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  • il y a 10 ans
Echappées belles : San Francisco Sophie est à San Francisco où elle visitera le Fisherman's Wharf et le fameux site d'Alcatraz. Nous voyagerons dans les ...

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00:00:04Musique
00:00:21Chers amis voyageurs, bonjour à tous.
00:00:23En grimpant à bord de ce tramway, le fameux cable car comme on l'appelle ici,
00:00:27vous aurez sans doute deviné que nous mettons la ville de San Francisco à l'honneur aujourd'hui.
00:00:36C'est la première fois que tu montes dans le tram ?
00:00:38Oui, c'est tout !
00:00:38Moi aussi !
00:00:46Alors San Francisco c'est à la fois le berceau du mouvement hippie dans les années 70
00:00:50et c'est aussi le fleuron des nouvelles technologies avec la Silicon Valley.
00:00:55Alors c'est une ville que je découvre complètement et je suis très très heureuse de la visiter avec vous.
00:01:02Bienvenue en Californie, ici à San Francisco on se croirait dans un film.
00:01:06Ces rues ont été immortalisées dans de si nombreuses productions à Steve McQueen dans Bullitt.
00:01:12Bref, San Francisco a une histoire passionnante.
00:01:14Découverte en 1776 par un explorateur espagnol, elle deviendra le quartier général des chercheurs d'or.
00:01:20Tremblements de terre, incendies ont provoqué des bouleversements dans celles que les habitués surnomment Frisco.
00:01:26Ville préférée des français aux Etats-Unis, elle reste à part avec son Golden Gate majestueux,
00:01:31ses mouvements contestataires et son petit air de ville provinciale très contemporaine.
00:01:36Je ne la connais pas très bien encore mais je crois que je l'aime déjà beaucoup.
00:01:39Vous aussi j'espère, je vais tout faire pour vous convaincre.
00:01:49Sur toutes les cartes postales, on voit cette rue, c'est Lombard Street.
00:01:52Ici on dit que c'est The Crocodile Street in the USA, la rue la plus tortueuse des Etats-Unis.
00:01:57Alors jadis, elle était rectiligne, on a créé ce virage pour casser la dénivellation et depuis c'est devenu une
00:02:02rue mythique.
00:02:08C'est le moment de regarder le sommaire de nos échappées belles.
00:02:12Il est beau, il est grand, c'est un symbole de San Francisco.
00:02:15Il s'agit bien sûr du Golden Gate, il nous livrera ses secrets.
00:02:19Où en est l'idéologie hippie des années 70 ?
00:02:2240 ans après, nous nous sommes posés la question.
00:02:25La Sierra Nevada nous offrira l'une de ses splendeurs, le Yosemite.
00:02:29Nous vous proposerons également une nouvelle idée week-end en France, dans les gorges du Verdon.
00:02:34Et à la fin de cette émission, nous saurons si Patrick Profi a pu terminer son voyage sur le fleuve
00:02:39Amazon.
00:02:43J'ai bien mérité quelque chose à boire après cette petite balade dans Lombard Street.
00:02:48Hello !
00:02:49J'ai toujours voulu tester ça.
00:02:51C'est de la viande séchée.
00:02:53Je pense qu'avec le jus de mangue, ça va être parfait.
00:03:00Est-ce que vous connaissez beaucoup de tramways classés monument historique ?
00:03:04Eh bien, celui de San Francisco l'est.
00:03:06Monter à son bord, c'est à la fois faire connaissance avec les San Franciscains
00:03:10et découvrir une ville très cosmopolite.
00:03:13Je ne sais pas pourquoi j'ai acheté ce truc, moi, parce que déjà, je n'arrive pas à l
00:03:15'ouvrir.
00:03:28Les collines de San Francisco n'en reviennent toujours pas.
00:03:31Comment un petit inventeur génial a-t-il eu cette idée saugrenue ?
00:03:35Accrocher un wagon à un câble d'acier pour vaincre le dénivelé.
00:03:39150 ans plus tard, les quartiers de San Francisco défilent toujours par la fenêtre.
00:03:43Le Financial District, North Beach, Fisherman's Wharf.
00:03:51Premier arrêt en plein Chinatown, le fief de M. Jun Yu.
00:04:00Certains disent qu'avec un peu d'imagination, on peut encore y renifler les vapeurs d'opium.
00:04:06Chinatown, ou comme si la Chine avait traversé le Pacifique pour s'échouer sur la première terre rencontrée,
00:04:11la côte ouest des États-Unis.
00:04:14Jun Yu a fait le grand voyage il y a plus de 30 ans.
00:04:17Il est devenu le barbier de Chinatown.
00:04:28Les premiers immigrants chinois ont accosté à San Francisco il y a plus de 100 ans.
00:04:44Ils ont fondé Chinatown.
00:04:46Les chinois se sont regroupés ici parce qu'ils comprennent mal l'anglais.
00:04:54Nous on parle un anglais de bras cassés.
00:05:01Et les chaos reprennent.
00:05:03Chinatown s'éloigne, les passagers s'accrochent.
00:05:06Jusqu'au quartier de Mission District, le prochain arrêt.
00:05:10C'est là que Marco Sengor descend.
00:05:16Au début, c'était l'endroit le moins cher de la ville.
00:05:20C'était la dernière couche sociale, si tu veux, mais très folklorique, très animée et très cosmopolite.
00:05:28On avait tous les latins qu'on pouvait retrouver, surtout quand on vient à la mission, on se dit on
00:05:33va rencontrer tous ces latinos et tous les natifs américains.
00:05:36Tous ces gens ont donné un peu le cœur à cet endroit qui est devenu vraiment le cœur de San
00:05:41Francisco.
00:05:44Dans la mission, on vient du Mexique, du Salvador, du Guatemala.
00:05:48Le quartier est populaire, chaleureux, les appartements surpeuplés.
00:05:52C'est l'Amérique des œuvres sociales, celle qui tente de maintenir ses enfants hors des rues, jugées trop dangereuses.
00:06:05C'est vrai que l'Amérique, ça a été tellement vide.
00:06:08On a développé à droite, à gauche.
00:06:10Et là, dans la mission, tu retrouves encore une fois toutes ces minorités qui se sont regroupées et qui sont
00:06:16restées là
00:06:17et qui ont voulu maintenir en fait cette forme d'existence et les rites anciens.
00:06:24Allez, demi-tour. Mission District est déjà loin derrière.
00:06:29L'ascension reprend.
00:06:30Le cable car n'en peut plus de grimper sur les hauteurs.
00:06:34Les arrêts défilent jusqu'à Castro, le quartier de la communauté homosexuelle.
00:06:38C'est là que vit Michael.
00:06:48Les rues de Castro sont devenues une légende urbaine en quelque sorte.
00:06:54C'est un peu comme si tu savais tout sur ce quartier avant même d'y avoir posé les pieds
00:06:59pour la première fois.
00:07:01C'est la matérialisation physique d'un idéal vers lequel les gens convergent, parce qu'ils savent que tout va
00:07:06bien se passer.
00:07:09C'est ce genre d'endroit où l'on peut se balader sans aucune inquiétude.
00:07:12Vraiment.
00:07:14Castro, un symbole, celui de la tolérance, la marque de fabrique de San Francisco.
00:07:19Je ne pourrais pas vraiment rentrer chez moi, sur la côte est, à Rhode Island, habillé comme ça.
00:07:24Ce serait un peu risqué de faire ça.
00:07:27On me donnerait des petits noms et je devrais me justifier énormément.
00:07:30Mais ici, à San Francisco, et spécialement dans le quartier de Castro, les gens sont libres d'être ceux qu
00:07:35'ils ont envie d'être.
00:07:36Ici, tu peux révéler la personnalité qui sommeille en toi.
00:07:41D'un bout à l'autre de la ville, le tramway finit par perdre la tête.
00:07:45Ces quartiers qui n'en finissent plus, pour finalement retrouver Marco, dans Mission District.
00:08:02Moi, on ne m'a jamais demandé si j'étais Sénégalais, si j'étais Français.
00:08:06On m'a incorporé tout de suite dans la mission.
00:08:08On croit que je suis Mexicain, Brésilien, Cubain.
00:08:12Et on ne me juge pas par ce que je représente extérieurement,
00:08:15mais plus par ce que je peux faire, ce que je peux apporter.
00:08:18Les qualités individuelles sont plus importantes que tout autre chose ici en Amérique.
00:08:22C'est pas le temps, parce que c'est le temps.
