00:00 Bonjour, donc bienvenue à l'ARCEP, on m'a demandé de faire ces quelques mots d'introduction sur le
00:08 passage de l'IPv4 et l'IPv6. Ce qui est intéressant c'est que vous êtes probablement beaucoup plus au
00:12 courant que moi de ce sujet là, mais je vais quand même jouer le rôle puisqu'on m'a demandé de le
00:17 faire. C'est un sujet qui est très souvent négligé quand vous avez des entreprises, les gens regardent
00:26 ça pour garder un peu de travers, en disant "mais pourquoi je ferais ça maintenant ?" Le problème,
00:31 c'est le même problème que l'environnement, c'est que c'est un intérêt collectif et l'intérêt
00:34 individuel n'est pas toujours clair, donc il faut vraiment passer du temps à essayer de convaincre
00:37 les gens que oui il faut le faire. Alors pour rappeler un tout petit peu l'histoire, on avait
00:42 IPv4, 4,3 milliards d'adresses. Quand on a lancé ça dans les années 80, on pensait que c'était
00:47 vachement large, on s'est vite aperçu que ça ne l'était pas. Depuis 2019, le stock est épuisé,
00:52 donc ça s'est mesuré et on a introduit IPv6 pour pallier cette pénurie. Alors IPv6, quasiment un
01:01 nombre infini d'adresses, donc ça devrait être tranquille pour quelques années. Une fois qu'on
01:05 sera passé, IPv6, et on n'y est pas. Donc le problème, c'est que c'est pas compatible entre
01:10 eux. Si vous avez une machine et une autre, il y en a une qui parle d'IPv4 et IPv6, elles ne peuvent
01:15 pas se causer. On transite depuis 20 ans. Est-ce qu'on a fini ? Si vous êtes là et si tout le monde
01:23 dit il faut finir un coup d'accélérateur, c'est clair qu'on n'a pas fini. Et c'est clair aussi,
01:28 en tout cas c'est le point de vue fort de la plupart des gens dans cette salle, en tout cas de
01:33 l'ARCEP, c'est qu'on ne peut pas continuer avec de protocoles. C'est un franc développement,
01:41 c'est un coût économique, c'est une source de problèmes récurrents, de dysfonctionnement.
01:46 Donc tout le monde est conscient, en tout cas dans cette salle, et le rôle c'est d'essayer de
01:52 convaincre autour, d'évangéliser le reste de la planète en disant "mais il faut passer IPv6".
01:58 Alors l'ARCEP est appliqué depuis 2016 avec des gens comme Vivian qui ont vraiment pris un bâton
02:05 de pèlerin et essayent de convaincre en permanence. On a maintenant un baromètre de l'IPv6 parce
02:13 qu'évidemment si vous n'arrivez pas à mesurer vous ne pouvez pas discuter. Donc on a un baromètre
02:17 qui mesure la transition à l'IPv6. Avec Internet Society on anime la task force qui se réunit
02:27 aujourd'hui. Donc ça c'est essentiellement, il n'y a pas de secret, il faut arriver à convaincre
02:32 tout l'écosystème de basculer et ça se fait en convainquant les gens. Plus récemment l'ARCEP a
02:38 mis en place une carte de suivi de l'IPv6 dans le monde. Alors rapidement, pour ceux qui n'ont pas
02:49 déjà toutes ces informations, c'est quoi la situation ? La progression globale du taux d'utilisation
02:54 d'IPv6 est nette chez les opérateurs mais il y a des grandes disparitions. Il y a des disparitions
02:59 entre le fixe et le mobile, il y a des disparitions entre réseaux et donc ça c'est un vrai souci.
03:04 Concernant les hébergeurs, le retard est large, il y a vraiment du boulot. Il y a de plus en plus
03:13 d'hébergeurs qui proposent IPv6 dans leur offre mais quand on regarde le taux de sites
03:20 accessibles en IPv6, il y a vraiment une grosse marge de progrès. Un trou dans la raquette c'est
03:28 le taux de serveurs mail qui reste très bas et donc ça c'est vraiment quelque chose sur lequel
03:33 il faut travailler parce que c'est quelque chose qui pourrait devenir hyper impactant. Alors
03:38 l'objectif, je l'ai déjà dit mais en tout cas c'est bon de le répéter sans arrêt, l'objectif
03:43 c'est pas de garder deux réseaux, deux protocoles pardon. L'objectif c'est d'en avoir qu'un seul,
03:48 c'est à dire qu'à un moment donné l'objectif c'est on arrête IPv4. On n'en est pas encore là
03:54 mais il faut se préparer, il faut avoir des scénarios d'arrêt donc il y a des gens qui
03:59 travaillent dessus, la RCEP réfléchit à ça. Comment on arrive à un temps pas trop loin,
04:05 on puisse complètement arrêter IPv4. Il y a beaucoup de boulot, je pense que vous en êtes
04:11 tous convaincus sinon vous ne seriez pas là ou à distance et je vous souhaite donc un atelier
04:18 hyper fructueux pour progresser dans cette tâche collective qui est pour le bien collectif d'arrêter
04:26 IPv4. Merci, merci, merci beaucoup. Eh bien je suis très heureux de vous accueillir à ce deuxième
04:42 atelier IPv6 France. Je m'appelle Jean-Luc Lemens, je suis le président de l'IDAT. Alors je ne vais
04:51 pas anticiper tous les messages, toutes les analyses qui vont être présentées au cours de cet atelier.
04:56 L'IPv6 est un sujet sur lequel on a l'occasion de travailler à l'IDAT et avec la RCEP depuis
05:02 très longtemps. Notre ami Julien de la RCEP m'a ressorti ce matin un rapport que l'IDAT avait
05:07 publié en 2001 sur l'IPv6 qui devait arriver dans quelques années. Bon la bonne nouvelle c'est
05:15 qu'on a fait beaucoup beaucoup beaucoup de progrès. Il en reste encore un peu à faire mais nous en
05:21 sommes tous conscients l'année dernière nous avons fait le premier atelier, nous étions une quinzaine
05:27 autour de la table, aujourd'hui nous faisons ce deuxième atelier, nous sommes plus nombreux. J'espère
05:32 que nous en ferons un troisième l'année prochaine, nous serons encore plus nombreux et nous aurons
05:37 encore de meilleurs chiffres à vous annoncer. Donc je vous souhaite également un excellent atelier
05:42 IPv6 et je passe la parole à monsieur Latif Ladid qui est notre premier intervenant. Je vous en prie.
05:48 [Applaudissements]
Commentaires