00:00Les mots, les voici, c'était sur TF1 il y a deux jours, dans les images que nous avons vues
00:03des pillages, voilà ce que dit Edouard Philippe,
00:05il y avait un certain nombre, un nombre important de jeunes français, je les considère comme français issus de l
00:09'immigration,
00:10ce qui est un sujet qu'il faut regarder les yeux dans les yeux. Est-ce que ces propos sont
00:14racistes ?
00:16Bruno Retailleau, c'est l'accusation que porte Jean-Luc Mélenchon contre Edouard Philippe.
00:19Mais évidemment que non, ce sont des faits, ce sont des faits. Je me souviens, je le connais, le préfet
00:24des Alpes-Méritimes
00:26indiquant que 30% des gens qui avaient été interpellés étaient d'origine étrangère.
00:30On a désormais, à partir des interpellations, on a désormais des chiffres officiels du ministère de la Justice.
00:37Je dis ces chiffres, c'est exactement cela. 30% d'étrangers, 70% de français. Malheureusement...
00:43Pardon Bruno Retailleau, il ne parle pas des étrangers, Edouard Philippe, c'est bien tout le sujet.
00:48Edouard Philippe parle des français issus de l'immigration, il ne parle pas des étrangers.
00:52Les étrangers, on a des chiffres, il n'y a aucun problème, je ne les conteste pas, c'est 30%.
00:56Sur un échantillon, mais c'est 30%, très bien.
00:58Des français sur plusieurs échantillons, issus de l'immigration.
01:01Mais il y a aussi un autre problème.
01:03D'ailleurs, Jérôme Fourquet l'a écrit dans une tribune dans le Figaro,
01:07où il a considéré, il a pris un échantillon, 70 personnes,
01:11et il indique que ces noms, les prénoms que portaient ces individus,
01:15n'étaient pas des prénoms à connaissance, à consonance française.
01:18Est-ce qu'on peut s'arrêter là-dessus une seconde ?
01:20Parce que vous dites, je suis là pour vous répondre.
01:22Prenons les faits que met Jérôme Fourquet, sociologue,
01:25il dit effectivement, 75% des personnes que lui a repérées dans la presse,
01:30repérées dans la presse, sur un échantillon,
01:3270 sur plus de 900 personnes qui sont passées entre les mains de la justice,
01:36qui portent un prénom, effectivement, arabo-musulman ou africain.
01:40Un petit échantillon, 70 personnes,
01:43sur plus de 900 personnes qui sont passées devant la justice.
01:46Est-ce que ça peut vous autoriser derrière, vous et d'autres,
01:50à dire, on a des faits, c'est implacable,
01:52ce sont des Français issus de l'immigration ?
01:54Mais ce sont des indices.
01:56Heureusement qu'il y a des Français issus de l'immigration
01:59qui sont parfaitement intégrés.
02:01Et il faut le rendre hommage,
02:02parce que parfois ça n'a pas été des parcours faciles.
02:04Et il y a des très beaux parcours de réussite.
02:06Mais il y a des parcours de l'échec.
02:08Et aujourd'hui, parce qu'on a eu des flux migratoires
02:11totalement débridés, massifs,
02:13qu'à aucun moment, j'y reviendrai,
02:15les Français ont choisi,
02:16les Français n'ont jamais pu choisir cette immigration massive,
02:20sinon ils l'auraient rejetée.
02:22Mais vous voyez, les Français ont vu.
02:24Quand vous avez dans un certain nombre de matchs,
02:26par exemple, des jeunes Français,
02:28ils sont parfaitement Français.
02:30Ils préfèrent brandir le drapeau algérien
02:31plutôt que le drapeau français.
02:33Ils préfèrent siffler, par exemple, la Marseillaise.
02:35Vous vous souvenez de cette finale ?
02:37Vous en souvenez ?
02:38J'espère.
02:39Bien sûr, mais Bruno Rotaillot,
02:40vous avez démarré ce sujet-là en disant
02:43qu'on a des faits.
