- il y a 10 ans
Echappées belles : Sophie se rend en Sicile. Elle admire les beautés de Palerme, le palais Normand, le théâtre Massimo et le marché Capo. Nous aurons droit ...
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00:00:00C'est parti !
00:00:40C'est parti !
00:01:00C'est parti !
00:01:32C'est parti !
00:01:52C'est parti !
00:02:22Mais il faut vraiment découvrir que la fierté des Siciliens, c'est toujours aussi la fierté des citoyens honnêtes.
00:02:29D'accord ! Alors tu vas être ma guide dans les rues de Palerme ?
00:02:32Oui, bien sûr ! On y va !
00:02:33Je te suis !
00:02:51Sophie, on est arrivé au marché du capot.
00:02:54Donc on entre vraiment dans le cœur de la ville de Palerme.
00:03:04Ça, ça m'intrigue là !
00:03:06Ah oui, parce que tu ne la connais pas, parce que c'est la courgette longue qu'on retrouve tout
00:03:11simplement ici en Sicile.
00:03:12Tu la prépares comment, toi, cette courgette ?
00:03:15En fait, tu la coupes en petits morceaux, tu la mêles avec les feuilles.
00:03:20D'accord, c'est comme des feuilles de citrouille un peu.
00:03:22Oui, c'était très tendre.
00:03:25Et après, en fait, tu prépares des pâtes avec ces soupes.
00:03:29C'était très bon !
00:03:42Les marcheurs racontent l'histoire de la ville de Palerme dans les siècles.
00:03:46Mais les marcheurs racontent vraiment aussi l'histoire sociale de Palerme.
00:03:51Tu vois, ici, il y a beaucoup de marchands, beaucoup de commerces.
00:03:55Et ces commerces, en fait, sont vraiment soumis à la loi mafiée du racket.
00:04:02C'est ce qu'on appelle le pizzo, c'est ça ?
00:04:03Oui, exactement. Tu vois, tu l'es connue.
00:04:06En fait, c'est un mot sicilien, mais c'est quelque chose qui est connu dans tout le monde,
00:04:12parce que c'est une forme de racket, de violence, à travers laquelle la mafia impose son contrôle dans la
00:04:20société sicilienne.
00:04:21C'est vraiment un sujet qui te passionne. Dénoncer ça, pour toi, c'est très important.
00:04:25Oui, bien sûr.
00:04:33Avant d'être rattaché à l'Italie, la Sicile a été dominée.
00:04:38Grecs, Romains, Arabes, Normands ont défilé à la tête de l'île.
00:04:44Devant ces envahisseurs successifs, les Siciliens ont fait face en famille,
00:04:48soudés pour former ce qu'on appelle aujourd'hui le clan des Siciliens.
00:04:55Rencontre avec l'un de ces clans, la famille de Nino.
00:05:07Nino a 44 ans, et son restaurant, c'est une affaire de famille.
00:05:14Sa femme et sa fille de 23 ans tiennent les caisses.
00:05:17Son père est en cuisine, et il y a aussi les cousins, les frères et les oncles.
00:05:22Ok, la suite ?
00:05:23Deux paninis avec du fromage.
00:05:25À emporter.
00:05:26Mon surnom, c'est Nino la ballerine, car je bouge tout le temps.
00:05:33Je prépare la spécialité de Palerme, le panini à la rate.
00:05:39C'est devenu le travail qui nourrit ma famille.
00:05:47Juste une portion.
00:05:483,50 euros.
00:05:54En Sicile, il y a beaucoup de commerces amignaux.
00:05:57La famille, c'est une sorte de protection contre la crise.
00:06:00Surtout en ces temps, c'est difficile.
00:06:05Les sandwiches à la rate de Nino ont traversé les guerres et les crises.
00:06:09Depuis 1802, sa famille cuisine ses abats à Palerme.
00:06:13Il a pris la suite de son grand-père et de son père.
00:06:24Salut !
00:06:25Salut Nino !
00:06:30Fidèle au poste ?
00:06:32C'est quoi ?
00:06:33C'est Dumirou.
00:06:35Un beau garçon.
00:06:37On est dans le quartier du Capo, où je suis né.
00:06:40Mon père, mon grand-père, toute ma famille est née ici.
00:06:44Et j'espère y mourir.
00:06:45Tu peux revenir dans 40, 50 ans,
00:06:48et tu retrouveras toujours les mêmes personnes avec leurs cheveux blancs,
00:06:51vieux et assis sur une chaise.
00:06:56Il est bon, il est bon, mon poisson !
00:06:59Frais et local, l'espadon !
00:07:02Espadon à la tomate !
00:07:07Tu ne vas pas me battre, H.G.L.A. !
00:07:10Bellissimo, bellissimo !
00:07:13Oh, becce, vivo, vivo, vivo !
00:07:17Regardez qui vient par là.
00:07:21Giovanni a 70 ans.
00:07:22Il est né dans le quartier du Capo,
00:07:24comme son fils Nino,
00:07:25et comme ses parents avant.
00:07:29Avant, on était des vendeurs ambulants.
00:07:31Toujours, toujours travaillés.
00:07:33Un peu là, un peu là...
00:07:36J'ai toujours fait ça, toute ma vie, ça a été mon chemin.
00:07:39Le travail dans la famille sicilienne, c'est très important.
00:07:42Comme on dit, aide-toi, le ciel t'aidera.
00:07:51Rosaria a rencontré son mari Nino au Capo.
00:07:54Ils étaient voisins et ils ont grandi ensemble.
00:08:04Le pilier de la famille, c'est la mère.
00:08:06C'est elle qui gère les enfants, l'école, le travail.
00:08:10C'est le cœur de tout, elle ne s'arrête jamais.
00:08:13La maman, c'est la maman.
00:08:17Le père, c'est une figure, une présence forte.
00:08:21C'est comme ça depuis toujours en Sicile.
00:08:24Et ça doit rester comme ça.
00:08:26Mais au final, c'est la mère qui décide.
00:08:28Le père, on l'entoure nous,
00:08:30pour qu'il croit que c'est bien lui qui décide.
00:08:36Voilà pour vous, on est jolies.
00:08:38Merci.
00:08:40En Italie du Sud,
00:08:42plus de 50% des hommes mariés
00:08:44vivent à moins d'un kilomètre du domicile de leur maman.
00:09:14Dans ma vie quotidienne,
00:09:17la religion est en première ligne.
00:09:19C'est fondamental.
00:09:21Comme la tradition, la famille.
00:09:24Pour moi, les choses les plus importantes
00:09:26sont l'église, la famille et le travail.
00:09:39On attend les pâtes.
00:09:45La famille, c'est notre force.
00:09:47Quoi qu'il arrive, la Sicile, c'est la famille.
00:10:16Le rôle du père, c'est de la famille.
00:10:19C'est de se lever tous les matins pour travailler.
00:10:22Réussir à tout prix pour gagner de quoi vivre.
00:10:25C'est quelque chose qui naît avec toi, l'honneur.
00:10:46C'est un petit paradis pour moi ici.
00:10:56J'adore les chapeaux.
00:10:58C'est beaucoup plus qu'une casquette alors, c'est ça ?
00:11:00Il y a toute une histoire derrière, racontez-la moi.
00:11:03L'histoire de la Coppola est très particulière, car elle fait partie de notre coutume sicilienne depuis longtemps.
00:11:09C'était devenu très populaire et c'est très symbolique, car à l'origine, il n'y avait que les
00:11:14nobles qui portaient des chapeaux.
00:11:15D'un symbole de démocratisation, on est passé à un stéréotype mafieux, car c'était les hommes de main de
00:11:22la mafia qui la portaient à la mode 23 heures, inclinés sur le côté, comme ça.
00:11:27Nous avons joué sur l'ironie en appelant notre entreprise la Coppola Storta, la Coppola inclinée, en démontrant ainsi qu
00:11:34'on peut donner une nouvelle image à la Sicile, la Sicile qui veut se racheter.
00:11:38De nos jours, la femme aussi porte la Coppola.
00:11:40Ça te va très bien, tu le portes super bien.
00:12:08Quand on a envie de parler avec les gens, on la porte avec la visière relevée, on est ouvert à
00:12:13la communication.
00:12:15Quand on la porte baissée avec les yeux presque couverts, c'est un signe de fermeture.
00:12:21C'était une symbolique précise qui s'est créée en Sicile.
00:12:35Et voilà, Sophie. Bienvenue au Palais Royal, au Palais des Normandes.
00:12:40C'est un droit, c'est un monument historique de la ville de Palerme.
00:12:45C'est un livre vraiment aussi du pouvoir, parce qu'ici, il y a le siège de l'Assemblée régionale
00:12:51de Sicile.
00:12:57Bonjour, bienvenue au Palais Royal des Normandes.
00:13:01Bonjour Sophie, bonjour Cara.
00:13:04Alors, vous êtes ici dans le palais institutionnel le plus ancien du monde.
00:13:08C'est plus de 2500 années d'histoire qui vous accueille.
00:13:12On l'appelle le Palais des Normands, ou Palais Royal, parce que la partie la plus représentative de ce palais
00:13:18a été réalisée pendant la domination normande, au XIIe siècle, sous Roger II, premier roi normand de Sicile.
00:13:41Voilà, on est ici dans le chantier de restauration qui concerne une bonne partie de la section des Bourbons.
00:13:50Elle est liée à des réalisations du XIXe siècle.
00:13:55Et voici Salvatore.
00:13:57Salvatore ?
00:13:59Bonjour.
00:14:00Bonjour.
00:14:01Vous pouvez nous rejoindre ?
00:14:03Oui.
00:14:03Oui ?
00:14:04En plus, je ne suis pas français. Parfait.
00:14:06Oui.
00:14:06Merci beaucoup en tout cas pour cette visite. Merci pour votre accueil.
