Mars 2014, première alerte : des patients et personnels de santé décèdent en Guinée Forestière, à Guéckédou. Des équipes MSF se rendent sur place. Quelques jours plus tard, les analyses de laboratoire identifient le coupable : il s'agit du virus Ebola... qui gagne rapidement le reste du pays, puis la Sierra Leone et le Libéria voisin.
C'est le début d'une année cauchemardesque, où MSF a dû faire face à des défis encore inconnus dans son histoire.
Médecins sans Frontières n’est plus en mesure de faire face à tout ce qui se passe ici. D’habitude, nous essayons d’intervenir avant que l’épidémie ne se propage dans le village mais là, nous sommes totalement en retard. La semaine dernière, nous sommes allés dans un village où il y avait 40 patients d’un même village. C’est incroyable, je n’ai jamais vu cela auparavant.
Au plus fort de l'épidémie, MSF gère 15 centres de traitement Ebola, et expose ses équipes à des risques de contamination très élevés... Pendant de longs mois, l'association appelle en vain la communauté internationale à lui venir en aide...
En 6 mois avec Ebola, la pire épidémie de l’histoire, le monde est en train de perdre la bataille pour contenir la maladie. Médecins Sans Frontières a tiré la sonette d’alarme depuis des mois, mais la réponse a été trop tardive et trop faible. "La plupart des états membres présents ici aujourd'hui ont beaucoup investi dans la réponse aux menaces biologiques. Vous avez une responsabilité politique et humanitaire d'utiliser immédiatement ces capacités dans les pays touchés par Ebola.
Dans un premier temps, la section française de MSF contribue à la lutte contre l'épidémie en envoyant ses ressources humaines pour aider les autres sections MSF, qui interviennent directement sur le terrain et fournissent l'essentiel de la réponse à Ebola. Son seul centre de traitement, à Kankan en Guinée, ouvre ses portes trop tardivement pour prendre en charge des patients.
A l'automne, les équipes décident d'intervenir aussi au Libéria, sur la prise en charge des autres maladies, alors que tout le système de santé est bouleversé par l’épidémie : distribution de médicaments antipaludéens, soutien à 28 centres de santé, réhabilitation et formation du personnel de l'un des hôpitaux publics de Monrovia.
Avec l’épidémie d’Ebola, les patients avaient peur de venir à l’hôpital, le personnel aussi avait peur. Aussi l’hopital a été fermé pendant un moment… La plupart des gens avaient peur d’etre contaminés par Ebola, Les patients ne nous disaient pas s’ils avaient été en contact avec des personnes infectées, A cause de ça, la plupart restait chez eux, ils se soignaient tout seuls. Et certains sont morts parce que l’hôpital était fermé.
Mais aider les structures à rouvrir ne suffit pas : il faut plus de lits d'hospitalisation. En mars, un hôpital pédiatrique disposant de 50 lits, dont dix d’urgence, a été ouvert.
Dans ce même bâtiment, une clinique propose un suivi médical et psycho-social aux survivants d'Ebola, qui souffrent de séquelles de la maladie, et sont souvent stigmatisés.
Début mai, l'épidémie est officiellement terminée au Libéria, mais elle continue de se propager en Guinée et en Sierra Leone. Plus d'un an après l'apparition du premier cas, on dénombre près de 27 000 malades, et 11 000 décès.
Cette épidémie a été l'occasion d'un effort inédit de la recherche... Un effort auquel MSF s'est associé, en participant aux essais de trois traitements et un vaccin, en Guinée et au Libéria. Ces outils, ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables sont indispensables pour éviter qu’une catastrophe de cette ampleur de ne se reproduise.
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