- il y a 10 ans
Echappées belles : Afrique du Sud Sophie part en Afrique du Sud, d'abord à Johannesburg, qui a été bâti avec la ruée vers l'or. Puis à Soweto, qui est devenue ...
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00:00:00Musique
00:00:44C'est une danse traditionnelle Tuana.
00:00:49Les Tuana étaient l'une des premières tribus à habiter dans la province de Gauteng.
00:00:55Donc la musique est très importante dans cette région d'Afrique du Sud.
00:01:03Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver pour un voyage envoûtant en Afrique du Sud.
00:01:08Le point de départ c'est ici, c'est Johannesburg. Je vous présente les bons.
00:01:11Ça va les bons ?
00:01:12Ça va.
00:01:13Alors j'ai dit Johannesburg, mais je pourrais dire Jobourg aussi, c'est la même chose ?
00:01:17Oui, c'est la même chose.
00:01:20En fait, la ville a été baptisée Johannesburg par Paul Kruger, le premier président d'Afrique du Sud.
00:01:27Mais maintenant, Jobourg, c'est le terme en argot qui rassemble tout le monde.
00:01:31Tous ceux qui sont venus à Johannesburg pour s'ouvrir l'esprit.
00:01:34On dit aussi Josie.
00:01:35Oui, parce que c'est aussi Josie. Jobourg ou Josie.
00:01:47Suéthane, your African beauty.
00:01:49C'est en anglais, Jordan.
00:01:52Combien il y a de langues officielles ici en Afrique du Sud ?
00:01:55Il y a onze langues en fait. Neuf sont autochtones.
00:01:58On a aussi l'anglais et l'africain.
00:02:11Bien souvent, lorsqu'on parle de l'Afrique du Sud, on parle de la nation arc-en-cienne.
00:02:16C'est le prix Nobel de la paix d'Espontoutou qui disait ça.
00:02:18Qu'est-ce que ça signifiait exactement ?
00:02:21Ce qui s'est passé, c'est que quand l'apartheid a commencé, des classifications raciales ont été créées.
00:02:26Il y avait les noirs, les blancs, les jaunes.
00:02:29Peu importe. Réunissons tout le monde.
00:02:31Voilà, c'est ça. On peut vivre tous ensemble, quelle que soit la race.
00:02:35Et c'est ça qu'on appelle la nation arc-en-cienne.
00:02:37Il y a un autre homme très important, c'est Mandela.
00:02:40Là, on est sur le pont, Nelson Mandela.
00:02:43Ah oui. Se promener sur ce pont qui lui a été dédié, ça réunit les gens parce que le pont
00:02:50relie une partie de la ville à l'autre côté.
00:02:55Mandela représente l'unité entre les gens et le pont et le lien entre les deux communautés divisées.
00:03:07Ce sont des gens comme toi, les mots, qui représentent l'avenir du pays.
00:03:12Ça, c'est sûr. Le futur dépend de nous.
00:03:15Mais tu ne peux jamais faire avancer les choses tout seul.
00:03:18Tu le fais entre communautés, comme une seule et même nation.
00:03:22Il y a énormément de jeunes gens de mon âge ici, dans ma communauté ou en dehors, qui font un
00:03:26travail énorme.
00:03:27Donc le futur s'annonce prometteur.
00:03:32Un futur prometteur, Zola en a rêvé depuis toujours.
00:03:36Avec des centaines de milliers de disques vendus, il est devenu une superstar.
00:03:40Sa marque de fabrique, c'est le Kuaïto, le rap du ghetto, l'emblème de la jeunesse noire post-apartheid.
00:03:47Bien sûr, c'est de la dance, mais je suis quelqu'un qui se pose beaucoup de questions, sans mentir.
00:03:51Je fais parler les gens à travers mes chansons.
00:03:53Une des choses que le Kuaïto nous a apporté, c'est qu'aujourd'hui nous avons nos propres labels.
00:03:59La génération d'avant n'avait pas ça.
00:04:02Elle n'avait malheureusement pas la possibilité de s'exprimer.
00:04:05Sinon, elle se faisait tuer ou elle devait prendre l'avion pour s'exiler en Europe.
00:04:15Zola est aujourd'hui à la tête d'un empire.
00:04:17Roi du Kuaïto, mais pas seulement.
00:04:20Il a son propre show de télé-réalité, l'un des plus regardés du pays.
00:04:24Le faiseur de rêve, comme on l'appelle, entreprend d'aider les gens.
00:04:30Cet endroit a été fermé pendant 7 ans, ce qui veut dire qu'il y a eu un paquet de
00:04:33gens qui n'ont pas travaillé pendant ces années.
00:04:35Ici, on a besoin de quelqu'un qui se charge de l'entretien, d'un garde aussi et des maîtres
00:04:38nageurs.
00:04:39Donc à la fin de journée, on pourra dire que Zola n'a pas seulement sauvé des enfants, mais a
00:04:43aussi créé un certain environnement et de l'emploi.
00:04:49On suit le rêve de Mandela qui voulait que les gens soient impliqués dans la société et se sentent responsables
00:04:54en aidant à remettre sur pied le pays.
00:04:56J'ai grandi dans un contexte où tu dois t'investir. Je n'ai jamais été un enfant individualiste.
00:05:02Je regarde l'émission Zola 7 tous les jeudis soirs à la télé.
00:05:06Et je peux voir qu'il fait des miracles et qu'il aide beaucoup les gens.
00:05:09On peut dire que c'est notre Jésus, envoyé de Dieu.
00:05:28Bienvenue à Soweto, les amis.
00:05:31Nous sommes maintenant officiellement dans Zola, le quartier où je suis né.
00:05:39Si les gens ont envie d'avoir de belles choses dans la vie, moi ça me va.
00:05:45Parce qu'il faut toujours avoir des rêves dans la vie.
00:05:47La question c'est comment tu vas les obtenir.
00:05:50Peu importe d'où tu viens, tu dois être un chercheur d'or et te battre pour obtenir les choses
00:05:54que tu veux.
00:05:54Fin de l'histoire.
00:05:57Vive le Père de la Nation !
00:06:00Le pouvoir au peuple !
00:06:08Zola revient régulièrement dans son quartier d'enfance, l'un des plus durs de Soweto.
00:06:17Il a réussi et il le montre, pour donner l'exemple.
00:06:21Je continue à venir ici parce que c'est un endroit spirituel pour moi.
00:06:25Ça me permet de ne pas oublier que je suis humain.
00:06:27C'est aussi une source d'inspiration pour mes chansons.
00:06:30Je puise mon inspiration chez ces mecs, assis là-bas, auprès des grands-mères, des enfants.
00:06:34Tous ces gens sont une forme d'inspiration dans ma vie.
00:06:37L'aura et la magie de ce lieu sont là, intactes, et n'en sont jamais parties.
00:06:56C'est toi qui as une idée d'organiser ces balades à vélo dans Soweto ?
00:07:02Oui, c'est exactement ça.
00:07:05Le but, c'est d'amener les gens à découvrir le meilleur de Soweto.
00:07:11À vélo, les gens peuvent venir te toucher la main.
00:07:15Toi, tu peux profiter des sons.
00:07:16Tu peux sentir l'odeur de la cuisine locale.
00:07:19Et c'est ça que je veux que les visiteurs ressentent quand ils viennent à Soweto.
00:07:34Regarde Sophie, ça c'est la maison de Nelson Mandela.
00:07:37Elle a été transformée en musée.
00:07:41En fait, t'as vraiment voulu donner une nouvelle vision de Soweto ?
00:07:46Oui, c'est un regard différent et une autre façon de vivre Soweto.
00:07:51Et c'est un sentiment différent que les gens veulent vivre à Soweto.
00:07:55C'est la possibilité de vivre quelque chose de nouveau
00:07:58qui va te donner plein d'espoir et de voir que la nation avance.
00:08:27On est où là exactement, le bourre ?
00:08:29Ici, c'est le mémorial d'Hector Peterson.
00:08:33Et on va aller voir Antoinette.
00:08:35C'est la sœur d'Hector.
00:08:37Antoinette.
00:08:38C'est la sœur d'Hector.