00:14:09Avec plaisir.
00:14:10On est entre de bonnes morts.
00:14:13Bonjour.
00:14:14Bonjour.
00:14:15C'est quand même assez exceptionnel de pouvoir admirer ces fresques.
00:14:18Oui, mais ce ne sont pas des fresques.
00:14:20Ce ne sont pas des fresques, pardon ?
00:14:21Non.
00:14:22C'est ce qu'il faut dire ?
00:14:22Il faut dire qu'ils sont des peintures murales.
00:14:25Des peintures murales.
00:14:26Murales.
00:14:27Il y a eu des grands tremblements de terre.
00:14:29Et ça veut dire que ça a fait bouger les murs, c'est ça, ces tremblements de terre ?
00:14:33Oui.
00:14:34Vous avez décroché des parties et des peintures ?
00:14:36Dans ce cas, on a choisi de décrocher le mortrier avec la peinture.
00:14:40Et là, dessous, il y a la peinture. Tu peux nous montrer ?
00:14:44On ne la voit pas parce qu'elle est bien protégée.
00:14:47Et donc après, vous allez enlever cette peinture ?
00:14:48Après, on va enlever et on va redonner de nouveau la peinture.
00:14:53Là, on voit une étape de travail avancée.
00:14:57Mais on peut aller un petit peu plus en avant et voir une pièce qui est presque terminée.
00:15:05Venez, je vous invite à voir cette pièce-là.
00:15:10Dis donc, ça va être une sacrée satisfaction quand c'est terminé, quand c'est comme ça.
00:15:13Oui.
00:15:15Imaginez cette chambre dans la même condition que l'autre.
00:15:18Et on veut donner toujours un esprit de quelque chose qui n'était plutôt jamais touché
00:15:22ou qui a plutôt besoin d'être restauré,
00:15:25plutôt que quelque chose qui efface complètement le siècle qu'il a.
00:15:29Bon, alors on va faire les inspecteurs des travaux finis l'année prochaine et on viendra voir.
00:15:33Merci beaucoup.
00:15:34On va prendre une bonne glace à l'extérieur.
00:15:35Attention, c'est noté, ça.
00:15:38Une brioche à congelar.
00:15:39Avec grand plaisir, la prochaine fois alors.
00:15:49Bon, Sophie, on va prendre un bon café ici.
00:15:53C'est un endroit un petit peu spécial pour moi parce qu'en fait, tu vois, ça fait partie d
00:16:00'un circuit antimafia.
00:16:02Adieu Puzzo, c'est un mot en fait inventé par les fondateurs de l'association qui veut dire Adieu Raquette.
00:16:10Et donc, cette association gère une sorte de réseau de commerce dans lequel les citoyens,
00:16:17mais aussi les voyageurs par exemple, qui viennent dans la ville de Palerme
00:16:21et qui choisissent de préférer en fait un commerce qui est sûr qu'ils ne payent pas à la mafia.
00:16:29C'est vraiment quelque chose qui a bouleversé en fait la ville de Palerme.
00:16:33Et donc, désormais, je pourrais dire que c'est vrai, la mafia existe,
00:16:38mais elle va terminer.
00:16:41Et parce qu'il y a des gens qui toujours s'engagent dans la lutte contre la mafia.
00:16:55La pieuvre mafieuse, la Cosa Nostra, étouffe la Sicile avec son histoire aussi réelle que fantasmée.
00:17:04Dans les années 80, une guerre des mafias éclate.
00:17:071000 homicides en deux ans, dont un par jour à Palerme.
00:17:13A cette époque, Pierre Giorgio n'est pas encore commissaire,
00:17:17mais déjà l'écrivain qui noircit les premières pages de ses polars.
00:17:22Si je pense à mes 18-20 ans dans les années 80,
00:17:26je pense à une ville noire, sinistre.
00:17:28Une ville qui se tait.
00:17:30Il n'y avait aucun lieu pour que nous, les jeunes, on se divertisse.
00:17:34On ne pouvait pas échanger des idées
00:17:36ou parler de comment affronter la Cosa Nostra.
00:17:41Et en 1992, les juges Falcon et Borsellino sont éliminés.
00:17:46Pour les tuer, la mafia fait sauter une autoroute
00:17:49et un quartier de Palerme avec deux tonnes de TNT.
00:17:53La Sicile aura sa vendetta.
00:17:56Ces meurtres marquent le début de la lutte anti-mafia.
00:18:00Depuis, de nombreux parrains sont tombés.
00:18:04Ces figurines sont vraiment ridicules.
00:18:06Il y a quelques temps, c'était impensable
00:18:08de pouvoir se moquer de Cosa Nostra aussi librement.
00:18:13Donc oui, les touristes achètent le mafieux avec la moustache et la copole.
00:18:17C'est comme acheter une statue d'Empire State Building.
00:18:25Direction Corleone, le fief historique de la mafia.
00:18:30Au 19e siècle, la Cosa Nostra se déploie aux Etats-Unis.
00:18:34L'organisation domine le milieu du crime,
00:18:36inspirant de nombreux films à Hollywood.
00:18:39Le village devient célèbre.
00:18:41Mais aujourd'hui, Corleone veut briser l'omerta du parrain.
00:18:56Deux fois par mois, les rues de Corleone prennent un coup de jeune.
00:19:00Ces journalistes en herbe distribuent leur journal satirique.
00:19:10La toute première fois que Maria Rosa a vu le parrain de Francis Ford Coppola,
00:19:15elle était au Canada.
00:19:19Merci beaucoup. Au revoir.
00:19:23Les gens me demandaient, tu connais ce lieu ?
00:19:26Tu connais cette personne ?
00:19:28Et ça m'a fait mal, car ils sont tous convaincus
00:19:30qu'il existe une famille d'Empire Corleone
00:19:32qui aurait fait tout ce qui est raconté dans la trilogie.
00:19:36Mais cette famille n'existe pas.
00:19:38Et ils croient encore que c'est la réalité de Corleone.
00:19:44Maria Rosa et d'autres jeunes de la rédaction
00:19:46sont venus s'installer à Corleone.
00:19:48On enlève ça, on enlève ça.
00:19:51Comme beaucoup de Siciliens,
00:19:53ils étaient partis ailleurs en Italie ou à l'étranger
00:19:55pour travailler ou étudier.
00:19:58A l'étranger, quand tu dis que tu es sicilienne,
00:20:00on te dit « Ah ah, la mafia ! »
00:20:03Et quand je dis que je suis de Corleone,
00:20:05il y a un instant où les gens se taisent,
00:20:08ils te regardent de travers
00:20:10et ils ne savent pas s'ils peuvent te faire confiance ou pas.
00:20:14Pourtant, à Corleone,
00:20:15il y a une multitude de gens
00:20:17qui font autre chose,
00:20:18des choses bien pour porter la culture.
00:20:21J'aimerais que Corleone soit traitée
00:20:23comme n'importe quelle ville d'Italie.
00:20:25Ces jeunes sont revenus ici
00:20:27avec l'espoir de changer l'histoire
00:20:29et l'image de Corleone.
00:20:30avant de la Soly.
00:20:31C'est bon, ça parlez-moi deeter,
00:20:35ce ne passait pas,
00:20:51ce n'est pas grave ou pas,
00:20:51c'est pas grave ou pas,
00:20:52il n'est pas grave !
00:20:54Perfait,
00:21:00il s'éloint de la compagnie
00:21:00au Roy Leon.
00:21:00Marco龍ne le faite
00:21:03C'est parti !
00:21:30Ciao, Sophie !
00:21:31Sergio, le frère de Stefano.
00:21:33Ah d'accord ! Ok, le frangin.
00:21:35Vous avez tous fait le choix, là, les frères et sœurs, de venir travailler sur l'exploitation familiale ?
00:21:40Nous avons tous choisi de faire des études.
00:21:42Ma sœur a fait de la musique, moi de l'architecture et mon frère de l'histoire.
00:21:49Et ensuite, nous avons compris que ce que nous possédions avait une grande valeur,
00:21:53même si c'est une exploitation modeste.
00:21:57Nous avons fait un choix d'une vie éthique et on ne le regrette pas.
00:22:03Pour la vérité, on doit affronter les difficultés, c'est ça ?
00:22:07Ouais.
00:22:08Allez, on va cueillir les olives, maintenant.
00:22:09Il reste encore une branche, là, qui est bien chargée et que tu peux récolter.
00:22:13On y va tout de suite, alors.
00:22:15Ici, il aide toujours la bienvenue.
00:22:17Je te présente Gasparino.
00:22:18Il connaît toutes les blagues et histoires du coin.
00:22:20C'est notre menestrelle.
00:22:21D'accord.
00:22:33Merci, merci, Mille.
00:22:35Oui, Stéphane, j'étais curieuse de savoir comment on faisait la récolte des olives.
00:22:38C'est à la main, donc ?
00:22:39Oui, on produit tout à la main.
00:22:41On n'utilise pas de machine.
00:22:43On a une production limitée pour miser sur la qualité.
00:23:00Là, on les ramasse toutes, même celles qui sont séchées ?
00:23:03Oui, toutes.
00:23:18Tu plies une branche comme ça.
00:23:21Tu marches et si elle tourne sur elle-même, c'est qu'il y a de l'eau.
00:23:26Comme ça.
00:23:26Et après, je cherche s'il y a de l'eau.
00:23:28Et si ça monte ou si ça descend, c'est ça ?
00:23:30Marche, marche.
00:23:31Et alors ?
00:23:32S'il y a de l'eau, elle va tourner.
00:23:35Et là, il y en a !
00:23:36Non, je suis trichée.
00:23:51Je redécouvre cette terre petit à petit.
00:23:54Je creuse parmi les ruines que le tremblement de terre nous a laissées
00:23:57et je tente de reconstruire une histoire oubliée.