02:44Puis vous nous avez dit qu'on a des indices.
02:46Quand on est candidat à l'élection présidentielle,
02:47quand on est candidat à l'élection présidentielle,
02:50est-ce que les indices suffisent, Bruno Rotaillot ?
02:52Maxime Switek, je vais vous dire.
02:53Ce que ne supportent plus les Français,
02:56la majorité silencieuse,
02:58ce sont des hommes politiques
02:59ou des journalistes
03:00qui cachent sa vérité.
03:02Le problème, la décrédibilisation
03:04de la parole publique,
03:05la vôtre comme la note,
03:06vous voyez,
03:07on se met dans le même sac,
03:09dans le même panier,
03:10c'est de tricher avec la réalité.
03:12C'est d'avoir une réalité
03:12qui se présente à vous
03:14et d'essayer de la minimiser,
03:15d'essayer de la contourner
03:17pour faire politiquement correct.
03:19Je suis désolé,
03:19ce soir,
03:20si vous vouliez du politiquement correct,
03:22il fallait inviter
03:23un autre candidat
03:24à la présidentielle
03:25que moi-même.
03:27Moi, ce qui m'intéresse précisément,
03:28ce sont les faits,
03:29encore une fois,
03:29Bruno Rotaillot.
03:30Et autre chose,
03:31il y a parmi ceux qui nous regardent
03:33et parmi ceux qui nous écoutent
03:34dans un studio juste à côté,
03:36notamment deux Françaises
03:37qui vous interpelleront tout à l'heure,
03:39qui, avant même le début de l'émission,
03:41sont inquiètes précisément
03:43de ce discours qui s'installe
03:45et de cette dérive
03:46qui a pu gagner des esprits à droite
03:49de ces mots-là.
03:52Vous aurez l'échange tout à l'heure,
03:53donc je ne veux pas...
03:53Maxime Switek.
03:54Vous parlez de dérive.
03:56Au nom de quoi parlez-vous d'une dérive ?
03:58Pourquoi est-ce que dire la réalité
04:00se serait qualifié comme dérive ?
04:03Eh bien non,
04:04comme la majorité des Français
04:05qui ont vu les mêmes images,
04:07que vous auriez dû voir,
04:08que vos journalistes, là,
04:09qui ont subi des violences sur le terrain,
04:11ont vu qu'ils ont enregistré,
04:13les Français les ont vues, ces images.
04:15Et vous ne cacherez pas la réalité.
04:17Et je ne la cacherai pas.
04:18Et vous ne me ferez pas revenir en arrière.
04:20Non, Edouard Philippe.
04:21Mais je n'ai pas tenu des propos racistes.
04:23Et il y a malheureusement un échec en France.
04:27C'est l'échec de l'intégration.
04:29Cet échec, il est dû à deux choses.
04:31Deux choses.
04:32Il est dû au fait qu'on ait des flux migratoires
04:35trop massifs.
04:36On peut intégrer des individus,
04:38des petits nombres.
04:39À un moment donné,
04:40c'est très difficile
04:41d'intégrer des grands nombres.
04:43Première chose.
04:44Deuxième chose,
04:45je mets une pierre dans notre propre jardin.
04:47Est-ce que nous, Français,
04:50est-ce que nous,
04:51nous croyons suffisamment encore
04:53en la France
04:54pour attirer cette jeunesse vers nous-mêmes ?
04:57Est-ce que...
04:57Ils sont Français, Bruno Rotaio ?
04:59Bien sûr.
04:59Bien sûr.
05:00Vous dites nous, Français.
05:01Ils sont Français, ce dont vous parlez.
05:02Bien sûr.
05:03Mais nous, Français.
05:04Est-ce que nous, on a encore
05:06cette espèce de courage
05:08de croire en la France
05:09pour poser la France
05:09comme un modèle ?
05:10On a tellement dit
05:12que la France
05:12n'était pas aimable.