00:08:46Que s'est-il passé le 16 juin 1976 ?
00:08:50On était très enthousiastes de prendre part à cette manifestation.
00:08:54Tout le monde avait le sentiment qu'il fallait être là.
00:08:57Et on se sentait très libres.
00:09:01Parce qu'il n'y avait pas d'adultes pour nous dire ce qu'il fallait faire
00:09:04ou ce qu'il ne fallait pas faire.
00:09:06Et en plus, on sentait que si on était tous ensemble,
00:09:10notre voix se ferait mieux entendre.
00:09:14Mais ce 16 juin, votre frère a perdu la vie.
00:09:16Est-ce que Hector est un symbole ?
00:09:19Si tu cites le nom d'Hector Peterson,
00:09:21la première chose qui te vient à l'esprit,
00:09:23ce sont les émeutes de 1976.
00:09:26Et ça a été un virage pour tous les Sud-Africains.
00:09:28Parce qu'on a des droits aujourd'hui.
00:09:30Tout le monde vote.
00:09:32On ne pensait pas à l'époque que ce que les étudiants faisaient
00:09:35allait changer nos vies.
00:09:36C'était juste une manifestation étudiante.
00:09:38Quel est le message le plus important pour vous
00:09:41que vous voulez transmettre ?
00:09:42Ce qu'on doit faire avant tout, c'est pardonner,
00:09:46sans pour autant oublier.
00:09:47Parce que si tu oublies, tu ne sais plus d'où tu viens.
00:09:50Alors tu as besoin de regarder derrière toi tout le temps.
00:09:53Je suis là aujourd'hui.
00:09:55Je me suis construite grâce à mon passé.
00:09:58Ça m'a poussé à devenir meilleure.
00:10:00Pas seulement pour moi, mais pour les autres aussi.
00:10:02Et surtout pour le pays.
00:10:25Ça c'est la Kaisa.
00:10:31Merci.
00:10:32You are welcome.
00:10:34You are welcome to Soweto.
00:10:41Thank you.
00:10:44Yes, but that's what we do.
00:10:48Dance with me, Sophie.
00:10:50You are welcome to Soweto.
00:10:54You are welcome.
00:10:56You are welcome.
00:10:57You are welcome.
00:11:00You are welcome.
00:11:02Vous êtes bienvenu, vous êtes bienvenu, vous êtes bienvenu à la chèque.
00:11:16On est chez vous, ici ?
00:11:19Ouais, c'est là que les gens viennent s'amuser.
00:11:21Toncheat style.
00:11:24C'est quoi en fait, cette idée ?
00:11:27Les gens n'avaient pas le droit de vendre de l'alcool pendant l'apartheid.
00:11:31La police arrêtait les contrevenants.
00:11:35La vente était clandestine.
00:11:36Derrière les habitations, il y avait toujours un coin caché où l'on vendait de l'alcool.
00:11:43Comment tu expliquerais, toi, justement, ce caractère un petit peu particulier de Soweto ?
00:11:49C'est un mélange de différents éléments.
00:11:52C'est un musée vivant.
00:11:53C'est un baromètre pour tous les townships d'Afrique du Sud.
00:11:57Plus simplement, je dirais, si Soweto s'enrume, c'est toute l'Afrique du Sud qui éternue.
00:12:01On va catcher le code.
00:12:28Ici, on est dans la partie historique.
00:12:32Elle montre comment l'apartheid avait imposé un mode de vie.
00:12:41Certains bâtiments étaient habités uniquement par des hommes.
00:12:46Et d'autres endroits autour de Soweto étaient prévus pour les femmes.
00:12:50Et maintenant, comment est l'enfance de tous ces petits ?
00:12:55La plupart des gens n'ont pas accès à l'éducation.
00:12:59Le taux de chômage reste très élevé.
00:13:01Mais oui, il y a de l'espoir.
00:13:04Des projets communautaires où les femmes et la jeunesse s'unissent
00:13:07pour s'affranchir de la pauvreté dans laquelle ils vivent au jour le jour.
00:13:23Clip Town est un des ghettos les plus vieux et l'un des plus pauvres de Soweto.
00:13:26Mais ici aussi, malgré les conditions de vie difficiles, les enfants s'organisent.
00:13:30Logique, dans un pays où les très jeunes constituent un quart de la population.
00:13:40Bob Nameng, lui, revient de loin.
00:13:42Orphelin dès son plus jeune âge, il dédie aujourd'hui sa vie aux enfants de Clip Town.
00:13:49Est-ce que vous pouvez me donner une chanson ?
00:13:52Juste une chanson, pleine de force.
00:13:54Juste une, pour que j'ai de la force.
00:13:58Il y a un feu dans le ciel ?
00:14:00Il y a un feu dans le ciel ?
00:14:20Ici, quand tu es jeune, tu dois relever beaucoup de défis.
00:14:23Dans cette communauté, il n'y a pas de structure appropriée.
00:14:26L'assainissement est très mauvais.
00:14:27Il n'y a pas d'école, pas d'électricité.
00:14:29En résumé, il nous manque l'essentiel.
00:14:32Je suis un visionnaire.
00:14:34Je sais qu'un jour, je ne serai plus là, alors je veux laisser une trace.
00:14:37Je veux planter une graine qui fera une fleur magnifique dans l'avenir,
00:14:40pleine de couleurs, qui aura le droit de fleurir, d'embaumer,
00:14:43tout ça sur une terre bonne et fertile.
00:14:58C'est très important pour les enfants d'être créatifs, parce que sans créativité, ils ne pourront pas survivre.
00:15:05Alors si on les encourage dans ce sens, et qu'on leur offre des opportunités, c'est le meilleur moyen
00:15:09de leur donner un avenir.
00:15:20Je m'imagine vivre à Cliptown.
00:15:24Comme ça, je pourrais changer mon quartier avec la musique que je fais.
00:15:28J'aimerais que Cliptown avance.
00:15:30Je voudrais construire des maisons et de vraies rues.
00:15:38Et aussi la manière dont les gens vivent.
00:15:39C'est ça que j'aimerais vraiment changer.
00:15:46Depuis la fin de l'apartheid, l'éducation est une priorité pour la jeunesse de Soweto.
00:15:51A l'école Paul Mossaka, plus de 600 enfants viennent tous les jours en classe.
00:15:56Aujourd'hui, c'est dans leur langue que les petits écoliers apprennent leurs leçons.
00:16:01Des cours basés sur une éducation pratique et ludique, en lien direct avec leur quotidien.
00:16:15Je pense que le meilleur endroit pour garder les enfants, c'est l'école.
00:16:19Ils sont bien plus en sécurité ici que dans la rue.
00:16:22On leur enseigne des compétences utiles dans la vie.
00:16:25C'est ça qui les rend plus forts.
00:16:26Chaque jour est un challenge pour eux.
00:16:28On leur apprend l'histoire du pays et on leur explique les événements présents.
00:16:32Parce qu'ils doivent savoir d'où ils viennent.
00:16:36Oui, madame.
00:16:38Carnivore.
00:16:39Carnivore.
00:16:41Maintenant, je veux que vous me donniez la différence entre un éléphant et un lion.
00:16:45Un éléphant ne mange pas de viande.
00:16:47Que mange-t-il ?
00:16:48Il mange de l'herbe.
00:16:49Il mange des plantes.
00:16:51Il y a beaucoup de pauvreté, des problèmes financiers qui font que parfois ils ne viennent pas à l'école.
00:16:57Même si la plupart essayent de venir quand même.
00:17:07La jeunesse noire du ghetto est en marche, puisant dans les racines et les valeurs de la culture africaine.
00:17:13Au sein de l'association de Bob, les enfants apprennent une danse traditionnelle, le gumboots.
00:17:29C'est une danse historique.
00:17:34Elle vient de loin.
00:17:37Nos grands-pères et nos pères faisaient ça dans les mines, quand ils étaient enchaînés.
00:17:44La danse gumboots, c'est un peu comme une arme pour moi.
00:17:47Je ne vais pas faire la guerre avec mon fusil.
00:17:49À la place, j'ai cette danse.
00:17:50C'est ma force.