00:24:06Ici, on a la rue Giufrida, l'une des rues de l'ancien village de Montevago.
00:24:14Il a été détruit par le tremblement de terre de 68 dans la nuit du 15 janvier.
00:24:20Justement, ici, il y avait la maison de ma mère dans laquelle elle a vécu toute sa jeunesse.
00:24:26Juste ici, là ?
00:24:28Oui, c'est celle-là avec le palmier.
00:24:32Et c'est toujours émouvant pour toi de te balader ici, dans ces ruines ?
00:24:37Oui, bien sûr.
00:24:38Pour moi, c'est très évocateur et émouvant d'être ici.
00:24:44Je fais de mon mieux pour me débarrasser du voile de l'oubli.
00:24:49J'essaie de redécouvrir les traditions, les valeurs
00:24:54et de remettre au goût du jour toutes ces belles choses.
00:25:13Là, nous avons de la mofoleta.
00:25:15C'est notre pain traditionnel au fenouil.
00:25:17On le mange avec de l'huile.
00:25:22Notre huile accompagne tous les plats de la cuisine sicilienne, de notre cuisine locale.
00:25:30C'est un patrimoine à préserver absolument, mais aussi un trésor de goût et de convivialité.
00:25:35Car il ne faut pas oublier le plaisir de la table, qui est l'un des plaisirs de la vie.
00:25:41Allez, vous êtes raqués avec nous !
00:25:44Les travailleurs, là, ceux qui ont bossé ce matin.
00:25:48Les voix, c'est un patrimoine, c'est un patrimoine, c'est un patrimoine.
00:25:51Les voix, c'est un patrimoine, c'est un patrimoine, c'est un patrimoine.
00:26:30Au loin, à peine à 150 km, les côtes tunisiennes.
00:26:35Il y a 1000 ans, l'île était sous domination arabe.
00:26:39Et la conquête a commencé ici, à Amazara del Valo.
00:26:44Les arabes ne sont restés que 200 ans.
00:26:46Et pourtant, le centre-ville s'appelle encore la Casbah.
00:26:53A Mazara, le baroque européen côtoie la Casbah, les couleurs, les petites rues, les odeurs de la Tunisie.
00:27:02La culture arabe fait partie de notre identité.
00:27:08Julia est étudiante en architecture.
00:27:11Gianna, elle, est chanteuse.
00:27:13Ses ancêtres, une famille de pêcheurs venus d'Andalousie, ont des origines arabes.
00:27:22Moi, j'avais un père dont le visage rappelait celui d'un arabe.
00:27:29J'ai souvent pensé que mon père était arabe, comme moi.
00:27:37De son passé arabe, la Sicile a conservé le goût des pâtisseries, comme la cassata, à la pâte d'amandes
00:27:43et aux fruits confits.
00:27:46La cassata, c'est la reine des douceurs siciliennes.
00:27:50Les arabes ont apporté en Sicile les pistaches, le miel, les amandes et le sucre.
00:27:57Des ingrédients qui sont à la base de notre pâtisserie, comme celle des arabes.
00:28:05Et quand les Siciliens parlent ou chantent leur dialecte, la mélodie a des airs d'Orient.
00:28:11Des centaines de mots arabes ponctuent le sicilien.
00:28:25Pendant la domination arabe, la langue arabe était parlée dans toute la Sicile.
00:28:31Mais ils n'ont pas tous imposé leur langue.
00:28:34Les Siciliens ont continué à parler leur langue en même temps que l'arabe.
00:28:38Et après, ils ont conservé les mots arabes, utilisés dans la vie quotidienne ou dans l'agriculture, par exemple.
00:28:48Aubergine, courgettes, grenades, agrumes, les arabes ont introduit tous ces produits en Sicile.
00:28:53Ils ont développé l'agriculture sur laquelle repose aujourd'hui encore l'économie sicilienne.
00:29:03Là, il y a des fleurs. On va aller voir ça.
00:29:07Antonino cultive le safran, une épice amenée par les arabes.
00:29:12Les arabes ont déconstruit le système des grands propriétaires terriens.
00:29:16Ils ont redistribué la terre en petites parcelles pour qu'elle soit mieux travaillée avec un meilleur rendement.
00:29:22Ils ont baissé l'impôt sur la terre.
00:29:23Ils ont cherché à s'intégrer au maximum avec la population sans les dominer,
00:29:28mais en cherchant une cohabitation harmonieuse.
00:29:37On a fait un risotto.
00:29:40Les cultures du riz et du safran ont été amenées par les arabes.
00:29:48Et là, les arancines sont faits avec du riz farci à la viande.
00:29:52Beaucoup de nos plats viennent de la culture arabe.
00:29:58Les arabes ont développé leur agriculture grâce aux techniques d'irrigation qu'ils ont installées et utilisées aussi en ville.
00:30:08Ça fait moins 20.
00:30:11Cette équipe explore les souterrains de Palerme.
00:30:15Ils ont déjà arpenté plus de 10 kilomètres dans ces canaux.
00:30:19Ces canaux ont été creusés pour recueillir l'eau.
00:30:23Et avec ce système de galeries et tunnels, ils amènent l'eau des sources vers la ville.
00:30:30Celui-là est très tortueux, car il ne transportait pas l'eau, mais il captait les eaux.
00:30:37On descend.
00:30:40C'est beau, qu'est-ce qu'elle est limpide.
00:30:46Ici, il y a une source, regarde.
00:30:49Ça signifie qu'il y a beaucoup d'eau au-dessus.
00:30:52L'eau était utilisée pour les jardins et elle l'est encore aujourd'hui.
00:31:00Les arabes ont marqué l'histoire de la Sicile.
00:31:03Ce sont d'ailleurs eux qui ont fait de Palerme la capitale de l'île.
00:31:25On est ici comme tous les matins pour acheter du poisson pour mon restaurant.
00:31:31Comme tu peux le voir, tous les bateaux sont déjà au port.
00:31:35Parce que la météo a changé, elle est devenue mauvaise.
00:31:39Mais on va trouver du poisson, on en trouve toujours.
00:31:42Tu aimes, toi, les ambiances ?
00:31:45Ici, là, sur le quai, moi j'adore, là, tu vois ces pêcheurs-là qui rangent leur filet.
00:31:49J'adore ces ambiances-là.
00:31:53J'ai toujours un appareil photo sur moi quand je viens chercher le poisson.
00:31:59C'est mon quartier préféré.
00:32:01C'est un peu mon deuxième chez moi.
00:32:04Tu dois pas avoir du mal à faire des portraits parce qu'il y en a, comme on dit, qui
00:32:07ont des bonnes gueules.
00:32:09Ils sont très expressifs.
00:32:12Le visage marqué par la mer, par le vent.
00:32:17J'aime beaucoup prendre des photos des gens qui travaillent.
00:32:36Ce poisson est moche, très moche, mais il est très bon.
00:32:43On l'appelle la grenouille pêcheuse.
00:32:46Ça, c'est pour pêcher.
00:32:48Puis, elle avale le poisson.
00:32:50Ok.
00:32:55Alors, voilà les fameuses sardines.
00:32:59Aujourd'hui, on va cuisiner un plat qui s'appelle sardines à becafico.
00:33:05Vous êtes les rois du filet de sardines.
00:33:08Vous avez une sacrée technique.
00:33:091, 2, 3, 4 et 5.
00:33:135 secondes à filet de sardines.
00:33:17Lui fait partie de toute une famille de pêcheurs-chanteurs.
00:33:38C'est mon quartier, là où je suis né.
00:33:43Là où j'ai passé mon enfance, c'est ici.
00:33:47C'était là, ici ?
00:33:49Elle était belle, ton enfance, ici ?
00:33:52Oui, parce que c'est un quartier populaire.
00:33:55Quand on était enfant, on jouait dans la rue.
00:33:57On était tous copains, comme une grande famille.
00:34:01Et c'est ici que j'ai voulu revenir, après tant d'années passées, à travailler à l'étranger et
00:34:06en Italie.
00:34:09Car je veux terminer ma carrière à Trapani.
00:34:24Parce que Trapani est à l'intérieur de moi.
00:34:27Elle coule dans mes veines et dans mon sang.
00:34:29Et donc, dans tout ce que nous cuisinons, il y a le vent de Trapani.
00:34:33Le coucher de soleil et les parfums de Trapani.
00:34:57Ce plat s'appelle pâte à la palina.
00:35:00Des pâtes mélangées avec du chou-fleur.
00:35:03L'élément standard, c'est la sardine.
00:35:12Super bon.
00:35:13Souvent, on parle de la mamma en Italie.
00:35:16La mamma qui fait les pastas.
00:35:18Est-ce que, finalement, le secret de toutes ces recettes,
00:35:22ce sont les femmes qui les ont ici, les mammas ?
00:35:25Je pense que le secret de la cuisine des mammas, c'est l'amour.
00:35:30Et quand j'ai une invitée aussi charmante que toi,
00:35:33alors c'est facile de cuisiner avec amour.
00:35:37En tout cas, moi, ma maman, elle m'a toujours dit de finir mon assiette,
00:35:40alors je mange.
00:35:48Comment tu faisais tout à l'heure ?
00:35:50Comme ça.
00:35:58Les Siciliens ont depuis toujours le goût de la séduction.
00:36:02Mais y a-t-il une recette de la drague à la Sicilienne ?
00:36:11Tu es la plus belle femme que j'ai rencontrée.
00:36:13Compliment à ta maman.
00:36:15Elle a bien travaillé.
00:36:17Tu es très belle.
00:36:18D'où tu viens, toi ?
00:36:20Paris ?
00:36:22Besançon ?
00:36:23Tu as les plus belles dents que j'ai jamais vues.
00:36:25Tu es une femme magnifique.
00:36:28Une beauté internationale.
00:36:32La tchatche pour tenter de vous séduire.
