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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Serbie A Belgrade, Sophie déambule dans le parc de Kalemegdan. Les fanfares en Serbie sont légions. Les chorales, les artistes, ...

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00:38Bonjour, bienvenue pour un voyage dans les Balkans. Est-ce que vous reconnaissez ce drapeau ?
00:42Eh bien c'est le drapeau de la Serbie, mon point de départ, c'est Belgrade.
01:02Bonjour, ça va, ça va toi ?
01:05Tu vas bien ?
01:07Sophie, bienvenue avec...
01:08Regarde, regarde ce que j'ai trouvé.
01:11C'est le drapeau serbe.
01:12Bien sûr.
01:13Je te retrouve là avec ces joueurs d'échecs, c'est un jeu qui est très populaire ici.
01:17C'est très sérieux entre ces messieurs, ça ne plaisante pas.
01:23Il faut que tu m'apprennes quelques mots en serbe quand même.
01:27Bonjour, Tobedin.
01:28Oui, ça, ça va, celui-là, je le connais.
01:30Voilà, c'est merci.
01:32Voilà.
01:33Voilà, avec un H.
01:34Avec un H, on le prononce toujours.
01:36Dis-moi, Belgrade est une ville qui a une histoire très ancienne.
01:39Oui, plus de 23 siècles, Belgrade existe sur la même place, les Celtes, les Romains, les Slaves.
01:48Quand ils sont descendus sur le presqu'île des Balkans au 7e siècle, ils sont nommés la ville Béograde.
01:55Et on garde le même nom, Béograde, Belgrade.
02:00Alors, le Danube, il est où ?
02:03Le Danube est sur notre droite.
02:06Et ici, sur notre gauche, est la rivière Sava.
02:09Un peu plus loin, tout droit, est le point où la rivière Sava se jette dans le fleuve de Danube
02:17et elle continue jusqu'à la mer Noire.
02:20Il fait un long trajet, le Danube.
02:23Ce sont 70 kilomètres inservés.
02:38Un petit hommage à la France.
02:40On vient de traverser la rue parisienne, là.
02:42Oui, la rue qui sépare la forteresse et la zone piétonne s'appelle la rue parisienne, Pariska.
02:53Et vous voyez les bâtiments construits dans un style autrichien,
02:57parce que c'était à l'époque quand l'Autriche a dominé un Serbis.
03:01Un peu plus loin, vous verrez une influence européenne, plutôt parisienne.
03:16Il y a presque 50 fois que la ville de Belgrade a été détruite.
03:21La dernière fois, c'était en 1999.
03:24C'était les bombardements de l'OTAN.
03:25Oui, je me souviens très bien.
03:28L'ambiance était presque pareille comme maintenant.
03:31Alors les gens sont censés balader sur les rues comme ça.
03:34Tous les cafés sont pleins de monde.
03:37Et ce qui était le plus intéressant, pour protéger les ponts,
03:41pour ne pas les détruire par les bombes,
03:44les serbes, les gens serbes, ils sont occupés.
03:47Avec les guitares, 24 heures sur 24.
03:49Et on a sauvé, on n'a pas comme ça.
04:08Alors Sophie, c'est...
04:09Tu montrais-nous, là !
04:10Oh, c'est une surprise !
04:12C'est unique !
04:13Mais on est dans un immeuble, là !
04:14On va descendre, nous allons dans la cave.
04:24C'est un ancien cave, mais transformé en bar.
04:28L'ambiance est presque comme dans une maison privée.
04:32Oui, c'est ça, c'est comme la maison !
04:33On va rentrer ici.
04:35C'est ce que j'ai dit, là !
04:35Voilà, il y a plusieurs différents salons.
04:43Ce concept de bar clandestin, c'est club appartement un peu exclusif,
04:48ça a commencé vers la fin des années 90,
04:51pendant le conflit consécutif à l'éclatement de l'ex-Yougoslavie.
04:55C'était une manière pour les jeunes d'oublier les problèmes du quotidien,
04:59les horreurs de la guerre, les programmes télé imposés par le régime,
05:03et la mauvaise musique.
05:05Et c'est pour ça que l'on s'est caché dans les caves,
05:07des appartements, dans des endroits fermés,
05:10difficiles d'accès, comme ici.
05:24On ne complotait pas ici, on se sentait simplement plus libres.
05:28Et cela a certainement influencé la culture à Belgrade,
05:31car les gens qui venaient ici étaient plutôt des intellectuels.
05:37Beaucoup sont devenus patrons de radio, réalisateurs de films,
05:41ils font du théâtre ou de la musique.
05:43Et tout ça, grâce à l'ambiance, aux rencontres
05:45et à l'énergie qu'ils pouvaient trouver ici.
06:01Les fondateurs de la radio B92 ont eux aussi fréquenté les bars clandestins.
06:06Premier Média a diffusé des informations indépendantes
06:08sous le régime de Slobodan Milosevic.
06:10La radio a soutenu les mouvements de contestation
06:13qui se sont développés à Belgrade.
06:14Pour cette raison, B92 a obtenu plusieurs récompenses
06:18dans les domaines du journalisme et des droits de l'homme.
06:27Quand on a créé B92, on était des idéalistes.
06:34On était une radio qui, dans sa charte, prenait en compte les droits de l'homme,
06:38ce qui était totalement nouveau dans la Yougoslavie de l'époque.
06:42Nous, on était indépendants, mais c'est vrai,
06:45on parlait beaucoup plus de ce que faisait l'opposition.
06:46On défendait un point de vue pacifiste, anti-guerre et anti-nationaliste.
06:52On prenait en compte les minorités, on donnait la parole aux dissidents.
06:56Dès le début, on s'est positionnés comme opposants au régime de Milosevic.
07:08Les années de guerre et d'embargo sont désormais loin derrière.
07:12Aujourd'hui, Belgrade s'est enfin remise de ses blessures.
