- il y a 10 ans
Echappées belles : Argentine Sophie est en Argentine. De la Place Pelligrini, au quartier Retiro en passant par la Plaza de la Republica, l'Argentine nous livrera ...
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00:00:04Musique
00:00:19Buenos Dias, nous sommes en Argentine cette semaine pour de nouvelles échappées belles.
00:00:24Point de départ, Buenos Aires, pour un voyage qui sera j'espère inoubliable.
00:00:32Musique
00:00:37Deux moyens de locomotion à privilégier ici, à pied pour les plus courageux ou sinon en taxi, c'est vraiment
00:00:43pas cher.
00:00:44Une course en moyenne coûte 2,50 euros.
00:00:50Rien que de prononcer son nom, Buenos Aires, c'est déjà une invitation au voyage.
00:00:54La ville rassemble avec sa périphérie près du tiers de la population du pays, 4 millions d'habitants, 12 si
00:01:01on compte sa banlieue.
00:01:02Beaucoup de porteños, les habitants de la capitale, puisent leurs racines en Europe.
00:01:05Buenos Aires et l'Argentine, ce sont des noms qui résonnent, comme Maradona et le football.
00:01:10Et Vita Perron, la madone des sans-chemises ou le plus toulousain des Argentins, Carlos Gardel, le plus grand chanteur
00:01:16de tango de tous les temps, disent les spécialistes.
00:01:28Musique
00:01:33Pauline, c'est une Française expatriée. Elle a créé une maison de thé dans le quartier Recoleta où nous sommes
00:01:38et c'est là-bas qu'on va la retrouver.
00:01:43Salut Pauline ! Bonjour Sophie !
00:01:45Ça va ?
00:01:45Quelle belle maison ici. La petite Française que tu es a été bien acceptée ici ?
00:01:50C'était bien acceptée. Ce n'est pas toujours facile d'être étranger et femme.
00:01:56Oui ! Et d'avoir en plus une affaire à soi toute seule.
00:02:00Voilà, mais dans l'ensemble, ça va.
00:02:01Ça va.
00:02:07Grâce à de nombreux reportages, nous pourrons capter l'ambiance de Buenos Aires. Nous essaierons de savoir où en est
00:02:14le pays après la grosse crise économique qui l'a frappée entre 98 et 2002.
00:02:19Football et polo sont deux sports très populaires ici. Nous irons sur ces deux terrains. Nous partirons également à la
00:02:25rencontre des gochos, les cowboys argentins.
00:02:28Nous vous offrirons une nouvelle idée au week-end avec une visite originale de Paris. Et ne manquez pas l
00:02:34'épisode 3 sur la route mythique, la Stuart Highway, pour une traversée de l'Australie.
00:02:40Bonjour ma belle.
00:02:48Alors voilà le maté.
00:02:50Traditionnellement, c'est ça. Ça se boit dans une cale basse avec une paille en fer.
00:02:54Une paille en fer qui s'appelle Bombija.
00:02:56D'accord.
00:03:01Oui, c'est amer.
00:03:02Oui, mais ça, je vais m'y faire, t'as dit qu'il fallait...
00:03:04C'est comme toutes les premières fois.
00:03:07C'est pas forcément très bon.
00:03:09Le maté, c'est aussi un moment, en fait, qui est très important parce que comme on partage la même
00:03:14boisson qu'on boit, la même paille, etc., c'est un moment où on ouvre son cœur et on raconte
00:03:19un peu nos vies personnelles, des choses comme ça.
00:03:26Il semblerait que des bons vents essoufflés sur Buenos Aires. Depuis que la démocratie est en place, les Porteños, les
00:03:31habitants de Buenos Aires, ont une énergie incroyable à l'image de ce que nous allons vous présenter maintenant.
00:03:36Et on se retrouve tout à l'heure avec Pauline dans le quartier Santelmo qui est, ne me dis rien,
00:03:39Pauline, qui est par là.
00:03:41Non, par là.
00:03:42Pas du tout, c'est par là.
00:03:52Loin de s'essouffler avec la crise de 2001, la Nouvelle-Argentine se redessine au rythme effréné des habitants de
00:03:57Buenos Aires.
00:03:58La capitale, qui abrite plus d'un tiers de la population, bruise d'une énergie incontrôlable.
00:04:05Buenos Aires et le dorado malmené semblent pourtant offrir de multiples opportunités.
00:04:11Un vent de liberté souffle sur la ville et ses nouveaux anges gardiens en profitent.
00:04:17L'homme d'affaires Alan Faena a jeté son dévolu sur Puerto Madero, l'ancien quartier des docks laissé à
00:04:23l'abandon depuis près d'un siècle.
00:04:25Il y a construit son premier hôtel de luxe.
00:04:27Philip Stark en a signé le design.
00:04:33Je me considère plus comme un rêveur que comme un entrepreneur.
00:04:40Quand cet immeuble était abandonné, c'était dans une zone de Buenos Aires où il n'existait rien.
00:04:46Cet immeuble était une sorte de Machu Picchu d'où sortait des arbres.
00:04:49Je m'imaginais pouvoir recréer le nouveau Buenos Aires.
00:04:52C'était un moment où la ville était en perdition et un moment de grande récession, où la crise se
00:04:58préparait.
00:05:01Grâce à l'empire Faena, Puerto Madero est devenu l'un des quartiers les plus prisés de la capitale.
00:05:06Et l'homme d'affaires ne s'arrêtera pas là, il veut en faire le lieu incontournable de la vie
00:05:10culturelle de Buenos Aires.
00:05:14Sculptée comme une œuvre d'art, la ville en perpétuel mouvement stimule la créativité de ses habitants.
00:05:19Le mode de vie y est cosmopolite, les influences européennes.
00:05:26Les gens pensent que nous pouvons simplement nous inspirer du gaucho, du maté ou du football.
00:05:33Alors qu'en réalité, nous sommes aussi en contact avec d'autres cultures.
00:05:36Et pas seulement avec le folklore argentin.
00:05:44Les boutiques de mode les plus tendances fleurissent à Palermo.
00:05:47Mais ici, pas de marque internationale, la production est 100% locale.
00:05:55Nous, nous sommes encore très jeunes ici.
00:05:58Tout est explosif, les choses sont viscérales.
00:06:01Il y a un développement important dans tous les domaines de l'art, de la culture, du stylisme.
00:06:06Il y a un vrai espace pour se développer et exister.
00:06:20La crise n'est plus qu'un mauvais souvenir.
00:06:22Mais certains, comme les cartonieros, continuent de battre le pavé.
00:06:27Ils sont les nouveaux pauvres de l'Argentine.
00:06:30Les poubelles des quartiers riches sont devenus un moyen de subsistance.
00:06:34Certains travaillent seuls, d'autres sont organisés en coopérative pour assurer leur pérennité.
00:06:41Tout a commencé pendant la crise de la fin des années 90.
00:06:44On est tous sortis dans la rue et on a ramassé les ordures.
00:06:51En 1997, on s'est rassemblés pour commencer un travail environnemental.
00:06:56On ne connaissait rien du sujet.
00:06:58On constatait que ça générait du travail et que ces poubelles pouvaient rapporter de l'argent.
00:07:03Alors, on a commencé à se renseigner partout.
00:07:06Mais notre priorité, c'était la réinsertion sociale.
00:07:11Sans eux, le recyclage n'existerait pas en Argentine.
00:07:14Les habitants de Palermo ont joué la solidarité et la coopérative El Seibo assure la propreté de la ville.
00:07:22Bonjour, comment ça va ?
00:07:24Bien, et toi ?
