Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure
Les lycéens, les étudiants et tous ceux qui les soutiennent attendaient cette journée comme une étincelle. Elle le fut, si l’on se fie aux chiffres de la mobilisation. Au total, 575 000 personnes ont manifesté ce jeudi 5 novembre partout en France, dans 193 cortèges, à l’appel de l’intersyndicale pour réclamer des hausses de salaires et défendre leur pouvoir d’achat, selon un décompte du ministère de l’Intérieur. La CGT, de son côté, a dénombré 1,6 million de manifestants.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Convergence des luttes, on est tous ensemble, il y a tout le monde, il y a la CGT.
00:04Ça montre vraiment que tout le monde est réuni pour la même cause et d'avoir du soutien aussi, ça
00:08donne de la force.
00:09Et maintenant, l'intersyndicale en renfort.
00:11Aujourd'hui, 5 novembre, les lycéens et les étudiants sont rejoints par des travailleurs
00:15et les grands syndicats comme la CGT et la CFDT.
00:19Depuis des jours, cette journée est annoncée comme le début d'une grève générale,
00:22rien de moins pour la hausse des salaires et les services publics.
00:25Ici, on espère que ce sera une nouvelle étincelle à ce mouvement social qui dure depuis des semaines.
00:38Qu'est-ce que vous venez revendiquer aujourd'hui dans la rue ?
00:40Le prix du gasoil trop cher, on voudrait des salaires un peu plus élevés.
00:44Et voilà, beaucoup de choses, on n'arrive plus à faire face avec nos salaires, tout simplement.
00:48Moi, je suis fonctionnaire, je suis de la fonction publique hospitalière.
00:51Les dernières augmentations qu'on a eues, c'est après le Covid.
00:55Et depuis, il n'y a plus rien. On nous a bien applaudi, on nous a donné un petit morceau
00:59et puis maintenant, on laisse crever l'hôpital public.
01:02On demande plus de moyens, qu'ils soient humains, financiers et matériels.
01:07Dix ans de manuel écran, dix ans où ça stagne, il n'y a rien qui se passe.
01:11Puis aujourd'hui, je pense que c'est la petite goutte d'eau qui fait deux bordées de base,
01:13donc tout le monde en a marre.
01:16Comme les 24 et 31 octobre, les syndicats se sont dues à refuser le parcours
01:20qu'ils avaient réclamé entre Bastille et Concorde.
01:22Finalement, c'est un parcours plus classique de république à nation qui a été autorisé.
01:26Là, aujourd'hui, on marche avec la CGT, on marche avec l'ensemble des syndicats.
01:30Ça, ça veut dire quelque chose pour vous ?
01:32Bah oui, la convergence des luttes, au fond, c'est la même chose,
01:34plus de moyens pour les plus précaires.
01:37Convergence des luttes, on est tous ensemble, il y a tout le monde, il y a la CGT.
01:41Il y a les profs qui nous soutiennent aussi, contre les profs.
01:44Et même les parents.
01:45Ça montre vraiment que tout le monde est réuni pour la même cause
01:47et d'avoir du soutien aussi, ça donne de la force pour continuer.
01:50De voir que maintenant, on est soutenus par tout le pays, en fait, ça fait plaisir,
01:56c'est parce que c'est toute la société entière qui subit et qui souffre de ce qui se passe.
02:01Donc c'est tout le monde qui agit aujourd'hui parce qu'au fond, c'est la seule solution.
02:14La grève générale, on en parle depuis des années dans la rue,
02:17mais il faut avouer que c'est quand même devenu un peu un mythe en France.
02:20En fait, la dernière fois que le pays a connu une vraie grève massive de plusieurs secteurs
02:25durant quelques semaines, c'était en 1995, contre le plan Juppé,
02:29une série de réformes sur la sécurité sociale et le régime des retraites.
02:33La société et le monde du travail ont changé et il devient de plus en plus compliqué
02:37pour les travailleurs de vraiment s'unir et bloquer le pays.
02:40Qu'est-ce qui a changé depuis ? Est-ce que c'est plus difficile d'unir les travailleurs ?
02:45Ce qui est difficile, c'est à la fois un patronat qui s'est durci vis-à-vis des salariés.
02:50C'est aussi une précarisation dans les entreprises qui fait que les salariés
02:53dans une même entreprise, c'est le cas chez nous, n'ont pas les mêmes statuts,
02:55donc ne retrouvent pas tout de suite les mêmes convergences d'intérêts.
02:58Je pense que c'est tellement dur pour tout le monde que pouvoir lever la tête
03:02et regarder un petit peu plus loin et pour les autres, ça devient difficile
03:06parce que tout le monde souffre individuellement déjà.
03:09Donc se mobiliser collectivement, ça devient plus compliqué, j'ai le sentiment.
03:12Mais en tout cas, on garde l'espoir, c'est pour ça qu'on est là.
03:15Peut-être la sensation que ça ne sert à rien.
03:18Et aussi la dépolitisation, on va dire.
03:22Je pense qu'il y a de plus en plus de personnes qui se dépolitisent malheureusement.
03:26Mais avec les événements récents, on voit que la jeunesse, elle, non.
03:31C'est un bon tout qui est antifascistique !
03:36C'est un bon tout qui est antifascistique !
03:46La manifestation arrive dans le calme.
03:48C'était massif.
03:49Et ensuite, est-ce que vous avez l'impression que ça sert à quelque chose ?
03:54Je pense que ça sert toujours à quelque chose dans tous les cas.
03:56Parce que là, on se mobilise, il y a un grand sens de solidarité
04:00entre les travailleurs, entre les étudiants et surtout les lycéens.
04:03À la base, c'est pour eux qu'on est là à la base.
04:04Et je trouve que ça se ressent dans l'énergie qu'il y a autour,
04:08dans le fait que ça se fasse quand même dans un calme relatif,
04:11qu'on écoute de la musique, qu'on chante
04:13et qu'on soit dans l'unité et la solidarité.
04:14C'est le truc le plus important.
04:16Bien sûr, ça sert à quelque chose parce qu'on s'aperçoit
04:18que la joie, les idées, le plaisir d'être ensemble
04:22sont du côté de la jeunesse.
04:24On ne manifeste pas pour le plaisir.
04:26On manifeste aussi pour le plaisir.
04:28Si bien sûr, on manifeste pour une autre société,
04:30celle où on est heureux d'être ensemble,
04:32cette jeunesse qui prétendument était réfugiée
04:34dans ses écrans et sur Internet
04:37et complètement lobotomisée,
04:38on s'aperçoit que c'est elle qui a envie d'être là,
04:41d'être en présence, de se réunir
04:42et de construire une société égalitaire,
04:44alors que c'est la vieillesse qui se réfugie davantage
04:47dans ses écrans,
04:48qui lui présente des vitrines brisées
04:51ou n'importe quelle image choc
04:53qui la détourne complètement
04:55de ce qui est en train de vraiment se passer.
04:57Donc je pense que nous, on est du côté du réel
04:59et de ce qu'il y a d'intéressant à construire ensemble.

Recommandations