00:00Aujourd'hui, on a le bac pour tous, c'est-à-dire le bac pour rien, qui vaut plus grand
00:04-chose.
00:0480% d'une classe d'âge au bac.
00:06Et eux, ils veulent le master pour tous et l'emploi pour personne.
00:11Ce sera ça.
00:13Quand j'entends réclamer 250 000 postes supplémentaires à l'université,
00:18pardon, on envoie nos jeunes dans une fausse direction.
00:22Et jamais, moi je dirais toujours, moi je ne suis pas un populiste et je ne suis pas un démagogue,
00:26et je dirais toujours la vérité.
00:27Bruno Retailleau, tous ces lycéens, on les a beaucoup interrogés,
00:30ils ont parfois ces revendications à la bouche, et ils le disent et ils le répètent.
00:33D'autres sont là pour exprimer une forme de ras-le-bol de l'autorité,
00:37d'être là aussi en solidarité.
00:40Vous dites quoi à ces enfants-là ? Et vous dites quoi peut-être aussi à leurs parents ?
00:44C'est quoi ? C'est eux qui sont responsables de ne pas les tenir ?
00:46Quand vous avez 16 ans aujourd'hui, beaucoup de nos jeunes disent que je vais quand même.
00:51Je dirais qu'on a besoin de sélection.
00:53Je dirais que la sélection aujourd'hui, elle se fait par l'échec et par l'argent.
00:58Dans l'école dite républicaine française, disons-le, ça a été reconnu à Pisa,
01:03on a l'école en fait qui est une vraie fabrique, une machine à fabriquer de l'inégalité.
01:08On sait que les enfants, la réussite des enfants et des élèves est liée au niveau socioculturel des parents.
01:15C'est ça l'école républicaine ? Sélection par l'argent, quand on paye de bonnes écoles privées,
01:20quand on paye des études pour rattraper telle ou telle faiblesse.
01:24Et ça, moi j'entends votre démonstration, Bruno Retailleau, Marie Chantret, journaliste politique, j'ai 42 ans.
01:28À un gamin de 16 ans.
01:30À un gamin, pardon.
01:31Ça n'a rien de...
01:33Je leur dirais par exemple que j'en ai marre qu'on dévalue les métiers de la main.
01:38J'en ai marre qu'on ait dévalorisé des élèves qui étaient beaucoup plus à l'aise dans le concret
01:44que dans l'abstraction.
01:46En fait, vous parlez comme eux depuis tout à l'heure, Bruno Retailleau.
01:48C'est vrai ?
01:49Non, mais pardon, il y a un certain nombre de choses que vous dites là.
01:52C'est précis...
01:52Vous avez vu le sourire ?
01:53C'est vrai que vous aviez l'air.
01:54Ah ben voilà.
01:55Pour moi, il y a un énorme paradoxe dans cette interview.
01:57C'est-à-dire que tout ce que vous mettez sur la table-là font partie de leurs revendications.
02:01Non.
02:02Si, si, je vous assure.
02:04Non, mais les 250 000, je n'ai pas dit qu'il fallait 250 000.
02:07Non, non, je ne parle pas des 250 000.
02:08Vous êtes pour la sélection qui est un mot...
02:10Je ne parle pas des 250 000.
02:11La sélection, vous avez entendu parler sélection.
02:13Aujourd'hui, ils ont une sélection par l'échec.
02:15Non, non, mais attendez, Bruno Retailleau.
02:19L'école ne servent qu'à reproduire en réalité les schémas sociaux.
02:22Et donc, tout dépend de vos parents ou de l'argent.
02:25C'est précisément ce qu'ils vous disent, ces jeunes-là.
02:27Et vous leur dites en même temps, non, non, n'y allez pas.
02:29N'allez pas manifester.
02:30Je suis d'accord avec vous, mais n'allez pas manifester.
02:31Je vais leur dire, mon but, moi, voyez, c'est chaque petit Français,
02:36quelle que soit la couleur de sa peau,
02:38quelle que soit sa confession religieuse ou pas,
02:41quelle que soit l'origine sociale de ses parents,
02:44il est les meilleures chances de réussir.
02:46Et ce que je leur dirais, c'est que, voyez, ça fait des dizaines d'années
02:50qu'on a voulu introduire l'égalitarisme à l'école.
02:52Pas d'autorité, pas de mérite, pas d'effort, pas de notation.
02:56Et en réalité, cet égalitarisme a tué l'égalité.
02:59C'est ça la réalité.
03:00Mais vous dites, encore une fois, Bruno Retailleau,
03:02on rend un mauvais service aux jeunes.
03:04Vous êtes un homme de conviction, vous assumez ce que vous dites.
03:06Mais un jeune, aujourd'hui, selon les dernières enquêtes d'opinion,
03:10ça ne vote pas Bruno Retailleau, ça ne vote pas Les Républicains.
03:14Les 18-24 ans votent à 49% pour Jean-Luc Mélenchon, à 8% pour vous.
03:20Comment vous expliquez cet état de fait ?
03:22Encore une fois, un sondage qui date de 15 jours,
03:24c'est un moment et une photographie, un instant T.
03:27Mais c'est une réalité.
03:28Parce que je pense que les jeunes ont besoin d'une forme de radicalité.
03:32Et cette radicalité, ils la trouvent soit à la droite de la droite,
03:36soit à la gauche de la gauche.
03:37C'est comme ça que je vous l'explique.
03:38Mais rien ne me fera dévier.
03:40Et je suis sûr, parce que j'en rencontre souvent,
03:43et je vais vous dire, ce n'est pas les jeunes ruraux
03:46que j'ai vus bloquer les lycées, etc.
03:48Eh bien, il y a plein de jeunes qui ont envie de réussir,
03:52qui ont le sens de l'effort, qui ont le sens du mérite,
03:54et qui comprennent parfaitement qu'aujourd'hui,
03:57pourquoi est-ce qu'à l'université,
03:59pourquoi est-ce qu'il y a la moitié des étudiants,
04:03vous vous rendez compte, la moitié des étudiants
04:06finissent au bout de 5 ans de fac sans avoir le moindre diplôme.
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