07:14La ville blanche a retrouvé son rythme de vie trépidant et son bouillonnement culturel.
07:27Belgrade est une ville vivante.
07:29A Belgrade, il se passe toujours quelque chose.
07:32On peut choisir entre des dizaines d'expositions, de concerts ou d'événements culturels de toutes sortes.
07:38Belgrade a tout pour devenir une capitale culturelle de référence, un modèle.
07:50Pour s'en persuader, il suffit simplement d'arpenter à la nuit tombée les rues de la capitale.
07:57En quelques années, le centre de Belgrade s'est métamorphosé.
08:02Barre clinquant, voiture de luxe, Belgrade n'a pas perdu son temps.
08:08La capitale veut rejoindre ses grandes sœurs européennes et, pourquoi pas, retrouver son lustre d'antan.
08:27C'est là que tu voulais qu'on aille boire un verre ?
08:29Bien sûr, c'est un endroit typique.
08:32Ce soir, il y a plein de monde.
08:34On s'installe là, cette main là ?
08:35Oui, j'ai une place pour nous deux.
08:38Hop, je suis fille là.
08:40Oh, je te remercie.
08:42Mon ami, Miodraga Pesic, c'est un artiste très connu.
08:49Chaque lundi, il vient ici au restaurant Sipska Kafana pour peindre l'ambiance de Kafana, Sipska Kafana.
08:58Et dites-moi, c'est pas trop dur comme ça de peindre devant tout le monde ?
09:02C'est particulier quand même.
09:09C'est comme dans une pièce de théâtre.
09:12Il n'y a pas beaucoup de temps pour réfléchir.
09:15Il faut faire le tableau assez vite.
09:18L'inspiration sonne les gens ici au restaurant.
09:20Par exemple, Sophie.
09:22Qu'est-ce qui va vous inspirer ce soir ?
09:24Est-ce que je veux un peu vous inspirer, moi, ce soir ?
09:27La France et la Serbie sont amis et je vais travailler sur ce thème.
09:42C'est drôle quand on voit comme ça la toile prendre vie.
09:59La carte est rouge.
10:01Tu avais choisi laquelle ?
10:02Le 2 de trèfle.
10:04Retourne la carte.
10:07Qu'est-ce que vous aimez dans le prêtre de peindre comme ça au milieu des gens ?
10:13Ici, je ne suis pas isolé.
10:14Quand je commence une toile, je ne réfléchis pas.
10:17Je m'inspire directement des gens, de la convivialité du lieu.
10:20Habituellement, les restaurants, kafana et en Serbie sont les endroits où on fait la politique.
10:28Et quand les gens boivent un pâtre au milieu des restaurants, c'est déjà une ambiance particulière.
10:36Et les gens ne parlent pas de politique.
10:39Les gens commencent à parler de belles choses, d'amour, de sentiments, de tout.
10:48Sauf de la politique, grâce à lui, on ne parle pas de politique dans le restaurant.
11:14Non, mais si on achète dans le magasin, quand on achète dans le travail,
11:20c'est deux fois plus cher.
11:22C'est un euro dans le tramway.
11:24D'accord.
11:28Tu m'as réservé une petite surprise.
11:30Tu m'as dit qu'on allait dîner au bord du Danib.
11:32C'est sûr.
11:33Nous allons dans un restaurant typique pour déguster les poissons.
11:48Merci.
11:50Merci.
12:17Nous allons dans un restaurant typique pour déguster les poissons.
12:21C'est un euro dans un restaurant typique pour déguster les poissons.
12:32C'est un euro dans un restaurant typique pour déguster les poissons.
12:44C'est un euro dans un restaurant typique pour déguster les poissons.
13:03contre qu'il y a quelqu'un qui t'aime et ben oui parce que quelqu'un qui est à
13:07côté de toi
13:08oui il ne t'aime pas et non il ne rêve pas de toi mais toujours il y a à
13:12côté quelqu'un qui
13:13t'adore et qui va t'a donné l'étoile mais tu ne sais pas non et lui pauvre il
13:22ne sait pas non
13:23plus qu'il est tout près de ton coeur en serbie la musique et les chansons font partie du quotidien
13:38les fanfares popularisés dans le monde entier par goran bregovic et emir kusterika sont même
13:44devenus de véritables institutions avec leur énergie communicative et leur bricolage poétique les
13:51trompettistes sont avant tout les interprètes d'une culture nationale
14:02le répertoire est varié ça dépend des invités on ne suit pas de programme il y a des chansons
14:11anciennes pour les plus vieux et d'autres pour les jeunes en fait c'est un peu à la demande
14:15dans les restaurants oui on joue plutôt les vieilles chansons serbes
14:34les fanfares ne joue pas seulement dans les restaurants on est présent dans toutes les
14:38fêtes toutes les manifestations c'est la tradition cela fait partie de notre culture
14:50pas une naissance ou un mariage sans la présence d'une fanfare et ses musiciens de la vie ont même
14:56aujourd'hui leur capitale guccia dans ce petit village agricole les meilleurs fanfares ont rendez
15:02vous chaque année pour se disputer le prix très envié de la trompette d'or
15:29le festival de guccia c'est un peu comme les jeux olympiques pour les sportifs les orchestres
15:35qui viennent jouer ici doivent s'entraîner beaucoup pour montrer le meilleur d'eux-mêmes
15:40chez nous les gens recherchent l'émotion on joue vraiment pour faire vibrer l'âme et la trompette
15:46est vraiment l'instrument idéal pour ça maestro de mia disco douche quand la fanfare joue bien on le
15:59voit tout de suite le public se met à onduler à danser tous les mois d'août pendant cinq jours
16:13le
16:14petit village de guccia vibre nuit et jour au rythme des fanfares plusieurs dizaines de milliers de
16:20festivaliers venus des quatre coins du monde viennent boire et danser au royaume de la trompette
16:33de la trompette
16:57On va dire bonjour aux pêcheurs.