00:08:26C'est le temps, c'est le temps, c'est le temps, c'est le temps, c'est le temps,
00:08:34c'est le temps.
00:08:38Le temps est maintenant, maintenant, maintenant, maintenant !
00:08:45La 18e dans Castro, c'est certainement l'endroit le plus homosexuel du monde,
00:08:49le coin le plus gay de la planète entière.
00:08:53Et beaucoup de choses arrivent ici.
00:08:55Beaucoup d'actions politiques,
00:08:58beaucoup de manifestations,
00:08:59beaucoup d'amour aussi.
00:09:01C'est un endroit où nous aimons communier en tant que communauté.
00:09:06Et le tramway poursuit sa route,
00:09:08à peine perturbé par l'extravagance qui l'entoure.
00:09:12Plus rien ne l'étonne.
00:09:13Plus d'un siècle a grimpé les collines.
00:09:15Il a dû en voir bien d'autres.
00:09:20C'est dans la bête de San Francisco que je vous retrouve.
00:09:22Je me suis offert une petite balade en bateau
00:09:25pour 10 dollars, environ 7,50 euros.
00:09:27On peut admirer le fameux Golden Gate,
00:09:30mais pas seulement.
00:09:31Parce que regardez, là-bas au fond,
00:09:32on aperçoit Alcatraz,
00:09:34la célèbre prison où il fut emprisonné,
00:09:36entre autres, Al Capone,
00:09:38et autre originalité.
00:09:39Vous pouvez faire un petit tour au phare d'Alcatraz.
00:09:42C'est le premier phare construit sur la côte pacifique en 1854.
00:09:48C'est à Fisherman's Wharf,
00:09:50le quai des pêcheurs, que je vais débarquer.
00:09:52Il paraît que c'est ici qu'on mange
00:09:53le meilleur kraft de San Francisco.
00:10:02Fisherman's Wharf est l'ancienne grande zone portuaire de la ville,
00:10:05mais elle a complètement changé de vocation
00:10:07et a trouvé une nouvelle vie en s'ouvrant aux visiteurs.
00:10:10C'est ici que je vais retrouver Angela,
00:10:12qui gère une entreprise familiale.
00:10:31Depuis combien de temps vous travaillez ici, vous ?
00:10:34Mon grand-père a commencé dans les années 40,
00:10:38et donc la famille est là depuis cette époque.
00:10:42C'est un métier très difficile,
00:10:44et je ne l'ai pas choisi.
00:10:46En fait, c'est lui qui m'a choisi.
00:10:49J'en ai hérité à la mort de mon père.
00:10:51C'est donc devenu une entreprise dirigée par une femme,
00:10:54ce qui est unique à San Francisco
00:10:55et dans l'industrie de la pêche.
00:10:59Quelles sont les particularités de ce crabe ?
00:11:02Ça, c'est ce qu'on appelle un crabe dormeur.
00:11:04On le trouve sur la côte ouest.
00:11:06Ces pinces peuvent trancher un stylo ou le doigt d'un enfant.
00:11:09Bien fait de ne pas laisser mon doigt.
00:11:12Comment vous les cuisinez ?
00:11:14Ici, on fait bouillir de l'eau salée avec un peu d'huile,
00:11:17comme pour faire des pâtes,
00:11:18puis on y plonge les crabes 30 minutes.
00:11:21Ensuite, on enlève la carapace.
00:11:24Et vous, vous aimez toujours ça ?
00:11:26Si quelqu'un veut le faire à ma place, je suis d'accord.
00:11:29Je n'aime pas vraiment faire ça.
00:11:31Je n'aime pas regarder non plus.
00:11:44Nous l'avons aperçu tout à l'heure,
00:11:45on ne peut pas le rater.
00:11:46Lorsque l'on vient à San Francisco,
00:11:48c'est un véritable monument national.
00:11:50C'est le Golden Gate
00:11:52de l'épopée de sa construction
00:11:53jusqu'au casse-tête de son entretien.
00:11:55Le pont le plus célèbre du monde
00:11:56va nous livrer tous ses secrets.
00:11:58Vous avez vu derrière moi,
00:11:59il y en a qui ont la belle vie quand même.
00:12:05Une vigie perce le brouillard de la baie.
00:12:08Esthétique ? Certainement.
00:12:10On raconte ici que c'est l'un des ouvrages
00:12:12les plus photographiés de la planète.
00:12:18Le pont du Golden Gate
00:12:20est un miracle d'architecture.
00:12:22Un château de cartes
00:12:23posé à l'entrée de la baie.
00:12:25Depuis 70 ans,
00:12:26il résiste au vent,
00:12:27au tremblement de terre,
00:12:28au courant marin.
00:12:30Ce pont a changé le destin d'une ville.
00:12:32San Francisco,
00:12:33c'était une ville
00:12:34qui était en plein essor,
00:12:35mais qui avait été quand même ralentie.
00:12:38Le développement était ralenti
00:12:39parce qu'il n'y avait pas d'accès
00:12:41par le pont.
00:12:42Il fallait venir en ferry
00:12:43et ça mettait à peu près
00:12:44une demi-heure pour venir.
00:12:45Donc ça a quand même pas mal ralenti
00:12:47les choses.
00:12:48Et l'ouverture de ce pont
00:12:49a fait que San Francisco
00:12:50s'est développé
00:12:52beaucoup plus vite.
00:12:54Quatre ans d'efforts,
00:12:56la vie de nombreux ouvriers
00:12:57et l'obstination
00:12:58d'une poignée d'architectes
00:12:59pour un projet
00:12:59auquel personne ne croyait.
00:13:01L'accouchement se fait
00:13:02dans la douleur,
00:13:03mais quelle destinée ensuite ?
00:13:05Le pont devient célèbre
00:13:06dans le monde entier.
00:13:08C'est comme un blason
00:13:12pour la ville.
00:13:13C'est un point de repère
00:13:15très particulier.
00:13:17Souvent, les gens
00:13:18ne connaissent pas
00:13:18San Francisco
00:13:19aussi bien qu'ils connaissent
00:13:20le pont.
00:13:22Et je crois que cette envie
00:13:24de voir ce monument
00:13:25attire beaucoup de monde
00:13:26ici.
00:13:29Le pont du Golden Gate,
00:13:30c'est l'un des principaux
00:13:31sites touristiques américains.
00:13:35Certains soirs,
00:13:36la magie opère
00:13:37lorsque le ciel s'enflamme.
00:13:38Il n'a alors jamais
00:13:39aussi bien porté son nom,
00:13:41le pont de la Porte d'Or.
00:13:45La plupart des gens
00:13:46pensent que c'est dû
00:13:47à la couleur.
00:13:48Or, c'est un nom
00:13:49qui lui a été donné
00:13:50parce que l'entrée du port
00:13:52sur San Francisco
00:13:53s'appelle le Golden Gate,
00:13:55le Golden Gate Straits.
00:13:56Et ce nom a été donné
00:13:57pendant la ruée vers l'Or
00:13:58parce que c'était la porte
00:14:00à la ville
00:14:01où on trouvait de l'Or.
00:14:04En passant sous les travées
00:14:05du pont,
00:14:06les prospecteurs
00:14:07enfiévrés par l'Or
00:14:08imaginaient un nouveau monde.
00:14:09La fièvre de l'Or
00:14:10est retombée,
00:14:11mais le pont
00:14:11enflamme toujours les imaginaires.
00:14:13La Porte d'Or
00:14:14n'est pas prête
00:14:15de se refermer
00:14:16sur le rêve américain.
00:14:40Nous sommes toujours
00:14:41dans les rues de San Francisco
00:14:42et je rejoins Patricia
00:14:43dans ce quartier
00:14:44qui est très sympa.
00:14:45C'est vraiment un quartier
00:14:46très intéressant
00:14:47en Mission District.
00:14:48Oui,
00:14:49c'est un très beau coin.
00:14:51La population ici
00:14:53est très intéressante.
00:14:55Il y a 80% de Latinos,
00:14:58donc la majorité
00:14:59des habitants
00:14:59sont hispanophones.
00:15:01La plupart des gens d'ici
00:15:02sont des gens actifs
00:15:03qui travaillent,
00:15:04mais nous avons aussi
00:15:05quelques millionnaires.
00:15:06Il y a même
00:15:07quelques superbes villas
00:15:08dans Mission District.
00:15:09Alors, il y a des murs
00:15:11peints ici
00:15:12qui sont absolument magnifiques.