00:07:26Je te descends les poubelles.
00:07:28Ok, merci.
00:07:31Les récupérateurs individuels fouillent directement dans les poubelles.
00:07:36Ce n'est pas le cas pour nous.
00:07:39Nous, les poubelles nous arrivent propres.
00:07:42Parce que les voisins se chargent de faire un tri sélectif.
00:07:46C'est ce qui a changé notre travail.
00:07:49Tout le monde y gagne, et nous, on fait un travail propre, digne et sain.
00:07:57Buenos Aires est devenue la capitale de l'initiative individuelle.
00:08:03Dans ce bouillonnement, Poum Poum exerce ses talents dans l'immensité de la ville.
00:08:08Cet artiste de rue peint sur les murs, à la demande des habitants.
00:08:16Il n'y a pas beaucoup d'artistes urbains qui expriment des idées politiques
00:08:22ou qui ont des messages revendicatifs à faire passer.
00:08:28Dans notre société, en général, notre génération n'est pas si combative.
00:08:36Nous utilisons plutôt l'humour acide et ironique.
00:08:45Buenos Aires semble vouloir retrouver son rang de capitale artistique de l'Amérique du Sud.
00:08:49Ville branchée par excellence, on peut tout faire ici.
00:08:53Du tango au théâtre en passant par les concerts de rock.
00:08:56Paradis pour Clubber, la nuit argentine ne s'arrête qu'au petit matin.
00:09:00On y danse, on s'y enivre, on y oublie la crise.
00:09:09Moi, je crois que la jeunesse d'aujourd'hui est plus tournée vers le libéralisme.
00:09:15D'après ce qu'on m'a raconté de l'Argentine d'avant,
00:09:17je crois que les jeunes sont moins coincés et beaucoup plus libres de s'exprimer.
00:09:28La crise argentine est désormais un lointain souvenir.
00:09:32Les Argentins s'inventent un avenir prospère.
00:09:35Buenos Aires n'est pas prêt de jouer son dernier tango.
00:09:43Avec Pauline, on continue notre balade dans Buenos Aires.
00:09:45On a choisi un quartier que tu aimes bien, Pauline.
00:09:48C'est le quartier de Santelmo.
00:09:49Le quartier de Santelmo.
00:09:50Un quartier un peu bohème.
00:09:52On voit qu'il y a des musiciens qui se préparent derrière nous.
00:09:54Il y a des antiquaires aussi, des brocanteurs.
00:09:57Le quartier des antiquités et du tango.
00:09:58C'est un quartier vivant.
00:10:00Vivant mais un peu nostalgique aussi.
00:10:02C'est vrai ?
00:10:02Oui, moi je l'ai trouvé un petit peu nostalgique.
00:10:04Un peu tourné vers le passé.
00:10:06A la différence de Palermo Biro qui serait plus de design et plus moderne en fait.
00:10:22On trouve souvent comme ça un peu, à chaque coin de rue, des gens qui jouent de la guitare, des
00:10:28danseurs de tango.
00:10:30Les Argentins aiment ça, petite scène improvisée.
00:10:35C'est spécifique à certains quartiers.
00:10:37Dans ce quartier-là, il y en a partout.
00:10:38Oui.
00:10:39Santelmo, c'est un des plus vieux quartiers de la ville.
00:10:42Oui, c'est un des plus vieux quartiers de la ville qui tient son nom du patron des navigateurs, Pedro
00:10:49González-Telmo.
00:10:50Donc là, on arrive dans le petit passage que ça nous vient, le passage de la Défense.
00:10:54On trouve de tout.
00:10:55Ça va de l'affiche ancienne, des gants.
00:10:59En passant par des vieux gants.
00:11:01Et là, il y a plein de petites boutiques.
00:11:14Comment réagit les gens du quartier lorsque vous vous êtes installés ici avec votre magasin de déco très moderne ?
00:11:28Comment vous pourriez définir l'âme de ce quartier qui est si particulier ?
00:11:33Pour vivre à Santelmo, il faut vraiment aimer le désordre.
00:11:37Contrairement à sa réputation, je pense que c'est un des quartiers les plus sûrs de Buenos Aires.
00:11:44Ah si ?
00:11:57Donc là, on est dans un petit restaurant très familial.
00:12:00C'est une petite cantine dans Santelmo qui est très connue.
00:12:03Ça s'appelle le Desnivel, le propriétaire qui est en photo là.
00:12:05C'est le monsieur qui est là en photo.
00:12:06C'est très connu aussi.
00:12:08Alors quand on n'est pas végétarien, c'est vrai qu'ici, il faut manger de la viande en Argentine.
00:12:12Manger de la viande, elle est excellente.
00:12:13C'est très difficile d'identifier les différents morceaux parce que ce n'est pas les mêmes coupes de viande
00:12:17qu'en France.
00:12:18Par exemple, ce morceau, avec cette graisse, ça s'appelle un buffet de chorizo.
00:12:23Rien d'accord avec le saucisson de la viande, avec le saucisson de chorizo.
00:12:26Les argentins mangent la viande très très très cuite.
00:12:28Quand on commande un beau morceau de viande et si on veut que ce soit saignant, il faut vraiment préciser
00:12:32qu'on veut être très très saignant.
00:12:33Sinon, il n'y a que de la semelle qui arrive.
00:12:36On va s'intéresser maintenant à un parcours comme on les aime dans Echappe et Belle.
00:12:40C'est celui de Marc-Antoine.
00:12:42Cet ancien fiscaliste a tout quitté pour suivre les gaochos en terre de feu.
00:12:46Aujourd'hui, il est propriétaire de bétail et de chevaux.
00:12:49Il s'est offert une nouvelle vie en Patagonie.
00:13:03Il est des pays où l'on apprend à monter à cheval avant de savoir marcher.
00:13:10C'est dans cette nature aride et balayée par les vents de l'intérieur de la Patagonie que Marc-Antoine
00:13:15Callon a choisi de mettre pied à terre.
00:13:18J'ai travaillé pendant cinq ans dans un grand cabinet d'avocats parisiens.
00:13:24Et de mon bureau, je voyais souvent le vent dans les arbres, le jardinier qui était en train de planter
00:13:31des fleurs et tout.
00:13:31Je me disais, tiens, il a de la chance.
00:13:34J'ai été pas mal baigné dans les westerns de par mon père.
00:13:38Je m'y suis de plus en plus intéressé jusqu'à en adopter le style complet tout au long de
00:13:46l'année.
00:13:46Pour moi, je suis dans mon film, oui, de cow-boy ou de gaucho.
00:13:52Pour le plaisir des chevaux, Marc-Antoine rachète une ferme de 8000 hectares.
00:13:56La rencontre avec les gauchos en prime.
00:14:02Ils ont leur sel pour monter à cheval, leur enrainement.
00:14:05Ils ont des chiens et leur couverture.
00:14:08Et avec ça, ils vont d'estancia en estancia.
00:14:10Ce sont des gens qui arrivent à vivre sans besoin, à se contenter de ce qu'ils ont, de la
00:14:15nature magnifique qui est autour d'eux.
00:14:19L'avocat ne connaissait rien aux chevaux.
00:14:21Après quelques cours de maréchalerie, il a appris sur le tas au contact des gauchos.
00:14:26La culture gaucho, c'est ancestralement, c'était des hommes qui étaient au cul du bétail plus ou moins sauvage.
00:14:34Après, ils sont venus les estanciers et les gauchos, qui étaient des hommes libres, sont venus des hommes sédentaires,
00:14:43enrôlés dans le travail des fermes, des estanciers.