00:36:35Cupidon d'opérette ou fier Apollon,
00:36:37le séducteur espère que le charme de la Dolce Vita opère toujours.
00:36:50Les actrices de cinéma ont une grosse influence sur les jeunes.
00:36:54Elles ont donné envie aux jeunes Italiens
00:36:56d'être libres sur leur Vespa,
00:36:58de faire des clins d'œil aux filles,
00:37:02des regards un peu insistants mais sympathiques,
00:37:04toujours avec le sourire.
00:37:10La Vespa est sexy.
00:37:12La Vespa séduit.
00:37:14C'est une arme,
00:37:15un moyen de séduction.
00:37:17Quand j'allais à l'école,
00:37:19c'était le moyen de raccompagner les filles
00:37:21pour sortir ensemble.
00:37:23Et même si ça ne marche pas à tous les coups,
00:37:26les regards appuyés des Siciliens
00:37:28ne laissent pas les Siciliennes indifférentes.
00:37:34Marcos joue du Rital Lover.
00:37:36Il est humoriste.
00:37:38La rue, pour un Sicilien,
00:37:41c'est le théâtre par excellence.
00:37:44Le Sicilien est un dragueur,
00:37:46un dragueur professionnel.
00:37:48Il doit être parfait.
00:37:50Tout doit être parfait.
00:37:52Même une mèche de cheveux.
00:37:53Une mèche de cheveux doit tomber de la bonne façon.
00:38:03Venez chercher un mari pour l'été.
00:38:05C'était le slogan d'un club de vacances sicilien
00:38:07dans les années 70.
00:38:09Le bien-nommé « Baron, si c'est bon »
00:38:11prodiguait alors ses leçons de séduction
00:38:13à tous les charmeurs des environs.
00:38:17Même pour des aldo-machones
00:38:19et en maillot bien ajusté,
00:38:20la sérénade ne s'improvise pas.
00:38:24Vous n'avez pas besoin de prendre le soleil.
00:38:26Vous êtes le soleil.
00:38:28Tout ce qu'il y a de plus beau au monde.
00:38:32Dans ce jeu,
00:38:33on cherche une forme de virilité.
00:38:36En Sicile, on dit que dans un foyer,
00:38:38une famille,
00:38:39l'homme commande, mais la femme décide.
00:38:42Un Sicilien,
00:38:43il est perdu sans une femme.
00:38:46Donc, tous les moyens sont bons
00:38:48pour la conquérir.
00:38:53Et conduit ou conquis.
00:38:55Le séducteur italien
00:38:56ne laisse pas de marbre.
00:39:06Il y a un côté assez rétro,
00:39:07assez fleur bleue,
00:39:10à l'ancienne.
00:39:11Donc, par exemple,
00:39:13« Hey, fragolo, hey, fragola ! »
00:39:15C'est un « Hey, salut, fraise ! »
00:39:17Chose qu'on n'entendrait jamais en France.
00:39:23Le rapport à la femme
00:39:24est assez particulier
00:39:25puisque je pense qu'il y a
00:39:26l'aspect de la religion,
00:39:28de la tradition catholique, chrétienne
00:39:30qui est assez important.
00:39:32C'est que la femme est mise
00:39:34sur un piédestal,
00:39:35est sacralisée presque.
00:39:44Les Siciliens sont tellement convaincus
00:39:46de leur pouvoir de séduction
00:39:48qu'ils en deviennent presque irrésistibles.
00:39:50de la religion.
00:39:52Il est un piédestal,
00:39:53de la religion.
00:40:02C'est un piédestal.
00:40:04Je suis churé,
00:40:04c'est un piédestal.
00:40:05C'est un piédestal.
00:40:08C'est un piédestal.
00:40:12C'est un piédestal.
00:40:29Bonjour Sophie, comment vas-tu ?
00:40:31Bien, tu as fait bon voyage ?
00:40:33Bienvenue à Maritimo.
00:40:35On y va ?
00:40:36Je te suis.
00:40:44Depuis Trapani, j'ai eu la chance d'admirer les îles de l'archipel des Eglades.
00:40:48Est-ce qu'on peut dire que celle-ci, Maritimo, c'est la plus sauvage de toutes ?
00:40:53Oui, c'est sûrement la plus sauvage, surtout parce qu'elle s'est détachée de la terre 600 000 ans
00:40:57avant Fabignana et Levanzo.
00:41:00Elle a gardé une nature sauvage.
00:41:02Il y a des plantes endémiques qu'on retrouve seulement ici, des plantes extraordinaires et particulières.
00:41:14Voilà Sophie, nous sommes arrivés à l'hôtel de mon ami Fausto, qui va pouvoir poser tes valises.
00:41:18Voici Fausto.
00:41:20Bienvenue Sophie.
00:41:21Merci beaucoup.
00:41:21Tu as fait un beau voyage ?
00:41:22Oui, oui, très bien.
00:41:23Donne-moi ton sac à dos.
00:41:24Merci, c'est gentil.
00:41:24Merci, mes deux.
00:41:33Je suis sous le charme.
00:41:35Oui.
00:41:35J'aime beaucoup.
00:41:37Merci.
00:41:40Oh là là, il y a une vue imprenable d'ici.
00:41:42Tu vis vraiment dans un petit coin de paradis.
00:41:45Toi, tu es arrivé quand ici, sur l'île ?
00:41:48Presque 20 ans.
00:41:49Je suis arrivé ici à vélo et j'ai eu un coup de cœur.
00:41:58Je vais te présenter mes amis Salvatore et Pietro.
00:42:06Bonjour.
00:42:08On va faire du bateau avec Pietro.
00:42:10Si, bonjour, ciao.
00:42:12Pietro, salut.
00:42:13Ciao, ciao Pietro.
00:42:24Il y a une histoire très belle à propos de ce château.
00:42:27C'était une ancienne tour sarrasine.
00:42:29Où vivait un pirate sarrasin avec ses deux femmes.
00:42:32Il y a une anecdote qui dit que, par jalousie, une des deux femmes a tué l'autre.
00:42:36Et quand le pirate est revenu, il a jeté l'eau depuis la tour.
00:42:42Sophie, là, on va rentrer dans une grotte.
00:42:45La grotte du Chameau, elle est très jolie.
00:42:48Avant, elle était peuplée de phoques.
00:43:11Tu vois, Sophie, ça, c'est notre petit musée de la mer.
00:43:14Ici se trouvent les trésors de toute l'histoire de Marétimo, l'histoire de l'immigration, l'histoire de ces
00:43:20pêcheurs qui partaient partout en Méditerranée, puis au-delà des océans, en Californie, en Alaska, au Portugal.
00:43:27C'est vraiment tout un concentré de l'identité de l'île.
00:43:37Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Pourquoi ils sont partis, tous ces pêcheurs ? Il n'y
00:43:40avait plus de ressources ici ?
00:43:42Si, il y avait beaucoup de poissons, fin 19e, début 20e, mais on n'arrivait pas à les vendre.
00:43:48Ils souffraient beaucoup et avaient une vie dure dans l'île.
00:43:52Et alors, ils ont décidé, comme des ulysses modernes, d'immigrer de l'autre côté de l'océan.
00:43:56Ils sont allés en Californie parce qu'ils savaient que là-bas, ils pratiquaient le même type de pêche qu
00:44:01'ici.
00:44:03Ça veut dire qu'il y a des familles qui ont été complètement éclatées, complètement séparées ?
00:44:07Oui, parce que les hommes partaient en Californie et les femmes et leurs enfants restaient là.
00:44:13Comme on peut le voir sur beaucoup de photos, ce sont les hommes qui étaient en Californie qui envoyaient les
00:44:17photos à leur famille.
00:44:19C'était une correspondance de photos pour montrer comment ils vivaient.
00:44:31Les vrais pêcheurs, ils sont là ?
00:44:33Bonjour, Sophie.
00:44:35Bonjour, Sophie.
00:44:37Pippo, c'est ça ?
00:44:38Vous rentrez là, de la pêche ? Ça s'est bien passé aujourd'hui ?
00:44:42On a du mal à vendre, car il n'y a pas beaucoup de monde.
00:44:47Ce qui reste, on le met dans le frigo et on le mangera cet hiver.
00:44:51Est-ce que vous, vous avez eu des membres de votre famille qui ont quitté l'île aussi ?
00:44:55Oui, j'ai de la famille en Californie, car après la guerre, c'était très dur.
00:45:00En allant là-bas, ils ont fait fortune avec le saumon en Alaska ou le calamar en Californie.
00:45:06Bien sûr qu'ils ont eu de la chance.
00:45:09Eux, ils ont trouvé du travail et ils s'amusent à Las Vegas.
00:45:15Et moi, je vais où ?
00:45:17On n'arrive même pas à trouver une quatrième personne pour jouer aux cartes.
00:45:20Il faut trouver quatre personnes et on n'en a toujours que trois.
00:45:25C'est à croire que tout le village est parti en Californie.
00:45:30Aujourd'hui, on n'arrive plus à vivre avec la pêche, donc on vit aussi avec le tourisme.
00:45:36Avec les deux, on réussit à s'en sortir.
00:45:39Moi, je prends toujours la vie avec le sourire.
00:45:42Je suis tellement joyeux que mes cheveux refusent de blanchir.
00:45:45Non, mais avec des gens comme vous, c'est sûr qu'il n'y aura aucun problème.
00:45:48Cette histoire va rester très présente et très vivante.
00:45:51Merci beaucoup pour l'accueil.
00:45:53Arriveder.
00:45:53Ciao, ciao.
00:45:54Bonne chance, Sophie.
00:45:56Ne nous oublie pas.
00:46:14Sous l'azur, les abysses.
00:46:18Ses eaux profondes, hostiles à l'homme.
00:46:20En apnée, Patricia Majorca plonge à Syracuse.