00:15:13On en a un là devant nous.
00:15:15Ça fait vraiment partie
00:15:16de l'identité de ce quartier.
00:15:18C'est une tradition.
00:15:20Si on a quelque chose
00:15:21d'important à dire,
00:15:22on le fait à travers
00:15:23ces peintures murales.
00:15:30Comment faites-vous
00:15:31pour choisir
00:15:32les immeubles
00:15:32sur lesquels vous
00:15:33créez vos peintures murales
00:15:35et comment vous faites
00:15:35pour choisir les sujets ?
00:15:37Le bâtiment derrière nous
00:15:39est une piscine publique.
00:15:40Alors, le thème
00:15:41de cette fresque
00:15:42est la vie sous-marine.
00:15:45Nous l'avons imaginé
00:15:46comme un projet communautaire
00:15:48pour que les gens
00:15:49de la piscine
00:15:50puissent travailler
00:15:51et peindre avec nous.
00:15:58Ce qui est très intéressant,
00:15:59Patricia,
00:15:59avec ces peintures,
00:16:00c'est qu'elles abordent
00:16:01des thèmes très différents,
00:16:02parfois naïfs
00:16:03et parfois plus engagés,
00:16:04plus politiques.
00:16:06Celle-ci, par exemple ?
00:16:07C'est une fresque
00:16:09qui nous parle du Nicaragua.
00:16:11Maintenant, la guerre est finie,
00:16:12mais il y a eu
00:16:13beaucoup d'enfants abandonnés.
00:16:15Cette fresque
00:16:16parle de ses enfants.
00:16:19Dans l'œil de cet enfant,
00:16:21on peut distinguer
00:16:22le soldat
00:16:22qui a détruit sa famille.
00:16:25Dans l'autre,
00:16:27on voit la colombe
00:16:28de la paix.
00:16:30Ça symbolise
00:16:31l'espoir
00:16:32de vivre en paix.
00:16:41Celle-là a été peinte
00:16:43par les enfants du quartier.
00:16:45Ils ont choisi
00:16:46de traiter la beauté
00:16:47de la nature
00:16:47pour encourager les gens
00:16:48à prendre soin
00:16:49de notre environnement.
00:16:52donc là, Patricia,
00:16:53c'est votre peinture,
00:16:54c'est vous qui l'avez créée.
00:16:56Oui, j'ai peint
00:16:57cette fresque
00:16:58qui représente
00:16:58Notre-Dame de Guadalupe.
00:17:01On la représente
00:17:02traditionnellement
00:17:03avec des roses,
00:17:03mais rose,
00:17:04c'est mon nom.
00:17:05C'est aussi ma signature.
00:17:07C'est comme une signature
00:17:09pour moi.
00:17:10Merci beaucoup, Patricia.
00:17:12Je sais que vous chantez
00:17:13une chanson française, Patricia.
00:17:15Tu chantes avec moi.
00:17:16Ok.
00:17:18La mer
00:17:19qu'on voit danser
00:17:22le long
00:17:23des golfes clairs
00:17:25a des reflets
00:17:27d'argent.
00:17:28Il y a 40 ans,
00:17:29les adeptes du
00:17:30Flower Power
00:17:30avaient fait de San Francisco
00:17:32la capitale
00:17:33du mouvement hippie.
00:17:34Alors, est-ce que
00:17:34leurs messages
00:17:35et leurs convictions
00:17:36ont survécu ?
00:17:37C'est avec des fleurs
00:17:38sur notre caméra
00:17:38que nous sommes allés
00:17:39les rencontrer.
00:17:51C'est l'histoire
00:17:52d'une ville
00:17:52qui aurait trouvé
00:17:53le juste équilibre.
00:17:54Une formule magique
00:17:56à mi-chemin
00:17:56entre la liberté
00:17:57d'expression,
00:17:58la folie artistique
00:17:59et l'ouverture d'esprit.
00:18:02Le cocktail
00:18:03sanfranciscain
00:18:03tient presque du miracle.
00:18:05Il fait de San Francisco
00:18:06une ville à part
00:18:07aux Etats-Unis.
00:18:11J'habite à San Francisco
00:18:14depuis 25 ans.
00:18:17Et bien sûr,
00:18:18cet environnement
00:18:19social particulier
00:18:21affecte ma façon
00:18:22de penser.
00:18:24On peut dire
00:18:24que San Francisco
00:18:25a une atmosphère
00:18:26très particulière.
00:18:27On pense de façon
00:18:28très différente ici.
00:18:30Ça vient des années 60,
00:18:31cet esprit de liberté.
00:18:33Les gens se sont mis
00:18:33à s'exprimer
00:18:34comme ils ne l'avaient
00:18:35jamais fait auparavant,
00:18:36la Flower Generation,
00:18:37ce genre de choses.
00:18:39Les rêves hallucinés
00:18:41plâment encore
00:18:41sur les rues
00:18:42de San Francisco.
00:18:43William Borough
00:18:44ou Jack Kerouac
00:18:45les pères fondateurs
00:18:46du mouvement hippie
00:18:47se sont noyés ici
00:18:48dans les drogues
00:18:48et l'alcool.
00:18:49Les années 60
00:18:50ont laissé leurs traces
00:18:51dans le quartier
00:18:51de Haight-Ashbury.
00:18:53C'est probablement
00:18:54le seul endroit
00:18:55dans tout l'univers
00:18:56où les trois lettres
00:18:57LSD sont gravées
00:18:58dans le trottoir.
00:19:00Dans la chaleur
00:19:01de l'été 67,
00:19:02100 000 jeunes
00:19:03convergent vers
00:19:03Haight-Ashbury.
00:19:04Une nouvelle expérience
00:19:06sociale est en marche.
00:19:07C'est le début
00:19:07du Summer of Love,
00:19:08l'été de l'amour.
00:19:10Ces hippies
00:19:11sont arrivés
00:19:12de partout dans le monde.
00:19:13C'était moins cher
00:19:14ici pour eux.
00:19:16Et puis,
00:19:17il n'y avait aucune loi
00:19:17pour limiter le nombre
00:19:18de personnes vivant
00:19:19dans une même maison.
00:19:21Par exemple,
00:19:22quand je suis arrivée
00:19:23en 1971,
00:19:24j'habitais avec 70 personnes.
00:19:27Il y avait des gens
00:19:28qui dormaient
00:19:28dans la baignoire,
00:19:29à la cave
00:19:29ou par terre.
00:19:30Chacun utilisait
00:19:31un petit espace
00:19:32comme ils pouvaient.
00:19:33C'est bon,
00:19:33OK.
00:19:34C'est 1, 2, 3.
00:19:36Qu'est-ce que nous
00:19:36l'avons-nous ?
00:19:37Don't ask me,
00:19:38I don't give a damn.
00:19:39Le prochain stop
00:19:40est Vietnam.
00:19:42Et c'est 5, 6, 7.
00:19:43Open up
00:19:44vos portes de l'or.
00:19:45Il n'y a pas de crime
00:19:46de me wonder
00:19:46pourquoi.
00:19:47Qui-pé,
00:19:47nous allons tous
00:19:48mourir.
00:19:49OK.
00:19:50N'importe qui sait ?
00:20:11Pendant le Summer of Love,
00:20:13cet hôtel
00:20:13était un squat.
00:20:15Les gens en venaient
00:20:16de partout
00:20:17et sont assez ici
00:20:18pour participer
00:20:18à cet événement.
00:20:22Les principes
00:20:23du Summer of Love
00:20:24tournaient autour
00:20:24de la paix,
00:20:25de l'écologie
00:20:26et de la vie
00:20:27en communauté.
00:20:29Aujourd'hui,
00:20:29ces principes
00:20:30se sont répandus
00:20:30dans le monde entier.
00:20:32Tout a commencé
00:20:32ici, bien sûr,
00:20:33et ça s'est propagé
00:20:34ensuite.
00:20:35Et depuis,
00:20:36de plus en plus
00:20:37de gens se sentent
00:20:37concernés par les
00:20:38problèmes d'environnement.
00:20:44Et si les hippies
00:20:45avaient gagné la partie ?
00:20:46S'ils avaient réussi
00:20:47à imposer leur état d'esprit ?
00:20:49La ville rassemble
00:20:49en tout cas
00:20:50toutes les tribus.
00:20:51Les militants bio
00:20:52sont venus
00:20:53s'y mettre au vert.