00:14:55J'ai beaucoup appris avec mon père, qui est aujourd'hui décédé.
00:14:58Et je me suis débrouillé tout seul par la suite.
00:15:02Je vais bientôt avoir 63 ans.
00:15:04Ça fait 50 ans que je suis employé fixe d'Estancia.
00:15:07Depuis l'âge de 13 ans, je travaille au champ.
00:15:10C'est par goût.
00:15:11Les autres boulots ne me plaisent pas.
00:15:13J'aime pas vivre au village.
00:15:15J'aime la nature.
00:15:35Céline, passionnée d'équitation, a elle aussi choisi de partager sa vie entre la France et la Patagonie.
00:15:40Une place rare pour une femme dans l'univers très masculin des gauchos.
00:15:44Un grand pourcentage d'Estancia sont occupés par des hommes.
00:15:48Des hommes qui vivent seuls, en général, les péonnes, et qui descendent au village tous les six mois.
00:15:56Pas de femmes, pas de famille.
00:15:57La plupart des péonnes sont célibataires et font des rencontres furtives dans les villages.
00:16:07Pour Marc-Antoine, le cœur de la Patagonie palpite chez les gauchos.
00:16:11Ses gardiens de troupeaux ont conquis le cowboy solitaire.
00:16:15Aujourd'hui, son troupeau de béliers dépasse les 1500 têtes.
00:16:23La partie touristique a largement maintenant dépassé la partie agricole, on va dire.
00:16:30Et ses estanciats ont gardé 300-400 moutons, un peu pour le folclore.
00:16:34Moi ici, j'essaye quand même de donner la priorité aux moutons, bien que le tourisme est beaucoup plus rentable.
00:16:42Marc-Antoine ouvre aussi la porte de son Estancia aux visiteurs.
00:16:46Le sens de l'accueil est ancré dans les traditions des gauchos.
00:16:49On ne saurait laisser dehors, dans l'immensité de la steppe, un voyageur de passage.
00:16:58Le matin, on se lève, à jeun, on prend du maté.
00:17:02Et souvent, les gauchos, après le travail, prennent le maté le soir.
00:17:08pour dire que la journée est terminée.
00:17:11Et sinon, si quelqu'un arrive, au lieu de lui offrir un café, on offre un maté.
00:17:17Le maté, sorte de thé issu d'un arbuste du nord de l'Argentine,
00:17:21est l'exemple même de cette convivialité.
00:17:44A la nuit tombée, les hommes se retrouvent autour d'un assade d'eau,
00:17:48le plat traditionnel argentin.
00:17:58Il n'y a pas de relève.
00:17:59Les jeunes s'en vont, parce qu'ils veulent la vie facile.
00:18:02Ça ne les intéresse pas, ils préfèrent rester au village.
00:18:05Ils gagnent autant que ce qu'on gagne ici.
00:18:07Mais ils restent au village.
00:18:09Et du coup, ils ont la vie plus facile, plus confortable.
00:18:12On n'est plus beaucoup à se faire chier ici.
00:18:22C'est encore un pays où on peut faire beaucoup de choses.
00:18:27On n'est pas embêté par la civilisation.
00:18:30C'est une autre vie et qu'on ne peut plus, je pense, qu'on ne peut plus avoir en
00:18:33Europe.
00:18:50On poursuit notre balade dans les rues de Buenos Aires.
00:18:53Et là, avec Pauline, on est dans Palermo Viero, qui est un quartier très sympa et très, très vivant de
00:18:59la ville.
00:19:00Alors, Palermo, ça se divise en trois zones.
00:19:02Il y a celui-là, il y a Palermo Chico, très résidentiel.
00:19:07Et Palermo Hollywood, il n'est plus branché, celui-là, ce quartier-là.
00:19:11On va dire qu'Hollywood, c'est plus que des restos et des bars.
00:19:14Oui.
00:19:15Alors, Palermo Hollywood, on ira plus tard.
00:19:16On va rester ici, dans Palermo Viero.
00:19:19On se sent tout de suite bien, en fait, à Buenos Aires.
00:19:22On se sent tout de suite bien.
00:19:22Et il facilite beaucoup le contact et la chaleur humaine.
00:19:25Tout le monde se tutoie tout de suite.
00:19:27Il s'appelle par son prénom, il se fait la bise tout de suite.
00:19:29Une seule.
00:19:31Une seule, oui, pour faire attention.
00:19:32Et du coup, on a tout de suite l'impression d'être tous amis.
00:19:35Oui, c'est ça.
00:19:35Alors, justement, on va aller se faire plein d'amis sur le marché.
00:19:46Ici, c'est vraiment un lieu d'exposition super pour les artistes.
00:19:49Oui, oui, c'est ça.
00:19:50Comment s'est née l'idée, justement, d'exposer comme ça à ciel ouvert ?
00:19:53Avec un jury d'artistes très reconnus et des directeurs de musées
00:20:00qui ont sélectionné plusieurs dossiers d'artistes.
00:20:04Et bon, il y a 40 artistes à l'heure fixe, vendent le samedi, vendent le dimanche.
00:20:09Ce qu'on dit toujours quand on parle de la foire, c'est que différemment des foires
00:20:13de Saint-Elmo ou de La Boca, où il y a de l'art aussi.
00:20:16Ici, ce n'est pas de l'art forex sport, comme on dirait, non ?
00:20:21Oui, oui.
00:20:21C'est-à-dire qu'il n'y a pas la thématique du tango et de ça.
00:20:24Mais il y a vraiment, chacun a son style.
00:20:27C'est de l'art contemporain.
00:20:30Non seulement, on est libre d'exposer ce que l'on veut, mais ce sont des prix plus accessibles
00:20:35parce qu'il n'y a pas le pourcentage, comme dans les galeries, que ça fait que dans une galerie,
00:20:40un tableau, c'est beaucoup plus cher qu'ici.
00:20:42Et alors, c'est bien de pouvoir vendre à des gens qui ne sont pas riches, mais qui veulent avoir
00:20:48une œuvre d'art.
00:20:49C'est très démocratique, cette démarche.
00:20:52Oui, l'idée, c'est la rencontre de l'artiste avec les gens qui sont très curieux de connaître.
00:20:58Plusieurs fois, on m'a dit, c'est toi qui l'as fait ?
00:21:00Oui, et tous les vents aussi.
00:21:03J'essaie, c'est ça.
00:21:06Je vous propose maintenant de rejoindre un endroit extraordinaire.
00:21:09Il s'agit de Perito Moreno, seul un des 48 glaciers alimentés par les eaux de Patagonie.
00:21:14À mon avis, vous allez être époustouflés par ces paysages tout à l'heure.
00:21:27C'est comme une admirable rivière de glace, hauts contours en perpétuel changement.
00:21:32Les glaciers du sud de la Patagonie sont les derniers témoins d'une ère révolue.
00:21:37Dans le Parc national des glaciers, là où la cordillère des Andes se noie dans les eaux glaciales,
00:21:43le Perito Moreno résiste.
00:21:45Il est l'un des rares glaciers au monde à ne pas régresser.
00:21:50Vous voyez, vous y êtes arrivés.
00:21:52C'est vraiment une des choses à faire dans sa vie, mettre ses crampons et marcher sur le glacier.
00:21:58Le Perito Moreno reste le plus accessible des glaciers.
00:22:02De l'or blanc pour les promoteurs touristiques, qui y proposent toutes sortes d'activités.
00:22:21Avec l'ouverture de l'aéroport d'El Calafate, un tourisme haut de gamme a vu le jour.
00:22:26Certains hôtels ont développé un concept écologique dans un cadre privilégié.