16:59Oui.
17:07Qu'est-ce qu'il a dans les mains ?
17:09Ce sont les cravettes de la rivière.
17:12Ça prouve que le flog de Danube est propre.
17:15C'est bon signe, ça.
17:17Quelle technique de pêche vous utilisez sur le Danube ?
17:21On utilise tous les types de pêche.
17:23On ne pêche pas de la même manière en été et en hiver.
17:33C'est un fleuve qui amène à manger avec la pêche.
17:37C'est un fleuve qui permet le tourisme aussi, qui permet les transports.
17:40C'est vrai qu'il apporte tout, le Danube.
17:41D'abord, de la nourriture pour les pêcheurs et les gens qui aiment bien les poissons.
17:46Ça développe le tourisme.
17:47Et nous, les habitants de Belgrade, on aime bien passer notre temps libre au bord de la rivière.
17:55C'est promener au bord du Danube.
17:56C'est chic en plus.
17:57C'est chic en plus.
18:35Comment tu peux expliquer, toi, cette amitié franco-serbe ?
18:39Je crois que ça dure depuis la Première Guerre mondiale.
18:42La France a aidé la Serbie et les soldats serbes, surtout au front de Thessalonique.
18:49Vous êtes vraiment prêts à rentrer dans l'Union européenne parce qu'on peut payer en euros ici.
18:53Même si la monnaie, c'est le dinar serbe.
18:56Oui, c'est vrai, le dinar serbe est un monnaie nationale, mais nous sommes habitués avec l'euro, c'est
19:03-à-dire même entre nous, entre les gens, on se parle en euros.
19:18On a laissé Belgrade derrière nous, direction Tchac-Tchac, pour emprunter la route des monastères.
19:24Mais Sophie, je te propose un petit arrêt ici à Topola, où se trouve l'église Saint-Georges.
19:38Alors, il paraît que c'est un des sites les plus visités du pays.
19:41Oui, parce que c'est une heure de voiture de Belgrade jusqu'à Topola, au Pleinat.
19:53Alors, Sophie, bienvenue dans l'église Saint-Georges, au Pleinat.
19:58C'est-à-dire qu'il y a 3 500 mètres carrés de mosaïques, faites en 15 000 couleurs et
20:14nuances.
20:15C'est unique dans le monde entier.
20:17Ils ont choisi les plus belles fresques médiévales dans tous les monastères serbes.
20:22Et ils ont copié une technique mosaïque.
20:54Sous-titrage Société Radio-Canada
20:56Qu'est-ce que c'est calme ici, dis-donc ?
20:59Comme dans tous les monastères.
21:02Dobardan !
21:03Dobardan !
21:04Sophie !
21:04Dobardan !
21:06Sophie, visiteuse française.
21:08Sous-titrage Société Radio-Canada
21:28Je vis ici depuis 42 ans.
21:30C'est le 1er endroit où j'ai pu officier et ce sera sûrement le dernier.
21:40C'est la religion orthodoxe qui est majoritaire ici en Serbie.
21:44Les serbes sont très croyants, très pratiquants.
21:48Les serbes sont en effet majoritairement orthodoxes.
21:51Mais ça ne veut pas dire qu'ils le sont tous.
21:55Dans le nord de la Serbie, en Vojvodine, il y a des catholiques.
21:59Et dans le sud, on trouve des musulmans.
22:05Et dans les monastères, est-ce qu'il vous arrive d'accueillir des visiteurs de passage ?
22:11Les gens veulent visiter les nombreux monastères de Serbie.
22:14Nous les accueillons avec plaisir et ils sont toujours les bienvenus.
22:17Et dans le nord de la Serbie, il y a des musulmans.
22:39Et dans le nord de la Serbie, il y a des musulmans.
22:46Dans la religion orthodoxe, les icônes sont une représentation des saints et de la Sainte Trinité.
22:55Le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
23:00Ce sont des intermédiaires entre Dieu et le monde terrestre.
23:22Dans tout le monde orthodoxe, sur tous les continents, les icônes sont pratiquement les mêmes.
23:30On utilise tout ce qui est le plus beau et le plus cher pour que l'icône soit la plus
23:33belle possible.
23:35Et pour donner au sein toute l'importance qu'il mérite.
23:52Aujourd'hui, dans les ateliers de fabrication, la représentation des icônes n'a pas vraiment changé.
23:58On essaye de rester le plus fidèle possible aux modèles anciens en s'attachant à ne surtout pas transgresser certaines
24:05règles.
24:08Il y a des critères à respecter pour représenter les icônes.
24:12On peut changer les lumières, l'intensité, mais sur d'autres points, les règles sont plus strictes.
24:18Par exemple, le drapé du Christ ne peut pas être peint de n'importe quelle couleur.
24:23Il doit être rouge.
24:31Pour la fabrication des icônes, on utilise des matériaux naturels, des pigments, des émulsions à l'œuf et des feuilles
24:40d'or de 20 à 24 carats.
24:42On essaye de conserver et de perpétuer la tradition byzantine de fabrication de ces icônes.
24:57Dans les ateliers, on se défend d'être artiste.
25:00Ici, c'est l'aspect spirituel qui reste le plus important.
25:06Nous ne faisons pas des icônes pour en faire des œuvres d'art.
25:10Les icônes sont des éléments qui ne servent qu'à la prière.
25:14L'icône doit être belle.
25:15Elle doit représenter quelque chose de paisible,
25:18pour que vous puissiez trouver en vous les conditions propices à la prière.
25:21Il doit être une voie de la prière.
25:51Sous-titrage MFP.
26:01La Tomislav, où on se trouve exactement ?
26:03On se trouve dans le village de Kostendorf, créé par le réalisateur Emir Costa Rica.
26:10Le réalisateur d'Underground d'Arizona Dream, Palme d'Or à Cannes.
26:14Oui, de Palme d'Or, une fois il était président du festival.