00:20:58Il faudrait couper
00:20:59ces feuilles-là.
00:21:02Ça va permettre
00:21:03à la plante
00:21:04de conserver son énergie,
00:21:06de refaire des racines
00:21:07et de s'enrichir
00:21:09en nutriments.
00:21:13Le paradis vert
00:21:14planté au milieu
00:21:15de 7 millions d'habitants.
00:21:16Au jardin
00:21:17de l'environnement,
00:21:18on revient
00:21:18à l'essentiel.
00:21:19On prend son temps.
00:21:20La cuisine bio
00:21:21est une invention hippie,
00:21:22paraît-il.
00:21:23Du coup,
00:21:23tout San Francisco
00:21:24s'y est mis.
00:21:25C'est culturel
00:21:28à San Francisco.
00:21:31Historiquement,
00:21:31la ville a attiré
00:21:32les esprits ouverts,
00:21:34créatifs.
00:21:37On tient ça
00:21:37des années 60.
00:21:39Et aujourd'hui,
00:21:40on ne fait que
00:21:41construire une génération
00:21:42qui expérimente
00:21:43les différents modes
00:21:44de vie
00:21:44dans cette ville.
00:21:46C'est une perpétuelle
00:21:47évolution.
00:21:51Les hippies
00:21:52ont redessiné
00:21:52le visage
00:21:53de San Francisco.
00:21:54Leur philosophie
00:21:55influence tous les secteurs,
00:21:56même les plus improbables.
00:21:58La télé s'en mêle.
00:22:00L'émission de James
00:22:00propose des recettes
00:22:01de cuisine
00:22:02façon hippie.
00:22:07Voilà le magnifique jardin
00:22:08où l'on enregistre
00:22:09l'émission.
00:22:10C'est ce qu'il y a
00:22:11de plus incroyable
00:22:12à San Francisco.
00:22:13On possède ici
00:22:14un vrai trésor.
00:22:16On a la possibilité
00:22:17de faire pousser
00:22:18nos propres fruits,
00:22:19nos légumes,
00:22:20nos herbes,
00:22:21nos épices,
00:22:22le tout de façon
00:22:22biologique et saine.
00:22:25Le nom hippie
00:22:27a longtemps été utilisé
00:22:28avec une connotation
00:22:29négative.
00:22:31Nous,
00:22:31on veut le réhabiliter
00:22:32parce que ça
00:22:33véritable signification.
00:22:34C'est manger sainement,
00:22:36ralentir,
00:22:36savoir d'où provient
00:22:37ta nourriture,
00:22:38rassembler les amis,
00:22:39la famille.
00:22:40C'est ça que nous,
00:22:41on appelle être un hippie.
00:22:48Dernière étape
00:22:48de ce voyage
00:22:49en terre hippie,
00:22:50le quartier
00:22:51de South Salito.
00:22:52Une crique
00:22:53envahie par les maisons
00:22:54flottantes,
00:22:54c'est là que tout a commencé.
00:23:07Voilà.
00:23:08Là,
00:23:08c'est vraiment
00:23:09South Salito,
00:23:10tel qu'il était
00:23:10dans les années 60.
00:23:12Des empilements
00:23:13de vieilles baraques
00:23:13délabrées.
00:23:15L'ancien esprit
00:23:15bohémien
00:23:16est toujours là,
00:23:17les maisons flottantes,
00:23:18le coin des pirates.
00:23:19C'était comme ça
00:23:20dans les années 60,
00:23:21quand ils se battaient
00:23:22vraiment contre
00:23:23l'ordre établi.
00:23:25Certaines lois ont essayé
00:23:26de faire table rase
00:23:26de tout ça,
00:23:27faute d'avoir compris
00:23:28l'esprit.
00:23:29Mais ces mecs
00:23:29se sont bien plantés,
00:23:30et c'est pour ça
00:23:31qu'on est encore là
00:23:32aujourd'hui.
00:23:37Les derniers résistants
00:23:38ne sont pas prêts
00:23:39de larguer les amarres.
00:23:40Le vieux rêve hippie
00:23:41a peut-être
00:23:42de beaux jours
00:23:42devant lui.
00:23:49Nos échappées belles
00:23:50continuent
00:23:50et nous sommes en Chine
00:23:51avec Eugène.
00:23:52En fait,
00:23:52pas du tout,
00:23:53nous sommes toujours
00:23:53à San Francisco.
00:23:55Comment je peux
00:23:55vous présenter,
00:23:56Eugène ?
00:23:56Vous êtes un artiste,
00:23:58un ingénieur ?
00:23:59Hello !
00:24:00Je suis quelqu'un
00:24:02qui s'intéresse
00:24:02à plein de choses
00:24:03et qui essaye
00:24:04d'être toujours
00:24:04le meilleur.
00:24:08Là, ici,
00:24:09nous sommes à Berkeley,
00:24:10un endroit qui est
00:24:10vraiment très réputé
00:24:11pour son université,
00:24:13mais pas seulement.
00:24:13Je me sens bien ici
00:24:15car j'ai trouvé
00:24:16la possibilité
00:24:16de me frotter
00:24:17à des gens
00:24:17très différents.
00:24:22Les gens de Frisco
00:24:23ont la volonté
00:24:24d'explorer,
00:24:25d'expérimenter.
00:24:25C'est pour moi
00:24:26très important.
00:24:27C'est pour moi
00:24:27très important.
00:24:34T'en prends un,
00:24:36tu fais comme ça,
00:24:38tu veux goûter ?
00:24:44On est où, là,
00:24:45ici, Eugène ?
00:24:47On est dans le quartier
00:24:49de mes parents.
00:24:50J'ai créé une maison
00:24:51pour eux
00:24:52il y a 15 ans.
00:24:53Comme tu peux le voir,
00:24:55elle n'est pas banale.
00:24:58On dirait un peu
00:24:59un monstre marin.
00:25:01À Berkeley,
00:25:02on la surnomme
00:25:03la maison poisson.
00:25:05La maison elle-même
00:25:06est une sorte
00:25:07d'organisme vivant.
00:25:12Je fais ça
00:25:12pour étudier
00:25:13comment la nature
00:25:14pense les choses
00:25:15et les formes.
00:25:16Quelles sont
00:25:17les réactions
00:25:17de vos voisins ?
00:25:19Au début,
00:25:20les voisins détestaient
00:25:21la maison.
00:25:22Ils ont été
00:25:23assez surpris.
00:25:24Et maintenant,
00:25:25ils la détestent toujours.
00:25:27Ils la détestent
00:25:41Ils la détestent
00:25:42toujours.
00:25:44Quand on est vraiment
00:25:44à l'intérieur
00:25:45de la maison,
00:25:46on voit que vous aimez
00:25:47les lignes courbes.
00:25:49Il n'y a pas
00:25:49d'angle droit,
00:25:50là, ici.
00:25:50Oui, c'est vrai.
00:25:52Cette maison
00:25:53a été imaginée
00:25:54pour un budget
00:25:55très bas.
00:25:57Il a fallu trouver
00:25:58des solutions
00:25:58pour économiser
00:25:59les matériaux
00:26:00et optimiser
00:26:01sa solidité.
00:26:03Mes parents
00:26:04souhaitaient
00:26:04une maison
00:26:05très sûre,
00:26:06capable de résister
00:26:07aux tremblements
00:26:07de terre
00:26:08et aux incendies.
00:26:09Donc,
00:26:10je me suis tourné
00:26:11vers la nature.
00:26:11pour chercher
00:26:13la créature vivante
00:26:14la plus résistante.
00:26:17Et je l'ai trouvée.
00:26:19C'est une minuscule
00:26:20créature nommée
00:26:21Tartigrade.
00:26:22J'ai donc utilisé
00:26:23la même structure
00:26:24indestructible
00:26:25que celle du Tartigrade.
00:26:29Maintenant,
00:26:29Eugène,
00:26:29je vais vous emmener
00:26:30en balade.
00:26:31Vous connaissez
00:26:31les Yosémites ?
00:26:32J'imagine que c'est
00:26:33un endroit qui vous inspire.
00:26:34Pour moi,
00:26:35c'est comme un livre ouvert
00:26:36pour l'étude de la nature.
00:26:37On va y aller
00:26:38justement au parc
00:26:39de Yosémites.
00:26:40C'est une œuvre d'art
00:26:42pour certains,
00:26:42une signature
00:26:43de Dieu
00:26:44pour d'autres.