05:14Comment voulez-vous
05:14qu'ils entrent
05:15dans notre destin collectif ?
05:17Est-ce que ça veut dire,
05:18Bruno Rotaio,
05:18je finis juste là-dessus,
05:20qu'au fond,
05:21vous estimez
05:21que c'est pas tant
05:22leur responsabilité
05:24que celles collectivement
05:26des hommes politiques,
05:28peut-être du reste des Français
05:30qui ont accueilli
05:31ces nouveaux Français
05:32de ne pas leur avoir
05:33donné leur chance ?
05:34Moi, je le pense.
05:35Ça veut dire que la faute
05:37initiale, c'est de ne pas avoir
05:38réussi cette intégration,
05:39de ne pas leur en avoir donné
05:40même la possibilité ?
05:41Je pense que c'est une réciprocité.
05:44Quand on accueille
05:45des nouveaux venus,
05:47ça suppose,
05:47dans l'hospitalité,
05:48un effort de celui qui vient
05:50pour épouser les lois,
05:52les mœurs du pays
05:53qui l'accueille.
05:54Mais ça suppose aussi,
05:56pour le peuple
05:57qui accueille
05:57ces nouveaux venus,
05:59de se présenter
06:00avec une forme de fierté,
06:01de se présenter
06:02comme un exemple,
06:03comme un modèle.
06:03Si vous présentez la France
06:05comme un contre-modèle,
06:06comme un contre-exemple,
06:07mais vous n'avez absolument
06:09aucune chance
06:09de les attirer
06:10dans votre destin,
06:11y compris ceux
06:12qui sont bien sûr français.
06:13Donc ils se sont sentés
06:14rejetés, peut-être ?
06:15Mais peut-être,
06:16en tout cas,
06:18pour un certain nombre
06:18d'entre eux,
06:19et Dieu sait s'il y a eu
06:20des études là-dessus,
06:21ils sont sur un chemin
06:22de sécession.
06:24Et pour certains d'entre eux,
06:26quand je vois que
06:27beaucoup de symboles,
06:28comme en 2023 par exemple,
06:29les symboles républicains,
06:31les symboles de la France
06:32avaient été pris pour cible,
06:34ça exprimait
06:34une haine française.
06:36Je crains que
06:37cette haine
06:38n'ait été nourrie
06:40ici,
06:41sur le sol de la France,
06:42par cette idée
06:43de la repentance,
06:44par cette idée
06:45d'une culpabilité
06:47éternelle
06:47de la France.
06:49Moi, je pense...
06:50La colonisation
06:50est un crime,
06:51c'était Emmanuel Macron.
06:52Par exemple,
06:53mais c'est au-delà
06:54d'Emmanuel Macron.
06:55Il y a cette tradition.
06:57Camus l'avait dénoncée,
06:58d'ailleurs,
06:58en disant que, voilà,
06:59rendre un pays coupable
07:00dans tous les autres,
07:01une nation,
07:02ça n'était pas bien.
07:03Mais je pense,
07:04et c'est ce que je veux porter
07:05dans mon projet,
07:06cette fierté française,
07:07vous voyez,
07:08je veux qu'on arrive
07:09à la communiquer,
07:09à notre jeunesse.
07:10Moi, je m'en fiche
07:11la couleur de peau,
07:12la croyance.
07:13Ce n'est pas mon problème.
07:14Je suis républicain.
07:15Et quand on est républicain,
07:16on n'est pas à la mesure
07:17de la couleur de la peau,
07:18de votre condition sociale
07:20ou de votre confession
07:22religieuse ou non.
07:23on l'est parce qu'on aime la France.
07:25Eh bien,
07:26pour faire aimer la France,
07:27il faut que, justement,
07:29il y ait cette fierté française.
07:30Et à partir de là,
07:31peut-être,
07:32qu'à l'école,
07:33on pourra mieux transmettre,
07:34mieux transmettre
07:35ce que nous sommes.
07:35au courant.