26:19Alors, on est vraiment dans un village ou on est dans un décor ?
26:22En fait, on peut l'appeler un village où lui, il l'appelle un ville en fait.
26:29Donc là, c'est sa maison, il vit ici ?
26:31Oui, c'est une des premières maisons qu'il a construite pour lui.
26:34Il n'habite pas à Belgrade ou à Paris ou quelque part.
26:36Sinon, c'est un village ouvert pour les touristes et avec plein de petites chambres.
26:42Vous dormez, on ne peut pas s'il y a ni, voilà.
26:43Qu'est-ce qu'il y a écrit là ?
26:44Prisons de ville, humanisme et renaissance.
26:48Exactement.
26:50Là, on peut voir en fait le cercueil de Die Hard 4.
26:55Du film, Die Hard.
26:56Du film, oui, voilà.
26:57De gros suivis.
26:58Pour Kostendorf et Kostendorf.
27:00Parce que le but du cinéma, c'est complètement autre chose.
27:03Et Die Hard, c'est vraiment...
27:04Le niveau zéro du cinéma pour Kosti Ricard.
27:07Voilà, c'est ça.
27:08Et la hanter est derrière dedans,
27:10sur l'ouverture du premier festival de Kostendorf
27:13pour organiser le festival de films au mois de janvier, l'année dernière.
27:32On se trouve sur le lieu de tournage de son film,
27:36Promettez-moi, dernier film, ce qu'il a fait.
27:39En fait, là-bas, c'est l'église, les deux, trois maisons,
27:43qui sont un peu plus haut.
27:46Ça arrive pour les gens qui le visitent, en fait, le décor.
27:49Tu crois qu'il reviendra un jour tourner ici, dans ces décors-là ?
27:51Il les réutilisera pour un autre film ?
27:54Bah, tout est possible.
27:55Tout est possible.
27:56Ces idées, elles sont là, l'inspiration.
27:58Justement, dans les films de Kosti Ricard,
28:00il y a toujours des personnages très singuliers,
28:02avec des gueules, comme on dit.
28:03C'est les gens d'ici qui l'inspirent ?
28:05Bah, en fait, dans ces derniers films,
28:06c'est des gens d'ici qui ne sont pas du tout comédiens,
28:09qui sont des vrais, en fait.
28:11Il a eu l'inspiration de faire un film, en fait,
28:14à côté où il habite, avec cette ambiance.
28:17Il a eu l'influ avec ses voisins.
28:40Tu vois, Sophie, je t'ai ramené ici pour voir
28:42cet personnage, en fait, qui s'appelait Mithar Tarabi,
28:46qui c'est à peu près Nostradamus de la Serbie, on peut dire.
28:50Il a parlé de choses comme, par exemple, dans la région,
28:54cet endroit, il sera connu partout dans le monde.
28:58C'est vrai ?
28:59Et en fait, les gens, ils disaient, bah, c'est impossible,
29:02on est au bout du monde.
29:03Alors qu'à l'époque, il devait y avoir quelques maisons,
29:05par-ci, par-là.
29:06Oui, c'était des paysans enceintes.
29:08Peut-être qu'il imaginait déjà qu'un personnage comme Costa Rica
29:11créerait ce village.
29:13Bah, donc, il avait raison.
29:14Bah, il avait raison.
29:20Si la campagne serbe est devenue un véritable décor de cinéma
29:23pour Emir Costa Rica,
29:25elle reste cependant encore largement méconnue.
29:28Parcourir la Chumadi, au centre de la Serbie,
29:31c'est partir à la rencontre des traditions.
29:34Dans ces vieilles fermes, chaque jour,
29:36on répète inlassablement les mêmes gestes.
29:39On fait le caïmak dans toutes les fermes de tous les villages.
29:42Ce fromage est une spécialité du pays.
29:46Et le meilleur, c'est de le manger avec une galette bien chaude.
30:00Ici, à la campagne, on fait notre propre pain.
30:03Là, c'est de la farine de maïs bien fine.
30:06Et c'est comme pour un gâteau.
30:08Plus vous pétrissez la pâte, meilleur il sera.
30:11Et voilà, maintenant, il n'y a plus qu'à préparer les galettes.
30:28Le centre de la Serbie est aussi réputé pour son alcool de prune,
30:32la rakia.
30:33Une eau de vie associée à l'hospitalité serbe et au quotidien.
30:37On la consomme à toute heure de la journée.
30:39Milet est particulièrement fier de la sienne, distillée dans un vieil alambic.
30:51La rakia, c'est la boisson serbe par excellence.
30:57On peut la fabriquer avec toutes sortes de fruits, comme des coins, des cerises ou des pêches.
31:03Mais le plus souvent, c'est la prune qu'on utilise.
31:07Et c'est ce qu'on préfère, nous, en Shumadi.
31:09Comme le vin en France, chez nous, c'est la rakia.
31:13Ici, la tradition de la rakia, c'est ancestral.
31:29Depuis quelques années, plusieurs exploitations agricoles se sont tournées vers le tourisme rural.
31:34En 2002, Maria, aidée par son mari Zelko, a repris la ferme familiale pour la transformer en ferme auberge.
31:50Dans le tourisme en Serbie, l'une des tendances du moment, c'est l'éco-tourisme,
31:54qui, chaque année, prend de plus en plus d'importance.
31:57Tout le monde a envie de revenir vers la campagne, vers une vie plus saine.
32:01Et ici, nous pouvons proposer une nature intacte, avec de beaux endroits pour se promener.
32:10Le concept de notre ferme auberge, c'est que nous produisons notre propre nourriture.
32:15Les oeufs, le lait, la viande.
32:17On essaye d'être autonome, et on veut aussi que les invités puissent voir que ce que l'on produit
32:21ici est une nourriture très saine.
32:23Une nourriture qu'ils pourront ensuite retrouver dans leurs assiettes.