00:18:11C'est la seule auberge pour backpackers à Soweto ?
00:18:15Oui, j'ai ouvert il y a six ans.
00:18:18J'espère qu'avec un endroit comme ça, les gens vont prendre le temps de rester à Soweto.
00:18:22C'est important que les gens puissent venir ici sans avoir peur et soient immergés dans l'ambiance du township,
00:18:28plutôt que de juste venir enfermer dans un bus, ce qui est un peu insultant pour nous.
00:18:34Le problème de ce genre de tourisme, c'est que ça met de la distance entre les gens.
00:18:38Ils voient juste les bus passer et ça a une mauvaise influence.
00:18:43Est-ce qu'aujourd'hui, il y a, entre les Noirs et les Blancs, encore une espèce de frontière invisible
00:18:49entre vous ?
00:18:51Pour ma génération, je pense que les changements ont eu lieu un peu trop tard.
00:18:54On a grandi sous un système qui nous avait appris une certaine façon de faire et c'est parfois très
00:18:58difficile de changer.
00:18:59Mon cercle d'amis, par exemple, je n'arrive pas à leur faire comprendre qu'il est possible de venir
00:19:02à Soweto.
00:19:05Psychologiquement, c'est un...
00:19:06La communauté blanche n'est pas prête. Enfin, c'est ce qu'on pense ici, en tout cas.
00:19:12Parce qu'ici, les gens, d'où qu'ils viennent, sont toujours les bienvenus.
00:19:15Une bonne adresse. C'est un bon plan, une bonne adresse.
00:19:18Bon, on a de la route, nous, Marc.
00:19:21Alors, on doit aller à un nom que je n'arrive pas à prononcer.
00:19:24Mpalinga.
00:19:25Mpalinga.
00:19:26Ok.
00:19:29Voilà, donc actuellement, nous sommes à Soweto, ici, juste au sud, ouest de la ville de Johannesburg.
00:19:34Puis on va monter, on va prendre l'autoroute vers la capitale, Pretoria, qui d'ailleurs change de nom.
00:19:39Change de nom, c'est-à-dire ?
00:19:40On va rejoindre, puis ensuite, on prendra cette route-là.
00:19:43On traversera une zone plutôt reculée, pour atteindre Siabouzois, qui est ici, entre deux provinces, entre le Mpumalinga et le
00:19:51Limpopo.
00:19:52Et c'est là où on va rencontrer des Nembelés.
00:19:54Voilà, le village Nembelé, exactement.
00:19:57Tu connais bien l'Afrique du Sud ? C'est vrai que combien de temps tu vis ici ?
00:19:59Je suis n'assuré.
00:20:00J'ai quitté mon lieu de naissance à six semaines.
00:20:02Comme si tu étais d'ici.
00:20:03Voilà.
00:20:04Mon père est d'ici, d'ailleurs.
00:20:05Oui.
00:20:05Donc ma mère est française.
00:20:06D'où le français qui est important pour toi.
00:20:08Voilà, c'est ma mère qui me l'a pris.
00:20:34Sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:05Ça, j'ai compris.
00:21:06Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:21:07Il y a quelque chose qui ne va pas chez toi.
00:21:08Ah, il y a quelque chose qui ne va pas chez moi.
00:21:10C'est ça ?
00:21:10Là ?
00:21:11Là, il y a quelque chose qui ne va pas là.
00:21:13Là ?
00:21:14Oula, c'est grave, tu crois ?
00:21:24Cette dame est ce qu'on appelle Saint-Goma.
00:21:26Elle est guérisseuse.
00:21:28Chez les Africains, c'est un devoir, en fait.
00:21:30On est appelé à cette profession.
00:21:32Son père l'était aussi.
00:21:33D'accord.
00:21:34Et donc, elle fait appel aux ancêtres pour l'aider à deviner le futur.
00:21:38Qui peut de vous dire Saint-Goma ?
00:21:40Vous, pourquoi vous êtes Saint-Goma ?
00:21:43Apparemment, la question ne se pose pas.
00:21:46Je me suis vue Saint-Goma dans mes rêves.
00:21:49Et ce sont les ancêtres qui ont souhaité ça.
00:21:52Quel type de questions ils vous posent ?
00:21:54Qu'est-ce qu'ils veulent savoir, en général ?
00:21:57Les gens ne me posent pas vraiment de questions.
00:22:02Ils attendent juste deux mois que je devine leur avenir.
00:22:05Moi, je jette juste les eaux.
00:22:07Et ce sont les eaux qui me parlent.
00:22:11Dis-moi, est-ce qu'on retrouve des sangomas dans les différentes communautés qui composent l'Afrique du Sud ?
00:22:15Ah oui, absolument.
00:22:16Absolument, dans toutes les communautés.
00:22:18Dans les zones urbaines, aussi bien que les zones rurales.
00:22:21Cette dame, par exemple, est une sangoma, une guérisseuse du groupe Ndebele.
00:22:25Et c'est intéressant d'ailleurs, parce que les Ndebele, c'est quand même une tribu,
00:22:28par rapport aux autres tribus sud-africaines, c'est intéressant parce qu'historiquement,
00:22:32ils ont été éparpillés un peu partout, par des circonstances assez bizarres.
00:22:37On reconnaît leur présence à ces étranges motifs colorés.
00:22:41Les Ndebele se sont toujours démarqués dans la brousse sud-africaine.
00:22:45Ce peuple ancien s'est forgé une culture particulière en résistant aux blancs pendant l'apartheid.
00:22:51Leur art mêle la peinture et l'architecture,
00:22:53et un mystère plane sur la signification de ces fresques murales.
00:22:58Même les femmes, seules détentrices de ce savoir-faire,
00:23:01n'expliquent pas vraiment ces formes géométriques qu'elles reproduisent en famille.
00:23:15J'ai commencé à peindre comme ça.
00:23:17Je suis si heureuse.
00:23:21C'est ma culture.
00:23:25J'ai grandi comme ça.
00:23:27Ma mère a peint sa maison, comme ma grand-mère auparavant,
00:23:31et moi, je fais pareil.
00:23:37Quand tu es une femme et que tu te maries,
00:23:40tu dois peindre ta première maison pour montrer que ça y est,
00:23:43tu es une femme mariée.
00:23:46Au début, la technique est difficile,
00:23:48mais avec le temps, ça devient facile.
00:23:53Mais la culture Ndebele est en danger.
00:23:55Les villages perdent leurs couleurs.
00:23:57Les populations partent vers les villes
00:23:58et ne trouvent plus le temps pour peindre leurs maisons.
00:24:01Celles qui tiennent encore le pinceau se comptent sur les doigts d'une main.
00:24:04C'est le cas de Anna,
00:24:05qui anime un atelier hebdomadaire gratuit et ouvert à tous.
00:24:09Fais voir.
00:24:11Voix, ici, il ne faut pas mélanger les couleurs.
00:24:13Là, tu dois mettre du bleu et là, du rouge.
00:24:18J'ai appris à peindre avec des artistes reconnus.
00:24:21J'aime peindre.
00:24:22Je ne voulais pas être la seule à savoir peindre.
00:24:25Du coup, j'ai décidé de transmettre mon savoir aux jeunes générations.
00:24:30J'apprends aux enfants à peindre,
00:24:31car ça fait partie de leur culture.
00:24:33Et puis, ça leur permet de ne pas oublier d'où ils viennent,
00:24:36leurs racines et la tradition.
00:24:46Les jeunes filles apprennent à dessiner à main levée,
00:24:49sans mesure ni esquisse préalable des formes géométriques.
00:24:53Un apprentissage particulièrement délicat.
00:24:58Ce n'est pas facile à apprendre,
00:25:01même si on fait déjà de la peinture à l'école.
00:25:04Ce qui est difficile, c'est qu'on n'utilise pas de règles
00:25:07et qu'on doit faire des traits bien droits.
00:25:09On apprend à peindre à la manière Ndebele.
00:25:12On est fiers de ça.
00:25:17Esther, elle, n'a jamais rangé ses pinceaux.
00:25:20À 73 ans, elle est devenue une artiste mondialement reconnue.