00:26:45Un endroit
00:26:46extraordinaire
00:26:46de Sierra Nevada,
00:26:48un petit bijou
00:26:48qui accueille
00:26:49chaque année
00:26:50des milliers
00:26:50de visiteurs,
00:26:51dont vous,
00:26:52grâce à ce nouveau reportage.
00:27:14Awani,
00:27:14la vallée de l'ours
00:27:15à la gueule béante.
00:27:17La légende raconte
00:27:18que les parois de granit
00:27:20tendues vers le ciel
00:27:21inspiraient aux Indiens
00:27:22l'inquiétante image
00:27:23d'un ours à la charge.
00:27:25Le cauchemar des Indiens
00:27:26n'était en fait
00:27:27qu'un rêve
00:27:27et Awani
00:27:29est devenu Yosémite,
00:27:31le joyau
00:27:31de l'Ouest américain.
00:27:34Il suffit de regarder
00:27:35l'immense don
00:27:36que nous a accordé
00:27:37le grand esprit.
00:27:38C'est l'eau,
00:27:39ce que nous,
00:27:40nous appelons
00:27:40l'or blanc.
00:27:42Et chaque matin,
00:27:43lorsque j'arrive
00:27:44dans la vallée,
00:27:45il y a toujours
00:27:46une petite larme
00:27:47qui coule de mes yeux.
00:27:49quelle beauté
00:27:51autour de mon peuple,
00:27:53surtout parce qu'ils ont
00:27:54pris soin de leur terre,
00:27:55qu'ils aimaient
00:27:56par-dessus tout.
00:27:57Il y avait toujours
00:27:58une prière
00:27:59ou un chant
00:28:00pour demander la permission
00:28:01d'exploiter cette terre.
00:28:06Les Miwok
00:28:07et les Payuts
00:28:08ont disparu,
00:28:08mais leur territoire
00:28:09est intact.
00:28:10Une nature immense,
00:28:12entaillée
00:28:12par de profondes vallées.
00:28:14Le parc national
00:28:15de Yosémite
00:28:16est le reflet
00:28:16d'un miracle,
00:28:18un peu comme si
00:28:18l'arche de Noé
00:28:19s'était échouée
00:28:19sur les flancs
00:28:20de la Sierra Nevada.
00:28:28J'ai vécu 25 ans
00:28:32dans ce parc
00:28:33et c'est l'endroit
00:28:34où je suis resté
00:28:35le plus longtemps
00:28:35de toute ma vie.
00:28:38Je me sens donc
00:28:38vraiment chez moi ici.
00:28:40Les gens me demandent
00:28:41parfois si je n'en ai pas marre
00:28:42de photographier
00:28:42le même endroit
00:28:43depuis si longtemps.
00:28:45Bien sûr que non,
00:28:46parce que ça change
00:28:46tout le temps
00:28:47d'un jour à l'autre,
00:28:48d'une saison à l'autre,
00:28:49d'une année sur l'autre.
00:28:53C'est juste
00:28:53un endroit fantastique
00:28:54à vivre
00:28:55et pour un photographe,
00:28:58c'est le paradis.
00:29:02Venez voir,
00:29:03j'ai un secret
00:29:03à vous livrer.
00:29:04Approchez-vous.
00:29:07Le seul moment
00:29:07où il y a de l'érosion
00:29:08à Yosémite,
00:29:09c'est lorsque les rivières
00:29:10sont encrues
00:29:11parce que le granit
00:29:12ne s'érode pas facilement.
00:29:14C'est une roche
00:29:14imperméable.
00:29:15Il n'y a que l'eau
00:29:16qui peut vraiment remodeler
00:29:17les paysages de Yosémite.
00:29:20Shelton est un sage.
00:29:21Il appartient
00:29:21à la tribu de ceux
00:29:22dont la magie de Yosémite
00:29:23a envahi la vie
00:29:24toute entière.
00:29:25À chacune de ses sorties,
00:29:26il interprète,
00:29:27décrypte,
00:29:28transmet,
00:29:28convaincu qu'un parc national
00:29:30offre à ses visiteurs
00:29:31la meilleure des initiations
00:29:32à l'environnement.
00:29:34Partout où je regarde,
00:29:35il y a une histoire.
00:29:36Une histoire
00:29:37qui a besoin
00:29:37d'être racontée.
00:29:39C'est une façon différente
00:29:40de comprendre un langage.
00:29:41Il y a le langage
00:29:42du bruissement
00:29:43des ailes d'oiseaux,
00:29:44celui du vent
00:29:45dans les arbres,
00:29:46celui de la façon
00:29:46dont les rayons du soleil
00:29:47frappent le sol.
00:29:48Et tout ça se ressent
00:29:49de manière tellement personnelle.
00:29:51Ça me parle à moi.
00:29:53Ça vous parle à vous.
00:29:54Chacun ici
00:29:55entend cette conversation,
00:29:57ce dialogue
00:29:57qui s'engage
00:29:57entre soi-même
00:29:58et Yosémite
00:29:59et entre Yosémite
00:30:00et soi-même.
00:30:01Les rivières
00:30:02de Yosémite
00:30:03se feraient un chemin
00:30:04à travers le granit
00:30:05de la Sierra Nevada.
00:30:06C'est comme dans un rêve,
00:30:08celui que feraient
00:30:09les grimpeurs
00:30:09du monde entier.
00:30:10Un rêve de granit,
00:30:12El Capitan,
00:30:13une falaise interminable.
00:30:17El Cap,
00:30:17c'est un des monolithes
00:30:18de granit
00:30:18les plus hauts du monde.
00:30:22El Cap,
00:30:22c'est le petit nom
00:30:23qu'on donne à El Capitan,
00:30:24nous qui sommes familiers
00:30:25avec lui.
00:30:27Je l'ai gravie
00:30:28quatre fois
00:30:28et c'est juste
00:30:30hallucinant.
00:30:31j'ai pris une claque
00:30:32à chaque fois.
00:30:48Yosémite est vraiment unique
00:30:51parce qu'il offre
00:30:52ces très longues
00:30:53et superbes fissures.
00:30:56Elles sont magnifiques
00:30:59et très régulières aussi,
00:31:00comme celle-ci.
00:31:02Tu enchaînes
00:31:03pendant plus de 900 mètres,
00:31:05tout ça juste
00:31:05avec les mains,
00:31:06du bout des doigts.
00:31:07C'est très beau
00:31:08de venir ici
00:31:09pour visiter le parc
00:31:10en touriste,
00:31:10mais c'est aussi superbe
00:31:11de grimper ici.
00:31:12Tu es en haut du mur,
00:31:14tu dois le respecter.
00:31:15Regarde ces parois,
00:31:16c'est dingue, non ?
00:31:20Ça te roule le cul.
00:31:27Comme tous les joyaux,
00:31:28Yosémite dispose
00:31:29de sa garde rapprochée.
00:31:31Au pays des séquoias géants,
00:31:33un bataillon de pompiers
00:31:34veille pour que le champ
00:31:35des forêts ne soit jamais
00:31:36perturbé par le hurlement
00:31:37des sirènes.
00:31:49J'ai besoin d'une longueur
00:31:55de lance simple large diamètre
00:31:56et d'une longueur
00:31:57de lance diamètre 6
00:31:58en renfort, OK ?
00:32:01Si le feu a une cause naturelle,
00:32:05la politique des services
00:32:07du parc consiste
00:32:07à le laisser brûler
00:32:08parce que ça fait partie
00:32:09d'un processus naturel.
00:32:16Beaucoup de plantes
00:32:17et en particulier
00:32:18le séquoia géant
00:32:19ne peuvent pas se reproduire
00:32:20sans les incendies.
00:32:21En effet, le feu ouvre
00:32:22les pommes de pin
00:32:23et permet la dispersion
00:32:24des graines.
00:32:42Être ici pour moi
00:32:43est un moyen de se reconnecter
00:32:45avec ce que nous avons oublié.
00:32:48Un parc national,
00:32:49c'est une opportunité
00:32:50pour chacun de faire
00:32:50à nouveau cette connexion.
00:32:52C'est très important.
00:32:54Je ne sais pas
00:32:55s'il existe un terme médical
00:32:56pour décrire cela,
00:32:57mais ça doit exister.
00:32:58Un terme pour exprimer
00:32:59cette perte de contact
00:33:00avec notre planète.
00:33:01C'est un terme d'une connexion
00:33:02avec la Terre.