00:46:30Son père, Enzo Majorca, a ouvert la discipline aux grandes profondeurs.
00:46:35Cette combinaison me rappelle beaucoup de peurs.
00:46:40Toutes mes peurs d'hommes.
00:46:43Enzo et Jacques Majorca, son alter ego français, ont inspiré le Grand Bleu à Luc Besson.
00:46:50Avec 13 records du monde, ce pionnier de l'apnée s'est enfoncé jusqu'à 101 mètres sous la mer.
00:46:58La première fois que j'ai plongé, c'était en 1943.
00:47:03Il n'y avait pas de masque, pas de palme.
00:47:06Mais moi, j'existais.
00:47:08Comme tous ceux qui avaient survécu à la guerre.
00:47:12J'ai trouvé un masque à gaz que j'ai transformé en masque de plongée.
00:47:16C'est la première fois que j'ai vu la mer à la verticale.
00:47:22Et je lui ai dit, tu es mon grand amour.
00:47:25Et à tort, je pensais que la mer m'appartenait.
00:47:30Tu vois quelque chose dedans ?
00:47:34À 83 ans, Enzo a donné le goût du bleu à sa petite fille et à sa fille.
00:47:40Fais essayer.
00:47:44Pas mal.
00:47:48Mon premier souvenir est teinté d'azur.
00:47:51J'avais 2 ans, mon père faisait une tentative de record.
00:47:56Je me rappelle avoir été attirée par le bleu de cette mer.
00:48:01Alors j'ai plongé, alors que je ne savais pas nager.
00:48:04Et c'est comme ça que j'ai fait ma première plongée en apnée.
00:48:10Patrizia a joué avec le tuba de papa pour ramasser des coquillages.
00:48:14Et attirée vers le fond dans les années 70,
00:48:17elle a laissé la mer l'étreindre pour battre des records.
00:48:29Aujourd'hui, les apnéistes descendent à plus de 200 mètres.
00:48:32Mais à l'époque, lorsqu'il est le premier à atteindre la profondeur de 50 mètres,
00:48:37il défie la science.
00:48:49Avant, les scientifiques pensaient que l'homme ne pouvait pas arriver à la profondeur que j'ai atteinte.
00:48:55Ils pensaient qu'au-delà de 50 mètres, l'homme devait imploser,
00:48:59écraser sous la pression de l'eau.
00:49:02Mais je ne m'inquiétais pas.
00:49:04Je ne les croyais pas, les scientifiques.
00:49:10Franchir une limite, c'est autant de mètres à remonter pour respirer.
00:49:14Et à ce moment-là, tu ne sais pas ce qui t'attend.
00:49:16Je ne sais pas ce qui t'attendait.
00:49:19C'est pas ce qui t'attendait.
00:49:52Je te rejoins, maman.
00:50:01Ah, c'est froid !
00:50:07L'apnée, c'est la manière la plus naturelle d'approcher la mer.
00:50:12L'apnée, c'est un moment magique.
00:50:15Quand tu descends, il y a un moment où tu as l'impression d'être touché par une baguette magique.
00:50:21Tu deviens un animal marin, c'est magnifique.
00:50:26Et quand tu dois remonter, la magie s'évanouit.
00:51:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:51:19C'est un plaisir de te voir.
00:51:20Ah, t'as les mains déjà dans la pâte, achetons-moi ça.
00:51:24Ça va ?
00:51:25Ça va très bien.
00:51:27Tu arrives au bon moment pour m'aider à faire du pain.
00:51:29Ah bah c'est parfait !
00:51:30Le pain n'attend pas, il panne et non aspecte.
00:51:34Oui, il faut aller vite.
00:51:35Est-ce que je porte déjà bien le chapeau ?
00:51:36Parfait, tu ressembles à une vraie boulangère.
00:51:43Maintenant, tu me fais des boules de pâte, comme ça.
00:51:46Tu peux les faire de ce côté.
00:51:47Et tu me les passes, moi je fais les formes.
00:51:49Ok, des petites boules comme ça.
00:51:56Qu'est-ce qui te plaît, toi, dans ce métier de boulanger ?
00:51:59La chose la plus enrichissante, c'est d'arriver à faire le pain comme on le faisait autrefois.
00:52:04Comme le faisaient nos grands-parents.
00:52:05Et arriver à faire un pain de très très haute qualité.
00:52:12Tu fais ça très bien, tu pourrais ouvrir une boulangerie.
00:52:15Mais n'ouvre pas une boulangerie en Sicile, tu risques de me faire faire faillite.
00:52:19Alors, tu aurais pu faire le choix de t'installer dans une grande ville.
00:52:23Mais non, toi, tu as choisi un petit village comme ici, comme Santa Rita.
00:52:27Pourquoi tu as voulu rester dans ton petit village ?
00:52:31Mon grand-père était le propriétaire de ces locaux et de plusieurs terrains qu'il a légués à mon père.
00:52:38Ils avaient un petit élevage et des champs de blé.
00:52:42Donc ici, il y a mon histoire, celle de mes ancêtres.
00:52:45Et moi, j'essaye de rester ici et d'y vivre paisiblement.
00:52:55Ça se passe comment ta vie ici au quotidien ?
00:52:57Tu n'as pas un peu l'impression d'être dans un village fantôme un peu ?
00:53:01Il faut que tu imagines que derrière chaque porte vivait une famille.
00:53:06Chaque famille avait 5 à 10 enfants.
00:53:08C'était des familles nombreuses.
00:53:11C'était un village très peuplé.
00:53:13Il y avait 80 à 90 familles.
00:53:16Aujourd'hui, on n'est plus que 10 personnes.
00:53:19Ah oui, c'est vraiment un tout petit village maintenant.
00:53:20Tout le monde a immigré.
00:53:22Ils ont tous partis en France, en Allemagne pour chercher du travail.
00:53:25Le village est complètement abandonné.
00:53:28Maintenant, je vais te montrer mon ancienne école et l'église.
00:53:31Et la jolie église.
00:53:32Et la jolie église.
00:53:33Ok.
00:53:42La salle de classe était ici ?
00:53:44Oui, ici, c'était ma classe.
00:53:45La maîtresse dormait là-bas, dans cette pièce.
00:53:48Il y a encore ces chaussures, là, non ?
00:53:50Les chaussures de la maîtresse, oui.
00:53:55Et là, c'était l'étable avec les animaux.
00:54:00Il y avait des vaches, un âne et quelques chèvres.
00:54:04C'était merveilleux, c'était très beau.
00:54:06T'étais placée comment ? Là ?
00:54:07Oui, comme ça.
00:54:12Et la maîtresse, elle était là ?
00:54:13La maîtresse était là, et là, c'était son bureau.
00:54:18C'est des bons souvenirs, tout ça, pour toi ?
00:54:19Tu es nostalgique de cette période-là ?
00:54:22Oui, une grande nostalgie.
00:54:24C'est pour ça que ce que j'essaye de faire,
00:54:27c'est de faire revenir le plus de gens possible,
00:54:29ici, à Santa Rita.
00:54:32Pour relancer l'activité économique,
00:54:34je crée des événements festifs autour du pain.
00:54:36Chaque événement attire 1000 à 1500 personnes
00:54:38qui viennent de partout en Sicile.
00:54:40Ils découvrent le village.
00:54:41Voilà mon rêve, que ça redevienne comme avant.
00:54:43Tu vas y arriver, j'en suis sûr.
00:54:45J'espère.
00:54:46J'en suis sûr.
00:54:54Ça te plaît ?
00:55:03Ça fait aussi partie de ton travail,
00:55:05de t'occuper de la livraison de ton pain ?
00:55:08Oui, ça fait partie aussi de mon travail.
00:55:10En plus de mes clients du village,
00:55:13je livre ceux qui habitent dans les alentours.
00:55:16Et ceux qui habitent plus loin,
00:55:17comme Palerme, Messines,
00:55:19alors on les livre par la poste.
00:55:29Le pain tout chaud.
00:55:31Et aujourd'hui, il est encore meilleur,
00:55:33c'est Sophie qui l'a fait.
00:55:34Oh mon Dieu !
00:55:35C'est un pain franco-sicilien.
00:55:37C'est du pain franco-sicilien.
00:55:39Très bien, ce soir, je dirai à mes clients
00:55:41que c'est un pain à moitié français.
00:55:43Exactement !
00:55:44Je crois que c'est ça que vous attendez.
00:55:47Ah, du pain pour toute la famille !
00:55:49Ce pain me rappelle le centre de la Sicile.
00:55:52Il est très bon, très goûteux.
00:55:55Tout le monde l'aime, ce pain ici.
00:55:57C'est moi qui te remercie
00:55:58parce que j'ai vraiment passé
00:55:59une très belle journée en ta compagnie.
00:56:01Et ce que je te propose,
00:56:03c'est de revenir dans 5 ans
00:56:04pour voir ce que tu as fait du village de Santarita.
00:56:07Il y a plein de choses à faire là-bas.
00:56:08Rendez-vous dans 5 ans.
00:56:09Ok, on fait ça, je t'embrasse.
00:56:11Merci, Mille.
00:56:12Ciao, franco-sicilien.
00:56:13Ciao, bonjour.
00:56:14Bonne journée.
00:56:23Bon, elle est jolie, ma tortue, quand même.
00:56:24Bon, d'accord, elle a un peu perdu ses écailles,
00:56:26mais je suis sûre que le pain est bon.
00:56:28Allez, il est temps de faire un pas de côté.
00:56:30Vous le savez, dans nos échappées belles,
00:56:31nous aimons prendre la route.
00:56:32Depuis plusieurs semaines,
00:56:33grâce au réalisateur voyageur Yves Legrin-Christ,
00:56:36nous partons sur la route du Mississippi,
00:56:38un fleuve de légende,
00:56:39le père des fleuves,
00:56:41comme le surnomment les Amérindiens.