00:22:35Ça a commencé par un petit restaurant.
00:22:38L'eau provenait d'une source naturelle.
00:22:41Et l'électricité a toujours été générée par nos propres moyens.
00:22:47Ici, le téléphone et la télévision sont proscrits.
00:22:51L'harmonie avec la nature doit être totale.
00:22:57La couleur bleue que nous pouvons voir dans les crevasses et les aiguilles est due à un phénomène de dispersion
00:23:03de la lumière.
00:23:06C'est un phénomène optique et si on prend un bout de neige que l'on voit bleu, en fait,
00:23:11il est complètement transparent.
00:23:14Le glacier, en son centre, évolue d'un mètre et demi par jour, et sur ses bords, de 15 centimètres
00:23:19par jour.
00:23:23Petit à petit, il glisse vers le bas, perd de l'eau et de la glace sur le front.
00:23:28Mais en même temps, il récupère de la nouvelle neige qui se forme au niveau de la cordillère.
00:23:35Régulièrement, le monstre de glace décharge ses énormes blocs dans les eaux troubles du lac argentino.
00:23:41La plus grande machine à glace de la planète est en marche.
00:23:44Elle avance de deux mètres par jour.
00:24:00Nos échappes et belles sont toujours aux couleurs de l'Argentine et des couleurs, il y en a ici, dans
00:24:05le quartier de la Boca.
00:24:06Les artistes peuvent s'exprimer, il y a beaucoup de monde dans la rue.
00:24:10Alors, si de temps en temps, la Boca se donne des airs de petite italiste, n'est pas surprenant, puisqu
00:24:14'il y a de nombreux immigrants italiens qui ont débarqué ici.
00:24:33C'est toujours comme ça, la Boca ?
00:24:37Oui, la journée, il y a beaucoup de touristes, mais l'ambiance est très différente la nuit.
00:24:43Oui ?
00:24:44La nuit à la Boca est vraiment très belle, même si on en parle moins.
00:24:48Il ne faut pas en avoir peur, c'est ici qu'on trouve l'âme de Buenos Aires.
00:24:52Qu'est-ce que vous vendez alors ? Vous avez des antiquités, est-ce que je vois ?
00:24:56Ce sont les poubelles, les poubelles de Buenos Aires.
00:24:59Les poubelles de l'Argentine.
00:25:13Oui, bien sûr, tu peux m'acheter tous les ballons que tu veux.
00:25:16Pas de problème.
00:25:20Ce qui est très rigolo, c'est que sur le panneau qui est là-haut, c'est marqué, on n
00:25:29'accepte pas les mauvais commentaires sur Maradona.
00:25:31On ne plaisante pas sur les dieux vivants.
00:25:40Le stade La Bombonera est un monument ici.
00:25:43Dans les gradins, ça ne rigole pas et les supporters sont très virulents.
00:25:46C'est le stade de l'équipe Boca Juniors, un des clubs les plus réputés du pays.
00:25:50Je vous laisse imaginer l'ambiance quand le stade est plein jour de match.
00:25:55C'est un sacré travail, l'entretien d'un stade.
00:25:57Pourquoi vous la protégez autant, cette pelouse ?
00:26:01L'emplacement du stade n'est pas vraiment idéal.
00:26:04Il ne permet pas un bon ensoleillement et une bonne aération de la pelouse.
00:26:08C'est pour ça qu'on fait très attention.
00:26:10Est-ce que les gens vous touchent en disant que tu as de la chance de travailler là pour les
00:26:14amateurs de foot ?
00:26:15Oui, je suis un peu un héros.
00:26:22Je crois que c'est ici que les commentateurs de foot crient « goal » lorsqu'un joueur marque un
00:26:28but.
00:26:42Il y a vraiment deux sports qui passionnent les foules.
00:26:46Il y a bien sûr le football, mais également le polo.
00:26:49Vous allez voir que les aficionados sont nombreux.
00:26:52Nous partons sur ces deux terrains.
00:27:01En Argentine, le football est une religion.
00:27:04Ni plus, ni moins.
00:27:05Et Maradona sont dieux incontestables.
00:27:10Buenos Aires possède à elle seule plus de la moitié des clubs de première division.
00:27:14Chaque Argentin est supporter de l'équipe nationale et de l'équipe de son quartier.
00:27:30En Argentine, une grande partie du public vit le foot comme le sport numéro un.
00:27:34Et en second lieu, comme une véritable passion.
00:27:37Les gens vivent le foot quotidiennement, tous les jours de la semaine.
00:27:40À la télé, dans les journaux, dans les radios.
00:27:43Le foot se consomme dans tous les médias.
00:27:46En Argentine, on peut changer de tout.
00:27:47De femmes, d'autos, mais pas d'équipe de football.
00:27:53Omnipuissance du dieu ballon, donc.
00:27:57Chaque club a une fonction sociale importante en développant de multiples activités sportives et culturelles.
00:28:08Dès sa naissance, l'enfant connaît déjà le football.
00:28:12Dès le berceau, son père lui offre le maillot du club qu'il supporte.
00:28:18Donc, depuis tout petit, l'enfant est nourri au football.
00:28:22Des milliers de petits Argentins pratiquent ce sport, avec dans les yeux des rêves de gloire.
00:28:28Moi, je suis de Boca parce que ma famille est de Boca.
00:28:31Je suis supporter de Boca.
00:28:34Au départ, j'étais plutôt pour Boca, mais mon père m'a fait changer pour River.
00:28:39On gagne beaucoup de choses.
00:28:41On gagne des choses, des maillots, des filles.
00:28:45Moi, j'aime bien jouer parce que moi, je mets beaucoup de buts.
00:28:47Je suis Maradona.
00:28:50Depuis six ans, la fondation Poupi accueille les enfants défavorisés des banlieues sud de Buenos Aires.
00:28:57Le football et le sport en général apportent plein de valeurs que l'éducation classique n'apporte pas forcément,
00:29:03comme la fraternité, la camaraderie, faire partie d'une équipe.
00:29:09Quand tu rentres sur un stade, il n'y a pas de différence de classe sociale.
00:29:13Tu es dans une équipe.
00:29:15Les joueurs échangent et partagent le même objectif.
00:29:20Mais la passion argentine ne s'arrête pas au ballon rond.
00:29:23Sur la terre des gauchos, le plus ancien des jeux de cheval a trouvé un terrain de prédilection.
00:29:28Le polo, c'est l'autre sport qui fait vibrer l'Argentine.
00:29:36Sans aucun doute, le foot est le sport des Argentins.
00:29:40Et sûrement celui qu'on considère comme le plus populaire.
00:29:44Mais ce qui est vrai, c'est que l'augmentation et la popularisation du polo
00:29:50s'est beaucoup développé ces 10-20 dernières années dans notre pays.
00:29:53Et ça n'a pas arrêté d'augmenter.
00:30:04J'ai commencé à 5 ans, je tapais dans le maillet.
00:30:07Et puis à 8 ans, j'ai commencé à pratiquer avec d'autres jeunes.
00:30:11Ça fait un an que je joue vraiment.
00:30:18On joue en partie dans des tournois intercollège.
00:30:21On est beaucoup à jouer, mes amis, mes frères.
00:30:27L'intensité et la rapidité d'un match de polo en font sans doute l'un des jeux les plus
00:30:31dangereux du monde.
00:30:32Les règles sont strictes, tant pour le cavalier que pour le cheval.
00:30:40Ces chevaux demandent une attention toute particulière.
00:30:43On les considère un peu comme des sportifs de haut niveau.
00:30:46La préparation est la même.
00:30:55C'est un peu comme en course automobile.
