un qui fait la tête.
36:17Bali, c'est ça.
36:17On prend 300 sourires par jour.
36:19Ouais.
36:52Soyez indulgent avec moi, ça fait très longtemps que je n'avais pas mis les pieds sur une planche.
36:55Je vais continuer à surfer avec Maka.
36:57Pendant ce temps-là, je vous propose de regarder le quatrième et dernier épisode consacré à la Route 66 aux
37:02Etats-Unis.
37:03Eric Sarner, le réalisateur, nous fait vivre cet itinéraire mythique à travers son carnet de bord.
37:07Il quitte aujourd'hui Gallup pour la ville de Santa Monica en Californie, où on surf d'ailleurs aussi.
37:241139 miles des deux côtés.
37:29Franchis la ligne, la moitié du chemin, au Texas.
37:33Visitez la chambre du King à Clinton, Oklahoma.
37:36Vu, on achève bien les Cadillacs.
37:38Et Sherlock Holmes en patinette à Amarion.
37:40Sans touristes, rencontrez les derniers Unis.
37:43Et... en route.
37:53L'Arizona.
37:54Je me suis levé tôt ce matin.
37:57Certains jours, il y a de l'électricité dans l'air.
37:59Il va forcément se passer quelque chose.
38:01Le soleil s'est découvert.
38:03On veut s'arrêter sur un parking lorsqu'un camion vous intrigue.
38:08Vous faites signe au chauffeur qui s'arrête, descend.
38:11Maintenant, son nom est Milton et Dieu lui parle.
38:20Voilà comment ça se passe.
38:21Je suis peut-être dans mon lit, chez moi.
38:24Il est à peu près 2h du matin et probablement j'ai prié Dieu pendant 5 ou 6h la veille.
38:30Parce que j'ai une sorte de petite chapelle près de ma chambre pour prier.
38:33Et donc Dieu me réveille et me dit, Milton, tu vas prendre ce que je vais te dire sous la
38:37dictée.
38:37Bien, mon Dieu.
38:38Il se peut qu'ils me disent, tu vas faxer ceci au président, ça au gouverneur ou ça au ministre
38:43de la justice.
38:44Il se peut qu'ils me disent, publie telle chose.
38:46Et donc j'appelle des journaux locaux et je leur transmets le message.
38:49Gloire à Dieu.
38:55Globalement, d'un point de vue politique, le pays est en état de rébellion contre toute idée d'alliance avec
39:00Dieu.
39:01Et c'est horrible, parce que je vois des choses et Dieu m'ouvre les yeux sur ces choses.
39:07Il m'arrive de voir le futur et je n'aime pas ce que je vois.
39:11Ce que je vois, ce sont des châtiments que Dieu va infliger à l'Amérique à cause de cette désobéissance.
39:17Mais Dieu merci, il y a des gens en Amérique qui aiment Dieu de tout leur cœur.
39:22Mais dans le cours des choses, il va se passer des événements très durs, une fin et un retour de
39:27l'Empire romain.
39:28Le Seigneur est ici, qu'il témoigne pour nous.
39:30On ne sait jamais comment il va apparaître lorsque deux personnes ou plus sont réunies en son nom.
39:34Mais il est présent ici, au milieu de nous.
39:41Sacré Milton, il me rappelle les plus fondamentalistes parmi les premiers colons de Nouvelle-Angleterre.
39:46Il y en a de bien plus dangereux que lui, mais tout de même, il donne froid dans le dos,
39:49Milton.
40:04En traversant la forêt pétrifiée et le désert peint, un musée minéral à l'air libre, on reste ébahi par
40:10l'espace américain.
40:12On a beau l'avoir vu cent fois au cinéma et même l'avoir traversé, la nature vous attrape chaque
40:17fois à la gorge et vous fait respirer autrement.
40:24Flakstaff, un magasin pour amateurs d'armes.
40:30Colleen et Gary Reader sont connus comme chasseurs et armuriers.
40:33Les armes, un sujet tout sauf neutre ici, évidemment.
40:53Le genre de type qui va aller voler un petit calibre ne va pas mettre 3000 dollars pour se faire
41:00fabriquer une arme.
41:02Moins d'un demi pour cent des armes utilisées aux Etats-Unis servent dans des délits, donc.
41:08Et les gens qui vont acquérir une arme légalement ne sont pas ceux qui commettent un délits.
41:15Ce sont des petits gangsters dans les villes, c'est eux qui font ça.
41:19Et d'ailleurs, ça doit être le cas également chez vous.
41:2395% des délits sont commis par 5% des gens.
41:27Les braves gens comme vous et moi, ou d'autres, qui jamais ne vont combler une banque, etc.
41:36La plupart des armes que nous fabriquons, nous produisons énormément chaque année.