00:56:42Allez, cap sur l'Amérique du Nord.
00:56:44Moi, je vous attends ici, en Sicile.
00:56:46Et vous le savez, je garde l'Etna en ligne de mire.
00:56:49A tout à l'heure.
00:56:54Le Mississippi, le père des fleuves,
00:56:57comme le surnomment les Amérindiens,
00:56:58a toujours tenu un rôle fondamental
00:57:00dans le développement économique et culturel américain.
00:57:03Un fleuve remarquable à tout point de vue.
00:57:05Il est le plus sinueux du monde,
00:57:08le plus puissant,
00:57:09il est aussi le plus domestiqué.
00:57:12C'est à contre-courant que je vais remonter le fleuve
00:57:14depuis son embouchure dans le golfe du Mexique
00:57:16jusqu'à sa naissance au Laquitasca.
00:57:19De sa disparition jusqu'à la première goutte d'eau.
00:57:26Ma prochaine destination est le berceau du blues et du rock.
00:57:37Sur la route de Memphis,
00:57:39mon cœur bat un peu plus fort,
00:57:40avec la drôle d'impression
00:57:42que je vais toucher du doigt la légende.
00:57:56Près de Bill Street,
00:57:58je marche sur les étoiles.
00:57:59Ici, pas de stars de cinéma,
00:58:01mais des géants de la musique.
00:58:09À peine est-je le temps d'arriver
00:58:11que je suis irrémédiablement attiré par le studio
00:58:14qui a donné ses lettres de noblesse au rock,
00:58:16le Sun Studio.
00:58:18Une effervescence inhabituelle m'attend.
00:58:22J'ai besoin d'un garçon pour m'aider.
00:58:25Mais pas vous.
00:58:27Vous, je vous laisse où vous êtes.
00:58:28Vous êtes assez occupés comme ça.
00:58:31Bon, je ne sais pas.
00:58:32Je retourne dehors.
00:58:38Aujourd'hui, c'est le 60e anniversaire
00:58:40du rock'n'roll au Sun Studio à Memphis, Tennessee.
00:58:43Plus précisément, c'est le 60e anniversaire
00:58:46de l'enregistrement du premier disque d'Elvis Presley,
00:58:48ici dans ce studio.
00:58:50Il a enregistré la chanson
00:58:52That's Alright Mama
00:58:52avec Scotty Moore et Bill Black.
00:58:55Nous célébrons cet anniversaire
00:58:56de plusieurs façons aujourd'hui.
00:58:58On a l'habitude d'avoir du monde,
00:59:00on a l'habitude des visites vidées,
00:59:02mais on n'a pas l'habitude
00:59:03de monter une scène dans la rue,
00:59:04d'avoir une queue aussi longue
00:59:05pour les achats de vinyles
00:59:06et autres souvenirs.
00:59:09À l'intérieur du Sun Studio,
00:59:11j'ai la chance incroyable
00:59:13de rencontrer le meilleur ami d'Elvis,
00:59:16Monsieur Georges Klein.
00:59:19Après mes études,
00:59:20je suis devenu disque jockey
00:59:21dans une petite station de radio.
00:59:23Un jour, Dewey Phillips m'appelle
00:59:24et me dit
00:59:25Viens me voir,
00:59:26je voudrais que tu écoutes
00:59:27quelque chose.
00:59:28Il me joue un disque
00:59:29sans me montrer la couverture.
00:59:31Je lui demande
00:59:31qui est le chanteur
00:59:32et il répond
00:59:32tu devrais le savoir,
00:59:33vous étiez à l'école ensemble.
00:59:35Je lui dis
00:59:35quoi ?
00:59:35Elvis a enregistré un disque ?
00:59:37Il me dit oui
00:59:38et c'est Sam Phillips
00:59:39qui l'a amené hier soir.
00:59:40J'ai dit waouh !
00:59:41C'était la première fois
00:59:42que je l'entendais chanter.
00:59:44Elvis et moi
00:59:45nous étions au lycée ensemble.
00:59:47Plus tard,
00:59:48quand je suis devenu
00:59:48disque jockey à Memphis,
00:59:50Elvis venait souvent
00:59:50me voir à la radio.
00:59:52On passait pas mal
00:59:53de temps ensemble.
00:59:55Et quand je me suis marié,
00:59:57il était témoin
00:59:57à mon mariage.
00:59:59On le voit
01:00:00sur cette photo.
01:00:02Je suis le seul type
01:00:03au monde
01:00:04qui a eu Elvis
01:00:04comme témoin.
01:00:05Au mariage,
01:00:06j'ai dit
01:00:06Elvis,
01:00:07tu as ton pistolet sur toi ?
01:00:08Il y en avait toujours
01:00:09un sur moi.
01:00:10Il m'a dit
01:00:10ouais ?
01:00:11Je lui ai dit
01:00:11pointe-le sur ma tête
01:00:13comme si tu me forçais
01:00:13à me marier.
01:00:16Personne au monde
01:00:16n'a une photo comme ça
01:00:17avec Elvis.
01:00:20Si tu regardes de près,
01:00:21tu verras qu'il n'a pas
01:00:22le doigt sur la gâchette.
01:00:28Quel beau mec c'était quand même.
01:00:30Le meilleur chanteur
01:00:31et le plus bel homme
01:00:32de tous les temps.
01:00:34Je pense la même chose.
01:00:40Nous avons le plaisir
01:00:42d'accueillir aujourd'hui
01:00:43quelqu'un de très spécial.
01:00:45Monsieur Jerry Phillips
01:00:47qui est le fils
01:00:48de Dewey Phillips.
01:00:50Il nous a apporté
01:00:51le disque original
01:00:52de That's Alright Mama,
01:00:54celui que son père
01:00:55a passé il y a 60 ans.
01:00:57Alors on va écouter ce disque
01:00:58en hommage à la naissance
01:00:59du rock'n'roll.
01:01:00Merci à tous.
01:01:04Est-ce qu'on peut donner
01:01:05un coup de main à Jerry
01:01:07même si je suis sûre
01:01:08qu'il n'a pas besoin d'aide.
01:01:16C'est tout.
01:01:39On a déménagé à Memphis quand on a découvert Elvis.
01:01:44On vit un moment d'histoire ici, c'est impressionnant.
01:01:48Pour un musicien, c'est comme le Saint-Graal.
01:01:51Quelqu'un veut du gâteau, beurre de cacahuète et banal ?
01:01:59Tout va bien, maman. Ici, la légende d'Elvis est toujours vivante.
01:02:02Et que le spectacle continue.
01:02:23Lorsqu'on parle de la conquête de l'Ouest, on parle de la conquête des terres à l'ouest du
01:02:28Mississippi.
01:02:29Saint-Louis, dans le Missouri, est surnommé le portail vers l'Ouest.
01:02:34C'est de là que partaient les immigrants rêvant d'une vie nouvelle ou tout simplement d'aventure.
01:03:02Saint-Louis est une ville paradoxale.
01:03:04Elle possède à la fois la démesure des grandes villes américaines,
01:03:08mais aussi des lieux de vie dans lesquels les habitants aiment à flâner au milieu des œuvres d'art.
01:03:19Mais le joyau de la ville, c'est la grande arche construite en 1965.
01:03:25Cette arche du portail de l'Ouest est créée en hommage aux pionniers, aux chasseurs, trappeurs, explorateurs,
01:03:31tous ceux qui ont contribué à l'expansion territoriale et au développement des États-Unis.
01:03:36Durant mon court passage à Saint-Louis, je ne résiste pas à l'envie de monter voir à quoi ressemble
01:03:41le Mississippi de là-haut.
01:03:45J'emprunte un drôle d'ascenseur à crémaillère qui va m'amener à 193 mètres de haut.
01:03:59Des visiteurs m'informent que des violentes tempêtes ont frappé les États du Nord il y a quelques jours.
01:04:04Ces pluies torrentielles auraient provoqué une crue violente du Mississippi.
01:04:09Du haut de mon perchoir, je constate que les dégâts ont déjà touché Saint-Louis.
01:04:33En reprenant ma route vers le Nord, je découvre des paysages entièrement submergés.
01:04:39Comme si quelqu'un avait ouvert toutes les écluses du Mississippi.
01:04:44Devant moi, un champ de bataille après la bataille.
01:04:52Le Mississippi a toujours transporté, en plus des sédiments, des histoires, parfois même des légendes.
01:05:00L'une d'elles a particulièrement attiré mon attention, celle d'un homme qui s'est forgé un destin hors
01:05:06du commun.
01:05:08C'est à Rock Island, à quelques kilomètres de Davenport, que je vais rencontrer Chad.
01:05:26Comment ça va les gars ?
01:05:29Bon, pourquoi vous êtes là ?
01:05:33Parce qu'on a besoin de vous.
01:05:35Il y a 17 ans, juste à cet endroit où nous sommes amarrés, j'ai vu une montagne de déchets.
01:05:42Juste ici.
01:05:45Il y avait beaucoup de déchets partout, mais celui-là est la raison pour laquelle j'ai décidé de nettoyer
01:05:51le Mississippi.
01:05:53J'avais 17 ans et j'ai commencé des démarches au niveau de l'état de l'Illinois, du gouvernement.
01:05:58Je les ai appelés et je leur ai dit « je veux nettoyer le Mississippi ».
01:06:01Pendant 4 ans, j'ai entendu les gens me répondre « qui es-tu gamin ? De quel genre de
01:06:07nettoyage parles-tu ? »
01:06:08Et « non, on n'a pas d'argent ».
01:06:1017 ans plus tard, je poursuis toujours ma mission.
01:06:14Aujourd'hui, on a nettoyé 798 sites sur 23 états, on a nettoyé 20 affluents, 70 000 volontaires se sont
01:06:21joints au projet.