00:30:59Si tu n'as pas de moteur, tu as beau avoir de bonnes idées, tu ne vas pas aller très
00:31:04loin.
00:31:05Avec un cheval, c'est la même chose.
00:31:07Tu peux très bien jouer, mais si ton cheval manque de vitesse ou d'agilité, tu ne vas pas faire
00:31:12grand-chose.
00:31:15Le polo et l'art de vivre qu'il représente touchent un public de plus en plus large en Argentine.
00:31:21Aujourd'hui, le sport des élites n'est plus réservé à la bourgeoisie argentine.
00:31:27Je crois que la pratique du polo va encore augmenter.
00:31:31Notamment à cause des retransmissions télévisées qui n'existaient pas avant.
00:31:35Les gens ont un accès plus immédiat et peuvent apprécier le spectacle.
00:31:38Je ne sais pas où, c'est inimaginable.
00:31:43Le football reste pourtant encore la culture dominante.
00:31:46Les hommes, mais aussi les femmes, mangent, boivent et pensent football.
00:31:51La télévision y consacre au minimum 70 heures par semaine.
00:31:57Pour moi, le football, c'est ma vie.
00:32:00C'est ma vie depuis que je suis toute petite.
00:32:02J'ai toujours regardé le football argentin, même en Colombie.
00:32:05Pour moi, le meilleur football du monde, c'est en Argentine.
00:32:11Le football, pour moi, c'est l'amour, les amis.
00:32:13Chaque dimanche, on va au stade, où on suit les matchs à la télévision.
00:32:17C'est se rassembler, être tous ensemble pour ce que nous avons en commun.
00:32:20Le football, l'amour du ballon rond.
00:32:37Et si on s'offrait une petite balade à l'extérieur de Buenos Aires,
00:32:41on va quitter un peu l'ambiance un peu enfiévrée de la capitale
00:32:44pour aller à Tigré en train.
00:32:45C'est à 40-45 kilomètres de Buenos Aires.
00:32:49On en a pour une petite heure de voyage.
00:33:03Je suis très, très surprise par le prix du billet.
00:33:05Ça coûte un peso, soit 20 centimes d'euros.
00:33:08Une fois arrivé là-bas, je vais retrouver Ricardo.
00:33:10On va s'offrir cette fois une petite balade en bateau.
00:33:25Ricardo Tigré doit son nom à des jaguars et pas à des tigres.
00:33:29Au début, on appelait cet endroit la rivière aux coquillages.
00:33:33Le nom de tigre est apparu au 19e siècle
00:33:35à cause des tigres et des jaguars qui peuplaient cet endroit.
00:33:39Et qui sont les privilégiés qui ont la chance de habiter ici ?
00:33:4360% des maisons sont occupées uniquement le week-end.
00:33:46Les autres sont occupées toute l'année.
00:33:49Nous sommes environ 300 dans ce cas.
00:33:53On est très peu parce que ce n'est pas simple de vivre ici en permanence.
00:34:14Bon, voici la cuisine, avec le frigo.
00:34:18Il y a une chambre pour deux enfants et une autre pour un couple.
00:34:35Le jardin s'étend sur 90 mètres.
00:34:39Ici, il y a le grill pour que les gens puissent se faire un asado le week-end.
00:34:44Les gens ne viendraient pas s'ils n'avaient pas la possibilité de faire cuire leur viande.
00:34:49Vous êtes bien alors ici ?
00:34:51Oui, on est très bien parce que c'est une autre façon de vivre.
00:34:54C'est très calme, on est en sécurité et tout le monde se connaît.
00:35:00Quand quelqu'un d'étranger arrive ici, tout le monde le sait immédiatement.
00:35:07Merci beaucoup Ricardo de m'avoir fait découvrir cet endroit.
00:35:09Je suis vraiment sous le charme, je crois que je vais revenir.
00:35:11Je vous laisse rejoindre la France et Paris pour une nouvelle destination week-end
00:35:16avec une visite inhabituelle et originale de la capitale.
00:35:19Je vous dis à tout à l'heure à Buenos Aires.
00:35:30Mon premier est une Isba russe.
00:35:32Mon second est une pagode chinoise.
00:35:35Mon troisième, un monument des droits de l'homme.
00:35:39Montou est une capitale étrange, surprenante et inhabituelle.
00:35:44Voyage à Paris à la recherche de l'insolite.
00:35:49J'ai une petite surprise.
00:35:51Pour vous aider à regarder ce qu'on va continuer à regarder,
00:35:53j'ai amené des masques.
00:35:59Bruno Debec est un guide iconoclaste.
00:36:01Sa spécialité, apprendre à regarder Paris autrement.
00:36:05L'idée de ces masques, c'est que ça concentre le regard,
00:36:09donc ça fait comme une loupe.
00:36:11Mais bien sûr que c'est mieux.
00:36:13Et le gaillard bouillonne d'inspiration.
00:36:15Illustration au Palais Royal.
00:36:17Vous connaissez l'endroit par cœur
00:36:19et pourtant, vous allez apprendre à le découvrir avec un œil neuf.
00:36:22Dans un appareil photo à soufflet.
00:36:27Alors venez, venez ici.
00:36:29Regardez.
00:36:29Là, vous êtes dans un appareil photo à soufflet.
00:36:36Appareil photo à soufflet.
00:36:40Aujourd'hui, il déambule dans les paysages du 19e siècle.
00:36:44Une promenade dans la peau des dandises,
00:36:46en s'aiguisant le regard sur les vitrines des boutiques d'antan.
00:36:49Là, j'apprends à me mûler, à prendre mon temps,
00:36:53à être autre qu'une parisienne, telle que je suis d'habitude.
00:37:01Si vous aimez les surprises, rendez-vous chez Deutail, dans le 9e arrondissement.
00:37:07C'est là que la comtesse de Prel inventa en 1905 une lotion révolutionnaire.
00:37:13Ce baume automobile a été créé à la demande de cette personne
00:37:18qui s'appelait la comtesse de Prel
00:37:20et qui trouvait que sa peau se desséchait en automobile,
00:37:24en décapotable.
00:37:25Et elle a demandé à un de ses amis,
00:37:27qui était Marcelin Berthelot, grand savant,
00:37:30de lui proposer un produit pour sa peau.
00:37:35A l'époque, la marque lance les premiers produits de beauté
00:37:38et fournit les princesses du monde entier.
00:37:41Aujourd'hui, elle demeure plus confidentielle,
00:37:43tout en conservant sa réputation auprès des plus grandes stars françaises.
00:37:50Découvrir l'inédit, pister l'unique, c'est un état d'esprit.
00:37:54Alors pourquoi ne pas se détendre aussi d'une manière originale ?
00:37:58Chez Idam de Lame, pour 90 euros,
00:38:01vous pourrez goûter aux grains de folie un massage de grains de sable.
00:38:05Ça va la pression, Christelle ?
00:38:07C'est très bien, c'est parfait.
00:38:10C'est vraiment un souffle qui, pour moi, est important à donner à l'autre.
00:38:17Ça permet de réoxygéner sa peau, son esprit,
00:38:21ça permet de voyager, ça permet de se...
00:38:23C'est une vraie récréation.
00:38:25En plus, les différents sables qu'on choisit,
00:38:29ça nous permet vraiment de voyager sur différentes plages du monde.
00:38:35Et s'il fallait seulement un peu d'imagination ?
00:38:39Vous voici prêts pour le FIELD,
00:38:41le festival international d'expression artistique libre et désordonné.
00:38:46Tous les dimanches soirs, il permet à 10 illustres inconnus de monter gratuitement sur scène.
