00:00 Et une association de protection des animaux qui est dans l'espace, c'est la S.P.A.S.
00:05 S.P.A.S.
00:06 S.P.A.S.
00:07 S...
00:08 Bon, toutes les intros peuvent pas être bien.
00:10 [♫ Musique ♫]
00:15 En 2014, les Russes ont voulu envoyer des Gécos dans l'espace pour les voir se reproduire en microgravité.
00:20 Ça m'intéresse déjà pas de les voir se reproduire sur Terre, eux ils veulent le faire dans l'espace.
00:24 Le Géco, pour celles et ceux qui ne savent pas, c'est une espèce de lézard absolument insupportable
00:29 qui fait un boucan d'enfer et qui vous empêche de dormir quand vous êtes à l'hôtel à Bali.
00:33 Le Géco fait...
00:34 [Géco qui grince]
00:38 Les animaux dans l'espace, ça date pas d'hier, on a commencé en 1947 avec des mouches drosophiles.
00:43 Drosophila melanogaster est très utilisée dans la recherche génétique.
00:48 La mouche drosophile fait...
00:50 Bzzz...
00:50 Mais c'est pas un cri.
00:51 On les a mises dans une fusée V2 qu'on a fait décoller jusqu'à 100 km d'altitude et ensuite on les a ramenées sur Terre.
00:56 L'objectif était de voir les effets des radiations à haute altitude sur des êtres vivants.
01:02 Et est-ce qu'une des mouches ne s'appelait pas Bzzz Aldrin par hasard ?
01:05 [Géco qui grince]
01:07 Après il y a eu la chienne Laïka en 1957.
01:10 Est-ce que cette chienne ne s'appellerait pas Waf Aldrin par hasard ?
01:14 [Géco qui grince]
01:15 Il y a aussi eu le singe Ham en 1961 ou encore la chatte Félicette en 1963.
01:20 Les animaux sont donc les tout premiers astronautes bien avant les humains.
01:24 Pour servir de cobaye et limiter les pertes humaines.
01:27 On a utilisé les animaux pour tester la dangerosité du spatial.
01:31 Voir si l'organisme allait survivre à un décollage de fusée,
01:34 comment il allait réagir à une mise en orbite ou s'il allait survivre à un atterrissage par exemple.
01:38 Bon bah sans trop de surprises au début c'était le bordel.
01:40 La plupart des animaux mourraient.
01:41 Enfin sauf les mouches.
01:42 Elles survivent mieux à une fusée qu'à un torchon.
01:43 La chienne Laïka par exemple est morte dans sa capsule à cause d'une défaillance thermique.
01:50 Il y a eu un problème technique et elle a cuit à petit feu à l'intérieur en gros.
01:53 Mais ça on l'a su qu'en 2002.
01:54 Parce que la version officielle c'était que les scientifiques savaient qu'elle n'allait pas survivre à l'atterrissage.
01:58 Et donc en grand prince ils ont mis du poison dans sa nourriture
02:01 pour lui éviter d'atroces souffrances pendant son retour sur Terre.
02:04 Bah en fait non, elle a été carbonisée.
02:05 L'expérience a tout de même été un succès.
02:08 Elle a prouvé qu'un être vivant pouvait survivre au décollage d'une fusée,
02:13 à une mise en orbite et à l'impesanteur, mais pas au feu.
02:17 La chienne fait.
02:18 On fait des expériences sur les animaux pour ne pas les faire sur nous.
02:22 Nous sommes altruistes envers nous-mêmes.
02:25 C'est un peu ce qu'on fait encore aujourd'hui avec les traitements médicaux.
02:28 Par exemple, pour trouver un traitement contre la mycoviscidose,
02:30 on élève des chiots, principalement des golden retriever,
02:33 dans le but qui développe une dystrophie musculaire de Duchenne.
02:36 La dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie provoquant une dégénérescence progressive des muscles de l'organisme.
02:45 Et tous les muscles hein, même ceux de la bouche, des yeux, de la gorge, tous !
02:48 Bon bref, on rend les chiots malades comme ça on peut tester les nouveaux traitements sur eux
02:51 avant de les donner aux enfants malades.
02:53 Bon et puis c'est long de trouver un traitement viable pour tous, ça fait des décennies qu'on cherche !
02:56 Mais ça sert pas à rien, y'a des avancées !
02:58 40 à 80 chiens subissent des tests tous les ans en France
03:02 pour la recherche d'un traitement contre la mycoviscidose.
03:05 Non mais mater des gécos spéchos dans une fusée c'est bien.
03:08 Des chiens, des singes, des chats, des mouches, des gécos,
03:11 comment qu'on fait pour choisir l'animal qui va aller dans l'espace ?
03:14 Et bah y'a 3 critères.
03:15 Premier critère, des animaux de petite taille.
03:18 Vous avez déjà essayé de faire rentrer une fusée dans un éléphant vous ?
03:21 Attends, quoi ? L'éléphant fait "Aïe aïe aïe mon cucu" ?
03:24 Deuxième critère, des animaux légers.