01:06:23Vous êtes jeunes et tout le monde vous dit que vous êtes le futur.
01:06:26Moi, je vous dis que vous êtes le présent, parce que vous pouvez faire la différence maintenant.
01:06:29Si vous voyez un problème, que vous ayez 17 ans, 14 ans, 13 ans, 12 ans, 11 ans, quel que
01:06:34soit votre âge, vous êtes plus puissant que vous ne le croyez.
01:06:36Vous pouvez changer les choses.
01:06:39Allez, applaudissons, quelle que soit la raison, c'est toujours agréable d'applaudir.
01:06:50Ici, nous sommes dans un centre opérationnel de nettoyage unique au monde.
01:06:55On a 4 barges, un remorqueur, une petite grue et une flotte de petits bateaux.
01:07:02On va de ville en ville, on rassemble les populations pour nettoyer le fleuve.
01:07:11Ce centre ne sert pas qu'à ramener les déchets, il sert aussi à les trier avant de les recycler.
01:07:21Tout est sur cette barge, avec un bateau, on amène tout ici, on trie et on recycle tout ça.
01:07:28Tout ce que tu trouves dans une grande surface, tu remues très fort et c'est ça qu'on trouve
01:07:33éparpillé dans le fleuve.
01:07:34Tout ce que tu peux imaginer.
01:07:40Imaginez qu'il y a 18 millions de personnes qui boivent une eau qui vient du Mississippi chaque jour.
01:07:44Certains endroits où je suis allé sont juste...
01:07:48Je ne peux même pas le décrire, c'est incroyable.
01:07:51J'ai trouvé des voitures, des vannes, des camions.
01:07:56C'est complètement fou ce qu'on trouve.
01:07:59Nous ne sommes pas financés par le gouvernement et ça coûte 2 millions de dollars par an pour gérer cette
01:08:04opération.
01:08:05Seulement des donations.
01:08:06Les gens ne sont pas obligés de donner, mais ils le font.
01:08:09Ce que je trouve génial, ce n'est pas la quantité de déchets qu'on sort,
01:08:14mais le nombre de gens qui sacrifient leur week-end,
01:08:17qui se lèvent à l'aurore et viennent travailler avec nous.
01:08:22Il y en a des milliers.
01:08:24C'est génial d'être le témoin de ça et d'y participer.
01:08:28Allez, suivez-moi.
01:08:57Je vais le faire.
01:08:59Une horreur.
01:09:02Il y en avait partout.
01:09:05Tout ce que tu vois ici était plein de déchets.
01:09:08Mais en 17 ans,
01:09:12on a vraiment changé les choses.
01:09:32Tu te rappelles le film Seul au monde ?
01:09:34Il n'y a que moi et Wilson ici.
01:09:37On trouve beaucoup de Wilson ici.
01:09:56Ce qui est agréable quand il y a une crue comme celle-là,
01:10:01c'est que tu peux naviguer au milieu d'une forêt sans jamais voir personne.
01:10:05Quand il y a une crue comme celle-là,
01:10:14C'est parti.
01:10:38Tout n'est pas jeté intentionnellement dans le fleuve.
01:10:40Il y a des trucs qui sont jetés ailleurs, mais avec la pluie, les rivières, ça finit ici.
01:10:53Chad a obtenu le prestigieux prix Jefferson, c'est-à-dire l'équivalent d'un prix Nobel aux Etats-Unis
01:10:59pour service rendu à la nation.
01:11:01Il donne la preuve qu'une simple idée portée par la passion est plus forte que tous les éléments contraires.
01:11:08Quand tu réfléchis, mon boulot, c'est de nettoyer le fleuve, de ramasser les poubelles, donc je suis un éboueur.
01:11:15C'est aussi simple que ça.
01:11:18Mais c'est un super métier. J'adore faire ça.
01:11:26Comme l'a dit Hemingway, le monde est un bel endroit qui vaut la peine qu'on le défende.
01:11:40Ma remontée du grand fleuve continue.
01:11:43Ma prochaine étape sera Minneapolis.
01:11:44La vie de Brat de golpe est unké accompli.
01:12:14Sous-titrage Société Radio-Canada
01:12:44...
01:13:17Quelles sont les origines du nom de Tahormine ?
01:13:21Tahormine a été une des premières colonies grecques.
01:13:24Les grecs ont d'abord fondé Messines,
01:13:26ensuite ils sont descendus vers Tahormine.
01:13:29Et Tahoroménion signifie en grec
01:13:31la montagne qui ressemble à un taureau.
01:13:42...
01:13:51Et qu'est-ce que c'est ça ?
01:13:53Ça, c'est notre spécialité.
01:13:54C'est quoi exactement ?
01:13:56C'est à base de ricotta.
01:13:59Ça, c'est très bon.
01:14:00Ce sont des cannolis.
01:14:01Merci.
01:14:05Alors, j'en profite pour te montrer une carte de l'Etna.
01:14:08Je vais t'expliquer ce qu'on va faire demain.
01:14:12Alors, demain, nous allons marcher.
01:14:14Marcher.
01:14:16Premier arrêt ici.
01:14:18Et là, je te montrerai un endroit très particulier
01:14:21jusqu'à ce qu'on arrive ici.
01:14:23Bon, parfait.
01:14:24L'Etna, c'est vraiment ta passion, on peut dire ça.
01:14:26Oui, et mon amour.
01:14:27C'est ça.
01:14:29Bon, écoute, je suis vraiment impatiente de découvrir ton amour
01:14:32parce que toi, tu es de Catane
01:14:34et tu t'es formée vraiment pour être guide sur l'Etna ?
01:14:36Oui, j'ai étudié pour devenir guide naturaliste.
01:14:40C'est ma plus grande passion
01:14:41et c'est le plus beau métier du monde.
01:14:46Connaître quelques langues étrangères t'aident,
01:14:47c'est donc un travail merveilleux.
01:14:49J'ai hâte de te faire découvrir le volcan demain.
01:14:51Très bien.
01:14:51Écoute, on va prendre un peu de vitamines alors
01:14:53pour notre découverte de l'Etna.
01:15:00Viens, suis-moi, Sophie.
01:15:06Ça, c'est la rue la plus étroite de Taormin.
01:15:19Je vais te montrer l'atelier d'un ami artisan
01:15:21qui travaille la céramique.
01:15:23Allez, on y va, c'est ici.
01:15:34Ciao, Marco.
01:15:35Ciao, bonjour, Sophie.
01:15:37Enchanté.
01:15:38Ça va ?
01:15:39Merci.
01:15:41Vous avez un très bel atelier.
01:15:43Merci, merci beaucoup.
01:15:46Qu'est-ce que vous étiez en train de faire ?
01:15:48Là, j'étais en train de dessiner
01:15:49un paysage traditionnel sicilien,
01:15:51dans la tradition des paysages qu'on faisait auparavant.
01:15:55Non, non, non, il ne faut pas toucher, s'il te plaît.
01:15:56Oh, pardon, pardon, excuse-moi, excuse-moi.
01:15:59Pardon, pardon.
01:16:00C'est très délicat.
01:16:01C'est des couleurs spéciales pour la céramique.
01:16:03Et il faut aussi imaginer le rendu final après la cuisson.
01:16:06Car les couleurs ne seront pas les mêmes
01:16:08une fois la cuisson terminée.
01:16:09Marco, la céramique, c'est une tradition ancienne ici, à Taormin ?
01:16:14Il y avait ici des artistes céramistes
01:16:16pendant le Moyen-Âge,
01:16:17ou plutôt la Renaissance,
01:16:18la période vers 1400.
01:16:20D'accord.
01:16:21Il fabriquait des décors avec des sujets,
01:16:24comme celui-là.
01:16:25C'est très beau, ça.
01:16:26Ça, c'est très joli.
01:16:28Celui-là représente l'arbre de la vie.
01:16:30C'est un petit peu comme de la bande dessinée,
01:16:31comme un livre ouvert, c'est céramique.
01:16:34Elle raconte notre terre, nos couleurs,
01:16:37nos images et aussi un peu de nos rêves.
01:16:40En arrivant, Julia, j'ai repéré quelque chose pour toi.
01:16:43Ah.
01:16:44Regarde.
01:16:44C'est un cadeau pour toi.
01:16:48Je vais te l'offrir, celui-là.
01:16:49Regarde.
01:16:50Le voyage, ce n'est pas de découvrir de nouvelles terres,
01:16:53mais de changer son regard.
01:17:07Oui, ce panorama est magnifique.
01:17:09Regarde la beauté de la mer.
01:17:10Elle est belle, plate, cristalline.
01:17:12Tu peux voir toute la côte de Taormin.
01:17:18C'est où le continent, alors ?
01:17:19Où est l'Italie ?
01:17:20L'Italie, c'est là-bas.
01:17:22Là-bas.
01:17:22D'accord.
01:17:23Et je peux te dire que depuis cet endroit,
01:17:25on peut apercevoir également mon Etna.
01:17:27Il est là-bas ?
01:17:28Il est là-bas, ton Etna.
01:17:30On ira demain.
01:17:38Plus au sud, la ville de Katan se réveille au pied de l'Etna.
01:17:42Aujourd'hui, la neige caresse les braises du volcan,
01:17:45mais il n'est pas rare de voir une pluie de cendres s'abattre sur la cité.
01:17:48Tous les matins, les habitants offrent leur premier regard au volcan,
01:17:52l'un des plus actifs au monde.
01:17:53Et la journée peut commencer.
01:17:57Bonjour, un granita au citron avec une brioche, s'il vous plaît.
01:18:11Autrefois, les chartiers descendaient la neige de l'Etna jusqu'à Katania.
01:18:16Et quand il faisait particulièrement chaud,
01:18:18cette glace qu'ils amenaient au marché aux poissons,
01:18:21ils la mélangeaient avec du jus de citron.