00:38:50Deux conditions, s'inscrire une heure avant le spectacle,
00:38:53et ne pas dépasser les 5 minutes réglementaires.
00:38:59Voilà, voici vos loges.
00:39:02Vos immenses loges.
00:39:03C'est la première fois de ma vie même que je monte sur scène,
00:39:06donc j'espère que ça va bien se passer.
00:39:08Tcharda, comme on dit chez nous.
00:39:14Un spectacle délirant dans l'esprit des Montipitons
00:39:17est totalement imprévisible pour tout le monde.
00:39:19Vous voilà désormais initié, l'esprit libre.
00:39:23Paré pour un voyage dans le temps,
00:39:25rendez-vous, place de l'étoile.
00:39:28T'as ton feu, bébé ?
00:39:30Bien sûr que j'ai mon feu, tu me prends pour une berge ?
00:39:32On va rue Fontaine, on va aller régler son compte à Dédel Parisien.
00:39:36Didier Claverie, profession militaire.
00:39:43Il organise ses expéditions sur son temps libre
00:39:46pour financer une association caritative.
00:39:48Il va être trop tard, il aura déjà d'étaler.
00:39:52Dorothée, c'est le cerveau de l'opération.
00:39:54Ce soir, elle offre cette virée nocturne à son mari pour son anniversaire.
00:39:59C'est vrai qu'on revit là tous les films noirs,
00:40:02la française des années 50 et 60.
00:40:07On se sent faire partie de la même bande que Gabin et Ventura,
00:40:12en train de se partager une sacoche de Grisby.
00:40:17L'insolide se croise à Paris à chaque coin de rue.
00:40:20Un week-end ne peut en dévoiler qu'un aperçu.
00:40:31Je vous attendais à Buenos Aires, la destination principale de nos échappées belles.
00:40:35Après cette escapade parisienne, pas comme les autres,
00:40:37et je vous retrouve au bord de l'eau.
00:40:39Parce que c'est vrai que lorsqu'on se balade dans cette capitale intramuros,
00:40:42on a tendance à oublier que Buenos Aires est une ville portuaire.
00:40:46Là, je suis sur un bras du Rio de la Plata,
00:40:48qui est une frontière naturelle avec l'Uruguay.
00:40:51En tout cas, ici, c'est un endroit très très sympa pour se promener, pour flâner.
00:40:56Il n'est pas rare de croiser des amoureux qui se bécotent sur les bons publics.
00:41:00Allez, vamos !
00:41:02Taxi !
00:41:03Rendez-vous à l'atelier El Taillère, avec Euregno, le propriétaire des lieux,
00:41:08et Daniel, qui est musicien.
00:41:09Ils tiennent compagnie à ma copine expatriée, Pauline.
00:41:14Eugène, vous permettez que je prononce votre prénom à la française ?
00:41:17Oui, bien sûr.
00:41:18Si on veut vivre un peu à l'heure argentine, qu'est-ce qu'on doit faire ?
00:41:22Les jeunes sortent très tard, à une heure, deux heures du matin, trois heures.
00:41:27Ils dorent de huit à onze heures, pour être bien.
00:41:31Et nous, les vieillards, on sort trop tôt.
00:41:37On raconte que dans le quartier, l'écrivain Borges hantait les lieux.
00:41:42C'est vrai ?
00:41:42C'est vrai, oui.
00:41:43La maison de sa famille, c'était à la calle Serrano, actuellement Borges.
00:41:48Ils ont changé le nom de la rue.
00:41:50Il écrit beaucoup des histoires sur le quartier, sur un portrait parfait de ce quartier.
00:41:57Il y a un autre personnage, on dit, qui hante souvent les musiciens, c'est Carlos Gardel.
00:42:04Carlos Gardel est l'inventeur de la chanson populaire.
00:42:12Il est celui qui a le mieux réussi à faire passer des sentiments et des émotions à travers sa musique.
00:42:18Comment expliquer que le tango soit si important ici, à Buenos Aires ?
00:42:23C'est une musique qui est originaire de cette ville.
00:42:27Elle est née ici, et dans la région de la Pampa.
00:42:32Le rythme du tango reflète les incertitudes de la vie.
00:42:36Il est tour à tour triste et joyeux.
00:42:38On ressent aussi cette incertitude quand on le danse.
00:42:41C'est une chose qui est aussi réflechée dans la danse.
00:43:05Tu sais quoi ? Cette musique m'a donné envie de prendre des cours de tango.
00:43:08Je ne vais pas avoir de mal ici à mon avis.
00:43:09Il y en a partout.
00:43:10Il y en a partout dans la ville ?
00:43:10Il y en a partout, oui.
00:43:11Allez, je t'embrasse.
00:43:12Une bise que vous faites ici.
00:43:14D'accord, à bientôt en tout cas, Pauline.
00:43:16On va retrouver un autre voyageur.
00:43:18C'est Philippe Allende.
00:43:19On le suit depuis plusieurs semaines.
00:43:20Il a décidé de traverser l'Australie sur la Stuart Highway, une route mythique.
00:43:26Alors, on va voir où il en est.
00:43:27A tout à l'heure à Buenos Aires.
00:43:30Dans ma traversée du sud au nord de l'île-continent, la Stuart Highway est aussi une voie directe
00:43:35pour découvrir des existences étonnantes, ahurissantes ou troublantes.
00:43:41Habiter sous terre à Copper Pedy, déplacer des montagnes à Mintabi ou se préparer à résister
00:43:46aux invasions de chameaux à Curtin Spring, kilomètre après kilomètre, cette route est la preuve
00:43:51que pour exister au cœur de Woodback, il faut savoir vivre en grandeur nature.
00:44:00La Stuart Highway traverse selon moi trop directement le cœur rouge de l'Australie.
00:44:05Alors, j'ai choisi d'effectuer un détour plus à l'est, dans des territoires aborigènes.
00:44:10Hermannsbourg, Ikundji, puis Alice Spring sont mes prochaines grandes étapes en vue.
00:44:20Ma route n'est plus un long fleuve tranquille.
00:44:22Ça remue, ça vibre, ça balance pas mal sur les pistes des territoires aborigènes.
00:44:27Pour retrouver le bitume et boire une bière, il faudra attendre Alice Spring.
00:44:33Plus de route goudronnée, plus d'alcool autorisé, on est bien en terre aborigène.
00:44:42Ces grands espaces vierges semblent appartenir seulement à des hordes de chevaux sauvages.
00:44:51Pourtant, quelques dizaines de kilomètres plus loin, un arbre est transformé en un curieux totem
00:44:56qui semble indiquer qu'Hermannsbourg est proche.
00:45:06Ce lieu, aux accents d'Outre-Rhin, est l'émanation d'un rêve de pasteur luthérien.
00:45:10Une église, des petites maisons, une ancienne tannerie de peau de kangourou.
00:45:14À la fin du 19e siècle, ils ont transformé cette petite oasis en lieu de culte modèle.
00:45:20Une communauté d'aborigènes, christianisées, qui chantaient des cantiques.
00:45:27Les vestiges de ce temps, où des aborigènes avaient la foi,
00:45:31c'est Andrew Egorov qui les conserve avec fierté.
00:45:39En 1877, ils voyaient les aborigènes comme des sauvages.
00:45:42Et ils voulaient sauver leurs âmes pour qu'ils aillent aussi au paradis.
00:45:48Alors, la seule manière de le faire, c'était par la discipline et le travail.
00:45:53Pour moi, je pense que c'est très important
00:45:55de croire en la religion, de croire en la politique, croire en l'éducation.