00:25:23Ses fresques s'exposent un peu partout dans le monde,
00:25:26grâce à l'introduction de quelques techniques modernes
00:25:29dans la méthode traditionnelle Ndebele.
00:25:40Avant, il n'y avait pas autant de couleurs.
00:25:43Seulement celle de l'argile.
00:25:45Puis ça a changé.
00:25:47Les peintures industrielles sont apparues
00:25:49et avec elles, de nouvelles couleurs.
00:25:52Pour moi, il y a des usages à respecter.
00:25:55Comme ne pas se servir de règles
00:25:57ou utiliser des plumes de poulet.
00:25:59On ne peut pas changer les motifs non plus.
00:26:02Il faut toujours peindre de la même manière.
00:26:05On ne peint pas ce qu'on veut.
00:26:10Esther puise son inspiration dans ses racines
00:26:12et dans le monde moderne qui l'entoure.
00:26:15Sa touche personnelle,
00:26:16ce sont ses scènes de la vie quotidienne.
00:26:19Grâce à son travail,
00:26:20elle contribue à la reconnaissance
00:26:22de la reine Ndebele dans le monde entier.
00:27:17On arrive à l'entrée du canyon.
00:27:19C'est un endroit très connu.
00:27:20Les gens visitent toujours le cap et le parc Kruger.
00:27:22et sur la route,
00:27:23ils s'arrêtent au canyon de la Blade River.
00:27:25C'est le troisième plus grand canyon au monde.
00:27:27C'est le plus grand canyon arboré.
00:27:29Et l'un des plus beaux sites de ce pays.
00:27:34La rivière de la Joie,
00:27:35c'est un joli nom, ça ?
00:27:37Pourquoi ça s'appelle comme ça ?
00:27:38Il y a longtemps,
00:27:39quand les gens sont venus du cap
00:27:41et ont traversé le pays à pied,
00:27:42les hommes ont laissé les femmes
00:27:43au bord de cette rivière
00:27:44et sont partis devant
00:27:45chercher un nouvel endroit
00:27:46où s'installer.
00:27:48Les hommes se sont perdus
00:27:49et c'est comme ça qu'elle est devenue
00:27:50la rivière de la tristesse.
00:27:51C'est le trier river
00:27:52qui flouille dans la Blade.
00:27:53Et finalement,
00:27:54le groupe d'hommes a retrouvé
00:27:56les rives de la Blade
00:27:56et on l'a rebaptisé
00:27:58la rivière de la Joie.
00:27:59C'est le rivière de la Joie.
00:28:00C'est le rivière de la Joie.
00:28:21Enfin, regarde, autour de toi,
00:28:22il n'y a absolument rien,
00:28:23il n'y a personne,
00:28:24on est complètement...
00:28:25Mais j'ai du mal à croire
00:28:27que c'est un endroit
00:28:27qui est très touristique.
00:28:28Regarde, on est tout seul.
00:28:30Normalement, il y a beaucoup de touristes.
00:28:38Il y a beaucoup de choses
00:28:39à voir ici.
00:28:40Beaucoup d'oiseaux,
00:28:41beaucoup d'animaux.
00:28:42Quel genre d'animaux on peut voir ?
00:28:44Des gazelles, des koudous.
00:28:45C'est une sorte d'antilope.
00:28:46Des serpents, des hippopotames,
00:28:48des crocodiles.
00:28:50Juste en dessous,
00:28:51il y a des crocodiles.
00:28:52Oui, il y a des petits crocodiles,
00:28:54mais ils mangent les poissons.
00:28:56Les crocodiles ici,
00:28:57ils n'aiment pas les petites françaises.
00:28:58Je ne suis pas sûr,
00:28:59ils sont timides avec les femmes.
00:29:05C'est vraiment un endroit
00:29:06très important ici
00:29:07pour l'histoire
00:29:08de la géologie du pays.
00:29:10Ces montagnes sont très vieilles.
00:29:12C'est l'une des chaînes de montagne
00:29:14les plus anciennes de la planète.
00:29:16Tu as des rochers ici
00:29:17qui ont plus de 2 milliards d'années.
00:29:25Des gorges spectaculaires
00:29:27de plus de 20 kilomètres de long
00:29:28et profondes parfois
00:29:30de 1 kilomètre.
00:29:31Les pluies abondantes
00:29:33arrosent les reliefs granitiques
00:29:34et alimentent de très nombreuses cascades.
00:29:37La végétation luxuriante
00:29:38abrite une flore sans égale.
00:29:40Des pins et des eucalyptus
00:29:42ont même été plantés,
00:29:43permettant le développement
00:29:44de l'exploitation forestière.
00:29:46Le canyon de la Blyde River
00:29:48est un miracle de la nature.
00:29:50Ces paysages se sont formés
00:29:52à cause du lac
00:29:52qui recouvrait les hauteurs
00:29:54et a débordé de son lit.
00:29:55En se déversant,
00:29:56il a érodé toutes les roches tendres.
00:30:02La Blyde River, elle,
00:30:04a creusé la brèche
00:30:05et a formé le canyon.
00:30:07Avant, il y avait beaucoup plus d'eau.
00:30:09Le débit actuel n'aurait jamais pu faire ça.
00:30:13Les nombreuses traces d'érosion
00:30:15révèlent les millions d'années
00:30:16d'évolution du canyon.
00:30:22Toutes ces strates se sont fixées
00:30:23et ensuite, il y a eu des éruptions volcaniques
00:30:25dans le Lidenberg, au centre du pays.
00:30:27Ça a frappé ces roches
00:30:28et les a transformées en quartzite.
00:30:33La brèche géologique
00:30:34est la quatrième attraction touristique du pays.
00:30:37Ces panoramas spectaculaires
00:30:38attirent plus d'un million de visiteurs par an.
00:30:41Les trois cylindres
00:30:42trônent dans cet amphithéâtre
00:30:44au-dessus du lac artificiel.
00:30:46Ces trois collines doivent leur nom
00:30:48et leur silhouette de hutte traditionnelle
00:30:50à l'érosion des roches plus tendres,
00:30:52coiffées de quartz beaucoup plus robustes.
00:30:57Il y a ici comme un grand affaissement,
00:30:59une grande marche.
00:31:01Ça se détache de ce que l'on appelle
00:31:02le haut plateau jusqu'au bas plateau
00:31:04qu'on aperçoit là-bas,
00:31:05là où se trouvent les fermes.
00:31:07Ça s'affaisse de 1500 mètres.
00:31:10La raison pour laquelle ces montagnes
00:31:11n'ont pas disparu avec l'érosion,
00:31:12c'est que cette falaise est en quartzite noire,
00:31:14une roche extrêmement dure et résistante.
00:31:20À aucun autre endroit,
00:31:21la topographie de l'Afrique du Sud
00:31:22ne marque une rupture aussi frappante
00:31:24que le long du grand escarpement.
00:31:26Ici, le plateau central
00:31:28et les montagnes du Drakensberg
00:31:29s'effondrent dans la plaine agricole.
00:31:32Au-delà, c'est le paradis des agrumes
00:31:34et plus loin,
00:31:35la savane broussailleuse du parc Kruger.
00:31:49Salut Michel !
00:31:50Bonjour Sophie !
00:31:51Ça va ?
00:31:51Ça va, t'as fait bonne route ?
00:31:52Oui, je te présente Marc.
00:31:54Marc, Michel.
00:31:55Enchanté.
00:31:55Je vous installe ?
00:31:56Oui, très bien.
00:31:57On se retrouve tout à l'heure.
00:31:58Très bien.
00:31:59Surtout Sophie,
00:32:00tu ne sors pas du camp le jour
00:32:02ou la nuit
00:32:03parce qu'il peut y avoir
00:32:04des animaux sauvages,
00:32:05des hyènes, des léopards
00:32:06et parfois des lions.
00:32:06D'accord.
00:32:07Ils restent bien dans les allées la nuit
00:32:08de façon à éviter
00:32:09éventuellement de marcher
00:32:10sur un scorpion ou un serpent.