01:18:23Et on la mangeait.
01:18:25C'est comme ça qu'est née la granita, la spécialité de Katania.
01:18:39En 1669, la colère de l'Etna détruit Katania.
01:18:42Un milliard de mètres cubes de lave ensevelisse la ville.
01:18:47Et comme dans l'insouciance d'une nouvelle catastrophe,
01:18:50Katan renaît de ses cendres.
01:18:53Il est beau, mon poisson.
01:18:54Je vais en prendre une tranche.
01:18:58Tiens, regarde comme elle est belle, celle-là.
01:19:01Une renaissance avec la lave destructrice pour se reconstruire.
01:19:06À Katan, la lave est partout sur les murs,
01:19:09aux fenêtres, par terre.
01:19:12Cette pierre-là, c'est de la lave.
01:19:17À Katan, tout est noir.
01:19:20Cette couleur fait partie de ma vie.
01:19:23Toi, tu regardes un arbre le matin, moi la lave.
01:19:26Elle fait partie de moi.
01:19:27Je la sens couler en moi, dans mon sang.
01:19:32Massimo remonte la Via Etnea, une coulée d'asphalte pour relier la mer au volcan.
01:19:37Comme dans toutes les communes de cette terre de feu, une rue célèbre le géant incandescent.
01:19:43L'Etnea te protège comme une mer.
01:19:47Si tu le regardes et que tu le connais, il te parle.
01:19:51Il te dit s'il fait beau ou mauvais.
01:19:53D'où vient le vent ?
01:19:55Tous les habitants de Katan qui se respectent se tournent au moins une fois par jour vers l'Etnea.
01:20:03Pourtant, un dicton sicilien dit « Lorsque le volcan est ternu, Katan tremble ».
01:20:09Alors qu'il fume ou qu'il gronde, les croyants se tournent vers la Vierge,
01:20:13comme dans ce sanctuaire dédié à Sainte-Marie-de-la-Roche, pour implorer la clémence du volcan.
01:20:28Car les forges menaçantes de vulcains savent se montrer prodigues.
01:20:32Agrumes, pistaches, olives.
01:20:35Sur les flancs du volcan, la terre est fertile.
01:20:37Elle nourrit la ville.
01:20:40Les vignes de Sebastiano sont plantées sur une ancienne coulée.
01:20:47C'est du Nerelo mascalésé.
01:20:50Oui, c'est ça.
01:20:54Lorsque l'Etna prépare une éruption, il nous prévient.
01:20:57Il crache des cendres qui nous donnent un truc en plus.
01:21:01Les cendres tombent, elles apportent des sels minéraux à la terre, ce qui la rend plus fertile.
01:21:05La terre se régénère à chaque fois.
01:21:10Je vais te faire goûter mon vin.
01:21:12Ah, bonne idée.
01:21:17Regarde ce rouge cerise brillant.
01:21:20On le doit à notre terre.
01:21:22L'Etna, ce n'est absolument pas une menace.
01:21:25Moi, j'aime le voir comme une femme sicilienne particulièrement susceptible.
01:21:30De temps en temps, elle s'énerve et pendant cinq minutes, elle se met en colère.
01:21:40Enfin, la sicilienne s'énerve quand même très régulièrement, si ce n'est pas tous les ans.
01:21:46Et parfois, pendant plusieurs mois, ces villages sont menacés.
01:21:49La lave s'approche dangereusement.
01:22:03Imaginez qu'ici, on est au centre de la coulée de lave de 2001.
01:22:07Tout était rouge, tout était en mouvement.
01:22:14Il y a quelques mois, Giuseppe a filmé ces images.
01:22:18À chaque nouvelle éruption, ils jouent avec le feu.
01:22:25On dort sous la tente pendant plusieurs jours.
01:22:27On avance vers le cratère en évitant les pierres qui nous tombent dessus.
01:22:33Les semelles de nos chaussures ont même un peu fondu.
01:22:36Ça sent le caoutchouc brûler.
01:22:37L'odeur typique quand on s'approche trop près du volcan.
01:22:51C'est étrange, à Catane, tout le monde dit qu'on va sur la montagne, alors que c'est un
01:22:55volcan.
01:22:56Je ne comprends pas pourquoi.
01:22:58C'est peut-être une façon d'exorciser, d'oublier que c'est l'un des volcans les plus actifs
01:23:02au monde.
01:23:35Alors, je t'avais dit que j'avais une surprise.
01:23:37Maintenant, on est à l'intérieur du volcan.
01:23:40N'aie pas peur, parce que ce sont des grottes tout à fait normales qui se sont formées à la
01:23:44suite d'une série d'éruptions.
01:23:47Celle-ci date de 1792.
01:23:51J'ai vraiment l'impression qu'on entre dans le ventre du volcan.
01:23:55Oui, c'est ça.
01:23:56C'est ça.
01:23:57C'est parti.
01:24:05Fais attention à ta tête.
01:24:16C'est vraiment important pour toi de venir dans les entrailles du volcan.
01:24:18Tu as l'impression qu'on le comprend, qu'on le connaît un petit peu mieux.
01:24:22Oui, c'est très important pour comprendre la dynamique d'une éruption et la conséquence qui n'est pas toujours
01:24:27destruction, mais aussi création.
01:24:44Pour moi, c'est vraiment quelque chose d'incroyable d'être là sur l'étin.
01:24:48J'en rêvais depuis longtemps.
01:24:49De toute façon, c'est toujours quelque chose d'exceptionnel d'être ici.
01:24:53Oui, chaque jour, c'est une émotion différente.
01:24:56Quand nous changeons de saison, les fleurs, les feuilles des arbres qui changent de couleur, c'est un changement continu.
01:25:04Pour les Catanés, l'Etna, c'est une fierté et une mère.
01:25:07C'est notre montagne, on en est très fiers.
01:25:10On appelle l'Etna la dame.
01:25:12Quand l'Etna se revêt de blanc l'hiver, on dit que la dame s'habille d'une robe blanche,
01:25:16comme si elle se mariait avec l'hiver.
01:25:19On a ce lien très fort, très familial avec notre volcan.
01:25:22Il a toujours été là.
01:25:37Là, Julia, je vois un cratère, mais il y en a plusieurs, c'est ça, des cratères à l'Etna
01:25:41?
01:25:41Oui, sur l'Etna, il y a plus de 300 cratères comme celui-là.
01:25:46Ce n'est pas un volcan de type explosif.
01:25:49Nous avons un volcan de type effusif.
01:25:51Quand tu vois la lave qui sort, c'est fascinant.
01:25:54C'est un volcan de type explosif.
01:26:23Merci beaucoup.
01:26:28Cette brume qui nous accompagne, ici, c'est quelque chose de très normal.
01:26:33Et maintenant, pour nous consoler, j'ai une surprise pour toi.
01:26:39Non ! Un cadeau pour moi !
01:26:41Oui, c'est la pistache de l'Etna.
01:26:45L'or vert, mais comestible.
01:26:51Je vais en prendre moi aussi.
01:26:53Elles sont très très bonnes.
01:26:54Et il y en a un des trésors, ici, sur l'Etna.
01:26:57Mais probablement une des plus belles récompenses, j'imagine, c'est d'assister à une éruption du volcan.
01:27:02C'était quand, la dernière fois, et tu y étais ?
01:27:04Oui, c'était cette année.
01:27:06Je l'ai vu naître, cette éruption, parce que j'ai suivi l'activité au fur et à mesure.
01:27:11On a senti des tremblements volcaniques.
01:27:13Ensuite, nous avons vu les projections de cendres.
01:27:17Voir cette coulée de lave incandescente dans l'obscurité, faire un trekking de nuit et la fatigue,
01:27:21ça, je n'oublierai jamais.
01:27:23Surtout le fait de respirer cette atmosphère volcanique, c'est une sensation vraiment inoubliable.
01:27:53Alors Sophie, j'espère que tu as passé un bon moment aujourd'hui.
01:27:56Écoute, j'ai adoré cette journée, vraiment, merci beaucoup.
01:27:59J'espère quand même, un jour, pouvoir voir l'Etna en éruption.
01:28:04On verra.
01:28:05J'espère, moi aussi.
01:28:07Tu sais que tu peux revenir quand tu veux.
01:28:10Bon, là, en tout cas, il est dans la brume, mais ce n'est pas grave.
01:28:12Grâce à toi, ces échappées belles se terminent en beauté.
01:28:16Merci beaucoup, ma chère Giulia.
01:28:17Merci.
01:28:18Merci pour tout.
01:28:19Tout à l'heure, tu m'as fait un cadeau.
01:28:20Tu m'as offert des petites pistaches.
01:28:22Moi aussi, j'ai un cadeau pour toi.
01:28:24Tu vas voir, je suis sûre que ça va te plaire.
01:28:26C'est Maurizio, le boulanger de Santarita.
01:28:29C'est un très, très bon pain.
01:28:31Voilà.
01:28:32C'est moi qui l'ai fait.
01:28:33Cadeau.
01:28:34Ah, merci.
01:28:36Merci.
01:28:37Je t'en prie, c'est moi qui te remercie.
01:28:39Merci.
01:28:40Voilà, j'espère que ces échappées belles vous auront plu.
01:28:42Comme d'habitude, on se retrouve bientôt pour un nouveau voyage.
01:28:46D'ailleurs, comment on dit...
01:28:47Tu t'es mis d'affaires et de bouliner.
01:28:49Comment on dit « faites de beaux voyages » en italien ?
01:28:51Bon voyage.
01:28:52Eh bien, voilà.
01:28:53Faites bon voyage.
01:28:54Tout est dit.
01:28:54Je vous embrasse.
01:28:55A très bientôt.
01:28:56Ciao.
01:28:56Ciao.
01:28:57Ciao.
01:28:58Ciao.
01:29:03Ciao.
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