41:41Je suis dans la partie depuis 27 ans maintenant.
41:43Et je ne peux imaginer qu'une seule de nos armes n'est jamais servie au cours d'un délit.
41:49Ce n'est pas l'arme qui commet le délit, c'est le crétin qui est derrière.
41:53Ce sont des choses qui n'ont pas d'importance ici aux Etats-Unis.
41:57Vous avez des Etats, la Californie par exemple, assez stricts sur le plan du contrôle des armes.
42:02Et globalement, c'est précisément dans les Etats qui sont durs du côté du contrôle des armes que vous trouvez
42:08le maximum de délits.
42:10Si vous n'avez pas d'armes chez vous et aucun moyen de vous défendre,
42:13il est certain que les gangsters vont venir frapper à votre porte et vous voiler.
42:18Ils savent que vous ne pouvez pas vous défendre.
42:21Ici, en Arizona par exemple, chacun a une arme dans sa voiture ou à la maison.
42:26Et personne ne vient vous embêter.
42:27On ne va pas venir attaquer quelqu'un dont on sait qu'il est armé.
42:30C'est le bon sens, c'est tout.
42:32On ne s'inquiète pas de ça ici.
42:34La moitié des gens de ce parking est armé.
42:36C'est la coutume ici, pas plus.
42:42Il me faut de l'air.
42:45Je prends mon destrier et je me lance.
42:59La route 66 traverse Seligman sans y penser.
43:03En revanche, les commerçants y pensent, eux.
43:05Ils ont chouchouté des décors de rêves et de belles histoires.
43:23Rick tient une boutique de souvenirs, une épicerie et un restaurant asiatique.
43:28Il m'a dit qu'il s'était installé là sur un coup de tête en lisant une annonce
43:32et sans même connaître Seligman.
43:37Le changement, c'est toujours bien.
43:41Mais en même temps, quand on vieillit, on n'aime pas trop ça changer, vous savez.
43:45Parce que chacun est tellement habitué à ses maniques, on ne veut pas de changement.
43:50Mais pourtant, c'est bien.
43:51C'est bien, vraiment.
43:53Vous savez, je suis là, mais qui sait ?
43:55Je peux bouger dès la semaine prochaine ou peut-être dans 5 ans, qui peut savoir ?
43:58Je ne sais pas si je resterai ici tellement longtemps, vous savez.
44:02Un oiseau libre de manière à aller et venir.
44:04Mais évidemment, il vaut mieux avoir un peu d'argent dans ses poches pour ça.
44:08On ne peut pas se contenter de vivre comme ça sans rien devant soi, vous voyez.
44:11Je vais acheter un petit ranch, un peu de détail peut-être.
44:14Je vais devenir fermier et je prendrai des poules de manière à avoir des oeufs pour le petit déjeuner.
44:18Vous n'avez pas encore tout à fait l'allure d'un fermier ?
44:21Oh non, pas encore.
44:22Il va me falloir des bretelles.
44:24Mais vous savez, l'abîme ne fait pas le moine.
44:26Et la route 66, quand diriez-vous ?
44:29Eh bien, vous savez, en fait, au départ, je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait être.
44:33Et puis, en voyant les gens défiler, je me rends compte de mieux en mieux de ce que c'est
44:37et des raisons qui font que les gens aiment bien cette route 66.
44:41Et maintenant, j'essaie toujours de persuader les gens que la 66 est plus décontractée, plus facile.
44:46Vous n'avez pas tous ces énormes camions qui font de la vitesse et tout ça.
44:50J'étais citadin, vous savez.
44:52Et puis voilà, je suis devenu campagnard.
45:02C'est le pays des mines d'or.
45:05Pleines poudreuses, collines, gorges étroites, sculptées par l'eau, les vents, la glace, le soleil le plus brûlant.
45:14Encore une fois, on se sent près de l'immensité et loin de tout.
45:19C'est alors que dans ce désert que coupe la route 66, surgit le souvenir d'un film des années
45:2580.
45:26Un film de Percy Hadlan, tourné ici même.
45:37Le Bagdad Café est aujourd'hui tenu par Andrea Prouet.
45:41On y rencontre quelques habitués et les nostalgiques du film y laissent des messages.
45:49Au milieu de rien, comme il se doit.
46:09Bientôt, dans cette Californie dont les pionniers rêvaient tout haut dans leurs chariots empoussiérés.
46:16Bientôt, traversant ces villes de plus en plus longues et encombrées qui, tôt ou tard, ne feront qu'une seule
46:21cité mégalo-mégaphonico-électrique.
46:25Bientôt, dans ce pays au climat de rêve et aux muscles de Terminator, je vais atteindre le bout du chemin.
46:31Mais, surprise.
46:36L'homme que je vais rencontrer s'appelle Leroy.