00:32:12Et enfin,
00:32:12ce qui est très important,
00:32:13c'est de toujours
00:32:13fermer le zip de la moustiquaire
00:32:16quand tu sors de la tente
00:32:17pour éviter que les petits singes
00:32:19rentrent à l'intérieur.
00:32:20Donc ça veut dire que chez toi,
00:32:21les moustiquaires,
00:32:22ça ne sert pas seulement aux moustiques ?
00:32:24Ça sert surtout aux singes
00:32:25il n'y a très peu de moustiques.
00:32:26Voilà ta chambre.
00:32:27C'est très, très beau, Michel.
00:32:28On se retourne au dîner ?
00:32:29Pour le dîner.
00:32:29Merci, Michel.
00:32:31C'est chouette, ici.
00:32:51Ils chantent en quelle langue, là ?
00:32:52Shang-Gan.
00:32:53Ils chantent en Shang-Gan
00:32:54et en Soutou
00:32:55parce qu'il y a les deux tribus
00:32:56ici qui sont représentées
00:32:58de manière à parts égales,
00:33:00on va dire, dans la région.
00:33:01Et toi, c'est l'amour
00:33:02de la faune sauvage
00:33:02qui t'a fait venir ici ?
00:33:03J'ai eu la chance
00:33:04quand j'étais enfant
00:33:06d'aller au Kenya
00:33:06avec mon père
00:33:07qui m'a amené
00:33:07quand j'avais 7 ans
00:33:08et on a vu les animaux,
00:33:10je crois,
00:33:10comme on ne peut plus les voir
00:33:11aujourd'hui là-bas.
00:33:12Et c'est ça que j'essaye
00:33:13de retrouver
00:33:14et surtout de transmettre
00:33:15ici aux gens qui viennent.
00:33:16Ici, on était avant
00:33:17dans l'écosystème
00:33:18du parc Kruger.
00:33:19Ça s'appelle
00:33:20le Greater Kruger.
00:33:21On est dans le Grand Kruger.
00:33:25c'est fantastique ici.
00:33:26Il y a des animaux,
00:33:27il y a des reptiles,
00:33:28il y a des oiseaux,
00:33:28il y a des plantes,
00:33:29il y a des rivières,
00:33:30il y a des rochers,
00:33:31il y a des étoiles.
00:33:32C'est tout ça
00:33:33que tu as envie
00:33:34de la faire découvrir.
00:33:35Pourquoi ici
00:33:35plus qu'ailleurs ?
00:33:37C'est un des derniers
00:33:39endroits de la planète
00:33:40où je crois
00:33:41qu'on retrouve
00:33:42ce qu'on était
00:33:43nous, humains,
00:33:44il y a encore
00:33:4510 000, 15 000
00:33:45ou 20 000 ans.
00:33:46On est dans un environnement
00:33:49subtropical.
00:33:50Le climat nous convient
00:33:52et je crois que quelque part
00:33:53quand on est ici
00:33:54et qu'on vit au milieu
00:33:55des animaux
00:33:56et en pleine savane,
00:33:57en pleine brousse,
00:33:58on se retrouve soi-même.
00:34:00C'est-à-dire qu'on est
00:34:01complètement authentique
00:34:02et il n'y a plus aucun
00:34:04artifice ici.
00:34:05Il y a très très peu
00:34:06d'endroits dans le monde
00:34:07aujourd'hui
00:34:07où on peut avoir
00:34:08cette chance.
00:34:09Demain matin,
00:34:10qu'est-ce qu'on va faire ?
00:34:11Peut-être pour commencer
00:34:12un petit safari
00:34:13sur la réserve
00:34:14avec Oscar
00:34:15qui vit...
00:34:15C'est le fiston, Oscar !
00:34:17Oui !
00:34:18Et qui vit ici
00:34:18parce qu'il est tout petit.
00:34:19Il y a des traces du père.
00:34:20Tu connais les bons coins ?
00:34:21Quelques-uns.
00:34:22Quelques-uns,
00:34:22c'est cool.
00:34:32Les zèbres sont juste devant nous.
00:34:34Oh là,
00:34:34ils sont juste à côté.
00:34:36Ah, ils sont beaux !
00:34:39Oscar,
00:34:39Oscar,
00:34:41les gérards
00:34:42sont entre le copier
00:34:44et la nuit de l'heure
00:34:44dont on vient de les trouver.
00:34:46Donc,
00:34:46c'est sur...
00:34:47Ok, bien sûr,
00:34:48on arrive.
00:34:58Oscar,
00:34:58regarde,
00:34:59elle est là !
00:35:01Voilà !
00:35:02Ah, voilà,
00:35:02on a trouvé une grand balle.
00:35:04Qu'est-ce qu'il est beau,
00:35:04dis-donc !
00:35:19Alors, Sophie,
00:35:20là,
00:35:21on est en présence
00:35:21d'un guépard sauvage,
00:35:22c'est une femelle.
00:35:23C'est un animal
00:35:24qui n'est absolument pas apprivoisé.
00:35:26Il y a quelques précautions
00:35:27à prendre.
00:35:28Premièrement,
00:35:29il faut qu'on reste groupé,
00:35:30l'un collé à l'autre.
00:35:32Deuxièmement,
00:35:32il faut qu'on lui montre
00:35:33qu'on n'a pas peur d'elle.
00:35:34C'est-à-dire qu'on reste de face,
00:35:36on ne recule pas,
00:35:37on ne se retourne pas
00:35:38et on ne part pas en courant.
00:35:40Là,
00:35:40elle nous a vus,
00:35:40elle nous a repérés
00:35:41et elle est allée se cacher
00:35:43puisque c'est un guépard sauvage
00:35:44et qu'elle a peur de l'homme.
00:35:45Donc,
00:35:45on va être obligés
00:35:46d'aller la chercher.
00:35:47Tu restes là,
00:35:48toi,
00:35:48Marc ?
00:35:49Absolument.
00:35:50Ok,
00:35:51je vois que tu es courageux.
00:35:52Je m'occupe du poulet.
00:35:53Oscar,
00:35:53tu restes en position ici.
00:35:55Tu es prêt à intervenir
00:35:56s'il y a un problème.
00:35:58Temba !
00:35:59Temba !
00:36:00Attends-moi,
00:36:01attends-moi.
00:36:02Attire-moi l'épaule,
00:36:03ça c'est bien.
00:36:04Toi,
00:36:04tu regardes,
00:36:05moi je suis toujours
00:36:05en marche arrière.
00:36:07Tembi !
00:36:07Viens ma bébé,
00:36:08viens.
00:36:09Voilà,
00:36:09c'est un gros chat.
00:36:10C'est le chat le plus rapide
00:36:12de tous les mammifères.
00:36:13Oui,
00:36:13j'ai vu,
00:36:13ouais.
00:36:14110 km heure
00:36:15en vitesse de pointe
00:36:17et c'est un animal
00:36:18qui chasse de jour,
00:36:19tu vois.
00:36:19Regarde bien,
00:36:20regarde.
00:36:20Si je fais ça,
00:36:21elle vient sur moi.
00:36:23Tu vois,
00:36:23si je fais semblant de partir,
00:36:25elle vient,
00:36:25ne bouge pas,
00:36:26viens.
00:36:27Voilà,
00:36:27viens,
00:36:27prends un petit bout de poulet,
00:36:28tu lui montes,
00:36:29tu avances un tout petit peu,
00:36:30tu te baisses,
00:36:30tu te mets à genoux là,
00:36:31à deux mètres devant.
00:36:32Vas-y,
00:36:32vas-y,
00:36:33vas-y,
00:36:33encore un peu.
00:36:34Avance encore,
00:36:35avance,
00:36:35avance.
00:36:36Baisse-toi,
00:36:37voilà.
00:36:38Je lui jette ?
00:36:39Et là,
00:36:39tu lui lances.
00:36:40Reste vers moi,
00:36:41je te souviens.
00:36:41Je suis derrière toi.
00:36:42Tu lui lances.
00:36:43Je peux me lever ?
00:36:43Ne bouge pas,
00:36:44ne bouge pas.
00:36:46Hop,
00:36:47voilà,
00:36:48tout va bien.
00:36:50Donne-moi la porte,
00:36:51vous trouverez-moi la porte.