00:33:16On se retrouve dans les rues
00:33:17de San Francisco
00:33:18avec Yann dans sa tablée
00:33:19pour boire un verre.
00:33:20Tu connais le parc de Yosemite ?
00:33:22Oui, absolument.
00:33:23C'est magnifique.
00:33:24C'est super.
00:33:24C'est un des endroits préférés
00:33:25en Californie.
00:33:26Je veux bien te croire.
00:33:27Si on s'est retrouvés
00:33:28tous les deux, Yann,
00:33:29ici,
00:33:30c'est qu'on se prépare
00:33:31pour assister
00:33:31à un cours
00:33:33dans ta chorale
00:33:33qui a une histoire
00:33:34très particulière.
00:33:35C'est la première chorale
00:33:37homosexuelle,
00:33:38ouvertement homosexuelle,
00:33:39au monde.
00:33:41Elle a été fondée en 1978
00:33:43sur un événement
00:33:44un peu triste.
00:33:45Le premier concert de la chorale
00:33:47a été sur les marches
00:33:48de la mairie de San Francisco
00:33:49la nuit de l'assassinat
00:33:51du membre du conseil
00:33:53Harvey Milk,
00:33:54premier membre de conseil
00:33:55homosexuel
00:33:56qui venait d'être assassiné
00:33:57ce jour-là.
00:33:58Tu as quitté
00:33:59ta Franche-Côté
00:34:01il y a combien de temps ?
00:34:02J'étais venu au début
00:34:03pour le boulot
00:34:03et puis au bout
00:34:04d'une petite année,
00:34:06j'ai rencontré David.
00:34:08Et oui,
00:34:08et tu es arrivé
00:34:09une belle histoire personnelle
00:34:10parce qu'ici,
00:34:11tu rencontres ton homme
00:34:12et ici,
00:34:13tu as pu adopter des enfants.
00:34:15Voilà.
00:34:15Donc, on est
00:34:16les heureux-papas
00:34:16de deux petits garçons
00:34:18de deux mois
00:34:19et quatorze mois
00:34:19qui rendent nos vies
00:34:22vachement intéressantes
00:34:23et nos nuisent
00:34:23très très courtes.
00:34:24C'est ça.
00:34:25Je vous souhaite
00:34:26tout le bonheur du monde
00:34:26comme on dit.
00:34:27Merci.
00:34:28Bon, écoute,
00:34:28c'est pas tout ça,
00:34:29mais on a une petite balade
00:34:29à faire, nous.
00:34:30Allez, on y va.
00:34:37Donc voilà,
00:34:37le choral,
00:34:38c'est par là-bas.
00:34:38C'est par là-bas.
00:34:40C'est par là-bas.
00:34:43C'est par là-bas.
00:34:45C'est par là-bas.
00:34:48C'est par là-bas.
00:34:51Ils vont fight for our freedom
00:34:53Ils vont fight for our freedom
00:34:58Ils vont fight for our freedom
00:35:03Rather than to give our space
00:35:19Maintenant, une chanson pour les occasions spéciales
00:35:22Lorsque des parents et des sympathisants viennent assister à nos répétitions
00:35:26Parce que nous n'avons pas tous la chance d'avoir le soutien de nos proches
00:35:28May the sun shine born on your face
00:35:40In the palm of his hand
00:35:54Je présente Catherine McGuire
00:35:57Elle est venue d'Australie pour venir diriger cette chorale
00:35:59Pourquoi justement vous êtes venue d'Australie pour diriger cette chorale ?
00:36:05Mon frère est gay, je suis gay, ma tante est gay aussi
00:36:08Pour moi, c'est le plus beau job du monde
00:36:09Notre message, nous sommes des gens comme les autres
00:36:12Oui, nous sommes juste des gens
00:36:53On les surnomme le Grand Canyon à la française
00:36:56Les gorges du Verdon sont longtemps restées inexplorées
00:36:59Parcourues dans leurs entrailles seulement depuis le début du 20ème siècle
00:37:02Elles sont devenues aujourd'hui la mecs du rafting
00:37:11Jamais il y en a un qui tombe à l'eau
00:37:14Le truc c'est de jamais marcher dans la rivière
00:37:16Si on peut tenir sa pagaie, on tient sa pagaie
00:37:18Si on peut attraper le rafting, on attrape le rafting
00:37:20On improvise un peu mais on marche jamais
00:37:23Ok ?
00:37:26Pour 50€ la descente, le rafting est le moyen le plus sportif
00:37:29Pour pénétrer dans les entrailles des gorges du Verdon
00:37:32Sortent de grands coups de hache entre les Alpes de Haute-Provence et le Var
00:37:35Les gorges s'élèvent entre 300 et 600 mètres de hauteur
00:37:40Le Verdon était autrefois un haut fond de la mer alpine de l'ère secondaire
00:37:44Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'une rivière mouvementée
00:37:54Les gorges du Verdon, ça reste une descente plus tranquille
00:38:01C'est plus pour le paysage en fait
00:38:04Et au mois de septembre et au printemps également
00:38:07On a des bons niveaux d'eau et là ça devient sympathique
00:38:10Le débit du Verdon dépend du lâcher d'eau opéré par EDF
00:38:13Deux barrages régulent le volume dans les gorges
00:38:16Côté rafting, plus les barrages libèrent de l'eau, plus les cascades se multiplient
00:38:22J'ai eu peur parfois
00:38:25À certains endroits, le courant devient vraiment violent
00:38:30Il faut ramer très très dur et là ça peut devenir légèrement dangereux
00:38:37Le rafting s'achève au milieu des gorges
00:38:40La route, elle, reprend le dessus, le long d'une corniche panoramique
00:38:44Qui vous mènera sur les villages perchés en haut des gorges
00:38:47Magali et René Guiglion vivent à Moissac-Bellevue
00:38:51Dans cette Provence plus reculée, loin des ébats touristiques du rafting
00:38:55Tous deux sont artisans, l'un est vanier, l'autre fait de la faïence
00:39:01L'osier et la vaisselle, deux traditions artisanales sourcées au plateau
00:39:12Je suis tombée dans la marmite quand j'avais deux ans
00:39:15J'étais toujours en faction dans l'atelier pour jouer
00:39:20Je voulais des petits bouts de terre, j'attrapais les pinceaux
00:39:23Et puis voilà, ça s'est fait naturellement
00:39:27Magali et René font table d'hôte chaque week-end
00:39:29Un moyen pour eux de survivre dans cette Provence dure, éloignée des clichés de Farniente
00:39:38L'image que nous voulons donner de la Provence est une image vraie, sans concession
00:39:42Et je pense que le touriste s'y retrouvera beaucoup plus
00:39:46Ils ont un peu trop l'aspect de ce que Pagnol a donné, qui était très gai, très rigolo
00:39:50Mais peut-être un peu futile
00:39:52Ils devraient lire plutôt Giono et c'est un aspect beaucoup plus rude, beaucoup plus vrai
00:39:56Qui est plus vrai
00:39:57La Provence de Giono est une Provence vraie, une Provence affre
00:40:01Alors que là, l'aspect petit bourgeois venant à s'amuser sans arrêt pendant deux mois
00:40:07C'est irréel
00:40:11Passé l'auberge de René et Magali et le village de Moissac, les gorges du Verdon se prolongent, moins fougueuses,
00:40:18plus apaisées
00:40:22Yannick est l'un des rares à pouvoir vous faire découvrir ses basses gorges
00:40:26Pour moins de 20 euros la demi-journée, il propose un parcours en canoë pour explorer le passé préhistorique du
00:40:32Verdon
00:40:35Et là, tu vas voir la couleur de l'eau
00:40:39Voilà, vas-y, ramente un peu
00:40:43Et en fait, si elle est si transparente aussi, si propre, c'est parce qu'elle est vachement froide
00:40:48Ici, à une époque, il y avait un océan, une mer, qui s'appelait la Tétis
00:40:52En gros, c'était sous l'air secondaire, il y a 265 millions d'années
00:40:55Et tout ça, c'est les sédiments qui sont déposés durant cette période
00:40:59Voilà, là, doucement
00:41:03Voilà
00:41:07C'est là-bas, la grotte
00:41:08Ouais, là, il y a les grottes de l'église à gauche
00:41:11À droite, pareil, hein
00:41:12Et là, la grotte muret, à droite
00:41:20C'est la tranquillité
00:41:22Le bonheur d'ici, en fait, par rapport à là-haut, au-dessus ou sur le lac de Saint-Croix
00:41:26C'est que l'été, il y a 2 millions de personnes
00:41:29Il y a des bateaux de partout
00:41:30Ici, il n'y a jamais personne, c'est tranquille
00:41:34Les gorges du Verdon sont un moyen de plonger dans le ventre de la Provence
00:41:37Une Provence sinueuse, brute, verticale
00:41:42Celle des grands espaces
00:41:57Nous sommes de retour à San Francisco pour nos échappées belles
00:41:59Enfin, là, plus précisément, je suis à Auckland, c'est juste à côté
00:42:02J'ai rendez-vous avec Kevin pour un cours sur les tremblements de terre
00:42:06San Francisco a été marqué à vie par les 2 séismes principaux de 1906 et 1989
00:42:12Il faut savoir que les tremblements de terre ici sont une menace permanente
00:42:16Nous avons un invité très spécial aujourd'hui
00:42:20C'est le docteur Kevin Mayedal
00:42:22Il va nous parler de sismologie, des tremblements de terre
00:42:26et de la conduite à tenir en pareille situation
00:42:30Parmi vous, qui a déjà ressenti un tremblement de terre ?
