00:00Convergence des luttes, on est tous ensemble, il y a tout le monde, il y a la CGT.
00:04Ça montre vraiment que tout le monde est réuni pour la même cause et d'avoir du soutien aussi, ça
00:08donne de la force.
00:09Et maintenant, l'intersyndicale en renfort.
00:11Aujourd'hui, 5 novembre, les lycéens et les étudiants sont rejoints par des travailleurs
00:15et les grands syndicats comme la CGT et la CFDT.
00:19Depuis des jours, cette journée est annoncée comme le début d'une grève générale,
00:22rien de moins pour la hausse des salaires et les services publics.
00:25Ici, on espère que ce sera une nouvelle étincelle à ce mouvement social qui dure depuis des semaines.
00:38Qu'est-ce que vous venez revendiquer aujourd'hui dans la rue ?
00:40Le prix du gasoil trop cher, on voudrait des salaires un peu plus élevés.
00:44Et voilà, beaucoup de choses, on n'arrive plus à faire face avec nos salaires, tout simplement.
00:48Moi, je suis fonctionnaire, je suis de la fonction publique hospitalière.
00:51Les dernières augmentations qu'on a eues, c'est après le Covid.
00:55Et depuis, il n'y a plus rien. On nous a bien applaudi, on nous a donné un petit morceau
00:59et puis maintenant, on laisse crever l'hôpital public.
01:02On demande plus de moyens, qu'ils soient humains, financiers et matériels.
01:07Dix ans de manuel écran, dix ans où ça stagne, il n'y a rien qui se passe.
01:11Puis aujourd'hui, je pense que c'est la petite goutte d'eau qui fait deux bordées de base,
01:13donc tout le monde en a marre.
01:16Comme les 24 et 31 octobre, les syndicats se sont dues à refuser le parcours
01:20qu'ils avaient réclamé entre Bastille et Concorde.
01:22Finalement, c'est un parcours plus classique de république à nation qui a été autorisé.
01:26Là, aujourd'hui, on marche avec la CGT, on marche avec l'ensemble des syndicats.
01:30Ça, ça veut dire quelque chose pour vous ?
01:32Bah oui, la convergence des luttes, au fond, c'est la même chose,
01:34plus de moyens pour les plus précaires.
01:37Convergence des luttes, on est tous ensemble, il y a tout le monde, il y a la CGT.
01:41Il y a les profs qui nous soutiennent aussi, contre les profs.
01:44Et même les parents.
01:45Ça montre vraiment que tout le monde est réuni pour la même cause
01:47et d'avoir du soutien aussi, ça donne de la force pour continuer.
01:50De voir que maintenant, on est soutenus par tout le pays, en fait, ça fait plaisir,
01:56c'est parce que c'est toute la société entière qui subit et qui souffre de ce qui se passe.
02:01Donc c'est tout le monde qui agit aujourd'hui parce qu'au fond, c'est la seule solution.
02:14La grève générale, on en parle depuis des années dans la rue,
02:17mais il faut avouer que c'est quand même devenu un peu un mythe en France.
02:20En fait, la dernière fois que le pays a connu une vraie grève massive de plusieurs secteurs
02:25durant quelques semaines, c'était en 1995, contre le plan Juppé,
02:29une série de réformes sur la sécurité sociale et le régime des retraites.
02:33La société et le monde du travail ont changé et il devient de plus en plus compliqué
02:37pour les travailleurs de vraiment s'unir et bloquer le pays.
02:40Qu'est-ce qui a changé depuis ? Est-ce que c'est plus difficile d'unir les travailleurs ?
02:45Ce qui est difficile, c'est à la fois un patronat qui s'est durci vis-à-vis des salariés.
02:50C'est aussi une précarisation dans les entreprises qui fait que les salariés
02:53dans une même entreprise, c'est le cas chez nous, n'ont pas les mêmes statuts,
02:55donc ne retrouvent pas tout de suite les mêmes convergences d'intérêts.
02:58Je pense que c'est tellement dur pour tout le monde que pouvoir lever la tête
03:02et regarder un petit peu plus loin et pour les autres, ça devient difficile
03:06parce que tout le monde souffre individuellement déjà.
03:09Donc se mobiliser collectivement, ça devient plus compliqué, j'ai le sentiment.
03:12Mais en tout cas, on garde l'espoir, c'est pour ça qu'on est là.
03:15Peut-être la sensation que ça ne sert à rien.
03:18Et aussi la dépolitisation, on va dire.
03:22Je pense qu'il y a de plus en plus de personnes qui se dépolitisent malheureusement.
03:26Mais avec les événements récents, on voit que la jeunesse, elle, non.
03:31C'est un bon tout qui est antifascistique !
03:36C'est un bon tout qui est antifascistique !
03:46La manifestation arrive dans le calme.
03:48C'était massif.
03:49Et ensuite, est-ce que vous avez l'impression que ça sert à quelque chose ?
03:54Je pense que ça sert toujours à quelque chose dans tous les cas.
03:56Parce que là, on se mobilise, il y a un grand sens de solidarité
04:00entre les travailleurs, entre les étudiants et surtout les lycéens.
04:03À la base, c'est pour eux qu'on est là à la base.
04:04Et je trouve que ça se ressent dans l'énergie qu'il y a autour,
04:08dans le fait que ça se fasse quand même dans un calme relatif,
04:11qu'on écoute de la musique, qu'on chante
04:13et qu'on soit dans l'unité et la solidarité.
04:14C'est le truc le plus important.
04:16Bien sûr, ça sert à quelque chose parce qu'on s'aperçoit
04:18que la joie, les idées, le plaisir d'être ensemble
04:22sont du côté de la jeunesse.
04:24On ne manifeste pas pour le plaisir.
04:26On manifeste aussi pour le plaisir.
04:28Si bien sûr, on manifeste pour une autre société,
04:30celle où on est heureux d'être ensemble,
04:32cette jeunesse qui prétendument était réfugiée
04:34dans ses écrans et sur Internet
04:37et complètement lobotomisée,
04:38on s'aperçoit que c'est elle qui a envie d'être là,
04:41d'être en présence, de se réunir
04:42et de construire une société égalitaire,
04:44alors que c'est la vieillesse qui se réfugie davantage
04:47dans ses écrans,
04:48qui lui présente des vitrines brisées
04:51ou n'importe quelle image choc
04:53qui la détourne complètement
04:55de ce qui est en train de vraiment se passer.
04:57Donc je pense que nous, on est du côté du réel
04:59et de ce qu'il y a d'intéressant à construire ensemble.