00:36:54Ah bah dis donc,
00:36:56ça c'est une expérience
00:36:57unique, hein ?
00:36:58Tu sais quoi ?
00:36:59Je crois qu'elle détrône
00:37:00le roi des animaux.
00:37:01Je crois que c'est elle,
00:37:02la reine, hein ?
00:37:02C'est la reine du Kruger.
00:37:08C'est la reine du Kruger
00:37:09et de bien d'autres réserves privées
00:37:11qui entourent le parc national.
00:37:16Lanterud, par exemple,
00:37:17côtoie les guépards
00:37:18depuis toujours.
00:37:24C'est bien,
00:37:26tu te comportes bien.
00:37:27Je vais te chercher plus de viande
00:37:28parce que tu es vraiment beau.
00:37:30Tu es exceptionnelle, toi.
00:37:33Je l'ai élevé depuis qu'il est tout petit.
00:37:36Au départ,
00:37:37je voulais juste deux ou trois guépards
00:37:38pour en profiter pour moi
00:37:40parce que j'ai moi-même grandi
00:37:42avec un guépard.
00:37:43Mais finalement,
00:37:44j'ai aujourd'hui 35 guépards.
00:37:50Lanterud est aujourd'hui
00:37:51à la tête d'une réserve privée
00:37:52de 14 000 hectares.
00:37:54Depuis 1989,
00:37:56elle élève et protège
00:37:56au sein de son centre
00:37:57des espèces en danger.
00:38:04Quand tu es dans le bush
00:38:05et que tu sens cette ouverture,
00:38:07cette richesse
00:38:07et que tu es occupé
00:38:09avec les créatures de Dieu,
00:38:11alors tes batteries sont rechargées.
00:38:13Quand Lanterud n'est pas en brousse
00:38:15à observer ces animaux,
00:38:16elle dirige en véritable femme d'affaires
00:38:18une équipe de rangers
00:38:19chargée des visites guidées
00:38:20pour les touristes.
00:38:22Un apport financier indispensable
00:38:24pour la survie du centre.
00:38:27On parle d'éducation ici.
00:38:29L'éducation est vitale.
00:38:30On doit pouvoir montrer aux gens
00:38:32à quel point la vie sauvage
00:38:33est importante.
00:38:36Est-ce qu'il y a autre chose
00:38:37à ajouter à l'ordre du jour ?
00:38:42Les jeunes rangers du centre
00:38:44sont les yeux et les oreilles
00:38:45de Lanterud.
00:38:46Ils apprennent à reconnaître
00:38:47les différentes espèces
00:38:48et à déceler les problèmes éventuels.
00:38:52J'ai compté deux vautours de Nubie.
00:38:55Et quoi d'autre ?
00:38:56Rien d'autre.
00:39:00Des vautours du Cap.
00:39:01Il y en avait quatre.
00:39:02Leur numéro, c'est 3, 8, 5, 7, 4, 11.
00:39:07OK.
00:39:10La majorité, ce sont des jeunes.
00:39:12Et j'ai aussi compté
00:39:13quatre à cinq...
00:39:15Oui, je crois, cinq vautours du Cap adultes.
00:39:19Est-ce que c'est correct ?
00:39:20OK.
00:39:21All right.
00:39:23C'est bon.
00:39:26C'est bon.
00:39:27Mon grand-père me faisait des blagues.
00:39:29En fait, il développait ma créativité.
00:39:32Cet amour, cette passion,
00:39:34cette dévotion qu'il avait pour la nature,
00:39:36il me les a passées.
00:39:39J'en suis devenue consciente
00:39:41à mesure que j'ai grandi.
00:39:43Le rôle très important
00:39:44que nous avons en tant que guide
00:39:45est d'éduquer,
00:39:46de faire prendre conscience aux gens
00:39:47de leur environnement et des animaux.
00:39:59Je suis tellement privilégiée
00:40:01d'avoir ce que j'ai.
00:40:04Quand le centre de conservation
00:40:05des guépards a ouvert,
00:40:07j'ai senti que je m'accomplissais.
00:40:09J'ai eu l'impression
00:40:10d'être un peu plus importante.
00:40:13Les animaux vous aiment tellement.
00:40:15C'est une telle joie.
00:40:17Ils m'aiment et m'aimeront toujours.
00:40:19Ils ne me trahiront jamais.
00:40:25Lante espère qu'elle réussira son pari
00:40:28et qu'elle pourra un jour
00:40:29rendre les animaux du centre
00:40:30à la vie sauvage.
00:40:32Sous-titrage Société Radio-Canada
00:40:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:41:08Il faut savoir que ces éléphants
00:41:11sont capables de comprendre 80 mots.
00:41:13Je peux lui dire de faire certaines choses.
00:41:15Je peux lui dire de parler, par exemple.
00:41:17Vas-y, Jabou, parle.
00:41:19Oh !
00:41:20Hello, Jabou !
00:41:21Hello, Jabou !
00:41:23Il s'appelle Jaboulani,
00:41:26ce qui veut dire
00:41:26la joie et la bonne humeur.
00:41:40Dors, ma fille, dors !
00:41:44Oui, c'est bien.
00:41:46Prends mon chapeau.
00:41:47Prends-le.
00:41:48Donne-le-moi.
00:41:49C'est bien.
00:41:51En fait, tu peux communiquer avec lui
00:41:53virtuellement et mentalement.
00:41:55Si tu n'es pas à l'aise,
00:41:56il le ressent.
00:41:57Un peu comme la télépathie.
00:41:59Tu vois ce que c'est ?
00:41:59Oui, bien sûr.
00:42:02Par télépathie,
00:42:02certains communiquent entre eux,
00:42:04donc tu peux communiquer avec les éléphants.
00:42:06C'est incroyable.
00:42:07Ils sont tellement intelligents,
00:42:08comme des dauphins,
00:42:10même plus intelligents que les dauphins.
00:42:22Jabou, bouge la tête.
00:42:26J'ai l'impression que cet éléphant
00:42:27a l'air d'être très important pour vous.
00:42:30Oui, Jaboulani est très important.
00:42:32Tout a commencé avec lui.
00:42:34Il ne peut pas retourner à la vie sauvage,
00:42:36car il a trop l'habitude des humains.
00:42:40Il a oublié qu'il est un éléphant.
00:42:43La seule solution qu'on ait trouvée,
00:42:44c'est d'amener les éléphants à lui.
00:42:47Ces éléphants sont tous orphelins.
00:42:49Ils viennent tous du Zimbabwe.
00:42:51Ils auraient certainement disparu
00:42:53si on ne les avait pas protégés
00:42:54en les rendant utiles.
00:42:56Donc, on organise des safaris
00:42:57à dos d'éléphants.
00:42:59On a créé une activité pour les touristes
00:43:01en les préservant au maximum.
00:43:04Regarde, ils sont complètement détendus
00:43:05comme si de rien n'étaient.
00:43:08Notre présence ne les dérange pas.
00:43:10Ce n'est pas gênant
00:43:10que les humains s'approchent aussi près
00:43:13des éléphants.
00:43:15Ils ont l'habitude.
00:43:16La plupart des gens pensent
00:43:17que le safari à dos d'éléphants
00:43:18est une nouvelle activité.
00:43:19Mais ce n'est pas nouveau.
00:43:20Cela existe depuis des milliers d'années.
00:43:22Tu sais, Hannibal,
00:43:23il a traversé les Alpes à dos d'éléphants.
00:43:25Ce n'est pas nouveau.
00:43:30Est-ce que tu veux faire une petite balade ?
00:43:35Oui.
00:43:36Ça fait haut quand même.
00:43:37Dis donc,
00:43:38vis d'en bas.
00:43:42Bon, on va se promener, nous ?
00:43:43Je pense.
00:43:44Une petite balade ?
00:43:45Super idée.
00:43:46Pousse-toi.
00:43:47Vas-y, mets tes pieds dans les étriers.
00:43:48Ok, qu'est-ce que c'est ton nom ?
00:43:50Tiger.
00:43:51Tiger.
00:43:52Oh, je suis Sophie.
00:43:54Vas-y.
00:43:58Vas-y.
