abius Bartoloza se voyait jusque-là comme un garde du corps chanceux : son boulot consistait à talonner matin et soir la 4e épouse d'un député à la retraite. Mais lorsque la guerre arrive, le voilà qui se retrouve inopinément au mauvais endroit : coincé dans les toilettes d'une guinguette douteuse pendant que les kalaches crachaient du feu pas loin. Pendant 4 jours, il fera l'apprentissage d'une solitude dont il n'avait jamais soupçonné l'odeur : parler tout seul, visage en sueurs, peur au ventre et fesses collées au bidet comme s'il était pris par une chiasse sourde.
Profitant d'une accalmie sommaire, il se jette dehors, se faufile à travers les caniveaux jonchés de cadavres et de feuilles mortes, s'engouffre à corps perdu dans un égout et se met à courir. Débute alors un long voyage sous la ville, pendant lequel il voit surgir un monde ténébreux où se côtoient les rats et les clochards, les chauves-souris et les déserteurs, les roublards et les cafards, les lutins et les grognards. Un monde parallèle qui rampe sous le béton. Un univers peuplé de créatures flottantes qui le mènera aux confins de goma biyelo, la forêt aux fromagers qui chantent en latin.
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