32:31Sur leur exploitation, qui compte une cinquantaine d'hectares,
32:34Maria et Zelko viennent d'installer cinq nouveaux bungalows inspirés des cabanes traditionnelles serbes.
32:39Un mariage plutôt réussi, entre confort moderne et ambiance rustique.
32:46Aujourd'hui, entre la maison principale et les bungalows, on a une capacité de 30 lits.
32:51Et on ne veut pas aller au-delà pour rester en mesure de satisfaire le client,
32:55et pour qu'il n'ait pas l'impression d'être dans un hôtel.
32:59La Serbie a décidé de jouer la carte du tourisme rural,
33:02et la campagne serbe a tous les atouts pour relever ce défi.
33:05Le créneau est encore quasiment vierge, et reste à l'écart des sentiers battus.
33:28On a voulu créer un parc ici.
33:30C'est un région montagneux qui est très énorme, avec la nature très sauvage.
33:35Ça veut dire qu'on peut voir encore les loups ou les ours qui vivent vraiment dans une nature très
33:42libre.
33:43C'est un village.
33:44Voilà.
33:45Ça donne une sensation qu'on est vraiment loin de la civilisation.
33:49Si on a envie de se reposer, vraiment de mettre sur le sol, c'est là-bas.
33:57Et moi, cette rivière-là, c'est une frontière naturelle avec la Bosnie ?
34:01Voilà, en face de nous, c'est la Bosnie.
34:03D'accord.
34:04Voilà.
34:05Tout le long de Drenas, c'est la frontière naturelle.
34:21C'est Sophie et mon amie Péja.
34:24Bonjour.
34:24Bonjour Péja.
34:25Ça, c'est la tradition.
34:27Je vais vous montrer comment on fait.
34:28En fait, on prend un bout de pain.
34:30Un petit bout de pain.
34:31Voilà.
34:32Ouais.
34:33On le met dans le sel et on le mange.
34:38Ça, c'est pour le bienvenu en Serbie.
34:40Merci beaucoup.
34:41Voilà.
34:42Ça fait deux siècles.
34:44Merci, monsieur.
34:46Sophie, là, je vais te montrer où tu vas dormir.
34:49Ça, c'est un peu de force pour ouvrir.
34:54Ah, c'est rustique.
34:56Voilà.
34:57Un repas rustique, une nuit rustique.
35:00Écoute, bienvenue en Serbie.
35:17Ça, ça s'appelle le raki, original, mais sinon, c'est l'eau de vie où ça se fait de
35:23prune, en fait.
35:24C'est dans les verres qui sont traditionnels.
35:27Santé, comment tu dis ?
35:28Santé, j'ai vu.
35:29J'ai vu.
35:30J'ai vu.
35:31J'ai vu.
35:31J'ai vu.
35:34Alors ?
35:35Ça, c'est le prune.
35:38Ah, c'est un truc de garçon, ça.
35:41Chez nous, en fait, on ne mange pas d'abord salade, après le menu, après la rentrée.
35:46On met tout sur la table.
35:47On met tout sur la table et on mange tout.
35:49Voilà, voilà, même tourné.
35:52Voilà le boulache.
35:54C'est le professeur qui l'a fait cette fois.
35:56Et en fait, le viande, c'est le veau.
35:59Ah.
36:00C'est le veau, voilà.
36:30En fait, ce qui se cache ici, c'est des gens qui ont des femmes.
36:33Tous ces messieurs là veulent se cacher de leurs femmes, c'est ça, pour l'instant ?
36:36De se reposer, peut-être.
36:37De se reposer.
36:39Sinon, qu'est-ce qu'il y a de beau à faire ici ?
36:56Les rapaces que Tomislav appellent des condors sont en fait des vautours fauves.
37:01Le canyon de Tresnika, à proximité de Valiévo, est l'un des seuls endroits en Europe où l'on peut
37:06en observer une colonie importante.
37:08L'association Natura se consacre à leur protection.
37:11Elle a réussi à faire classer la zone en réserve naturelle.
37:16C'est ici, sur ces quelques kilomètres, que la colonie de Vautour s'est établie.
37:22Plusieurs nids sont installés sur ces falaises, devant nous.
37:25C'est vraiment devenu leur coin ici.
37:27Ils s'y sentent bien.
37:42Là, tu peux voir, on a un nid avec un adulte qui le garde.
37:46On va attendre un petit peu, voir si ça bouge.
37:49Mais bon, la météo n'est pas très favorable pour les observer aujourd'hui.
37:52On va essayer quand même.
37:56Il y a quelques années, les vautours fauves ont failli disparaître du canyon.
38:02Lucas habite un village proche.
38:04Il est membre de l'association et surveille les rapaces.
38:08Il les nourrit régulièrement afin de mieux les observer.
38:13On nourrit les vautours avec tous les abats de vaches, de porcs, de moutons.
38:17Ce sont des charognards.
38:19Ils ne mangent rien de vivant.
38:21On a commencé à les nourrir en 1983.
38:23Quand il n'en restait plus que deux.
38:45Les rangers de l'association Natura ont remporté une grande victoire.
38:48Ils ont réussi à sédentariser ces grands rapaces.
38:52Depuis, la colonie ne cesse de s'agrandir.
39:13Après chaque livraison de viande, on peut compter combien il y a de vautours.
39:17C'est les meilleures statistiques que l'on peut savoir.
39:22Concernant leur nombre actuel, je pense qu'il y a en ce moment une vingtaine d'adultes, plus les neuf
39:27femelles qui sont dans les nids.
39:28Cela fait un total d'une trentaine de vautours dans la colonie.
39:42Habituellement, ils viennent d'abord se poser sur la falaise.
39:45Ils restent sur la crête de la montagne, observés.
39:48Cela peut durer plusieurs heures.
39:56Là, on peut voir qu'il y a déjà beaucoup de corbeaux autour de la viande.
39:59Je ne sais pas si aujourd'hui les vautours vont se rapprocher.