03:27 Pour éviter d'alourdir les fusées.
03:29 C'est déjà suffisamment compliqué à faire décoller comme ça,
03:32 alors imaginez un éléphant dans une fusée dans un éléphant.
03:34 Troisième critère, des espèces que vous avez l'habitude d'étudier.
03:39 C'est pour répondre à tous ces critères qu'on envoie des gécos, des rats, des souris ou des insectes dans l'espace.
03:44 Ça prend pas trop de place, c'est léger, on les connaît bien.
03:46 Par contre, les domaines de recherche sur les animaux ont un peu changé.
03:49 On teste toujours leur comportement en empesanteur, mais c'est moins barbare.
03:52 Je veux dire, on les envoie plus dans l'espace en sachant qu'ils vont mourir, quoi.
03:54 En 2007, par exemple, on a envoyé des tardigrades dans l'espace
03:58 parce que justement, on était quasi sûr qu'ils allaient pas mourir.
04:00 Les tardigrades sont des animaux multicellulaires d'environ 1 mm de long.
04:06 Le tardigrade fait...
04:09 Bon, les tardigrades, on en a déjà bien bien parlé dans un ancien épisode.
04:12 Mais si je vous en reparle, c'est qu'on s'est pas juste amusé à les envoyer dans l'espace pour voir s'ils allaient survivre.
04:17 Si, totalement.
04:18 Ces bestioles sont increvables, elles résistent au vide spatial, pas besoin de combinaison,
04:22 et leur ADN résiste même aux rayons ultraviolets.
04:24 Du coup, aujourd'hui, les scientifiques cherchent des thérapies cellulaires pour les humains
04:28 à partir des expériences sur les tardigrades.
04:30 Mais évidemment, personne ne s'offuse que des expérimentations sur les tardigrades.
04:33 C'est normal, humain.
04:35 Un tardigrade est invisible à l'œil nu, en plus d'être moche.
04:39 Ah, ah bah ok alors.
04:41 Bon, revenons-en aux petits géco.
04:43 Les sex-géco, comme les a appelés la presse anglaise.
04:45 Ils sont vraiment nuls pour trouver des noms !
04:47 S.P.A.S.
04:48 En 2014, 5 géco, 1 mâle et 4 femelles ont été envoyés dans l'espace avec des mouches
04:56 afin d'étudier les effets de la gravité sur leur vie sexuelle.
05:00 Et non, ils ont pas prévu de faire copuler les géco avec les mouches.
05:03 Non mais je sais que vous avez un esprit mal tourné.
05:05 Vous imaginez, vous, un géco dans une mouche ?
05:07 Pourquoi pas une fusée dans un géco tant qu'on y est ?
05:09 Oh, deux fusées dans un géco !
05:10 Et pourquoi envoyer des géco dans une fusée pour les faire copuler ?
05:13 Bah je suppose que c'était en prévision de longues missions à habiter vers Mars.
05:16 Voir comment ça marche en impesanteur, si ils ont toujours envie,
05:19 si les envoyants se développent bien, etc.
05:21 Et non, l'idée c'est pas de faire copuler des humains avec des géco.
05:24 Faut arrêter avec vos idées d'obsédés.
05:25 C'est à vous qu'on va mettre deux fusées dans le c** !
05:27 Le satellite Photon M4 contenant l'expérience a été lancé le 18 juillet 2014.
05:35 Malheureusement, tout ne s'est pas passé comme prévu.
05:37 Après quelques orbites, les russes ont perdu le contrôle
05:40 et du coup le satellite n'orbitait plus à la hauteur espérée.
05:42 Il était trop bas.
05:43 Sans contrôle depuis la Terre, le pilote automatique s'est mis en route
05:48 et les chercheurs n'avaient plus accès aux caméras à l'intérieur de la capsule.
05:53 Les animaux ont continué leur petite vie dans leur petite boîte jusqu'au 26 juillet,
05:56 quand les russes ont repris le contrôle du satellite.
05:57 Le 1er septembre, les expériences se sont terminées,
06:00 il a donc été décidé de ramener le satellite.
06:02 Les cinq géco à bord de Photon M4 sont morts.
06:06 On sait pas pourquoi, on sait pas à quel moment ça a merdé.
06:08 Tout ce qu'on sait c'est que les mouches ont survécu
06:10 et qu'elles se sont reproduites sans problème.
06:11 Le futur appartient aux mouches et aux tardigrades qui n'ont pas de fusée dans le cul.
06:15 Autre expérience plus récente, celle de 2021 avec les blobs.
06:19 Elle a été menée par Thomas Pesquet dans l'ISS pendant la mission Alpha.
06:24 Avant d'aller plus loin, qu'est-ce qu'un blob ?
06:26 Eh bien c'est une espèce mi-animal, mi-végétal, mi-champignon.
06:29 Et remis ours derrière.
06:30 Un truc bien chelou qui n'a ni yeux, ni bouche, ni cerveau,
06:33 qui ressemble à de la moisissure et qui est très intelligent.