00:46:01Il faut croire.
00:46:04Nous, on croit en l'amour.
00:46:05Vous, les Français, vous y croyez aussi.
00:46:10Ce lieu de divine idylle fut aussi l'endroit où Albert Namadjira,
00:46:13le premier grand artiste aborigène, a vécu.
00:46:17Sa reconnaissance passait par l'obligation de représenter la nature de manière réaliste,
00:46:22même si les compositions de rochers symbolisaient des visages d'aïeux ou d'esprit.
00:46:30Aujourd'hui, les restes de sa voiture sont une relique taguée
00:46:33avec des noms de groupes de rocs australiens inoxydables comme ACDC.
00:46:37Et le petit cimetière sert de maigre pâturage.
00:46:50Plus loin vers l'est, il existe un lieu où l'humanisme occidental
00:46:53s'harmonise différemment avec la culture aborigène.
00:47:00Dans le petit hameau de Tom Borey,
00:47:02Robert Evans a décidé de donner un nouveau sens à sa vie.
00:47:06Après avoir quitté il y a six ans la côte ouest des États-Unis,
00:47:09cet Américain a créé une école pour des aborigènes.
00:47:15Ici, il n'y a pas de dogme.
00:47:17Seulement la volonté de partager, d'échanger des compétences
00:47:20et une liaison Internet par satellite pour compléter ses cours.
00:47:30Moi, j'essaye de les pousser à grandir à leur manière,
00:47:33dans leur culture.
00:47:34Je veux qu'ils la gardent.
00:47:38Mais je veux aussi qu'il leur soit possible d'exister dans les deux cultures.
00:47:43Donc je souhaite les voir grandir dans leur culture
00:47:45en leur apprenant aussi à survivre dans la nôtre.
00:47:52Cet idéaliste pragmatique est devenu le tuteur de Shannon et Carla.
00:47:56Avec lui, les enfants aborigènes ne rêveront pas uniquement
00:47:59d'être des joueurs de football australien.
00:48:01Ils pourront imaginer exercer aussi des métiers
00:48:03jusqu'ici réservés aux Blancs.
00:48:11Comme dans tous les territoires aborigènes,
00:48:13des épaves de véhicules sont le signal
00:48:15que nous arrivons à proximité d'habitation.
00:48:18A Ikunji, elle s'expose avec une allure nettement plus artistique.
00:48:24C'est sûrement l'influence du centre de peinture aborigène
00:48:27que dirige Rachel Burke.
00:48:30C'est elle la maîtresse de maison.
00:48:32Elle compose des mélanges de couleurs.
00:48:34Elle prépare les sandwiches pour tous ses artistes.
00:48:47Cette école de peinture qui existe depuis 16 ans
00:48:50est entourée de hauts grillages,
00:48:52comme pour se protéger d'un voisinage pas très fréquentable.
00:49:03Ce centre accueille une douzaine d'artistes,
00:49:05en majorité féminine.
00:49:09Ces femmes perpétuent une tradition picturale
00:49:11née dans cette région au début des années 70.
00:49:15Ici, tout se passe à même le sol,
00:49:17comme au temps où l'art aborigène
00:49:18laissait des empreintes éphémères
00:49:20sur le sable ou les roches.
00:49:24Aujourd'hui, Anna-Marie, Alice ou Linda
00:49:27peignent deux ou trois heures par semaine
00:49:29uniquement sur des toiles.
00:49:36La star ici, c'est Tony Jack.
00:49:39Paradoxalement, elle est plus cotée aux USA qu'en Australie.
00:49:42Cette imposante histoire de Chukula,
00:49:44des fils de cheveux voyageant à travers un lac salé
00:49:47et des dunes,
00:49:47est estimée à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
00:49:57Mais Rachel aime aussi découvrir des jeunes talents
00:50:00comme Justin Corbin.
00:50:03À seulement 26 ans,
00:50:04ce fils de peintre apparaît pour elle
00:50:06comme une véritable révélation.
00:50:10C'est un truc incroyable.
00:50:13Parce qu'en un an,
00:50:15il a peint 15 tableaux
00:50:16et c'est la première fois qu'un artiste
00:50:17débute directement par une exposition individuelle.
00:50:23Cette exposition a été un grand succès.
00:50:28Tous ces tableaux ont été achetés
00:50:29et des gens nous appellent,
00:50:31nous envoient des e-mails,
00:50:32des galeries,
00:50:34des collectionneurs nous harcèlent
00:50:35pour acheter ces nouveaux tableaux.
00:50:37On n'arrive pas à croire
00:50:38que l'on a cette chance.
00:50:45Malgré ce succès fulgurant,
00:50:47la palette de Justin
00:50:47a brusquement viré au noir et blanc.
00:50:50Fini les grands rêves très colorés
00:50:52de petits kangourous,
00:50:53ce parti pris radical
00:50:55soulève en moi des interrogations.
00:50:57Est-ce que cela ne va pas faire cauchemarder
00:50:59les critiques d'art qui l'ont repéré ?
00:51:08Justine reste un sphinx.
00:51:09Il ne cède pas au chant des sirènes
00:51:11qui tenterait de transformer
00:51:12la peinture aborigène en art décoratif.
00:51:15Il refuse également de parler
00:51:17et n'apprécie pas,
00:51:18comme tous les aborigènes,
00:51:19la présence de la caméra.
00:51:21Dans leur croyance,
00:51:22si après la mort d'un défunt
00:51:24on voit son image,
00:51:25c'est un drame.
00:51:32Cela n'empêche pas Justine
00:51:33de poursuivre son rêve
00:51:35sur ce territoire
00:51:36où le ciel et les herbes
00:51:37de spiniflex,
00:51:38qui ne manquent pas de piquant,
00:51:40créent naturellement
00:51:41des compositions pointillistes.
00:51:50Ciel ou terre,
00:51:52crépuscule ou aube,
00:51:53le territoire d'Incunji
00:51:54m'offre un dernier aperçu magique.
00:52:06Good evening Alice Paine
00:52:08et bonsoir le retour à la civilisation.
00:52:10La capitale du Centre Rouge
00:52:12vue depuis le mémorial
00:52:13dédié aux soldats australiens
00:52:14morts en France
00:52:15lors de la Première Guerre mondiale
00:52:16me paraît très verdoyante.
00:52:21Mais après trois jours
00:52:22d'abstinence,
00:52:23une visite s'impose aussi
00:52:24dans un pub
00:52:25en version
00:52:25so-british.
00:52:42Concerts des slide-dogs,
00:52:43les guitares aéros locaux,
00:52:45foot australien à haute dose
00:52:46et bière à volonté.
00:52:48Ils sont jeunes,
00:52:50ils arrivent de toutes les stations
00:52:51d'élevage de la région,
00:52:52ils viennent oublier
00:52:53leurs dures semaines de labeur.
00:52:58Mais cette soirée d'ivresse
00:52:59et plus si affinité
00:53:01est ponctuée par un petit frisson
00:53:03avec l'arrivée de Oli le Piton
00:53:05et de son maître,
00:53:06Rex Neidorf.
00:53:13Pendant la journée,
00:53:13Rex est employé par la ville
00:53:15pour aller déloger les serpents
00:53:16qui s'invitent dans les maisons.
00:53:20Le serpent le plus courant en ville,
00:53:22c'est le serpent brun de l'ouest.
00:53:24Parce que dès qu'il y a des hommes,
00:53:26il y a beaucoup de souris,
00:53:27donc c'est un bon endroit
00:53:28pour les serpents.
00:53:29Ils sont très venimeux,
00:53:30mais ils ne sont pas très agressifs.