00:42:33Tout le monde ?
00:42:34Qui peut m'expliquer les causes d'un tremblement de terre ?
00:42:36Ce sont les mouvements de l'écorce terrestre
00:42:39Les plaques continentales bougent
00:42:41et parfois, ce sont deux plaques qui s'entrechoquent
00:42:43et ça provoque une onde, ça fait trembler le sol
00:42:47Exactement
00:42:481, 2, 3
00:42:55Cette vidéo nous montre une chose très importante
00:42:58La majorité des blessures constatées après un tremblement de terre
00:43:01sont des coupures aux pieds
00:43:03Les vitres des fenêtres volent en éclats
00:43:05et si vous n'avez rien pour vous protéger les pieds
00:43:07vous pouvez vous blesser gravement
00:43:08La meilleure chose à faire
00:43:10c'est de garder toujours une vieille paire de chaussures
00:43:12fermées près de votre lit
00:43:14Vous vous souvenez du slogan qu'on vous a appris à la maternelle ?
00:43:17Plongez, cache-toi
00:43:19Oui, plongez, cache-toi
00:43:20Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:43:22Les enfants, tremblement de terre, plongez et cachez-vous
00:43:25On se met sous la table, les mains sur la tête
00:43:28et on va rester combien de temps comme ça ?
00:43:30Seulement pendant que ça remue
00:43:32Allez, on continue notre leçon avec un petit atelier pratique sur le terrain
00:43:35Alors là, on est sur une faille
00:43:37C'est ça, on est précisément sur une faille
00:43:40Tu peux voir ici que ça bouge
00:43:43Il y a un glissement de toute cette partie de la rue et ça provoque des fissures près du parc
00:43:46C'est pas trop dangereux de s'installer ici ?
00:43:48Non, de nombreux sismologues s'inquiètent à ce sujet
00:43:50parce qu'évidemment, on est ici dans une zone très habitée
00:43:54Tous les 140 ans, on a un tremblement de terre majeur
00:43:58Le dernier, c'était en 1868
00:44:00Ça veut donc dire que 2008 est le 140e anniversaire de cet événement
00:44:05Un tremblement de terre pourrait avoir lieu demain, mais aussi dans 20, 30 ou 40 ans
00:44:09En tout cas, le prochain sera très puissant
00:44:12Alors plutôt que de perdre son temps à faire des prédictions
00:44:14On a besoin de mieux comprendre ces phénomènes
00:44:17Ce qui les provoque
00:44:19Et j'estime qu'en qualité de chercheur
00:44:21C'est mon rôle d'expliquer aux gens que oui, cette probabilité existe
00:44:26Mais il ne faut pas s'affoler
00:44:27On n'a pas besoin de paniquer, on a besoin de se préparer, c'est tout
00:44:31Il faut préparer nos enfants
00:44:33Les entraîner à affronter cette situation
00:44:34Leur dire voilà ce qu'il faut faire en cas de tremblement de terre
00:44:37C'est ce qu'il faut faire en cas de tremblement de terre
00:44:39Écoutez, merci beaucoup
00:44:40J'en ai appris beaucoup sur les tremblements de terre
00:44:42Je crois qu'en effet, ici, on vit avec ça en permanence
00:44:45On va changer complètement de destination
00:44:47Nous partons sur le fleuve Amazone aujourd'hui
00:44:49C'est le moment ou jamais de savoir si Patrick Prophy a pu terminer son voyage
00:44:53Je vous retrouve tout à l'heure à San Francisco
00:45:08Si je t'écris à nouveau, c'est pour te faire peur de quelques hallucinations
00:45:13Qui se sont bizarrement emparées de mon esprit
00:45:16Je te précise que je n'ai nullement consommé d'ayahuasca
00:45:19Ce breuvage hallucinogène très puissant
00:45:21Utilisé aussi bien par les chamanes que par les thérapeutes
00:45:25Nouvelle vague
00:45:27Je marchais dans la forêt quand elle m'est apparue
00:45:29Belle et souriante
00:45:32Je voyais comme dans un songe mon Amazone
00:45:34Et pourtant, je ne dormais pas
00:45:37Contrairement à celle qu'avait entreperçue Francisco de Aureliana
00:45:41Elle n'était pas belliqueuse et encore moins surarmée
00:45:44Comme l'avait prétendu le conquistador
00:45:48J'avais beau me déplacer
00:45:49Je la voyais partout apparaître et disparaître
00:45:52Derrière chaque tronc d'arbre
00:45:54Au milieu de chaque clairière
00:45:55Et même en reflet dans l'eau
00:45:58C'était pour moi un signe
00:45:59Une volonté enfouie de rencontrer son peuple
00:46:02Et il était temps que je le fasse
00:46:06Et c'est comme cela qu'au petit matin
00:46:09Je me suis retrouvé sur le rio Javari
00:46:11Pour parcourir les 400 kilomètres
00:46:13Qui me séparent de Tres Jose
00:46:15Un village moroyana
00:46:22Accompagné pour l'occasion
00:46:24Devandeke, un capitaine de bateau baroudeur
00:46:26De son assistant
00:46:27D'un pisteur indien
00:46:28Et surtout de Mowgli
00:46:30Un guide d'origine amérindienne
00:46:33Aidé d'un moteur gonflé
00:46:35De plus de 260 chevaux
00:46:36On file à plus de 50 kilomètres heure
00:46:38Et on m'a annoncé que le trajet
00:46:40Durerait 8 heures
00:46:43Le rio Javari
00:46:44Délimite la frontière entre le Brésil à gauche
00:46:47Et le Pérou sur la rive droite
00:46:49Le plus drôle c'est qu'au gré de la navigation
00:46:51Et cela se fera tout au long du parcours
00:46:53On passe régulièrement d'une rive à l'autre
00:46:55D'un pays à l'autre
00:47:07Je m'appelle Tony
00:47:08Mais depuis mon enfance
00:47:09On me surnomme Mowgli
00:47:12Cela fait 10 ans que je travaille dans cette région
00:47:15Sur le rio Javari
00:47:17Je suis guide
00:47:18Et plus spécialisé dans les communautés amérindiennes
00:47:24Je connais bien la culture et les traditions
00:47:26De toutes les communautés de la région
00:47:29C'est pour cela que j'accompagne régulièrement
00:47:31Des touristes dans les différents villages
00:47:34Où je suis respecté pour ma connaissance des us et coutumes
00:47:39Je suis d'ailleurs d'origine amérindienne
00:47:41De la tribu des Marignas
00:47:44Une communauté qui se trouve sur la frontière du Brésil
00:47:47Et de la Colombie
00:47:50Mes parents étaient originaires
00:47:51Et avaient toujours vécu dans cette tribu
00:47:54Mais lors du dernier boom du caoutchouc
00:47:56Ils ont été obligés de fuir
00:47:58Pour éviter comme d'autres d'être tués
00:48:01Et c'est pour cela que je suis né à Tabatinga
00:48:04La dernière grande ville brésilienne frontalière à la Colombie
00:48:36A
00:48:41Le rio faisant des boucles, il ne sera pas rare, pour parfois gagner quelques minutes au cours de notre voyage,
00:48:48de prendre des raccourcis en empruntant certains canaux naturels.
00:48:52Seulement, ils sont en cette saison rarement empruntés, car les eaux sont encore basses et quelques mauvaises surprises peuvent surgir.