06:35 Il a de la mémoire, peut apprendre, anticiper des trucs,
06:39 trouver la sortie d'un labyrinthe.
06:40 A première vue, le genre idéal.
06:41 Le blob produit des pigments comme une plante,
06:44 se déplace et se nourrit comme un animal,
06:47 et se reproduit par sport comme un champignon.
06:50 D'ailleurs, chose très intéressante,
06:52 vous savez sans doute que les humains ont deux types sexuels possibles,
06:55 mâle et femelle,
06:56 eh bien les blobs ils en ont pas 3, pas 4, pas 64, pas 128, pas 512,
07:00 mais bien 720 mesdames et messieurs, avec autant de possibilités de caines !
07:03 On a fait des expériences sur eux pour en apprendre plus sur cette espèce
07:06 qui semble pouvoir s'adapter partout
07:08 et voir comment elle réagit en microgravité par rapport à la Terre.
07:11 Les blobs ont été envoyés dans l'ISS, dans des petites boîtes.
07:16 Thomas Pesquet s'est chargé de les réveiller, de les nourrir,
07:19 de les faire se déplacer et de les filmer
07:21 afin d'observer leur développement et d'envoyer les résultats sur Terre.
07:24 Les jeunes parents influenceurs font plus ou moins la même chose,
07:27 avec leurs petits blobs à eux.
07:27 Les mêmes expériences ont été reproduites en France
07:31 dans 4500 classes de primaire, de collège et de lycée,
07:35 pour voir s'il y avait des différences de comportement en fonction de l'environnement.
07:41 L'objectif était aussi de voir quels pouvaient être les effets
07:45 de la micropesanteur et des rayonnements sur l'évolution du blob.
07:49 Ah bordel tu parlais des blobs !
07:51 Cette expérience a été organisée sous la direction d'Audrey Dussutour,
07:56 directrice de recherche au CNRS.
07:59 Ce qui était une expérience méga stylée pour tous les élèves qu'ont pu y participer.
08:03 Le but c'était de les intéresser au métier de la science et du spatial
08:06 en leur permettant de travailler avec des vraies équipes de recherche
08:08 et le grand Thomas Pesquet.
08:10 Il y a une autre espèce animale qui est régulièrement étudiée dans l'ISS
08:13 et à laquelle on ne pense pas beaucoup, les humains.
08:15 Vous êtes des animaux.
08:17 Les astronautes dans l'ISS ne font pas que mener des expériences sur des sujets,
08:20 ils sont eux-mêmes des sujets.
08:22 Leur santé est scrutée jour après jour pour voir comment leur corps,
08:25 leur cerveau et leur mental évoluent en microgravité dans un milieu ultra confiné.
08:29 Par exemple, l'expérience SEM, Special Event Meals.
08:34 En gros, dis-moi ce que tu manges, je te dirai comment tu ch*es, comment tu vas.
08:37 C'est le CADMOS qui organise cette expérience avec les astronautes de l'ISS.
08:41 Le CADMOS est le centre d'aide au développement des activités en micro-pesanteur
08:46 et des opérations spatiales.
08:48 Ils organisent et suivent les expériences qui sont menées dans l'ISS.
08:51 Avec SEM, le CADMOS étudie le rôle de la nourriture sur le moral de l'équipage.
08:56 Le but, c'est de savoir à quel point c'est important pour le moral et la santé de bien bouffer
09:00 dans l'objectif de longues missions habitées.
09:02 Parce qu'en général, les astronautes mangent des trucs déshydratés qui peuvent manquer un peu de fun.
09:07 Et ponctuellement, genre au nouvel an ou à l'arrivée d'un nouveau membre d'équipage,
09:10 ils ont des trucs plus qualis, voire gastronomiques, préparés par des chefs.
09:14 D'eau d'Espadon, façon Riviera,
09:17 magret de canard confit,
09:19 caille rôtie et filocher de volaille en parmentier.
09:22 Tous ces animaux font la gueule.
09:24 SEM permet aussi de faire des expériences de physiologie et de nutrition.
09:28 Parce qu'en préparant tout à l'avance et en élaborant les plats comme ça,
09:31 les équipes au sol et dans l'ISS savent exactement quel apport nutritionnel ils reçoivent
09:35 et peuvent faire un suivi très précis.
09:36 J'aimerais bien des plats élaborés par des chefs, moi.
09:39 D'eau de Cosmopops façon Riviera.
09:41 Magret de Cosmopops confit,
09:43 Cosmopops rôti
09:45 et filocher de Cosmopops en parmentier.
09:48 Le tout devant une petite vidéo éducatiiiire.
09:52 *bruit de la bouche*
09:54 *bruit de la bouche*
09:56 Alors si vous êtes encore là, nous vous suggérons
09:58 cette petite vidéo sur les tardigrades où j'imite à la perfection
10:01 un tardigrode séducteur.
10:03 Et si vous n'allez pas la voir, vous allez en prendre pour votre tardigrade !
10:07 Et évidemment, n'oubliez pas de vous abonner parce que sans ça,
10:10 vous n'êtes pas abonné.
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