40:09Malheureusement, ce jour-là, c'est un chien errant qui profite de la viande fraîche.
40:14Les vautours ont choisi de rester sagement à distance.
40:17La patience du charognard est sans limite.
40:32Je vois qu'on ne va pas mourir de faim, Tomislav.
40:36Écoute, aujourd'hui, en fait, on a eu l'aide de notre amie qui va nous préparer un cochon.
40:41Je vois, je vois.
40:42Heureusement que je n'étais pas là lorsqu'on l'a égorgé.
40:44Parce que tu vois, je me serais attachée et je n'aurais pas pu le manger.
40:46Mais là, il n'y a pas de problème.
40:47Quand tu n'as rien vu, il n'y a pas de problème, tu vas manger.
40:50Mais pendant qu'il le prépare, on va voir les grottes ?
40:52Bien sûr, on peut aller tout de suite si tu veux.
41:12Oh, voilà.
41:14Waouh, parfait.
41:15Attends, sur la casquette, ça sera mieux.
41:17Ah, c'est ça.
41:19Dis-moi, Fethnika, c'est un petit village, en fait, qui est devenu célèbre grâce à cette grotte.
41:24Ça fait des siècles que cette grotte a été connue.
41:27C'est des spéléos qui sont entraînés ici.
41:29Et il y a beaucoup de touristes qui viennent aussi.
41:31Et là, on peut voir aussi le statut qu'ils ont fait les communistes après la Deuxième Guerre mondiale.
41:36C'est juste qu'à l'époque, ils ont mis un peu partout.
41:39C'est signe de se rappeler que les communistes sont au pouvoir.
41:42Ils ont fait les statuts et ça restait.
41:44Et depuis, c'est resté.
41:46Voilà.
41:48Attention, la tête.
41:51Bon, bah...
41:52Tu peux me suivre ?
41:54Ouais, ouais, je te suis.
42:06Bon, bah, voilà.
42:09Ah, ouais.
42:11C'est magnifique.
42:13On a fait des concerts, souvent.
42:15Des concerts, ici ?
42:16Les gens, ils se mettent partout, ici.
42:19L'acoustique, elle est super.
42:23Je crois qu'il y en a qui s'entraînent.
42:25Ouais.
42:46C'est un vrai paradis pour les spéléologues.
42:55Et en plus, ce n'est vraiment pas loin de la ville.
42:59Nous venons tous les week-ends pour nous entraîner.
43:03Et ce que j'aime ici, c'est que je m'y sens comme chez moi.
43:07La Serbie, c'est aussi une destination sportive pour un tourisme vert.
43:12Oui, c'est ce que la Serbie met en avant ces derniers temps.
43:16Nous n'avons pas la mer, mais nous avons les montagnes.
43:38Nous nous trouvons sur le site de Vestiges archéologiques,
43:41qui prouve que les hommes vivaient ici, au Néolithique et au Paléolithique.
43:47Les archéologues y ont découvert des tombes et des squelettes.
43:50Par costeux.
44:12Regarde-moi ça comme il est beau ce cochon
44:14Oh là là, t'as vu ça ?
44:16Alors dis-moi, en France on a une expression où on dit
44:18Tout est bon dans le cochon
44:19Est-ce que t'es d'accord avec ça ?
44:23En Serbie, on dit que le cochon est un des animaux les plus intelligents
44:29Celui-là, il n'était pas très en plus
44:34On passe à table ?
44:35Bien sûr, j'ai trop de faim
44:36T'as faim ?
44:37Alors on va retrouver pendant ce temps deux réalisateurs voyageurs
44:40C'est Sylvain Tesson et Nicolas Millet
44:42Ils sont sur une route mythique, la route de Simbad, Simbad le marin
44:45Entre Oman et Djibouti, ils sont actuellement dans le Yémen sauvage
44:49Oh là là, c'est très loin de ça
44:50Oui, c'est loin tout ça
44:51Oh là là
44:54Il y a quinze jours, je quittais Mascat, capitale du sultanat d'Oman
44:57Simbad le marin kabota devant ses côtes sur des boutres identiques à ceux d'aujourd'hui
45:01Je n'ai malheureusement pas mille et une nuits à m'attarder au long de ce littoral
45:05Au Dauphar, j'ai vu les arbres dont les larmes produisent l'encens
45:08Qui fit tourner la tête à l'Orient tout entier
45:10Puis j'ai passé la frontière du Yémen devant l'océan infesté de pirates
45:14Quittant la côte, je vise le cœur du pays
45:17La Dramaut, abritant au fond de ses gorges les villages du vertige
45:32Dans le Wadi d'Ohan, le soleil se lève sur un paysage des origines
45:37L'érosion a lacéré la terre, griffant le grès d'un écheveau de défilés étroits
45:42Devant ces écroulements, les hommes du royaume de Saba ont reconnu une géographie propre à les protéger des tourments de
45:47l'histoire
45:47Faisant de ces Wadi hostiles des oasis accueillantes, ils ont niché leur village au pied des parois
45:53Transformant les canyons en citadelles imprenables
46:02Je vais passer dix jours dans ce labyrinthe de titans
46:05Les villages eux-mêmes reproduisent l'architecture des canyons
46:09Ici à Bouda, les ruelles si nues comme les ouèdes
46:12Les façades se dressent telles des parois
46:14Et le rebord des toits imite le revers des crêtes
46:20Dans la Dramaut, la survie des hommes tient à la gestion de l'eau
46:23Sans le génie des sourciers, ces villages ne seraient que des cités mortes
46:28Omar Salem est le bon génie de la source du village
46:30Et m'emmène au bord de la vasque lustrale dont il a la garde
46:35C'est bien la première fois de ma vie que je descends à la cave pour de l'eau potable
46:46Nous n'avons pas connu de sécheresse depuis dix ans grâce aux réserves que nous avons construites en amont
46:51En cas de pénurie, nous avons recours à cette source
46:54Et lorsqu'Allah le miséricordieux nous envoie de la pluie, nous n'y puisons pas, nous la laissons se recharger
47:02De toute façon, le puits est intarissable