46:39Il a 73 ans, pas toutes ses dents, mais pas mal de culottes.
46:45Oui, je suis le premier et le dernier hippie, ça se pourrait bien.
46:49Je ne sais pas.
46:52Ce n'est pas un truc si facile pour certains.
46:56Pour moi, c'est facile parce que je mène cette vie depuis tellement longtemps.
47:01Je n'ai pas changé. Beaucoup de hippies ont changé, vous savez.
47:04Ils ont pris un ordinateur et puis...
47:07Voilà.
47:08Je les aperçois parfois.
47:10Je leur fais « Hey ! »
47:12Mais je n'ai pas changé de cette façon-là.
47:14J'ai changé d'une autre manière.
47:17J'ai grandi à l'intérieur.
47:25J'ai lu, beaucoup lu.
47:27J'ai un vocabulaire.
47:28C'est fou.
47:29Et donc, j'ai commencé à écrire maintenant.
47:33Et je regarde le monde.
47:35Et ce que je dis, ces gens ne réfléchissent pas.
47:37Ils ne le pensent pas.
47:39Ils utilisent les mots de façon superficielle.
47:44Attendez un peu, ça veut dire quoi ce mot ?
47:46De quoi parlons-nous ?
47:48J'ai la chance d'être seul, la plupart du temps.
47:55J'ai des enfants, mais ils sont grands, vous voyez.
47:59J'ai l'occasion de réfléchir beaucoup, de méditer.
48:04Et j'ai pu obtenir des réponses très intéressantes.
48:10On pose une question, on attend un peu, et waouh !
48:14On reçoit une réponse.
48:18C'est vraiment intéressant, vraiment bien.
48:29Soyez vigilant, et soyez béni.
48:33Parce que Dieu vous aime, vous savez.
48:38Je suis sûr que vous allez avoir une belle fin de voyage.
48:42Et merci de vous être arrêté aujourd'hui
48:44pour jeter un oeil sur mon petit cirque.
48:50Merci.
48:51Bye.
48:55Dire que Leroy a presque le même âge que la route 66.
49:01Pour l'instant et pour une fois, j'ai pris l'autoroute.
49:05Encore quelques kilomètres,
49:06et la 66 finira par tomber dans l'eau,
49:08à l'ouest de Los Angeles, à Santa Monica.
49:12Que reste-t-il au bout de la route, ici,
49:14à 3645 kilomètres de Chicago ?
49:17J'ai aimé comme toujours la route pour elle-même,
49:20comme une image de la vie.
49:22Chez les personnes, j'ai aimé cette spontanéité,
49:24leur générosité immédiate dans la communication.
49:27La plupart du temps, je me suis senti étranger dans les grandes villes,
49:31chaque fois que je sortais de la vieille 66.
49:33Alors, est-ce un pays que j'ai regardé,
49:35ou plutôt un rêve que j'ai suivi ?
49:37Comme si, en choisissant une route démodée,
49:39j'avais traversé une Amérique idéale,
49:42presque une illusion.
50:01Sous-titrage Société Radio-Canada
50:17Merci à Éric Sarner pour ce long et beau voyage
50:20sur la plus incroyable des routes américaines.
50:22La prochaine fois, un autre itinéraire de légende nous attend
50:24et nous conduira d'Istanbul, en Turquie,
50:27jusqu'à Samarkand, en Ouzbékistan,
50:28sur la route de la soie.
50:35Je serais bien resté encore un peu
50:37avec mes nouveaux amis surfeurs,
50:38mais c'est à cette heure-ci, au coucher du soleil,
50:40que le temple Hulu-Watu, dédié à la mer,
50:42et où j'étais tout à l'heure,
50:43avec les singes, prend toute sa dimension.
50:53On dit que c'est l'un des plus beaux paysages de l'île,
50:55je confirme, et celui-ci restera gravé dans ma mémoire
50:58très longtemps, je pense.
51:06En fait, la tranquillité de ce lieu quasi mystique,
51:11Slamatsuri,
51:13est régulièrement troublée par une étrange cérémonie
51:15faisant appel à la fois à la musique,
51:17au théâtre et à la danse.
51:19C'est la plus connue des danses balinaises,
51:21on l'appelle Ketchak,
51:22ou danse des singes,
51:23il suffit d'écouter pour comprendre pourquoi.
51:30Ce spectacle est inspiré d'un grand livre sacré hindou,
51:34le Ramayana,
51:34c'est une sorte de Roméo et Juliette hindouiste,
51:37mimé par des acteurs en ami traditionnel.
51:42C'est au son du Ketchak que prend fin ce voyage à Bali,
51:45une île vraiment à part,
51:46j'espère que nous vous aurons donné envie
51:47de la découvrir à votre tour,
51:49passez une excellente semaine,
51:51prenez soin de vous.
52:04Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations