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  • il y a 6 minutes
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Et si Mathieu est avec nous, c'est parce qu'il y a une séquence qui a été relayée des
00:04centaines de milliers de fois déjà en l'espace de quelques heures
00:08avec l'intervention d'un enfant de 8 ans, hier, qui battait pavé aux côtés de son papa, interrogé par
00:16France Info en marge de ses manifestations contre la vie chère.
00:21Ce garçon, il s'appelle Marcel, il a 8 ans et alors que seulement 46 000 personnes ont manifesté dans
00:28la capitale,
00:28c'est cet entretien qui est relayé partout avec un enfant de 8 ans aux côtés de son père et
00:35bien qui va tenir des propos insultants à l'endroit de la police et d'Emmanuel Macron.
00:41Alors est-ce que c'est anecdotique ? Est-ce que nous sommes fous de parler de ce sujet-là
00:45? Je me suis posé la question vraiment ces dernières heures,
00:48mais sauf que c'est devenu un enjeu politique puisque ce garçon qui a tenu ses propos est soutenu par
00:56Sophia Shikiru,
00:57l'une des chefs de file de la France Insoumise et je rappelle candidate quand même à la mairie de
01:03Paris.
01:04Mais dans quelle société désormais nous grandissons ? Est-ce que nos enfants de 8 ans doivent aller en manifestation
01:10et tenir les propos que vous allez entendre à l'instant ?
01:14En tout cas, je voulais quand même poser une petite question à Marcel.
01:17Marcel, tu as 8 ans, tu es venu accompagné de ton papa aujourd'hui. Pourquoi tu t'es mobilisé également
01:21?
01:22Je trouve que Macron est un connard comme tous les flics de merde.
01:25On va peut-être pas dire des gros mots, Marcel. Tu nous disais il y a quelques minutes que c
01:30'était pour soutenir les lycéens.
01:31C'est vrai. C'est vraiment. Pourquoi Macron veut pas les putains d'écouter ? C'est rien du tout.
01:36Rien.
01:36Eh ben non, comme c'est un énorme connard.
01:39C'est plutôt les revendications par rapport aux conditions de vie, justement, des lycéens. C'est difficile pour eux au
01:48quotidien ?
01:49Ouais, c'est un peu difficile pour les lycéens. C'est pour ça que je les soutiens. Mais putain, quoi
01:54! Je veux dire, ils pourraient payer !
01:57Merci, Marcel. En tout cas, on comprend vos revendications. Vous le voyez ici, la manifestation qui est donc pacifiste, globalement,
02:04et les manifestants qui se dirigent donc vers la place de la nation.
02:07Bon, il n'y a rien qui va dans cette séquence. Le père ne bronche pas. Il est aux côtés
02:12de son fils, 8 ans,
02:14qui dit que Macron est un connard, comme tous ces flics de merde. La journaliste, au lieu de tendre le
02:19micro au père,
02:20en lui disant « Mais attendez, vous laissez votre fils parler comme ça », va, en fin d'entretien, dire
02:25« On comprend vos revendications ».
02:27Alors, sur le plateau de France Info, après, la présentatrice a dit « Ben non, on ne s'exprime pas
02:31comme ça ».
02:31La direction de France Info a dû présenter ses excuses. Mais le sociologue que vous êtes, Mathieu Boccoté,
02:37comment il réagit lorsqu'il entend ça ? Est-ce que c'est un sujet ou c'est un non
02:40-sujet ?
02:40Non, mais c'est un sujet dans la mesure où ça devient viral, premièrement.
02:43C'est-à-dire que la société s'empare de cela en disant « Nous sommes devant la séance
02:46où ce jeune homme est traité comme un petit oracle ».
02:49C'est-à-dire « Voilà », parce que ceux qui s'enthousiasment pour cela,
02:52au-delà du rire de certains, c'est « Nous sommes devant un moment de vérité ».
02:56« Voilà les enfants, lorsqu'on leur donne la parole, ils parlent la parole de vérité ».
03:00Et là, il y a l'enthousiasme surjoué par tous ceux qui font circuler la chose.
03:03Mais vous l'avez dit, rien ne va.
03:05Premièrement, on n'amène pas un enfant en manif.
03:07Deuxièmement, si on amène son enfant en manif, on essaie au moins de le préparer mentalement
03:12à ne pas être ordurier.
03:13Par ailleurs, si on amène son enfant en manif et un journaliste veut l'interviewer,
03:17on dit « Désolé, tu n'interviewes pas mon enfant, tu m'interviewes moi,
03:19mais mon enfant a 8 ans, il ne connaît absolument rien à ça ».
03:22Si on décide d'interviewer un enfant en manif malgré tout,
03:26avec les parents qui sont consentants à cela et qu'ils commencent à te donner des propos orduriers,
03:30on s'en détourne.
03:31Le père dit « T'arrêtes de parler comme ça ».
03:33Le journaliste ne fait pas semblant que les propos sont intéressants,
03:36ne le relance pas, ne fait pas semblant qu'il est devant une forme d'apprenti éloine
03:40avec qui il devrait débattre fondamentalement.
03:42Donc, rien ne va là-dedans.
03:43Mais cela dit, c'est intéressant parce que ça dit quelque chose de la société.
03:47Donc, la complaisance d'une journaliste qui a manifestement un jugement assez limité,
03:53qui…
03:53Moi, je pense qu'elle est perdue sur le terrain.
03:54Non, non, non.
03:56Vous avez une capacité d'excuser qui vous honore, mais je ne l'ai pas.
03:59Moi, je pense que c'est une jeune journaliste qui est dépassolée,
04:02mais le bon sens journalistique, mais même citoyen,
04:07eût été de tendre le micro au père en disant « Mais attendez, mais pour qui ? »
04:09Vous dites « Elle est perdue ».
04:10Pour qui se prend son enfant ?
04:11Si vous décidez de tendre le micro à un enfant,
04:13c'est que vous considérez que la parole d'un enfant est intéressante et pertinente dans la cité.
04:17Vous n'auriez pas fait ça, j'en suis certain.
04:19Alors, je vais vous dire que vous vous trompez.
04:21Je vais vous donner un exemple.
04:22Ah ben, allez-y.
04:22J'ai fait venir sur le plateau de CNews au moment,
04:25c'était une manifestation différente,
04:27c'est un rassemblement au moment de la visite du pape, Léon XIV.
04:30900 000 personnes à Paris, et on a eu la chance.
04:34Et je vais vous dire, en 10 ans, à CNews et Europe 1,
04:37c'est peut-être l'entretien le plus bouleversant que j'ai pu avoir sur le plateau de CNews.
04:42Si je peux me permettre un témoignage, un rapport à la foi,
04:44mais pas exactement la même chose.
04:46Mais j'ai fait venir une enfant de 12 ans sur le plateau
04:49pour m'expliquer pourquoi elle avait souhaité rencontrer le pape, Léon XIV.
04:56Par ailleurs, moi, je peux me permettre de faire un lien avec une autre chose.
04:59Là, on est devant la caricature du petit Marcel, mais ça va au-delà de ça.
05:02Quand la multiplication des leaders lycéens, étudiants,
05:06qui ont à peine l'âge de la majorité,
05:09et qui sont déjà traités comme les grands leaders d'une génération
05:11à qui nous devrions nous adresser,
05:13ça aussi, c'est un bon nom de culture que leur idéologie dont ils ont été gavés.
05:16Et là, on les prend comme des grands interprètes de la condition de leur génération.
05:20Donc, il y a une forme de dérèglement du débat public qu'on voit avec cela.
05:24Ce n'est pas surprenant, c'en est l'expression caricaturale.
05:27Mais pour qu'on en arrive à la séquence du petit Marcel Haineux,
05:29disons ça comme ça,
05:30eh bien, il faut avoir tout un débat qui se dérègle pendant des années,
05:34et à la fin, la journaliste trouve que c'est normal,
05:37le père trouve que c'est normal,
05:38la société rit, s'en étonne,
05:39mais se dit quand même qu'il y a quelque chose de déréglé dans tout cela.
05:41Donc, ce n'est pas la fin du monde,
05:43mais c'est quand même révélateur de tout ce qui ne va pas.
05:44– Après Marcel Haineux, il a 8 ans, le pauvre.
05:48– Je ne lui en veux pas.
05:49– Ce n'est pas lui qu'il faut blâmer, c'est le père.
05:51– Il mérite d'aller dans sa chambre,
05:52puis être privé de dessert pendant 3 jours, et c'est tout.
05:54– Voilà.
05:56– 4 jours même.
05:56– Hugues Moutou, vous vous souvenez de ce qu'il avait dit sur cette jeunesse,
05:59parce qu'il y a une jeunesse délinquante, décivilisée,
06:02il avait dit, au moment des émeutes, c'est une claque et au lit.
06:05Mais ça avait fait un scandale, ou une fessée, je crois.
06:07– Moi, je suis content de priver de dessert.
06:09– Je ne suis pas sûr qu'il sera privé de dessert.
06:11– Bien sûr que non, je ne vais pas avoir à être fier.
06:13– Mais parce que s'il dit ça, c'est qu'il l'entend chez lui.
06:15– Mais bien sûr.
06:16– Voilà, donc il ne sera pas privé de dessert, au contraire.
06:18– Bon, on a tous un avis évidemment sur les propos
06:21qui ont été tenus par le petit Marcel hier,
06:24et peut-être que vous découvrez cette déclaration sur l'antenne d'Europe 1.
06:28N'hésitez pas à nous appeler au 01 80 20 39 21.
06:32Je demanderai l'avis d'Arthur de Vatrigan dans quelques secondes.
06:35Je vais vous remercier.
06:36– Merci, évidemment.
06:37– Mathieu Boccoté, on a la chance de vous avoir sur CNews
06:40tous les jours, du lundi au jeudi, entre 19h et 20h,
06:44et puis le samedi également, de 19h à 20h,
06:47pour votre émission face à Mathieu Boccoté.
06:49J'ai l'honneur d'animer cette émission.
06:51Merci, cher Mathieu.
06:52– Merci, évidemment, cher Eliot.
06:53– Vous étiez avec Henri Guénaud aujourd'hui ?
06:54– C'était avec Henri Guénaud, on vient de…
06:56– Pour la grande interview.
06:57– Voilà, voilà, c'était de 10h à 11h sur Europe 1
06:59et à 11h, je crois, sur CNews.
07:01– Exact, et qu'est-ce qu'il faut retenir d'Henri Guénaud ?
07:03– C'est une forme de volontariste apocalyptique.
07:06C'est-à-dire que fondamentalement,
07:08le monde est au seuil de l'effondrement,
07:09mais il a le chemin pour le relever.
07:11– Est-ce que c'est une candidature ?
07:13– Non, je pense qu'en 2017, il y a pensé,
07:16les circonstances n'ont pas voulu de lui,
07:18ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas un homme de qualité,
07:19mais aujourd'hui, il est dans le rôle qui lui convient,
07:22celui de Pitti ou celui d'esprit supérieurement intelligent
07:26qui nous explique qu'on va tous se cramer,
07:28mais si on l'écoute, ça va moins mal se passer.
07:29– C'est ça, c'est ça.

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