47:04Lorsque vous y puisez, l'eau rejaillit immédiatement
47:07L'accès à la source est ouvert
47:08Chaque habitant du village peut venir se servir
47:15Et c'est ainsi que par la double grâce d'Allah et des ruissellements géologiques
47:18Le ciel et la terre en somme, les yéménites ont pu prospérer dans ces aridités
47:26Dans chaque oasis, les baradas, fontaines publiques, offrent l'occasion de se rafraîchir et surtout de se rencontrer
47:35Mohamed Monassar, papetier du village et fin connaisseur des lois de l'eau
47:38N'attend pas de se resservir un autre verre pour me proposer de boire le suivant chez lui
47:45En matière de législation sur l'eau, il existe des règles qui sont reconnues et acceptées de tous
47:51Cette réglementation est consignée dans un registre déposé chez un sage de la vallée
47:57Le système d'irrigation et le partage des eaux est inscrit dans ce cahier
48:00Qui est gardé par le sheikh d'Almasana
48:02Et qui lui procure une vue d'ensemble du système d'irrigation de toute la vallée
48:07Ces règles sont toujours appliquées
48:09Mais le grand problème actuellement est que les territoires cultivés de la vallée sont abandonnés
48:14Les propriétaires émigrent et la jeunesse s'expatrie
48:17La jeune génération a du mal à supporter la rigueur et la dureté de la vie dans la vallée
48:21Ils préfèrent émigrer et partir à l'étranger
48:26Si je fais un détour à Ribad Bahachan, le village voisin
48:29C'est parce qu'il est né l'un des hommes les plus célèbres du monde
48:32Rien ne distingue l'endroit des autres villages
48:34Rien, sinon le soleil du parti islamiste
48:38Ce hameau serait le lieu de naissance de Oussama Bin Laden
48:41Est-ce parce qu'il était fier de son building de pisé natal
48:43Que le petit Oussama ne supporta pas que les New Yorkais en construisissent de plus haut ?
48:58On m'a prévenu que les bergères de la Dramaut ne souffrent pas qu'on les photographie
49:02Et le signifie souvent avec des pierres
49:04Je me méfie toujours un peu des femmes dont la main hésite entre le salut et la gifle
49:10Le Wadi Dohan semble hanté par les silhouettes des sorcières
49:13Sorties d'une nuit de Salem
49:19Mon rêve serait de traverser le pays d'Est en Ouest
49:21Pour rejoindre Sana à travers le Grand Ergue Central
49:24Antichambre du mythique désert des déserts
49:27Au Yémen, on conduit à tombeau ouvert autant qu'à un couteau tiré
49:39L'autorisation que j'attendais de l'administration ne viendra jamais
49:43Le Yémen, terre de tribu, connaît encore une situation intérieure agitée
49:47Le gouvernement ne tient pas trop à ce que les étrangers caracolent en liberté
49:50Dans des satrapies où l'autorité de la capitale ne parvient que dans un loin Tannéco
49:57Au carrefour de la route intérieure ou voisines somaliens, arabes et bédouins
50:01Dans un de ces magnifiques désordres de l'Orient
50:03Je m'accorde une halte pour réviser mes plans
50:07Les auberges des bords de route sont des endroits précieux aux voyageurs
50:11S'asseoir, s'extraire de l'agitation, se reposer, réfléchir puis repartir là où le cœur vous porte
50:26Je prends la décision de faire route vers la cité de Chibam, au fond du Wadi Adramaut
50:30Ensuite il me faudra monter dans un avion pour rejoindre Sana
50:39Pour l'heure je rentre dans la ville par la porte de l'ouest
50:42Je veux percer le mystère de ces citadelles de Pizé
50:45J'haillis du sol il y a dix siècles
50:47Avec toutes les caractéristiques d'un urbanisme sophistiqué
50:52Pourquoi les hommes du désert décidèrent-ils un jour de dresser des immeubles
50:55Dans ce coin-là du monde et de s'y installer
50:57Inventant le principe de l'étagement bien avant les buildings
51:03Une ville de boue est un corps organique
51:05Qui vit et qui vieillit, qui mue et se détruit
51:08Elle demande le soin constant des hommes qui la peuplent
51:12La moindre ride doit être colmatée aussitôt qu'apparue
51:22Dans les rues de Chibam, pas un jour sans qu'un chantier ne s'ouvre sur la façade d'une
51:26maison
51:26Avant de m'installer dans la maison de mes oncles
51:34J'ai dû restaurer le toit qui était très endommagé
51:37Et menaçait l'ensemble de l'édifice
51:41Il y a quelques mois il y a eu de fortes pluies
51:43Les fenêtres du bas et du haut ont été endommagées
51:47Aujourd'hui j'ai fait appel aux artisans pour qu'ils me l'échangent
51:50C'est l'ONG allemande GTZ qui nous aide dans nos travaux de restauration
51:55Ils ne ménagent pas leurs efforts pour nous aider dans ce combat permanent
51:58Et nous les remercions de leur sollicitude
52:06L'ONG dont parle le propriétaire de cette bâtisse
52:08C'est Thomas Liermann, architecte allemand qui en est responsable
52:12Venu en visite dans la ville de Pizé
52:13Il n'en est jamais reparti et s'est converti à l'islam
52:16Il vaut désormais sa vie à la sauvegarde de Shibam
52:19La colossale merveille au pied d'argile
52:25L'initiative doit venir de la population locale
52:28Ce sont les habitants qui doivent avoir la volonté
52:31Et les moyens financiers de rénover leur maison
52:34Bien sûr cela se fait en fonction de leurs revenus
52:39Notre objectif principal est que nous voulons conserver cette ville
52:42Comme un véritable lieu de vie
52:43Et pas comme un site touristique, artificiel, déserté par les locaux