00:49:00J'en ai fait la triste et enrichissante expérience.
00:49:03D'abord, un premier arbre qui entrave le passage. Il faudra plus d'une heure pour le découper.
00:49:09Mon guide se risque dans l'eau pour voir si derrière, rien d'autre ne gêne.
00:49:36Enfin, nous repartons, mais pas pour très longtemps.
00:49:39Un autre arbre, plus imposant, celui-là, est affalé en travers.
00:49:44On s'active à nouveau, mais sans beaucoup de conviction.
00:49:58Je m'impatiente et ose une première question.
00:50:01Est-ce que cela arrive souvent ?
00:50:03On me répond par l'affirmative.
00:50:06Dans l'excès, et avec mon regard occidental d'honneur de leçon parfois,
00:50:10j'en ose une deuxième.
00:50:12Vous ne pensez pas qu'une petite tronçonneuse aurait son utilité ?
00:50:15La réponse fut immédiatement, et de la bouche même du capitaine légèrement excédée.
00:50:20On a à peine de quoi bouffer.
00:50:22Comment veux-tu que l'on achète une tronçonneuse ?
00:50:25Fin de nous recevoir et prise de conscience à nouveau.
00:50:28Il nous faut faire demi-tour.
00:50:29On a perdu beaucoup de temps, mais je n'oserai plus piper mot.
00:50:42On retrouve le Javari, mais on cherchera encore.
00:50:47Dans la réorganisation des terres, on m'expliquera que le village a été déplacé.
00:51:04Enfin, on finit par le trouver.
00:51:06Il est temps, car je voyais les heures passer,
00:51:08et je craignais de débarquer dans la tribu à la nuit tombée.
00:51:15Non pas par peur, mais parce que je souhaitais immédiatement m'imprégner d'images de vie.
00:51:20Première surprise, ils sont très éloignés de la tenue vestimentaire
00:51:24que portait mon amazone lors de ma vision dans la forêt.
00:51:32J'ai peu de temps à passer chez les Indiens Moroyana,
00:51:35mais je veux essayer d'appréhender, ou tout du moins, d'avoir un petit aperçu de leur culture.
00:51:41Et la chance me sourit, car dans une des baraques du village,
00:51:44le chaman se prépare à officier.
00:51:47Mowgli s'empresse de m'expliquer que le sorcier prend la fonction de kinésithérapeute
00:51:51pour enlever le mal de dos dont souffre un homme de la tribu.
00:51:55Une activité habituelle pour le chaman, qui fait aussi fonction de médecin.
00:52:17En observant la scène, je pense que le mal doit disparaître grâce au massage et aux incantations prodiguées.
00:52:23Mais en regardant de plus près, je me rends vite compte que cela ne suffit pas.
00:52:28Le chaman, aidé d'herbe locale, souffle sur le dos et aspire la douleur qu'il va plus loin recracher.
00:52:37Je ne sais pas si l'homme sera soulagé, mais les gestes et les aspirations sont répétés pendant de très
00:52:42longues minutes.
00:52:48Mowgli m'annonce qu'un cérémonial plus traditionnel et plus important doit avoir lieu un peu plus tard dans la
00:52:54soirée.
00:52:55Le chaman doit à nouveau intervenir.
00:52:58Un des indiens du village a fait appel à lui, car il a perdu ses pouvoirs de chasseurs et de
00:53:02pêcheurs.
00:53:03En clair, il y a plusieurs jours qu'il ne tue aucun gibier et ne pêche aucun poisson.
00:53:24Pour ce type de cérémonie, vous prenez une victime, un chaman, un guerrier de la tribu, très bon chasseur et
00:53:32bon pêcheur,
00:53:33et un crapaud d'eau que l'on a attrapé la nuit précédente.
00:53:37Le guerrier est censé passer sa force aux malheureux qui s'en trouvent dépourvus.
00:53:41Pour ce faire, il aspire cette fameuse drogue que l'on appelle l'ayahuasca.
00:53:46Cette poudre hallucinogène, très prisée par les indiens, est en fait un psychotrope extrêmement troublant et mystérieux,
00:53:53qui a suscité autant de débats que le peyolte façon Castagneda ou le LSD façon Lyrie.
00:54:00Le chaman, lui, brûle par petits points la peau de son patient afin de faciliter la pénétration d'un liquide
00:54:07blanchâtre extrait du crapaud.
00:54:09Et c'est avec un certain effroi que j'apprendrai plus tard que ce liquide est en fait du curare,
00:54:15le même qui servait dans un passé pas si éloigné à enduire les pointes des flèches des sarbacanes pour chasser
00:54:21ou tuer les intrus.
00:54:22Un surprenant mystère, car la grippe les a décimés en d'autres temps,
00:54:26mais ces indiens sont immunisés depuis toujours contre le curare.
00:54:52Pendant de très longues heures, bien après la fin du rituel, je reste pantois, interloqué et songeur.
00:54:59J'ai même eu beaucoup de mal à m'endormir dans le hamac de circonstances que l'on m'a
00:55:03installé pour l'occasion.
00:55:08Je n'ai qu'une hâte, celle de constater si l'ayahuasca, le curare et les incantations ont eu une
00:55:14efficacité.
00:55:15Et c'est pour cela que très tôt le matin, je me suis surpris à observer le pêcheur
00:55:19qui la veille était à l'origine de cette curieuse cérémonie.
00:55:35Et oui, ça marche.
00:55:38Après quelques coups infructueux et malgré mon incrédulité, notre homme parvient à harponner un poisson.
00:55:53Il est temps pour moi de repartir, de reprendre pied avec la civilisation,
00:55:57ou plutôt avec ma civilisation.
00:56:13Et je la retrouve, 400 kilomètres plus loin, dans la dernière ville du Brésil sur le fleuve, Tabating.
00:56:20J'arrive à la fin de mon voyage. Je sais que je n'irai pas plus loin.
00:56:24De l'autre côté, Laetitia, en Colombie, brille de tous ses feux.
00:56:38Je reste un moment songeur devant l'Amazone.
00:56:41Je repense à ce voyage encore très présent.
00:56:44À ces 3500 kilomètres parcourus et riches en émotions.
00:56:49Mais ma quête est terminée.
00:57:09Je t'écris une dernière fois.
00:57:12J'ai hâte de rentrer pour finir de tout te raconter.
00:57:17J'ai hâte de rentrer pour finir de tout te raconter.
00:57:48Après ce très beau voyage sur le fleuve Amazon que nous devons à Patrick Profi,
00:57:53nous sommes de retour à San Francisco.
00:57:55Alors comme vous pouvez le constater, changement radical de décor.
00:57:58J'ai retrouvé Eugène qui est avec moi tout à l'heure à Berkeley.
00:58:00Qu'est-ce que tu penses alors de cet endroit, Eugène ?
00:58:03Oui, c'est un endroit qui peut paraître étrange, mais pas à San Francisco.
00:58:15Tout est possible en fait ici.
00:58:18Oui, c'est vrai.
00:58:20Surtout pour les jeunes.
00:58:22Ils sont toujours à la recherche de choses nouvelles à essayer.
00:58:25Et ici, c'est un assez bel exemple.
00:58:28Et c'est aussi valable pour ce qui concerne le sexe.
00:58:31C'est tout à fait banal à San Francisco.
00:58:37Alors il faut que je vous décrive un peu quand même l'endroit où on se trouve.
00:58:40Ça s'appelle le Super Club ici.
00:58:42Donc depuis tout à l'heure avec Eugène,
00:58:44on dîne sur des grands canapés
00:58:46qui ressemblent plutôt à des lits d'ailleurs.
00:58:49Au milieu, il y a des performances, des shows qui ont lieu.
00:58:53C'est un lieu un peu à part entre restaurants, bars, boîtes de nuit.
00:58:58C'est un peu tout ça.
00:59:22Voilà, c'est déjà malheureusement la fin de nos échappées belles.
00:59:26J'ai adoré ce voyage à San Francisco.
00:59:29J'espère que vous aussi.
00:59:30San Francisco, c'est une ville où tout est permis.
00:59:33Je crois que c'est vraiment une ville à part ici aux Etats-Unis.
00:59:36J'espère que je reviendrai pour un autre voyage en Californie.
00:59:39Je vous souhaite de faire de même.
00:59:41Je vous dis à très bientôt.
00:59:42Et comme d'habitude, faites de beaux voyages.
00:59:44Sous-titrage Société Radio-Canada

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