00:53:32S'ils étaient très agressifs,
00:53:34il y aurait beaucoup de morts en ville.
00:53:47En m'improvisant au Snake Man,
00:53:48je n'espère qu'une chose,
00:53:50c'est que mon nouvel ami
00:53:51garde son sang-froid
00:53:52dans cette ambiance survoltée
00:53:54où l'on refuse l'entrée aux aborigènes,
00:53:56mais pas aux pitons.
00:54:01Oli, lui, va pouvoir rencontrer
00:54:03encore plein de nouvelles amies
00:54:04jusqu'au bout de la nuit,
00:54:06dans cette cité où il règne
00:54:07une certaine forme d'apartheid.
00:54:17Si dans la capitale du Centre Rouge,
00:54:19les aborigènes ne sont pas toujours
00:54:20les bienvenus dans les pubs
00:54:22ou les hôtels,
00:54:23on en rencontre beaucoup
00:54:24qui passent le temps
00:54:25sur des bancs publics
00:54:27ou les pelouses
00:54:27en vendant quelques œuvres
00:54:29à prix modique.
00:54:30À deux pas,
00:54:31des grandes expositions d'art
00:54:32comme celles de la galerie Kondwana.
00:54:38L'expert de ce lieu
00:54:39qui, depuis deux décennies,
00:54:40expose des artistes
00:54:41de toutes les écoles aborigènes
00:54:43de Lutbac,
00:54:43c'est Roselyne Prémont.
00:54:46Malgré l'extrême diversité
00:54:48de styles,
00:54:49tous ces tableaux possèdent,
00:54:50selon elle,
00:54:51une même symbolique.
00:54:57Les énergies et les formes
00:54:58apparaissent très nettement
00:54:59dans ces tableaux,
00:55:02même si, au premier coup d'œil,
00:55:03ils peuvent avoir l'air abstraits.
00:55:06Ils sont le symbole
00:55:07d'un immense attachement spirituel
00:55:10entre le peintre
00:55:11et la terre sur laquelle il vit.
00:55:15Ces peintures sont une manière
00:55:17d'écrire des histoires
00:55:18et c'est cette connexion
00:55:19qui compose
00:55:20toutes leurs créations.
00:55:23Ce tableau qui vient
00:55:24de l'école d'Ikunji
00:55:25est le récit
00:55:26d'un rêve du millepâtes
00:55:27qui traverse les paysages
00:55:29de collines typiques
00:55:30de la région.
00:55:34Au bout d'un moment,
00:55:36tous ces petits points
00:55:36me donnent le tournis
00:55:38et leur coulent le vertige.
00:55:40Les artistes
00:55:41de tous ces tableaux
00:55:42recevront dans le meilleur des cas
00:55:4425% du prix de vente.
00:55:48Seule l'œuvre de Dan Murphy
00:55:49bouscule les codes artistiques
00:55:51en travaillant directement
00:55:52à partir de plaques de métal
00:55:54récupérées sur des carcasses
00:55:55de véhicules.
00:55:58Avec cet artiste,
00:56:00la valeur symbolique
00:56:01me semble prendre le pouvoir
00:56:02sur l'attachement spirituel.
00:56:08À une cinquantaine de kilomètres
00:56:10plus au nord d'Alice Spring,
00:56:11l'art aborigène
00:56:12prend une nouvelle dimension.
00:56:18Le géant d'Aileron
00:56:19qui culmine à 17 mètres de haut
00:56:21a été construit
00:56:22par un sorcier faiseur de pluie
00:56:23en l'honneur de la récupération
00:56:25de ses terres
00:56:26par la tribu
00:56:26en Madgeré.
00:56:30Aujourd'hui,
00:56:31la totalité des territoires
00:56:32aborigènes en Australie
00:56:33sont comparables
00:56:34à la superficie de l'Europe.
00:56:38Le guerrier en Madgeré
00:56:40semble monter la garde
00:56:41en veillant sur la Stuart Highway
00:56:42où file d'autres géants.
00:56:46Les premiers nuages d'orage
00:56:47sont en vue.
00:56:48Je vais franchir
00:56:49le tropique du Capricorne
00:56:50et Lutbac va à nouveau
00:56:52changer de visage.
00:57:09Je vous retrouve à Buenos Aires
00:57:12pour nos échappées belles
00:57:13consacrées à l'Argentine.
00:57:15Dès la semaine prochaine,
00:57:16nous retrouverons
00:57:17le dernier volet
00:57:18de ce voyage
00:57:19sur la Stuart Highway,
00:57:21cette route mythique australienne.
00:57:22alors tout à l'heure,
00:57:23je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:57:24mais je vous avais promis
00:57:25un cours de tango.
00:57:26C'est une promesse
00:57:27qui n'est vraiment pas difficile
00:57:28à tenir ici à Buenos Aires.
00:57:30Là, nous sommes
00:57:31à la Confiteria Ideal,
00:57:32une institution ici.
00:57:44Buenos Aires,
00:57:45c'est le meilleur endroit au monde
00:57:46pour apprendre à danser
00:57:47le tango.
00:57:48Oui ?
00:57:50Sûrement,
00:57:50parce qu'il est né ici.
00:57:52Beaucoup de monde
00:57:53vient à Buenos Aires
00:57:53uniquement pour danser
00:57:54le tango.
00:57:55C'est un atout économique.
00:57:58Au départ,
00:57:58cette danse,
00:58:00c'était seulement
00:58:00les hommes
00:58:01qui la dansaient,
00:58:01c'est ça ?
00:58:03Disons que les hommes
00:58:04s'entraînaient entre eux
00:58:05pour pouvoir ensuite
00:58:06danser avec les femmes
00:58:07de la nuit.
00:58:08C'est seulement à partir
00:58:09des années 30
00:58:10que toutes les femmes
00:58:11ont eu le droit
00:58:11de le danser.
00:58:13Qui dirige alors ?
00:58:14C'est l'homme ou la femme ?
00:58:15C'est l'homme.
00:58:17C'est une danse
00:58:18complètement machiste.
00:58:20Nous ne faisons que suivre.
00:58:36C'est une danse très sensuelle.
00:58:39Tout le corps,
00:58:41en fait,
00:58:41danse.
00:58:42C'est comme une étreinte.
00:58:46Le tango n'est finalement
00:58:47pas très compliqué.
00:58:49C'est comme marcher
00:58:50en s'enlâçant.
00:58:50Il suffit de sentir la musique.
00:58:53C'est un art.
00:58:54Et comme tout ce qui touche
00:58:55à l'artistique,
00:58:56ça touche à l'âme
00:58:57et à l'esprit.
00:58:58Mais le plus important,
00:59:00c'est que les danseurs
00:59:01éprouvent du plaisir.
00:59:02Vous voulez bien me montrer ?
00:59:04On va commencer
00:59:06par le pied droit.
00:59:19Le tango ne se prend pas
00:59:20en une leçon,
00:59:21mais là, ça va,
00:59:22j'ai un très, très bon prof.
00:59:23En tout cas,
00:59:24je suis vraiment très heureuse
00:59:25d'avoir inscrit Buenos Aires
00:59:26dans mes carnets de voyage.
00:59:28Buenos Aires est vraiment
00:59:30un condensé de l'Argentine
00:59:32et on voit qu'ici,
00:59:33les influences européennes
00:59:34et sud-américaines
00:59:36ont fait de très beaux mélanges.
00:59:38J'espère qu'un jour,
00:59:39vous pourrez vous aussi
00:59:40venir ici.
00:59:41Je vous dis à très bientôt.
00:59:42Faites de beaux voyages.