00:43:58Tu as bien ?
00:43:59Excellent.
00:44:00Tu es bien ?
00:44:01Nous sommes prêts.
00:44:02Juste à peu.
00:44:14Vous venez d'où, Tiger ?
00:44:15Je viens du Zimbabwe.
00:44:18Je vis au milieu des éléphants
00:44:19depuis que j'ai 9 ans.
00:44:21Je les côtoyais déjà
00:44:22quand j'allais à l'école.
00:44:24J'ai grandi dans la nature
00:44:25et je voyais des éléphants
00:44:26tout le temps.
00:44:27C'est pour ça que je suis si proche d'eux.
00:44:32Vous êtes content
00:44:33de voir vos éléphants
00:44:34du Zimbabwe
00:44:35ici en Afrique du Sud ?
00:44:36Oui,
00:44:36on est très content
00:44:37qu'ils soient ici.
00:44:38Ils font partie de notre famille.
00:44:40On les traite extrêmement bien.
00:44:42Et quand ils font quelque chose de bien,
00:44:43on les récompense
00:44:44et ils nous le rendent bien.
00:44:45On est comme des amis.
00:44:47et on est comme des amis.
00:45:17et on va chercher notre point d'eau.
00:45:21Pour assouvir un rêve d'enfant,
00:45:23du temps où je courais
00:45:24dans un petit cimetière de Saint-Onge,
00:45:26je suis parti de Saint-Louis du Sénégal
00:45:28en remontant le fleuve
00:45:29jusqu'au Mali.
00:45:43J'ai rencontré beaucoup de personnages attachants.
00:45:46Mais je n'ai qu'un seul but,
00:45:47celui de voir Tombouctou.
00:45:49Alors,
00:45:50à partir d'aujourd'hui,
00:45:51je vais longer
00:45:51de ville en ville
00:45:52la frontière mauritanienne
00:45:54pour pouvoir plus tard
00:45:55pénétrer dans le désert.
00:46:02Je suis à Caille.
00:46:04Je suis enfin au Mali.
00:46:05Pays qui abrite le rêve
00:46:07jamais abandonné
00:46:07de mon enfance.
00:46:09Tombouctou.
00:46:10Je contemple une dernière fois
00:46:11le fleuve Sénégal
00:46:12que je viens de remonter.
00:46:14Nous sommes dimanche
00:46:15et l'ancien pont est envahi
00:46:16par une multitude de caïziens.
00:46:19Chez nous,
00:46:19quand il fait beau,
00:46:20on emmène sa famille
00:46:21dans un parc.
00:46:21Ici,
00:46:22c'est sur les bords du fleuve.
00:46:32Le lendemain,
00:46:33tôt le matin,
00:46:34l'ancien pont est déserté.
00:46:36On a repris le cours
00:46:37de ses activités.
00:46:38Et dans ce petit quartier
00:46:39sur les bords du fleuve,
00:46:41c'est le marché.
00:46:42Une multitude d'étals
00:46:43s'accole pêle-mêle
00:46:44aux bâtisses
00:46:45qui s'affichent
00:46:45comme les vestiges visibles
00:46:47de la colonisation française.
00:46:58Je me plonge dans ce marché
00:46:59car en Afrique,
00:47:00ils sont toujours impressionnants.
00:47:02Souvent permanents,
00:47:03ils s'achalant
00:47:04d'aussi vite
00:47:04qu'ils se démontent.
00:47:06Et pour celui
00:47:06qui y regarde de plus près,
00:47:08l'improvisation
00:47:09est loin d'être de mise.
00:47:10Chaque commerçant,
00:47:11chaque acheteur
00:47:12y possède ses repères
00:47:13car malgré une première impression
00:47:15de bric à brac,
00:47:16tout y est parfaitement organisé.
00:47:28En m'enfonçant un peu plus
00:47:30dans cette capitale régionale,
00:47:32l'impression d'étouffement
00:47:33se fait sentir.
00:47:34Certains prétendent
00:47:35que Kai est avec Djibouti,
00:47:37la ville la plus chaude d'Afrique.
00:47:39La température atteint
00:47:40en été régulièrement
00:47:41les 50 degrés
00:47:42et cette ville
00:47:43s'est vue affubler
00:47:43du nom de
00:47:44Cocotte Minute du continent.
00:47:46Ce qui, selon certains,
00:47:48inciteraient les habitants
00:47:49du lieu au départ
00:47:50car le principal objectif
00:47:52des Caïsiens,
00:47:53des Saracolés,
00:47:54ethnies dominantes
00:47:55de la ville,
00:47:56est de partir ailleurs.
00:48:09Ce sont d'inconditionnels voyageurs.
00:48:11Ils représentent plus de 80%
00:48:13des Maliens immigrés en Europe
00:48:14et d'après la légende,
00:48:16un Saracolé serait allé sur la Lune
00:48:18avant le premier Américain.
00:48:25Chez nous, c'est culturel.
00:48:27Il faut que l'on bouge,
00:48:30que l'on parte
00:48:31et pas uniquement
00:48:31à cause de la chaleur étouffante
00:48:33qu'il peut y avoir ici.
00:48:38Mais dans notre culture,
00:48:39on attribue toujours
00:48:40à un membre de la famille
00:48:41et cette charge
00:48:42d'aller chercher
00:48:43de l'argent ailleurs.
00:48:49C'est cet argent en général
00:48:50qui fait vivre
00:48:51la majorité des habitants
00:48:52de Caïs et de la région.
00:48:57Je retourne sur le marché
00:48:58avant de quitter la ville.
00:49:00Je repense aux propos
00:49:01de mon petit boutiquier.
00:49:03Je sais que plus de 100 000
00:49:04Saracolés vivent en France,
00:49:06qu'ils envoient entre 30 et 40%
00:49:08de leurs revenus
00:49:08à leur famille.
00:49:10Cette aide,
00:49:11qui dans cette région
00:49:11la plus pauvre du Mali
00:49:12avoisine les 60 millions
00:49:14de roues
00:49:14est le seul moyen
00:49:15de subsistance
00:49:16d'une forte majorité
00:49:17de la population.
00:49:27Piqué par la mouche
00:49:28de la bougeotte,
00:49:29celle des Saracolés
00:49:30sans doute,
00:49:31je saute dans un bus
00:49:32de brousse
00:49:32pour m'enfoncer
00:49:33un peu plus dans le pays.
00:49:46En arrivant à Nyoro du Sahel,
00:49:48je pénètre dans un des lieux
00:49:49saints de l'islam,
00:49:51la mosquée El Hajjomartal.
00:49:53Chargée d'histoire,
00:49:54elle a le privilège,
00:49:55avec celle de Djenné,
00:49:56de faire partie
00:49:57des deux seules mosquées saintes
00:49:59de tout le Mali.
00:50:09Plus tard,
00:50:10en arpentant les rues
00:50:11de l'ancienne capitale
00:50:12du royaume Bambara
00:50:13du Kaharta,
00:50:14je suis attiré
00:50:15par la tenue vestimentaire
00:50:16de certaines personnes
00:50:17plus arabes
00:50:18qu'africaines.
00:50:19Il est vrai
00:50:19que nous sommes très proches
00:50:20de la frontière mauritanienne
00:50:21et que cette ville,
00:50:22je la prendrai après,
00:50:23est un refuge
00:50:24de nomades
00:50:25d'origine mort.
00:50:45Je m'aventure
00:50:46un peu plus en profondeur
00:50:48dans les quartiers
00:50:48et je remarque
00:50:49une petite enseigne
00:50:50peinte à même le mur,
00:50:52Mamis Beauté.
00:50:53C'est une petite boutique
00:50:54originale
00:50:55qui possède
00:50:55une arrière-cour
00:50:56uniquement tenue
00:50:57par des femmes.
00:51:15Tu viens de rentrer
00:51:16dans un salon de beauté,
00:51:18un des seuls
00:51:19de la ville.
00:51:21Nous sommes une dizaine
00:51:22à travailler ici.
00:51:26On vient nous voir
00:51:28uniquement pour
00:51:28les grandes occasions,
00:51:30mariages,
00:51:31baptêmes
00:51:31et fêtes traditionnelles.