52:49On ne peut pas adapter de solutions venues de l'extérieur
52:54Parce qu'il n'y a pas d'autre endroit comme Shibam
52:57Donc il faut que nous nous imprégnons du savoir-faire des artisans locaux
53:00Pour comprendre les techniques traditionnelles
53:03Mais nous devons aussi faire face à des défis de modernisation
53:06Comme les conditions hygiéniques et une modification des conditions de vie
53:13Donc nous devons établir un processus de rénovation
53:17Qui permet à la fois la conservation
53:20Et en même temps d'amener Shibam au standard de vie espérée par les habitants actuels
53:38Et s'il est une chose que les allemands de Shibam ont bien réussie
53:41C'est justement à restaurer non seulement la boue des murs
53:44Mais le ciment de la société
53:46Revivifiant l'activité et offrant du travail à ceux qui songeaient à quitter la ville
53:56Ici, à un kilomètre des remparts
54:02Un chantier de confection de briques a été ouvert il y a dix ans
54:06Je ne peux m'empêcher de me demander si l'énergie de ces hommes se transmettent à la boue qu
54:11'ils pétrissent
54:11Et si c'est elle qui irradie si fort dans les murs de Shibam
54:25Les guides de voyage usent d'un sempiternel cliché pour désigner Shibam
54:29Sous le nom de Manhattan de Pizé
54:33A contempler une dernière fois cette anomalie de l'architecture et de l'histoire
54:37Je me prends à penser que c'est plutôt New York qui est une Shibam de verre
54:55Près de Shibam, à l'aéroport de Sayoun, je monte à bord d'un avion
54:58Direction Sana
55:00Je fais ce que le gouvernement a toujours fait avec l'épineuse question tribale
55:04Je survole le problème
55:17Elles sont peu nombreuses sur Terre
55:19Il y a Venise, New York, Valparaiso peut-être
55:22Les villes où à peine arrivé, on se demande comment faire pour n'en plus jamais repartir
55:28Je comprends que Pasolini ait décrété Sana, plus belle ville du monde
55:35Les hommes affluent vers les mosquées
55:37Je descends me perdre dans le labyrinthe du Souk
55:39Chacun s'en appelle
55:42Ceux qui ne prient pas Dieu se pressent devant le Vaudor
55:44Au soir venu, le marché du vieux Sana, l'un des plus grands de la péninsule arabique
55:48bat son plan
55:50Je sais parfaitement ce que je cherche
55:52Un magasin de Jambia
55:53Ces poignards que portent les hommes yéménites
55:56ont aiguisé ma curiosité
56:10Chez nous au Yémen, un homme est jaugé au vu de sa Jambia
56:14Quand vous vous rendez chez des gens, on ne s'intéresse pas tout de suite à votre visage
56:17ni à vos vêtements
56:18On regarde d'abord votre ceinture pour examiner votre Jambia
56:22Le poignard renseigne immédiatement votre interlocuteur sur votre origine et votre statut
56:28Un proverbe yéménite dit
56:29Si vous demandez secours à votre frère
56:32il se peut qu'il ne vienne pas
56:33alors que la Jambia, elle, sera toujours au rendez-vous
56:37Mais la Jambia est aussi une arme de paix
56:39Ce couteau sert à résoudre de nombreux conflits de façon pacifique
56:43Il offre garantie et recours
56:47Si deux membres de tribus différentes ont un litige qu'ils veulent essayer de résoudre à l'amiable
56:51ils doivent déposer en gage la Jambia
56:53On ne pourra rien entreprendre d'hostile tant que la Jambia est retenue chez l'autre
56:58Mais si le jugement n'est pas accepté par l'un des deux parties
57:00on peut rompre la trêve en vendant l'objet et ainsi le déshonorer
57:17Quelle est la monstrueuse Jambia qui a crevé les nuages qui se pressaient tantôt dans le crépuscule ?
57:22Une pluie de mousson s'abat sur la ville
57:24Mais il faut davantage que quelques halbards de tomber du ciel
57:27pour empêcher le peuple du poignard de vaquer à ses occupations
57:36Dans un souk oriental, sous l'apparente anarchie règne l'ordre le plus strict
57:41Le marché se divise en royaumes, en confréries
57:45Ma passion pour les couteaux me mène dans le quartier de ceux que j'admire le plus
57:48Les forgerons
57:51Eux, les maîtres du feu et du fer
57:53Détenteurs du plus vieux secret continuent à battre sur les enclumes
57:56La mesure qui inspira le premier d'entre eux il y a 5000 ans
58:06Le feu, la fumée, l'eau, le fer
58:09Les principes élémentaires se sont donnés le mot ce soir comme dans un rêve d'alchimiste
58:15Mais qui ignore encore que le voyage est un sortilège
58:18Destiné à transformer le voyageur
58:22Je vais m'occuper de sa tête
58:36Bien, on passe à table
58:37Ok, on lui va
58:38Tu vas voir, il est très très bon
58:43Tu vois, mon voyage se termine autour de la table
58:46C'est vraiment l'image que je vais garder de cette aventure ici en Serbie
58:49L'accueil des gens, la gentillesse, la générosité de tout le monde
58:53Vous avez été tous adorables avec moi
58:55Peja, tu m'as accompagné au début de ce voyage
58:56Merci, on se retrouve ici
59:00Mais j'espère que c'est la première fois que tu es en Serbie
59:05Et que ce n'aura pas la dernière fois
59:08Ça ne sera pas la dernière
59:08Comment on dit à bientôt en Serbe ?
59:12Merci, à bientôt
59:14Moi j'ai l'habitude de dire
59:15Fête de beaux voyages
59:16Je ne sais pas comment on dit en Serbe
59:19Voilà
59:19Fête de beaux voyages
59:22Merci beaucoup
59:50C'est cool, tout comme suit
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