00:51:36Heureusement
00:51:37que nous avons
00:51:37cette activité
00:51:38car la vie
00:51:39à Nyoro
00:51:40est très dure.
00:51:40Il n'y a pratiquement
00:51:42aucun débouché.
00:51:48sur ce triste constat
00:51:50je me rends
00:51:51en périphérie
00:51:51de la ville.
00:51:52On m'a parlé
00:51:53d'un campement
00:51:54de nomades.
00:51:55J'ai envie
00:51:55de les rencontrer
00:51:56car philosophiquement,
00:51:57ils devraient
00:51:58me rapprocher
00:51:58un peu plus
00:51:59de mes rêves
00:51:59de désert.
00:52:21que du bonheur.
00:52:24il n'y a
00:52:25à part
00:52:25quelques vieillards
00:52:26et enfants
00:52:27aucun homme.
00:52:28Seules les femmes,
00:52:29plus belles les unes
00:52:30que les autres,
00:52:31affichent une extraordinaire
00:52:32bonne humeur.
00:52:33Les hommes travaillent
00:52:35ou nomadisent
00:52:35avec leurs troupeaux.
00:52:48L'accueil dégage
00:52:49certainement
00:52:50par une curiosité
00:52:51réciproque
00:52:52une incroyable sympathie.
00:52:53On m'offre thé
00:52:55et gâteau traditionnel
00:52:56avant d'engager
00:52:57conversation.
00:53:01On vient de Mauritanie
00:53:03mais moi
00:53:03je suis née ici.
00:53:04Ce sont les conflits
00:53:05répétés
00:53:05à une certaine époque
00:53:06qui ont fait fuir
00:53:07mes grands-parents
00:53:07et parents
00:53:08et qui les ont poussés
00:53:09à immigrer ici.
00:53:17Je reste un peu
00:53:18au sein
00:53:19de ce campement
00:53:20touché par l'accueil
00:53:21qui m'y a été fait
00:53:22mais je suis déjà ailleurs.
00:53:24Je dois encore
00:53:24parcourir 500 kilomètres
00:53:26le long de la frontière
00:53:27mauritanienne
00:53:27pour atteindre
00:53:28Douenza
00:53:28la ville
00:53:29qui me permettra
00:53:30de remonter
00:53:31sur le désert.
00:53:40Je vais utiliser
00:53:41tous les moyens
00:53:41de transport
00:53:42que je vais trouver
00:53:42sur le parcours
00:53:43même les plus insolites
00:53:44le bus bien sûr
00:53:45mais aussi la pirogue
00:53:47pour traverser
00:53:47le fleuve Niger
00:53:48la marche à pied
00:53:49et même
00:53:50celui le plus répandu
00:53:51ici
00:53:52la charrette.
00:53:56Sur cet itinéraire
00:53:58je croise
00:53:58peu de villages
00:53:59et je suis souvent
00:54:00obligé de dormir
00:54:01à la belle étoile
00:54:02évitant de coucher
00:54:03chez l'habitant
00:54:04laissant ainsi
00:54:04à d'autres
00:54:05le soin
00:54:05d'aller dormir
00:54:06chez eux.
00:54:32Un peu avant Douenza
00:54:35je traverse un charmant
00:54:36petit village d'Ogon
00:54:37dont le cadre
00:54:38malgré sa beauté
00:54:39n'est pas la caractéristique
00:54:41principale
00:54:42qui le différencie
00:54:42des autres
00:54:43de la région.
00:54:44L'attrait de Borko
00:54:46et le Caïman
00:54:46il y en a partout
00:54:48habitants et sauriens
00:54:49vivent en parfaite
00:54:50intelligence
00:54:50sans qu'il n'y ait
00:54:51jamais eu d'accident.
00:54:53Les Caïmans
00:54:54avoisinent la cinquantaine
00:54:55ils vivent
00:54:56dans deux marigots
00:54:57disposés
00:54:57en plein centre
00:54:58du village.
00:54:59L'animal
00:55:00est ici sacré
00:55:01il représente
00:55:02la réincarnation
00:55:03de certains ancêtres
00:55:04et dans la plus profonde
00:55:05des traditions africaines
00:55:06on ne combat pas
00:55:07sa famille
00:55:08on préfère
00:55:09la choyer.
00:55:23On me présente alors
00:55:24un personnage
00:55:25assez atypique
00:55:25il se fait appeler
00:55:26par tradition
00:55:27le boucher
00:55:28un patronyme
00:55:29qui m'interpelle.
00:55:33On m'appelle
00:55:34le boucher
00:55:35mais en fait
00:55:36je ne suis qu'un simple
00:55:37agriculteur
00:55:39j'ai été initié
00:55:40très tôt
00:55:40par l'ancien
00:55:41qui s'occupait
00:55:41des Caïmans
00:55:42et qui aujourd'hui
00:55:43est décédé.
00:55:45En fait
00:55:46ici
00:55:46le boucher
00:55:47est le responsable
00:55:48des Caïmans
00:55:49de nos ancêtres
00:55:51je suis le seul
00:55:52à pouvoir
00:55:52les appeler
00:55:53et à leur donner
00:55:54à manger
00:56:20J'ai de la chance
00:56:21aujourd'hui
00:56:22car on vient
00:56:23de sacrifier
00:56:24une chèvre
00:56:24afin de ravitailler
00:56:25les sauriens
00:56:26raison pour laquelle
00:56:27notre boucher
00:56:28traverse le village
00:56:29d'un pas déterminé.
00:57:17En fait
00:57:18tout est très clair
00:57:19les Caïmans
00:57:20n'attaquent
00:57:20ni hommes
00:57:21ni chèvres
00:57:21car on les a dressés
00:57:22à uniquement
00:57:23se restaurer
00:57:24ici
00:57:24dans cet enclos.
00:57:49Après cette petite récréation
00:57:51il est temps pour moi
00:57:52de reprendre
00:57:52ma route
00:58:17enfin Dwenza
00:58:18sur la route
00:58:18qui mène à Gao
00:58:20un doute
00:58:20un doute pourtant
00:58:21traverse un court instant
00:58:22mon esprit
00:58:22la piste de gauche
00:58:24va directement
00:58:24vers Tombouctou
00:58:26mais je me reprends
00:58:28et me rappelle
00:58:29les propos
00:58:29du Touareg
00:58:30de Saint Louis
00:58:31si tu veux vraiment
00:58:32apprécier la cité mythique
00:58:33tu dois faire une incursion
00:58:35dans le désert
00:58:37Dwenza
00:58:37c'est un autre Touareg
00:58:38qui m'attend
00:58:39il répond au nom
00:58:40de Badi
00:58:40et sera l'indispensable
00:58:42compagnon
00:58:43de mes aventures futures
00:59:01avant de quitter l'Afrique du Sud
00:59:03on profite de ce dernier panorama
00:59:05c'est beau
00:59:05c'est vraiment magnifique
00:59:07malheureusement
00:59:08je dois partir
00:59:09pour un autre voyage
00:59:13parmi tous les souvenirs
00:59:15je vais en garder
00:59:15un à mon avis
00:59:16qui va rester gravé
00:59:17dans ma mémoire
00:59:18pendant longtemps
00:59:18tu devines lequel
00:59:19tout de suite
00:59:19c'est lorsque j'ai rencontré
00:59:21le guépard
00:59:21j'ai vraiment vécu
00:59:23un moment très intense
00:59:24et nous aussi
00:59:25je t'assure
00:59:26en tout cas
00:59:27merci beaucoup Marc
00:59:27de m'avoir accompagné
00:59:29avec plaisir
00:59:29je pourrais revenir
00:59:30parce que je suis sûre
00:59:31qu'il y a plein de choses
00:59:31à faire encore ici
00:59:32et moi de te remercier
00:59:34de ton enthousiasme
00:59:35l'enthousiasme avec lequel
00:59:36tu as poursuivi
00:59:37la découverte de mon pays
00:59:39on reviendra en Afrique du Sud
00:59:40je vous dis à très bientôt
00:59:42et faites de beaux voyages
01:00:06et faites de beaux
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